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AH
De cette situation découle la tache
cles fédéralistes. N ous ne pouvons
pas songer auj ourd'hui à créer un
parti fédéraliste, parce qu'il n'aurait
aucune chance ·de rassembler autour
de lui cles forces populaires suffisantes qui comprendraient l'effective
priorité cles problèmes européens sur
les problèmes nationaux. Un parti,
c'est-à-dire une organisation faite
pour la conquete démocratique du
pouvoir politique dans l'Etat, présuppose l'existence de celui-ci. Tant
qu'il n'y aura pas d'Etat fédéral, et
par conséquent de lutte politique démocratique fédérale, il n'y aura pas
de parti fédéraliste. Auj ourd'hui, l es
partis ne peuvent qu'etre nationaux.
L'expérience cles socialistes et cles
communistes, qui ont plusieurs fois
dans leur histoire essayé de faire un
parti international, mais qui, par nécessité, sont toujours retombés au niveau de partis nationaux, nous le
démontre.
C'est par un détour que nous pourrons surmonter cette difficulté. Chaque parti s 'occupe surtout de la politique intérieure, mais au moment où
il arrive au pouvoir il doit etre à
meme de résoudre aussi cles problèmes internationaux. Nous devons
dane constituer une ligue qui se propose de fournir à tout parti d'inspiration démocratique et progressiste
le programme de politique internationale. A chaque parti, à chaque
mouvement, nous devons indiquer
qu'il ne peut atteindre san but de
démocratie, de socialisme, de liberté,
d'indépendance nationale qu'en suivant une politique extérieure déterminée. Ce travail, que nous avons
tenté de fa ire en Italie, s'est révélé
prometteur. S'il est poursuivi ailleurs,
et surtout s'il est développé avec
succès en France, il risque d'avoir
une importance de tout premier ordre, car la voix de la France aura
sans doute plus d'autorité vis-à-vis
cles grandes puissances mondiales que
celle de tout autre pays. N ous pourrons alors etre presque siìrs d'atteindre notre but.
Les anciens schémas de la politique
extérieure européenne sont, en fait,
détruits. Les structures p·olitiques,
militaires et économiques de tous les
Etats sont disloquées. Nous nous
trouvons en face d'une situation nouvelle dans laquelle les partis progressistes, délivrés de l'ancienne résistance que leur opposaient les diplomates
maintenant
chancelants ,
pourront - s'ils sont suffisamment
convaincus de la nécessité d'une Fédération européenne réaliser ce
qui, dans le passé, n 'était qu'une utapie.
C'est là, croyons-nous la tache
politique concrète du mouvement européen pour la ·Fédération européenne.
Certes, Ies peuples européens ne
seront pas seuls à décider de leur
sort. Le monde entier a été atteint
par les flammes qui se sont allumées
chez nous, et camme tous les principaux pays du monde ont contribué à
les étouffer, ils auront le droit d'exiger que l'Europe cesse d' ètre la poudrière de l'humanité. Les peuples européens ne peuvent pas repousser
cette intervention, et ne doivent pas
m eme désirer la repousser, car ils en
ont trop besoin sous tous les rapports.
Toutefois après avoir pris les mesures immédiates pour la destruction
radicale du nazisme et du fascisme,
elles devront appeler à la tache commune de reconstruction sur une base
démocratique toutes les nations du
continent - en premier lieu les nations libérées, ensuite · les nations
vaincues. Malgré toute apparence
contraire, le destin durable de l'Eurape et de sa civilisation se trouvera
toujours dans les mains cles Européens.
Si ceux-ci voulaient et savaient entreprendre la création d'une libre
commi.mauté cles nations du continent,
ex empte cles germes de l'impérialisme
et du militarisme, les g.randes puissances mondiales n'auraient pas de
motifs sérieux de s'y opposer et mème
si elles le voulaient, elles ne le pourraient pas.
Si, au contr.aire, les pays européens
se montraient désunis et incapables
de dominer l'anarchie politique régnant depuis trop longtemps dans
ce.tte partie du monde, il serait alors
naturel que les grandes puissances
mondiales revinssent à l'ancienne et
f.atale politique d'équilibres, d'alliances et de sphères d'inifluence, pour
t enteT de neutraliser les dangers qui
continuemient à subsister sur notre
continent.
C'es•t dans les mains cles Européens
que se trouve l'avenir de l'Europe. Si
dans les principaux pays de l'Europe
ne se développe pas une ferme volonté de se fédérer, personne n'achèvera pour nous cette ta·che.
UE
plus grande popularité au détriment
de ceux qui sont effectivement plus
importants.
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tance cles peuples européens contre
le nazisme. Grace aux Mouvements
de Résistance, on a enfin découvert
la solidarité qui unit les peuples
libres du continent : Jusqu'à présent,
cette solidarité était restée cachée
derrière les intrigues diplomatiques
et la politique extérieure cles . alliances et de l'équilibre cles puissances.
On a découvert sa communauté de
destin, qui veut que liberté, paix et
progrès soient cles biens desquels
tous les peuples européens doivent
conjointement jouir ou que tous doivent conjointement perdre. C 'est
parce que l'Europe a assisté indifférente, et parfois amusée, à l'agonie de
la liberté italienne, allemande, espagnole, tchèque, qu'elle a perdu cette
liberté dans presque tous ses pays.
Aujourd'hui, Français, Yougoslaves,
Norvégiens, Polonais et tous les autres jusqu'aux Italiens qui sont
les derniers venus à la résistance,
mais dont les meilleurs ont été les
premiers dans la lutte contre le totalitarisme, jusqu'aux Allemands qui
sont morts ou qui languissent dans
les cachots, ou encore qui affrontent
dans le silence et l'obscurité, presque
sans espoir, la Gestapo de Himmler
tous savent que leurs combats,
leurs défaites, leurs victoires sont
communes. Cette conscience, éveillée
par le sacrifice de millions d'hommes,
est la donnée fondamentale et primordiale de l'unité de l'Europe libre.
Que faire pour que cette conscience
ne s'endorme pas rapidement après
la victoire et pour que chaque peuple
ne se renferme pas de nouveau dans
se:s limites nationaJ.es traditionnelle:s ?
Si nous observons les développements politiques qui se dessinent
dans l'intérieur de chaque pays, nous
devons constater que les caractères
qui distinguaient autrefois les partis
politiques, tout en s'étant atténués au
cours de ces années de lutte pour la
liberté, n' en subsistent pas moins
sous forme d'une espèce de force
d'inedie de l'esprit. La politique militante est restée en arrière des problèmes politiques réels et tend à regrouper individus et forces sociales
principalement - pour ne pas dire
exclusivement - selon les problèmes
de politique intérieure de chaque
pays, c'est-à-dire d'une façon qui ne
peut avoir que cles conséquences néfastes.
Les peuples pressentent la solidarité européenne, mais ne connaissent
pas encore la vaie à suivre pour la
réaliser. On ne peut pas leur en faire
grief puisqu'aucune institution internationale n'a jamais ex-isté qui eùt
pu leur faire acquérir cette nouvelle
vision politique. Or, tandis que les
peuples étaient soumis à la sotte
propagande nationaliste et que les
rapports entre les nations étaient
uniquement confiés aux diplomates
de carrière, les partis qui sont faits
pour rallier les masses mettaient au
premier plan de leurs préoccupations
les problèmes qui jouissent d'une
Nulle polit:ique cohérente du fédéralisme européen ne pouvant etre
effectuée s'il ne se forme pas un mouvement qui surpasse les frontières de.s
nations (tout camme dans l'intérieur
de chaque pays il doit surpasser les
cadres cles partis), le mouvement
fédérahste italien a participé activement à la formation et aux havaux
du centre européen fédéralis·t e dont
vous avez déjà eu cles nouvelles. Nous
vous invitons à y adhérer, en y apportant vas forces et votre autorité.
Dans l'espoir que les événements
nous permettront de nous rencontrer
bient6t, nous vous envoyons nos salutaHons fraternelles.
Aoiìt 1944.
Le Comité directeur
du M ouvement italien pour la
Fédération européenne.
7
>> Pendant cette période, la France aura
à exprimer son opinion et à exposer ses
solution&. Il imporle que la France soit
dès maintenant sensible à ces questions. »
le progamme international du Mouvement de libération nationale
(M. L. N.)
Le Mouvement de Libération nationa-ie a publié un manifeste-programrr.e
dont le premier pa["agraphe que nous
reproduisons plus loin est intitulé
« Programme international ». Le Mouvement de Llibération na·t i·onale est
le plus important des mouvements de
résti stance fnançais. Il est né de la
Fédération des grands mouvements de
résistance suivan.ts : Combat, Franc-
Tireur, Libération, Défen~e de la
France, France au Combat, Lorraine,
Résistance.
Comme pour la déclaration du
C. F. F. E. la filiaHon enh"e le programme in.temationa l du M. L. N. et
le projet de déclaration. du Comité
provtis01ire e:st éviqenrte. Le lecteur
s'en convaincra sans peine d'autant
que les rédacteurs de la déclaration
du C, F. F. E. et du programme du
M. L. N. orut adopté la plupart des
fo·r mules importantes élaborées par
le Comité provisoire.
1
dons lutter pour la création d'une Fédération européenne, démocratique, ouverte
à tou~ les peuples européens, y compris
l'Angleterre et l'URSS.
3. Les Etats nationaux doivent se
fédérer et remettre à l'Etat fédéral commun : le droit d'organiser la vie économique et commerciale· de l'Europe i le
droit d'avoir seui une armée et d'intervenir contre toute tentative de rétablissement cles régimes fascistes i le droit de
régler les relations extérieures i le droit
d'administrer ceux cles territoires coloniaux qui ne sont pas encore miìrs pour
l'indépendance i la création de la citoyenneté européenne en plus de la citoyenneté nationale. Le gouvernement de
l'Etat fédéral sera élu non par les Etats
nationaux, mais démocratiquement et diredement par les peuples.
2. ~ En conséquence, considérant qu'il
est impossible de recon~truire une Eurape · prospère, démocratique et pacifique, sous la forme: d;'un assemblage
d'Etats ~ouverains, ~éparés par leurs
frontières politiques et douanières, considérant qu'une Société cles Nations conçue camme une ligue d'Etats souverains
ne peut étre· qu'un leurre, nou~ enten-
Seule une telle fédération peut assurer
aux peuple& d'Europe la paix, la prospérité et permettre un puissant essor
dans la voie du progrès économique et
de la démocratie véritable. Seule une
telle fédération peut, par san exemple
mème, entrainer tous les peuples de la
terre vers une organisation fédérale du
monde,
Dam. le No 21, du 1er avril 1944, la
Quatrième République>>, hebdomadaire
paraissant à Alger, a publié un message
que J acques M aritain a lancé à la radio
de New-York:
«
«C'est ver& l'idée: d'une fédération des
peuples après la guerre que beaucoup
d'entre nous se tou.rnent aujourd'hui. Les
journaux de la Résistance sont favorables
à cette idée.
>> C'est dans une organi&ation fédérale
que la France et le monde· procéderont à
leur reconstruction après la guerre·. Ce
n'est pas une idée simple. Elle peut trouver scn application à cles pian& variés cl
comporter des modalités très différentes.
>> On peut en.visager plusieurs types de
fédérations :
>> Le type le plus achevé est celui d'une
fédération politique: où les Etats se joignent, comme cela &'est produit aux EtatsUni&. La Sui&se, avec la réunion de ses
8
T homas M ann :
« Auditeurs européens l Je m'adresse à
vous comme l'un cles vòtre& i comme un
Allemand qui s'est toujours considéré
comme un Européen, qui a connu vos pays
et votre culture et qui a toujours été
profondémen.t convaincu que les conditions économiques et politiques de l'Eurape sont désormais périmées : cette division, au moyen de frontières arbitraire~
d'Etats et de souverainetés, a amené la
ruine du continent. Pour moi, cl pour
ceux qui partagent mes opinions, l'idée de
l'unité européenne fut toujours chère et
précieuse i elle rep•r ésentait quelque chose
de nature! pour notre pensée et pour
notre volonté. Elle était le contraire de
l'étroitesse provinciale, de l'égoisme mesquin, de la brutalité et de l'o·r gueil nationalistes i elle signifiait la Iiberté, la largeur de vues, l'esprit et la bonté. A présent le grand idéal de l'Europe a été
perverti et corrompu de façon effroyable· i
il est tombé entre les mains du nazisme
qui, il y a dix ans, a conquis l'Allemagne
et a réussi, grace à vo•t re désunion, à
subjuguer le continent tout entier. Cette
conquéte du continent est présentée par
les nazis camme I'unification de l'Europe,
cornme l'ordre nouveau, conforme aux
loi& de l'histoire. De tous les mensonges
de Hitler, le plus insolent est le mensonge européen, la perversion de l'idée
européenne i l'impudente interprétation de
ses brigandages, de ses pillages et de ses
crimes comme une reuvre d'unification
menée dans un esprit européen. Considérer l'esclavage, l'humiliation et la dévastation de& nations européennes comme
le moyen d'unifier l'Europe, c'est un grotesque dég,uisement de l'idée européenne.
Les Allemands de mon espèce voulaient
bien autre chose : Nous souhaitions que
l'Allemagne devint européenne. Hitler
veut que l'Europe devienne allemande et non seulement l'Europe - il l'a baignée de sang i elle est submergée de misères, de malédictions et de haine comme
ia.mais aucune nation ne le fut sur toute
la terre.
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U
Messages fédéralistes
Jacques Maritain
Le 29 janvier 1943, la radio de N ew-
y ork a transmis le discours suivant de
UE
1. Faisant nòtres le~ déclarations
essentielles de· la « Charte de l.'Atlantique >>, nous affirrnons que la vie cles
peuples doit étre garantie par le respect
cles pe•r sonnes, la justice sociale, la ~écu
rité et l'épanouis~ement autonome de: la
vie nationale. Ces buts ne peuvent étre
pleinement atteints que. si les peuples
s'intègrent dans une organisation fédérale mondiale. Mais cette tache immense
et de longue haleine ne peut étre abordée avec ~uccès que si une solution décisive est d'abo·r d appo'ftée au problème
de l'Europe, origine cles cataclysmes
mondiaux qui, périodiquement, dévastent le monde.
4;. La Fédération européenne ne
s'oppose pas aux nations dans ce qu'elles ont de progressif. Les gouvernements
nationaux &eront subordonnés au gouvernement fédéral lorsqu'il s'agira de
questions intéressant l'ensemble de& Etats
fédérés. Mais les gouvernement& nationaux subsisteront et &e dévetlopperont
avec leurs lois particulières non contradictoires aux lois fédérale~, avec leur
autonomie administrative·, linguistique et
culturelle.
S. Seule une telle fédération peut
extirper pour toujours le& causes du fasci&me et du racisme, en socialisant, à
l' échelle européenne, la grande· industrie
allemande, en détruisant la classe cles
Junke:r s et la ca~te de& officiers, en
permettant ainsi au peuple allemand de
se régénérer et de participer ensuite à
la vie européenne sans étre un danger
pour les autres peuples.
Thomas Mann
can.tons, fournit un exemple an.alogue,
ain&i que: la Russie avec ses républiques.
>> Un second type est celui d'une fédération d'ordre économique portant seulement sur une base de vie matérielle cles
peuples. Cette fédération. a pour ròle de
contròler et d'organiser la vie matérielle
cles Etats qui la constituent. Un troi&ième
type de fédération e&t celui de l'ordre
culture} qui ne sous-entend ni unité poHtique ni un commun régime économique,
mais qui assure sou~ des formes co·n stitutionnelles la substance de l'héritage culturel du trésor intellectuel commun.
,, On verra peut-etre un jour les Ètats
consentir à abandonner une part de leur
souveraineté au profit d'une organisation
fédérale du monde. On peut re·g retter que
l es buts de paix n' aient pas été dès le
clébut de la guerre fixés dans ce sens.
>> L'idée fédérale parait seule capable
de résoudre des problèmes qui resteraient
inso1ubles en termes nationau.x. Il est probahle qu'après la victoire une longue
période précédera les traités de paix d'où
surgira la nouvelle organisation du monde.
>> Le nazisme est à l'ouvrage contre les
peuples qui résistent désespérément, pour
faire de l'Europe vidée, intellectuellement
déchue, un apanage de l'Allemagne dominatrice, un territoire annexé à peine peuplé de· races clairsemées, exploitées, réduite· à l'escla.vage, sous un protectorat
a.llemand dans le sens le plus déshonorant
du terme.
>> Sachez, auditeu.rs européens, que le
monde entier, qui croit encore à la liberté
et à la dignité humaine, souffre a vec vous
et ne tolèrera pas ce terrifiant nouvel
ordre européen, ni ne permettra qu'il continue. Gardez votre foi et votre patience .
La véritable Europe sera créée par vousmemes, avec l'aide des puissa.nces libres.
Ce sera une fédération d'Etats libres,
avec cles droits égaux, capables de faire
fleurir leur indépendance spirituelle et
leur culture traditionnelle, soumis en
méme temps à la commune loi de la raison et de la moralité : Une fédération
européenne dans le cadre plus vaste de
la coopération économique des >J.ations
civilisées du monde entier. >>
'
~
L:_UNITA , E··UROPEA
Setterri:>~:Q.ttobre
1944
VOCE
DEl MOVIMENTO FEDERAl '.1STA EUROPEO
N. 6
/
HA
13 Ottobre 1943 - 13 Ottobre 1944
--...·I ;' 1i-eo-'fa Eei:ti hanno commemo rato l'a nniYer sari u
dell' arm isti zio del1'8 settembre 1943 imponendo ai
loro sudditi reca lcitranti la pagli acciata della « Giornnta di stretto lutto nazionale» e sporcando i muri
co n cartelloni multicolori idioti e mal tradotti dal
tedesco. No i, combattenti della Resistenza Italian a
commemori amo la data clelia dichiarazion e di guerra
dell 'Italia all a Germ an ia nazi sta com e una ta ppa
della ri surrezione europea del nostro pa e ~ e .
Un a nn o e un mese fa, poco pri ma dell'ar mistizio ,« L' Un ità Europea» illu stì·ava nel suo arti colo d i
fondo · - Guerra al nazismo 1 - le rag ioni e !a
necessità dell a lotta che da un a nn o tia n~o co mbattendo: non è qui i l ca~o di ripeter le, le sappiamo
bene poichè siamo tutti volontari e tutti continuiam o
a combattere. Questo anniversario conv iene in vc co~
celebrarlo rievocando i nMtri ami6 morti e ripetendo, in memoria di loro, l'impegno solenn e : che
fino in fondo ci adopreremo perc hè l'ideale .concreto per il quale essi hanno da to la vita, un'Europa libera ed unita, l'avven to della li bertà nella
giustizia, si trasformi in realtà, diventi un in siem e
di istituzio ni nuove e vitali nelle quali vedremo svolgersi la vita dei nostri figli.
.
Le perdite dei Movim enti di Resi stenza italiani
nella lotta cla ndestina che da un anno si combatt e
sono sta te enormi, e . per la qualità dell e persone
perdute, irrepa ra bili. Per darn e l'impressionante misura sentite il caso di chi scrive :
« Sono un militante qualsiasi dell a resi tenza, aYevo parecchi ami ci e nessuno della mia cerchia era
morto nei tre anni dell'infausta guerra fascista, solo
alcuni prigionieri; ora da un a nn o a questa parte,
soltanto fra i miei am ici privati e fra le person e
che ho co1 osciuto direttamente e jllersonalm ente perchè compagni di lotta, io conto nove scomparsi , no,·e
famif!lie in lutto, nove fra i ·uoi.-mig1iori c itta dini
di cui la patria è privata per domani. Li elenco qui,
in ot·dine alfabetico, senza d isti nzione di partito , i
mi ei nove amici uccisi, che tutti un anno fa rendevano bella la mia vita, li elenco perchè so che
ciascuno di noi può istitui re purtroppo un elenco
consimile, e perchè nella memoria dei pochi intimi
1-.endo un tributo di omaggio alla ~nemoria degli innum erevoli morti sconosciuti.
L P aolo Braccini, professore .Yni ve rsitar io, fucilato
per ordine personale del Duce.
2. Emilio Chanoux , notai o, seviziato a morte· dai
fascisti .
~'
3. Eugenio Co-l orni , professo re rli filosofia , assassinato
dai fascisti.
4. Leopoldo Gasparotto , avvocato, f ucilato in campo
di concentram ento.
5. Guglielmo J ervis, ingegn ere, fu cilato dall e SS italiane e tedesche.
6. Gianfranco Mattei, dottore in chimi ca , fucilato in
prigione.
7. Generale Perotti, fucilato per ordi ne perFonale del
Duce.
8. Sergio Toia, stud ente, figlio di artig iani, pa rti giano
morto in sca ram uccia; il compagno dei tras porti
notturni delle mitragli atr ici e dell e pesanti ca ssette
su per i torren ti alpini .
9. Paolo Vasario, medico, ex prigioniero degl i i 1~gl esi .
fucilato dalle SS tedesche.
E la guerra non è finita e f'ol f'HOI'P st retto mi
domando di quanto si sarà allun gata la li sta quando
si potrà considerarl a defini t ivamen te chiusa ».
Sì, noi siamo sicuri che la nostra è una causi\
giusta, e siamo sicuri della vittoria, ma la nostra
ormai sarà una vittoria senza gioia , una vittoria tra
le lacrime e i lutti.
Vien fatto alle volte di meravigliarsi dell'asprezza
colla quale i rappresentanti dei Movimenti della Resistenza francesi esigono, a vittoria conquistata, che
si dia immediato seguito alle loro rivendicazioni; il
segreto di quest'asprezza e di questa intransigenza
noi Io sappiamo benissimo: è l'impegno che hanno
preso verso i loro morti. Noi. movi menti . della Resistenza dell'Italia Settentrionale non siamo secondi
a nessuno in Europa per l'entità e la gravità delle
nostre perdite. e con la stessa asnrezza, con la stessa
intrilnsigenza l'impegno per la libertà e per la giustizia, l'impegno per l'Europa libera e unita l'abbiamo preso verso i nostri morti.
AH
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(Segue a pag. 2}
HA
Movimento Fçderàlista Europeo
Lavoratori l Popolo Milanese !
UE
L'ora di insorgere con tro il' tedesco ch e ci
opprime e ci deruba è vicina ! Allora anche il
traditore fascista che gli serve da boia scont erà
i suoi del i t ti !
. Ad uno ad uno i p"poli europei oppressi
riconquistano la loro h >Jertà, ma non per ri·
cominciare a chiudersi, come prima del 193 9,
nelle autarchie e negli egoismi nazionali, perciò :
Noi vogliamo che l'Europa diventi una vera .
Unione di liberi popoli democratici.
Noi sappiamo che nessuna_-co.nquista sociale
è sicura ee non c'è la~'pace f -i popoli europei.
" - ...,.,...,.
Noi sappiamo ché 110
è pace durevole
fra Stati sovrani armati - rn.a solo tregue e armistizi per preparare nuove gue re ••
Noi sappiamo ch e il SOt;Q.. · tema politico
che possa· rispettare le DIVER$PFÀ delle varie
nazioni europee, pur FONDENDOLE in una
PIU' GRANDE UNITA' è il Federalismo , come
quello che c'è in America e in Svizzera.
Noi sappiamo che i tedeschi quando parlano ·
di nuova Europa intendono dominio e sopraffazione : per loro • per i nazisti - Europa vuoi
d ire : un EOlo stat o padrone e tutti gli altri
schiavi : loro ci rubano le macchine e mandano
ai lavori forzati i nostri figli .· per noi miseria
e schiavitù. Questa è l'Europa nazi sta!
Noi vogliamo l'UNIONE FEDERALE EUROPEA, _cioè gli Stati Uniti di Europa, con nn
solo governo democratico federale, un· solo
esercito, una sola moneta, un solo mercato in
c ui gli operai possano andare dove c'é lavoro.
La sovranità dei singoli stati sarà quindi limitata dal Governo F ederale Europeo, ma essi
saranno liberi di sceglierai il governo statale
democratico più con forme ai loro bisogni.
Noi sappiamo che solo così le conquist e sociali, il sindacato libero, i consigli di fabbrica,
la democratizzazione delle aziende, saranno
conquiste STABILI e non destinate ad esser
riperdute nella prossima g uerra~
Noi sappiamo che i più intelligenti di voi,
lavoratori, vogliono tutto ciò. Il Movimento
Federalista Europeo, che fin dal principio della
lotta clandestina lavora accanto al Comitato di
Liberazione Nazionale, vi aiuterà a conquistare
un Europa libera e unita.
Lavoratori ! Preparatevi ad insorgere con noi!
EU
r..
posltld 1• negativi, più. deli cati e sfuggevo li dell a
cultura nazion ale di ogni sin!!òlo paese. Solo se questa elité poli tica riuscirà Il
creare istituzioni democratiche intern azion ali , i milioni di ci ttad ini avranno poi g~ i organ i rapp resentativi euro pf'i in cui potran no far sentire in modo più diretto la loro voce
ed i loro desideri.
Cerchi amo di applicare queste con sid erazioni ~f'
lieJ'Hli al caso co ncreto dell'Italia. Che il popolo ita liano abb ia tutto l 'i nte r es~e a partec ipare ad una
federazione democratica eill'opea è cc ~a che non può
essen! seriam ente co nteRta ta Ja nessuno. P oliti camente ia demelcJ'azi a itall ana ne sa rebbe con soli data. Economi ca mente si potre bbe ordinar~ la produzione nel modo più redditizio, ave re i ca pitali
esteri necessari, inviare la sovntppctpolazion e laboriosa in pae i che ne hann o bi Eogno. Il ma ggior
benessere che ne co n eguireb be perm eHerebbe ampi e ed effi caci riforme socia l i. Culturalm ente si ri n. alderebbero i legami innum erevoli fra -cultura italiana e cultura mondi ale.
Tuttavi a non è su que ti va ntaggi obb ietti vi che
AH
Il q uadro dello sta to nazionale soHa no è oggi
divenuto troppo ristretto per qualsiasi paese europeo,
!' se i vari popoli non vorran no intristire in niezzo
u sospetti ed odi in estinguibili ed a periodiche lotte
rrutricide, si dovtà ben trovare il modo di libera rsi
da qùi!stÌ fàtall letti di Procuste.
Èenéh~ per'~ d sià uh intetesse foncluillentale comune a tutti { paesi. ché spinge ad una soluzioue
federalistica, tuttavia i motivi politici , l'l;o Jiòìnlc1 é
culturali che prevalgono in ogni siilgoÌo i-Jaese sono
dive1;sa mente colorati sia perchè ,.Piver a è la posizio ne internazional e di ciascun paese, sia perchè diversam ente combinati sono i sentim en ti, gli interessi
ed in genere _gli orientamenti cosmopoli€tici e quelli
nazionali sti ci. Se perciò si vuole elaborare una politi ca federalista efficace, non ci si può limitare ad
affer marne
meccan ismi e le co nseguenze, ma si
deve altresì ~erçare di dar corpo in ogni sin golo
paese ad unà: corrente federalista euro pea che getti
le radici nelle tradizioni più sane e pitt vitali del
j1aèse teso. Solo in tal modo si potrà fare un'opera
fl- uttuos!i .
Che i pop~l eutopel debbano riunirsi in un a federazione ~ ~a to aft'erm ato rlpetutamente e dà molte
IJLirtL Tuttavia essendo finora man cato ànChe il più
em bi·ionale .Q_rgan(J dl rapprese ntanza popolare euro, jJea lldn é da spei'àl'e che dall'oggi al domani si
possa riunire un à costituen te euro peà, così come
potrebbe ri~nirsi una costi tuente nazio nale, che l'ediga le tavole fond amentali dello tato federale eut'opeo e 1e presenti ad ogni sin gola nazt ne perché
questa decida se àderlrvi o meno. La ederazion e
europea no1; p uò sorgere In un modo co ì sempli ce
come è sorta qHella degli Stati Uniti d'America. La
Yia sarà pi·obabilmeate assai lli_ù tortuosà. Vi saranno a bo:u.i di legami federali fra vari stati , tentativi esitanti e contrastan ti di superare la sovranità nazionale.
Uno stato d'animo g-eneral e favorevole alla co nvivenza pacifica fra i popoli si può enz'altro prevedere, poichè tutti han visto le rovine cui portavano le va rie appli cazioni del prin cip io della sovranità illimitata. Nè la potenza militare, nè la neuLI'alità, nè le allea nze, nè i patti · di non ap;gressione,
11 è lo sp irito pacifì.s;o han salvato alcun paese dal
\'Ortice. Tuttavia è anohe· da prevedere che la ma~r
p;io ranza dei citt-ad ini dei vari paesi, se vedr à con
una certa simpati a ogni sforzo fatto per crear e uria
unione 'federale, seguirà i necessari passi con un
notevole grado di indifferenza. Tutti saran troppo
pres i dall e gravi ssime cure della ri costruzione eli
una loro normale vita nazion ale. e troppo diffusa
è la persuasione che la politica este ra è un a faC'ce nda di cui devono occuparsi olo i ministeri degli esteri , e sulla qual e
cittadini chi acchi era no
ab bonda ntemente ma non si .propongono eli inAuirvi
in u; modo o nell'altro.
L'esito buono o ca ttivo del lavoro rli costruzion e
di un a federazione europea dipenderà perciò sopra
tutto dalla buona volontà, dalla perseveranza, e dall a
intelligenza di coloro che dirigeranno la vita politi ca: dei singoli paesi, i quali dovranno ave re insieme audacia nelle iniziative, nazienza nell'attesa
dei frutti, abilità nel su perare gli ostacoli. La guerra attual e ha sq ualifi cato in quasi tutti i paesi del
C'ontin enté i vecchi uomini politici. Molto dipenderà
dall'a nim o degli uomini nuovi che in seguito agli
sconvol gimenti verificatisi vengono ora a trovarsi a
caro dei rispettivi popoli.
Quali dei temi caratteristici della vita politica di
ciascun paese saranno ripresi con maggior vigore?
E con quali intenzim1i · profonde saranno sviluppati?
Noi siamo stati abituat.i da più di un secolo di vita
politica popolare a considerare i problemi politici
come problemi di interessi di masse, di sentimenti
di masse, di movimenti di masse. Invece .n ella question e dei rapporti che si verranno a stabilire fra i
vari stati europei, benchè si tratti di cose che concm·nano diecine -e centinaia di milioni- di uomini, ci
troviamo di fronte a situazioni in cui orientamenti
e decisioni si trovano nelle mani di poche centinaia
di uomini politiéi . alimentati dalla cultura e dalle tradizioni · dei rispettivi paesi. Si tratta di comprender-e
~ituazioni complicate in cui si fan v·a lere i valori,
Un ..~.nun di :,ouerra al nazismo
UE
LE VIE DELLA POLI:I'ICA
ESTERA ITALIANA
Movimento Federalista Europeo
Il Comitato Direttivo
Milano, Settembre 1944.
L'UNITÀ
2
HA
--------------~----------------------------------------
/
AH
UE
HA
EU
AH
UE
deteriore produce da se"
opere gonfie di bor·
alim entare una tale politica, è quello che reagisce
nazionale, di irritazion e . -.~utro gli trani eri , di p ·.
sempre petulantemente contro ogni in giustizia , ma suasion e che all'lta l ~ui si sian fatti torti di oo-ni
gari vera, delle grandi potenze, che le richieste ininere , di vellei tà . ' .mperiali. Questo orientamen~o
ziali saranno certamente assa i modeste ed assai ra hé! prodotto ', nai in Italia nulla di grande. Qua
gionevoli, che .~e co nseguenze gravi son lontane e
il . p~es~ si_ -~; costituito (n stato nazionale so no tati
perciò difficilmente sco rgibili, benchè sicure, -si comgli Jtaham soD•~i e non questi retori a forma e la
prende . senza difficoltà che una tale politica può
nuova comunità politica. Ma una corrente c lateesser condotta anche da persone che si offenderebbero se si dicesse loro.. che stanno riformando il pierale nazi onali sta non è mai man ca ta , e quan o in fin e lo_ stato ~!',v rano italiano si è costituito, e per
colo inquieto ed inqui etante imperialismo italiano.
la logtr "<~ ste~sa della sua esistenza era
~ a
Contro questo pericolo nazion ali sta e reazionario,
ruue una politica di potenza, essa si è, col passare
che, come di ceva De Sanctis, non si presenterà . dl.dei dece nni , rafforzata Essa si compendia nella perchiarando a tutti di essere la reazione, ma che sorge
suasione che l'Italia per i suoi meriti passati -..- ~ .,.. quàsi inconsapevolmente dagli anti chi elementi malsi scoprono sempre mille meriti . passati, veri e fitti - _sa ni della cultura itali a na, occorrerà star ben e in
z.i' - dovrebbe gode re di ttn trattan1,e nto speciale
guardia per salvare quel che di più prezioso e di
d i grande potenza. Non essendo però una grande
più fecon do noi abbiamo - cioè lo spirito italiano
potenza ed i fatti non corrispondendo ai desideri,
universale che sa essere mod esto e non pretendere
si tende a far uso della furberia , che gli italiani
ad ogni costo di far cose grandi , ma le fa solo
posseggo no in 'dose elevata , per manovrare, per -farsi
'fJuando la grazia cala in esso.
avanti ed appa rire per pi•'1 di quel che si è. Questo
Anche questo spirito cosmopolita può avere in
attegg iamento, passando dalla cultura alla politica,
Itali a una sua politica. La quale consisterà nello
stare ben attenti a tutti quei germi di cooper azione
ha contribuito a dare uno sviluppo fatale al paese.
Si è creato un apparato militare pretenzioso e non
internazional e che spuntera tÌno nel campo della pocorrispondente nè ai bi sogni veri, nè alle forze del
liti ca europea e mondiale, nel discernere quelli vi tali
paese. Si è costruita un a industria protetta che non
da quelli sterili , e nel parteciparvi nel modo più
serve a dare un a real e indipendenza econom ica al
leale ed intelli gente perch è si svilu ppino e consoli dino. Il ri sanamento ed il benessere dell'Italia, dipaese, ma solo · ad impoverirlo. Si è fatta in Eritrea
un a politica colonial e megaloman e terminata con un a
pendendo anzitutto dal tipo di ordinamento insconfitta. Si è condotta l'imp'resa libi ca con magternazionale che si form erà, bisognerà in primissima
giore abilità e succe o, ma senza nessun senso di
linea dare il proprio contributo perchè esso sia
respo n abilità europea, aprendo il ci·clo di guerre
sano e giu sto, e non chiudersi invece nella gretta
che han portato a quella mondi ale del ' 14. Si è
opera di rinascita della sovra nità as~oluta dello stagiunti ad insta urare il fascismo in Itali a. L' irnpre~ a
to italiano. Data la capa cità dello spirito itali ano di
ab i sin a, fatta per la vanità . di <!vere un impero ha
comprendere le esigenze universali dello spirito urnada to il via alla crisi che ha portato alla seco nda
no , noi potremo dare a tale opera un contributo non
guerra mondiale .. Ed infin e ci si è lanciati nell a foll e
trascurabil e.
.
guerra accan to ad Hitler. Le occas ioni , le forze in
azionP, gli atti co ncreti sono stati volta a volta di ve rsi, ma in questo cresce ndo imperi ali sti co si riscontra l'a cesa • dello spirito nazionali sta ri!ie ntit'l
ed intrigante e la sua vittori a sullo spirito cosm(lpol ita costrutti vo e sobri o. L' attuale catastrofe è
stata la conclusion e di questa ascesa.
Oggi la particolare costellazione poi iti ca che costitui va il fasc ismo è caduta. Ma non bisogna credere che sia con ciò automaticamente scomparso
a nche lo stato d'animo di rancore nazional e.
Coscienza cosmopolita e coscienza nazionali sta han no entrambe radici anti che nello spirito italiano, ed
a nche do mani, nell'opera di ricostruzione si batteranno per il sopravve nto. Per individuarle non serve
andare a sfogliare i programmi dei partiti. Gli stessi
programmi possono essere interpretati ed applicati
in modi assa i diversi . ed inquadrati in politiche internaz_ionali effetti ve (ijverse. . ],-. co ndurre la poli ti ca internazionale no~ ~ tan o affermazi oni dottri nari e fi sse, ma certi orie11ta ·n{i . pirituali profondi .
Doma ni. a nzi già oggi, è .'45ossibile considerare la
sco nfitta, la diffidenza che ~1wlti ·paesi nutriranno a
randi umiliazioni
lun go co ntro di noi, le pi cco] -:
che l'Italia dov rà subire, i pe'\3'. che dovremo so p-
EU
na sui 1u6tivi
della 6'l itica
in gra o di co · ribuir
}oli ti c
~-u e non si possa a ncora sapere in tutt1 1
quale sarà la posizione dell' Italia dopo la
J;l,lil,8o.l~*OiO"O<l!"~""·~ la si pnò tuttavia già delineare con
f' ufficiente precisione nelle sue lin ee fondam entali. In
questà::eatastrofe, che non è certo :a sola che abbia
col pito il paese nella sua stori a plurimillenaria, ma
che è comunque la prim a abbattutasi sul Tlaese da
'<JL-"nrlJV ,; , ~ t ul!ilttùto in stato naÙùnale, è andatu
per duto tutto quel che lo stato italiano aveya acqui stato , salvo l'unità nazj.onale.
È proqabile eh~ in qualche luogo si avran no co rrezioni di frontiere che peseranno sul cuore degli
italiani. Ma non ruò trattarsi che di modifiche ma rginali , operate in regioni a popolazione mista. Il di ritto degli italiani a conserva r.e una struttura poli tica nazionale è fuori contestazione. I tentativi di
suscitare un separatismo nazional e si son di ssolti
come nebbia al sole ga,) giw Eli f!SBAB ss~~ itflfit~
Più significativo ancora del ricono cimento che le
grandi potenze han dovuto fare dell' unità nazionale
del paese è il fatto che gli itali; ni stessi, che eran
rimasti così indifferenti ed ostiti a tutti i tentati vi
fa sci ti di fa r loro credere che la guerra dell'asse
fosse una guerra giusta, hann o improvvi samente mostrato di èsser pronti ad affr on tare le peggiori pe rsecuzioni e a cond urre la pi ù disperata lotta di li berazione n=lonale. Tutti i cosidetti an tinazion ali si
sono rivelati ca mpioni dell a nazione, ed i pochi rcrttami upe~ ~4i• del fa scismo,, che aveva per ven ti
anni preteso di guid are l'Italia verso chissà qual i
imperia!' destini, si son rid otti a sgherri del nazi smo
tedesco, privi di qualsiasi co ntatto profond o col
paese. La lotta di liberazione ha mostrato che il
popolo it~ff; no è ormai tenuto in sieme dalla coscienza di. una comunità di destin o, sop ravvissuta
allo stesso crollo momentan eo dello stato. L'unifica·
zion e ope1"1rta dal Ri sorgim e nto è divenuta verame nte
irrevocabile.
Tutto il resto è p erò a nd ato perduto. Il paese dele istituzioni politiche li bere da ricostruire
a fondo; perdita quasi sicura di tutte le
r razioni di guerra da pagare; scomparsa
di tutte le- p o · ·oni di forza nel mediterraneo; probabile co ntrollo
da paf'te
dei vinci.tori . ~·
Con Ghe anim•.i le nuove classi dirigenti italiane
debbono aècingersi all'opera di ricostruzione?
Se guardiamo un po' a fondo nell'a nima degli
italiani 48elth 8Ì ~li ilol MhHaa istàliZd spc~tà--la
~iQRi èo1 f.lt!Bèl!l', scorgiamo elementi culturali e
sentimen tali contJ·asta nti . dai quali possono venir
fuori politiche oppvste.
L'orientamento fondamentale dello sp irito itali ano
è nettamente cosmopolita ed aperto a quan to viene
da tutte le parti dell'orizzonte. La lunga storia dell a
civiltà italiana h !i- fatto p -~netrare fin nelle regio n i
dell'incosciente questa recettività. R oma imperiale c
Roma cattolica non sono stati centri di civiltà n azionali, ma centri alla cui fioritura han contribuito
popoli interi. Anche il Rinascime nto - il 11iù caratteristico prodotto dello spirito itali ano - è stato
un processo di riassimilazione rl ell ' um ane~ imo latin o e greco. E quando, dopo il lungo letargo riPI
'600 ha cominciato a .sorgere la nuova Italia. ess"
ha accolto ed assimil ato senza inti me difficoltà il
pensiero francese, inglese, tedesco. Da questi accoJ.!;lim·enti lo spirito italiano non si è mai sfaldato e
disperso, perchè non si è mai . trattato di recezioni
passive, ma di rielaborazioni in cui gli italiani mettono di loro la capacità di com prendere i limiti. di
conciliare esigenze con trarie, di es ere razionali sti
t(!mperati dal buon senso. Onesto sobrio e scanzonato spirito che è lo spirito di Machiavelli,fdi
Cavour, ·
· · è canace di costruire con materiale proveniente da qualsiasi parte del mondo, e
sa pen sare ed agire in italiano sapendo· di pensare
ed agire semplicemente in termini umaDi. La prevalenza dell'elemento um ano su quello specificamente nazionale spiega non solo la facilità con cui gl i
italiani assimilano, ma anohe quella con cui si assimilano n ei paesi dove vanno. Da secoli l'Italia man da per il mondo uomini gran di e piccoli che svolgono la loro opera elevata o modesta senza avere
in nessun luogo fatto mai sorgere veri e propri problemi di minoranze italiane.
L'aspetto ·umanistico dello spirito italiano, che ha
le sue .radici sia nella migliore tradizione culturale
del paese, che nel semplic~ buon sen so pagano del
suo popolo, è però controbilanciato da altri elementi
assai meno gradevoli .
Essendo l'Italia stata per tre volte nella sua storia centro della politica, della reli gione e della cultura mondiale, ne è risultato per la mezza cultura
del paese uno stato d'animo di nobili impoveriti , invidiosi e pieni di risentimenti . Il p nsiero italiano
EUROPEA
nortare,
e
1e
Hl itR
·o nj rjclla soi't ?n itJ.-c1ell
staii«J
è possibile considerare tutto ciò ancora · una volta
come un torto che si fa ad uno dei piÌI bravi C'
meri tevoli popoli che esistano su questa te rra. P.rntestando e lamentandosi ad ogni passo si metterà i:1
opera la tradizional e cinica furberia italiana per ri mettere a galla la barchetta affondata del nazi omt !i<-; mo . Senza preoccuparsi gran che delle form e di
cooperazione mondi ale che certamente comin ceranno
a sorgere per mettere un certo ordin e nei rapporti
fra stati , a nzi mostrandosi diffidenti verso tali tentativi, perchè in essi la posizion e dell' Itali a sarebbe
durante tutto un primo temno assa i umile. si può
stare attenti a sfruttare tutti .i contrasti che certamente non mancheranno nella politica e uropea e
mondi ale. Volta a volta si potranno in tal modo ottenere n iecol i vantaggi che perm etteranno di accrescere di un poco la potenza dell' Itali a nel mondo.
L'amor proprio nazionali sti co ne risulterà ogni volta non placato, ma an cor più irritato, perchè i gua dagni saranno volta a volta assai meschini. D' altra
parte se si considera quanto nevralgico sia il punt0
in cui .si trova l'Italia è fa cile comprendere che ogni
manovra di questo genere renderebbe più in stabile e
difficile a mantenere l'ordine europeo. Ciò però im porterebbe poco a chi pensa che anzitutto bisogn a
provvedere ad una maggiore poten~ nazionale. Certamente non sarebbe l'Italia a creare i contrasti im perialistici; essa si limiterebbe ad inserire il suo
piccolo egoismo nazionale nel giuoco dei grandi egoismi, come ha fatto per il passato. Ma in tal modo
contribuirebbe validamente alla preparaZione della
terza guerra mondiale, come ha contribuito alle due
precedenti. E p otrebbe avere anche l'anima in pace,
perohè la colpa della nuova crisi ricadrebbe comunque soprattutto sulle grandi potenze.
Se si tien conto che lo stato d' animo capace di
l socialisti e la Federazione
Europea
La dichiarazione di principio di Eugenio
Colorni
Il problema dell'urtità federale europea non è cosa
che si presenta completamente nuova per il P. S . l .
A prescindere anche dal:le sue tradizioni internazionaliste, è' noto che parecchi compagni sorw stat · i
pronwtori del Movimento Federalista Italiano ed aderiscmw ad ·esso. Ci basti qui rico rdare il nom-e di
Eugenio Colami. La dichiarazione di principio da
lui redatta sulla questione dell'Unità Europea resta
ancora oggi la piattafornz.a politica dei socialisti federalisti, dichiarazione che qui di seguito riportiamo:
« l socialisti italiani vogliono che dàlla pace che
seguirà la presente guerra siaTUJ poste le basi di un
solido o·rdMw.mento unitario che si concreti in una
Federazione dei liberi stati europei. Respingendo ogni
progetto di Società delle Naziani che, lasciando intatta la struttura ecoTUJmica, politica, militare dei
vari stati, si presenti come una semplice istanza su. perstatale in cui i singoli stati siano rappresentati
in quanto tali, con tutto il peso della loro sovranità,
e alle cui decisioni uno stato o un gruppo di stati
possa essere .,.,ecalcitrante, quando ne abbia forza sufjicien t~> , ritiene che l'unica premes .~a per rendere impo·ssibile che o{};ni conquista politic::t ecorwmica e sociale venga travolta d'un tratto da una nuova g.we rra
•
-----·· ---------
L'UNITÀ
imperialista, è la formazione di un' unica Federazione
Europea <lP!!- istituzioni rappresentative alle quali i
cittadini eleggono i loro rappresentanti direttamente
e non p>er~l tramite dei vari stati, che provveda l'unità del m e'"rc~ato con un'o rganizzazione razionale dell'economiq._.che abbia un esercito proprio, lasciando
alla cura dei vari stati solo il mantenimento dell'ordine p•u bblico, che pur curando la difesa delle autonomie rl.àzionali, culturali, linguistiche prorveda quei
profondi ed intimi contatti fra i popoli dai quali
deve so rgere una n:nnovatn coscienza euro pea.
j
EUROPEA
« l socialisti italiani ritengono che questa prospettiva che poteva 'sembrare un lontano ideale ancora.
po•c hi anni la si troverà, nel perwdo che ancora se.
guirà la presente guerra, molto prossima alla sua
realizzazione, e sono com;inti che tale méta sia strettamente col{égata ai fùLi "che essi si propongono in
quanto socialisti, giacc!Ìè la formazione di una unità
federale europea sarà evento di tale portata rivoluzionaria d~ non poter avvenire .se non con l'attivo
concorso delle masse e nell'ambito di un profondo,
generale rinnovamento sociale del nostro continente.
Per l'Italia, come per tutti i popoli che usciranno
t;Ìnti da questa guerra, una tale soluzione costituirebbe, fra l'altro, l'unico modo di evitare la sconfitta,
la mutilazione ter{itoriale, l'aggiogamento economico.
« Il Partito Socialista Italiano ritiene che proprio
l'atteggiamento delle masse' possa avere un'azione decisiw a questo propositQ, creando situazioni di fatt o
di cui i vincito·ri non potranno non. tener conto, pm·
vocando interventi e contribuendo a far precipitare
la situazione intemazional e nel senso dell' U n.ità Europea» .
...
DOPO
DUMBARTON
..• ,•"' '..
OAKS
<< LE NAZIONI . UN ITE >> E IL FEDER A LISMO EUROPEO
HA
UE
gli- ultimi ad interloquire, ma• quali europei che da
ben più di venti an ni, dal giorno stesso della nascita del fascismo, han no sfidato la polizia, il carcere, la tortura, il campo di co ncentramen to e la
morte, come tanti altri europei, abbiamo anche il
dovere di dire modestamente e fermamente· la no stra opinione sul futuro assetto del mondo.
Di prin cipi federalistici applicati alla creazione di
una nuo va comunità internazionale le proposte di
Dunbarton Oaks non ne contengono punti. Nessuna
limitazione della assoluta sovranità degli stati, nessuna rappresentanza diretta dei popoli, e non dei
governi, nell'Assem blea internazionale, nessun concetto di cittadinanza internazionale di alcun genereche trascenda o oltrepassi la cittadinanza nazionale.
Lo Stato Nazionale, Sovrano Assoluto, resta soggetto
incontrastato della politica internazionale. Sostanzialmente, dopo Dunbarton Oaks si può davvero esclamare: « La Société cles Nations est morte ! Vive la
Société cles Nation~ ! » e poichè i difetti e le impossibilità di funzionam ento di una Società delle Nazioni
in cui si mantenga agli Stati la sovranità assoluta
non sono parto della nostra fan tasia ma sono il risultato di una razionale disamina del funzionam ento
delle relazioni internazionali, si potrebbe anche co ncludere che i federalisti si mettano a letto e buona
notte, tutto sarà in Europa come pjjma ~
Questo pessimismo sarebbe tuttavia di gran lunga
eccessivo e del tutto fuori luogo. Alla fine di un
conflitto mondiale estenuante i delegati delle Nazioni
Unite hanno cercato a Dur.barton Oaks innanzitutto
la soluzione di un problema di potenza, che la vecchia S. d. N. non dava neppure, e questa soluzione
l'hanno cercata su scala mondiale, cioè interconti l'lentale. Le Nazioni Unite credono di aver trovato
la so luzion e di questo problema di potenza nella formula del Consiglio di Sicurezz~, dotato del potere
di decidere il come e il quando dell'intervento armato. Noi crediamo anche che, fìnchè dura l'accordo, anzi l'alleanza anglo-russo-statunitense, cioè finchè dura una convergenza di interessi fra questi tre
blocchi , l' artificio del Consiglio di Sicurezza rappresenti davvero la soluzione del problema di come aver
sempre disponibile, e pronta all'uso, la potenza. Siamo di fronte ad una coalizione vittoriosa che trova
un modo elegante, ed anche simpatico e moderato
di far uso della colossale potenza che è a sua disposizione, permetten do alle minori nazioni una compartecipazione anche più che formale all'esercizio
del potere. Di ciò noi ci rallegriamo grandemente e
siamo così convinti che l'Europa e il mondo hanno
bi sogno di pace, di pace ad ogni co to, per rifarsi
le ossa e non morire di tisi o di rachitismo, che
auguriamo a « Le Nazioni Unite» lun ga e prospera
vita, e al nostro paese, che si conquisti, con una
saggia politica estera, i titoli per poter essere presto riconosciuto « una nazione amante della pace»
ed ammesso nell' Assemblea dove il suo programma
dovrà essere di collaborazione piena e leale.
Prima di procedere nel nostro discorso una cosa
dev'essere ben chiara: di fronte ad una coalizione
si può o collaborare al suo mantenimento o speculare sugli inevitabili screzi co lla segreta speranza
di far crollare tutto l'edificio : la seconda politicn
sarebbe suicida per l'Europa, il cui interesse è che
la coalizione duri più a .lungo che sia umanamente
possibile. D'altra parte è certo che. un'Europa profondamente unita per interiore consenso, cioè attra verso l'adesione ad un sistema federalistico, sarebbe
a sua volta uno dei più potenti fattori di permanenza di quell'armoniosa collaborazione, che le
Iswestia reclamano, nel seno della coalizione medesima. Infine, sul piano mondiale, anche noi fed eralisti, che al sostantivo abbiamo aggiunto il qualificativo di europei, siamo convinti che la politica
delle coalizioni di grandi blocchi, tanto grandi che
si pensa non debba convenir loro di muoversi guer-
HA
EU
AH
spmto che anima le Nazioni Unite. Il terzo organi smo sarà una Corte di Giustizia Internazionale che
costituirà l'organo giudiziario supremo delle Nazioni
Unite nonchè il ricorso di ultima ista nza fallito il
quale il Consiglio di Sicurezza dovrebbe dec idersi
all'uso J ell a forza.
Il Segretariato generale e la segreteria permanente saranno infine gli organismi tecni ci per far funzionare l'insieme. Saranno prese le necessarie mi sure per la liquidazione della Società delle Nazioni.
Tàli le proposte della Conferenza di Dunbarton
Oaks quali sono state oggetto di una dichiarazione
comune delle quattro potenze mondiali e quali sono
ora sottoposte all'attento esame dei governi di queste quattro potenze. Ad essi spetta la loro accettazione e la loro eventuale modifica. Le proposte formano probabilmente uno der principati oggetti dell'attuale visita del signor Churchill e del signor Eden
al maresciallo Stalin e al signor Molotof (9-10 otto bre 19 l 1) .
***
AH
UE
Quali sono le reazioni dell'opinione pubblica delle
Nazioni Unite a queste proposte'? In Inghilterra i
giornali ne esaminano specialmente i lati deboli co n
notevole acume critico. Il Daily H erald osserva che
non è stata toccata di un ap ice la sovranità assoluta degli stati e che è tuttora irresoluta la questione fondamentale del voto nel Consiglio di Sicurezza. Il Manchester Guardian dice che il nuovo organismo è molto simile alla vecchia Società delle
Nazioni, per quanto tuttavia l'appartenenza ad esso
non sia aperta a tutti i paesi, ma 'ris.f!rvata ai « paesi
amanti della pace », il cile è tfi.;; chterio esclusivo ,
e inoltre si ohiede se tu"tfì ... · me mbri metteranno
forze armate a disposizione d _ Consiglio di Sicurezza, oppure solo i paesi eh ne ,stl)lO mem ri. Il
Uaily Mail, osservato che è aper a fa qhestione del
voto, si preoccupa di sapere se · ~ questioni interne di Stati singoli, come ad es./ 1\nstaurazione di
un regime nazista o la guerra civile spagnola saranno di competenza del Con siglio di Sicurezza, prima che diventino minacce internazionali. Si rallegra
che il problema del potere sia risolto meglio che
nella vecchia Società delle Nazioni dando la responsa bilità a chi effettivamente la possiede. ·
Le lswestia dicono autorevolmente che la creazione del Consiglio di Sicurezza non è una parola vuota,
ma significa esercizio del potere e che se i seggi
permanenti sono dati soltanto alle quattro potenze
che capeggiano il mondo ciò non è per privilegio
ma a causa della responsabilità che in esse risiede :
ciò implica d'altra parte la necessità della loro completa unione e della loro perfetta armonia. Da questa unità e concordia dipende anche la questione
del voto.
Il New York Herald Tribune osserva semplicemente che questa volta il mantenimento della pace è
affidato realmente a coloro che sono capaci di mantenerla e che alcune decisioni, come quella sulle
questioni militari sono state raggiunte per via di
compromesso. Infine il corrispondente diplomatico
della IJBC opina che col Consiglio di Sicurezza sia
stata proposta la creazione di un corpo collettivo di
pratico funzionamento capace di azione pronta ed
efficace; in esso risiede il potere effettivo mentre
l'Assemblea è un organo puramente consultivo e
ciò è un progresso sulla vecchia S. d. N. perchè
piccoli Stati non potranno più sabotare grandi decisioni internazional•i. La psicologia collettiva di tre
delle quattro grandi potenze è riflessa assa i ben e nei
giudizi che abbiamo riportati.
EU
La Conferenza di Dunbarton Oaks sull~ sicurezza
mondiale ha chiuso i suoi lavori. ~ono state concretate delle proposte per l'organizzazione della sicurezza internazionale nel dopug uen:a, che sono stui c
oggetto <ii un comumcaw uwc1au:: u~1 '!uctufu governi di l;r~n tiretagna, ~tati Uniti, Kussia e Cina
e che sono state accolte con il più grande compiacimento dal Presidente degli Stati LJ mu. Questi na_
anche dichia ato che la proposta mppresenta uno
degli scopi per cui la guerra e combattuta.
(Jueste « ràècoÌnandaz10ni » della co nt e_renza costituiscono certamente il piano dell'organizzazione int ernazional ~ che le nazwni vincitrici del presente
contlitto intendono costruire nell'immediato ìuturo.
}{icordiamo ·ohe a Uunbarton Oaks erano riuniti i
rappresentantj delle quattro grandi potenze mondiali, }{ussia, Gran Bretagna, !::>tati Uniti e Cina.
I delegati.Jii Dunbarton Oaks sono stati d'accordo
nel proporre al mondo, e innanzitutto alle Nazioni
Unite, la creazione di un'organizzazione internazionale che dov:rà chiamarsi « Le N azioni Unite »; questa organizzazione, dicono i comunicati, sarà aperta
a tutte le nazioni amanti delLa pace, sarà fondata
sull'eguaglianza .sovrana di tutti gli stati amanti della
pace, ed avrl"per scopo: l) di mantenere la pace e
la sicurezza intel'nazionali; 2) di dirimere i conflitti
internazionaii; 3) di promuovere la cooperazione internazionale per la soluzione dei problemi economici
e sociali. L'organizzazione della sicurezza internazionale funzionerà appoggiandosi su tre organismi distinti ed un segretariato.
Gli organismi collettivi saranno: innanzitutto un
Consiglio di Sicurezza, di undici membri di cui cinque permanenti e sei eletti dall'Assemblea; i membri eletti dall'Assemblea dureranno in carica due
anni e non saranno immediatamente rieleggibili;
nella prima elezione;.. si eleggeranno tre membri per
un anno e tre per due~ anni, e successivamente si
rieleggeranno ogni anno tre dei membri elettivi il
cui mandato biennale è conchiuso. I cinque membri
permanenti del Consiglio di Sicurezza saranno: la
Gran Bretagna, gli Stati Uniti, la Russia, la Cina e,
a tempo debito (in due course) la Francia. Funzione del Consiglio di Sicurezza sarà di dirimere le
eventuali divergenze internazionali ricorrendo prima
ai negoziati, poi all' arbitrato, poi alla Corte di Giustizia Internazionale, e infine, per mantenere o restaur~re la pace, anche all'uso della forza. A questo
scopo dipenderanno dal Consiglio di Sicurezza un
Comitato degli Stati Maggiori degli stati membri permanenti e saranno pure sempre pronti a sua disposizione contingenti delle forze aeree nazionali: non
risulta per ora se quest'ultimo provvedimento riguarderà soltanto i membri permanenti o tutti i mem bri del Consiglio di Sicurezza. Il metodo di voto del
Consiglio di Sicurezza è ancora in esame. Una cosa
è certa tuttavia, che il potere delle decisioni supreme risiederà nel Consiglio di Sicurezza.
Secondo organismo attraverso il quale esplicheranno la loro azione «Le Nazioni Unite» è l'Assemblea
generale consultiva, in essa siederanno ·i rappresentanti ·di tutti i governi dei paesi amanti della pace
riuniti in questa associazione; _ogni paese avrà diritto ad un voto; le decisioni sulle questioni più
importanti dovranno essere raggiunte con la maggioranza di due terzi dei voti (fra queste è compresa l'elezione dei membri al Consiglio di Sicurezza
e gli emendamenti allo statuto dell'organismo stesso,
nonchè l'ammissione, sospensione o espulsione di nuovi rnembri), m'e ntre sulle questioni minori basterà
la semplice maggioranza. L'Assemblea eleggerà inoltre un Consiglio Economico e Sociale di 18 inembri
che funzionerà in permanenza e sarà organo consultivo per la Corte di Giustizia Internazionale. ·L' Assemblea si riunirà una volta all'anno. Verranno favoriti dall'Assemblea gli accordi e le intese regi oria li, che non donanno tuttavia ee&ere contrarie allo
***
--------
Quali cittadini di un paese vinto e prostrato e
ohe negli ultimi vent'anni non è stato certo una
« nazione amante della pace », abbiamo il dovere,
per non e10sere presuntuosi, di assicurarci che siamo
/
L ' U _N l T À
4
ra, sia ora, e per molto tempo ancora, la sola possibile. 4 •
Detto questo, noi affermiamo che la soluzione piena e ~~uitiva del problema europeo non si trova
che nelle linee del federalismo, della creazione di
una Unione Federale Europea in cui gli attuali staterelli sovrani del continente Europa sacrifichino una
porzitl"ne della loro sovranità ad un Governo Democtatico Federale; noi speriamo ch e questa Unione
possa nascere e crescere sotto l'egida e la tutela
delle « Nazioni Unite», noi siamo convinti che la
Federazione Europea è un problema interno europeo
nel quale è an che cootenuta ]a soluzione definitiva
del proiJlerna_di potenza della nazion e britannica, che
E U RO P E A .
è Europa, nonchè la definitiva tranquillità della Federazione delle Repubbliche Sovietiche Socialiste.
A questo compito noi vogliamo dedicarci, ed una
sola cosa chiediamo alle più europee delle grandi
del Movim~nto Italiano per la ~dera
pòtenze fac enti parte -delle «Nazioni Unite», cioè
zione Europea (M. F. E.)
alla Gran Bretagna ed alla Russia: che nulla venga
fatto per impedire ch e, per libero consenso di tutti
al Comité::Français pour la Federation
i popoli . d'Europa, si crei nel nostro continente, attraverso la limitazione della sovran ità statale, una
Européenne (C. F. F. E.)
Un ione Federale di liberi popoli democratici. « Le
Nl aziondi ll~nite » avra~n_o veramente contribui ito al
Abbiamo ricevuto recentemente la notizia della coJene e 1ntera umamta se avranno create e COiòl ·
t·~
·
d 1 C ·1 • F
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l F 'd· t"
1
dizioni di stabilità e di pace nelle Cfuali qu·esto""'• "s. lzt~n e. e
?"!L ~ rar~çazs ~our .a e .era w n
d
l
,
. .
J..urop~<enn c, e v1 mvtarno Innanzitutto 1l saluto fra gran e mlraco o potra compters l.
· -terno del Movimento Italiano per la Federazione Europea. Nell'articolo sul Movimento Federalista Italiano e nelle tesi approvate al primo raduno federalista
italiano a Milano, n el m ese d'agosto 1943, di cui vi
acclud iamo copia, potete vedere che le vostre id ee
e le nostre sono identiche.
Ciò che ci ha maggiormente colpiti nella vostra
dichiarazione, e che corrisponde pienamente alle nostre vedute, è il punto 5 t'n cui dite: « Ma m entre
alcuni patrioti democratici, socialisti, comunisti, pensano spesso che questi fini devono essere raggiunti
F. E.)
innanzitutto in ogni paese separatamente e che in fin
dei conti sorgerà una situazione internazionale n ella
ranno a llo Stato federal e eu ropeo l'orga nizzazion e
quale tutti i popoli potranno fraternizzare, il Movi mento per la Federazione Europea mette in guard ia
economica e commerciale dell'Europa, il dir.i tto di
contro questa illusione. L'ordine di questi fini è esataYere solo un esercito e di intervenire con tro ogni
tamente l'inverso ... La Federazione Europea è il pritentativo di ristabilimento di regimi autoritari, la
mo dei fini che devono proporsi gli elementi patrioti
direzione delle relazioni . est erne, l' a mmini!'trazion e
democratici, soc iali sti e comunisti».
de i territori coloniali che non so no ancora maturi
È precisamente per questa inversione dell'ordine
per l'indipendenza, la creazione della cittadinanza eudei problemi politici attuali che si distingue il vero
ropea in più della cittadinanza nazionale. Il governo
federalista da colui per il quale non si tratta che di
dello Stato Federale sarà eletto, non dagli stati narendere un omaggio formale a un'idea bella ma
zionali, ma democrati ca mente e direttamente dai
astra tta.
Avevamo già fatta la me desima constatazione nel
popoli.
nostro Manifesto del mese di agosto 1941, qu ando
4) La F ederazione europea non si oppone alle na scrivevamo :
zioni In ciò che hanno di progressivo. I governi na« La linea di demarcazione fra partiti progressisti
e partiti reazionari non è più ormai la linea formal e
zionali saranno subordin ati al governo federale solo
di una democrazia e di un socialismo più o meno
quando si· tratterà di questioni interessanti l'in sieme
estesi, ma è una linea di divisione sostanziale e del
degli Stati federati. Ma i governi nazionali , allo stestutto nuova. Da una parte vi sono coloro che conso modo degli organi di autogoverno regionali e locepiscono come campo centrale della lotta il campo
cali, suseisteranno con le loro leggi particolari, nella
antico, cioè l a conquista e le forme del potere poli-,
misura in cui queste non sono con tradditorie con le
tico nazional e. Essi f aran no -.-.. anche ìnvolonta'r ialeggi federali e con la loro autonomi a amministramente - il gioco delle forze reazionarie, permettentiva, linguist ica e cultural e.
do che la lava ardente delle passioni popolari si solidifichi di nuovo nelle antich e forme nazionali e che
5) Il Movimento per la Federazione europea intenrinascano le vecchie assurdità. Dall'altra parte vi
de appoggiarsi ai movimenti nazionali c he lottano
sono coloro che vedono che il compito centrale é
per la giustizia econ~mica e s~ciale, contro l'oppresla creazione di un solido stato internazionale. E ssi
sione po~itica, ~er il !'i}J~ e ~actfico stabiliment~ del
si sforzeranno di incamminare le forze popolari verloro gemo nazwnale spec1~" -~a mentre alcum pa- .. so questo fine , e, anche dopo aver conquistato il potrioti democratici, socia!i sti ~eom:unJsti, pensano spestere nazionale lo impiegheran_no innanzitutto per r ea so che questi fini devono essere ràJ;Igiunti innanzitutto
lizzare l'unità internazionale».
Il federalismo europeo è uscito dalla sfera delle
in ogni paese separatamen'te'?e !le infine dei conti
utopie e può cominciare a gettare delle radici spesorgerà una situazione interna:ìi 1 ale nell a quale tutti
cialmen te perchè oggi esiste "un terreno capace di
i popoli potranno fraternizzare, il Movimento per la
alimentarlo. Questo terreno é la resistenza dei popoli
Federazione Europea mette in guardia contro questa
europ ei contro il nazismo. Nel crogiolo della r esiillusione. L'ordine di questi fini è esattamente l'instenza si è infine scoperta la solidarietà fr a i popoli
verso. Nel quadro di un'Europa divisa in Stati' soliberi del continente, che era rimasta finora nascovrani, questi movimenti nazionali non possono che
sta dietro gl'intrighi diplomatici e la politica estera
abortire o degenerare; non possono svilupparsi in
delle alleanze e dell'equilibrio delle potenze. Si è
un senso progressivo che in un'Europa federata. La
scoperta la nostra comunità di destino la quale vuole
che libertà, pace e progresso siano dei beni di cui
Federazione Europea è dunque il primo dei fini che
tutti i popoli europei devano congiuntamente godere,
devono proporsi gli elementi patrioti democratici, soo che tutti devano -congi untamente perdere. È perchè
cialisti e· comunisti .
l'Europa ha assistito indifferente, e alle volte diverq) Il Movimento per la F ederazione Europea retita, all'ago-nia della libertà italiana, tedesca, spagnospinge l'opinione secondo la quale conviene rimanla, cecoslovacca, che infine ha perduto quella stessa
libertà in tutti i suoi altri paesi. Oggi Francesi, J udare a più tardi lo studio di queste questioni sotto
il pretesto c he si tratta unicamente oggi di combat- goslavi, Norvegesi, Polacchi e tutti gli altri - finanche gli Italiani che sono gli ultimi venuti nella resitere per la liberazione nazionale. Questi due compiti
stenza, ma di cui i migliori sono stati i primi nella
devono essere condotti in sieme, altrimenti, come nel
lotta contro il totalitarismo, perfino i Tedeschi che
1919, una organizzazione reazionaria dell'Europa risono morti, o che lan guono nelle carceri o affronschia di essere imposta ai popoli . Se il Movimento
tano nel silenzio e nell'oscurità, quasi senza speran·
per la F ederazione Europea non si basasse direttaza, le bestie feroci di Himmler - tutti sanno che le
mente sui lVlovimenti di Resistenza e di Liberazione,
loro battaglie, le loro sconfitte, le loro vittorie sono
se no~ fosse la loro espressione politica dominante
comuni. Questa cosciet1za, maturata nel sacrificio di
milioni di uomini, è il dato fondamentale e primor- ·
nella situazione rivoluzionaria che si prepara, sarebdiale dell'Unità dell'Europa libera.
be i{l seguito infinitamente più difficile, se non addiChe fare perchè questa coscienza non svanisca rarittura impossibile di realizzare la Federazione Eupidamente dopo la vittoria e che ogni popolo non si
ropea.
rinchiuda subito di nuovo nel · suo orizzonte nazionale tradizionale?
7) La Federazione Europea, tappa verso la FedeSe osserviamo gli sviluppi politici che si abbozzarazione Mondiale dei popoli, deve essere l'obbiettivo
no nell'interno di ogni paese dobbiamo constatare
immediato dei militanti democratici, socialisti, comuche, benchè in questi anni di lotta per la libertà i
nisti, della Resistenza. Il Comitato francese per la
lineamenti che distinguevano prima i partiti politici
Federazione Europea li chiama a dare la loro adesi siano molto attenuati, essi sussistono tuttavia ansione individuale o collettiva alle idee essenziali del
cora a causa d'una specie di' forza d' inerzia spirituale.
suo programma e ad accordare il loro appoggio alla
La politica militante è rimasta indietj O di fronte ai
. sua azione.
problemi politici reali e tende a raggruppare indivi-
LETTERA APERTA
/
DICHIARAZIONE
HA
AH
EU
HA
EU
Nel momento in cui i popoli d'Europa si sollevano
contro l'oèè upazione hitleriana e scorgono finalmente
l'aurora della loro liberazione, fra quelli stessi che
sono all'àp;ae' del combattimento contro il nazi smo ,
in tutti i Movimenti di Resistenza, cresce e si prec isa -l'idea dell'organizzazione democratica di u~'Eu
ropa del .q~po-guerra guarita per sempre dalla pest e
bruna.
Da lunghi mesi la propaganda in favore di un a
F e derazione europea che assicuri veramente l a democrazia ....e la pace, è incominciat& in parecchi dei
principali giornal·i clandestini della Resistenza, in
Francia, ;in Belgio, in Olanda, in Polonia, in Norvegia . E l'idea di un'Europa liberata e federata unisce nella stessa speranza e sostiene nella stessa loua
numerosi"militanti antifascisti tedeschi che hanno potuto sfuggire, .alle torture della Gestapo e al plotone
d'esecutione. Infine nei paesi liberi, il movim ento
per la FeL!erazione europea è già organizzato. In Inghilterra, è fondato e si sviluppa in seno al partito
laburista, organizza una vasta campagna di conferenze e di riunioni; in !svizzera un Comitato di collegamento è stato éreato; in Italia, il Comitato italiano per la Federazione europea, costituito subito
dopo la caduta di Mussolini, riunisce numerosi combattenti, antifascisti di sempre, infine liberati dalle
prigioni e dalle isole, e appartenenti ai divet:si partiti dell'Italia nu-ova: , ·
A loro volta in Francia, dei militanti membri delle
principali correnti del Movimento della Resistenza
decidono di creare il Comitato francese per la Federazione Europea intorno alle seguenti idee fondamentali:
UE
Giugno 1944
AH
(C. F.
UE
DEL COMIT. FRANCESE PER LA FEDERAZIONE EUROPEA
l) È impossibile di ricostruire un'E uropa prospera
democratica e pacifica, sotto forma di agglomerato
di stati sovrani, separati dalle loro frontiere politiche
e •doganali : la ricostruzione economica si effettuerebbe nelle peggiori condizioni; l'annientamento del fascismo e del nazismo mediante la distruzione total e
delle loro radici economiche e sociali non potrebbe
essere realizzato. Una tale Europa sarebbe condanilata in permanenza alle rivalità economiche, allo
~quilibrio demografico, alla decadenza materiale, sociale e culturale, alle ondate di sciovinismo e di razzismo, alle guerre ognora rinascenti che si estender ebbero al mondo intiero e distruggerebbero tutta la
civiltà umana.
2) Qualsiasi tentativo di organizzare la prosperi tà,
la democrazia e la pace mediante · una Società delle
Nazioni del tipo di una lega dj Stati è destinata a
fallir e. Una tale Società delle Nazioni sarebbe, in
realtà, un consiglio impotente di stati sovrani e ri vali, non potendo disporre in proprio di nessuna forza
economica, politica e militare indipendente, capace
di imporre h; sue decisioni. Essa diverrebbe uno strumento che servirebbe la politica egemonica degli
St~ti più forti e che renderebbe inevitabili dei nuovi
conflitti.
3) L' Europa non potrà svilupparsi nella via del
progresso economico, della democrazia e della pace
rhe se gli stati n azionali si federer anno e rimette-
L' U N l TÀ
HA
5
altre non ci sarà che da tenere in debito conto le .
loro esigenze particolari al fine di stabilire una co-nYivenza pacifica sulla fa ccia della terra.
- Se al contrario i paesi europei si mostreranno discordi e i.Jijcapac i di su.perare l'anarchia politica che
al Comitato provvisorio internazionale
regna da troppo tempo in qu esta parte del mondo
sarà più che natural e che le grandi potenze mondi c·ollegamento
diali ripeteranno su qual che nuova ba se l'anti ca e
fatale politi ca degli equilibrii, dell e alleanze e delle
U Gruppo Socialista di A vanguardia di Londra,
'-fere d'influ enza, per ne utralizzare almeno i peri col i
. .
.
, . .
•
che continueranno a sussistere sul nostro contin ente.
che pubblica la n vLsta mensde « Socwhst CommenÈ nell e ma ni degli europei che si trova l' avve nire
. tg,r.y »,, e di cui fanno parte George Green, inglese,
d' Europa: se nei principali paesi d'Europa ìib.ii ·si"'' . Pa~[o, T;eves, italiano, Louis Levy, franc ese, Willy
sv iluppa una _ferma vol~ntà di federar_si, nessuno conEichler, tedesco Jef R'e:ns, belga, Bemard Drzewieski,
durra a termm e per no1 questo com p1to.
'
Nessuna politica coerente di fede rali smo europeo · pola cco, e molti altri socialisti dei dive rsi paesi europotendo effettuarsi senza la formazione di un movipei, ha inviato al Comitato l nternazionale di collegament-o che oltrepassi le frontiere dell e nazioni (allo
ment o per la Federazione Europea la seguente lettem
stesso modo come, all'interno dei singoli paesi deve
che siamo lieti d t pubblicare :
oltrepassare i quadri dei partiti), il Movim ento F ederali sta Itali ano ha partecipato attivamente alla for ·
SOqALIST VANGUARD . GROUP
mazione e a i lavori del Centro Federalista Europeo
di cui già avete notizi a : vi invitiamo ad aderirvi por12, Great Castl e Street
ta ndogli le vostre forze e la vostra autorità.
LoNnON, W. l . 29 settembre 1944.
Nella s peranza ch e gli eventi ci permettano d i
in contrarci presto, vi in viamo i nostri saluti fraterni.
Alla Direzion e del Comitato Provvi sorio
Agosto 1944
per l'Europa F ederale.
IL
AH
UE
l'adesione del « Socialist
Vanguard Group>>_di lo_ndra
C oMITATO DIRETTIVO DEL MoviMENTO
hA L! ANO PER T.A FEDERA ZIONE EDROPEA
Un
EU
internaprogramma
zionale dell.a
resistenza
HA
francese
AH
UE
L'qppello lan ciato dal Cornité Francais pour la
Fedération Européenne (C .F.F.E.) è stato raccolto
dal Mouvernen.t de la Liberation Nationale (M.L. N .)
per la regione Lionese che in vista del Congresso generale del M.L.N. per tutta la Francia, ha pubblicato
un progetto di programma da discutersi nell e sezioni
e che è stato affiss() sui rnuri di molte città franc esi
([le,[ sud-est, come a Lione, Grenoble, Chamb éry, Annecy.
Il progetto è concepito con lo scopo di unifica re
politicamente il M.L.N. che comprende i Movimenti
della Resistenza: Combat, Fran ç.- Tireur, Libération,
Défense de la Frane~ Fran~·;.,a:a Combat, L orraine,
Résistance.
- .......__ i 1
« Persuaso che la Frgn?tfi. ed · il mondo del dopoguerra non possono cammin:dte Slfll-ff via del progresso
sociale e della pace se no,n. . a è '[LdLzione che i popoli adottino una politica di t:'lil q democrazia e di
socialismo effettivo », il M.L. Nt propone il suo programma costituito da due paragrafi: l'intern.aziorwle
ed il nazionale. Il primo paragrafo, il programma in temazion.ale, è formulato in cinque punti:
l) ~< Facendo nostre l'e dichiarazioni essenziali irella
« Carta Atlantica » noi ai fermiamo che la vita dei
popoli deve essere garantita con il rispetto della persona umana, la giustizia. sociale, la sicurezza e lo
svilup·po autonomo della vita nazionale. Questi fini
non possono essere pienamente raggiunti che se i
popoli si integrano in una organizzazione f ederale
rnondial·e. Ma questo compito immenso e di lungo
nespiTO' non può essere affrontato con successo se
non si dà anzitutto una soluzione radicale al problema dell'Europa, origine dei cataclismi mondiali che
devastano periodicamente il nwndo. In ·conseguenza
intendiarno lottare per .fa creazione di una Federazione europen, democratica, aperta a tutti i popoli europei, compresi l'Inghilterra e l'U.R.S.S. ».
Seguono il 2), 3) e 4.) paragrafo che sono la riproduzione' letterale del 2), 3) e 4) punto della Dichiarazione del C.F.F.E. , che viene con ciò accettata in
pieno nei suoi punti essenziali ed inserita nel proprio programma politico. Il 5) ed ultimo paragrafo
conClude col testo seguente:
« Solo una Fedemzione di questo genere può estirpare p·er sempre le cause del fascismo e del razzismo,
sociaJ!Jizzando la grande industria tedesca su scala
europea, distruggendo la classe degli ]unkers e la
casta degli ufficiali e permettendo così al popolo tedesco di rigenerarsi e di partecipare quindi alla vita
europea senza essere un pericolo per ·gli altri popoli.
Solo una tale Federazione può assicurare ai popoli
d'Europa la pace e la p:rosperità e permettere uno
slancio poderoso nella via del progresso economico e
della vera democrazia . Solo una tale Federazione può,
con il suo stesso esempio, trascinare tutti i popoli
della terra verso una orga nizzazione federale del
mo-n do ».
EU
dui e (orze sociali prevalentemente - per non dire
quasi 6s~lusivam ente - secondo i problemi di politica interna di ogni paese, .cioè in un modo che,
c om e~·~~ b enissimo , non può avere che conseguenze
deleterie.
·
I popo-li s~ntono b:i solidari età europea, ma non vedono. ancora la via concreta per realizzarla. E non
lo si~ può rimproverare loro: dove e quando avrebbero potuto acquistare questa nuova visione politica
dal mom ento che mai è esistita istituzione democrati ca internazional e di alcun genere e che i problemi
dei rapporti fra le nazioni sono stati la prerogativa
dei diplomatici di can ·iera, mentre che, a questo proposito i popoli sono stati nutriti solo della stolta
propaganda nazionali stica? Orbene i partiti, fatti per
la conquista delle masse, riproducono questo difetto
di visuale mettendo in primo piano non i problemi
effettiva me nte più importan ti, ma quelli che godon o
di una più grande popolarità.
Il compito dei federalisti deriva da questa situazione. Noi non possiamo pensare oggi di cr·eare un
partito federalista perchè non avreb be la possibilità
di concen trare attorno a sè for:{.e popolari sufficienti
che comprendano l'effettiva prìorità del problema europeo sui problemi nazionali. U"n partito, cioè un'organizzazion e fatta per la conquista democratica del
potere politico nello stato, presuppone l'esistenza di
questo. Filichè non vi sarà stato federale, e per conseguenza lotta politi ca democratica federale, non vi
sarà part1to federalista . Oggi i partiti non possono
essere . che . nazionali, e · ce lo insegna anche l'esperienza d6i...:moialisti e dei comunisti che hanno pitt
volte nella loro storia tentato di fare un partito intern ll.ziooale, ma che necessariamente sono sempre rica duti al livello dei partiti nazionali.
È solo.. ~g irandola che potremo sormontare questa difficoltà. Ogni partito si occupa specialmente della politicà interna, ma ogni partito, al mom ento in
cui arriva al potere, deve risolvere anche dei pro·
blemi di politica internazionale. Noi dobbiamo costì tu i
re una lega che si propone di fornire a qualsiasi partito d'ispirazione democratica e progressista il pro·
gramma di politica internazionale. In ogni partito, in
ogni movimento noi dobbiamo indicare che i loro
singoli scopi di democrazia, di socialismo, dì libertà, di in~.Péndenza nazionale non possono essere
realizzati ch~ - se si fa una determinata politica estera. È n~ ·l avoro che abbiamo tentato di fare in Italia
e che si ~ dimostrato promettente: se esso sarà ora
iniziato altrove e specialmente se sarà sviluppato
con successo in Francia, il cui orientamento nei
r iguardi di questo problema avrà un'importanza di
prim'ordine, perchè la sua voce avrà nei confronti
delle grandi potenze mondiali più a utorità di quella
di qualsiasi altro paese, allora potremo essere quasi
sicuri di raggiungere il nostro scopo.
I vecchi schemi della politica estera europea sono
infatti distrutti . .Le strutture politiche, milita ri ed
economiche di httti~ ·gli stati sono completamente
dislocate e non incontriamo posizioni acquisite e
rapporti già irrigiditi. In questa situazione, nella
quale i diplomatici brancolano nell' in certezza ed in
cui per conseguenza i partiti progressisti non incontreranno più n elle cancellerie la resistenza irremovibile di un tempo, essi potranno realizzar!'), se noi
li avremo impregnati della necessi tà della Federazione Europea, ciò che in passato non avrebbero mai
potuto ottenere e che doveva riman ere semplicemente
una vaga speranza.
'Questo, noi crediamo, è il compito politico concreto del movimento europeo per la Federazione Europea.
I popoli europei non sa rannò certamente soli a
decidere del loro destino, il mondo intero è stato
bruciato dalle fiamme che si sono alzate da noi, e
tutti · i principali paesi del mondo, avendo contribuito a soffocare l'incendio avranno il diritto di esigere che l'Europa cessi di essere la polveriera dell'umanità. I popoli europei non possono respingere
questo intervento, e non devono nemmeno desiderare
respingerlo perchè ne hanno troppo bi sogno sotto
ogni riguardo .
Tuttavia dopo aver preso le mi sure immediate per
la distruzione radicale dell'idra nazista e fascista · le
Nazioni Uni~e dovranno . pur chiamare all'opera comune di ricostruzione ·su una base democratica tutte
le nazioni del continente, in primo luogo le nazioni
liberate e poi quelle vinte. Malgrado qualsiasi temporanea apparenza del contrario, il destino durevole
d ell'Europa e della sua civiltà si troverà ancora e
sempre nelle mani degli europei.
Se questi vorranno e sapranno mettersi sul cammino della creazione di una lfbera comunità di na·zioni del continente, esente dai germi dell'imperialismo e del militari smo, le grandi potenze mondiali
non avranno motivi per opporsi seriamente, e non lo
potranno fare anche se lo volessero. Per alcune vi
sarà un interesse a parteciparvi direttamente ; verso
E U R O~P E A
Abbiamo ri cevuto il Vostro progetto di di chiarazione sulla creazione di una F:ederazion e Europea, e
desideriamo assicurarVi che siamo in completo accordo con il programma delin eato in tale dichi arazione. Noi plaudiamo di tutto cuore alle mi sure pratiche che avete prese verso la realizzazione di una
Europa Unita. È nostra speranza che esse troveranno
molto largo favore presso i movimenti di resistenza
in tutti i paesi.
Il Gruppo Socialista di Avanguardi a, i cui membri
sono tutti attivi nel Movim ento Laburista Britannico
ha lavorato coerentemente fin dall'inizio della guerra
per lo stabilimento di una Federazi one Europea che,
sola, può assicurare l'unità e la pace in . Europa.
Nell e sue conferenze annuali tenute _nel 1942, 1943 e
1944 a Londra, è stata dedicàta un'attenzione preminente all'idea dell'Unità Europea. Oratori di molti
paesi, rappresentanti diverse sezioni dell e organizzazioni del lavoro e sociali ste internazionali vennero
riunit i su punti di partenza comuni e proclamarono
la loro adesione a questo scopo.
Numerosi opu scoli sui vari aspetti dei problemi di
un' Europa Unita sono stati. pubbli cati dal nostro
gruppo, e alcuni anche li conoscete. La dichiarazione su « L'Europa e la pace mondiale», preparata dal
nostro gruppo per stimulare la discussione su questi
probl emi , è stata fatta circolare largamente nel Movimento Laburi sta e in altre organizzaziorJ progressist e. Siamo molto lieti di apprendere che essa è
stata ristampata in « L'Unità Europea» (l). Nella
nostra rivista mensile « Social ist ·commentary », come
pure in opuscoli speciali abbiamo pubblicato fr equentemente materiale sugli sviluppi dei Movimenti della
Resistenza in Europa e articoli concern enti i loro
problemi. In particolare abbiamo dato pubblicità alle
tende nze verso l'unità europea quali il «Movimento
italiano per la Federazione Europea » il c ui programma· abbiamo pubblicato per intero.
Nell'interesse della cooperazione e di uno stretto
contatto noi saremmo molto lieti che ci teneste informati di qualsiasi ulteriore sviluppo nel lavoro del
vostro Comitato. Quante più informazioni abbiamo
sugli sforzi fatti dai gruppi della Resistenza conti nentali per creare un' Europa Unita, tanto meglio possiamo aiutare a mobilitare l'opiniòne progressista in
questo p aese, e specialmente n el Movimento Laburista, in favore di questo grande ideale.
Con i migliori a uguri per il successo del vostro
lavoro e per il raggiungimento d ~l nostro fine comune, fraternamente vostro
DAvio FoYo
Segretario Onorario
(l) L' appello del Socialist Vanguard Group cui qui
si accenna è stato pubblicato in un numero dell'« Unità Europea» . che è stato stampato fuori d'Itali a e
che non ha potuto .finora essere introdotto fra noi.
..
/
EUROPEA
democratica - reazione
Rivoluzione
.; .
mo·v imento f_
e deralista
l'u nità europea». Il federalismo opportunamente met.
te l'acce nto sui risultati più disastrosi del totali tarismo, onde incitare più intimamente le forze costrutti ve verso la rivoluzione democratica, contro ogni
form a di reazione su basi europee. Ci sembra pertanto di poter affermare che il fascino del motivo
fede·r alista sta nel suo essere il coronamento in sede
eu ropea d'una profonda ricostruzione democratic'a"
che quindi il motivo federalista· ed il motivo della
rivoluzione democratica sono intrinsecamente uniti
ed inscindibili. Ciò anche se fin qui, in certe for·
mulazioni più frettolose, il federali smo ha potuto ap'pa rire come un'esigenza alquanto form ale. In verità
si riscontra che le forze più apertamente orientate
verso il federalismo so no in Europà le forze combattenti dei popoli intesi ad affermare la loro autonomia r ispetto ai fascismi ed ai JTiezzi fascismi.
Così, mentre il partito d'azione, che è dichiaratamente federalista, allo scopo di portare la situazione
politica itali a na ad una grande coalizione di forze
per l'attuazione della rivoluzione democratica, adotta
la forma organizzativa del partito ed ispira a fer·
menti di rinnovamento la sua azione di partito fra
i partitì, il movimento federalista assume la form a
organizzativa del movimento, che è una struttura
intra-pa rtito. In sostanza si tratta o di premere sulle
strutture dei partiti dal di dentro oppure di esercitare una forma di attrazione sulla base d'una strut·
tura veramente unitaria. Agli effetti di realizzare le
HA
Quak potrà essere il soggetto politico che si occuperà della creazione di tale vasta azione di rirmo vam~nto? Riflettiamo un poco sulla natura del mo·
vimento federalista . Esso è sorto come movimento
a Ilo scopo di penetrare in tutti i partiti politici colle
sue esigenze e di far leva sulle esigenze al fine di
rinnovare ogni partito politico. Questa sua posizione
lo ·qualifica, in linea di principio, per lo svolgimento
d'un'azion e politica sul genere di quella sopra accennata. Soltanto può parere che corra qualche distanza
fra la motivazione federalistica e quella più determinatamente demo:cratica progressista. In realtà, per
chi ben con sideri, si riscontra fra le due formula zioni un legame strettissimo. Infatti il federalismo
non vuoi raggiungere comunque un'unità europea :
anche l'hitlerismo si proponeva di realizzare, a suo
modo, un'unità europea; ma si sarebbe trattato di
unità forzosa e tiranni ca, non di un'unità dei popoli.
L'unità dali' :alto non può essere quel.Ja voluta dal
federalismo. Esso mira invece ad un'unità dal basso,
un' unità cioè articolata che rispetti la sostanziale
pluralità dei c~:ntri di vita politica, superandoli soltanto in forza d'una loro precisa esigenza d'unità in
funzione di problemi che soltanto in quest'unità possono trovare adeguata soluzione. Il federalismo, in
quanto e solo in quanto inteso in tale sua com·
pletezza, rap presenta una chiara fcrmulazione an titotalitaria ed a nti-f~sci sta. La federazione europea
non ha senso pertanto che come sbocco d'una ricostruzione democratica, e l'unità europea non può
aver val ora che . come « ricostruzione democratica per
premesse per la rivoluzione democratica, entrambe le
strutture si rendono utili, anche perchè, se il processo autocritico nel seno dei partiti si accentuerà,
potrà assumere,;_una funzione rilevante il movimento
unitario, mentre se tale processo sarà tardo, · l'azione
potrà sempre ripiegare con efficacia sulla struttura
di partito. Non vediamo che sia utile allo scopo che
ci interessa pensare ad un movimento diverso da
quello federali sta, anzitutto perchè oggi non esiste
(e quindi non è stato fin qui richiesto in altra forma
che non sia quella fed eralista) ed in secondo luogo
perchè esso presenta tutti i requisiti ideologici e di
.,... val"ii'tazione politica per esser atto al fine. Stando così
.le. cose, il movimento federali sta dovrebbe diventare
il perno politico d' una vasta azione intesa . a raccogliere le masse per una rivoluzion e democratica su
un . piano unitario. P er la nostra vita politica esso
dovrebbe fungere da elemento catartico dell'attuale
distribuzione delle forze politiche, determinandone il
rinnovamento. Naturalmente il movimento federalista
do vrebbe assumere un'articolazione che fo sse la più
l
atta a lo scopo._
.
Se il movim ento federalista riuscirà per ultimo a
stringere in un blocco 'poderoso, su una base uni tari a , tutte le forze politiche progressiste del nostro
paese, allora la lotta politica di domani sarebbe proficua. Se poi fosse concesso al movimento un lasso
di tempo sufficientemente largo, esso potrebbe riu scire a portare a fondo la sua azione di autocritica
dei partiti oggi esiste nti , verso una più compatta
unità. Proba bilmente la vittoria o il fallime11to del
movimento fed erali sta segneranno da noi la vittoria
o il fallimento della rivoluzion e democratica, che è
qu anto dire del più costruttivo anti-fascismo. Proc
A LLA
HA
L E T T E. R E
EU
AH
e
Da una terra lombarda,
Settembre 1944
UE
Egregi Redattori.
Ho veduto e letto con viv tssimo interesse i vostri
numeri 4 e 5 e desidem esprimervi com~cim ento
ed in coraggiamento.
Voi esprimete idee che, con siderate nel loro sign ificato e valore essenziale, sono giustissime, sono
sante. Ma bisogna eh ~ di~ent'no patrimonio delle
moltitudini , anzi chè r~~ ~e- a p'Ì r~zione nobili ssima
eli infime minoranze. Appre
al amente la tendenza
da Voi rappresentata, e, i~ g;azla di ciò, neppure mi
attento di giudicare eventuali pal:t' còlari dei vostri
ragion amenti . Ma io sono un'· ~d"n-i ·di buona fede e
vo i siete soltanto un pugno di u ·IJI1nl di buona fede:
come Voi, altri qua e là vi so no, che pensando come
voi potrebbero con voi solidarizzare: ma certo non
\'i conoscono, nè tra essi si conoscono. Il problema
quin di in un primo tempo è di allacciare individ~ti
e gruppi che concordino genericamente nella diret·
ti va europea come da Voi sostenuta ; di far agire il
fervore che pur dovrebbe animare i migliori tra essi
per intuizione, capacità, devozione alla causa, e di
far leva sulla massa.
EU
Si tratta di creare in pratica o un largo partito
della rivoluzjone democratica o un'intima e sostanziale collaborazione sullo stesso terreno di più partiti politiçi_. I compiti che si pongono a quest'azione
politica- sono: facilitare la crisi di quei partiti che
risultano storicamente inadeguati , legati ad uno sche.
ma superato, onde sprigionarne le forze ancor vive
P-d inserirle nella concreta lotta politica; facilitare
i l nuovo raggruppamento delle forze politiche ;nedian te unioni e fusioni di forza già esistenti o almeno mediante una loro intima compenetrazione ideologica e di prassi alla base ed al vertice; orientare
gli atteggiamenti delle forze politiche in gioco aiiinchè sia sempre più netta l'opposizione di reazione
e di rivoluzione ·demoçratica, contribuendo allo smascheramento sistematicÒ delle forze della reazione,
nelle singole contingenze della lotta politica; con
tutti i mezzi possibili, facilitare così la nuova distribuzione delle forze politiche italiane, mediante il superamento della vecchia distribuzione. Anche se questo obiettivo, così sostanziale e complesso, richiedesse
un lavoro- intenso di qualche durata, non dovrebbe
essere abbandonato.
e il
AH
Il 25 --luglio 1943 i partiti tradizionali si affacciaro no alla vita politica itali ana sulle premesse ideali
e sullrr piattaforma storica che erano state attuali
ven t'anni prima, all'avvento del fa scismo. Di p iù:
quelle premesse ideali e quella piattaforma stori ca
avevano appunto subìto la loro piena sèonfitta coll'avvento del fascismo. Lungi perciò dal potersi pen·
~are ad un a restaurazione, oggi occorre rivolgere l'animo e le energie ad uno schieramento dei partiti
pi ù ri spondente alle battaglie politiche che la nostra
generazione è chiamata a combattere. Qual'è il compito cui le forze politiche debbono essere immediatamente orientate? La lotta che presto entrer-à da
noi nella sua fase ac uta e che è già in corso è
quella della rivoluzione democrati ca contro la reazione. Già la lotta antifasc!sta, se si valuta veramente qu ello che il fasci mo significa nella vita politi ca
italiana, richiede que to nuovo schieramento: da una
parte le fot-ze sinceramen te progressiste, le forze della rivoluzione democratica intese ad una vasta ri costruzione delle istituzioni e della struttu ra della vita
associata e. dall'altra le forze della reazione che ten dono, sotto · varie maschere, a mantenere la situa·
zione di privilegio politico, economico e sociale fin
qui garantinì dal fa scismo. Si tratta di portare l'attuale schieramento delle forze politiche italiane verso
nn profond~, -1nilovamento, in funzione di questa lotta
fra conser azione e ricostruzi one democratica. Già
alcuni pMtiti sentono potentemente la spinta verso
quest'impostazione della ioro attività; in altri gioca
ancora la .v,I(Cchia mentalità che, chiusa nei vecchi
schem i, resiste con maggiore o minore energia, alla
corren te vitale Ji rinnovamento. Noi riteniamo che
sia una questione di vita o di morte per il nostro
futu ro politico di riuscire a mutare lentamente la
base della nostra • lotta politica, mediante un'adeguazio ne dello schiera men to dei parti ti agli obi ettivi
dell a r ivoluzione.
-
UE
l'UNITÀ
6
P erchè - ecco il problema centrale - la massa
di quanti seguono le vicende politiche e pur sono
progressisti , avveniristi, rivoluzionari, non hanno chiare nell a mente quelle che Voi ritenete verità degne
d'essere sostenute fino alla vittoria, a costo di qualsiasi sacrificio. Sono verità ·che altri in passato sia pure con varietà di intonazioni e di particolari
- hanno sostenuto: ma bémpre isolatamente, senza
fare pT'e'sa effettiva e tenace sulle moltitudini. Anche
i partiti che hanno inserito nei loro programmi la
necessità di uno stretto collegamento tra le nazioni
europee · al di sopra delle frontiere, da ridursi queste
o togliere quanto più presto possibile, non hanno,
in proposito, agito in profondità. Neanche gli uomini
di governo delle democrazie, che pur fanno sovente
platonici auguri ed appelli, sembrano persuasi di
dover passare alla concretezza dei fatti . .
Dovete dunque insistere, allargare la vostra cerchia , prepararvi ad uscire dal movimento clandestino
o quasi alle solenni proclamazioni pubbliche:. il mo·
vimento per l'unità europea deve diventare impetuoso
e travolgente. Questo è il mio incitamento e il mio
augurio. Per quel poco che valgo, io sono con voi,
uno tra pochi Oiii, uno tra innumerevoli domani .
REDAZIONE
Lasciatemi aggiungere qualche altra parola. Vi ho
detto che urge allargare il vostro movimento. Aggiungo che è doveroso allacciarlo ai movimenti ideali
precedenti, e che è necessa rio riconquistare il tempo
perduto.
Suppongo che voi siate giovaiu, e me ne com·
piacc io. Io sono già sulla soglia della vecchiaia. Permettetemi un ricordo, dettato dirò così da esperie nza
personale, che si allaccia .al vostro lavoro.
Qualche decina d'anni fa, prima della precedente
guerra mondiale, anch'io fui tra i pochi entusiasti
. .promotori di un convegno, anzi, congresso internazionale, che si proponeva scopi simili ai vostri (un
altro promotore, amico cari ssinl'o, fu poi a Ventotene
con i pionieri vostri). Portammo venticinque giovani
italiani in. una capitale forestiera, e contatto con al·
tri giovani e con uomini di partito che poi divennero, alcuni, esponenti di governo dell a repubbliea
portoghese e della, troppo presto caduta, repubblica
spagnola. La guerra interruppe i contatti, poi venne
il fa scismo , da noi e fuori, a impedire, nonchè la
diffusione di idee europeiste, anche il semplice accenno. Tutto un orientamento di vivaci minoranze in
Italia, in Francia, nella Spagna, nel senso dell'abobizione delle fronti ere, è da allora in questo frattempo crollato. Bisogna perciò rifarsi ai maestri e precursori dei passati tempi, bisogna riconquistare il
tempo perduto, bisogna rinnovare i postulati di chi
ci precedette, tenendo presente la sanguinante duplice recente esperienza.
Qualcuno di Voi ha proposto che i «partigiani »
delle varie nazioni diventino i principali sostenitori
dell'unità europea. È giusto. E dovrebbero essi ricordare che, sulla stessa loro linea ideale, si sono tro·
vati - per fermarci alle azioni del tempo passato
sulle quali abbiamo ancora testimonianze viventi i volontari italiani per la indipendenza della Grecia,
del 1897, quelli per la libertà della Serhia, quelli per
la difesa della Francia:. i garibaldini delle Argon ne,
e i rappresentanti del « sovversivismo » italiano che
parteciparono alla difesa della repubblica spagnola
contro la sopravvenuta conquista dittatoriale: azione
grandiosa recente, e non ancora conosciuta dai più
nei suoi particolari: storia nuova tutta da narrare.
E dice bene anche qualcun altro di voi: l'azione
che intendete svolgere va preparata subito, per~hè
sia sviluppata, perchè sia imposta, perchè vinca con
la fine di questa iUerra. Per evitarne un'altra.
SEBASTIANO
..
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L'UNITÀ
PR OG ETT A NO
LA
N UOVA EUROPA
la quale non può
più essere edificata sopra un •
« Diktat » ma deve fondarsi sulla assoluta indipen
denza dei · singoli stati.
« Per preservare l'Europa dal caos di una nuova
guerra, è ~1a necessità politica di tendere alla Federazione degli stati europei, sotto un uni co governo
federale, c]le.. sja dalla sua costituzion e impeg nato
di dare ai- po'poli d'E_uropa, la sicurezza contro l'agp:ressionei estese riforme economiche, al pari di libertà di parola, di stampa e di associazione».
Questa impostazione fondamentale, si fond e sull'assoluto ac~ordo dei pitl importanti fra i diri genti
del movimento economico «che sara nno i meglio in di cati per dare all'Europa una nuova costituzion e».
Il giornale clandestino di Parigi « Resisten ce » dichiara: «sa rebbe una grande sventura se lo sfrutta mento di una buona idea dovesse avere per conseguenza la ·.;sua caricatura nella propaganda di Goehbels » se la necessità di una grande Federazione dei
popoli europei non venisse riconosciuta, poichè essa
è una n ec~iità politica, morale ed economica.
deve essere risolto una volta per sempre.
« Sta guadagnando terreno il riconoscimeìlto del
fatto che lo spezzettamento della -Germania, il tenta tivo della sua permanente occupazion e da parte
degli alleati e l'imposizione di fanta stiche riparazioni, contribuirebbero più di ogni altra cosa a far
risorgere le pretese della Germania, così come esse
già aiutarono gli attuali guerrafondai tedeschi col
provocare ancora , amarezza ed in vidi e imperi ali stiche ».
Ma i criminali di guerra devono essere tenuti respollSabili e il disarmo della . Germania dovrebbe essere effettuato sotto controllo. Già numerosi tedeschi
entro e fuori del Reich già ora partecipano alla lotta
per la distruzione delle forze reazionarie e coll aborano ad un nuovo ordinam ento europeo. D'altra parte
non si può trascurare il fatto che vi sono de i segni
di una politi ca nazionale di potf'nza la quale mette
in pericolo la creazion e di un'Europa pacifica. Ess i
sono « le aggressioni della Russia contro la Fill andi a
e la Polonia, l'a nnessione dei paesi Baltici dopo un a
vergognosa manovra di accordo, il ri sveglio del P an·
slavismo quale strum ento di una politica di forza, il
suo immi schiarsi nella composizion e di governi più
deboli coi quali essa conclude dei trattati ».
Un'Europa lacerata non sarebbe in grado
di assicurare alle sue proprie nazioni
nè ai suoi vz1cini pace e sicurezza.
Al . pari dovrebbe essere ·radicalmellte respinta la
creazione di così dette sfere d'influenza « sottoposte
Il giornale cland estino di Parigi « Ré sistan ce » suIuta questo programma con queste parole: « Un' Europa unifica ta con una forte volontà di vita è in divenire, in mezzo· alle sofferenze ed al crescen te spi rito di opposizione contro l'hitl eri smo ».
Senza dubbio questi principi fondamentali rappresentano soltanto uno scheletro di ciò che si vuol raggiungere, ma essi mostrano la forte volontà di non
permettere che si seminino ancora un a volta pe r
mezzo di un « Versailles » i germi di una terza gucrra. Tutto è an cora fluido. Perciò il « Socialist Va ngua rei Group » desidera che tutti gli uomini attivi
d'Europa si associJlo non solo ai suoi sforzi ma li
co mpletino con la coll abo razion e e li traducano in
pra ti ca realizzazione, poichè soltanto se « tutti gli
europei daranno il massimo loro contributo, l'idea
europea può essere il - fondam en to della pace per
tutti i popoli ».
el.
A PROPOSITO DI AUTONOMIE ...
AH
Il decentram~ ~-~o e le sue possibilità d i successo
_~_....__ ~e lla IV Repubblica
Ripubblichiamo da « Servir :»!1 ~et im ànale svizzero,
·
' ·-;: ~ ~
del 6-10-1944:
EU
HA
· Il problem.a dell' uguaglianza di diritto non signifi cherebbe tuttavia che la sovranità dello stato scon fitto sarebbe garantita; gli sarebbe invece concesso
un'influenza limitata entro il Consiglio dell' Europa
oppure entro la Confederazione.
n giornale clandestino norvegese : « Movimento di
libertà operaia » dichiara: « La democratizzazione
della Germania dovrebbe essere un vero e proprio
scopo di guerra. Se il fascismo deve essere superato,
le principali forze che lo sostenevano devono essere
liquidate: l'infausta alleanza, fra industria pesante, i
Junkers ed i generali. Sarà di grande importanza
sapere se le fonti di assistenza delle potenze vincitriei e la loro potenza militare che allorq sarà nel
continente europeo saranno impiegate per sostenere
oppure per impedire .u n simile ~viluppo». n partito
laburista dichiara nel suo progn~mma per il dopoguerra, « che ~sso si opporrà ad ogni tentativo delle
potenze vincitrici di ostacolare la libertà delle singole nazioni di decidere della loro propria sorte »
premesso che i rispettivi popoli accettino e rispettino « le Ouattro Libertà » e le loro conseguenze internazionali. N oi sosteniamo questo punto di vista.
Infine il Manifesto toglie dal programma del partito socialista italiano clan destino, la constatazione :
5) Invitare l'Europa unifi ca ta a partecipare alla
collaborazione economica mondiale ed incoraggiarla
a contdbuire ad un ~ i stema di pace mondiale.
UE
L:.ideale dell'Unità Europ ea
non è un'idea sbagliata.
Solo sotUl la sua bandiera i popoli possono trasferire ad un Ente Superstatale quei mezzi di potenza che sono necessari per coordinare l'economia
delle diverse nazioni. per prevenire dovunque il risorgere di velleità .di dominio e di guerra e• per
garantire ad ogni uomo una vita degna dell'uomo.
Ancora più esplicito è il giornale clandestino polacco « Libertà »; esso scrive: « Gli elementi rivoluzionari nei popoli aggrediti dal fascismo, non si ac contentano della prep.l!razione di una effettiva vittoria militare sopra gli eserciti dell'Asse. Essi si preparano anche ad impedire agli elementi reazionari
di disturbare la trasformazione delle vecchie in nuove
forme di vita. II desiderio di vendetta, così giustifi cato e comprensibile oggi, ci avrebbe stretto i pugni
in atto di legittima collera. Ma è fa cile che si muli
rapidamente in desiderio di dominare altre nazioni e
così, dopo abbattuto il nazismo, i suoi metodi e le
sue idee tornerebbero ugualmente a trionfare. ·
Perciò, non più lo stato nazionale
~
ma la Comunità Europea deve essere
il punto di partenza delle
nostre considerazioni.
3) Combattere le forze eco nomi che e politiche che
sono state respo nsabi li dell'avvento dell e potenze fasc iste in Europa.
4) Sostenere la creazi one di un a Federazione Europea che garan tisca ai popoli d' Europa la sicurezza,
le libertà democratiche e la libertà nazion ale di autodecisi_one.
AH
Il •fenomeno più notevole dei mutamenti politicimilitari della situazione europea sono i seri sforzi
dei diversi Movimenti clandestini di Resistenza di
far uscire dal caos -della guerra e delle esperienze
di questi ultimi tempi, . una nuova Europa.
È merjto del « Socialist Vanguard Group » inglese
di aver fatto luce su questi sforzi. Nel suo « Manifesto» che vuole « promuovere energicamente la discussione sull'Unità Europea», esso, in base a documentate manifestazioni delle opinioni dei ca pi dei
diversi Movimenti di Resistenza , prende posizione di
fron te alla costituzione europea che sta per venire
nel dopo-guerra. Essa non lascia n ~ssun dubbio sul
fatto che
solo l'un-ità d'Europa può garantire una
vera pace _
al dominio di potenze extra-e uropee rivaleggianti fra
di loro », poichè solamente .« un' Europa uni6cata in .
libertà ed uguaglianza di diritti può assicurare la
pace del mondo ».
Il Manifesto'"richiede infine una . dichiaratione comun e di tutti i movimenti europei di resistenza, nella
quale devono essere contenuti i seguentì puriti:
« L'unificazione politica deve a sicurare la già esistente unità della società europea. I vecchi sistemi
l) Opporsi a qualsiasi ritorno all'era degli stati lla ·
delle sovranità nazionali devor)o essere aboliti. La
zionali sovrani .
Federazione Europea deve essere una unione di li bere nazioni ».
2) Rivelare tutti i pian i che tendono alla ri parli Partendo da questa fondamental e richi esta, il «Sozione dell 'Europa in blocchi o sfere di influenza all e
ciali st Vanguard Group » dichiara che
.,... ·di-pènd'enze di qual si voglia potenza ri vale di altre,
il problema della Germania
. ed opporsi alla loro effettuazione.
EU
Un g!oì·nale della Svizzera tedesca ha pubblicato
in da~ 30-6-1944:
HA
.1 .
LEGGE»
UE
«FUORI
7
EUROPEA
La Francia liberata non vuoÌè -perpetuare certi
abusi che distinguevano le istituzioni della III repu bblica. A questo proposito l'unanimità la più completa
regna in tutti gli ambienti politici. Il popolo fran .cese si è rigenerato nella prova. Esso crede che dell e
audaci riforme di struttura nel campo economico e
sociale saranno i mezzi più efficaci per sopprimere in
una volta sola le tare delle quali soffrivano le istituzioni repubblicane.
Ma forse non tiene abbastanza conto di un fattore
che a noi in !svizzera sembra deci sivo: perchè le riforme sociali possano esplicare i loro effetti bisogna
che trovino un solido ap poggio nei quadri amministrativi del paese. Ora, in questo campo, le coridi zioni si pr(\sentano molto diverse per la Francia che
è amministrata da un pesante apparato burocrati co
molto centralizzato, che per l'Inghilterra, gli Stati
Uniti, o la nostra Confederazione.
Al contrario di queste democrazie solidamente radicate, la Francia non ha ancora conosciuto nessun
regime federalista e decentrato che lasci alle autorità
locali delle estese libertà. Questo regime obbliga i
membri di ogni comunità rurale o cittadina a adattare, sotto la loro propria responsabilità, le leggi ai
loro bisogni particolari, esso crea aei legami affettivi
fra i differenti gruppi della popolazione, fa nascere
fra essi una fiducia reciproca e · attenua .fortemente
le divergenze politiche e le opposizioni sociali.
L'amministrazione francese, sotto la terza repubblica, è restata pressapoco quello che era sotto l'an tico regime sopratutto sotto Napoleone I , cioè centralizzata e autoritaria. In ogni dipartimento il prefetto nominato dal governo era un personaggio potente, investito · di competenze quasi illimitate. Le
autorità comunali gli dovevano obbedienza; i suoi
ordini non ammettevano discussione. Questo sistema
amministrativo, gerarchizzato e militarizzato, si rias-
e
sume nel « potere discrezionale » del quale era in v e
stito il prefetto. In queste condizioni, i comuni non
erano in realtà che degli pseudo comuni ; l'elezion e
dei consigli eri comunali per via di suffragio democratico non aveva che un va lore .molto limitato.
Come dunque da ciò avrebbero potuto nascere delle
relazioni fiduciose fra il popolo e lo stato, relazioni
tuttavia essenziali in una sana democrazia, sotto un
regime amministrativo così autoritario? Ma per lun go tempo fu ro no rari i francesi che si rendevano
conto della contraddizione che esiste fra una costituzione libera e una amministrazione autoritaria. Citiamo tuttavia il grande giurista Gastone Jèze che constatava già nel 1913: « Ecco, so n 110 anni che la
Fran cia ha dei prefetti epp ure questa creazione di
Napoleone non ha mai subito il minimo cambiamento. È stra no infatti che una repubblica democratica
con servi un meccanismo creato per i bi sogrli di una
dittatura. È per questo che si incomincia a comprendere che non si può parlare di un a vera democrazia fintantochè i prefetti conserva no la loro posi zione ».
È evidente che questo matrimoni o contro n ~tura
fra la democrazia e la burocrazia, fra la subordinazione e la libertà non poteva condurre che a delle
gravi malformazioni del corpo sociale. Se si trattava
di ottenere qualche risultato importante nel quadro
di · un comune, senza passare per la via ordinaria
della burocrazia, il metodo più efficace era di usare
dell'influenza di un deputato per raggiungere il ministro responsabile, che a sua volta dava i suoi ordini ·al prefetto. Questo stato di cose conduceva naturalmente a quella corsa alle influenze e a quelle
manovre eli corridoio che hanno dato al parlamentarismo francese una impronta così spiacevole, e, in
particolare hanno causato tanti scandali finanziari.
E non poteva essere· diversamente: la centralizzazione amministrativa spinta agli estremi insieme al
principio di ·suborctinazione ch'essa implicava hanno
/
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-- -·- --- ~-.
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B
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tato di cose non poteva che genetal'e una
diffidenza generale contro l'ordine stabilito, U na gra nde parte degli intell ettuali fran cesi era Co ntrarla nlla
terza repubblica e una cerchia molto e!itesa considerava il parlamentarì smo come lil1 tnale necessario,
piuttosto ch e com e un·a form a di governo popolare.
C'è qtlalcosa di tra gico n ella storia della Frao cia
mode'rna, in particolare in quella della Terza Re·
pubblica. Nessun popolo h a lottato con più passione
del popolo fran cese per otteflere una costituzion e li berale, n essun · altro popolo ha diffuso più gran nu m ero di idee generose nella lotta per l a sua libertà .
D al 1875 al 1940, il diritto dell'uomo e la li bertà
personale è stata protetta in modo esem plare, e ptec isamente contro gli abusi dell'ammìnìsttazlone. EpJmre non è stato possibile di distruggere radicalmente lo spirito dì subordìnazÌ<me, poichè la co ncezione fran cese dello Stato liberale si riferiva es~enzialmente all'idea della costituzione e non a qu ella
dell'ammhiì strazÌol1e, pllr molto più importante. La
crisi del 1940 riv elò a qual punto l' idea che Chamfort esprÌill.eva nel diciottes imo secolo è a ncora valìda ora: « Fer gli inglesi, l' a utorità non è nulla e
la legge è _ti.Uto. P er i fran cesi, la legge non è null a
e l'autorìt& e' tutto ».
Dal punto di vista dell'idea le di libertà, un siste.m a dì amministrazion e fondato sul comando e la sottomission t; ._o.on è pressochè sop portabil e che se l'apparato dello' Stato restringe le su e attribuzioni e non
ser ve che à l mantenimento dell'ordine e del di ritto
AH
Q~~~to
( ~ome f'ù li caso della Franci a fino àl 1914) . Più la
Una segnalazione che ci fa piacere
m acchin a ammini strativa mira a svlluppare il benesse re ge nerale, più fa presa sulla vi ta economica più
Il giornale dandeslino franc.ese « Co mbat >>, nel suo
genera conseguenze nefa ste sopratl}_tto in Ul1!1 ol'ga-iì. 53 del dicembre 1943 ha pubblicato u/i articoli'J
njzzazione liberale e dehlOCJ'àtlcà. E i1dn . pùò esse~'e
dai ti~olo, .« Nok_t( .Eur?J.p,'fi » in cui }ra l'aUro leggia:nò.:
a ltrim enti ; dovUnqu e II governo centrale ptlssletle
<< .. . la Fra ncia è solidale cdn tutta- tina serie d1 àluna potenià eèoiHìmÌea ~sagerata, ia lotta ph _il suo
Ù'e nazioni , còme lei baluardi delia llbertà, CO:me lei
possesso dlvl e ne esas pei·ante, i partiti hon Jndletregfot'tezze di cat'ne e di sangue, come lei schiacciate
giano dnvànti ad alcùna pl'<>vocazione, a nessun intrigo
dal Moloch ebbro, corne lei indomite.
. .
« ... l'Europa della Resistenza, quello è il posto delp et esdud ersi mutualmente; uomini al potere e deplitatl rÌ ca dono una volta di più nella r ete dell e
la Francia, quella la sua mission e. Non nell' Europa
combinazioni finanzi ar ie e di una politi ca affar isti ca.
teorica ch e i diplomati ci delle «.grandi potenze» staE allora come è possibile ed ificare su un a base così
gliano sui tappeti verdi, ma in quell'Europa di dofrag il e una giu stizia social e duratura?
-· ... ~ . .,... Ioté \{:h~ si· alza all'alba nell'a ngoscia, in quell'Euro pa
Noi dubiti a mo che dopo le amare esperi e nze at.sotterranea de i « fuori-l egge» e delle carte false, in
traver sa te, il popolo francese si acconci a questa
quell'Europa di sangue ch e è colpita e restituisce
all eanza assu r da fra il pa rlamentari smo e la centra colpo per colpo. Là è la nostra frater nità. Là è il
nostt'o Hvvenh•e,
lizzaz ione a mministrati va . Speriamo che ll'ovi un ri med io a questi mali ri correndo a d Un rl gOi'oso decen:
<< .Ja Resiste nza eU ròpea sta per rifat'e. i' i;:il~'opò.
tram e nto, !I.CCòtdnndo progrèss ivamente ai comu tli
U n'Europa libera di c ittadini liberi , perchè a bbi à mb
tutti conosciuto la schiavitù. Un'Europa unita , poliun a larga autOJiomia e ob bliga ndo il governo e i
siloi diverst organismi a vin cere la loro eventual e
ticamente e d eco nomi ca mente, perchè abbiamo pa ga to il prezzo dèll e divisioni . U n'E uropa armata per r e lste nza non con semplici decreti, ma ri correndo
chè abbiamo versato il tribulo dell a debolezza.
a i tribunali , com e si fa in Inghilterra , in Ameri ca e
« ...certi nostri concitta dini devo no ri svegli ars i. ~ l i
in ! svizzer a .
È il solo modo di svilu ppare delle forz e collettiviuni dai loro sogni megalomani , gli altri dal lo ro quieti smo egoi sta, ed essere restituiti alla ve ra mission e
ste sane - il ch e del r esto si applica egualm ente
alla vita economica - form e che siano improntate
de ll a Fran cia : rifare l' Europa ed aprirle l'Africa. La
non allo statalismo ma allo spirito di cooperazion e.
Fran cia prima delle « pi ccole nazioni », perchè no? ...
Se ci si rifiuta a qu esta decentralizzazione estesa, il
« In un a località di quell' Ita lia ultima venuta alla
. rinnovam ento morale e sociale al quale ciascuno
Resistenza. ésce un fo glio clandestino sl mll e a qu casp ira ri schia d.i rimanere parola vana. Sarebbe una
sto . l intitola « L'U nità '8u1'opefi >~ . Qtl esto litlir1é,
vera sfortun a ·c he la quarta r epubbli ca, il cui spiquesta plccola voce nel grand e s il e nzio è l a liostt'H
rito è così vicino alle nostre proprie aspirazioni,
mlglioi' ri sposta al sig nor Smut » l ).
non fo sse ch e una nuova edizion e appena modificata
Siamo fÌe n~ di essere stati~ citati c salutinm o l ca ridi quella democrazia di facciata che fu la tei·za 1'ejratelii d ella R esi-stenza irancese con la certezza dc
pubblica . Noi pensiamo che tm sistema ammìn1straalla soadar!età nella prùva rlo n seguirà l'oblio iLeltivo ch e ga ranti sca l'autonomia de i comuni varrà alla
l'ora del loro trionfo: l'Unione Federale Eufop eti Mi
Francia un regime dì veta .lìbel'tà polìtì ca e soda le.
bisogno deLla guida t/ella Francia.
EU
conferito ai parlamentari ~n potete troppo esteso e
non potevano che farli cedere all'attrazione di qUesta pot~~Ogni ministro, durante il suo corto passaggi·o al ·
potere-·~t.I:Q mesi in medi a), si ci rcondava di una
cerchia di amici, agli ordini dei quali tutta la gerarchia amministrativa doveva conformars i, e questo fino
alle autorità comu na li , al fondo della scala.
RINUNCIATAR ·I
EUROPEI?
AH
UE
lt'PiÌù eliì:opeo » ch e domani, a Unione F e de ral e raggiunta , sarà l'a mbito stes.,o, la s fera , entro cui vivra nno i gover ni statali\ : il govP rn o Bonomi non
può in questo moment.J fare dell a « politica e tera
di potenza », ma può e deve fare della politica estera rendendosi fedele e costant e interpre te dei d e~Ì
deri in questo ettore del paese che ruppl'esenta.
Qu esta è la politica este1'a italiana In qu ~sto· mom e nto e, quale ess~t è stai à fin(lrti, la i' i pùdlamtl,
Noi qui moriamo ,iD etl n\jHf ll fi'e r~o . se partÌ!i,Ì~nl ,
c t omè C;il' nt dn ploto~... ~s c~tz.tph e, se p~l!tJ c t ,
pe;- l' Euràpà. Là rìostl'a ~ daneta r on l Europq
martori ata de l movimenti Hi' re iste nia di luttì i
paesì , dalla Norvegia ui la .Ftar~ia fi" .cia li 'Òlan da alla
Polonia è co mpleta, è' ,midolla~:w-:Poma ni , Iii. poli ·
ti cn eUt'o pea federal e cl'ltali a la 'apremo imporre
noi ai governo statal e itali ano. E la imporremo con
tranquill a cosc ienza di rap presenta re così la volontà
dc i partigian i e de i lavoratori , cioò delltc~ !-~ t'a n de
lllHf:gioranza . del popolo Ìtalitt no, Questa tosefeì'l :i~l
l' abbia mo acquistata so prattutto nell'ultìitio tliino tìsservan do il l'e. po11 so nil e Id ee fedet'aliste cd elu'opt'c
rlel! e masse. Per masse nùl Inte nd iamo: i parti~tiani ,
i lavoratori , le donne. M alp:rndo le ilmitazio ni imposte dalla clandestinità e dalt'l l1 ega lit~ ad 1in sondag_t!;io seri o dell' opinion e puhblì ca, maigrado ia modes ti a dei nostri mezzi e delle ncstre possibilità,
di cui ci re ndiamo be n co nto abbiamo tentato con
la diffmioÌ1e di opuscoli , di volantini P di questo
foglio, di far co noscere l'id eale dell'Unione Federale
d'Europa a d iverse sezioni e d a diversi ambi enti di
partigian i, eli donn e, di lavoratori , se nza di scrimin azione di partiti, purchè la tei1de nza ge nerale fo s~c
democrati ra e progress ista . Il res ponso è stato ovunqu e straordinariam e nte favor evole, quando non aridirittura entusiasta.
HA
EU
ll com~e,Jlto forse pÌÙ Ìnteressànte al comunica to
p;iunto da Hyde Fatk H 26 settembre s ulla dl r ht tlrazìone comunè C hul'ehìll-Ròoseveit nèl rij!Ùar d1 dPll'ItaliJ, i:onternvlante l1 pa saggio grad uale d'i quest' ultim a dalla posizìone d t cobelligerante alla posizione dì alleata dell e· azioni U nite lo ha dato Radio
Brnzzavìll e (Afdca Equatoriale F~ancese).
Il commenta tore ha detto sostanzi almente : « Noi
~appìarno c he vi son o degli Italiani che ha nno l' Ìpudìato il nazionali smo imperi ali sti co ed e~;pn ni'\ Ì o
ni sta del fasc ismo , sa ppi a mo pure c he d so no degli
Italiani che partec ipano alla guerra di 1ìberazÌQt1 e,
e le notizi e sull 'effi cienza del "maqui s " ìtall aliò e
sull a sua co llabot"azio_n_e col nostro cì ri empiono di
compiacim ento. Ma non altrettanto possia mo dire
del govern o itali ano - non a hlJiam o ancora se ntito
quell e esplic ite condanne delle Il rivendicazioni" f nsci. te che aveva mo aspettato, con speciale riguatdo
alle rivendicazioni verso la Francia, nè nhbiamo sentito finora un suono nuovo nella politica ester a itali a na in cui c i sembra che il nazionali smo ri ve ndicatario s ia latente, ~ia provyi sMiame nte a ttenuato,
ma non morto. F in o a che il nuo,·o or ienta mento
11011 sia es pli c itam ente affermato anch e n ella politica
el:itera del governo italiano cred ia mo che s i. debba
andar molto cauti sulla Yia dei ri conoscimenti r
d elle concess ioni all'Italia».
Confessiamo di co ndivide re pienamen te la diffide nza del commentatore fran cese d i Ra di o Brazzav ill e.
· è nelle di c hi a razioni del governo , nè nei quotidiani
romani post-liberazion e che a bhi a mo potuto legge re
e n e ppure nello stesso co tlte Sforza . dal qual e tuttavia qualcosa ci si poteva aspettare, abbiamo sentito il timbro nuq vo e inconfondibile, il timbro europeo e fede ralista della politi ca este ra itali ana . E
tanto me no abbiamo visto i segn i de lla trasformazione di qu esta « politica estera » in « politica e uropea», che tal e dovrà essere il nom e ch e indi cherà
i rapport i internazionali fr a f' tati del nostro conti ne nte, lasciando il termine di « politi ca este ra » ai
rapporti i ntercontipentali. -Nulla di -tutto ciò ab bia mo sentito, nulla, e inYece, 1'ah ·o poche eccezioni ,
una inespressa, meschina e mi se rabile paura di · passare per « rinunciatari ».
Sì, Radio Brazzaville h a ra gione . nella politica
e~tera-, nell 'assenza di politica europea e federal e.
l'lti!lia neo-fa scista e l' Italia liber ata ufficiale si
toc cano ancora : la rottttra no·n è avvenuta per ch è il
nazionalismo torm enta a n eo .-a e tra'\,ag 1 ia ugualm ente
le due ltalie. _
Nè ci si venga a dire che un governo statale non
più avere politica internazionale in condizioni di
armistizio e di controllo « straniero » (leggi « co n-
o
HA
Ca~ser
Ci siamo così r esi conto, con un'approssimazi one
all' incirca ugua le a quella che si sarebbe potuta avere in u·n re ferendum dell' I stituto Gall up per l'opinion e pubbli ca, che anche da noi esiste in favore della
soluzione in senso federalistico dei rapporti fra gli
stati nazionali europei quel _f a·ttore essenziale, di cui
il fa scismo ha creduto di poter f.ar e a meno . ma
senza il quale n essuna struttura politica, a nche se ·
escogitata da una minoranza responsabile ed illumi nata, è a lun go andare vitale, che si chi a ma il conse nso.
P erciò domani i superstiti fra noi adopreranno
ogni loro energ1a per Imporre al governo statale la
nuova poli ti ca, la politica europea e federale, in
nom e dei partigiani, dei . lavoratori e delle donne
d'Italia.
EDGARDO M<YN'ROE
(l) L'a rti colo ch e citiamo era un a poÌemica coi
Marescl alio Smuts pe r un suo di sco rso tenuto al la
fin e deiio co t'so i1ovemhre e che è stato poi m odifi.
ca to dà itn slt r cessiyo dìscorso, l n _sens 0 fed eralista,
Jello stesso Maresciallo tenuto a Birm ingham il 20
magg io di quest'anno. Di entra mbi questi di scor. i ci.
occuperemo in un pro~simo num ero de « L'U nità
Europea ».
-
Hai lei/o l'opus colo sugli S1Mli tlniti d'EUtupu?
-
Sì, già due volt e.
P erchè due volte?
Per' capirlo .
Ma lo tr01;Ì diffi cile ?
Uit po' sL
- E tl piace l'idea?
.
- fi:Ìi piaci! sl '· mti sar'Ù pul l'Ci'u r.:he lwnnu r;ucll'iri ec! ~
Chi hann o?
Loro! Quelli cÌie comaiiJano
età dl.m f' nticavo ciu: bisn{!llll rlcorllin c/are da
ca po: an~itutto « loro» non esistono, « loro » s/amn
noi cioè tu, io. i tuoi a·111:ci i mi"i c tuili r;ncll i clzc
la per!setll(l rome nvÈ. ,
.
,.
- Mét che còsa pos.<Lamo {({.re noL!
- tiie t'osa possiamo /areY T e lo di'm ostro suhito:
iitiftli do « lofo ». que11l che N ed evaho di comandare,
lwiino clztamal o sotio l è armi i giovani 'itaUani è I)(Lstaio ch e « noi », cioè i u , io , c g{,' altri nostri amici
c/1e !tt pehsano com e no i, p c n.~as s lmo, a disp etto di
iuti e le minacce di condanna a morte, cl1 e questa
non etei un•a cosa (la far e, perchè non s1: presentasse
1tess urid per'sotta degna r!i qnesla nome! F;hb en p è
!n slcssò and e pet le cose· che si d rvu no fare , lwsla
d e ci m etiÌam o altopetéi.
- Ma in d e modo?
- Ecco, se ti sei convinto ciH' /'idra è /morra twlt
pnoi, one.<iumente, esimerti: dal collaborare a farli>
r-ircolare, parlan e agli am ici. dis cutilu, /a circo lare
l' opuscolo , i num eri dell' « Un,.tà Europ ea », t'ttccogli
d ei fondi c mandali alla R edazione, manda ancf1 e
d el denaro tuo. p"è rchè !a. stampa costa e i fornitori
militari o i fahbri ca.nli di cannoni al Federalismo ,
rioè allo na.ce ch P d eve durare dPi fondi non ne
danno! Poi. quando avrai fatto questo ed alt re cose
r~ncora, con insistenza, con perseve ran za vedrai che
« loro ». QI.Lclli che coma ndano, saremo proprio noi
federalisti.' .
Elenco delle sottoscrizioni
· Total e off erte precedei1ti. L. 32.700
Speranza
»
500
F. e L.
» 1.000
Ufficio Stampa P .d.A. T orino
» 2.000'
G ioia
» 5.00()
H. R. .
))
500
Totale offerte al 15-10-1944 L. 41.7001
/
-
I.:EUROPE FÉDÉRALISTE
,
"CD e la C){éoiofance d l'unifé eutopeenne
Non, il ne faut pas que . 1919 se répète,
et pour l'éviter, il est nécessaire que la
paix ne détruise. pas les liens de solidarité que la lotte a créés, Il faut q1,1e les
hommes libres · d'Europe sachent entendre l'appel que leur a adressé d'Alger
Henri Frenay, au nom du groupe << Combat " ; il faut que la grande fraternité des
hommes libres, qui s'est révélée au sein
des Mouvemenls de la Résistance et
dans les nombreux accords que ceux -ci
sont parvenus à sceller par-dessus les
trontières, soit maintenue et forme les
premiers cadres d'une Europe libre. Il
faut avoir la ferme volonté de ne plus
retomber dans l'ornière d'une paix provisoire, inspirée de conceptions purement
stratégiques et diplomatiques, et qui ne
résoudraient en rien les problèmes vi ~ aux.
C'est pourquoi, au méme moment, dans
plusieurs pays, notamment au sein de la
Résistance française et ita!ienne et aus, i
en Angleterre, un courant de « fédéral isme européen " a pris naissance.
Lors de l'entreprise de pillage et de
destruction engagée par le troisième
Reich ccntre l'Union soviétique, les nazis et leurs complices de tous les pays
nous ont rebattu les oreilles par les cris
de : << Commrmaulé européenne "• << L'Eurape ou la mort », Or, le.ur entrepdse a
échoué et leurs phrases se sont retour-
EU
HA
AH
Voilà plus de deux ans que des mains
mystérieuses tracent sur les murs des
villes occupées ce chiifre fatai : << 1918 ''•
prophé.t isant ainsi la défaite nazie. En
effet, nous sommes à la veille d'un
nouveau 1918, et les nazis eux-mémes
ne le nient plus, allant méme jusqu'à
se déclare victimes à leur tour . du
« coup de poignard dans le dos » ! Les
<<traitres», cette fois-ci, ne sont plus issus
des partis du centre catholique et de
gauche, comme en novembre 1918, mais
d es généraux de la W ehrmacht euxmémes. Et ces généraux, dès qu'ils sont
faits prisonniers par les Russes, expliquent que c'est Hitler et les dilettantes
du parti qui ont tout compromis ; ils
essaient ainsi de rendre au peuple allemand la confiance. en ses chefs militaires traditionnels, rejetant selon leur
habitude toute responsabilité personnelle,
La défaite allemande est évidente et
toute proche. L'histoire s'est répétée. Par
le combat, par le sang, par la souffrance
de millions d'hommes, il a été prouvé
que l'Europe ne saurait tolérer l'entreprise d'hégémonie d'une << race de maitres».
Mais si l'histoire se répète, sa répétition n'est jamais tout à fait la méme, et
c'est heureux: sinon, au fatidique 1918
devrait inévitablement succéder un nouveau 1919: une paix gachée, dès la victoire, par l'anarchie d'une Europe balkanisée en une vingtaine d'autarcies. Et
dans une Europe comme celle-là, morcelée ou divisée en << sphères d'influence "•
incapable d'une action durable, inconsciente du but à atteindre en commun,
rien ne pourrait empécher par la suite
le redressement du militarisme, la résurrection de la menace totalitaire. Nous
risquerions alors d'assister une fois de
pilus à une << démocratisation "• aussi
éphémère que la précédente, car la démocratie moderne ne peut plus vivre sur
un continent cloisonné, entre des nationalismes étroits et des bureaucraties tracassières, sans s'effondrer dans le chaos
cles crises économiques et politiques.
UE
1919
Do~uJDents
l. Constitution du comité
provisoi~re pour la Fédération européenne
Le projet de déclaration que nous présentons à nos lecteurs a été établi par
cles militant& des mouvements de résistance de· neuf pays européens.
Venant après une longue période d' élaboration théorique et d'actions convergentes p endant laqudle les militants furent séparés les uns des autres dans les
différents pays, cette déclaration constitue le premier appel à la coordination ·
et le premi.e r acte effectif des fédéralistes européens.
Nous publions ce document en le faisant pr écéder du texte de la lettre qui
l'accompagnait:
« Quelques militants des mouvements
de résistance de France, de Hollande,
d'Italie, de Norvège, de Pologne, de
Tchécoslovaquie, de Yaugoslavie, d le
représentant d'un groupe de militants
anti-nazis en Allemagne, ayant eu l'occasion de se rencontrer afin de discuter
ensemble les prcblèmes de la reconstruction de l'Europe, ont constaté qu'une
entente générale régnait entre eux : la
sauvegarde de la liberté et de la civili&ation ne peut etre assurée sur le continent europ éen que si une Union fédéra.le remplace l'anarchie actuelle des
trente Etats souverains. La solidarité qui,
dès aujourd'hui, unit tous !es peuples et
EU
HA
nées contre eux, parce que la commun.auté de l'Europe s'est faite à leur détriment. Dans cette alternative << L'Europe ou la mort "• il n'est que . trop évident que la mort c'est eux et que l'Eurape, c'est nous.
Les carnarades de divers pays qui se
groupent autour de notre revue <<L'Eurape Fédéraliste » se proposent d'étudier
et d'approfondir les problèmes que cette
véritable communauté du destin européen a soulevés : problèmes de l' Allemagne, problèmes des rapports avec les
gnmdes nations alliées, problèmes de la
structure, du droit, du pouvoir, de l'économie. Notre re.v ue constitue en méme
temps un centre de ralliement pour tous
ceux qui, par leurs expériences et leurs
réfexions, sont arrivés aux conclusions
suivantes : le nazisme et la guerre n'ont
pu naitre que dans l'anarchie européenne;
la liberté ne peut durer que dans un
ordre européen, dans une Europe démocratique et fédérée.
Les Européens de toutes les nations,
de tous les pa,r tis, qui ont combattu pour
l~ liberté, se doivent de créer celte Europe. Car, sans une démocratie européenne, il n'est plus de démocratie nationaie possible. L'Union de l'Europe ou la
taHlite de la paix., teUe est l'lnéluctable
alternative.
AH
Editoria/ : 1919.
Documents: Le· Comité provisoire pour
la Fédération européenne. Dédaration
du Comité français pour la Fédération
européenne.
Etude: Démocratie et Fédération en Eurape.
Chroniques : Lettre d'Angleterre. Lettre
ouverte du Mouvement italien pour la
Fédération européenne, Le programme
international du M. L. N. Messages de
J a eque·!. Marita.in et de' Thomas Ma nn,
UE
N° l * SEPTEMBRE-OCTOBRE 1944
(t
tous les mouvements qui luttent contre
l'oppressìon nazie ne de·v ra pas se relacher quand celle-ci sera vaincue; elle
devra, au contraire, se renforcer toujour& plus et trouver son accomplissement dans la création de solides liens
fédéraux entre les peuples européens.
Etant donné les conditions memes de la
lutte que mènent les divers mouvements
de résistance, conditions qui ne permettent pas de- réunir une véritable assemblée générale publique où cette volonté
~oit affirmée, lesdits militants ont pensé
qu'il convenait de rédi'ger en commun
un e déclaration qui devra etre envoyée
dans tous l es p a ys où cela sera possible,
alin que puissent y adhérer tous les parti~. les mouvements ou les groupes de la
résistance qui ont pris conscience de la
nécessité d'une union étroite des peuples
européens. Ainsi, .cette d éclara.tion, cxmvre de quelques personnes, deviendra une
pr ise de position claire des grands mouvements et elle manifestera solennellement leur volonté de résoudre le problème fondamenta! de l'existence pacifique
des peuples libres et civilisés.
» Nous vous envoyons ce texte pour
que· vous nous adressiez le plus rapidement p ossible votre adhésion. Dans l'examen de ce document, veuillez· porter votre
Projet de déclaration
HA
I
La résistance à l'oppression nazie
qui unit les peuples d'Europe dans un
meme combat a créé entre eux une
solidarité et une communauté de but
et d'intérèts qui prennent toute leur
signification et toute leur portée dans
le fait que les délégués cles mouvements de résistance européens se sont
réunis pour rédiger la présente déclaration, où ils entendent exprimer leurs
2
IV
Il n 'est pas possible de prévoir dès
à présent les limites géographiques de
Ces buts ne peuvent etre atteints que
l'Union fédérale qui pourra assurer la
si les divers pays du monde acceptent
paix de l'Europe. Il convient de préde dépasser le dogme de la souveraiciser cependant qu'elle devra etre dès
neté absolue des Etats en s'intégrant
le début assez forte et assez large pour
dans une unique organisation fédérale.
ne pas courir le risque de n'etre qu'une
Le manque d 'unité et de cohésion
zone d'influence d'un Etat étranger ou
qui existe encore entre les diverses
de devenir l'instrument de la politique
parties du monde ne permet pas de
hégémonique d'un des Etats membres.
parvenir immédiatement à la création
De plus, elle devra etre ouverte dès le
d'une organisation rassemblant toutes
début aux pays appartenant entièreles civilisations sous un gouvernement
ment ou en partie à l'Europe, qui pourfédéral unique. A la fin de cette guerre,
ront et qui voudront en devenir memil faudra se limiter à créer une orga- bres.
nisation universelle moins ambitieuse,
L'Union fédérale devra etre fondée
susceptible cependant de se dévelopsur une déclaration cles droits civils,
per dans le sens de l'unité fédérale, · politiques et économiques qui garandans laquelle les grandes civilisations
tira le libre développement de la perqui en constitueront les assises auront
sonnalité humaine et le fotJ.ctionnement
pour mission d'assurer la sécurité colnormal des institutions démocratiques;
lective. Mais elle ne pourra etre un
de plus, elle devra s'appuyer sur une
efficace instrument de paix qu'à la
déclaration des droits des minorités à
condition que ces grandes civilisations
une existence autonome qui soit comsoient organisées de telle manière que
patible avec l'intégrité cles Etats 1latiol'esprit de paix et de compréhension
naux desquels elles font partie.
puisse prévaloir.
L'Union fédérale ne devra pas porter
C'est pourquoi, dans le cadre de
atteinte au droit de chacun des pays
cette organisation universelle, le promembres de résoudre ses problèmes
blème européen doit faire l'objet d 'une
particuliers conformément à ses cara csolution plus directe et plus radicale.
téristiques ethniques et culturelles,
Mais, compte tenu des expériences et
III
des échecs de la S. d. N., les Etats devront abandonner irrévocablement à
La paix européenne est la clé de
voute de la paix du monde. En effet,
la fédération les attributions de leur
dans l'espace d'une seule génération,
souveraineté concernant la défense de
leur territoire, les rapports avec !es
l'Europe a été l'épicentre de deux conpuissances extérieures à l'Union fédéflits mondiaux qui ont eu avant tout
rale, les échanges et les communicapour origine l' existence sur c~ con titions .internationales.
nent de trente Etats souverains. Il imL'Union fédérale devra posséder esporte de remédier à cette anarchie par
sentiellement :
la création d'une Union fédérale entre
les peuples européens,
1. Un gouvernement responsable non
Seule une Union fédérale permettra
pas envers les gouvernements des
la participation du peuple allemand à
divers Etats membres, mais envers
la vie européenne sans qu'il soit un
leurs peuples, par lesquels il devra
danger pour les autres peuples,
pouvoii- exercer une juridiction directe dans les limites de ses attriSeule une Union fédérale permcttra
butions.
de résoudre les problèmes des tracés
de frontières dans les zones de popu2. Une armée placée sous les ordres de
lation mixte, qui cesseront ainsi d 'ètre
ce gouvernement et excluant toute
l'objet des folles convoitises nation aautre armée nationale.
EU
Quelques milita.nts des mouvements de
résista.nce du Danemark, de France, d'Italie, de Norvège, de~ Pays-Bas, de Pologne,
de Tchécoslovaquie et de Y ougoslavie, et
le représentant d 'un groupe de militants
anti-nazis en Allemagne, se sont réunis
dans une ville d'Europe les 31 mars, 29
avril, 20 mai, 6 et 7 juillet. Ils ont élaboré le projet de déclaration ci-dessous
qu'ils ont soumis à la di5cussion et à
l'approbation de leurs mouvements respectifs et de l' ensemble d es mouvements
de résistance européens. Ils estiment opportun de faire connaitre dès maintenant
leur projet à l'opinion publique internationale sous ré~erve de le publier _ dans
~a rédaction définitive dès qu'il aura été
accepté par les mouvements, groupes et
partis auxquels il a été soumis :
listes et deviendront de simples questions de délimitation territoriale, de
pure compétence administrative.
Seule une Union fédérale permettra
la sauvegarde des . institutions démocratiques de manière à empecher que
les pays n'ayant pas une suffisante
maturité politique puissent mettre en
péril l'or dr e général.
Seule une Union fédérale permettra
la reconstruction économique du continent et la suppression des monopoles
et des autarcies nationales.
Seule une Union fédérale permettra
la solution logique et naturelle des
problèmes de l'accès à la mer cles pays
situés à l'intérieur du continent, de
l'utilisation rationnelle des fleuves qui
traversent plusieurs Etats, du contròle
cles détroits et, d'une manière générale,
de la plupart des problèmes qui ont
troublé les relations internationales au
cours de ces dernières années.
UE
e!spoirs et leurs intentions. quant au
sort de la civilisation et de la paix.
Les hommes libres qui font partie
auj ourd'hui des mouvements de résistance ont conscience que la lutte menée
inlassablement sur le front de la résistance intérieure, malgré la terreur, contre la machine de guerre ennemie est
une contribution positive importante à
la lutte menée par les Nations Unies
et qu'elle justifie pour leurs pays le
droitde participer à l'édification de la
paix et à la reconstruction de l'Europe
au meme titre que les autres puissances
victorieuses.
Souscrivant aux déclarations essentielles de la Charte de l'Atlantique, i]s
affirment que la vie des peuples qu'ils
représentent doit etre fondée sur le
respect de la personne, la sécurité, la
j ustice sociale, l'utilisation intégrale
des ressources économiques en faveur
de la collectivité tout entière, et l' épanouissement autonome de la vie natio-naie.
UE
HA
EU
AH
II
AH
attention sur l'affirmation centrale qu'il
contient, c'(;.st-à-dire ~ur la nécessité de
1econstruire l'Europe sur une base fédérale, car c'est sur ce suj et, avant tout,
que· nous vous demandons de prendre
position. Il serait sans doute utile que
le texte définitif d'une· telle déclaration
fut établi après que toutes le~ tendances
eus!>ent pu préci!>er leurs corrections et
amendements. Nous vous demandons,
pour le moment, de· surseoir à cette exigence, ou tout au moins de nous faire
vos observations en spécifiant que vous
maintiendriez votre approbation du projet dans scn ensemble dans le ca~ où les
autres sig,n ataires n'approuveraient pas
ves corrections. Les discussions de détail
peuvent ètre renvoyées à la réunion générale qui suivra la cessation des hostilités.
» Cette· procédure extraordinaire nous
est imposé(;.· par les conditions a.ctuelles
de notre travail. Il est nécessa.ire· qu'une
déclara.tion fédéraliste cles mouvements
de résistance soit faite et diffusée par
la presse et la radio le plus rapidemenf
possible dans tous les pays occupés et
dans les pays alliés. Si nous continuons
à échanger cles messages clandestins
pour nous mettre d'accorci,• des mais et
cles mois passeront avant que nous puissions établir un texte définitif et nous
perdrons ainsi l'occasion de dire ce que
nous avons à dire. Nous espérons que
vou.s voudrez bien tenir compte que cette
déclaration a été éta.blie sérieusement et
minutieusement par cles représentants de
diver~ pays et que les points de vue les
plus variés y ont déjà été examinés.
» Nous vous prions de rallier le plus
grand nombre possible d'adhé~ions à cette
décle.ration, mais nous vous engageons
toutefois à nous faire pa.rvenir aussitot
que possible les adhésions cles partis,
mouvements ou groupes i&olés, car il
serait préférable que nous puissions constituer dès à présent un premier noyau
européen, mème composé de forces parHelles, plutot que d'attendre un ralliement unanime avant de commencer notre
action. »
(C. F. F. E.)
Le projet de déclaration du Comité
provisoire a été favorablement accueilli
par l'ensemble des mouvements de résista.nce européens. Nous rendrons compte
ultérieurement des réponses - adhésions
ou critiques - qui sont parvenue~ ou qui
parviendront au Comité provisoire. En
France notamment, le projet de d éclaration a obtenu l'adhésion de nombreux
mouvements qui dans leurs manifestes,
le~ affiches et les tracts qu'ils distribuent
se montrent partisans r é~ olus du Fédéra.lisme européen. Dès réception du projet
de décla.ration du Comité provisoire·, quelques militants des mouvements de ré~istance frança.is
ont créé un Comité
lrançais pour la Fédérafion européenne
(C. F . F. E.) qui a publié la déclaration
qu'cn lira ci-dessous.
HA
2. - Toute tentative d'organiser la
prospérité, la démocratie et la paix
par une Société cles Nations du type
d'une ligue d'Etats est vouée à la
faillite. Une telle Société cles Nations
serait, en réalité, un Conseil impuissant d'Etats souverains et rivaux,
parce qu'elle ne peut disposer en
propre d'aucune force économique,
politique et militaire indépendante.
capable d'imposer ses décisions, Elle
deviendrait un instrument servant la
politique d'hégémonie cles Etats les
plus forts et rendant inévitables de
nouveaux conflits.
3. - L'Europe ne peut se développer dans la voie du progrès éco- .
nomique, de la démocratie et de la
paix que si les Etats nationaux se
fédèrent et ·r emettent à l'Etat fédéral
européen : l' organisation économique
et commerciale de I'Europe, le droit
d'avoir seui une armée et d'intervenir
contre toute tentative de rétablissernent de régimes autoritaires, la direction cles relations extérieures,
l'administration cles territoire~ coloniaux qui ne sont pas encore mùrs
pour l'indépendance, la création de
la citoyenneté européenne en plus de
la citoyenneté nationale. Le gouvernement de l'Etat fédéral sera élu,
non par les Etats nationaux, mais
démocratiquement et directement par
les peuples.
4. - La F édération européenne ne
s'oppose pas aux nations dans ce
qu'elles ont de progressif. Les gouvernements nationaux ne seront subord.o nnés au gouvernement fédéral
que lorsqu'il s'agira de questions intéressant l'ensemble cles Etats fédérés . Mais les ~9uvernements mdionaux, de meme que les organes de
self-government régionaux et locaux, subsisteront avec leurs lois
particulières dans la. mesure où elles
ne sont pas en contradiction avec les
lois fédérales, en gardant leur autonomie administra;tive, linguistique et
cuJturelle.
5. - Le Mouvement pour la F édération européenne entend s'appuyer
sur les mouvements nationaux qui
luttent pour la justice économique et
sociale, con tre l' oppression politique,
pour le libre et pacifique établissement de leur génie national spécifique. Mais alors que cles patriotes démocrates, socialistes, communistes,
pensent souvent que ces buts doivent
d'abord etre atteints dans chaque
pays séparément, et qu'en fin de
compte surgira une situation inter-
AH
EU
AH
EU
VI
Les mouvements de iésistance soussignés reconnaissent la nécessité d'une
participation active cles Nations Unies
à la solution du problème européen,
maìs demandent que toutes les mesures qui seront prises entre la cessation
cles hostilités et l'établissement de la
paix soient prises en fonction cles exigences de l' organisation fédérale.
Ils font appel à toutes les forces spirituelles et politiques du monde, et ~..n
particulier à celles cles N ations Unies,
pour qu'elles les aident à atteindre les
buts indiqués dans la présente déclaration,
Ils s'engagent à considérer leurs problèmes nationaux respectifs comme cles
aspects particuliers du problème européen dans son ensemble et ils décident
de constituer dès à présent un bureau
permanent chargé de coordonner leurs
efforts pour la libération de leurs pays,
pour l'organisation de l'Union fédérale
cles peuples européens et pour l'instauration de la paix et de la justice dans
le monde.
réalisé. Une telle Europe serait condamnée en permanence aux rivalités
économiques, au déséquilibre démographique, à la décadence matérielle,
sociale et culturelle, aux poussées de
chauvinisme et de racisme, aux
guerres sans cesse renaissantes embrasant le monde entier et détruisant
toute civilisation humaine.
UE
Juin 1944.
Au moment où les pays de l'Europe
se soulèvent con tre l' occupation hitlérienne et aperçoivent enfin l'aurore de
leur libération, parmi ceux-là meme
qui sont à la pointe du combat contre
le nazisme. dans tous les mouvements
de la résistance grandit et se précise
l'idée de l'organisation démocratique
d'une Europe d'après-guerre, guérie à
j arnais de la peste brune.
Depuis de lonlis mois, la propagande
en faveur d'une Fédération européenne
assurant vraiment la démocratie et la
paix est commencée dans plusieurs cles
principaux j ournaux clandestins de la
résistance, e n France, en Belgique, en
Hollande, en Pologne, en Norvège. Et
l'idée d'une Europe libérée et fédér ée
unit dans le meme espoir et soutient
dans la meme lutte nombre de militants
antifascistes allemands qui ont pu
échapper aux tortures de la Gestapo
et au billot d'exécution. Enfin, dans
les pays libres, le mouvement pour la
Fédération européenne s'est déjà organisé. En Angleterre, il est fondé et se
développe au sein du Parti travailliste,
il organise une vaste campagne de conférences et de meetings ; aiUeurs, un
comité de liaison est créé ; en Italie,
le Comité italien pour la Fédération
européenne, constitué dès la chute de
Mussolini, groupe de nombreux combattants antifascistes de toujours, enfin libérés cles prisons et cles iles, et
appartenant aux divers partis de l'Italie nouvelle.
A leur tour en France, cles militants membres cles principaux courants du Mouvement de la Résistance
décident de créer le Comité français
pour la F édération européenne autour cles idées fondamentales suivantes:
HA
v
La paix qui naitra de la guerre devra
etre fondée sur la justice et le progrès
et non sur la vengeance et la réaction ;
mais elle devra se montrer implacable
envers tous les criminels de guerre
dont l'impunité serait une insulte au
sacrifice cles morts de la guerre et en
particulier cles héros anonymes de la
résistance européenne. L'Allemagne et
ses satellites devront participer à la
reconstruction économique cles régions
qu'ils ont dévastées, mais l'Allemagne
devra etre aidée, et s'il le faut contrainte, à transformer sa structure
politique et économique, afin qu'elle
puisse s'intégrer dans l'Union fédérale.
Pour cela, elle devra etre totalement
désarmée et soumise temporairement à
un contrale fédéral dont les tàches
principales seront les suivantes :
Confier le pouvoir aux éléments
sincèrbnent démocratiques qui ont
mené contre le nazisme un combat
sans équivoque,
Reconstruire un Etat démocratique
et décentralisé où il n'y ait plus
trace du bureaucratislne et du militarisme prussien.
Exiger la destruc~ion radicale du
système féodal agraire et industrie!.
Intégrer l'industrie lourde et chimique allemande à l' organisation
industrielle européenne, afin qu'elle
ne puisse plus etre utilisée pour
cles fins nationalistes allemandes.
Empecher que l'éducation de la
jeunesse allemande soit faite selon
les doctrines nazies, militaristes et
totalitaires,
Il. Déclaration du Comité français pour la Fédération européenne
UE
3. Un tribuna! supreme qui jugera toutes les questions relatives à l'interprétation de la Constitutiòn fédérale et tranchera les différends
éventuels entre les Etats membres
ou entre les Etats et la féd~ration.
1. - Il est impossible de recons ..
truire une Europe prospère, démocratique et pacifique, sous la forme
d'un assemblage d'Etats souverains,
séparés par leurs frontières politiques et douanières : la reconstruction
économique s'effectuerait dans les pires conditions ; l'anéantissement du
fascisme et du nazisme par la destruction totale de leurs racines économiques et sociales ne saurait etre
3
7. La Fédération européenne,
étape vers la F édération mondiale
cles peuples, doit etre l'objectif immédiat cles militants démocrates, socialistes, communistes, de la Résis. tance. Le Comité français pour la
F édération européenne l es appelle à
donner leur adhésion individuelle ou
collective aux idées essentielles de
son programme et à accorder leur
appui à son action.
Etude
EU
Démocratie et fédération en Europe
UE
HA
guerre mondiale avait abouti, elle aussi,
à une d émocratisation générale de· l'Eurape, et cependant, dans l'acte meme
qui achevait cet essor démocratique, le
mouvement général cles esprits ve·r s la
dictature prit naissance. Car les passions
sont indispensables pour créer, mais elles
s'éteignent ra.pidement et, par conséquent,
!;ervent bien peu pour maintenir. C 'est
pourquoi une politique démocratique
clairvoyante doit regarder au delà de ces
pa.ssions pcur découvrir les points faibles d e la renaissance d émocratique européenne et pour r éussir ainsi à créer un
ordre durable.
Crée r cles institutions démocratiques
dans les différents pa.ys d'Europe est une
tache relahvement aisée. Après l'écroulement cles régimes totalitaires, il est
norma.l que l'on ait recours aux institutions qui sont reconnues aujourd'hui universellement camme légitimes par les peuples, à cles assemblées populaires dont
surgiront les nouveaux gouvernements.
Mais pour que la liberté politique soit
solidernent ancrée, il faut qu'elle pénètre
tout l'appareil étatique. Or, dans tous les
pays européens exception faite pour
les anciennes communautés libres comme
la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, les
pays scandinaves et la Suisse, où la structure de l'Etat correspond le mieux aux
exigences de la libe-rté - c'est la structure de· l'Etat qui contrecarre ces exigences. En fait, les différents peuples sont
organisés politiquement en des Etats unitaires dans lesquels l'administration de
presque toutes les affaires publiques est
dirigée par un appareil bureaucratique
qui reçoit tous les ordres de· la capitale.
Ce type d'Etat, né dans la lutte· contre
la féodalité et consolidé à l'époque· des
monarchies absolues, a été perfectionné
par Napoléon et imité par presque tous
les pays européens.
Au cours du siècle dernier, les mouvements libéraux et démocratiques des
différents pays ont cherché, sous cles formes diverses et avec plus ou moins de
succès, à soumettre cet appareil centralisé au contròle d'un parlement, en créant
HA
EU
AH
Entre les deux gu{òrres mondiales, cles
é tats d 'am es et des courants politiques
hostiles à la démocratie ont surgi dans
tous les pays d'Europ e. En un ce-rtain
nombre de ces pays, les institutions politiques se sont moulées sur cette· nouvelle orientation ; et dans les pays qui
ava.ient réussi à sauvegarder leur structure d éjllocratique, les tendances totalitaires ont commencé à miner et à discré diter plus ou moins profondément la démocratie, réduite· à la déknsive et perdant une position après l'autre. La d émocratie et les libertés politiques semblaient
appartenir de plus en plus à un passé
irrévocablement révolu,
L'ère des tyrannies a rapidement amené· la guerre actuelle, avec ses haines,
ses massacres et ses ravage:s. Le monstre
du nazisme, entrainant toute l'Europ e et
bien au-delà dans la ruine, a menacé de
faire disparaitre· toute trace d e civilisation humaine de notre continent et a
provoqué un renversement total de l'échelle: cles valeurs politiques. La libe-rté
et la démocratie, dont on commençait à
se détourner, sont de nouveau à l'honneur, et c'est en leur nom que• les peuples
combattent. A présent, il n'est plus néce·ssaire de faire l'a.pologie de l'idéal démocratique et libéral, car quiconque lutte
contre Hitle-r en fait profession. Cela
signifie que dans les Etats européens qui,
a près la guerre, retrouveront leur indépendanceJ, il sera en fait impossible de
songer à édifier des régimes politiques
autres que d émocratiques La passion
populaire et le sang ven;é ne· le permettraient pas. Meme l'Allemagne, qui probablement reste-ra soumise pendant un
certain temps à une administration centrale constituée de concert par les nations victorieuses, devra reconstruire sa
structure politique sur cles bases démocratiques.
Ce serait n éanmoins une erreur de
croire· que: la passion démocratique et
libérale, si largement répandue en ce
moment, constitue une gar.antie suffisamment solide de la vitalité d es démocraties européennes renouvelées. Le première
4
ainsi un compromis entre· l'Etat absolutiste et l'Etat libéral. Un tel compromis
ne pouvait cependant durer qu'à condition
de· ne conserver qu'un minimum cles fonctions de l'Etat. En effet, tout élargis!;ement des fonctions de l'Etat signifiait un
renforcement de l' élément bureaucratique absolutiste, et rendait le· compromìs
plus précaire. Or, la lig,ne· de développement de la vie politique moderne tendait
précisément vers l'extension continuelle
et vers la concedration des fonctions de
l'Etat. Plusieurs causes ont contribué à
cette évolution.
En premier lieu, elle était, dans une
certaine mesure, techniquement inévitable. L 'intensification cles rapports entre
les territoires qui composaient l'Etat faisa.i t surgir cles besoins publics communs
à tous et qui ne pouvaient etre· satisfaits
par chaque· région d'une manière indépendante sans qu'il en résultat un désordre g,énéraL La gestion des principaux
moyens de communication, les mesures
générales d'hygiène et de police, la défense· militaire, une législation civile· et
commerciale homogène ainsi que d,'autres fonctions a.nalogues s'appliquaient de
plus en plus à un rayon qui se confondait
avec l'Etat tout entier et, par conséquent,
ne pouvaient etre· il.SSUmés que par le pouvoir centrai de l'Etat.
Cette concentration était due à la prédominance·, dans les différents pays, des
courants démocratiques qui tenaient à
tou~ n ivele·r par rapport au pouvoir centrai pour briser ainsi les privilè!!es encore
survivants. D'autre part, la tendance des
démocraties à J'égalité pousse vers l'élimination des corps i.ntermédiaires, vers
la concenhation de la volonté générale
cles citoyens en un acte unique qui se
manifeste par un organe représentatif
unique· e·t se réalise par un gouvernement
unique·. Cette tendance, justifiée lorsqu'e.Jle· che.rche à détruire les corps intermédiaires féodaux, fondés sur la violence et l'exploitation, s'étend vo·l ontiers
à d'autre!> corps intermédiaires qui, tòut
en étant essentiellement démocratiques,
genent à la formation d'une· volonté générale unique.
Il s'y ajoutait l'affirmation progressive
des tendances socialistes qui, de manière
plus ou moins saines ou nocives, pour
cles raisons plus ou moins justifiées,
tendant à attribue-r à l'Etat des fonctions
économiques croissantes ; ainsi
l'Etat finit par assumer la gestion d'un
grand nombre d'entreprises et par absorber une partie considérable cles revenus privés pour développer ses institutions sociales.
Enfin, les changements qui se sont produils dans le domaine économique et qui
ont transformé l'économie de marché en
une économie· dominée de plus en plus par
cles coalitions d'inté-ret!> ont contraint
l'Etat à devenir toujours plus l'organisateur centrai du système économique national
Cette évolution a renversé le compromis
fragile qui s'était labodeusement établi
dans la seconde moitié du 19e siècle et
elle· a renforcé l'appareil absolutiste des
Eta.ts européens vis-à-vis des citoyens, en
réduisant le1> institutions libres à un mince
vernis qui craque dès que la société doit
fa ire fa ce à d es problèmes réellement gr aves.
Bien qu'à l'avenir certaines formes de
centralisation devraient etre éliminées (et
nous savons qu'au sein des mouvements
de résistance des différents pays d'importants courants d'opinion !>e pronori.c ent en
faveur d'une teHe po.Jitique), il faut bien
UE
6. - Le Mouvement pour la F édération européenne repousse l'opinion
suivant laquelle il convient de remettre à plus tard l'étude de ces questions sous le prétexte qu'il s'agit uniquement auj ourd'hui de combattre
pour la libération nationale. Ces deux
taches doivent etre menées ensem-
ble, sinon, camme en 1919, une organisation réactionnaire de l'Europe
risque d 'etre imposée aux peuples. Si
le Mouvement pour la F édération européenne ne se basait pas immédiatement sur les ,Mouvements de résistance et de libération, s'il n'était pas
leur expression politique dominante
dans la situation révolutionnaire qui
vient, il serait ensuite infiniment plus
difficile, sinon impossible de réaliser
la F édération européenne.
AH
nationale dans laquelle tous les peuples pourront fraterniser, le Mouve··
ment pour la F édération européenne
met en garde contre cette illusion.
L'ordre de ces buts est exactement
inverse. Dans le cadre d 'une Europe
divisée en Etats souverains, ces J110Uvements nationaux ne peuvent qu'avorter ou dégénérer ; ils ne peuvent
se développer dans un sens proRressif que dans une Europe fédéree. La
F édération européenne est clone le
premier cles buts que doivent se fixer
les éléments patriotes démocrates,
socialistes et communistes.
AH
EU
HA
UE
EU
HA
tendre à ce qu'il soit ai!'.é de limiter le&
p ouvoirs de lEtat national en concédant
des pouvoir~ autonomes à l'échelle locale
et régionale.
Si l'on veut sauve·r les libertés démocratiques au moyen d 'une Constitution fédérale, la voie dans laquelle il faut s'engager et dont on peut attendre un bon
résultat n'est pas celle - trop doctrinaire
- de céder des pouvoirs étatique!'. à de&
organismes inférieurs. La méthode qu'il
faut suivre est tout au. contraire celle qui
a ét é adoptée effedivement par toutes les
fédérations de l'histoire et qui consiste
dans la réunion de· plusieurs Etats et dans
la cession de certains de leurs pouvoirs à
un organisme politique supérieur commun.
Une d émociatie saine ne peut aujourd 'hui surgir en Europe qu'à l'échelle européenne., au moy en de la création d'une
Union fédérale européenne·. Les intérets
politiques et économique& d'ordre européens &ont tellement puissants et vastes
qu'ils pourraient alimenter une: vie politique féd érak intense, à condition que les
principaux Etats se décident à créer un
tei pouvoir, doté de& attributs effectifs
d'un Etat démocratique. Et d 'autre part,
tout en renonçant à la souveraineté clan!'.
le domaine militaire, douanier, monétaire,
et dans les autres domaines qui intéressent
le continent tout entier, chaque Etat national continuerai! à avoir &a propre vie
publique très vigoureuse.
Toutes le·s graves difficultés de la reconstruction de: l'après-guerre pourront
alors etre abordée& avec la certitude que
les méthodes de la démocratie et de la
liberté ne feront pas naufrage en cours
de route. Le: fait meme que la conscience
libérale cles peuples européens soit actuellement assez faible rend cette solution imp érieuse. La liberté devra se fonder en
Europe, pour un laps de temps assez long,
plus encare sur un équilibre cles institutions que sur une maturité politique cles
peuples européens. Dans chaque Etat, tant
qu 'il demeure souverain, cette liberté se
baserait presque exclusivement sur l'esprit libéral cles gouvernants et pourrait
clone etre facilement étouffée si par le
mécanisme électoral lui-meme les masses
allaient se ruer vers cles tendances et cles
cles hommes d'e&prit dictatorial. Au contraire, dans une fédération européenne,
les institutions libres cles divers pays pourraient etre garanties par l'autorité fédérale contre le manque éventuel de maturité politique cles peuples. Cette autorité
trouverait un frein implicite dans l'existence· cles corps intermédiaires vi.g oureux,
et l'échelonnement de& pouvoirs centraux
et périphériques assurerait la permanence
cles institutions libres dans tous les membres du corps européen. Les possibilités
les plus vastes et les plus diverse:s se présenteraient dès lors paur que la liberté aujourd'hui telkment meurtrie - puisse
entrer clan& les mreurs et s'épanouir.
UE
quiers s'est complètement discrédité. La
méfiance entre· le conservatisme et la démacratie est d ésormais tellement profonde
qu'entre eux le· « fair play » qui a caract érisé la vie politique· du siècle dernier
n'est plus possible. Chacun vise à la destruction de l'autre. 1 )
En rejetant la solution cles conservateurs-libéraux parce qu'elle est devenue
irr éalisable, nous ne fermons nullement
les yeux devant les dangers inhérents à la
dérnacratie, mais nous comprenons que le
remède doit etre cherché dans les institutions démocratiques elles-memes en renonçant à vouloir restaurer de!'. édifices
définitivement écroulés.
Dans un cadre démocratique, la liberté
ne peut etre garantie solidement et préservée dans la mesure du possible contre
l' )nexpérience et les mouvements irréfléchis cles peuples, et en meme temps contre
les gouvernants, que parla fondation d'institutions dérna cratiques, non pas unitaires
ma is Udérales. Les premières gardent le
principP- cles fonctior.s étatiques virtuellement illimitées et dég,énèrent facilement
en tyrannie·, particulièrernent dans les
époques de crise telJe que· la nOtre. Les
secondes se· basent sur un système de corps
politiques autanomes et sur la limitation
à la fois cles fonctions du pouvoir centrai
et cles pouvoirs fédéraux, de telle· façon
que la liberté dont les citoyens isol és ne
jouissent à présent que de· façon fort précaire· se:rait garantie presque automatiquement par le jeu cles divers carps politiques ; chacun de ces organismes serait,
par sa nature propre, démocratique, e·t
dans chacun d'eux les tendances despotiques pourraient etr·e contre·-balancées par
d'autres pouvoirs.
Une solution conservative, pas plus
qu'une solution fédéraliste, ne peut etre
construite à priori simplement par amour
d'une· idée. Pour la réaliser, il importe que
les intérets locaux et généraux qui alimenferaient une vie po.Jitique vigoureuse aussi
bien au centre qu'à la p ériphérie de la
fédération existent réellement. Quand un
Etat est déjà centralisé camme le sont les
principaux Etats européens, la tentative
de le transformer en Etat fédéral se heurte
à cles difficultés énormes. Evidemment, il
ne faut rien négliger pour réaliser un maximum de décentralisation et d'autonomies
locales. Mais, abstraction faite de cas
particuliers cornme celui de l'Etat yougoslave de formation récente et constitué de
groupes nationaux fortement attaché& à
une· large autonomie·, on ne peut guère s'at-
AH
se rendre compte que cles co·r ps autonomes capables de constituer un contrepoids efficace à l'autorité centrale ne
peuvent pas etre !'.U!'.cités par décret, mais
doivent se fonde.r sur un vigoureux e!>prit
d 'autonomie cles membre!'. du groupe luimeme. Les principaux peuples européens
- et il suffit de nommer l es F rançais, l es
Allemands et les Italiens - sont désormais habitués d'attendre de leur capitale
la sati~faction de leurs besoins publics.
L es seuls groupements fortement imbus
du sentiment de leurs intérets et capables
de tenir tete à la puissance de l'Etat unitaire sont aujourd'hui le!'. grands groupements d:'intérets économique:s organisé!>.
Ils sont l'équivalent moderne cles anciennes seigneuries féodales ~ foyers
d 'a.narchie et non de liberté. Une cles
taches principales de la démocratie de
d emain, et qui sera sans nul doute entreprise très radicalement, consiste dans
l'a bolition de ces groupements-là.
Il faut clone conclure que, dans les Etats
modernes trop centralisés et trop surchargés de· fonctions publiques pour que leur
activité puisse se concilier avec la liberté
politique, il n'existe: plus cles forces interne!'. a.ssez énergiques pour imposer les
limites nécessaires à l'autorité du gouvernement.
Enfin, pour comprendre pleinement les
difficultés d'une renai!'.sance démocratique, il faut savoir qu'on ne peut pas compt er sur le p oids d e la tradition et d 'une
longue pratique libérale ni chez les pe:uples ni chez leurs gouvernements. L'habitude de résoudre les difficultés par les
m éthodes de la liberté manque à presque
tous les peuple!'. du continent, et elle a
été a ffaiblie encore davantage par ces
trente· années de g,u erres et de· révolutions.
La grande misère- et l'incertitude de l'aven ir qui pèseront penda nt cles années sur
cles millions d'hommes ruinés et déracinés
constituerant, camme dans le passé, le terr a in le plus favorable pour la transformation de la démocratie en cé!'.arisme.
Paur surmonter ces difficultés, les libér a ux traditionnels voudraient r établir
I'ancien équilibre entre les forces démocratiques d'une part les institutions et
groupes autoritaires de l'autre {monarchies, aristocraties teniennes et industrielles, castes militaires) . En effet, au
cours du t9e siècle, la liberté politique
s 'était fondée en grande partie sur un tel
équilibre. L'élément autoritaire n'était plus
assez fort pour étouffer les libertés populaires et les forces démocratiques qui
devaient a ffronter et ronger c es positions
de privilège ne pouvaient pas encore manifester le dangereux césarisme qu'e:lles
contenaie.nt dé jà en germe.
Mais l 'espoir d 'une solution semblable
n 'est plus basé à présent que sur une
sorte de pieux souvenir où il n'est pas
tenu compte· cles ruptures irrémédiables
qui se sont produites dans le monde politiques de· no·tre continent. Les institutions
et le!'. classes conservatrices cles différents
pays européens, se sentant sapées par les
succès du principe démocratique, n'ont su
ni voulu défendre les constitutions libres
et légitimes contre les usurpations totalitaire!'. et ont noué une alliance avec les
dictatures fasci!'.tes et nazistes de leur
propre pays ou de l'étranger. En Italie,
en Allemagne, en Espagne, en France, en
Yougoslavie, en Roumanie et ailleurs, cette
capitulation s'est produite• sous cles formes
et dans cles com.tellations historiques différentes. Dans tous les cas, le r ésultat a
été que le conservatisme européen, avec
ses rois, ses généraux, ses grands propriéta.ires, ses gros industriels et ses han-
1 1 L'An gleterrc et les Etats-U"is n'ont pas vécu cette
' rupture ~t cela ex pliqu e mieux la difficulté qu'ils ont à
comprendre aujo urd'hui le s exigences de la démocratie
com battante europée nne a in si que les véritabl es erreurs
psychologiqu es qu'ils ont commises dans presque tous !es
pays europé ens en voulant s'appuye r sur !es forc es conservatrices dans l'illusion d e travailler a insi pour la démocrati e. Il est si gnificati! que l'U. R.S.S, au conlraire, ait
comp.ris be aucoup mieux ce qui s'e st produit dans !es
pays d'Euro r e bien qu'elle n'ai! aucune compréhension
véritable de leurs exigences démocratiqu es.
Fédéraliste.
CHRONIQUES
Lettre d'Angleterre: Un mouvement fédéraliste au sein
du Parti travailliste anglais
Dans le Parti travailliste anglais, la
conscience d'une solidarité du destin européen a beaucoup augmenté depuis la
guerre et s'est produite par ce mal du major Attlee : « Europe must federate or perish >> (l'Europe doit se lédérer ou périr).
C'est avant tout le Socialist Vanguard
Group qui a concrétisé ce courant << européen >> et qui en a étudié !es problèmes.
Dans ce but, le Socialist Vanguard Group
a conv6qué des congrès internationaux. Au
congrès d' avri[ 1942 participèrent J el Rens
5
HA
EU
1
En février 1944, le Group·e d'AvantGarde lui-méme a publié dans la revue
« Socialist Commentary » un rapport remarquable, tendant à provoquer une discussion immédiafe au sein du Parti travaillisfe sur !es buts de guerre. Ce rapporf
conclut ainsi :
Nous savons tous que, en Angleterre, les forces qui ont favorisé et
soutenu l' agression fasciste con tre l es
classes ouvrières d'Italie, d'Espagne et
d'AI.lemag,n e et qui firent tant pour
que revive le militarisme allemand,
sont très puissantes. Elles luttent auj ourd'hui pour maintenir leur autorité
et poursuivent une politique qui risque
d' entrainer la classe ouvrière internationale vers de nouveaux désastres,
Elles sont décidées à ifaire tout ce qui
sera en leur pouvoir pour empecher
l'unification de l'Europe, parce que
6
EU
AH
UE
3. Il faut lutter contre les forces politiques et économiques responsables de la création des régimes
fascistes en Europe.
4. Il faut tout mettre en ceuvre pour
le désarmement immédiat et total
de l'Allemagne et la destruction de
toutes les assises sociales, polirtiques
et culturelles du nazisme, du militarisme et du racisme.
5. Il faut appuyer et soutenir la création d'une Fédération européenne
qui garantira aux peuples européens
l'abondance, !es libertés démocratiques et l'indépendance nat:onale
6. Il faut faire renaitre les syndicats
et les mouvements socialistes sur
le continent et confier la responsabilité de la création d'une nouvelle Europe à ,} eurs représentants
et à ceux des autres mouvements
de résistance,
7. Il faut encourager la nouvelle Eurape uni,f iée à jouer san ròle dans
la collaboration économique universelle et dans l'organisation mondiale de la paix.
8. Il faut agir pour tout cela en contact étroit avec 1les forces progressistes du continenrt et servir de lien
entre elles et celles de toutes les
autres parties du monde.
LETTRE OUVERTE
du Movimento italiano per la Federazione europea (M. F. E.)
au Comité français pour la Fédération européenne (C. F. F. E.)
Nous avons reçu tout récemment
la nouvelle de la constitution du Comité français pour la Fédération européenne et nous vous envoyons avant
tout le salut fraterne! du Movimento
italiano per la Federazione Europea.
Dans l'artiole sur le Mouvement fédéraliste ita.lien et dans les thèses approuvées au premier rassemblement
fédéraliste italien à Milan au mais
d'aoùt 1943, dont vous trouverez cijoint copies, vous pouvez voir que vas
idées et les nòtres sont identiques .
Ce qui nous a le plus frappé dans
votre. déclaration, et ce qui correspond pleinement à nos vues, est le
point 5 où vous dites : « Mais al or s
que des patriotes démocrates, socialistes, communistes pensent souvent
que ces buts do.ivent d'abord etre atteints dans cha·que pays séparément
et qu'en fin de compie surgira une
situation internationale dans laquelle
tous les peuples pourront fraterniser,
le Mouvement pour la Fédération européenne met en garde contre cette
illusion, L' ordre de ces buts esi exactement inverse ... La Fédération européenne est... le premier des buts que
doivent se fixer les éléments patriotes
démocrates, socialistes et communistes. >> C'est précisément dans ce renversement de l'or dr e des problèmes
politiques actuels que se distingue le
vrai fédéraliste de çe,l ui pour lequel
il ne s'agit que de rendre un hommage formel à une idée belle, mais
abstraite.
AH
ne do.it pas etre fondée sur des
Etats souverains nationaux.
2. Tout ordre européen fondé sur la
division de l'Europe en blocs
d'Etats ou en zones d'influence
serait une catastrophe.
3. Il faut consHtuer une fédération
pour assurer l'unité économique et
politique de l'Europe.
4. Cette fédéraHon européenne, pour
pouvoir garantir la coHaboration
pac:if.ique avec d'autres puissances,
doit réaliser un programme social
et économique qui devra se rapprocher du socialisme,
5. Un rég·ime hégémonique anglo-américain n'est pas dans l'intéret de
l'Europe ni de la paix future.
6. Une extension de l'actuel régime
russe ·à toute l'Europe ou à une
pamie .de celle-ci ne sera;it ' point
désirable.
7. Une Europe socialiste· représenterait la meiHeure garantie pour la
sécurité de la Russie.
8. Les socialistes continentaux voient
avec grand espoir les efforts des
socialistes britann:iques pour donner
le plus grand appui à une poliHque qui faciliterait la formation
d'une Europe progressive et unie.
Une collaboration étroite entre socialistes continentaux et socialistes
britanniques est souhaitable.
9. L'Angleterre, l'Amérique et la Russie auront une inJfluence décisive
sur l'organisation européenne d'après-guerre. Mais les Européens
memes, en élaborant en commun
leurs plans et en arrivant à la conscience de ,l 'uti'lité d'une action commune, pourront fair e valoir leurs
exigences et obtenir une position
capable de les faire considérer et
traiter camme des participants avec
des droits égaux. iLes socialistes
doivent tendre vers ce but, en augmentant leurs efforts · en faveur de
l'unité et de l'action socialiste.
HA
1. La future organisation de l'Europe
celle-ci entrainerait de profonds bouleversements sociaux qui porteraient
atteinte aux privilèges de leur classe.
De meme, chez nous, elles luttent
contre nous pour empecher que s'accomplissent les réformes essentielles
à la reconstruction d'après -guer:re,
Il y a eu cles moments dans l'entredeux guerres où le « Labour Movement » anglais, s'il avait poursuivi une
politique indépendante du gouvernement au pouvoir, aurait pu empecher
le désord:re des relations internaHonales qui a abouti à la guerre. Le
« Labour Movement » a aujourd'hui
pour taohe impérieuse et urgente de
mettre tout en ceuvre pour que soit
assuré l'avenir de l'Europe. La situation exige une direction ferme et des
conceptions audacieuses, ainsi qu'une
définition sans ambiguité de la politique à suivre, afin que les peuples
de tous ·les pays comprennent que leur
bien-e tre et leur bonheur à venir dépe ndent de l'unité de l'Europe, Les
points suivants doivent etre inclus
dans cette déclaration politique :
1. Il rf aut s'opposer au retour du régime des: Etats souvera:ins.
2. Il faut démasHuer tous les plans de
division de l'Europe en blocs ou
en sphères d':influence dépendant
de puissances en rivalité,
UE
pour la Belgique, Willi Eichler pour l'Allemagne, Bernard Drzewieski pour la Pologne, Louis Lévy pour la France, Paolo Treves pour l'Italie et Georges Green p·o ur
l' Angleterre. Les discours de ces orateurs
furent rassemblés dans un opuscule avec
!es déclarations suivantes en conclusion :
La meme constata·t ion, nous l'avions
déjà faite .dans notre manHes,t e du
mais d'aoùt 1941 quand nous écrivions:
« La ligne de division entre partis
progressistes et partis réactionnaires
n'est plus désormais la l:igne formelle
d'une démocratie et d'un sociallisme
plus ou moins étendus, mais une ligne
de division substantielle et tout à fait
nouveHe. D'une part, il y a ceux qui
conçoivent camme champ centrai dc
la lutte l'ancien ohamp, c'est-à-dire
la conquete et les formes du pouvoir
politique national. Ils feront - meme
involontairement - le jeu des forces
réactionnaires, en permettant que la
lave ardente des passions populaires
se solidifie de nouveau dans les formes nationales anciennes et que les
vieilles absurdités renaissent. D'autre
part, il y a pour ceux qui voient
camme tache centrale la création d'un
solide Etat international. Ils s'efforceront d'acheminer les forces p'opulaires vers ce but et, meme après
avoir conquis le pouvoir national, ils
l'emploieront avant tout pour réaliser '
l'unité internationale. >>
Le fédéralisme européen a quitté le
doma;ine des1 utopies. et peut commencer à jeter des racines parce qu'il
existe auj ourd'hui un terrain capable
de l'alimenter. Ce terrain est la résis-
plus grande popularité au détriment
de ceux qui sont effectivement plus
importants.
EU
HA
Certes, Ies peuples européens ne
seront pas seuls à décider de leur
sort. Le monde entier a été atteint
par les flammes qui se sont allumées
chez nous, et comme tous les principaux pays du monde ont contribué à
les étouffer, ils auront le droit d'exiger que l'Europe cesse d'etre la poudrière de l'humanité. Les peuples européens ne peuvent · pas repousser
cette intervention, et ne doivent pas
meme désirer la repousser, car ils en
ont trop besoin sous tous les rapports.
Toutefois après avoir pris les mesures immédiates pour la destruction
radicale du nazisme et du fascisme,
elles devront appeler à la tiìche commune de reconstruction sur une base
démocratique toutes les nations du
continent - en premier lieu les nations libérées, ensuite les nations
vaincues. Malgré toute apparence
contraire, le destin durable de l'Europe et de sa civilisation se trouvera
toujours dans les mains cles Européens.
Si ceux-ci voulaient et savaient entreprendre la création d'une libre
communauté cles nations du continent,
exempte cles germes de l'impér1alisme
et du militarisme, les grandes puissances mondiales . n'auraient pas de
motifs sérieux de s'y opposer et meme
si elles le voulaient, elles ne le pourraient pas.
Si, au contraire, les pays européens
se montraient désunis et incapahles
de dominer l'anarchie politique régnant depuis trop longtemps. clan~
ce.tte partie du monde, il serait alors
nature! que les grandes puissances
mondiales revinssent à l'ancienne et
fatale rpolitique d'équilibres, d'alliances et de sphères d'inifluence, pour
tenter de neutraliser les dangers qui
continueraient à subsister sur notre
continent.
UE
HA
EU
AH
UE
De cette situation découle la tàche
des fédéralistes. N ous ne pouvons
pas songer auj ourd'hui à créer un
parti fédéraliste, p arce qu'il n' aurait
aucune chance ·de rassembler autour
de lui cles forces populaires suffisantes qui comprendraient l'effective
priorité cles problèmes européens sur
les problèmes nationaux. Un parti,
c'est-à-dire une organisation faite
pour la conquete démocratique du
pouvoir politique dans l'Etat, présuppose l'existence de celui-ci. Tant
qu'il n'y aura pas d'Etat fédéral, et
par conséquent de lutte politique démocratique fédérale, il n'y aura pas
de parti fédéraliste. Auj ourd'hui, l es
oartis ne peuvent qu'etre nationaux.
L'expérience cles socialistes et cles
communistes, qui ont' plusieurs fois
dans leur histoire essayé de faire un
parti international, mais qui, par nécessité, sont toujours retombés au niveau de partis nationaux, nous le
démontre . .
C'est par un détour que nous pourrons surmonter cette difficulté. Chaque parti s 'occupe surtout de la politique intérieure, mais au moment où
il arrive au pouvoir il doit etre à
meme de résoudre aussi cles problèmes internationaux. Nous devons
clone constituer une ligue qui se propose de fournir à tout parti d'inspiration démocratique et progressiste
le programme de politique internationale. A chaque parti, à chaque
mouvement, nous devons indiquer
qu'il ne peut atteindre son but de
démocratie, de socialisme, de liberté,
d'indépendance nationale qu'en suivant une politique extérieure déterminée. Ce travail, que nous avons
tenté de faire en Italie, s'est révélé
prometi.ewr. S'il est poursuivi ailleurs, .
et surtout s'il est développé avec
succès en France, il risque d'avoir
une importance de tout premier ordre, car la voix de la France aura
sans doute plus d'autorité vis-à-vis
cles grandes puissances mondiales que
celle de tout autre pays. N ous pourrons alors etre presque siìrs d'atteindre notre but.
Les anciens schémas de la politique
extérieure européenne sont, en fait,
détruits. Les structures politiques,
militaires et économiques de tous les
Etats sont disloquées. Nous nous
trouvons en face d'une situation nouvelle dans laquelle les partis progressistes, délivrés de l'ancienne résistance que leur opposaient les diplomates
maintenant
chancelants,
pourront - s'ils sont suffisamment
convaincus de la nécessité d'une Fédération européenne réaliser ce
qui, dans le passé, n'était qu'une utopie.
C'est là, croyons-nous la tiìche
politique concrète du mouvement européen pour la Fédération européenne.
AH
tance cles peuples européens contre
le nazisme. Griìce aux Mouvements
de Résistance, on a enfin découvert
la solidarité qui unit les peuples
libres du continent : Jusqu'à présent,
cette solidarité était restée cachée
derrière les intrigues diplomatiques
et la politique extérieure cles alliances et de l'équilibre cles puissances.
On a découvert sa communauté de
destin, qui veut que liberté, paix et
progrès soient cles biens desquels
tous les peuples européens doivent
conjointement jouir ou que tous doivent conjointement perdre. C'est
parce que l'Europe a assisté indifférente, et parfois amusée, à l'agonie de
la liberté italienne, allemande, espagnole, tc~èque, qu'elle a perdu cette
liberté dans presque tous ses pays.
Aujourd'hui, Français, Yougoslaves,
Norvégiens, Polonais et tous les autres jusqu'aux Italiens qui sont
les derniers venus à la résistance,
mais dont les meilleurs ont été les
premiers dans la lutte contre le totalitarisme, jusqu'aux Allemands qui
sont morts ou qui languissent dans
les cachots, ou encore qui affrontent
dans le silence et l' obscurité, oresque
sans espoir, la Gestapo de Himmler
tous savent que leurs combats,
leurs défaites, leurs victoires sont
communes . Cette conscience, éveillée
par le sacrifice de millions d'hommes,
est la donnée fondamentale et primordiale de l'unité de l'Europe libre.
Que fai•re pour que cette conscience
ne s'end6rme pas rapidement après
la victoire et pour que chaque peuple
ne se renferme pas de nouveau dans
se:s limites nationales trad1tionnelles ?
Si nous observons les développements politiques qui se dessinent
dans l'intérieur de chaque pays, nous
devons constater que les caractères
qui distinguaient autrefois les partis
politiques, tout en s' étant atténués au
cours de ces années de lutte pour la
liberté, n' en subsistent pas moins
sous formè d'une· espèce de force
d'inertie de l'esprit. La politique militante est restée en arrière cles problèmes politiques réels et tend à regrouper individus et forces sociales
principalement - pour ne pas dire
exclusivement - selon les problèmes
de politique intérieure de chaque
pays, · c'est-à-dire d'une façon qui ne
peut avoir que cles conséquences néfastes.
Les peuples pressentent la solidarité européenne, mais ne connaissent
pas encore la voie à suivre pour la
réaliser. On ne peut pas leur en faire
grief puisqu'aucune institution internationale n'a jamais existé qui eut
pu leur faire acquérir cette nouvelle
vision politique. Or, tandis que les
p eu p l es étaient soumis à la sotte
propagande nationaliste et que les
rapports entre les nations étaient
uniquement confiés aux diplomates
de carrière, les partis qui sont faits
pour rallier les masses mettaient au
premier plan de leurs préoccupations
les problèmes qui jouissent d'une
C'es•t dans les mains cles Eur.opéens
que se trouve l'avenir de l'Europe. Si
dans les principaux pays de l'Europe
ne se développe pas une ferme volonté de se fédérer, personne n'achèvera pour nous cette tiì·che.
Nulle politique cohérente du f.édéralisme européen ne pouvant etre
effectuée s'il ne se forme pas un mouvement qui surpasse les frontières cles
nations (tout comme dans l'intérieur
de chaque pays il doit surpasser les
cadres cles partis), le mouvement
fédérahste italien a participé activement à la format:ion et aux travaux
du · centre européen fédéralis·t e dont
vous avez déjà eu cles nouvelles. Nous
vous invitons à y adhérer, en y apportant vos forces et votre autorité.
Dans l'espoir que les événements
nous permettront de nous rencontrer
bientòt, nous vous envoyons nos salutations fraternelles.
Aoiìt 1944.
Le Comité directeur
du M ouvement italien pour la
Fédération européenne.
7
le progamme international du Mouvement de libération nationale
(M. L. N.)
Le Mouvement de Libération nationaie a publié un manifeste-programme
dont le premier parragraphe que nous
reproduisons plus loin est intitulé
« Programme international », Le Mouvement de Ubération na-ti·onale est
le plus impo.rtanrt des mouvements de
rés1istance français. Il est né de la
Fédération des grands mouvements de
résistance suivants : Combat, FrancTireur, Libération, Défense de la
France, France au Combat, Lorraine,
Résistance.
Comme pour la déclaration du
C. F. F. E. la filia;tion ent.re le programme internationa l du M. L. N. et
le projet de déclaration du Comité
prov~s01ire e:st évidenlte. Le lecteur
s'en convaincra s,a ns peine d'autant
que les rédacteurs de la déclaration
du C. F. F. E. et du programme du
M. L. N. ont adopté la plupart des
formules importantes élabO'rées par
le Comité provisoire.
1
dons lutter pour la création d'une Fédération européenne, démocratique, ouverte
à tou!. les peuples européens, y compris
l'Angleterre et l'URSS.
3, Les Etats nationaux doivent se
fédérer et remettre à l'Etat fédéral commun : le droit d'organiser la vie économique et commerciale de l 'Europe i le
dmit d'avoir seui une armée et d'intervenir contre· toute tentative de rétablissement des régimes fascistes i le droit de
régler les relations extérieures ; le droit
d'adrninistrer ceux des territoires coloniaux qui ne sont pas encore murs pour
l'indépendance; la création de la citoyenneté européenne· en plus de la citoyenneté nationale. Le gouvernement de
l'Etat fédéral sera élu non par les Etats
nationaux, mais démocratiquement et directement par les peuples.
2. - En conséquence, considérant qu'il
est impossible de recon!.truire une Eurape prospère, démocratique et pacifique, sous la forme: d;'un assemblage
d'Etats !.ouverains, !.éparés par leurs
frontières politiques et douanières, considérant qu'une Société cles Nations conçue camme une ligue d'Etats souverains
ne peut etre· qu'un leurre, nOU!. enten-
Seule une telle fédération peut assurer
aux peuples d'Europe· la paix, la prospérité et permeHre un puissant essor
dans la voie du progrès économique et
de la démocratie véritable. Seule une
telle fédération peut, par son exemple
meme, entrainer tous les peuples de la
terre vers une organisation fédérale du
monde.
AH
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HA
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AH
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Messages fédéralistes
HA
Jacques Maritain
Dam le No 21, du 1er avril 1944, la
Quatrième République», hebdomadaire
paraissant à Alger, a publié un message
que Jacques Maritain a lancé à la radio
de New-Yo·r k :
«
« C'est vers l'idée d'une fédération des
peuples après la guerre que beaucoup
d'entre nous se tournent aujourd'hui. "Les
journaux de la Résistance sont favorables
à cette idée.
» C'est dans une organi&ation fédérale
que la France et le monde procéderont à
leur reconstruction après la guerre. Ce
n'est pas une idée simple. Elle peut trouver son application à cles plam variés et
campo-der cles modalités très différentes.
» On peut envisager plusieurs types de
fédérations :
» Le type le plus achevé est celui d'une
fédération politique: où les Etats se joignent, comme cela s'est produit aux EtatsUnis. La Sui&se, avec la réunion de ses
8
Thomas Mann
Le 29 janvier 1943, la radio de· Newy ork a transmis le discours suivant de
T homas M ann :
« Auditeurs européens ! Je m'adresse à
vous comme l'un des vòtre&; camme un
Allemand qui s'est toujours considéré
comme un Européen, qui a connu vos pays
et votre culture et qui a toujours été
profondément convaincu que lès conditions économiques et politiques de l'Eurape sont désormais périmées : cette division, au moyen de frontières arbitraire&
d'Etats et de souverainetés, a amené la
ruine· du continent. Pour moi, et pour
ceux qui pari:agent mes opinions, l'idée de
l'unité européenn.e fut toujours chère et
précieuse ; elle représentait quelque chose
de nature! pour notre pensée et pour
notre volonté. Elle était le contraire de
l'étroitesse provinciale, de l'égoisme mesquin, de la brutalité et de l'orgueil nationalistes i elle signifiait la liberté, la largeur de vues, l'esprit et la bonté. A présent le grand idéal de l'Europe a été
perverti et corrompu de façon effroyable· ;
il est tomhé entre les ma.ins du nazisme
qui, il y a dix ans, a conquis l'Allemagne
et a réussi, grace à votre désunion, à
subjuguer le continent tout entier. Cette
conquete du continent est présentée par
les nazis comme l'unification de l'Europe,
camme l'ordre nouveau, conforme aux
loi& de l'histoire. De tous les mensonges
de Hitler, le plus insolent est le mensonge européen, la perversion de l'idée
européenne i l'impudente interprétation de
ses brigandages, de ses pillages et de ses
crirnes camme une ceuvre d'unification
menée dans un esprit européen. Considérer l'esclavage, l'humiliation et la dévastation de& nations européennes comme
le moyen d'unifier l'Europe, c'est un grotesque dég,u isement de l'idée européenne.
Les Allernands de mon espèce voulaient
bien autre chose : Nous souhaitions que
l'AllemaJ!ne devint européenne. Hitler
Veut que l'Europe devienne allemande et non seulement l'Europe - il l'a baignée de sang; elle est submergée de misères, de malédictions et de haine comme
ia.mais aucune nation ne le fut sur toute
la terre.
UE
1. Faisant nòtres le!. d éclarations
essentielles de la << Chari:e de l'Atlantique '' • nous affirrnons que la vie des
peuples doit etre garantie par le respect
des pe:rsonnes, la justice sociale, la !.écurité et l'épanouissement autonome de la
vie nationale. Ces buts ne peuvent etre
pleinement atteints que si les peuples
s'intègrent dans une organisation fédérale mondiale. Mais cette tache immense
et de longue haleine ne peut etre abordée avec !.Uccès que si une solution décisive est d'abord appo-rtée au problème
de l'Europe, origine cles cataclysmes
mondiaux qui, périodiquement, dévastent le monde.
4.. - La Fédération européenne ne
s'oppose pas aux nations dans ce qu'elles ont de progressif. Les gouvernements
nationaux seront subordonnés au gouvernement fédéral lorsqu'il s'ag,ira de
questions intéressant l'ensemble cles Etats
fédérés. Mais les gouvernement& nationaux subsisteront et &e déve,l opperont
avec leurs lois particulières non contradictoires aux lois fédérale&, avec leur
autonomie administrative, linguistique et
culturelle.
5. Seule une telle fédération peut
extirper pour toujours le& causes du fasci&me et du racisme, en socialisant, à
l'échelle européenne, la grande industrie
allemande, en détruisant la classe cles
Junkers et la ca&te de!. officiers, en
permettant ainsi au peuple allemand de
se régénérer et de participer ensuite à
la vie européenne sans etre un danger
pour les autres peuples.
» Pendant cette période, la France aura
à exprimer son opinion et à exposer ses
solution&. Il impori:e que la France soit
dès maintenant sensible à ces questions. »
cantons, foumit un e·x emple analogue,
ain&i que la Russie avec ses républiques.
» Un second type est celui d'une fédération d'ordre économique podant seulement sur une base de vie matérielle des
peuples. Cette fédération a pour ròle de
contròler et d'organiser la vie matérielle
cles Etats qui la constituent. Un troisième
type de fédération e&t celui de l'ordre
culture! qui ne sous-entend ni unité politique ni un commun régime économique,
mais qui assure sou& des formes constitutionnelles la substance de l'héritage culture! du trésor intellectuel commun.
, On verra peut-etre un jour les Etats
consentir à abandonner une part de leur
sou.veraineté au profit d'une organisation
fédérale du monde. On peut regretter que
les buts de paix n'aient pas été dès le
è.ébut de la J!uerre fixés dans ce sens.
» L'idée fédérale parait seule capable
de résoudre des problèmes qui resteraient
insolubles en termes nationaux. Il est pro,_
ba.ble qu'après la victoire une lon~ue
période précédera les traités de pa.ix d'où
surgira la nouvelle organisation du monde.
» Le nazisme est à l'ouvrage contre les
peuples qui résistent désespérément, pour
faire de· l'Europe vidée, intellectuellement
déchue, un apanage de l'Allemagne dominatrice, un territoire annexé à peine peuplé de races clairsemée5, exploitées, rédu.ite à l'esclavage, sous un protectorat
a.llemand dan.s le sens le plus déshonorant
du terme.
» Sachez, auditeur·s européens, que le
monde entier, qui croH encore à la liberi:é
et à la dignité humaine, souffre avec vous
et ne· tolèrera pas ce tenifiant nouvel
ordre européen, ni ne permettra qu'il continue. Gardez votre foi et votre patience.
La véritable Europe sera créée par vousmemes, avec l'aide des puissa.nces libres.
Ce sera une fédération d'Etats libres,
avec des droits égaux, capables de faire
fleurir leur indépendance spirituelle et
leur culture traditionnelle, soumis en
meme temps à la commune loi de la raison et de la moralité : Une fédération
européenne dans le cadre plus vaste de
la coopération . économique cles nations
civilisées du monde entier. »
DIE 'JEGE DER I
Der Raho en des
T.ALI1!l~I SC LI!!TI~ 1
souver&~en
USSEUPOLI TIK.
Nationalstaates ist heute flir alle
euro:paìsche11 Lander zu eng geworden, m1d wenn die Volker nicht in
.L..isstrauen, :rn.ss 1L'11d dauernden Bruderzwisten ersticken vmllen, so
r.J.U ss endlich das Li ttel gefunden werden, dass uns von cliesen
'
verhangnisvollen Prokustesbetten befreit.
Obwohl es nun allerdings i ra g e meinsar:wn Interesse s.ller .Lander
J,!ìUSs
den-
UE
lieg t, zu einer foder al i stischen Losung zu gelangen , so
noch beahhtet werden , dass die politischen , okono nischen und kul-
AH
turellen .....o ti ve liRXx H:knz._eJare.N:x.MmuiRX d.i e in de n einzelnen Landern
uberwiegen , jeweil s verschieden getont sind , je nach der inter-
EU
nationalen Stellung der einzelnen .Lander und weil Gefuhle , Interessen und i m allge ueinen kosmo:politische und nationalistische
foderali sti sche
HA
Richtungen verschieden k o-biniert sind. Wenn daher eine wirksa:ne
~oli tiJc
ausgearbei t et werden soll , kann c· an si eh
und Folgen darzuwtellen ,
UE
nicht darauf besdranken , i !1.re
sondern es rauss gleichzei tig in jeder:,
e inzel~n en
Land eine euro:pa-
AH
ische foderalistisch e BewegLU1g ins Lcben gerufen werden , die ihre
' vurzeln in den gesfuldesten und lebensfahigsten Ubèrlieferungen
auf ~
diese v'l ei se kann fruchtbare
EU
des .J.Jandes sel bst be si tzt . Hur
Arbeit geleistet werden .
HA
Dass die europaischen Volker sich in einer }'oderation vereini -
gen mussen , i st wiederhol t und von vielen Sei ten gesagt worden·?
Da jedoch bis
jetz~
jedes- auch das }!ri ·· itivste- Organ einer
eruop8.ischen Volksvertretung fehlt , ist es unwahrscheinlich , dnss
sich von heute auf morgen eine eurp paische Konstituente versamueln wird ( in der Art wie eine nationale Konsti tuente zusatlP1entri ttl
welche die
~rundsatze
der europaischen Foderativstaates verfasst
und sie den einzelnen Nationen zur annahue vorlegt. Die
europ~-
i sche . t!'oderation kann nicht auf so einfache Art entstehen wie di ej enige der Vereinigten Staaten Ac erikas . Der \'/eg wird wahrscheinlich viel schwieriger wein. Es wird
foderalistischer
..
Eindungen gochEHx zwischen verschiedenen Staaten g eben, ·zo gernde
una. widerspruchsvolle versuchen die nationale Souveranitat zu
uberwinden.
Eine allgeu"ein zusti
ln~ ende
G-eisteshal tung fur das friedliche
Zusatmenleben der Volker kann ohne weiteres vorausgesetzt werden,
denn Blle haben die Vernichtungen gesehen und.
zu d.enBn die verschiedenen Anwendungen des
i terlebt,
Prin~ips
der unbe-
schr8.nkten Souverani tat gefiihrt haben. Weder di e r.1ili tar i sche
ichtangriffspakte no eh
UE
J..Lacht, no eh eli e neutrali tat, weder
des
AH
Bfind.nisse oder Fried.enswille haben die Lander vor d.em
Krieges bewahren konnen . Obwohl nuh zwat di e Volker r. i t einer
EU
gewissen Sympathie jed.e lillstrengung begrussen werden, die in der
Richtu.ng foderal.ististischer Ve reinigung liegt, werden sie jedoch
HA
den dazu notwendigen Schritten wit hochgradiger Gleiohgùltigkeit
folgen . Zu sehr werden si e ·i t den sohwerwiegenden Proble:''en des
UE
nationalen Wiederaufbaus besch'àftigt sein , und zu verbrei tet i st
d.ie Uberzeugung, dass die Aussenpolitik eine Angelegenheit ist,
AH
r:1i t der sioh nur di e Aussenn inisterien zu befassdsn haben , und i.iber
die der Biirger reichlioh viel sohwatzt, aber nioht einzuwirken
EU
suoht.
Ob die Arheit der Errichtu:ng einer eurppaischen :B oder ation gute
oder schlechte Ergebnisse zeitigen wird, hangt daher hauptsachlich
HA
l
von derr guten alillen, der Au.sdauer und der IQughei t derj enigen
1
ab, di e das poli ti sche Leben der einzelnen Volker besti mn1en
werden und di e kUhn in ihren Ini tiativen, ged.uld.ig in der l!;rwartung der
~gebnisse ,
gescluckt in der Uberwindung von Schwierig-
keiten sein uussen. Der Krieg hat in beinahe allen Landern des
Kontinentes die al ten Politiker disqualifiziert . Viel wird von
der Gei steshal tung der neuen .t,,_fu:mer abhangen , di e infolge der
poli ti schen Uraw8.lzungen heute an der S:pi tze der Volker stehen.
~
ielches der charakteristischen Thectata d.es poli tischen Lebens
der einzelnen Volker wird ui t grossteni Nachd.ruck aufgenoaw:en werd.en
3
/
Und r..ri t welch tieferen Absichten werden si e si eh entwi ckeln?
kratis chen politischen Lebens haben wir uns daran gewo).m.t, die
poli tischen Fragen al s Problem.en von .~.~~assenin teres·sen , l.lassen-
gefiihlen und .hassenbewegungen zu verstehen . Was nun aber die
Frage derjenigen Beziehungen betrifft , die sich zwischen den
einzelnen europaischen Staaten bilden werden , so befinden wir u11s
UE
hier Situation und Entscheidungen gegeniìber , die - obwohl es sich
u rn Dinge hn.ndel_i, die .~~..illionen .ulenschen betreffen - sich in
~ olitikern
befinden, die von der
AH
den Handen von einigen hundert
Kultur und der Oberlieferur1g ihrer Lander genahrt sind. Es
die posi tiven und
zu verstehn, in der
EU
Handelt sich darum, ko Lplizierte
ne~ativen ,
die zerbrechlichsten und fluchtig-
HA
sten Werte der nationalen Kultur in Erscheinung tretenf.. Nur
wenn es dieser poli tischen Eli te gelingen wird , internationale
UE
Inètitutionen de L1okratischen Charkkters zu erschaffen , werden
die Volker huropas jene
TEPPTWEF*m~~~
reprasentativen
~vù.nsc h en
Ausdruck geben konnen.
EU
ren
AH
be si tzen , dll.rch wel che si e auf direkte r1 Wege ihrer Sti r::h:.e und i h-
dir wollen es hier
HA
auf den Fall Italiens
~ersuc hen ,
~nzuwenden .
diese allgemeinen Be trachtungen
Niemand wird es ennsthaft be-
streiten konnen , dass Italien alles Interesse hat , ro1 einer le1okratis chen europais chen Foderation teilzunehmen.
Politisch ,Nfirde
es di e i t alieni s che Demokratie stiitzeno Ok ono r:1 i sch wurde es ge staaten , die ergiebigsten Produkt ionszwei ge zu bevorzugen , die
notwendigen auslandischen Ka11 i tale zu erhal ten, di e arbei tsam
Uberbevol kerung in
Le~der
sind. Der daxaus fol gende
zu schicken, die arm
XEX~
vermehrte
8~ 1~beitskraft
~ohl stand ~riirde
die
Durchfiihrung grossangelegter und wirksamer sozialer Reforoen erlauben? Kul turell vrurden di e unzàhligen Verbindungen
i talieni scher un d
~i el tkul tur
davon gefestigt werden?
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op:.r.-:-e Tj/ .:cu:Jt.\ GjGpAl!
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j.)GJA:f G 88iJ
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1~oti ven
Vorteilen verweilen , sondern den tieferen
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nach denen_, di e i t,~ùieni sche P ol i tll auf ge'"b au t se in r1us s ,- wenn ~i e
f8.hi g sei n s ol l , an einer
posi ti v
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ko ns tru}~ ti ven
eu ro:P··.i sche n P oli t ik
i tzu. rbei ten .
Obwohl
an heute n o eh nicht·
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•"aìfen· Einzel lle J.· te·1~1
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ssen
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wel c hes d.ie Steihlung It a liens ar11 Znde d.ieses t...r iegen sein wird , s o
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1'::ann si e à.oeh in ihren Grundzugen heu te schon ·,i t ziehlicher Ge-
nauigkei t abget_;renz t vverden . In die s er Katnstrop}1e , di e zwr'.r
AH
n i eh t di e ei nzi f; i st , di e uber das L an d in seiner vi el tn.ueena.j l:1.1'1ri gen Geschichte .... er ingebroc:1en sit , aber die crste , sei t dee1 sich
liation alstaa t gcfo r mt hat , ist alles was der italie-
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<'..1JJ~
das La:nd
natiol18len Einhei t .
HA
nische Staa t ersehaffen ha t , verloren gegr-mgen , alles ausser der
Es i st wnhrscheinli eh , ò_dss es an einigen I'unkten Grenzverschie-
UE
bungen ge ben wird , wel c h e auf deu 13 ewuss t se i n der lta.liener lasten
werden? Aher e:s kann si c h nu.r ur.1 ge ri ngfu e i ge Veranderun[fen in
AH
.uonen v on ge ·i s ch ten Bevolkerungen handeln . Dad ne e h t der I tBJ.le- ·
ner auf eine nationaJ_ 1e politische Struktur ist unbe-stritten. Die
wenigen
~vo c hen
111~ Sc~ee
- .............
eh bed.e u t samer
HA
l'lO
EU
Versuche , e inen nat ionalen ::ìeparatisniUS zu erwecken , sind in
seitens de r ~ro s ach~
an der Sonne zerscrl,.loi. zen .
s di e Anerkennung der nation.alen J:Jinhei t
ist Qle ~atsache, dass die Italiener
::1 elbst , die allen fasch i stisehen Versuchen gegenuber, den Krieg
der
~ch se
plotzlich bewiesen haben ,
als gerecht
dass s i e berei t sind , di e
schliln.;~ sten
Verf'olgungen 1ind die
unglei c hsten Kaupf :f'lir ihre nationale Befrei1u1g auf sich zu neh111en .
Alle die sogenannten antina2iionalen Krafte haben sieh al s Vorka..ipfer der Hation herausgestellt , und die wenigen verbl!iebenen
de s Ii'as eh i m:us , di e zwanzie J aJ1re Lang behauptet
h aben I tali en wer wei ss wel eh kx kai serli chen Ge schi cken zuzufUhren , haben s ich zu nandlangern deE Hazis r,lUS herabge\riirdigt ,
ohne irgendw elchex tiefere Verbindunc;
v~ i t
den eigenen Lande zu
"ha. o~
+n""'""'
~ ....
B 1 zona ,
jJO
'+4 .
4.
Caro Ernesto ,
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ho ricevuto.. ora la tua del l . -" . .~unle COl"'U.J.1icn.~
'.. ione di :i!:mt a.sJ,;etti "?
ue rìi ha 1lllèl1Clc1,to eolo 11.11 ~~it·lietto
con ~,~-.l u ti , ne h et :et~ d. !. t o anche un al tre per te , o in teng.i
ç:uesto 't - l{o avuto :poi st~iw:·_ttirta .:..1 secuente lJit:lietto 11° 2
che ti trascrivo e elle n.dol"' ....e·.
c lì e P a11 t l ' ha seri t t o
sab~ to 30 . I~C . 11 Cara U. • due ric;he :;)er dirti che ho vi r~t.o il
l'essL...ùs1.. 1, cile 'lUi le cose si L1ettono bene o rresto ti scrivo
Ji .J. ~, ltu1~o . ~: J.u ti tuo .rl. . u
0
ia .
[~vere
..1-clol.fo l~~ lettera 1)er tua ... 't::-·1,,.a e l·Pi lr .
~,n d\::. t o t
a :.x • .:> . e :e lo conferP.erà .
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f~.ra
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..,ui le barrlbj.ne hf-IJlllO ef·:'ettiv·-u.wnte l{ toese c'Uli·n·>.. e ne
soflo )reoccupat~~- :)er Di[U'Jt. . Ho u:n·:-. 'e:;·:zQic1cr-<. òi l...,ortPrl.,_ in
un 1IeiL! ~1er latt·!Jlti , forse a CoiYievrn , clovc t 1reb .e Pot+o
il controllo di -~villy Schwarz , :_;er cvi tc.re c"~-1e l"~re11de ·~J, cv1e
lei ~uestf. tosse , rolt·1 noiosa nei 11e_rabini così 'i~coli .
Cercn eli curarti bene . 0:pero che
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2) Situazione del Movimento di Liberazione. - E assai esteso, ma
sopratutto insufficentemente armatoo I comandi segreti militari si preparano per il momento della rottao Prima di allora non avrebbero forze sufficenti.
.
Nel campo politico, per iniziativa inizialmente del solo P. d'A. e poi
anche dei comunisti il C.L.N. ha comineiato a preparare in tut Ge l e
località i quadri per la formazione di organi provvisori di autogoverno locale, in modo che si troverà i mmes s a immediatamente nella vita
politica della nuova Italia, la nuova classe dirigente. Gl~ altri partiti dopo varie esitazioni hanno seguito. Il P od 1 A~o si ·é acquistaio
una notevolè influenza per la chiarezza con cui ha impostata la cosa.
Ora anche i comunisti hanno corninc~ato una forte propaganda per la
"democrazia progressiva .. , come la chiamano loro.
E questo il compito p o ~iti90 più importante del momento e si é venuto formando senza voler~ 1 proposito ,. una spece di alleanza politica fra comunisti e Pod 1 Ao ,;
.~
Il blocco delle sinistre~ d~~ · resto scomparso anche a Roma- non funziona più o Il P.d•A. se ne ~~awantaggiato, perché nel blocco comunisti e socialisti votavano sèmpre insieme e il Pod 'A; aveva poi le mani legate rispetto agli altri partiti . Ora esso é libero di manovrare
con qualsiasi partito ed ha immediatamen~ e acquist a to più autorità anche presso i comunisti. I socialisti sono sempre molto classisti a
parole e molto inconcludenti in praticao Gli amici di qui mi hannox
detto ripetutamente che é assolutamente senza senso parlare di necessità di andare d 8 accordo con i socialisti e con i comunisti. Bisogna
scegliere o gli uni o gli altri perché loro stessi non vanno d 1 accordoo
In via di fatto é fraquentissimo che i socialisti facciano blocco con
i moderati contro comunisti e P od'A.
HA
......
EU
AH
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3 Ottobre l f
Carissimi
Vi scrivo le mie impressionio pu~ darsi che dei dettagli siano errati,
ma il quadro complessivo deve essere giusto .
l) Repressi~ne fascista - Recentemente ha colpito abbastanza dura~
mente uffj_vi e recapiti. I quadrm politici del1.a resistenza sono per<!> rimasti sostanzialmente salvio La repressione é caotica e saltwa-riao Ci sono 5 oi: 6 poli zie in rivalità fra loro o-. Quella vera 1 di San
Fedele, ove c'é ancora una sezione dell 1 0vra, si occupa solo del mercato nero. La polizia di Koch, quella della banda Muti , quella delle
s.s. agiscono a casaccio, senza metodo e ostacolandosi a vicenda.
Ad esempio il giorno stesso del miq_atrivo qui, la Huti ha invaso la
sede della Koch (in via Paolo Uccello) .. ha arrestato i sevizia tori e
tratta ora benissimo i prigionieri , che se ne stanno in sedie a sdraio
e vedono i loro seviziatori messi nelle camere lugubri «.ove erano stati prima loro . Fra la polizia di Koch e il C.L.N. erano state avviate
trattative per la liberazione dei prigionieri. I fas cisti volevano
promessa l'impunità e la cessazione di azi oni terroristiche rino a
liberazione avvenuta . Noi non abbiamo potuto accettare. Il CoLoNo é
disposto solo a scambio di- prigionieri , ma non p ossiede ostaggi abbastanza importanti. Naturalmen~e di queste cose é bene non parlare
perché zono ancora in corso e ne pu~ andare della vita di prigionieri .
A Milano hanno steso reticolati e preparato nidi per mitragliatrici
in molti luoghi. Sembra che siano i posti ove i fascisti e i tedeschi
si vorrebbero asserragliare per difendersi da una eventuale rivolta
popolare, nel momento della rotua 1 per salvarsi la pelle e consegn~r
si poi agli inglesie
3) Situazione interna del Pod'A. - Il riassunto del congresso di
Cosenza delle Sezioni meridionali del Pod 1 A. di cui riceverete presto
il testo riporta to sul giornale di Napoli " L'Azioneu mostra un con-
HA
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grasso quanto mai confusionario . Omodeo e
lfa hanno tentato di
1mporr al congresso di oceup rsi dei problemi concreti della si uazione italiana. I loro discorsi sono stati i più
nsati . a
o
impostato tutto in modo insui'ficent • La
lfa si é preoccupato d1
presentare un uni oo partito del alvaro alla Cost1tuent • modeo do po alcune cicalate roc1ane ulla lib rtà .. ha easo in guardia
contro 1 1 impr parazione no tra di front
1 zproble
di domani.
Comunque entrambi non sono stati a coltati dai congr s 1 ti oh h
no fatto girar 1
ini a vento della oratoria
han parlato di r1volutt1on 1 liberalismo, ooiali mo ecc . eco
si sono o cup ti non
d i compiti
l Partito,
di definir la n tura el Partito .
é venuto fuori l'ordine d l
gio o Lu su, Oomandtni, Garo ci,
oditzka e numero 1 altri 1
cui i dichiara ehe 11 P. d' • é . oeia11sta nt1total1tario , lib rale autonomista , che vuol due s ttor1
n 11 t economi. 1 eh vuole poi controllar anoh qu llo libero,
he
vuol soe1a11zzar tutta~ la grande industria, banca, comm roio {l )o•
1 compagni con cui h potuto finora parlar d1 approvano compl am nt · la damago 1a di que to oongr
o, nonché l'a s nza di dao11o
d mocra t1 a d1 La
lfa
di
odeo. Perc1~ si é p nsato di
pr parar un p og tto 1 piano di lavoro. con cui 11 Pod ' • 1 pr t ra do ni chi d ndo che ttttto il partito lo approvi . Gi V n tl, Toscani ed alt 1, a vano oomin i ato a fare prog tti 1milio Oecorr non sp r rs1 in mille inizi tiv • Io ono t ato inca rica to i
r di er il prog to, che é tato g1 d1scu so d approvato da alcuni dei principali compagni e eh pres te r emo allo es cutivo, ov
a ai probab11 che arà
olto .
s do stato io 11 redattor non
ho bi ogno 1
porvi 1 punti
nziali ( ul problema int r.n zionals , su qu llo 1stltuz1on l
su qu llo cono co soci le ,
u qu llo
1 ia ti o ), perché g1 oonoso t 11 mio pen 1 ro . Vi d1r
olo he G1u pp 1 11 g
lo
rdo
qu llo col
nto lungo h é
ato con
1b1co in car er ,
h é p 1 t t o al no tro eonv gno
t d ralista - tu t1 tr d 11 t
ut1 o &l ta I t 11 1 1 hanno appro•
to compl t ent •• Ora parleremo anche con gli altri e sp rla o
d1 giung r p:re to a una conolusio •
I er1ool1 d l nostro partito · ono og 1, in primo luogo, un
rto
1 t nt nazionali o, di or1g1n repu bl1can che s1 fa sentir
1 a
ri t •
eh non manca 1n ne una altra o1 t t a . Poi un
rto e tremi mo ociale v rb 1olo.
inf~
una 1 ione d lla lotd mo ~ratioa di do n1 come lott di olient le. Qu 111 oon cui ho
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ora parlato ono concordi n l dir che tutt t re quest tendenz
vanno t nute
v ram nt a frano.
urizio - con cui ho finora potuto parlare solo una mezz ' o
é assai vicino agli altri .
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