Lire les Cahiers de prison
d’Antonio Gramsci
Séminaire animé par Romain Descendre
et Jean-Claude Zancarini,
ENS de Lyon, Triangle, 2012
«Sollecitare i testi». Cioè far dire ai testi, per amor di tesi, piú di quanto i testi realmente
dicono. Questo errore di metodo filologico si verifica anche all’infuori della filologia, in tutte
le analisi e gli esami delle manifestazioni di vita. Corrisponde, nel diritto penale, a vendere a
meno peso e di differente qualità da quelli pattuiti, ma non è ritenuto crimine, a meno che non
sia palese la volontà di ingannare: ma la trascuratezza e l’incompetenza non meritano
sanzione, almeno una sanzione intellettuale e morale se non giudiziaria?
« Solliciter les textes ». C’est-à dire faire dire aux textes, par amour de ses propres thèses,
plus que ce que disent réellement les textes. Cette erreur de méthode philologique se vérifie
également hors de la philologie, dans toutes les analyses et tous les examens des
manifestations de la vie. Cela correspond, en droit pénal, à vendre à un poids moindre et en
qualité différente de ce qui avait été conclu, mais ce n’est pas considéré comme un crime, à
moins que ne soit évidente la volonté de tromper : mais la négligence et l’incompétence ne
méritent-elles pas une sanction, au moins une sanction intellectuelle et morale, sinon
judiciaire ?
Antonio GRAMSCI, Quaderni del carcere, Q6, 198.
Séminaire « Pensée politique italienne : Lire
les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci »
Séminaire animé par Romain Descendre et Jean-Claude Zancarini
Lire les Cahiers de prison tels que Gramsci les a écrits ne va pas de soi. Ce recueil
monumental de notes éparses d’une portée historique, politique, littéraire et philosophique
parmi les plus importantes du XXe siècle a été composé dans des conditions et sous une forme
telles que son interprétation représente aujourd’hui encore un défi, alors qu’une nouvelle
édition critique est en cours.
De façon compréhensible, mais peut-être en partie trompeuse, c’est essentiellement le
marxisme du Gramsci penseur de la « philosophie de la praxis » qui a longtemps orienté les
lectures de ses interprètes. Or s’il est, à l’intérieur de la tradition marxiste, l’un de ceux qui a
le moins pâti du double écroulement du « bloc de l’Est » et des idéologies communistes, si son
œuvre a nourri, à une échelle mondiale, la nouvelle historiographie qui s’est développée
autour des cultural, subaltern et post-colonial studies, bref, si elle demeure aujourd’hui
encore particulièrement stimulante, c’est notamment parce qu’avec une liberté intellectuelle
et une érudition hors du commun, Gramsci a su nourrir sa pensée politique d’une réflexion
historique exigeante inspirée par des traditions d’études particulièrement fortes en Italie. La
vigueur singulière de la pensée gramscienne semble tenir notamment à son refus de séparer
la théorie politique d’une réflexion sur les conditions historiques de possibilité et les limites
propres de la perspective révolutionnaire dans une conjoncture spécifique. Lire Gramsci,
c’est ainsi interroger avant tout sa méthode de travail et ses objets d’enquête.
Séminaire 2012 : Après deux séances introductives (9 et 23 octobre) qui ont été consacrées, à
partir des apports de la littérature critique italienne récente, au profil biographique et
historique de Gramsci et aux processus d’écriture propres aux Cahiers de prison, processus
qui impliquent une approche philologique des textes, nous avons commencé à analyser des
textes touchant quelques-uns des principaux concepts gramsciens (concepts politiques –
hégémonie, Etat et société civile ; guerre de mouvement vs guerre de position) dans le but de
mieux comprendre, selon une perspective diachronique, comment et à quelle fin ils ont été
élaborés (séances des 6 et 20 novembre et du 4 décembre). Dans un troisième temps (séance
du 18 décembre), nous nous sommes arrêtés sur les notions linguistiques qui sous-tendent une
large partie de sa pensée et le conduisent à placer les questions de traduction et de
"traductibilité" au cœur même de sa réflexion. Nous avons travaillé à partir de l’édition
critique italienne (éd. Gerratana, Einaudi) et de sa traduction française (Gallimard,
’Bibliothèque de philosophie’).
On trouvera dans ce document les notes collectives prises (à l’aide d’un titanpad) lors de
chacune des séances du séminaire 2012, suivies des textes de Gramsci qui ont été lus à cette
occasion.
SOMMAIRE
Eléments historiques et biographiques
Compte rendu de la séance du 9 octobre 2012 ; extraits en français de l’article La révolution
contre le Capital, 1917 ; lettre au CC du PCUS, octobre 1926 ; La question méridionale,
1926.
Une approche historique et philologique : écrire en prison
Compte rendu de la séance du 23 octobre 2012; photos de manuscrits des Cahiers (Q1 couv. ;
Q1, p. 1r et 1v. ; Q8, p. 1v. et 1r. ; Q8, p. 2 ; Q1, p. 2 ; Q20, p. 1 et 2 ; Q20, p. 17) ; extraits de
lettres de Gramsci (it. et fr.).
Hégémonie, rapports de force, Etat, société civile : une première approche des concepts
Compte rendu des séances du 6 et du 20 novembre 2012 ; textes : Q1, 44>Q19, 24, ital ;
Q13,17, extraits it_fr ; extraits en italien et en français de divers textes (dont La question
méridionale) et notes des Cahiers sur la notion d’hégémonie.
Intellectuels ; guerre de mouvement et guerre de position
Compte rendu de la séance du 4 décembre 2012 ; textes : Q4, 49-50>Q12, 1 (it.) ; Q12, 1 (it.
et fr.) ; Q6, 138 (it.et fr.) ; Q7,10>Q13, 24 (ital.) ; Q13-24 (it. et fr.) ; Q7, 16 (it. et fr.).
Langages et traductibilité
Compte rendu de la séance du 18 décembre 2012 ; textes : Q8, 208>Q11, 49 et tr. fr. de Q11,
49 ; Q11, 46-48_it et fr.
Séminaire Pensée politique italienne:
Lire les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci
Animé par Romain Descendre et Jean-Claude Zancarini
Un mardi sur deux, de 10h à 13h, à compter du 9 octobre, en salle R253 (bâtiment Recherche).
Dates: 9 et 23 octobre, 6 et 20 novembre, 4 et 18 décembre, auxquelles s'ajoutera une journée d'étude
en janvier, à laquelle nous inviterons des collègues italiens.
Après deux séances introductives (9 et 23 octobre) qui seront consacrées, à partir des apports de la
littérature critique récente [notamment des travaux philologiques et historiques italiens: Gianni Francioni
et Giuseppe Vacca], au profil biographique et historique de Gramsci et aux processus d'écriture propres
aux Cahiers de prison, nous analyserons au cours des deux séances suivantes (6 et 20 novembre) des
textes touchant quelques-uns des principaux concepts gramsciens: concepts politiques – hégémonie,
guerre de mouvement vs guerre de position, Etat et société civile etc. – et (si nous avons le temps de le
faire!) concepts historiques – Réforme, Renaissance, jacobinisme, Risorgimento…) dans le but de
mieux comprendre, selon une perspective diachronique, comment et à quelle fin ils ont été élaborés.
Dans un troisième temps (séance des 4 et 18 décembre), nous nous arrêterons sur les notions
linguistiques qui sous-tendent une large partie de sa pensée et le conduisent à placer les questions de
traduction et de "traductibilité" au coeur même de sa réflexion.
Nous travaillerons à partir de l'édition critique italienne (éd. Gerratana, Einaudi, 1975) et de sa traduction
française (Robert Paris [dir.], Gallimard, 'Bibliothèque de philosophie', 1983).
Bibliographie: voir la fiche bibliographique.
Séance du mardi 9 octobre 2012
Eléments de biographie [Romain Descendre]
(Notes prises par Camille, Amélie, Adeline, Martin, relues par RD et JCZ)
Togliatti [ Secrétaire général du PCI; premier éditeur de Gramsci avec Felice Platone,] dit en 1958, lors
du premier colloque international d’études gramsciennes :
«
« Gramsci fu un teorico della politica, ma soprattutto fu un politico pratico, cioè un combattente […]
Tutta l’opera scritta da G dovrebbe essere trattata partendo da [questa] considerazione, ma è compito
che potrà essere assolto soltanto da chi sia tanto approfondito nella conoscenza dei momenti concreti
della sua azione da riconoscere il modo come a quei momenti concreti aderisca ogni formulazione e
affermazione generale di dottrina, e tanto imparziale da saper resistere alla tentazione di far prevalere
false generalizzazioni dottrinarie al nesso evidente che unisce il pensiero ai fatti e movimenti reali»
Gramsci fut un théoricien de la politique, mais surtout un praticien de la politique, c’est-à-dire un
combattant. Toute l'oeuvre écrite de Gramsci doit être traitée en partant de cette considération... Bref,
lien nécessaire à établir entre pensée et fait réel/mouvements du réel. Il y a toujours une chronologie
précise dans son écriture, avant et après son incarcération.
Gramsci naît en 1891 en Sardaigne. 4ème enfant d’une famille de 7 de la petite bourgeoisie provinciale ;
père funzionario del registro (= fonctionnaire fiscal) ; s’occupe de tout ce qui est la collecte des impôts
indirects. Vit dans des conditions pas faciles, enfance compliquée par deux choses : il a une maladie de
croissance (il va être rapidement bossu, petit, il a du mal à avoir des activités physiques ordinaires); son
père est accusé de malversation dans le cadre de son travail et emprisonné, mais on ne dit pas aux enfants
qu’il n’est pas là pour ça. Enfants élevés par la mère, contexte économique difficile etc., obligé d’arrêter
l’école, la reprend après (pression des instituteurs)
Arrive jusqu’au lycée à Cagliari (1908-11), où il vit avec son frère Gennaro, secrétaire d’une section
socialiste. Dès les années de Ginnasio (collège), il a des influences politiques fortes à la fois socialistes et
régionalistes qu’il gardera lorsqu’il partira à Turin. Il y va grâce à une bourse donnée par une institution
turinoise (1911) en même temps que Togliatti. Se spécialise en glottologia (linguistique historique et
dialectologie) et veut faire sa thèse avec le linguiste Bartoli (université de Turin) sur des questions liées à
l’histoire du sarde. Mais suit aussi des cours de philo, histoire, économie, droit, et littérature. De 1911 à
1915. Mais arrête à plusieurs reprises (raisons de santé et de situations financières catastrophiques)
A partir de 1913 commence son activité auprès des groupes socialistes (ouvriers-étudiants ;
caractéristique turinoise = liés au PS mais pas chapeautés directement) et devient journaliste et vit de sa
plume : on compte plus ou moins 2000 articles selon Vacca, dont 80% ne sont pas signés. A partir de
1915, d’abord dans le journal socialiste (dirigé à l’époque par Mussolini) L’Avanti puis dans Il Grido del
popolo. Se trouve à Turin tout au long des années de guerre.
1917 : Soutien à la révolution russe qu’il suit depuis le début. Il fait partie de ce qui est appelé de façon
non officielle mais courante la fraction non-révolutionnaire du PSI. Publie au mois de décembre un texte
célèbre : « la révolution contre le Capital » dans lequel la cible est le matérialisme mécaniste, le
déterminisme jugé trop mécanique et typique de la deuxième Internationale (il écrit que« Le Capital de
Marx était en Russie le livre des bourgeois plus qu’il n’était celui des prolétaires…. »). Il s'agit de réfuter
tout ce que le "marxisme après Marx" comporte de « scories positivistes » (terme de Gramsci). Retour à
l'esprit des textes de Marx. Ce texte fait montre d’un fort volontarisme et du refus du dogme.
Années décisives : 1919-1920 (il biennio rosso), celle de la création de L’Ordine Nuovo (rassegna
settimanale di cultura socialista). La question de la culture est posée dès le départ comme centrale (de
celle dite aristocratique à celle populaire) [Un grand nombre d’articles de Gramsci sont purement
culturels : critiques théâtrales et littéraires] ; mot d’ordre qui s'adresse au prolétariat de Turin : «
Instruisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre intelligence. Agitez-vous parce que nous
aurons besoin de tout votre enthousiasme. Organisez-vous parce que nous aurons besoin de toute votre
force »
En dépit d’un succès et d’un prestige important, cette revue est diffusée essentiellement à Turin. Gramsci
théorise et diffuse l’idée des conseils d’usine comme centres de la vie prolétaire. Pas que Gramsci :
Palmiro Togliatti, Angelo Tasca, et d’autres. Question de la création des conseils d’usine importante à un
moment d’intense mobilisation sociale. Année "rouge", surtout à Turin. Création de conseils d’usine avec
élection par les ouvriers de commissaires, idée développée par l’Ordine Nuovo.
Donc avril 1919 : échec de la grande grève des métallurgistes turinois (> 200 000) qui ne réussit pas à
avoir d’extension nationale, et n’est pas soutenue ni par le PSI ni par les Syndicats (syndicat socialiste et
CGL) Expérience de démocratie prolétarienne forte. Concrétisé dans une de ces expériences militantes
et révolutionnaires qui marquent les gens à jamais et qui va rester une référence fondamentale avec l’idée
que le travail politique est d’abord travail culturel : rapport entre la classe intellectuelle et la classe
ouvrière. + le fait que dès cette expérience, travail sur le lien entre ouvriers et paysans, et que le monde
paysan, des ouvriers agricoles doivent participer au mouvement révolutionnaire
En novembre 1919, on assiste à une victoire nette des socialistes aux élections. Ce sont les premières
élections à la proportionnelle en Italie (où le suffrage universel masculin existe depuis 1913). Mais c’est
une victoire paradoxale car le PSI est plus divisé que jamais. Ce sont les maximalistes (le centre) qui sont
majoritaires dans le cadre du PSI.
Autres fractions : réformistes à droite, et intransigeants, à gauche, dont fait partie Gramsci. Au sein des
intransigeants il y a deux fractions importantes : l’Ordre Nouveau et la figure d’Amedeo Bordiga qui
vient du sud de l’Italie et qui s’oppose de façon radicale non seulement à la majorité du PSI, mais même
une fois que le PC est créé, au mot d’ordre du front unique qui provient directement du Kominterm, dont
Gramsci va être le représentant dans les années 1920. Bordiga est "abstentionniste" : il refuse de
participer au jeu parlementaire; il s'oppose aussi à Gramsci sur la question des conseils d'usine.
Ete 1920 : Second congrès de l'Internationale : Lénine approuve et cite Gramsci --> Bon choix de
concevoir la création de l'organisation politque ouvrière en partant des conseils d'usine et bon choix de la
position électoraliste (on doit participer au jeu politique du régime parlementaire) : "utilisation des
institutions bourgeoises de gouvernement en vue de leur destruction".
Déjà apparaît l'idée de la scission au sein du PSI (plus portée par Bordiga mais à laquelle Gramsci se
rallie au nom de l'unité des internationalistes) : idée de Lénine : faites la scission pour vous rallier après
(position TACTIQUE). Fusion des différents groupes des socialistes de Turin fin des années 20. Création
de la fraction communiste du PSI (Bordiga, L'Ordine nuovo, et autres membres).
Le PCd'I
Janvier 21 : congrès de Livourne du PSI : plusieurs motions mises au vote; la fraction communiste est
mise en minorité (un peu moins de 60 000 voix, les "communistes unitaires" (les anciens
"maximalistes"): 100 000 voix).
Les premiers créent le PCd'I (parti communiste d'Italie) section de la Troisieme internationale; Gramsci
est membre du comité central).
4 décembre 1921 : le comité exécutif de l’Internationale communiste publie ses thèses sur le « front
unique du prolétariat », pour la « conquête de la majorité du prolétariat » (et L’Ordine Nuovo publie
l’appel pour le front unique). Dans les Q [Q7, 17], en 1930, G interprètera ainsi ce moment : Lénine «
aveva compreso che occorreva un mutamento dalla guerra manovrata, applicata vittoriosamente in
Oriente nel '17, alla guerra di posizione che era la sola possibile in Occidente ». (Lénine avait compris
qu'il fallait un changement, de la guerre de manoeuvre, appliquée victorieusement en Orient en 1917, à
la guerre de position seule possible en Occident).
Dans le cadre de la montée du fascisme, le PCd'I est divisé sur le mot d'ordre de "front unique" : Bordiga
est contre. Ceux qui soutiennent le front unique (dont Gramsci) sont minoritaires. En mars 1922, le Parti
Communiste réuni à Rome publie les thèses de Rome dans lequelles le Parti communiste refuse
officiellement le front unique. Gramsci est donc en minorité. Il commence déjà à réfléchir à la question
de la réunification du PSI.
En mai 1922 Gramsci part à Moscou. Mais il tombe malade. Il rencontre à cette occasion les soeurs
Schucht (Eugenia et Giulia), les filles d'une famille russe aristocratique déclassée. Il rencontrera plus tard
la troisème soeur, Tatiana (ou Tania) qui sera sa principale correspondante pendant les années de prison.
Eugenia et Giulia sont des membres du parti, actives, elles sont dans les offices du renseignement
politique. Proximité politique et amicale du père avec Trotski et Lénine. Gramsci se mariera avec Giulia,
rapport également politique et pas seulement sentimental.
Fin octobre 1922: marche sur Rome. Mussolini devient chancelier, nommé par le Roi Victor Emmanuel
III, le 29 octobre.Témoignage de Trotski de 1932: Gramsci était un des seuls à saisir le fait que ce régime
allait devenir une dictature.
4ème congrès de l'Internationale Communiste de novembre - décembre 1922: la fusion du PC et du PSI
est ici décidée. Mais elle n'aura pas lieu car Serrati est arrêté, que les majorités des deux partis ne le
veulent pas et que la clandestinité ne rend pas la chose possible.
En 1923 le PC est entré dans l'illégalité de fait. Bordiga est en prison. Il se prononce publiquement contre
les décisions de l'Internationale. Gramsci refuse de signer cet appel de Bordiga, car il défend les positions
de l'Internationale.
En septembre 1923, il envoie depuis Moscou une lettre au comité exécutif du parti, avec la volonté de
publier un nouveau quotidien, mais qui ne soit pas conçu comme quotidien communiste, qui doit
s'appeler l'Unità, et prône l'unité de tous ceux qui se reconnaissent ds la 3ème internationale, i.e. non
seulement communistes mais aussi socialistes appelés "terzini" (cf Livourne : les maximalistes s'y
reconnaissaient) = union au niveau politique. Mais aussi et surtout l'union, au niveau sociale des
prolétaires et paysans pour la révolution. Titre complet: "L’Unità. Quotidiano degli operai e dei
contadini" (1er n° en fév. 1924)
Fin 1923 : Gramsci envoyé à Vienne par l'exécutif du Kominterm pour diriger le PC de l'extérieur.
Janvier 24 : mort de Lénine. Gramsci était présent à Moscou au moment où les conflits de succession font
rage.
Il rentre en Italie après avoir été élu député en avril 1924., il est à Rome en Juin. Assassinat de Matteotti :
grosse crise, permet aux oppositions de tenter de s'organiser (sécession de l'Aventin (c'était sur cette
colline que les plébeiens se retiraient quand ils s'opposaient au patriciens, au temps de la république
romaine): les oppositions refusent desiéger au Parlement). Mais Mussolini et les fascistes réagissent en
durcissant la dictature.
Gramsci, avec les autres députés communistes, est à l'origine de diverses initiatives pour réunir les
oppositions parlementaires au fascisme dans un anti-parlement, car les communistes pensent qu'il ne
suffit pas aux oppositions de refuser de siéger dans le parlement. Mais la proposition ne convainc pas pas
les autres partis antifasicistes et les communistes retournent, seuls, dans le Parlement où il mènent une
opposition active mais sans réel effet..
Les années de Gramsci à Rome sont aussi et avant tout celles de la prise du pouvoir de ce nouveau groupe
dirigeant sur le parti communiste: il réussit à gagner le parti. En janvier 1926 cela se concrétise au
congrès de Lyon. Victoire écrasante du nouveau groupe dirigeant guidé par Gramsci qui présente les
"thèses de Lyon" où est nettement mise en avant la nécessité de l'alliance ouvriers-paysans.
Il faut faire émerger le prolétariat comme classe dirigeante en s'appuyant sur la masse du prolétariat
organisé dans les conseils d’usine L'objectif final: unifier les masses anti-capitalistes à partir de l'alliance
avec les autres forces socialistes, et l'alliance avec les paysans.
La question de l'Eglise est fondamentale (dans son rapport avec les masses paysannes). La masse
paysanne potentiellement la plus révolutionnaire aux yeux de Gramsci est celle du sud. Gros travail
intellectuel et idéologique nécessaire (question de l'Eglise fondamentale par rapport aux paysans : elle
tient les consciences paysannes)
La question du rôle des intellectuels dans la création d'un consensus paysan ou ouvrier en général est
posée dans ces thèses. A son sens, les conditions ne sont pas réunies en Italie pour qu'il y ait une
insurrection révolutionnaire immédiate. Il faut réussir à obtenir l'assentiment des larges masses paysannes
car il n'y aura pas de dictature du prolétariat s'il n'y a pas au prélable une hégémonie politique avant
même la prise du pouvoir. Ce sera une idée centrale des Cahiers. Il la développe dans un texte écrit en
octobre 1926: Quelques thèmes de la question méridionale (Alcuni temi della quistione meridionale).
Il mène dans ce texte une analyse sur les structures sociales et les fonctions de la bourgeoisie
intellectuelle dans le sud de l'Italie. Il écrit : "La société méridionale est un grand bloc agraire constitué
de trois couches sociales : la grande masse paysanne amorphe et inorganisée, les intellectuels de la
petite et de la moyenne bourgeoisie rurale, les grands propriétaires fonciers et les grands intellectuels.
Les paysans méridionaux sont en effervescence perpétuelle, mais, en tant que masse, ils sont incapables
de donner une expression organique à leurs aspirations et à leurs besoins. La couche moyenne des
intellectuels reçoit de la base paysanne les impulsions nécessaires à son activité politique et idéologique.
Les grands propriétaires sur le plan politique, et les grands intellectuels sur le plan idéologique, sont
ceux qui centralisent et dominent en dernière analyse tout cet ensemble de manifestations. Naturellement,
c'est sur le plan idéologique que cette centralisation se fait avec le plus d'efficacité et de précision. C'est
pourquoi Giustino Fortunato et Benedetto Croce représentent les clefs de voûte du système méridional et,
en un certain sens, sont les deux plus grandes figures de la réaction italienne." (Ecrits politiques, vol. III)
Sur la question du fascisme: pour Gramsci et la direction du PCd'I c'est une question "subsidiaire". Dans
les thèses de Lyon, G. énonce que la victoire du fascisme est une conséquence de la faiblesse intrinsèque
des forces révolutionnaires (" La vittoria del fascismo nel 1922 deve essere considerata quindi non come
una vittoria riportata sulla rivoluzione, ma come la conseguenza della sconfitta toccata alle forze
rivoluzionarie per loro intrinseco difetto": la victoire du fascisme en 1922 doit donc être considérée non
comme une vctoire remportée sur la révolution mais comme la conséquence de la défaire subie par les
forces révolutionnaires du fait d'un défaut intrinsèque" La tâche des communistes est donc de développer
une ligne politique qui remèdie à ce défaut intrinsèque: la lutte politique interne (contre les diverses
"déviations") est donc considérée comme fondamentale et prioritaire dans la mesure où elle détermine la
façon de lutter contre le fascisme.
Positions hétérodoxes de Gramsci sur les luttes pour le pouvoir en Russie:
Lutte qui ne cesse pas entre Staline et les oppositions : Décembre 25,congrès du PC Russe impose le mot
d'ordre du socialisme dans un seul pays. Puis avril 26 : Trotski revient d'Allemagne : opposition se forme
entre Staline et Boukharine d'un coté, Trotski, Kamenev et Zinoviev de l'autre.
Staline impose à l'internationale que tous les partis communistes se prononcent sur l'alternative
Révolution permanente (Trotski) vs. Socialisme dans un seul pays (Staline).
Gramsci voit ces combats depuis Rome, et considère que c'est suicidaire. Il envoie une lettre le14 octobre
1926 au Comité Central du PC russe, au nom du PCI, pour dire que ces combats, ces divisions, ces
méthodes sont en train de tuer la révolution mondiale.
"Camarades, vous avez été durant ces neuf années d'histoire mondiale l'élément organisateur et moteur
des forces révolutionnaires de tous les pays : le rôle que vous avez joué n'a, dans toute l'histoire du genre
humain, aucun précédent qui l'égale en ampleur ni en profondeur. Mais vous êtes aujourd'hui en train de
détruire votre œuvre, vous dégradez et vous courez le risque d'annuler le rôle dirigeant que le Parti
communiste de l'U.R.S.S. avait conquis sous l'impulsion de Lénine ; il nous semble que la violence de
votre passion pour les problèmes russes vous fasse perdre de vue les aspects internationaux des questions
russes elles-mêmes, vous fasse oublier que vos devoirs de militants russes ne peuvent et ne doivent être
accomplis que dans le cadre des intérêts du prolétariat international. [...] Les dommages causés par une
faute commise par le Parti uni sont facilement réparables, les dommages que causerait une scission ou
un état prolongé de scission latente peuvent être irréparables et fatals."
Gramsci accuse Staline d'avoir des positions de type nationaliste, ou en tous cas de se replier sur des
positions russo-soviétiques, sans prendre en compte la question de la perspective des révolutions
mondiales. "Vous êtes en train de détruire votre oeuvre...".
Il s'agit, selon G., d'un reniement du léninisme (unité entre ouvriers et paysans) qui était la base sociale du
lien entre la révolution russe et la révolution mondiale.
Conflit très dur avec Togliatti : l'hétérodoxie de Gramsci avec les positions de l'Internationale sont
claires.
Arrestation, procès et prison
31 octobre 1926: attentat raté de Bologne contre Mussolini -> mise en place de mesures exceptionnelles.
Gramsci est arrêté le 8 nov. 1926. Il est envoyé en relégation. Il s'y retrouve avec Bordiga.
Le tribunal spécial pour la défense de l'Etat est créé en 1927 par Mussolini, avec la volonté de faire le
procès de ces communistes, un "grand procès" (le "processone") qui va démontrer la nouvelle puissance
du régime. A partir de janvier 1927, G est transféré et incarcéré à Milan dans la prison de San Vittore.
A partir de là les contacts avec l'extérieur se font grâce à sa belle-soeur, Tania. Elle est la seule à pouvoir
aller le voir de façon régulière, et à entretenir une correspondance régulière avec lui. L'autre interlocuteur
principal est un ami de Gramsci, Piero Sraffa, économiste à Cambridge et neveu du président de la cour
de cassation. C'est lui, principalement, qui sert de "courroie de transmission" entre Gramsci et le parti en
exil (Paris et Moscour), tout au long des années de prison.
G est transféré à Rome pour le procès en mai 1928. Le procès commence le 28 mai. Mots du procureur à
la fin du procès "Nous devons empêcher ce cerveau de fonctionner pendant 20 ans".
Dans un premier temps il était prévu qu'il soit condamné à la détention et pas à la réclusion criminelle.
Mais, en avril 1928, la recrudescence des activités d'opposition au fascisme ont entraîné des sanctions
plus forte de la part du régime, notamment contre les communistes.
La lettre de Ruggero Grieco (février 1928, avant le procès). Grieco fait partie du comité central du parti
communiste. Il envoie sa lettre en février 1928 depuis Bâle à Moscou pour qu'elle soit visée par le parti et
par les membres du parti russe chargé des affaires étrangères et notamment des relations avec les partis
d'Occident. Lettre adressée à Gramsci disant en gros que tout le parti le soutient et fait tout pour le libérer.
Elle est qualifiée par Gramsci de "lettre étrange". C'est la seule lettre de ce type que Gramsci reçoit en
prison. C'est le juge qui la lui donne en commentant "vos amis semblent avoir envie de vous voir rester
longtemps en prison..." Gramsci est persuadé que cette lettre est un coup fourré mené pour le maintenir
en prison.
cf. Lettre à Giulia, 30 avril 1928: Je ne veux pas écrire à l'étranger; peut-être m'y autoriserait-on, mais je
ne le veux pas, par principe. J'ai, par exemple, reçu récemment, une étrange lettre signée Ruggero,
qui me demandait une réponse. Peut-être la vie en prison m'a-t-elle rendu plus méfiant que ne l'exigeait
la sagesse normale; mais le fait est que cette lettre, malgré son timbre et le cachet de la poste, m'a
exaspéré [mi ha fatto inalberare].
Lettre à Tania, 5 déc. 1932: Tu te souviens qu'en 1928, quand j'étais en prison à Milan, j'ai reçu une lettre
d'un « ami » qui était à l'étranger. Tu te souviens que je t'ai parlé de cette lettre très « étrange » et je t'ai
rapporté que le juge d'instruction, après me l'avoir remise, ajouta textuellement : « Monsieur le député,
vous avez des amis qui désirent certainement que vous restiez longtemps en prison! ». Toi-même tu
m'as rapporté une autre opinion sur cette même lettre, opinion qui allait jusqu'à la qualifier de «criminelle».
Xe congrès de l'Internationale de juillet 1929: abandon de la tactique du front unique et identification de
tout ce qui n'est pas purement stalinien au social-fascisme. C'est le "tournant". La commission italienne
est ensuite réunie où toute la politique suivie par le PCI depuis l'assassinat de Matteotti est condamnée ( =
toute l'action de Gramsci). Le congrès de Lyon est renié en bloc. La nouvelle stratégie imposée est
l'insurrection immédiate dans un contexte de nouvelles vagues révolutionnaires. Togliatti et Grieco plient.
En 1930 Gramsci s'y oppose et propose comme mot d'ordre à ses camarades en prison la "Constituante"
(reconstitution du front unique, avec l'idée qu'il va falloir envisager une période transitoire démocratique
dans un régime démocratique parlementaire une fois que le régime sera tombé, avant de pouvoir prendre
le pouvoir, et nécessité de créer une Constituante réunissant toutes les forces anti-fascistes). Les
camarades communistes disent alors que Gramsci est de fait hors du parti. En novembre 1930, i.e. au
moment même du conflit entre G et ses camarades communistes en prison: première apparition dans les Q
du concept de "guerre de position" comme interprétation du processus révolutionnaire, qui s'oppose à
l'idée de guerre de mouvement : il affirme l'impossibilité d'envisager la révolution comme insurrection
généralisée et passage immédiat à la dictature du prolétariat.
En avril 1931, le 4ème congrès du PCI défend officiellement le "tournant" et condamne toute perspective
envisageant une phase intermédiaire entre le début de la révolution et la dictature du prolétariat. Au même
moment, Togliatti fait de Gramsci la figure du grand chef du prolétariat italien et international, d'un
martyr du communisme.
Entre 1929 et 1935, Gramsci rédige ses 33 cahiers de prison (à Turi, jusqu'en novembre 1933, puis dans
la clinique Cusumano de Formia. Affaibli par la maladie, il cesse d'écrire en août 1935, date à laquelle il
se rend dans la clinique Quisisana à Rome. Il est en liberté conditionnelle depuis le 25 octobre 1934. Il
est libéré en avril 1937 et meurt le 27 avril 1937 quelques jours après sa libération.
« La Révolution contre le Capital », décembre 1917 :
Le Capital de Marx était en Russie le livre des bourgeois plus qu'il n'était celui des
prolétaires. C'était, pour la Russie, la démonstration critique que devaient
fatalement et nécessairement se former d'abord une bourgeoisie, commencer une
ère capitaliste, s'instaurer une civilisation de type occidental, avant que le
prolétariat puisse même envisager de s'ébranler, penser à ses revendications de
classe, à sa révolution. Les faits ont débordé les idéologies. Les faits ont fait éclater
les schémas critiques à l'intérieur desquels l'histoire de la Russie aurait dû se
dérouler selon les canons du matérialisme historique. Les bolcheviks renient Karl
Marx, en affirmant, grâce au témoignage de l'action accomplie et des conquêtes
réalisées, que les canons du matérialisme historique ne sont pas aussi inflexibles
qu'on pourrait le penser et qu'on l'a pensé. Et pourtant, il y a une fatalité, même
dans ces événements, et si les bolcheviks renient quelques affirmations du Capital,
ils n'en renient pas la pensée immanente, vivifiante. Ils ne sont pas « marxistes»,
voilà tout. Ils n'ont pas compilé à partir des œuvres du Maître une doctrine
extérieure, faite d'affirmations dogmatiques, et qu'il ne s'agit pas de discuter. Ils
vivent la pensée marxiste, celle qui ne meurt jamais, celle qui est la continuation de
la pensée idéaliste italienne et allemande et qui avait été, chez Marx, altérée par des
scories positivistes et naturalistes. Et cette pensée reconnaît toujours comme plus
grand facteur de l'histoire, non les faits économiques bruts, mais l'homme, mais les
sociétés des hommes, ces hommes qui se rapprochent entre eux, se comprennent
entre eux, développent à travers tous ces contacts (qui forment la civilisation), une
volonté sociale, collective; ces hommes qui comprennent les faits économiques, et
les jugent, et les plient à leur volonté, jusqu'à ce que celle-ci se fasse l'élément
moteur de l'économie, l'élément formateur de la réalité objective qui vit, et bouge,
et devient une sorte de matière tellurique en incandescence qui peut être canalisée
là où il plaît à la volonté, et comme il plait à la volonté.
« Alcuni temi della questione meridionale », octobre 1926 :
Le prolétariat peut devenir la classe dirigeante et dominante dans la mesure où il
parviendra à créer un système d'alliances de classes qui lui permettra de mobiliser
contre le capitalisme et contre l'État bourgeois la majorité de la population
laborieuse, ce qui, dans le cas de l'Italie, compte tenu des rapports réels qui existent
entre les classes, revient à dire dans la mesure où elle réussira à obtenir
l'assentiment des larges masses paysannes. Mais en Italie, la question paysanne est
historiquement déterminée, ce n'est pas la « question paysanne et agraire en
général » ; en Italie, la tradition italienne déterminée et le développement
déterminé de l'histoire italienne ont fait que la question paysanne a pris deux
aspects typiques et particuliers : la question méridionale et le problème du Vatican.
[…]
Aucune action de masse n'est possible si la masse elle-même n'est pas convaincue
des objectifs à atteindre et des méthodes à appliquer ; le prolétariat, pour être
capable de gouverner en tant que classe, doit se dépouiller de tout résidu corporatif,
de tout préjugé et de toute scorie syndicaliste. Qu'est-ce que cela implique ? Cela
implique qu'il ne suffit pas que soient surmontées les divergences qui existent entre
les différentes professions et que, pour gagner la confiance et l'accord des paysans
et de certaines catégories paraprolétariennes urbaines, il est indispensable de
surmonter plusieurs préjugés et de vaincre certains égoïsmes qui peuvent subsister
(et qui, en effet, subsistent) dans la classe ouvrière en tant que classe, même
lorsque les particularismes de métiers ont disparu. Non seulement il faut que les
métallurgistes, les menuisiers, les ouvriers du bâtiment, pensent en tant que
prolétaires, et non plus simplement en tant que métallos, menuisiers, ouvriers du
bâtiment, etc., mais encore il faut qu'ils fassent un pas de plus, il faut qu'ils pensent
en ouvriers, en membres d'une classe qui tend à prendre la direction des paysans et
des intellectuels, d'une classe qui ne peut vaincre et ne peut construire le socialisme
que si elle est aidée et suivie par la grande majorité de ces deux couches sociales.
Si l'on n'obtient pas cela, le prolétariat ne deviendra pas la classe dirigeante et ces
couches sociales qui, en Italie, représentent la majorité de la population, en restant
sous la coupe de la bourgeoisie, donneront à l'État la possibilité de résister à l'élan
prolétarien et de le briser.
[…]
Dans un cercle plus large que celui, fort étouffant, du bloc agraire, ils ont obtenu
que la façon de poser les problèmes du Midi ne sorte pas de certaines limites, ne
devienne pas révolutionnaire. Hommes de très grande culture et de très grande
intelligence, issus du terroir du Midi traditionnel mais liés à la culture européenne
et donc à la culture mondiale, ils avaient tous les dons requis pour satisfaire aux
besoins intellectuels des plus honnêtes représentants de la jeunesse cultivée du
Midi, pour apaiser leurs inquiètes velléités de révolte contre les conditions
existantes, pour les induire à suivre une ligne modérée de sérénité clas sique dans
la pensée et dans l'action. Les soi-disant néo-protestants ou calvinistes n'ont pas
compris qu'en Italie, puisque les conditions de notre civilisation moderne
s'opposaient à toute réforme religieuse de masse, c'est avec la philosophie de
Benedetto Croce que s'est accomplie la seule réforme historiquement possible : la
direction et la méthode de pensée ont été changées, on a bâti une nouvelle
conception du monde qui a transcendé le catholicisme et toute autre religion
mythologique. En ce sens, Benedetto Croce a rempli une très grande fonction
« nationale » : il a détaché les Intellectuels radicaux du Midi des masses paysannes,
en les faisant participer à la culture nationale et européenne ; et, à travers cette
culture, il les a fait absorber par la bourgeoisie nationale, donc par le bloc agraire.
[…]
L'Ordine Nuovo et les communistes turinois, s'ils peuvent en un certain sens être
rattachés aux formations intellectuelles auxquelles nous avons fait allusion, et s'ils
ont par conséquent subi, eux aussi, l'influence intellectuelle de Giustino Fortunato
et de Benedetto Croce, représentent pourtant, en même temps, une rupture
complète avec cette tradition, et le début d'une nouvelle évolution qui a déjà porté
des fruits et en portera encore. Ils ont, comme il a déjà été dit, hissé le prolétariat
urbain au rang de protagoniste moderne de l'histoire italienne, et donc, du problème
méridional. Ayant servi d'intermédiaires entre le prolétariat et certaines couches
d'intellectuels de gauche, ils ont réussi à modifier, sinon complètement, du moins
sensiblement, la direction de pensée de ces derniers.
Lettre du 14 octobre 1926 au Comité central du PC russe :
Camarades, vous avez été durant ces neuf années d'histoire mondiale l'élément
organisateur et moteur des forces révolutionnaires de tous les pays : le rôle que
vous avez joué n'a, dans toute l'histoire du genre humain, aucun précédent qui
l'égale en ampleur ni en profondeur. Mais vous êtes aujourd'hui en train de détruire
votre œuvre, vous dégradez et vous courez le risque d'annuler le rôle dirigeant que
le Parti communiste de l'U.R.S.S. avait conquis sous l'impulsion de Lénine ; il nous
semble que la violence de votre passion pour les problèmes russes vous fasse
perdre de vue les aspects internationaux des questions russes elles-mêmes, vous
fasse oublier que vos devoirs de militants russes ne peuvent et ne doivent être
accomplis que dans le cadre des intérêts du prolétariat international.
[…]
tous les problèmes qui touchent à l'hégémonie du prolétariat se présenteront
certainement chez nous sous une forme encore plus complexe et encore plus aiguë
que dans la Russie elle-même, parce qu'en Italie la densité de la population rurale
est considérablement supérieure ; parce que nos paysans ont une très forte tradition
d'organisation, et qu'ils sont toujours parvenus à peser de façon très sensible de
tout leur poids spécifique de masse dans la vie politique nationale ; parce que chez
nous, l'appareil de l'organisation ecclésiastique a une tradition bimillénaire et qu'il
s'est spécialisé dans la propagande et dans l'organisation des paysans, d'une façon
inégalée dans les autres pays.
[…]
Les camarades Trotski, Zinoviev, Kamenev ont puissamment contribué à nous
éduquer à la révolution, il leur est arrivé de nous corriger très énergiquement et très
sévèrement, ils ont été nos maîtres. C'est à eux spécialement que nous nous
adressons, comme étant les plus grands responsables dans la situation actuelle,
parce que nous voulons être sûrs que la majorité du C.C. d'U.R.S.S. n'a pas
l'intention d'écraser l'adversaire dans la lutte et qu'elle est disposée à éviter les
mesures extrêmes. L'unité de notre parti frère de Russie est nécessaire au
développement et au triomphe des forces révolutionnaires mondiales ; tout
communiste et tout internationaliste doit être prêt à faire à cette nécessité les plus
grands sacrifices. Les dommages causés par une faute commise par le Parti uni
sont facilement réparables, les dommages que causerait une scission ou un état
prolongé de scission latente peuvent être irréparables et fatals.
Séminaire Pensée politique italienne:
Lire les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci
Séance du mardi 23 octobre 2012
Notes prises par Adeline, Amélie, Benjamin, Martin, relues par JC et Romain
Plan de la séance
1. Chronologie 1926-1937
2. Les Cahiers: comment ils se présentent (photos de l'édition en fac-similé des Quaderni);
3.Ce qu'on sait des modalités de leur écriture; ce qu'on sait de leur datation (d'après le livre de Gianni
Francioni, L'officina gramsciana, 1984)
4. Les éditions (Togliatti-Platone 1948-1951 ; éd. critique de V. Gerratana, 1975; reproduction en facsimilé des Quaderni, 2009 ; édition critique de Francioni, en cours) et leurs enjeux politiques et
historiques.
5. Programmes de travail et "avertissements" de Gramsci
Particularité des cahiers : ce n'est pas un livre achevé, il n'y a pas de "dernière volonté de l'auteur"
Q16, 2 Quistioni di metodo: Note de méthode dans laquelle Gramsci se demande comment travailler sur
Marx: les anthologies, les morceaux choisis, les citations sont moins importantes que de saisir "le rythme
de la pensée dans son développement"("il ritmo del pensiero nel suo isviluppo")
1. Chronologie 1926-1937
[N.B. Giuseppe Vacca, actuel directeur de l'Institut Gramsci de Rome, a récemment publié un livre sur la
vie de Gramsci en prison: Vita e pensieri di Antonio Gramsci, 1926-1937, Einaudi, Torino, 2012]
Arrestation le 8 novembre 1926.
Mesure exceptionnelle prise par le régime en dépit de son immunité parlementaire. Il attend le procès qui
aura lieu en mai 1928. Il est dans l'île d'Ustica puis à la prison de San Vittore, à Milan
Il est transféré à Rome pour le procès en mai 1928: condamné à 20 ans de prison.
Il se demande si ses camarades communistes ne l'ont pas "aidé" à rester en prison (cf. letttre de Grieco,
séance du 9 octobre). Il en est presque certain:
Cf. Lettre du 27 février 1933 à Tania: "Ma conclusion, pour résumer, est la suivante : j'ai été condamné le
4 juin 1928 par le Tribunal Spécial, c'est-à-dire par un collège bien défini d'hommes que l'on pourrait
indiquer par leur nom, leur adresse et leur profession dans la vie civile. Mais cela est une erreur. Ce qui
m'a condamné c'est un organisme beaucoup plus vaste, dont le Tribunal Spécial n'a été que la
manifestation extérieure et matérielle, qui a rédigé l'acte de condamnation légal. Je dois dire que parmi
ces « condamnateurs » je crois et je suis même fermement convaincu qu'il y a eu aussi Iulca,
inconsciemment, et une autre série de personnes moins inconscientes."
Il arrive à la prison de Turi (province de Bari) en juillet 28. Il y reste jusqu'en novembre 1933.
Il commence à écrire les Cahiers et est d'abord dans une situation d'attente. Il hésite sur son programme
de travail (cf lettres et documents).
Il réfléchit à écrire quelque chose "pour l'éternité". Il s'interroge également sur les faits politiques de ses
derniers textes: enjeux politiques liés aux thèses de Lyon. Ces textes seront publiés sous le titre "De
quelques thèmes de la question méridionale". ("Alcuni temi della questione meridionale")
Il se rend compte de la difficulté d'étudier en prison et va ainsi travailler les langues. Il connaît déjà le
français (et naturellement grec et latin) et se met au russe, à l'allemand et à l'anglais.
Il obtient en janvier 1929 l'autorisation d'écrire et il commence le 8 février 1929 à écrire les Cahiers.
Il écrit jusqu'à ce que la maladie l'en empêche (juste après une grave attaque en juin 1935).
Pendant cette période il rédige 33 cahiers, dont des traductions (notamment de Marx), et ses notes (plus
de 2000 notes).
En août 1931 il a une première attaque. 7 mars 1933 : Deuxième attaque. Décembre 1933 : Après un court
passage dans la prison de Civitavecchia, G est transféré à Formia dans la clinique du docteur Cusumano.
Le 25 oct 1934, La liberté conditionnelle lui est accordée. juin 1935: nouvelle crise ; [c’est à ce moment
qu’il cesse d’écrire les cahiers]. En août 1935 : hospitalisé à la clinique « Quisisana » à Rome. Il est
libéré en avril 1937 mais il meurt d’hémorragie cérébrale le 27 avril 1937.La période d'écriture va donc
du 8 février 1929 à juin 1935.
Des fascistes ont lu certains cahiers. Mussolini en aurait d'ailleurs lu quelques uns. Mussolini, dans un
entretien avec Yvon De Begnac, déclare avoir lu "les cahiers de notes de prisonniers des tribunaux
spéciaux" (Taccuini mussoliniani).
Gramsci a les cahiers avec lui à la clinique et ils sont récupérés par la belle-soeur Tania le soir même de
sa mort, avec les livres que Gramsci avait avec lui en prison, ainsi que ses effets personnels. Tous les
cahiers sont annotés avec une étiquette et un numéro par Tania, et ce de I à XXXIII en chiffres romains.
Elle les garde et les dépose le 6 juillet 1937 à l'ambassade d'URSS (Rome). Ils seront expédiés avec les
livres fin 38-début 39. Ils sont confiés aux archives du Komintern en avril 1941. L'URSS les rend au PCI
en mars 1945. Le tout est aujourd'hui à l'Istituto Gramsci de Rome.
2. Les Cahiers: comment ils se présentent (voir les photos de l'édition en fac-similé des Quaderni)
4 cahiers contiennent uniquement des traductions, maisil y a aussi des traductions dans le cahier 7
notamment. Depuis l'édition critique de 1945 les cahiers de traduction sont nommés cahiers A, B, C et D;
les autres sont numérotés en chiffres arabes de 1 à 29.
A partir de 1932 il entreprend de rassembler ses idées par thèmes = Quaderni speciali (cahiers
thématiques). Dialectique entre les centres d'intérêt que l'on trouve déjà dans les lettres, ceux qui
apparaissent sous forme de séries d'arguments, de "programmes de travail" (cahier 1 puis cahier 8). La
phase d'accumulation prend ensuite forme dans le projet de transformation en essai monographique; il
reprend alors certains de ses écrits des premiers cahiers dans des cahiers ultérieurs (d'où les parties
barrées, surtout dans les premiers). Mais étant malade, et n'ayant pas encore rassemblé tous les éléments,
il ne peut pas aller jusqu'au bout de l'élaboration de ces essais.
Chaque cahier, où est indiqué son matricule 7047, est signé par le directeur de la prison. On trouve aussi
le timbre de la prison sur les recto des pages : "casa penale speciale di Turi". On trouve aussi la
numérotation des pages, effectuée par le personnel pénitentiaire.
3.Les Cahiers: ce qu'on sait des modalités de leur écriture; ce qu'on sait de leur datation
Les conditions de travail en prison:
Il a obtenu le droit d'avoir dans sa cellule le matériel nécessaire pour écrire, après le procès, en janvier
1929. A partir de là, on peut séquencer le travail de Gramsci.Une des contraintes est le fait que le
réglement de la prison (1891, transformé en 1931) dit simplement qu'il faut avoir une permission du
directeur de la prison: le directeur décide quels livres les détenus peuvent lire. Dans sa cellule le détenu ne
peut avoir que les affaires pour se changer une fois et un certain nombre de livres. ("un dato numero di
libri")
Un codétenu témoigne : Gramsci, comme d'ailleurs les autres détenus, ne pouvait avoir près de lui en
cellule que 4 livres personnels et éventuellement des dictionnaires. Si il en voulait d'autres, il allait au
magasin où étaient stockés les autres livres personnels. Il ne fallait juste pas en avoir plus de 4 dans la
cellule.Les livres et cahiers s'additionnaient dans ce décompte (s'il avait un cahier il ne pouvait avoir que
3 livres etc.).
Les séquences de travail entre 1929 et 1935
A partir de février 1929, deux grands secteurs de travail sont entrepris: des traductions d'une part (il a
deux cahiers pour les traductions d'allemand, un cahier divisé en 2 entre anglais et allemand, et un cahier
pour le russe). Plus tardivement, à partir 1931 une partie du cahier 7 sera consacré à la traduction de
Marx.
On trouve aussi des notes diverses (quaderni miscellanei) qui de ses réflexions à partir de ses lectureset du
dépouillement de revues. De février 1929 jusqu'en mai 30 on a des traductions et des notes diverses. A
partir de mai 1930 des blocs thématiques commencent à apparaître ; ce sont les noyaux de ce qui va
devenir les cahiers spéciaux: Trois séries de notes sur la philosophie. Notes sur le Risorgimento. Il
abandonne alors les traductions et restent des cahiers varia mais les cahiers spéciaux deviennent
rapidement les plus nombreux et le noyau de ses ambitions de monographies.
L'Officina gramsciana de Gianni Francioni est un travail de philologie visant à déterminer le plus
précisément possible les datations des textes.Gramsci reçoit les cahiers par groupe et démarre
immédiatement l'écriture, parfois sur plusieurs cahiers en même temps. La demande et l'arrivée de cahiers
sont prises en compte par Francioni pour dater les cahiers carG. écrit immédiatement. Francioni met en
évidence qu'un cahier regroupe deux ou trois cahiers (la bi/tripartition des cahiers). Il décide que telle
partie du cahier portera sur des varia et une autre sur un sujet plus précis (dans le cahier 9, par exemple, la
première partie porte sur des varias, la seconde sur le Risorgimento). Les cahiers ne sont donc pas utilisés
au même moment de sorte que Gramsci travaillaient sur plusieurs thématiques à la fois.
C'est une façon de travailler sur plusieurs choses en même temps en ne disposant que d'un cahier.
Les éléments graphiques permettent également de dater les cahiers. Les signatures des différents
directeurs, les notes manuscrites des gardiens, l'encre utilisée, la façon de numéroter (à gauche ou à
droite), ainsi que les éléments de datation qui sont dans les lettres de Gramsci (quand il demande à Tania
de lui envoyer des livres etc.) et éléments internes : j'ai déjà écrit là-dessus...
Parallèlement le cahier 2 est utilisé pour la rédaction de notes bibliographiques liées au dépouillement des
revues dont il dispose.
de mai 1930 à 1932, sur les cahiers 4, 7 et 8, il se consacre aux questions philosophiques (AF = appunti di
filosofia).
Francioni permet la possibilité d'une lecture diachronique qui va au-delà d'une lecture cahier par cahier.
Consulter le tableau des datations proposé par Francioni.
Les rédactions A-B-C (N.B. : c'est de la terminologie philologique, pas une expression de Gramsci)
Les textes A sont écrits "dans un premier jet" puis repris dans les cahiers spéciaux (ce sont les notes
barrées soineusement par G.). La réécriture est nommée rédaction C. Les notes B ont été écrites en une
seule version. Les notes B ont un double statut possible: soit il s'agit d'élaborations jugées insatisfaisantes
par Gramsci et, en quelque sorte, "laissées de côté", soit il n'a pas eu le temps de les reprendre dans ses
cahiers spéciaux.
4. Les éditions (Togliatti-Platone 1948-1951 ; éd. critique de V. Gerratana, 1975; reproduction en
fac-similé des Quaderni, 2009 ; édition critique de Francioni, en cours depuis 2007) et leurs enjeux
politiques et historiques.
-La première édition de Platone (supervisée par Togliatti): 6 vol. thématiques publiés de 1948 à 1951.
- L'édition de 1975, édition critique de V. Gerratana
- Une nouvelle édition critique dirigée par G Francioni est en cours, depuis 2007; les deux premiers
cahiers de traduction sont publiés.
Togliatti-Platone 1948-1951. Platone et Togliatti sont d'anciens camarades de L'Ordine nuovo. Dans
cette édition, ils enlèvent tout ce qui fâche. Ils regroupent par thème, enlèvent les traductions (même
celles de Marx. Dans sa traduction de la préface de la Critique de l'Economie politique, il commet sans
doute volontairement un contresens qui donne une place importante à l'idéologie) et les notes barrées (les
rédactions A). Ils ne prennent pas en compte la chronologie (ils ne la connaissaient d'ailleurs que très
mal), et ils font référence à la numérotation de Tania en chiffres romains. Ils s'attachent uniquement à
regrouper thématiquement les différents éléments. Leurs bonnes raisons : faire lire Gramsci. Mauvaises
raisons : ne pas le faire lire comme quelqu’un qui a révisé le "dogme léniniste"…
Für ewig = pour l'éternité ; point de vue dit "désintéressé" dans son écriture, mais restent les thèses
politiques (questione meridionale, etc.). Gramsci prend un vrai plaisir à être un penseur "désintéressé"
mais il a toujours en vue la situation politique et ne perd pas en vue ses intentions politiques. Il compte
par exemple retravailler à partir des Thèses de Lyon et de son texte sur la "questione meridionale".
Cette première édition est restée l'édition de référence dans le monde anglophone jusque dans les années 1990.
éd. critique de V. Gerratana, 1975. Gerratana prend les cahiers de notes, les classe par ordre
chronologique de début de chaque cahier. Les notes sont reproduites à leur place originales, sauf
exceptions, d'où le travail de Francioni qui va plus loin dans la chronologie de l'écriture.
Dans les cahiers, les notes sont reproduites à la place qu'elles avaient dans le cahier.
Il y a ici un travail très minutieux de reconstitution de toutes les références de Gramsci (vol. IV de
l'édition). On n'a pas ici l'hypothèses des bipartition ou tripartition, donc il est encore difficile de retrouver
la chronologie d'écriture. De plus, les traductions ne sont pas présentes (sauf celles de Marx du cahier 7).
édition critique de Francioni, en cours depuis 2007
Elle part des principes évoqués dans le point 3, supra.
On ne comprend la portée de certains concepts qu'après le travail de datation de Francioni qui permet une
lmecture diachronique des Cahiers et met en évidence l'élaboration au fil du temps des principaux
concepts.
Les deux premiers cahiers de traduction et les deux premiers volumes de correspondances (lettres de
Gramsci, lettres à Gramsci et lettres le concernant de manière plus indirecte) sont déjà publiés.
La chronologie permet de mettre en évidence une position "anti-léniniste" (plus exactement contre le
dogme figé du léninisme; et cette critique, il la fait souvent « au nom de Lénine »; on peut se rappeler à ce
propos de l'article La révolution contre le capital, cité lors de la premmière séance du séminaire).
Voici ce qu'il écrit dans la lettre du 7 septembre 1931: "Questo studio [i.e.sugli intellettuali] porta
anche a certe determinazioni del concetto di Stato che di solito è inteso come Società politica (o
dittatura, o apparato coercitivo per conformare la massa popolare secondo il tipo di produzione e
l'economia di un momento dato) e non come un equilibrio della Società politica con la Società civile (o
egemonia di un gruppo sociale sull'intiera società nazionale esercitata attraverso le organizzazioni cosí
dette private, come la chiesa, i sindacati, le scuole ecc.) e appunto nella società civile specialmente
operano gli intellettuali."
tr. fr. "Cette étude amène aussi à préciser quelque peu le concept d'État qui habituellement est compris
comme Société politique (ou dictature, ou appareil coercitif pour adapter les masses populaires au
type de production et à l'économie d'un moment donné) et non comme un équilibre entre la Société
politique et la Société civile (ou hégémonie d'un groupe social sur la société nationale dans son entier
exercée au moyen d'organisations prétendument privées, comme l'église, les syndicats, les écoles
etc.); et c'est justement dans la société civile qu'opèrent en particulier les intellectuels."
Il retravaille donc de manière problématisée sur des concepts qui jusque-là étaient traduits de manière
dogmatique.
Il y a donc un lien précis entre chronologie (lecture diachronique) et compréhension de l'opération de
révision du caractère de dogme du léninisme que mène Gramsci.
Editions disponibles en français: traduction en 5 volumes des Cahiers de prison de 1983 sous la
direction de Robert Paris. Les rédactions A ne sont pas traduites, mais on peut les reconstituer avec les
notes sur la rédaction C.
Les Ecrits politiques, 3 vol., Robert Paris, dir., Gallimard, 1974-1980 (en ligne UCAM "Classiques des
sciences sociales")
Il existe une anthologie de 1983 dirigée par André Tosel (en ligne UCAM "Classiques des sciences
sociales")
Une autre anthologie de 1975 existe également (en ligne UCAM "Classiques des sciences sociales")
Les 3 volumes des lettres de prison sont publiés et correspondent à l'édition italienne de 1966 (en ligne
UCAM "Classiques des sciences sociales")
Deux anthologies récentes en français: A.G., Pourquoi je hais l'indifférence, Martin Rueff ed., Rivages,
2012 et A.G. Guerre de mouvement et guerre de position, Razmig Keucheyan, La fabrique, 2011.
5. Programmes de travail (cf. les extraits de lettres envoyés avant la séance) et "avertissements" de
Gramsci
La question philologique :
Il est nécessaire de reconstruire l'histoire interne des Cahiers (Francioni). Cet appel à la philologie est une
nécessité absolue pour la méthodologie du travail que lui-même se fixe: nécessité de loyauté intellectuelle
absence d'apriorisme, de parti pris... La recherche du "rythme de la pensée en développement" est
primordiale.
Lettre du 27 mars 1928 à Tania: "il m'est très difficile de m'adonner complètement à un sujet ou à une
matière,..." ["mi è molto difficile abbandonarmi completamente a un argomento o a una materia e
sprofondarmi solo in essa, proprio come si fa quando si studia sul serio, in modo da cogliere tutti i
rapporti possibili e connetterli armonicamente"] : il a du mal à travailler sérieusement. Il était trop
habitué à une discipline de travail dans les grandes bibliothèques avec toutes les sources à portée de main.
On a donc une série des lettres dans lesquelles il énonce des avertissements et des précautions à prendre
quand on le lit qui viennent de ces conditions de travail très difficiles. Il énonce alors cette volonté
d'étudier les langues. Il connait très bien le français et commence à étudier le russe, l'allemand et
l'anglais.
Avant mars 1929, il fait exclusivement des traductions.
Lettre du 25 mars 1929: il commence à avoir des priorités et se plaint qu'on lui ait envoyé des livres
sans qu'il les ait demandés car, selon lui, il ne rentrent dans son plan de travail que lorsque c'est lui qui les
a demandés. 3 sujets: histoire italienne au XIXème siècle en s'intéressant surtout à la formation des
groupes intellectuels, la théorie de l'histoire et de l'historiographie, et l'américanisme et le fordisme.
Lettre du 17 novembre 1930: Il demande à nouveau à ne recevoir que les livres qu'il demande. Il veut
dépouiller les revues accumulées depuis 4 ans. Dépouillement de revues: revues fascistes (Critica
fascista, Il lavoro fascista), revue des jésuites (La civiltà cattolica), et une série de revues littéraires. Ce
travail est effectué en particulier dans le Cahier 2.
Quelques sujets principaux: les intellectuels italiens jusqu'au XVIIIème siècle (Renaissance, Machiavel,
la Réforme): "la fonction cosmopolite qu'ont exercée les intellectuels italiens jusqu'au XVIIIe siècle".
Lettre du 3 août 1931: on voit encore les difficultés qu'il a à travailler: "on peut dire que désormais je
n'ai plus de véritabe programme d'étude et de travail et naturellement cela devait arriver".
On voit aussi ici la volonté d'approfondir le concept d'Etat, les aspects historiques du développement du
peuple italien. Nécessité de remonter jusqu'à l'Empire romain, puis formation de l'organisation cléricale...
Concernant les intellectuels italiens: ils étaient cosmopolites jusqu'au XVIIIème siècle. C'est à partir du
XVIIIème siècle seulement qu'apparait la figure de l'intellectuel national.
C'est dans cette lettre que l'on trouve cette formule majeure : "l'habitude d'une sévère discipline dans
l'étude des textes" / "l'abito di una severa disciplina filologica"
Un des points récurrents dans les Cahiers est la présence permanente d'avertissements (avvertenze)
permanent pour lui mais aussi pour d'éventuels lecteurs: il n'a de cesse de rappeler les conditions de
travail extrêmement difficiles. La récurrence de cette thématique doit être prise très au sérieux. On doit
avoir à l'esprit que ces notes sont provisoires et écrites "au fil de la plume" et sont donc à revoir
minutieusement. Il parle de ses notes comme de "pense-bête", de memorandum. Il s'agit souvent
"d'affirmations non contrôlées". Certaines d'entre elles pourraient être abandonnées, et "il se pourrait que
l'affirmation opposée soit la vraie".
Dans le cahier 11, la première page est consacrée aux avertissements sur les notes qu'il écrit: Q11,
avvertenze: Le note contenute in questo quaderno, come negli altri, sono state scritte a penna corrente,
per segnare un rapido promemoria. Esse sono tutte da rivedere e controllare minutamente, perché
contengono certamente inesattezze, falsi accostamenti, anacronismi. Scritte senza aver presenti i libri cui
si accenna, è possibile che dopo il controllo, debbano essere radicalmente corrette perché proprio il
contrario di ciò che è scritto risulti vero. tr; fr. avertissements: Les notes contenues dans ce cahier,
comme dans les autres, ont été écrites au fil de la plume, pour noter un rapide mémo. Elles sont toutes à
revoir et à contrôler minutieusement, parce qu'elles contiennent certainement des inexactitudes, de faux
rapprochements, des anachronismes. Ecrites sans avoir sous la main les livres auxquels on fait allusion, il
est possible qu'après contrôle elles doivent être radicalement corrigée, car il se pourrait que ce soit
justement le contraire de ce qui est écrit qui soit vrai.
Pour résumer:
Il y a un lien permanent à établir entre une série d'éléments qu'on pourrait avoir tendance à découpler
quand on étudie les textes de Gramsci. Les regroupements dialectiques à avoir en tête sont :
- Le rapport philologie / histoire: une lecture diachronique est fondamentale, car elle permet de relier
l'écriture à des situations politiques. Cette lecture diachronique doit toujours être derrière les questions
que l'on pose au texte. Le travail philologique permettant la diachronie a une valeur politique. Comme
instrument pour appliquer cette dialectique philologie / histoire, il faut avoir en tête le retour sur les lettres
qui sont le moyen de la communication avec l'extérieur, et notamment avec ses camarades (Tania > Sraffa
> Parti).
- Pour mener à bien ce travail philologique ET historique, un lien permanent doit être établi entre les
Cahiers ETles lettres
- Le lien entre la recherche théorique "désintéressée" (le domaine de l'intellect abstrait) et son statut de
militant, de combattant. Il est à la fois un théoricien et un combattant: il y a un lien entre recherche
théorique "abstraite" ET débats politiques de l'époque. .
*Remarque sur les avertissements qu'il fait sans cesse: il fait ses notes en espérant pouvoir publier un
jour, mais il les écrit avant tout pour lui-même, afin d'avoir conscience de l'état d'élaboration de son
travail. Le premier avertissement est pour lui-même, et cela se produit également à des moments où il
n'est pas certain de vivre très longtemps, donc il pense que ses cahiers vont arriver dans les mains de ses
amis, sa famille, les camarades du Parti, et peut-être des autorités fascistes. Il avertit toujours du fait que
son travail n'est pas terminé, mais en train de se faire.
Les « programmes de travail » de Gramsci en prison (Lettres de prison)
A Tania, 19 marzo 1927
[…]
La mia vita trascorre sempre
ugualmente monotona. Anche lo studiare è
molto piú difficile di quanto non
sembrerebbe. Ho ricevuto qualche libro e in
verità leggo molto (piú di un volume al
giorno, oltre i giornali), ma non è a questo
che mi riferisco; intendo altro. Sono assillato
(è questo fenomeno proprio dei carcerati,
penso) da questa idea: che bisognerebbe far
qualcosa «für ewig», secondo una complessa
concezione di Goethe, che ricordo aver
tormentato molto il nostro Pascoli. Insomma,
vorrei, secondo un piano prestabilito,
occuparmi intensamente e sistematicamente
di qualche soggetto che mi assorbisse e
centralizzasse la mia vita interiore. Ho
pensato a quattro soggetti finora, e già
questo è un indice che non riesco a
raccogliermi, e cioè: 1° una ricerca sulla
formazione dello spirito pubblico in Italia nel
secolo scorso; in altre parole, una ricerca
sugli intellettuali italiani, le loro origini, i
loro raggruppamenti secondo le correnti
della cultura, i loro diversi modi di pensare
ecc. ecc. Argomento suggestivo in sommo
grado, che io naturalmente potrei solo
abbozzare nelle grandi linee, data l'assoluta
impossibilità di avere a disposizione
l'immensa mole di materiale che sarebbe
necessaria. Ricordi il rapidissimo e
superficialissimo mio scritto sull'Italia
meridionale e sulla importanza di B. Croce?.
Ebbene, vorrei svolgere ampiamente la tesi
che avevo allora abbozzato, da un punto di
vista «disinteressato», «für ewig». — 2° Uno
studio di linguistica comparata! Niente
meno. Ma che cosa potrebbe essere piú
«disinteressato» e für ewig di ciò? Si
tratterebbe, naturalmente, di trattare solo la
parte metodologica e puramente teorica
dell'argomento, che non è stata mai trattata
completamente e sistematicamente dal nuovo
punto di vista dei neolinguisti contro i
neogrammatici. (Ti farò orripilare, cara
Tania, con questa mia lettera!). Uno dei
maggiori «rimorsi» intellettuali della mia
Ma vie s'écoule toujours de façon aussi
monotone. Le simple fait d'étudier est
beaucoup plus difficile qu'on ne pourrait croire.
J'ai reçu quelques livres et en vérité
je lis beaucoup (plus d'un volume par jour, en
dehors des journaux) mais ce n'est pas
à cela que je pense; je parle d'autre chose. Je
suis obsédé (il s'agit là d'un phénomène
propre à ceux qui sont emprisonnés, je crois)
par cette idée qu'il faudrait faire quelque
chose für ewig, selon une conception
complexe de Gœthe dont je me souviens
qu'elle a beaucoup tourmenté notre
Pascoli, etc. En somme, je voudrais, suivant
un plan préétabli, m'occuper intensément et
systématiquement de quelque sujet qui
m'absorberait et polariserait ma vie intérieure.
J'ai pensé jusqu'ici à quatre sujets, et cela est
déjà un indice que je n'arrive pas à me
recueillir; a savoir : 1º une recherche sur la
formation de l'esprit publie en Italie au siècle
dernier; en d'autres termes, une recherche
sur les intellectuels italiens, leurs origines,
leurs regroupements selon les courants
de culture, leurs différentes façons de penser,
etc., etc. Étude suggestive au plus haut point,
que je ne pourrais moi-même qu'ébaucher dans
ses grandes lignes, étant donné l'impossibilité
absolue où je suis d'avoir à ma disposition
l'immense masse de matériel qui serait
nécessaire. Tu te souviens de mes pages très
rapides et superficielles sur l’Italie
méridionale et sur l'importance de B.
Croce? Eh bien, je voudrais développer
largement la thèse que je n'avais alors
qu'effleurée, et le faire d'un point de vue «
désintéressé », für ewig. - 2º Une étude de
linguistique comparée! Rien de moins. Mais
quoi de plus désintéressé et de plus für ewig? Il
s'agirait, naturellement, de ne traiter que la
partie méthodologique et purement théorique
du sujet, partie qui n'a jamais été traitée
complètement et systématiquement du
nouveau point de vue des néo-linguistiques
contre les néo-grammairiens. (Tu vas trouver
cette lettre horripilante, chère Tania.) L'un des
vita è il dolore profondo che ho procurato al
mio buon professor Bartoli dell'Università di
Torino il quale era persuaso essere io
l'arcangelo
destinato
a
profligare
definitivamente i «neogrammatici», poiché
egli, della stessa generazione e legato da
milioni di fili accademici a questa geldra di
infamissimi uomini, non voleva andare, nelle
sue enunciazioni, oltre un certo limite fissato
dalle convenienze e dalla deferenza ai vecchi
monumenti funerari dell'erudizione. — 3°
Uno studio sul teatro di Pirandello e sulla
trasformazione del gusto teatrale italiano
che il Pirandello ha rappresentato e ha
contribuito a determinare. Sai che io, molto
prima di Adriano Tilgher, ho scoperto e ho
contribuito a popolarizzare il teatro di
Pirandello? Ho scritto sul Pirandello, dal
1915 al 1920, tanto da mettere insieme un
volumetto di 200 pagine e allora le mie
affermazioni erano originali e senza
esempio: il Pirandello era o sopportato
amabilmente o apertamente deriso. — 4° Un
saggio sui romanzi di appendice e il gusto
popolare in letteratura. L'idea m'è venuta
leggendo la notizia della morte di Serafino
Renzi, capocomico di una compagnia di
drammi da arena, riflesso teatrale dei
romanzi d'appendice, e ricordando quanto io
mi sia divertito le volte che sono andato ad
ascoltarlo, perché la rappresentazione era
doppia: l'ansia, le passioni scatenate,
l'intervento del pubblico popolare non era
certo la rappresentazione meno interessante.
Che te ne pare di tutto ciò? In fondo, a chi
bene osservi, tra questi quattro argomenti
esiste omogeneità: lo spirito popolare
creativo, nelle sue diverse fasi e gradi di
sviluppo, è alla base di essi in misura uguale.
[…]
plus grands « remords» intellectuels de ma vie
est la douleur profonde que j'ai occasionnée à
mon bon professeur Bartoli de l’Université
de Turin qui était persuadé que j'étais l'archange
destiné à exterminer définitivement
les « néo-grammairiens », car lui, qui était de la
même génération que cette bande de
canailles, et lié à elle par des millions de fils
académiques, il ne voulait pas aller, dans
ses formulations, au-delà d'une certaine
limite fixée par les convenances et par la
déférence due aux vieux monuments funéraires
de l'érudition. - 3º Une étude sur le théâtre de
Pirandello et sur la transformation du goût
théâtral italien que Pirandello représente et
qu'il a contribué à déterminer. Sais-tu que
j'ai, bien avant Adriano Tilgher, découvert et
contribué à populariser le théâtre de Pirandello.
J'ai suffisamment écrit sur Pirandello, de
1915 à 1920, pour composer un petit
volume de 200 pages 4 et mes affirmations
d'alors étaient originales et sans précédent :
Pirandello [69] était ou aimablement supporté
ou ouvertement tourné en dérision. - 4º Un
essai sur les romans-feuilletons et le goût
populaire en littérature. L'idée m'est venue en
lisant la nouvelle de la mort de Serafino Renzi,
premier acteur d'une troupe d'art dramatique,
qui jouait de ces drames populaires qui sont
l'équivalent théâtral des romans-feuilletons,
et en me souvenant du plaisir que je
prenais chaque fois que j'allais l'écouter, car
le spectacle était double : l'émotion, les passions
qu'il déchaînait, la participation du public
populaire n'était assurément pas le
spectacle le moins intéressant. Que dis-tu de
tout cela? Au fond, à y regarder de près, il y a
une certaine homogénéité entre ces quatre
sujets : l'esprit populaire créateur, dans ses
différentes phases et ses différents degrés de
développement, est dans des mesures égales à
la base de chacun d'eux.
A Tania, 23 maggio 1927
Un vero e proprio studio credo che mi sia
impossibile, per tante ragioni, non solo
psicologiche, ma anche tecniche; mi è molto
difficile abbandonarmi completamente a un
argomento o a una materia e sprofondarmi
Il ne faut pas non plus croire que j'étudie
trop. Je crois qu'il m'est impossible
d'étudier vraiment, pour de multiples
raisons, non seulement psychologiques,
mais aussi techniques. Il m'est très
solo in essa, proprio come si fa quando si
studia sul serio, in modo da cogliere tutti i
rapporti possibili e connetterli
armonicamente. Qualche cosa in tal senso
forse incomincia ad avvenire per lo studio
delle lingue, che cerco di fare
sistematicamente, cioè non trascurando
nessun elemento grammaticale, come non
avevo mai fatto sinora, poiché mi ero
accontentato di sapere quanto bastava per
parlare e specialmente per leggere. Perciò
finora non ti ho scritto di mandarmi nessun
dizionario: il dizionario tedesco del Kohler
che mi avevi mandato ad Ustica è stato
perduto dai miei amici di colà; ti scriverò di
mandarmi l'altro dizionario, quello sistema
Langescheid, quando avrò studiato tutta la
grammatica; allora ti scriverò di mandarmi
anche i Gespräche di Goethe con
Eckermann, per farvi su delle analisi di
sintassi e di stile e non solo per leggerli; ora
leggo le novelline dei fratelli Grimm che
sono elementarissime. Sono proprio deciso a
fare dello studio delle lingue la mia
occupazione predominante; voglio
sistematicamente riprendere, dopo il tedesco
e il russo, l'inglese, lo spagnolo e il
portoghese che avevo studiacchiato negli
anni scorsi; inoltre il rumeno, che avevo
studiato all'università solo nella sua parte
neolatina e che ora penso di poter studiare
completamente, cioè anche per la parte slava
del suo dizionario (che poi è piú del 50% del
vocabolario rumeno).
A Tania, 25 marzo 1929
[…]
La libreria mi ha mandato ancora
qualche libro. Come ti ho già scritto
parecchie volte, è bene che libri non mi siano
piú mandati, se prima io stesso non li
richiedo. Per molte ragioni, 1° Perché ho già
da leggere per un pezzo; 2° e piú importante.
difficile de me donner complètement à un
sujet ou à une matière et de m'y enfoncer
sans réserve, comme on fait précisément
quand on étudie sérieusement, de façon à
relever tous les rapports possibles et à les
organiser harmonieusement. Quelque
chose de ce genre commence peut-être à se
produire pour l'étude des langues, que je
cherche à mener systématiquement, c'est-àdire sans négliger aucun élément
grammatical, à la différence de ce que j'avais
toujours fait jusqu'ici, car je m'étais contenté
de savoir ce qui suffisait pour parler et
surtout pour lire. C'est pourquoi jusqu'ici je
ne t'ai pas écrit de m'envoyer de dictionnaire
: le dictionnaire allemand de Kohler que tu
m'avais envoyé a Ustica a été perdu par mes
amis de là-bas; je t'écrirai de m'envoyer
l'autre dictionnaire, genre Langescheidt,
quand j'aurai étudie toute la grammaire; alors
je te demanderai de m'envoyer aussi les
Conversations de Gœthe avec Eckermann,
[95] pour y faire des analyses de syntaxe
et de style et pas seulement pour les lire;
à présent je lis les contes des frères Grimm
qui sont très élémentaires. Je suis tout à
fait décidé à faire de l'étude des langues
mon occupation principale; je veux
reprendre systématiquement, après
l'allemand et le russe, l'anglais, l'espagnol
et le portugais que j'avais vaguement
étudiés les années précédentes; et aussi
le roumain, que j'avais étudié à
l'université, mais seulement dans sa partie
néo-latine et que je pense maintenant pouvoir étudier complètement, c'està-dire même dans la partie slave de son
dictionnaire (qui du reste représente plus de
50 % du vocabulaire roumain).
La librairie m'a envoyé quelques livres de
plus. Comme je te l'ai déjà
écrit plusieurs fois, il ne faut plus qu'on
m'envoie de livres, tant que je ne les aurais
pas demandés. Pour de nombreuses raisons,
1º Parce que j'ai déjà de quoi lire pour un
Perché solo se li domando io, i libri
rientrano nel piano intellettuale che io stesso
voglio costruire. Ho deciso di occuparmi
prevalentemente e di prendere note su questi
tre argomenti: – 1° La storia italiana nel
secolo XIX, con speciale riguardo della
formazione e dello sviluppo dei gruppi
intellettuali; – 2° La teoria della storia e
della storiografia; 3° L'americanismo e il
fordismo. [...]
bout de temps; 2º Plus important : Parce que
ce n'est que si c'est moi qui les demande
[233] que les livres rentrent dans le plan
intellectuel que je veux moi-même
construire. J'ai décidé de m'occuper en
priorité et de prendre des notes sur ces
trois sujets : - 1º L'histoire italienne au
XIXe siècle, en m'intéressant spécialement
à la formation et au développement des
groupes intellectuels; - 2º La théorie de
l'histoire et de l'historiographie; 3º
L'américanisme et le fordisme.
A Tatiana, 17 novembre 1930
ho ricevuto la cartolina del 10 novembre e la
lettera del 13. Cercherò di rispondere in
ordine alle tue quistioni. 1° Per adesso non
devi mandarmi dei libri. Quelli che hai tienili
da parte e aspetta che io ti avverta di
spedirli. Voglio prima sgomberare tutte le
vecchie riviste che da 4 anni ho accumulato:
prima di spedirle le rivedo per prendere
delle note sugli argomenti che piú mi
interessano e naturalmente ciò mi toglie una
buona parte della giornata, perché le note di
erudizione sono accompagnate da richiami,
da commenti ecc. Mi sono fissato su tre o
quattro argomenti principali, uno dei quali
è quello della funzione cosmopolita che
hanno avuto gli intellettuali italiani fino al
Settecento, che poi si scinde in tante sezioni:
il Rinascimento e Machiavelli, ecc. Se avessi
la possibilità di consultare il materiale
necessario, credo che ci sarebbe da fare un
libro veramente interessante e che ancora
non esiste; dico libro, per dire solo
l'introduzione a un certo numero di lavori
monografici, perché la quistione si presenta
diversamente nelle diverse epoche e secondo
me bisognerebbe risalire ai tempi
dell'Impero Romano. Intanto scrivo delle
note, anche perché la lettura del
relativamente poco che ho mi fa ricordare le
vecchie letture del passato.
J'ai reçu ta carte du 10 novembre et ta lettre
du 13. Je vais essayer de répondre en
ordre à tes questions. 1º Pour le moment tu
ne dois pas m'envoyer de livres. Ceux que
tu as, mets-les de côté et attends que je te
demande de les expédier. Je veux d'abord
me débarrasser de toutes les vieilles revues
que j'ai accumulées depuis 4 ans : avant
de les expédier, je les revois pour prendre des
notes sur les sujets qui m'intéressent le
plus et naturellement cela me prend une
bonne partie de la journée, parce que les
notes érudites sont accompagnées de renvois,
de commentaires, etc. Je me suis arrêté
à trois ou quatre sujets principaux,
dont l'un est celui de la fonction
cosmopolite qu'ont exercée les intellectuels
italiens jusqu'au XVIIIe siècle, et qui par
ailleurs se subdivise en plusieurs parties :
la Renaissance et Machiavel, etc. Si j'avais
la possibilité de consulter le matériel
nécessaire, je crois qu'il y aurait un livre très
intéressant à faire, et qui n'existe pas encore;
je dis un livre, je devrais dire l'introduction à
un certain nombre de travaux monographiques, parce que la question se
présente diversement aux différentes
époques et selon moi il faudrait remonter au
temps de l'Empire Romain.En attendant,
j'écris des notes, ne serait-ce que parce que la
lecture [36] de la documentation relativement
réduite que j'ai me fait souvenir des vieilles
lectures du passé.
A Tania, 3 agosto 1931
Si può dire che ormai non ho più un vero
programma di studi e di lavoro e
naturalmente ciò doveva avvenire. Io mi ero
proposto di riflettere su una certa serie di
quistioni, ma doveva avvenire che a un certo
punto queste riflessioni avrebbero dovuto
passare alla fase di una documentazione e
quindi ad una fase di lavoro e di
elaborazione che domanda grandi
biblioteche. Ciò non vuol dire che perda
completamente il tempo, ma, ecco, non ho
piú delle grandi curiosità in determinate
direzioni generali, almeno per ora. Ti voglio
dare un esempio: – uno degli argomenti che
piú mi ha interessato in questi ultimi anni è
stato quello di fissare alcuni aspetti
caratteristici nella storia degli intellettuali
italiani. Questo interesse nacque da una
parte dal desiderio di approfondire il
concetto di Stato e dall'altra parte di
rendermi conto di alcuni aspetti dello
sviluppo storico del popolo italiano. Pur
restringendo alle linee essenziali la ricerca,
essa rimane tuttavia formidabile. Bisogna
necessariamente risalire all'Impero Romano
e alla prima concentrazione di intellettuali
«cosmopoliti» («imperiali») che esso
determinò: studiare quindi la formazione
dell'organizzazione chiericale cristianopapale che dà all'eredità del cosmopolitismo
intellettuale imperiale una forma castale
europea ecc. ecc. Solo cosí, secondo me, si
spiega che solo dopo il 700, cioè dopo
l'inizio delle prime lotte tra Stato e Chiesa
col giurisdizionalismo, si possa parlare di
intellettuali italiani «nazionali»: fino allora,
gli intellettuali italiani erano cosmopoliti,
esercitarono una funzione universalistica (o
per la Chiesa, o per l'Impero) anazionale,
contribuirono a organizzare altri stati
nazionali come tecnici e specialisti, offrirono
«personale dirigente» a tutta l'Europa, e non
si concentrarono come categoria nazionale,
come gruppo specializzato di classi
nazionali. – Come vedi questo argomento
potrebbe dar luogo a tutta una serie di saggi,
ma per ciò è necessaria tutta una ricerca
erudita. – Cosí avviene per altre ricerche.
On peut dire que désormais je n'ai plus de
véritable programme d'étude et de travail et
naturellement cela devait arriver. Je m'étais
proposé de réfléchir à un certain nombre
de problèmes, mais à un certain moment ces
réflexions devaient fatalement déboucher sur une phase de documentation, et donc
sur une phase de travail et d'élaboration
supposant toute une bibliothèque. Cela ne
signifie pas que je perds complètement
mon temps, mais voilà, je n'ai plus envie de
faire de vastes recherches dans des directions générales bien arrêtées, du moins pour le
moment. je vais te donner un exemple : - une des questions qui m'ont le plus
intéressé ces dernières années a été de fixer
un certain nombre d'aspects caractéristiques
de l'histoire des intellectuels italiens. Cet
intérêt est né, d'une part, du désir
d'approfondir le concept d'État et, d'autre
part, du désir de me rendre compte de
certains aspects du développement historique
du peuple italien. Même en réduisant la
recherche à ses lignes essentielles, cela reste
quelque chose d'énorme. Il faut
nécessairement remonter à l'Empire Romain
et à la première concentration d'intellectuels
«cosmopolites» («impériaux») qu'il
provoqua; il faut étudier ensuite la
formation de l'organisation cléricale
(chrétienne et papale) qui donne à la
postérité du cosmopolitisme intellectuel
impérial la forme d'une caste européenne
etc. etc. C'est seulement ainsi, selon moi,
qu'on peut expliquer le fait qu'il faut
attendre le XVIIIe siècle, c'est-à-dire la
naissance des premières luttes entre [98]
l'Église et l'État avec le juridictionnalisme,
pour qu'on puisse parler d'intellectuels
italiens « nationaux » : jusqu'alors, les
intellectuels italiens étaient cosmopolites, ils
exercèrent une fonction universaliste (au
profit de l'Église, ou au profit de l'Empire) anationale, ils contribuèrent à organiser
d'autres États nationaux en tant que
techniciens et que spécialistes, ils fournirent
un « personnel dirigeant » à toute l'Europe,
et ne se rassemblèrent pas en catégorie
Bisogna anche tener conto che l'abito di
severa disciplina filologica, acquistato
durante gli studi universitari, mi ha dato
un'eccessiva, forse, provvista di scrupoli
metodici.
nationale, en groupe spécialisé appartenant à
des classes nationales. - Comme tu vois, cette
question pourrait donner lieu à toute une série
d'essais, mais pour cela toute une série de
recherches érudites sont nécessaires. - Il en va
de même pour d'autres recherches. Il faut
aussi tenir compte du fait que l'habitude
d'une sévère discipline dans l'étude des textes
[une sévère discipline philologique], acquise
durant mes études universitaires, m'a pourvu
de scrupules de méthode peut-être excessifs.
Séminaire Pensée politique italienne:
Lire les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci
Séance du mardi 6 novembre 2012
Notes prises par Adeline, Amélie, Martin, relues par JC et Romain .
La construction du concept d'hégémonie
Point de départ: idée d'hégémonie du prolétariat dans la révolution démocratique formulée par Lénine en
1905 dans le texte Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique: le prolétariat
doit diriger la révolution démocratique en s'alliant à la masse des paysans; ce doit être l'objectif de la
social-démocratie russe qui ne doit pas se contenter de soutenir la bourgeoisie libérale sous prétexte qu'il
s'agit d'une révolution démocratique (contre l'autocratie tzariste). Gramsci écrit à plusieurs reprises dans
les Cahiers (Q7, 33; Q10, I, 12 ; Q10, II, 12) qu'il part du concept forgé par Lénine
Le terme egemonia del proletariato apparaît sous la plume de Gramsci à partir de mars 1924, dans l'
Ordine nuovo, article "Capo" du 1er mars consacré à Lénine [La dittatura del proletariato è espansiva,
non repressiva. Un continuo movimento si verifica dal basso in alto, un continuo ricambio attraverso
tutte le capillarità sociali, una continua circolazione di uomini/La dictature du prolétariat est expansive et
non répressive. On assiste à un mouvement continuel de bas en haut, un changement perpétuel à travers
toutes les capillarités sociales, une circulation continuelle des hommes].
D'emblée, G. définit la dictature du prolétariat comme expansive et non répressive (elle se répand du bas
vers le haut; elle ne se contente pas de la coercition) Cette lecture peut s'appuyer sur certaines
formulations de Lénine qui opérait déjà une distinction entre fonction dirigeante (hégémonie, consensus)
et fonction dominante (idée de la force) de la classe ouvrière. Hypothèse de "l'expansivité" de la dictature
du prolétariat (et non de son caractère répressif). L'hégémonie va de pair avec l'idée que des alliances sont
nécessaires si le prolétariat veut l'emporter.
Gramsci va essayer de développer le concept dans un sens nouveau et de le "traduire" en italien (et
dans la réalité italienne). Cette idée de la nécessité de "traduire" part d'une remarque de Lénine qui disait,
à propos des thèses politiques sur l'organisation des partis communistes du IIIe congrès de l'Internationale
communiste qu'on n'avait pas su traduire les analyses provenant de la révolution d'octobre et de la réalité
soviétique dans les langues européennes (cf. Q7, 2: "§ Traducibilità dei linguaggi scientifici e filosofici.
Nel 1921: quistioni di organizzazione. Vìlici disse e scrisse: «non abbiamo saputo “tradurre” nelle lingue
“europee” la nostra lingua»." "§Traductibilité des langages scientiques et philosophiques. En 1921:
questions d'organisation.Illitch dit et écrivit: "nous n'avons pas su "traduire" notre langue dans les
langues européennes"). Lénine avait dit exactement: même si les étrangers lisent notre résolution du IIIe
Congrès de 1921 sur l'organisation des partis communistes, "aucun d'entre eux ne la comprendra,
précisément parce qu'elle trop russe. Non pas parce qu'elle est écrite en russe – elle est parfaitement
traduite dans toutes les langues – mais parce qu'elle est entièrement imbibée d'esprit russe". Cette
remarque, formulée par Lénine lors du IVe Congrès de l'Internationale de 1922 auquel Gramsci
participait en tant que représentant du PCd'I, a marqué la réflexion de Gramsci. Il s'appuie également sur
un texte de Marx dans la Sainte Famille: la philosophie allemande a traduit la tradition politique des
jacobins français . Cette question de la traduction (et de la "traductibilité") politique est décisive [cf. Q1,
44 > Q19, 24 et Q8, 208>Q11, 49].
Cette démarche est très claire dans la Lettre envoyée au comité central du Parti communiste
soviétique en oct. 1926
"Les problèmes qui sont aujourd'hui les vôtres peuvent demain être les nôtres. Dans notre pays aussi, la
masse des paysans forme la majorité de la population laborieuse. En outre, tous les problèmes liés à
l'hégémonie du prolétariat se poseront à nous sous une forme manifestement plus complexe et aiguë
qu'en Russie même, parce que la densité de la population rurale est infiniment supérieure, parce
que nos paysans ont une très riche tradition d'organisation et sont toujours parvenus à peser
fortement, de tout leur poids spécifique de masse, sur la vie politique nationale, parce que chez nous
les appareils et les organisations de l’Église ont derrière eux une tradition deux fois millénaire et se
sont spécialisés dans la propagande et l'encadrement des paysans à un degré jamais atteint dans les
autres pays. S'il est vrai que l'industrie est plus développée chez nous et que le prolétariat a une large
base matérielle, il est non moins vrai que cette industrie ne dispose pas de matières premières dans le pays
et se trouve donc plus exposée aux crises; le prolétariat ne pourra donc exercer sa fonction dirigeante
que s'il est animé d'un esprit de sacrifice et totalement libéré de toutes les survivances du
corporatisme réformiste ou syndicaliste.[...] le prolétariat ne peut devenir une classe dominante s'il
ne parvient pas, par le sacrifice de ses intérêts corporatifs, à surmonter cette contradiction; il ne
peut maintenir son hégémonie et sa dictature, même une fois constitué en classe dominante, s'il ne
sacrifie pas ses intérêts immédiats aux intérêts généraux et permanents de la classe. "
(G. y prend position contre la façon violente dont le parti russe entend régler ses contradictions : "vous
êtes en train de détruire votre propre oeuvre".)
Gramsci y parle de la question paysanne: question centrale ; le rôle des paysans en Italie ne peut être
analysé en appliquant simplement les thèses développées en union soviétique: densité de la population
paysanne supérieure, tradition de lutte des paysans, etc.
Le thème de l'alliance est également développé : il implique de faire des compromis avec ces alliés (idée
de révolution expansive et non répressive).
deux points en Italie:
- paysans du centre et du nord: organisés dans des ligues catholiques essentiellement.
- paysans du sud, qui ont mené d'importants mouvements : insurrections qui ont fait suite à l'Unité et à la
première guerre mondiale (cf. brigandage, fasci siciliens, mouvements d'occupation des terres).
Le prolétariat ne peut devenir une classe dirigeante que s'il parvient à surmonter cette contradiction:
sacrifier ses intérêts immédiats aux intérêts généraux de la classe.
Alcuni temi della quistione meridionale oct.-nov. 1926
"Les communistes turinois s'étaient posé concrètement la question de l'« hégémonie du prolétariat », celle
de la base sociale de la dictature du prolétariat et de l'État ouvrier. Le prolétariat peut devenir la classe
dirigeante et dominante dans la mesure où il parviendra à créer un système d'alliances de classes qui lui
permettra de mobiliser contre le capitalisme et contre l'État bourgeois la majorité de la population
laborieuse, ce qui, dans le cas de l'Italie, compte tenu des rapports réels qui existent entre les classes,
revient à dire dans la mesure où elle réussira à obtenir l'assentiment des larges masses paysannes.
Mais en Italie, la question paysanne est historiquement déterminée, ce n'est pas la « question paysanne et
agraire en général » ; en Italie, la tradition italienne déterminée et le développement déterminé de
l'histoire italienne ont fait que la question paysanne a pris deux aspects typiques et particuliers : la
question méridionale et le problème du Vatican.
Le premier problème à résoudre, pour les communistes turinois, consistait à modifier la ligne politique
et l'idéologie générale du prolétariat lui-même […] Il va sans dire que, pour que cette ligne ait une
efficience politique, il fallait qu'elle soit adoptée par le prolétariat. Aucune action de masse n'est possible
si la masse elle-même n'est pas convaincue des objectifs à atteindre et des méthodes à appliquer ; le
prolétariat, pour être capable de gouverner en tant que classe, doit se dépouiller de tout résidu
corporatif, de tout préjugé et de toute scorie syndicaliste. [...] il faut qu'ils pensent en ouvriers, en
membres d'une classe qui tend à prendre la direction des paysans et des intellectuels, d'une classe
qui ne peut vaincre et ne peut construire le socialisme que si elle est aidée et suivie par la grande
majorité de ces deux couches sociales. Si l'on n'obtient pas cela, le prolétariat ne deviendra pas la classe
dirigeante et ces couches sociales qui, en Italie, représentent la majorité de la population, en restant sous
la coupe de la bourgeoisie, donneront à l'État la possibilité de résister à l'élan prolétarien et de le briser."
Il se pose concrètement la question de l'hégémonie du prolétariat. Le prolétariat peut devenir la classe
dirigeante et dominante s'il parvient à établir une alliance de classes afin de mobiliser la majorité de la
population laborieuse contre le capitalisme et l'Etat bourgeois. La question paysanne ne peut être
considérée indépendant des conditions historiques réelles; elle est "historiquement déterminée" et se dit
sur deux plans: la question méridionale et la question vaticane, i.e. le rôle de l'Eglise dans l'orgaisation
des paysans du Centre et du Nord (quistione meridionale e quistione vaticana). Mais une telle politique
ne va pas de soi parce qu'elle doit combattre les données de départ , i.e. la ligne politique première du
prolétariat + remettre en question l'alliance de tout le nord (prolétariat) contre tout le sud (masses
paysannes). Et détruire l'idéologie véhiculée à propos du Sud : le sud serait le boulet qui retient l'Italie sur
le chemin du progrès etc.
Pour que cette nouvelle ligne ait une efficience politique, elle doit être adoptée par le prolétariat. Cela
implique que le prolétariat se dépouille "de tout résidu corporatif, de tout préjugé, de toute scorie
syndicaliste." Il faut vaincre certains égoïsmes qui peuvent subsister au sein de la classe ouvrière.
Il faut dépasser le stade du syndicalisme corporatif pour atteindre le stade de la politique. Ce stade
implique de comprendre que la classe ouvrière ne peut devenir dominante, que si elle est suivie par les
deux autres couches (strati) sociales (paysans et intellectuels).
Dans la suite du texte, G. s'attache à définir la société méridionale : un grand bloc agraire composé de
trois couches sociales :
- la grande masse paysanne désorganisée ; problème : effervescence perpétuelle mais pas d'expression
centralisée de leurs aspirations et leurs besoins
- les intellectuels de la petite et moyenne bourgeoisie rurale (petit et moyen propriétaire de terre qui n'est
pas paysan mais qui, à partir du peu de terre qu'il a, veut tirer de quoi vivre et assurer l'ascension sociale
de sa famille)
- les grands intellectuels. Gramsci définit ici leur rôle : ils sont sur le plan idéologique ceux qui
"centralisent et dominent en dernière analyse tout cet ensemble de manifestations".
Dans les autres pays où le capitalisme s'est développé la couche des intellectuels a été profondément
modifiée. L'industrie fait se développer un nouveau type d'intellectuel : "le technicien de l'organisation, le
spécialiste de la science appliquée".
Or en Italie où prédomine encore l'agriculture, c'est l'ancien type d'intellectuel qui domine.
L'intellectuel méridional vient en majorité (prevalentemente) d'une classe qui joue encore un rôle
important dans le Mezzogiorno : le petit et moyen propriétaire de terre qui n'est pas paysan: petite
bourgeoisie rurale. Cette partie-là des intellectuels du sud ont une aversion pour le paysan travailleur,
considéré comme une machine de travail qui doit être épuisée jusqu’à l’os, et qui est facilement
remplaçable. Autre sentiment qui vient de cette appartenance de classe : peur des violences destructrices,
du brigandage, etc.
Analyse du clergé: analyse contrastive entre le catholicisme et le clergé du nord d'une part et du sud
d'autre part.
"Dans le Nord, le prêtre est très souvent un fils d'artisan ou de paysan, il a des sentiments démocratiques,
il est davantage lié à la masse des paysans, il est moralement plus correct que le prêtre du Midi, qui
souvent vit, presque ouvertement, en ménage avec une femme ; c'est pourquoi il exerce une fonction
spirituelle socialement plus complète".
L'attitude du paysan vis-à-vis du clergé est résumée ainsi par le dicton populaire:
« Le prêtre est prêtre devant l'autel, ailleurs il est homme comme tous les autres. »
G. analyse la position du paysan méridional vis-à-vis de ces intellectuels: c'est là que réside cette faiblesse
de l'organisation paysanne (à l'exception de la Sardaigne et de la Sicile): absence d'organisation paysanne
susceptible de promouvoir des cadres paysans d'origine paysanne.
La guerre a semblé introduire un élément nouveau avec le groupe des anciens combattants (où faisaient
bloc les paysans-soldats et les intellectuels-officiers) . Mais cela ne dure pas en raison de la prise du
pouvoir par les fascistes.
La seule région où le mouvement des anciens combattants a pris une structure plus précise, c'est la
Sardaigne où la classe des propriétaires terriens est restreinte, et ne joue pas le rôle intellectuel qu'elle
joue dans le Mezzogiorno continental.
G. évoque également la situation de la Sicile qui a une tradition spécifique. Il existe un socialisme de
masse sicilien qui s'est développé dans les années 1890.
G. insiste sur l'idée qu'il faut récuser toutes les formes de l'égoïsme de classe, tous les restes du
syndicalisme corporatiste.
Les Cahiers : Q1,43; Q1, 44; Q19, 24
G. annonce son premier programme de travail en février 1929. Il commence à écrire les premières notes à
partir de juin 1929. Entre-temps il a surtout beaucoup traduit. Il y a une 40aine de notes relativement
courtes sur la totalité de cette année 1929.
Q1,43; Q1, 44: ces textes datent de janvier-février 1930.
Le programme de travail commence à être mis en oeuvre dans le cahier 1 à partir des notes intitulées
Revues types , dont fait partie la note 43.Recensement des revues existantes pour faire le point sur le rôle
joué par les revues dans l'organisation de la culture en Italie, avec des réflexions sur ce qu'il resterait à
faire.
C'est dans le cadre de cette note que commence le travail historique de reprise des questions posées par
l'essai Alcuni temi della quistione meridionale .
L'impression à la lecture est qu'il n'a pas le texte sous ses yeux, mais qu'il l'a suffisamment à l'esprit pour
le réécrire et l'approfondir. Il place au coeur de sa réflexion le rôle des intellectuels dans l'alliance du
prolétariat avec les paysans: idée que la classe ouvrière doit diriger à la fois les paysans et les
intellectuels, retour sur l'expérience fondatrice de l'Ordine Nuovo.
Dans le texte sur la question méridionale, on était encore dans une réflexion contemporaine, menée dans
une perspective stratégique de type révolutionnaire. Ici, on entre dans un travail beaucoup plus
historiographique.
G. développe une réflexion sur le rôle des intellectuels qui dépasse la seule perspective de la question
révolutionnaire contemporaine. Il déplace cette question sur un terrain historique précis qui est celui du
Risorgimento, et il développe en même temps une réflexion théorique générale au cours de laquelle il
construit ses outils d'analyse théoriques.
Ces outils d'analyse naissent à partir de textes qui traitent de questions politiques contemporaines (thèses
de Lyon, essai sur la question méridionale, 1926).
G. évoque le rôle des intellectuels dans le processus du Risorgimento, le rôle des modérés (moderati, c'est
à dire l'unité italienne faite par Cavour avec Victor Emmanuel II - mais surtout Cavour - ainsi qu'une série
de penseurs parmi lesquels notamment Vincenzo Gioberti; positions libérales, fédéralistes ; on les
appelait même les "neo guelfi" = alliance avec le Vatican nécessaire) et du parti d'action (partito d'azione,
avec Mazzini qui militait pour une république unitaire et Garibaldi, l'homme d'action), qui sont les deux
grands mouvements qui ont donné lieu au Risorgimento.
G. commence à réfléchir sur le rapport de forces entre les modérés et les révolutionnaires du parti
d'action, et il analyse de quelle façon les modérés ont réussi à imposer leur hégémonie dès le début, à
savoir avant même l'arrivée au pouvoir au niveau national. Il analyse les raisons pour lesquelles le parti
d'action n'a pas réussi à imposer son hégémonie, et a été au contraire dirigé par les modérés.
Dans Q1,43, G. met aussi au point précisément ce que sont les intellectuels: il faut comprendre non
seulement les groupes que l'on comprend habituellement sous cette dénomination mais en général
l'ensemble des masses sociales qui exercent des fonctions de direction au sens large, ce qui correspond
aux officiers subalternes dans l'armée, et une partie des officiers supérieurs (mais pas l'état-major, ceux
qui sont directement au pouvoir). On a donc, en lien avec une analyse historique, un début de théorisation
des concepts. Cela explique que la théorie d'hégémonie pour Gramsci va avoir une extension plus large
que la seule hégémonie du prolétariat.
On voit enfin ici apparaître la première formulation de "l'intellectuel organique" ("organique" = les
intellectuels d'une même classe expriment immédiatement la position même du groupe social). [Per
analizzare la funzione politico-sociale degli intellettuali occorre ricercare ed esaminare il loro
atteggiamento psicologico verso le classi fondamentali che essi mettono a contatto nei diversi campi:
hanno un atteggiamento «paternalistico» verso le classi strumentali? o credono di esserne una
espressione organica? hanno un atteggiamento «servile» verso le classi dirigenti o si credono essi stessi
dirigenti, parte integrante delle classi dirigenti? Nello sviluppo del Risorgimento, il così detto Partito
d’Azione aveva un atteggiamento «paternalistico», perciò non è riuscito che in misura molto limitata a
mettere le grandi masse popolari a contatto dello Stato. // Pour analyser la fonction politico-sociale des
intellectuels, il faut rechercher et examiner leur attitude psychologique envers les classes fondamentales
qu'ils mettent en contact dans les divers domaines: ont-ils une attitude "paternalistes" envers les classes
instrumentales? ou bien croient-ils en être une expression organique? ont-ils une attitude "servile"
envers les classes dirigeantes ou bien croient-ils qu'ils sont eux-mêmes des dirigeants, une partie
intégrante des classes dirigeantes? Au cours du développement du Risorgimento, le Parti appelé d'Action
avait une attitude paternaliste, et c'est pourquoi il n'a réussi que dans une mesure très limitée à mettre les
grandes masses populaires en contact avec l'Etat?]
La critique fondamentale que G. fait au Parti d'action est l'absence de lien organique entre les dirigeants et
les masses qu'ils sont censés représenter: opposition entre une attitude paternaliste et une attitude
organique. C'est la raison de l'échec de ce parti dans sa tentative de mettre les grandes masses populaires
en contact avec l'Etat.
Ce qui différencie les modérés et le parti d'action, c'est le caractère organique des intellectuels modérés et
celui au contraire "inorganique" (Gramsci emploie le mot "paternaliste") des intellectuels liés au parti
d'action. D'où l'hégémonie réussie des modérés et l'absence d'hégémonie du parti d'action.
Cette analyse est à la base de ce qu’il va théoriser ensuite : le Risorgimento a été une "révolution
passive".
Cette idée du caractère paternaliste, inorganique des hommes du parti d'action s'exprime dans l'erreur
d'appréciation de Mazzini qui ne s'est pas occupé de la question agraire dans le sud. Il explique que le rôle
qu'ils auraient dû jouer s'ils avaient été "organiques" est le suivant: développer véritablement l'idée que
les paysans puissent accéder à la propriété privée. Ce qui n'est pas arrivé (illusion des paysans siciliens
etc. cf. la nouvelle Libertà de l'écrivain Giovanni Verga qui décrit à la fois l'insurrection des paysans
contre les propriétaires fonciers et leur répression par les Garibaldiens)
Q1, 44:: c'est le premier § dans lequel apparaît une théorisation de l'hégémonie dans les Cahiers. janvierfévrier 1930. (non traduit en français dans les Cahiers, Gallimard 1983, il peut être lu dans la version C
de Q19, 24)
Il est intéressant de noter qu'entre la version A et C le titre change. Dans la version A (Q1, 44, le titre était
"direction politique de classe avant et après l'arrivée au gouvernement"). C'est un titre théorique, relevant
de ce que G appelle lui-même la "science politique". Dans la rédaction C, le titre est le suivant : "le
problème de la direction politique dans la formation et dans le développement de la nation et de l'Etat
moderne en Italie"
La réécriture permet de viser le contenu réel d'une note, qui correspond beaucoup mieux au titre définitif,
de nature historiographique, plutôt qu'au titre initial, plus théorique. Ce titre théorique correspondait en
fait exactement à la question posée par un seul passage: celui où apparait la première fois la notion
d'hégémonie dans les Cahiers.
L'hégémonie peut et doit être construite dès avant l'arrivée au pouvoir et doit continuer à être construite et
alimentée une fois qu'un parti est arrivé au gouvernement. Une fois qu'il domine effectivement, qu'il a
pris le pouvoir, il doit continuer à diriger. L'hégémonie doit être là avant, pendant et après. Mais cette
affirmation découle directement de sa réflexion sur le rôle des modérés et du parti d'action pendant le
Risorgimento.
Le texte dans la version C définitive fait état de modifications, amplifications de certains termes (comme
notamment la transformation quasi-systématique du vocable "classe" en vocable"groupe"), mais pas d'une
altération véritable du contenu.
Moment théorique important du texte (dans sa version C [Q19,24], datant de 1934 ; les variantes majeures
de A [Q1,44], datant de 1930, sont indiquées entre crochets): "Le critère méthodologique [historicopolitique] sur lequel il nous faut fonder notre examen [recherche] est le suivant : la suprématie d'un
groupe social [classe] se manifeste de deux façons : comme <<domination>> et comme <<direction
intellectuelle et morale >> Un groupe social est dominant par rapport aux groupes [classes] adverses,
qu'il tend à << liquider >> ou à soumettre en employant même la force armée, et il est dirigeant des
groupes [classes] proches et alliés. Un groupe social [classe] peut et même doit être dirigeant dès avant
la conquête du pouvoir gouvernemental (c'est là une des conditions principales pour la conquête même
du pouvoir) [NB: cette dernière parenthèse est un ajout de C qui accentue encore l'importance de
l'hégémonie comme direction préalable des groupes alliés dans la conquête du pouvoir]; ensuite, quand il
exerce le pouvoir, et même s'il le tient fortement en main, il devient dominant mais doit continuer à être
ausse "dirigeant"".
A la suite de quoi G poursuit son analyse historique de "l'action hégémonique, dans le domaine
intellectuel, moral et politique", exercée par les modérés sur le parti d'Action.
Cette action hégémonique permet que le Risorgimento soit une "révolution sans révolution", c'est-à-dire,
comme G le précise dans un second temps, une révolution "sans Terreur" ou encore une "révolution
passive".
(Fréquents rapprochements avec la révolution française : parti d'action // jacobins ; modérés // girondins;
mais ce rapprochement permet justement de mettre en évidence l'échec du Parti d'action).
Il entre ensuite dans le détail de l'articulation action des intellectuels et hégémonie morale et
intellectuelle, et il évoque ici pour la première fois ce que sont "les intellectuels au sens organique" (et
non pas encore "les intellectuels organiques" contrairement à la traduction française Gallimard): "Les
modérés étaient des intellectuels déjà condensés naturellement, de par le caractères organique de leurs
rapports avec les groupes sociaux [classes] dont ils étaient l'expression"
A partir de là, G formule un ultérieur "critère de recherche historico-politique": "il n'existe pas de classe
indépendante d'intellectuels, mais chaque groupe social [classe] a sa propre catégorie [en it.: "ceto"]
d'intellectuels". A ce stade de la réflexion, il apparaît donc que l'hégémonie est produite par les
intellectuels d'un certain groupe social lorsque leur rapport à ce groupe est bien "organique", lorsqu'ils
sont "condensés" à ce groupe. Car alors ils exercent un tel "pouvoir d'attraction qu'ils finissent, en
dernière analyse, par se subordonner les intellectuels des autres groupes sociaux [classes]". Les
intellectuels de la classe historiquement progressiste ont tendance à influencer les autres, si bien que les
intellectuels se subordonnent à ce groupe --> solidarité de tous les intellectuels (liens d'ordre
psychologique et sociologique, i.e. de "caste")
On a ici dans le détail une description des éléments principaux d’une hégémonie réussie : le prestige, la
puissance d ‘influence des intellectuels représentant une certaine classe ou un certain groupe social sur
tout le reste des intellectuels du pays, c’est-à-dire ceux qui peuvent représenter des intérêts divergents.
Séminaire Pensée politique italienne:
Lire les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci
Séance du mardi 20 novembre 2012
"Egemonia"
Notes prises par Adeline, Amélie, Martin et relues par JC et Romain
Avant de reprendre sur la notion d'hégémonie, une précision sur la signification d’intellectuel organique
qu'on avait commencé à discuter lors de la dernière séance. Q1, 44: l’intellectuel « au sens organique »
est celui qui exprime immédiatement sa classe d’appartenance ; il y a alors « concentration organique »,
et ces intellectuels exercent dans ce cas une « puissante attraction » sur toute la masse des intellectuels, «
de façon spontanée ».
Nous reprendrons ces questions plus tard, à partir de l’analyse de la note Q4,49 (nov. 1930), Gli
intellettuali, [>1932, Q12,1]. G. y développe une opposition entre intellectuels « organiques » et
intellectuels « traditionnels » (opposition qui n’est pas exactement assimilable à l'opposition intellectuels
critiques vs intellectuels non critiques, i.e. intellectuels conscients de leur appartenance de classe vs
intellectuels s’illusionnant sur leur identité socialement et politiquement constituée).
Plusieurs points sont à souligner dans le premier approfondissement de la notion d’hégémonie dans le
Q1 (notes de 1930)
1. G. déploie cette notion dans une perspective comparatiste; la question ville-campagne.
G. part d'une analyse du Risorgimento (modérés vs parti d'action) au cours de laquelle il fait une
comparaison avec le rôle des jacobins dans la révolution française avec la question: pourquoi le parti
d'action n'a pas joué le rôle que les jacobins ont joué?
« On peut faire une comparaison entre les jacobins et le Partito d'Azione. Les jacobins luttèrent
infatigablement pour assurer un lien entre ville et campagne et ils y réussirent victorieusement » (Q1, 44
>Q19, 24; cf. pp. 62 63 de l'édition française des cahiers 19 à 29) . Gramsci affirme que les jacobins ont
réussi avec succès à allier la ville et la campagne. Il prend également un exemple littéraire avec Eugène
Sue qui a transformé en litttérature la position jacobine: lien intime entre les intellectuels et le peuple.
Un peu plus loin dans Q1, 44 (pp. 73-75), G. fait une analyse de la révolution française. Les jacobins ont
su gagner les campagnes. Les paysans ont compris que leurs intérêts rejoignent ceux des bourgeois. Cela
n'a pas pu marcher dans la situation italienne de 1848, notamment parce que le "spectre" communiste
faisait déjà trop peur pour que l'idée jacobine puisse s'imposer.
Autre volet de cette approche comparatiste: comparaison avec l'histoire italienne plus ancienne,
depuis les Communes du Moyen-Age jusqu'à la Renaissance. La question du rapport ville-campagne
apparaît là centrale, et Machiavel est présenté comme celui qui l'avait directement posée:
« le maître d'art politique le plus classique des groupes dirigeants italiens, Machiavel, avait lui aussi
posé le problème, dans les termes et avec les préoccupations de son temps, cela va de soi. Dans les écrits
politico-militaires de Machiavel, la nécessité de subordonner de façon organique les masses populaires
aux couches dirigeantes, pour créer une milice nationale capable d'éliminer les compagnies de
mercenaires, est assez bien perçue ».
Il fait souvent cette articulation entre la ville de Florence et la campagne qui entoure directement Florence
qui est sous domination florentine: rapport fondamental pour Machiavel qui a permis la mise en place de
la "milizia", l'armée de Florence composée de paysans sous juridiction florentine, destinée à remplacer les
troupes de mercenaires étrangers à la solde de Florence.
> Cette forme d'émancipation de la notion d'hégémonie gramscienne par rapport à son substrat léninien
d'hégémonie du prolétariat est permise par cette grille d'analyse comparatiste. Ce n'est pas seulement une
notion stratégique.
2. La notion d'hégémonie est placée dès le début des Cahiers sur le terrain politique et culturel.
Plusieurs hypothèses pour l'expliquer, à trouver dans les Cahiers, dans les textes antérieurs, dans son
expérience :
2.1: Il fait directement référence à l'expérience de l'Ordine Nuovo de 1919/1920. "Direzione
consapevole" (= en conscience de cause, bien informée, avertie) ; ce type de travail est opposé à la
spontanéité des masses, des situations révolutionnaires, qui ne sont pas pour autant à "mépriser", mais à
prendre en compte (idée d'un "Socrate du prolétariat", pratique constante qui ne serait pas dirigée par le
Parti).
Q3, 48 (juin-juillet 1930), rubrique "Passé et présent", "spontanéité et direction consciente": il se penche
sur la question de la spontanéité dans l'histoire des classes subalternes, qui justifie toute l'importance
donnée à la question de la direction lors du mouvement turinois.
« Trascurare e peggio disprezzare i movimenti così detti «spontanei», cioè rinunziare a dar loro una
direzione consapevole, ad elevarli ad un piano superiore inserendoli nella politica, può avere spesso
conseguenze molto serie e gravi. Avviene quasi sempre che a un movimento «spontaneo» delle classi
subalterne si accompagna un movimento reazionario della destra della classe dominante, per motivi
concomitanti: una crisi economica, per esempio, determina malcontento nelle classi subalterne e
movimenti spontanei di massa da una parte, e dall’altra determina complotti dei gruppi reazionari che
approfittano dell’indebolimento obbiettivo del governo per tentare dei colpi di Stato. Tra le cause
efficienti di questi colpi di Stato è da porre la rinunzia dei gruppi responsabili a dare una direzione
consapevole ai moti spontanei e a farli diventare quindi un fattore politico positivo. ».
"Négliger, et, ce qui est pire, mépriser les mouvements dits « spontanés », c'est-à-dire renoncer à leur
donner une direction consciente, à les hausser sur un plan supérieur en les insérant dans la politique,
peut avoir souvent des conséquences très sérieuses, très graves. Il arrive presque toujours qu'un
mouvement « spontané » des classes subalternes soit accompagné d'un mouvement réactionnaire de la
droite de la classe dominante, pour des motifs concomitants : une crise économique, par exemple,
détermine d'une part un mécontentement des classes subalternes et des mouvements spontanés des
masses, et de l'autre elle détermine des complots de la part de groupes réactionnaires qui profitent de
l'affaiblissement objectif du gouvernement pour tenter des coups d'État. Parmi les causes efficientes de
ces coups d'État il faut placer le refus des groupes responsables de donner une direction consciente aux
mouvements spontanés et à faire par là qu'ils deviennent un facteur politique positif."
Quand il parle de direction ici il fait directement référence à l'expérience de l'Ordine Nuovo. Mais malgré
tout, il nous dit que cela n'a pas suffi, car le résultat de tout cela a été le fascisme; Il évoque clairement la
responsabilité du parti socialiste dans l'arrivée au pouvoir de Mussolini. : "le renoncement des groupes
responsables à donner une direction consciente aux mouvements spontanés...").
Les Cahiers de prison sont la poursuite de cette réflexion sur cet échec de la révolution qui a donné lieu
au fascisme. Il faut donc s'interroger sur ce qu'il faut faire à présent dans le cadre d'une dictature fasciste.
"Hégémonie" est ici synonyme de "direction": c'est aussi un travail culturel et non purement politique.
2.2 L'expérience des modérés pendant le Risorgimento. C'est avant tout sur la base de cette
réflexion historiographique que se construit la notion gramscienne d'hégémonie : sur la base d'une
"révolution sans révolution", appelée dans un second temps "révolution passive" (emprunt du concept de
Cuoco). C'est-à-dire une révolution bourgeoise mais non jacobine, un mouvement de transformation
menée par la classe dominante. Q1-46 (>19-27), texte de février 1930 ("les modérés et les intellectuels").
C'est là qu'il commence à parler d'éducation et de pédagogie comme mode, pratique concrète de
construction de l'hégémonie. Il identifie dans le Risorgimento la réussite d'une hégémonie essentiellement
assurée par les intellectuels - les modérés. Peut nous amener à poser l'hypothèse suivante : est-ce que la
place si importante de l'éducation, de la culture dans la théorie gramscienne de l'hégémonie, vient en
grande partie de ce qu'il a développé cette réflexion sur la base d'une réflexion sur le Risorgimento ? Quel
est le rôle du Risorgimento dans la place qu'il accorde à la culture dans la construction de l'hégémonie ?
Importance comme instrument d'hégémonie des structures culturelles et pédagogiques.
Ici hégémonie = le processus à mettre en oeuvre et non le résultat. G. définit ce principe comme une
conception générale de la vie ou philosophie (pour lui Gioberti avait réussi d'une certaine manière, même
si c'est discutable) ; et d'autre part comme programme pédagogique, avec tout ce qui sera développé sur le
fonctionnement de l'université, la réforme Gentile, les programmes scolaires avant le fascisme puis sous
le fascisme. [Q1-46 (>19-27): "L’egemonia di un centro direttivo sugli intellettuali si afferma attraverso
due linee principali: 1) una concezione generale della vita, una filosofia (Gioberti), che offra agli
aderenti una «dignità» intellettuale che dia un principio di distinzione e un elemento di lotta contro le
vecchie ideologie dominanti coercitivamente; 2) Un programma scolastico, un principio educativo e
pedagogico originale che interessi e dia un’attività propria, nel loro campo tecnico, a quella frazione
degli intellettuali che è la più omogenea e la più numerosa (gli insegnanti, dal maestro elementare ai
professori di Università)"].
Les modérés de ce point de vue sont sinon un modèle du moins une source d'inspiration. Bien des notes
précisent que ce qui définit le Risorgimento, c'est de n'avoir pas su intégrer les revendications et besoins
des masses populaires ; mais ce n'est pas la faute des modérés, ça n'était pas leur rôle, leur objectif ni leur
intérêt, mais c'est la responsabilité des mazziniens, du parti d'action, si ça n'a pas été fait.
3. Le mot hégémonie chez Gramsci a un sens bien plus large que celui de son application politique
et historiographique. Ce n'est pas un concept politique unique, rigoureux et clairement défini qui
définirait toujours la fonction de direction exercée par une classe sur une autre. Non seulement elle est
applicable à des moments historiques divers, mais, de plus, le terme est utilisé dans bien d'autres
contextes, propres à des questions de géographie politique (rapports de force politico-diplomatiques et
intellectuels au niveau international)
L'idée de l'hégémonie d'un pays ou d'une région sur un / une autre est un thème qui revient souvent.
Dès Q1-44 en janvier 1930, il parle d'un homme d'Etat important de la période venant après l'unité,
Francesco Crispi (deux fois président du conseil dans les années 1880-90): G dit alors: Crispi se lie à la
monarchie dont il sent qu'elle sera unitaire du fait des intérêts dynastiques, et il embrasse le principe de
l'hégémonie piémontaise avec une énergie et une fougue que les politiques piémontais eux-mêmes
n'avaient pas: direction prise par le Piémont dans le processus unitaire.
Autre exemple: sur la période des révolutions du XIXème siècle en Europe. Il prend l'exemple de la force
qu'ont pu avoir les principes jacobins ailleurs en Europe en vertu de "l'hégémonie exercée par la France
pendant si longtemps" (cf. éd. fr. p. 78). Il parle également de l'hégémonie parisienne acceptée par les
provinces françaises ou encore en Italie de l'hégémonie du nord sur le sud qui n'a néanmoins pas été
normale ni bénéfique car elle n'a pas été une direction vers un meilleur développement du sud. Dans ce
cas, l'hégémonie s'est présentée comme permanente. Le nord a naturalisé, voire théorisé, son hégémonie
sur le sud y compris avec de pseudo-sciences positivistes.
Il y a donc chez Gramsci un usage assez général de la catégorie d'hégémonie, plus large que sa source
léniniste, qui est généralement utilisée dans des contextes plus historiographiques que politiques (mais
pas seulement). Il incorpore dans l'idée même d'hégémonie des dimensions culturelles, intellectuelles bien
plus larges. Cet usage d'hégémonie est bien souvent passé sous silence dans la critique (ex.: son absence
dans l'index de l'éd. de Gerratana). Or il faut réfléchir à la notion dans toute son extension et englober ce
qui n'est pas exclusivement d'origine marxiste léniniste.
On a donc une matrice qui n'est plus exclusivement marxiste, ni même politique: une matrice
linguistique, très présente et très importante (et sur laquelle, cf. Lo Piparo, Lingua intellettuali egemonia
in Gramsci, Laterza, 1979). On en a la trace très tôt dès les notes de février 1930. Q 1-73 (>Q 23-40), la
première note proprement linguistique des cahiers, qui pose la question de la langue dans l'unité italienne,
et retrace dans ses grandes lignes l'histoire du toscan. On est dans un cadre là aussi typiquement italien
qui traverse toute l'histoire de l'Italie avant même l'unification (cf. Dante, De vulgari eloquentia dès le
XIVe, puis "la question de la langue" au XVIe siècle,: quelle va être la langue vulgaire commune aux
lettrés d'Italie?). G. fait référence en particulier à une polémique qui a opposé Ascoli (grand linguiste du
XIXème, fondateur de la méthode historico-comparative) à Manzoni. . Cette notion a été nourrie par la
tradition d'études linguistiques et philologiques qui constitue le point fort de la formation de Gramsci luimême, qui était élève de Bartoli à Turin, un des plus grands linguistes de l'époque ("néo-linguiste" opposé
aux "néo-grammairiens").
Et à partir de cette tradition d'études philologiques, Gramsci a théorisé l'idée que la langue ne peut pas
faire l'objet d'une imposition politique quelle qu'elle soit (réforme par le haut impossible etc.); tout cela
est lié à des processus, à des formes d'hégémonies dans le domaine économique, culturel, littéraire, qui se
diffuse à travers les appareils d'hégémonie (journaux, et médias en général). Ainsi la question de
l'hégémonie ne vient pas purement de la tradition léniniste. La question de la traduction est liée aux
processus d'histoire langagière, d'imposition de la langue, de diffusion de la langue, etc. (filologia
romanza)
Q4-38>13, 17-18
Rapports entre structure et superstructure; question des rapports de force.
Il y a chez Gramsci dans ces notes une critique de l’économisme : G. part de Lénine et de sa polémique
contre l’économisme (et le "trade-unionisme") dans Que faire ? (1902): l'économisme est défini dans Que
faire ? comme étant « la conception étroite du rôle de la social-démocratie et de ses tâches politiques ». «
La lutte économique est une lutte professionnelle », et celle que Lénine mène pour la formation d'un parti
organisé s'affirme contre les tendances (opportuniste et « révolutionniste ») du parti social-démocrate
(spontanéité des masses et terrorisme excitatif).
On se rappellera cependant que G. indique qu'il ne faut pas négliger ou pire mépriser les mouvements de
masse spontanés [Trascurare e peggio disprezzare i movimenti così detti «spontanei»...], cf. supra, Q3,
48.
L'idée est la suivante: la lutte économique, la structure à elle-seule et les contradictions à l'intérieur de la
structure ne suffisent pas à la modification de la société.
De plus, G. revient à plusieurs reprises sur ce point: "l'éducateur doit être lui-même éduqué". C'est une
des thèses de Marx sur Feuerbach [que G. a traduites]: "la doctrine matérialiste de la modification des
circonstances et de l'éducation, oublie que ce sont précisément les hommes qui transforment les
circonstances et que l'éducateur a lui-même besoin d'être éduqué".
Autre point: question que Gramsci se pose quelques mois auparavant dans la note Q3-90 (reprise dans le
cahier 25, "aux marges de l'Histoire, histoire des groupes sociaux subalternes", note Q25, 5) d'août 1930
consacrée à l'histoire des classes subalternes. Il se pose la question suivante: comment est-ce qu'une classe
qui est subalterne donc qui a peu d'intellectuels organiques et qui ne peut "s'unifier dans l'Etat" peut
devenir une classe hégémonique, aspirant à la direction ? G. pense qu'on peut de donner les moyens de
comprendre à partir de l’analyse de la bourgeoisie, de la façon dont la bourgeoisie, de classe subalterne,
est devenue hégémonique – classe dirigeante puis dominante… = on pourrait se le fixer comme « canone
di ricerca storica »["Un canone di ricerca storica si potrebbe costruire studiando la storia della
borghesia in questo modo [...]: la borghesia ha preso il potere lottando contro determinate forze sociali
aiutata da determinate altre forze; per unificarsi nello Stato doveva eliminare le une e avere il consenso
attivo o passivo delle altre".] La bourgeoisie française a pris le pouvoir en luttant contre des forces
sociales déterminées, en étant aidée par d'autres : elle devait avoir leur consensus actif ou passif. Sans
cette adhésion elle n'aurait pas pu s'unifier dans l'Etat [unificarsi nello Stato]. Mais la bourgeoisie
italienne n'a pas su unifier le peuple, c'est une des causes de l'interruption de ce développement, qui a
empêché une révolution rapide et vigoureuse comme la révolution française... Au fond, ce qu'il faut
mener, c'est une analyse phase par phase de la dynamique de la constitution de classe, qu'il faudra
suivre pour le prolétariat.
Dans une partie de Q4, 38 [> Q 13, 17] on trouve l'analyse de cette dynamique de la constitution en classe
consciente de ses fonctions et devoirs de classe, capable de devenir hégémonique avant même de
"s'unifier dans l'Etat"; la dynamique de la constitution de classe découle de l’analyse des différentes
phases des rapports de force.
l'essentiel du phénomène hégémonique réside dans la superstructure. C'est comme ça que G. interprète la
phrase de Marx selon lequel les hommes prennent conscience des conflits principaux (entre formes de
production et structures sociales) dans le domaine de l'idéologie. La politique se déroule dans le domaine
de la superstructure et c'est là que l'hégémonie peut prendre place.
Premier moment : "Un rapporto di forze sociali strettamente legato alla struttura, obbiettivo,
indipendente dalla volontà degli uomini/ un rapport de forces sociales étroitement lié à la structure,
objectif indépendant de la volonté des hommes"
Ce premier moment permet de savoir ce que sont les possibilités objectives de transformation, il permet
de savoir si dans la société existent les conditions nécessaires et suffisantes pour sa transformation
[permette di studiare se nella società esistono le condizioni necessarie e sufficienti per una sua
trasformazione]
Deuxième moment: moment du rapport des forces politiques. Il va alors distinguer trois différents
moments (ou degrés ou phases) correspondant aux divers degrés de la conscience collective:
- Il primo e più elementare è quello economico-corporativo: le premier et le plus élémentaire de ces
mouvements est un moment "économique et corporatif" (ou "économico-corporatif")
- Un secondo momento è quello in cui si raggiunge la coscienza della solidarietà di interessi fra tutti
i membri del gruppo sociale, ma ancora nel campo meramente economico: le deuxième moment est
celui où on atteint la conscience de la solidarité d'intérêt parmi tous les membres du groupe social, mais
encore dans le domaine purement économique. La question de l'Etat se pose alors mais il s'agit
uniquement d'atteindre une égalité politico-juridique avec les autres groupes: obtenir le droit de participer
aux décisions politiques et administratives au sein du cadre existant.
- Un terzo momento è quello in cui si raggiunge la coscienza che i propri interessi corporativi, nel
loro sviluppo attuale e avvenire, superano la cerchia corporativa, di gruppo meramente economico, e
possono e debbono divenire gli interessi di altri gruppi subordinati. Questa è la fase più schiettamente
politica, che segna il netto passaggio dalla struttura alla sfera delle superstrutture complesse, che segna
il netto passaggio dalla struttura alla sfera delle superstrutture complesse. Ce troisième moment est
cellui où on atteint la conscience que ses propres intérêts corporatistes, dans leur développement actuel et
à venir, dépassent le cercle corporatif, de groupe purement économique et qu'ils peuvent et doivent
devenir les intérêts d'autres groupes subordonnés. C'est la phase la plus purement/proprement
politique [è la fase più schiettamente politica]qui marque le net passage de la sphère de la structure à
celle des superstructures complexes.
Jusque là on était encore dans du politico-économique (phases économico-corporatives). Dans cette
phase, on n'a pas seulement la compréhension d'un intérêt de groupe pour le groupe social, mais aussi
pour d'autres groupes subordonnés. Or si on atteint cette conscience de l'intérêt des autres groupes
subordonnés, on atteint alors l'hégémonie avant même la prise de pouvoir d'Etat.
On est là au coeur de l'idée déja évoquée de la nécessité des compromis avec les groupes subordonnés /
alliés, de la nécessité de mettre fin à l'égoïsme de classe. L'idée d'obliger et de forcer (par la coercition)
les groupes alliés à agir dans le sens de l'intérêt d'un seul groupe, est illusoire. Il est nécessaire qu'un réel
enthousiasme existe. "Le recours aux armes et à la coercition est une pure hypothèse méthodique". On a
besoin de la bonne volonté et de l'enthousiasme de l'ensemble des alliés.
=> Lutte contre l'égoïsme de classe, nécessité des compromis et refus de la coercition.
cf. Q 9, 40 (> 13, 23): cit. Q13, 23 : "Se l'unione di due forze è necessaria per vincere una terza, il
ricorso alle armi e alla coercizione (dato che se ne abbia la disponibilità) è una pura ipotesi metodica e
l'unica possibilità concreta è il compromesso, poiché la forza può essere impiegata contro i nemici, non
contro una parte di se stessi che si vuole rapidamente assimilare e di cui occorre la «buona volontà» e
l'entusiasmo." [Si l'union de deux forces est nécessaire pour en vaincre une troisième, le recours aux
armes et à la coercition (pour autant qu'on en ait la possibilité) est une pure hypothèse de méthode et
l'unique concrète est le compromis, dans la mesure où la force peut être employée contre les ennemis,
non contre une partie de soi-même que l'on veut rapidement assimiler et dont la "bonne volonté" et
l'enthousiasme sont nécessaires.]
Il terzo momento è quello del rapporto delle forze militari [le troisième moment est celui des rapports
des forces militaires] où l'on peut distiguer le militaire proprement dit et le politico-militaire.
Quelques conclusions historiques : le lien « teoria dell’egemonia », « teoria dello Stato », « storia
degli intellettuali »
Sur les intellectuels, Q4, 49, novembre 1930, qui fait un lien explicite avec Q4, 38:
G. y pose les questions suivantes: Les intellectuels: sont-ils un groupe social autonome ? Ou alors chaque
groupe social a-t-il sa propre catégorie d'intellectuels ? Le problème est complexe évidemment. Problème
des intellectuels italiens dans l'histoire (notamment ecclésiastiques) : il n'étaient pas national-populaires
mais cosmopolites, ils avaient une vision universelle - l'empire d'un côté, la papauté de l'autre...
Deuxième grande question : les limites de l'acception du terme d'intellectuel. Les intellectuels sont tous
ceux qui jouent un rôle d'organisation et de lien (funzione «organizzativa» o connettiva") dans la société;
c'est donc une très large acception.
Un fois établies ces distinctions, G. met en évidence que les intellectuels ont pour fonction d'organiser
l'hégémonie:
Q4, 49: "Fatte queste distinzioni si può concludere per ora: il rapporto tra gli intellettuali e la
produzione non è immediato, come avviene per i gruppi sociali fondamentali, ma è mediato ed è mediato
da due tipi di organizzazione sociale: a) dalla società civile, cioè dall’insieme di organizzazioni private
della società, b) dallo Stato. Gli intellettuali hanno una funzione nell’«egemonia» che il gruppo
dominante esercita in tutta la società e nel «dominio» su di essa che si incarna nello Stato e questa
funzione è precisamente «organizzativa» o connettiva: gli intellettuali hanno la funzione di organizzare
l’egemonia sociale di un gruppo e il suo dominio statale, cioè il consenso dato dal prestigio della
funzione nel mondo produttivo e l’apparato di coercizione per quei gruppi che non «consentono» né
attivamente né passivamente o per quei momenti di crisi di comando e di direzione in cui il consenso
spontaneo subisce una crisi. Da quest’analisi risulta un’estensione molto grande del concetto di
intellettuali, ma solo così mi pare sia possibile giungere ad una approssimazione concreta della realtà"
[Une fois faites ces distinctions on peut conclure pour le moment: le rapport entre les intellectuels et la
production n'est pas immédiat, comme il en va pour les groupes sociaux fondamentaux, mais il est médié
et il est médié par deux types d'organisation sociale: a) par la société civile, c'est-à-dire par l'ensemble des
organisations privées de la société, b) par l'Etat. Les intellectuels ont une fonction dans l'hégémonie que le
groupe dominant exerce dans toute la société et dans la "dominattion" sur cette dernière qui s'incarne dans
l'Etat, et cette fonction est précisément "organisatrice" ou connective [=consiste à organiser et à relier];
les intellectuels ont pour fonction d'organiser l'hégémonie sociale d'un groupe et sa domination étatique,
c'est-à-dire le consentement donné par le prestige de la fonction dans le monde productif et l'appareil de
coercition pour les groupes qui ne "consentent" ni activement ni passivement ou pour les moments de
crise de commandement et de direction dans lesquels le consentement spontané subit une crise. De cette
analyse découle une extension très large du concept d'intellectuels, mais ce n'est qu'ainsi, me semble-t-il,
qu'il est possible d'atteindre une approximation concrète de la réalité"]
Sur l'Etat et l'hégémonie [rappel: les citations sont tirées ici de 13, 17 et 18 mais elles sont formulées
sans changement majeur en Q4, 38, i.e. en octobre 1930 et il est clair qu'elles s'opposent au "tournant à
l'intérieur du PCUS]:
Q13, 17.« Lo Stato è concepito sì come organismo proprio di un gruppo, destinato a creare le condizioni
favorevoli alla massima espansione del gruppo stesso, ma questo sviluppo e questa espansione sono
concepiti e presentati come la forza motrice di un’espansione universale, di uno sviluppo di tutte le
energie «nazionali», cioè il gruppo dominante viene coordinato concretamente con gli interessi generali
dei gruppi subordinati e la vita statale viene concepita come un continuo formarsi e superarsi di equilibri
instabili (nell’ambito della legge) tra gli interessi del gruppo fondamentale e quelli dei gruppi
subordinati, equilibri nei quali gli interessi del gruppo dominante prevalgono ma fino a un certo punto,
non cioè fino al gretto interesse economico-corporativo »
L'
Q13, 18 : Il fatto dell’egemonia presuppone indubbiamente che sia tenuto conto degli interessi e delle
tendenze dei gruppi sui quali l’egemonia verrà esercitata, che si formi un certo equilibrio di
compromesso, che cioè il gruppo dirigente faccia dei sacrifizi di ordine economico-corporativo, ma è
anche indubbio che tali sacrifizi e tale compromesso non possono riguardare l’essenziale, poiché se
l’egemonia è etico-politica, non può non essere anche economica, non può non avere il suo fondamento
nella funzione decisiva che il gruppo dirigente esercita nel nucleo decisivo dell’attività economica.
Lettre du 3 août 1931: son centre d'intérêt consiste à fixer certains aspects caractéristiques dans l'histoire
des intellectuels italiens et d'approfondir le concept d'Etat [...]. : "uno degli argomenti che piú mi ha
interessato in questi ultimi anni è stato quello di fissare alcuni aspetti caratteristici nella storia degli
intellettuali italiani. Questo interesse nacque da una parte dal desiderio di approfondire il concetto di
Stato e dall'altra parte di rendermi conto di alcuni aspetti dello sviluppo storico del popolo italiano."
Giuseppe Vacca écrit que les thématiques de réflexion politique étaient proposées par Sraffa à Tania, pour
qu'elle les transmette à G, et il le faisait en accord avec Togliatti. Dans la réponse de Gramsci dans une
lettre du 7 septembre 1931; il est clair que l'hégémonie, l'histoire des intellectuels et la théorie de l'Etat
sont au centre de sa réflexion.
[tr. fr. de la lettre du 7 septembre 1931] Je voudrais répondre quelque chose à ta lettre du 28 août,
où tu fais allusion à mon travail sur les « intellectuels italiens ». On voit que tu as parlé avec Piero,
car certaines choses, il n'y a que lui qui peut te les avoir dites [...]
L'étude que j'ai faite sur les intellectuels est très vaste dans son dessein et je ne crois vraiment pas qu'il
existe en Italie de livres sur ce sujet. Il existe bien sûr un important matériel d'érudition, mais dispersé
dans une quantité innombrable de revues et d'archives historiques locales. D'ailleurs j'élargis beaucoup
la notion d'intellectuel et je ne me limite pas à la notion courante qui ne s'applique qu'aux grands
intellectuels. Cette étude amène aussi à préciser quelque peu le concept d'État par quoi on
entend d'ordinaire la Société politique (ou dictature, ou appareil coercitif pour adapter les
masses populaires au type de production et à l'économie d'une époque donnée) et non
l'équilibre entre la Société politique et la Société civile (ou hégémonie qu'un groupe social exerce
sur la société nationale dans son entier par le moyen d'organisations prétendument privées,
comme l'église, les syndicats, les écoles etc.); et c'est justement dans la société civile qu'opèrent en
particulier les intellectuels (Benedetto Croce, par ex., est une espèce de pape laïc et il est un instrument
très efficace d'hégémonie, même s'il peut lui arriver de se trouver en opposition avec tel ou tel
gouvernement etc.).
Cette conception du rôle des intellectuels éclaire, selon moi, la raison ou une des raisons de la chute des
Communes médiévales, c'est-à-dire du gouvernement d'une classe économique qui n'a pas su se créer sa
propre catégorie d'intellectuels et donc exercer une hégémonie et pas seulement une dictature; les
intellectuels italiens n'avaient pas un caractère populaire-national mais cosmopolite sur le modèle de
l'Église et il était indifférent à Léonard de vendre au duc de Valentinois les plans des fortifications de
Florence. Les Communes furent donc un état corporatif qui ne réussit pas à dépasser ce stade et à devenir
un État intégral comme le proposait en vain Machiavel, qui à travers l'organisation de l'armée voulait
organiser l’hégémonie de la ville sur la campagne, ce pourquoi on peut l'appeler le premier
jacobin italien (le second a été Carlo Cattaneo, mais il avait trop de chimères en tête). Il s'ensuit que la
Renaissance doit être considérée comme un mouvement réactionnaire et répressif par rapport au
développement des Communes etc. Je te donne ces indications pour te convaincre que chaque période de
l'histoire italienne, depuis l'Empire Romain jusqu'au Risorgimento, doit être considérée de ce point de vue
monographique.
Q1, 44 (genn.febbr. 1930) :
§ Direzione politica di classe prima e dopo
l’andata al governo. Tutto il problema delle
varie correnti politiche del Risorgimento, dei
loro rapporti reciproci e dei loro rapporti con
le forze omogenee o subordinate delle varie
sezioni (o settori) storiche del territorio
nazionale si riduce a questo fondamentale:
che i moderati rappresentavano una classe
relativamente omogenea, per cui la direzione
subì oscillazioni relativamente limitate,
mentre il Partito d’Azione non si appoggiava
specificamente a nessuna classe storica e le
oscillazioni che subivano i suoi organi
dirigenti in ultima analisi si componevano
secondo gli interessi dei moderati: cioè
storicamente il Partito d’Azione fu guidato
dai moderati (l’affermazione di Vittorio
Emanuele II di «avere in tasca», o qualcosa
di simile, il Partito d’Azione è esatta, e non
solo per i suoi contatti personali con
Garibaldi; il Partito d’Azione storicamente fu
guidato da Cavour e da Vittorio Emanuele
II). Il criterio storico-politico su cui
bisogna fondare le proprie ricerche è
questo: che una classe è dominante in due
modi, è cioè «dirigente» e «dominante». È
dirigente delle classi alleate, è dominante
delle classi avversarie. Perciò una classe
già prima di andare al potere può essere
«dirigente» (e deve esserlo): quando è al
potere diventa dominante ma continua ad
essere anche «dirigente».
I moderati continuarono a dirigere il Partito
d’Azione anche dopo il 70 e il
«trasformismo» è l’espressione politica di
questa azione di direzione; tutta la politica
Q19, 24, 1934 [testo C; il testo A è Q1,
44,] Il problema della direzione politica
nella formazione e nello sviluppo della
nazione e dello Stato moderno in Italia. Tutto
il problema della connessione tra le varie
correnti politiche del Risorgimento, cioè dei
loro rapporti reciproci e dei loro rapporti con
i gruppi sociali omogenei o subordinati
esistenti nelle varie sezioni (o settori)
storiche del territorio nazionale, si riduce a
questo dato di fatto fondamentale: i moderati
rappresentavano
un
gruppo
sociale
relativamente omogeneo, per cui la loro
direzione subí oscillazioni relativamente
limitate (e in ogni caso secondo una linea di
sviluppo organicamente progressivo), mentre
il cosí detto Partito d’Azione non si
appoggiava specificamente a nessuna classe
storica e le oscillazioni subite dai suoi organi
dirigenti in ultima analisi si componevano
secondo gli interessi dei moderati; cioè
storicamente il Partito d’Azione fu guidato
dai moderati: l’affermazione attribuita a
Vittorio Emanuele II di «avere in tasca» il
Partito d’Azione o qualcosa di simile è
praticamente esatta e non solo per i contatti
personali del Re con Garibaldi, ma perché di
fatto il Partito d’Azione fu diretto
«indirettamente» da Cavour e dal Re. Il
criterio metodologico su cui occorre
fondare il proprio esame è questo: che la
supremazia di un gruppo sociale si
manifesta in due modi, come «dominio» e
come «direzione intellettuale e morale».
Un gruppo sociale è dominante dei gruppi
avversari che tende a «liquidare» o a
sottomettere anche con la forza armata ed
è dirigente dei gruppi affini e alleati. Un
gruppo sociale può e anzi deve essere
dirigente già prima di conquistare il
potere governativo (è questa una delle
condizioni principali per la stessa
conquista del potere); dopo, quando
esercita il potere e anche se lo tiene
fortemente in pugno, diventa dominante
ma deve continuare ad essere anche
«dirigente». I moderati continuarono a
dirigere il Partito d’Azione anche dopo il
1870 e il 1876 e il cosí detto «trasformismo»
non è stato che l’espressione parlamentare di
italiana dal 70 ad oggi è caratterizzata dal
«trasformismo», cioè dall’elaborazione di
una classe dirigente nei quadri fissati dai
moderati dopo il 48, con l’assorbimento degli
elementi attivi sorti dalle classi alleate e
anche da quelle nemiche. La direzione
politica diventa un aspetto del dominio, in
quanto l’assorbimento delle élites delle classi
nemiche porta alla decapitazione di queste e
alla loro impotenza. Ci può e ci deve essere
una «egemonia politica» anche prima della
andata al Governo e non bisogna contare
solo sul potere e sulla forza materiale che
esso dà per esercitare la direzione o
egemonia politica. Dalla politica dei
moderati appare chiara questa verità ed è la
soluzione di questo problema che ha reso
possibile il Risorgimento nelle forme e nei
limiti in cui esso si è effettuato di rivoluzione
senza rivoluzione o di rivoluzione passiva
secondo l’espressione di V. Cuoco [Aggiunto
a margine in epoca posteriore]. . In quali
forme i moderati riuscirono a stabilire
l’apparato della loro direzione politica? In
forme che si possono chiamare «liberali»
cioè attraverso l’iniziativa individuale,
«privata» (non per un programma «ufficiale»
di partito, secondo un piano elaborato e
costituito precedentemente all’azione pratica
e organizzativa). Ciò era «normale», data la
struttura e la funzione delle classi
rappresentate dai moderati, delle quali i
moderati erano il ceto dirigente, gli
«intellettuali» in senso organico. Per il
Partito d’Azione il problema si poneva in
altro modo e diversi sistemi avrebbero
dovuto essere applicati. I moderati erano
«intellettuali», «condensati» già naturalmente
dall’organicità dei loro rapporti con le classi
di cui erano l’espressione (per tutta una
serie di essi si realizzava l’identità di
rappresentato e rappresentante, di
espresso e di espressivo, cioè gli
intellettuali moderati erano una
avanguardia reale, organica delle classi
alte perché essi stessi appartenevano
economicamente alle classi alte: erano
intellettuali e organizzatori politici e
insieme capi di azienda, grandi
proprietari-amministratori terrieri,
questa azione egemonica intellettuale, morale
e politica. Si può anzi dire che tutta la vita
statale italiana dal 1848 in poi è
caratterizzata dal
trasformismo,
cioè
dall’elaborazione di una sempre piú larga
classe dirigente nei quadri fissati dai
moderati dopo il 1848 e la caduta delle
utopie neoguelfe e federalistiche, con
l’assorbimento graduale ma continuo e
ottenuto con metodi diversi nella loro
efficacia, degli elementi attivi sorti dai
gruppi alleati e anche da quelli avversari e
che parevano irreconciliabilmente nemici. In
questo senso la direzione politica è diventata
un aspetto della funzione di dominio, in
quanto l’assorbimento delle élites dei gruppi
nemici porta alla decapitazione di questi e al
loro annichilimento per un periodo spesso
molto lungo. Dalla politica dei moderati
appare chiaro che ci può e ci deve essere
una attività egemonica anche prima
dell’andata al potere e che non bisogna
contare solo sulla forza materiale che il
potere dà per esercitare una direzione
efficace: appunto la brillante soluzione di
questi problemi ha reso possibile il
Risorgimento nelle forme e nei limiti in cui
esso si è effettuato, senza «Terrore», come
«rivoluzione senza rivoluzione» ossia come
«rivoluzione
passiva»
per
impiegare
un’espressione del Cuoco in un senso un po’
diverso da quello che il Cuoco vuole dire.
In quali forme e con quali mezzi i
moderati riuscirono a stabilire l’apparato (il
meccanismo)
della
loro
egemonia
intellettuale, morale e politica? In forme e
con mezzi che si possono chiamare
«liberali», cioè attraverso l’iniziativa
individuale, «molecolare», «privata» (cioè
non per un programma di partito elaborato e
costituito secondo un piano precedentemente
all’azione
pratica
e
organizzativa).
D’altronde, ciò era «normale», date la
struttura e la funzione dei gruppi sociali
rappresentati dai moderati, dei quali i
moderati erano il ceto dirigente, gli
intellettuali in senso organico.
Per il Partito d’Azione il problema si
poneva in modo diverso e diversi sistemi
organizzativi avrebbero dovuto essere
impiegati. I moderati erano intellettuali
«condensati»
già
naturalmente
dall’organicità dei loro rapporti con i gruppi
sociali di cui erano l’espressione (per tutta
una serie di essi si realizzava l’identità di
rappresentato e rappresentante, cioè i
moderati erano un’avanguardia reale,
organica delle classi alte, perché essi stessi
appartenevano economicamente alle classi
alte: erano intellettuali e organizzatori
politici e insieme capi d’azienda, grandi
agricoltori o amministratori di tenute,
imprenditori commerciali e industriali; ecc.).
Data questa condensazione o concentrazione
organica, i moderati esercitavano una potente
attrazione, in modo «spontaneo», su tutta la
massa d’intellettuali d’ogni grado esistenti
nella penisola allo stato «diffuso»,
«molecolare», per le necessità, sia pure
elementarmente soddisfatte, della istruzione
e dell’amministrazione. Si rileva qui la
consistenza metodologica di un criterio di
ricerca storico-politica: non esiste una
classe indipendente di intellettuali, ma
ogni gruppo sociale ha un proprio ceto di
intellettuali o tende a formarselo; però gli
intellettuali della classe storicamente (e
realisticamente)
progressiva,
nelle
condizioni date, esercitano un tale potere
d’attrazione che finiscono, in ultima
analisi, col subordinarsi gli intellettuali
degli altri gruppi sociali e quindi col
creare un sistema di solidarietà fra tutti gli
intellettuali con legami di ordine
psicologico (vanità ecc.) e spesso di casta
(tecnico-giuridici, corporativi, ecc.).
Questo fatto si verifica «spontaQuesto fenomeno si verifica
neamente» nei periodi storici in cui il gruppo
«spontaneamente» nei periodi in cui quella
sociale dato è realmente progressivo, cioè fa
determinata classe è realmente progressiva,
avanzare
realmente
l’intera
società,
cioè fa avanzare l’intera società,
soddisfacendo non solo alle sue esigenze
soddisfacendo alle sue esigenze esistenziali
non solo, ma ampliando continuamente i suoi esistenziali, ma ampliando continuamente i
propri quadri per la continua presa di
quadri per una continua presa di possesso di
nuove sfere di attività industriale-produttiva. possesso di nuove sfere d’attività economicoproduttiva. Appena il gruppo sociale
Quando la classe dominante ha esaurito la
dominante ha esaurito la sua funzione, il
sua funzione, il blocco ideologico tende a
blocco ideologico tende a sgretolarsi e allora
sgretolarsi e allora alla «spontaneità»
alla «spontaneità» può sostituirsi la
succede la «costrizione» in forme sempre
meno larvate e indirette, fino alle misure vere «costrizione» in forme sempre meno larvate
e indirette, fino alle misure vere e proprie di
e proprie di polizia e ai colpi di Stato.
imprenditori commerciali e industriali,
ecc.). Data questa «condensazione» o
concentrazione organica, i moderati
esercitavano una potente attrazione, in modo
«spontaneo», su tutta la massa d’intellettuali
esistenti nel paese allo stato «diffuso»,
«molecolare», per le necessità, sia pure
elementarmente soddisfatte, della istruzione
pubblica e dell’amministrazione. Si rivela qui
la verità di un criterio di ricerca
storico-politico: non esiste una classe
indipendente di intellettuali, ma ogni classe
ha i suoi intellettuali; però gli intellettuali
della classe storicamente progressiva
esercitano un tale potere di attrazione, che
finiscono, in ultima analisi, col subordinarsi
gli intellettuali delle altre classi e col creare
l’ambiente di una solidarietà di tutti gli
intellettuali con legami di carattere
psicologico (vanità ecc.) e spesso di casta
(tecnico-giuridici, corporativi).
Il Partito d’Azione non poteva avere questo
potere di attrazione ed anzi egli stesso era
attratto, sia per l’atmosfera di intimidazione
che lo rendeva esitante ad accogliere nel suo
programma determinate rivendicazioni
popolari, sia perché alcuni dei suoi uomini
maggiori (Garibaldi, per es.) erano, sia pure
saltuariamente («oscillazioni») in rapporto
personale di subordinazione coi capi dei
moderati. Perché il P. d’A. diventasse una
forza autonoma e, in ultima analisi, per lo
meno riuscisse a imprimere al moto del
Risorgimento un carattere più marcatamente
popolare e democratico (più in là non poteva
andare date le premesse fondamentali del
moto stesso) avrebbe dovuto contrapporre
all’azione «empirica» dei moderati (che era
empirica solo per modo di dire) un
programma organico di governo che
abbracciasse le rivendicazioni essenziali
delle masse popolari, in primo luogo dei
contadini. All’attrazione «spontanea»
esercitata dai moderati, doveva cioè
contrapporre un’attrazione «organizzata»,
secondo un piano.
Come esempio tipico di attrazione spontanea
dei moderati bisogna ricordare il fatto della
nascita del movimento «cattolico-liberale»,
che tanto impressionò il papato e in parte
riuscì a paralizzarlo e a demoralizzarlo,
cacciandolo in una posizione più destra di
quella che avrebbe potuto occupare e quindi
parzialmente isolandolo; il papato ha appreso
la lezione e ha saputo perciò manovrare
magnificamente nei tempi più recenti. Il
modernismo prima e il popolarismo poi sono
fenomeni simili a quello dei
«cattolico-liberali» del Risorgimento: essi
sono in gran parte dovuti al potere di
attrazione «spontanea» esercitata dal
movimento operaio moderno. Il papato (sotto
Pio X) ha colpito il modernismo come
tendenza riformatrice della religione, ma ha
sviluppato il popolarismo, cioè la base
polizia e ai colpi di Stato.
Il Partito d’Azione non solo non poteva
avere, data la sua natura, un simile potere di
attrazione, ma era esso stesso attratto e
influenzato, sia per l’atmosfera di
intimidazione (panico di un ’93 terroristico
rinforzato dagli avvenimenti francesi del ’4849) che lo rendeva esitante ad accogliere nel
suo programma determinate rivendicazioni
popolari (per esempio la riforma agraria), sia
perché alcune delle sue maggiori personalità
(Garibaldi) erano, sia pure saltuariamente
(oscillazioni), in rapporto personale di
subordinazione coi capi dei moderati. Perché
il Partito d’Azione fosse diventato una forza
autonoma e, in ultima analisi, fosse riuscito
per lo meno a imprimere al moto del
Risorgimento un carattere piú marcatamente
popolare e democratico (piú in là non poteva
forse giungere date le premesse fondamentali
del
moto
stesso),
avrebbe
dovuto
contrapporre all’attività «empirica» dei
moderati (che era empirica solo per modo di
dire poiché corrispondeva perfettamente al
fine) un programma organico di governo che
riflettesse le rivendicazioni essenziali delle
masse popolari, in primo luogo dei contadini:
all’«attrazione spontanea» esercitata dai
moderati avrebbe dovuto contrapporre una
resistenza e una controffensiva «organizzata»
secondo un piano.
Come esempio tipico di attrazione
spontanea dei moderati è da ricordare il
formarsi e lo sviluppo del movimento
«cattolico-liberale», che tanto impressionò il
papato e in parte riuscí a paralizzarne le
mosse, demoralizzandolo, in un primo tempo
spingendolo troppo a sinistra – con le
manifestazioni liberaleggianti di Pio IX – e
in un secondo tempo cacciandolo in una
posizione piú destra di quella che avrebbe
potuto
occupare
e
in
definitiva
determinandone l’isolamento nella penisola e
in Europa. Il papato ha dimostrato
successivamente di aver appreso la lezione e
ha saputo nei tempi piú recenti manovrare
brillantemente: il modernismo prima e il
popolarismo poi sono movimenti simili a
quello cattolico-liberale del Risorgimento,
dovuti in gran parte al potere di attrazione
spontanea esercitata dallo storicismo
moderno degli intellettuali laici delle classi
alte da una parte e dall’altra dal movimento
pratico della filosofia della prassi. Il Papato
ha colpito il modernismo come tendenza
riformatrice della Chiesa e della religione
cattolica, ma ha sviluppato il popolarismo,
cioè la base economico-sociale del
modernismo e oggi con Pio XI fa di esso il
fulcro della sua politica mondiale.
Invece il Partito d’Azione mancò
Intanto il Partito d’Azione avrebbe dovuto
addirittura di un programma concreto di
avere un programma di governo, ciò che
governo. Esso, in sostanza, fu sempre, piú
sempre gli mancò. Esso in sostanza fu
che altro, un organismo di agitazione e
sempre, più di tutto, un movimento di
propaganda al servizio dei moderati. I dissidi
agitazione e propaganda dei moderati. I
e i conflitti interni del Partito d’Azione, gli
dissidi e i conflitti interni del Partito
odî tremendi che Mazzini suscitò contro la
d’Azione, gli odi tremendi che Mazzini
suscitò contro di sé da parte dei più cospicui sua persona e la sua attività da parte dei piú
gagliardi uomini d’azione (Garibaldi, Felice
uomini d’azione (Garibaldi stesso, Felice
Orsini, ecc.) furono determinati dalla
Orsini ecc.) sono dovuti a questa mancanza
mancanza di una ferma direzione politica. Le
di direzione politica. Le polemiche interne
polemiche interne furono in gran parte tanto
sono in gran parte altrettanto astratte della
astratte quanto lo era la predicazione del
predicazione di Mazzini, ma da esse si
Mazzini, ma da esse si possono trarre utili
possono trarre utili indicazioni storiche
(valgano per tutti gli scritti del Pisacane, che indicazioni storiche (e valgano per tutti gli
scritti del Pisacane, che d’altronde commise
d’altronde commise errori militari
gravissimi, come l’opposizione alla dittatura errori politici e militari irreparabili, come
l’opposizione alla dittatura militare di
militare di Garibaldi nella Repubblica
Garibaldi nella Repubblica Romana). Il
Romana). Il Partito d’Azione segue la
tradizione «retorica» della letteratura italiana. Partito d’Azione era imbevuto della
tradizione retorica della letteratura italiana:
Confonde l’unità culturale con l’unità
politica e territoriale. Confronto tra giacobini confondeva l’unità culturale esistente nella
penisola – limitata però a uno strato molto
e Partito d’Azione: i giacobini lottarono
sottile della popolazione e inquinata dal
strenuamente per assicurare il legame tra
cosmopolitismo vaticano – con l’unità
città e campagna; furono sconfitti perché
dovettero soffocare le velleità di classe degli politica e territoriale delle grandi masse
popolari che erano estranee a quella
operai; il loro continuatore è Napoleone e
tradizione culturale e se ne infischiavano
sono oggi i radico-socialisti francesi.
dato che ne conoscessero l’esistenza stessa.
Si può fare un confronto tra i giacobini e il
Partito d’Azione. I giacobini lottarono
strenuamente per assicurare un legame tra
città e campagna e ci riuscirono
vittoriosamente. La loro sconfitta come
partito determinato fu dovuta al fatto che a
un certo punto si urtarono contro le esigenze
degli operai parigini, ma essi in realtà furono
continuati in altra forma da Napoleone e
oggi, molto miseramente, dai radicosocialisti di Herriot e Daladier.
economica del modernismo, e oggi, con Pio
XI, fa di ciò il fulcro della sua politica
mondiale.
Nella letteratura politica francese questa
necessità del legame tra città e campagna era
vivissima: ricordare i Misteri del Popolo di
Eugenio Sue, diffusissimi anche in Italia
intorno al 1850 (il Fogazzaro nel Piccolo
Mondo Antico ricorda che F. Maironi [Nel
ms: «P. Maironi»] riceveva clandestinamente
dalla Svizzera i Misteri del Popolo che a
Vienna furono bruciati dal carnefice, credo) e
che insistono con particolare costanza sulla
necessità di legare i contadini alla città; il
Sue è il romanziere della tradizione
giacobina e un antenato di Herriot e di
Daladier da tanti punti di vista (leggenda
napoleonica in Ebreo Errante,
anticlericalismo in tutti i libri ma
specialmente nell’Ebreo Errante, riformismo
piccolo-borghese nei Misteri di Parigi ecc.
ecc.). Il Partito d’Azione era implicitamente
antifrancese per l’ideologia mazziniana (cfr
in «Critica» l’articolo dell’Omodeo Primato
francese e iniziativa italiana, anno 1929, p.
223); ma aveva nella storia italiana la
tradizione a cui collegarsi. La storia dei
Comuni è ricca di esperienza in proposito: la
borghesia nascente cerca alleati nei contadini
contro l’Impero e contro il proprio
feudalismo locale (è vero che la quistione è
resa più complessa dalla lotta tra borghesia e
nobiltà terriera per contendersi la mano
d’opera: i borghesi hanno bisogno di mano
d’opera ed essa può esser data solo dalle
classi rurali; ma i nobili vogliono legati al
suolo i contadini; fuga dei contadini in città,
dove i nobili non possono catturarli. In ogni
modo, anche in diversa situazione, appare
nell’epoca dei Comuni la funzione direttiva
della città che approfondisce la lotta interna
delle campagne e se ne serve come strumento
politico-militare per abbattere il feudalismo).
Ma il più classico maestro di politica per le
classi dirigenti italiane, il Machiavelli, aveva
anch’esso posto il problema, naturalmente
nei termini e con le preoccupazioni del
tempo: nelle scritture militari del Machiavelli
è vista abbastanza bene la necessità di legarsi
Nella letteratura politica francese la
necessità di collegare la città (Parigi) con la
campagna era sempre stata vivamente sentita
ed espressa; basta ricordare la collana di
romanzi di Eugenio Sue, diffusissimi anche
in Italia (il Fogazzaro nel Piccolo mondo
antico, mostra come Franco Maironi
ricevesse clandestinamente dalla Svizzera le
dispense dei Misteri del Popolo, che furono
bruciati per mano del carnefice in alcune
città europee, per esempio a Vienna) e che
insistono con particolare costanza sulla
necessità di occuparsi dei contadini e di
legarli a Parigi; e il Sue fu il romanziere
popolare della tradizione politica giacobina e
un «incunabolo» di Herriot e Daladier per
tanti punti di vista (leggenda napoleonica,
anticlericalismo e antigesuitismo, riformismo
piccolo-borghese, teorie penitenziarie, ecc.).
È vero che il Partito d’Azione fu sempre
implicitamente antifrancese per l’ideologia
mazziniana (confrontare nella «Critica»,
anno 1929, pp. 223 sgg., il saggio
dell’Omodeo su Primato francese e iniziativa
italiana), ma aveva nella storia della penisola
la tradizione a cui risalire e ricollegarsi. La
storia dei Comuni è ricca di esperienze in
proposito: la borghesia nascente cerca alleati
nei contadini contro l’Impero e contro il
feudalismo locale (è vero che la quistione è
resa complessa dalla lotta tra borghesi e
nobili per contendersi la mano d’opera a
buon mercato: i borghesi hanno bisogno di
mano d’opera abbondante ed essa può solo
essere data dalle masse rurali, ma i nobili
vogliono legati al suolo i contadini: fuga di
contadini in città, dove i nobili non possono
catturarli. In ogni modo, anche in situazione
diversa, appare, nello sviluppo della civiltà
comunale, la funzione della città come
elemento direttivo, della città che
approfondisce i conflitti interni nella
campagna e se ne serve come strumento
politico-militare per abbattere il feudalismo).
Ma il piú classico maestro di arte politica per
i gruppi dirigenti italiani, il Machiavelli,
aveva anch’egli posto il problema,
naturalmente nei termini e con le
preoccupazioni del tempo suo; nelle scritture
politico-militari del Machiavelli è vista
abbastanza bene la necessità di subordinare
organicamente le masse popolari ai ceti
dirigenti per creare una milizia nazionale
capace di eliminare le compagnie di ventura.
A questa corrente del Machiavelli deve forse
essere legato Carlo Pisacane, per il quale il
problema di soddisfare le rivendicazioni
popolari (dopo averle suscitate con la
propaganda) è visto prevalentemente dal
punto di vista militare. A proposito del
Pisacane occorre analizzare alcune antinomie
della sua concezione: il Pisacane, nobile
napoletano, era riuscito a impadronirsi di una
serie di concetti politico-militari posti in
circolazione dalle esperienze guerresche
della rivoluzione francese e di Napoleone,
trapiantati a Napoli sotto i regni di Giuseppe
Buonaparte e di Gioacchino Murat, ma
specialmente per l’esperienza viva degli
ufficiali napoletani che avevano militato con
Napoleone (nella commemorazione di
Cadorna fatta da M. Missiroli nella «Nuova
Antologia» [1° marzo 1929] si insiste
sull’importanza che tale esperienza e
tradizione militare napoletana, attraverso il
Pianell,
per
esempio,
ebbe
nella
riorganizzazione dell’esercito italiano dopo il
1870); Pisacane comprese che senza una
politica democratica non si possono avere
eserciti nazionali a coscrizione obbligatoria,
ma è inspiegabile la sua avversione contro la
strategia di Garibaldi e la sua diffidenza
contro Garibaldi; egli ha verso Garibaldi lo
stesso atteggiamento sprezzante che avevano
verso Napoleone gli Stati Maggiori
dell’antico regime.
L’individualità che piú occorre studiare
L’individualità che più occorre studiare per
questi problemi del Risorgimento è Giuseppe per questi problemi del Risorgimento è
Giuseppe Ferrari, ma non tanto nelle sue
Ferrari, non tanto nelle sue opere così dette
opere cosí dette maggiori, veri zibaldoni
maggiori, veri zibaldoni farraginosi e
confusi, quanto nei suoi opuscoli d’occasione farraginosi e confusi, quanto negli opuscoli
d’occasione e nelle lettere. Il Ferrari però era
e nelle sue lettere. Però il Ferrari era in gran
parte fuori della realtà concreta italiana; egli in gran parte fuori della concreta realtà
italiana: si era troppo infranciosato. Spesso i
si era troppo francesizzato. Certe volte
suoi giudizi paiono piú acuti di ciò che
sembra più acuto di quanto realmente fosse,
realmente sono, perché egli applicava
solo perché adattava all’Italia gli schemi
all’Italia
schemi
francesi,
i
quali
francesi, i quali rappresentavano una
situazione ben più avanzata di quella italiana. rappresentavano situazioni ben piú avanzate
Il Ferrari, si può dire, si trovava, nei rapporti di quelle italiane. Si può dire che il Ferrari si
trovava, nei confronti con l’Italia, nella
con l’Italia, nella posizione di un «postero»:
i contadini per avere una milizia nazionale
che elimini le compagnie di ventura.
Pisacane, credo, deve proprio essere legato a
questa corrente del Machiavelli; anche per
Pisacane il problema delle soddisfazioni da
dare alle rivendicazioni popolari è visto
prevalentemente dal punto di vista militare.
A proposito di Pisacane deve essere
analizzata la contraddizione della sua
concezione militare: il Pisacane, principe
napoletano, era riuscito a impossessarsi di
alcune concezioni militari derivate
dall’esperienza della rivoluzione francese e
delle campagne di Napoleone, e che a Napoli
furono trapiantate durante i regni di Giuseppe
Bonaparte e di Gioacchino Murat, ma
specialmente per l’esperienza viva degli
ufficiali napoletani che avevano militato con
Napoleone (vedi in «Nuova Antologia» nella
commemorazione di Cadorna l’importanza
che ha avuto questa esperienza militare
napoletana, attraverso il Pianell,
nell’organizzazione del nuovo esercito
italiano): egli cioè comprese che senza una
politica democratica non si possono avere
eserciti nazionali a coscrizione obbligatoria;
ma è inspiegabile la sua avversione contro la
strategia di Garibaldi e la sua diffidenza di
Garibaldi; egli ha verso Garibaldi la stessa
attitudine sprezzante che avevano i vecchi
stati maggiori contro Napoleone.
posizione di un «postero», e che il suo fosse
in un certo senso un «senno del poi». Il
politico invece deve essere un realizzatore
effettuale ed attuale; il Ferrari non vedeva
che tra la situazione italiana e quella francese
mancava un anello intermedio e che proprio
questo anello importava saldare per passare a
quello successivo. Il Ferrari non seppe
«tradurre» il francese in italiano e perciò
la sua stessa «acutezza» diventava un
elemento di confusione, suscitava nuove
sètte e scolette ma non incideva nel
movimento reale.
Se si approfondisce la quistione, appare
Per molti aspetti appare che la differenza tra
che, per molti riguardi, la differenza tra molti
molti uomini del Partito d’Azione e i
uomini del Partito d’Azione e i moderati era
moderati era più di «temperamento» che
piú di «temperamento» che di carattere
politica. La parola «giacobini» ha finito con
l’assumere due significati: uno è il significato organicamente politico. Il termine di
«giacobino» ha finito per assumere due
proprio, storicamente caratterizzato: un
significati: uno è quello proprio, storicamente
deterininato partito della Rivoluzione
caratterizzato, di un determinato partito della
francese, che concepiva la rivoluzione in un
Rivoluzione francese, che concepiva lo
determinato modo, con un determinato
svolgimento della vita francese in un modo
programma, sulla base di determinate forze
sociali e che esplicò la sua azione di partito e determinato, con un programma determinato,
sulla base di forze sociali determinate e che
di governo con una determinata azione
esplicò la sua azione di partito e di governo
metodica caratterizzata da una estrema
con un metodo determinato che era
energia e risolutezza dipendenti dalla
caratterizzato da una estrema energia,
credenza fanatica nella bontà e di quel
programma e di quel metodo. Nel linguaggio decisione e risolutezza, dipendente dalla
politico i due aspetti del giacobinismo furono credenza fanatica della bontà e di quel
programma e di quel metodo. Nel linguaggio
scissi e si chiamò giacobino l’uomo politico
politico i due aspetti del giacobinismo furono
energico e risoluto perché fanaticamente
scissi e si chiamò «giacobino» l’uomo
persuaso delle virtù taumaturgiche delle sue
politico energico, risoluto e fanatico, perché
idee. Crispi è «giacobino» solo in questo
fanaticamente
persuaso
delle
virtú
senso. Per il suo programma egli è un
taumaturgiche delle sue idee, qualunque esse
moderato puro e semplice. La sua
fossero: in questa definizione prevalsero gli
«ossessione» giacobina è l’unità
elementi distruttivi derivati dall’odio contro
politico-territoriale del paese. Questo
gli avversari e i nemici, piú che quelli
principio è sempre la sua bussola
costruttivi, derivati dall’aver fatto proprie le
d’orientamento, non solo nel periodo del
rivendicazioni
delle
masse
popolari,
Risorgimento ma anche nel periodo
l’elemento settario, di conventicola, di
successivo del suo governo. Uomo
piccolo gruppo, di sfrenato individualismo,
fortemente passionale, egli odia i moderati
come persone; egli vede nei moderati uomini piú che l’elemento politico nazionale. Cosí,
quando si legge che Crispi fu un giacobino, è
dell’ultima ora, eroi della sesta giornata,
in questo significato deteriore che occorre
gente che avrebbe fatto la pace coi vecchi
intendere l’affermazione. Per il suo
regimi se questi fossero diventati
programma Crispi fu un moderato puro e
costituzionali, gente, come i moderati
semplice. La sua «ossessione» giacobina piú
toscani, che si erano aggrappati alla giacca
nobile fu l’unità politico-territoriale del
del granduca per non farlo scappare: egli si
era, in un certo senso, il suo, un «senno del
poi». Il politico invece deve essere un
realizzatore «effettuale e attuale»; egli non
riusciva a costruire l’anello tra la situazione
italiana e quella francese più avanzata, ma
era proprio quest’anello che importava
saldare per passare a quello successivo. Il
Ferrari non seppe tradurre il «francese» in
«italiano», perciò la sua acutezza stessa
diventava un inciampo, creava nuove sette e
scolette, ma non incideva nel movimento
reale.
fidava poco di una unità fatta da non unitari.
Perciò si lega alla monarchia che egli sente
sarà assolutamente unitaria per interessi
dinastici e abbraccia il principio-fatto
dell’egemonia piemontese con una energia e
una foga che non avevano gli stessi politici
piemontesi. Cavour aveva avvertito di non
trattare il Mezzogiorno con gli stati
d’assedio, e Crispi invece subito stabilisce lo
stato d’assedio in Sicilia per il movimento
dei Fasci: accusa i dirigenti dei Fasci di
tramare con l’Inghilterra per il distacco della
Sicilia (trattato di Bisacquino). Si lega
strettamente coi latifondisti siciliani perché
la classe più unitaria per paura delle
rivendicazioni contadine, nello stesso tempo
in cui la sua politica generale tende a
rafforzare l’industrialismo settentrionale con
la guerra di tariffe contro la Francia e col
protezionismo doganale. Egli non esita a
gettare tutto il Mezzogiorno in una crisi
commerciale paurosa pur di rafforzare
l’industria che può dare al paese una vera
indipendenza e allargare la classe dominante:
è la politica di fabbricare il fabbricante. Il
governo dei moderati dal 61 al 76 aveva solo
e timidamente creato le condizioni esterne di
uno sviluppo economico — sistemazione
dell’apparato statale, strade, ferrovie,
telegrafi — e sanato le finanze oberate dai
debiti del Risorgimento; il governo della
Sinistra cercò di rimediare all’odio suscitato
nel popolo dal fiscalismo della Destra, ma
non riuscì ad altro che a questo, ad essere una
valvola di sicurezza; era la politica della
destra con uomini e frasi di sinistra. Crispi
invece dette un reale colpo in avanti alla
società italiana, fu il vero uomo della nuova
borghesia. La sua figura è diminuita dalla
sproporzione tra i fatti e le parole, tra le
repressioni e l’oggetto da reprimere, tra lo
strumento e il colpo vibrato: maneggiava una
colubrina arrugginita come fosse un moderno
pezzo d’artiglieria. Anche la sua politica
d’espansione coloniale è legata alla sua
ossessione unitaria. In questo seppe
comprendere l’innocenza politica del
Mezzogiorno; il contadino meridionale
voleva la terra; Crispi non gliela voleva dare
in Italia stessa, non voleva fare del
paese. Questo principio fu sempre la sua
bussola d’orientamento, non solo nel periodo
del Risorgimento, in senso stretto, ma anche
nel
periodo
successivo,
della
sua
partecipazione al governo. Uomo fortemente
passionale, egli odia i moderati come
persone: vede nei moderati gli uomini
dell’ultima ora, gli eroi della sesta giornata,
gente che avrebbe fatto la pace coi vecchi
regimi se essi fossero divenuti costituzionali,
gente, come i moderati toscani, che si erano
aggrappati alla giacca del granduca per non
farlo scappare; egli si fidava poco di una
unità fatta da non-unitari. Perciò si lega alla
monarchia,
che
egli
capisce
sarà
risolutamente unitaria per ragioni dinastiche,
e abbraccia il principio dell’egemonia
piemontese con una energia e una foga che
non avevano gli stessi politici piemontesi.
Cavour aveva avvertito di non trattare il
Mezzogiorno con gli stati d’assedio: Crispi
invece subito stabilisce lo stato d’assedio e i
tribunali marziali in Sicilia per il movimento
dei Fasci e accusa i dirigenti dei Fasci di
tramare con l’Inghilterra per il distacco della
Sicilia (pseudo-trattato di Bisacquino). Si
lega strettamente ai latifondisti siciliani,
perché è il ceto piú unitario per paura delle
rivendicazioni contadine, nello stesso tempo
in cui la sua politica generale tende a
rafforzare l’industrialismo settentrionale con
la guerra di tariffe contro la Francia e con
protezionismo doganale: egli non esita a
gettare il Mezzogiorno e le isole in una crisi
commerciale paurosa, pur di rafforzare
l’industria che poteva dare al paese una
indipendenza reale e avrebbe allargato i
quadri del gruppo sociale dominante; è la
politica di fabbricare il fabbricante. Il
governo della destra dal ’61 al ’76 aveva solo
e timidamente creato le condizioni generali
esterne per lo sviluppo economico:
sistemazione dell’apparato governativo,
strade, ferrovie, telegrafi e aveva sanato le
finanze oberate dai debiti per le guerre del
Risorgimento. La Sinistra aveva cercato di
rimediare all’odio suscitato nel popolo dal
fiscalismo unilaterale della Destra, ma non
era riuscita che ad essere una valvola di
sicurezza: aveva continuato la politica della
«giacobinismo economico»; gli prospettò il
miraggio delle terre coloniali da sfruttare.
L’imperialismo di Crispi è un imperialismo
rettorico passionale, senza base
economico-finanziaria. L’Europa
capitalistica, ricca di capitali, li esportava
negli imperi coloniali che andò allora
creando. Ma l’Italia non solo non aveva
capitali da esportare, ma doveva ricorrere al
capitale straniero per i suoi stessi strettissimi
bisogni. Mancava una base reale
all’imperialismo italiano, e alla base reale fu
sostituita la «passionalità»:
imperialismo-castello in aria, avversato dagli
stessi capitalisti che avrebbero più volentieri
visto impiegate in Italia le somme ingenti
spese in Africa. Ma nel Mezzogiorno Crispi
fu popolare per il miraggio della terra.
Crispi ha dato una forte impronta agli
intellettuali siciliani, specialmente, ha creato
quel fanatismo «unitario» che ha determinato
una permanente atmosfera di sospetto contro
tutto ciò che può arieggiare a separatismo.
Ciò naturalmente non ha impedito che nel
1920 i latifondisti siciliani si riunissero a
Palermo e pronunziassero un vero ultimatum
contro il governo minacciando la
separazione, come non impedisce che
parecchi di questi latifondisti continuino a
mantenere la cittadinanza spagnola e
facciano intervenire il governo spagnolo
(caso del duca di Bivona) per tutelare i loro
interessi compromessi dall’agitazione dei
contadini. L’atteggiamento delle classi
meridionali dal 19 al 26 serve a mettere in
luce alcune debolezze della politica
«ossessionatamente» unitaria di Crispi e a
mettere in rilievo alcune correzioni (poche in
realtà, perché da questo punto di vista Giolitti
si mantenne nel solco di Crispi) apportatevi
da Giolitti.
Destra con uomini e frasi di sinistra. Crispi
invece dette un reale colpo in avanti alla
nuova società italiana, fu il vero uomo della
nuova borghesia. La sua figura è
caratterizzata tuttavia dalla sproporzione tra i
fatti e le parole, tra le repressioni e l’oggetto
da reprimere, tra lo strumento e il colpo
vibrato;
maneggiava
una
colubrina
arrugginita come fosse stato un moderno
pezzo d’artiglieria. Anche la politica
coloniale di Crispi è legata alla sua
ossessione unitaria e in ciò seppe
comprendere l’innocenza politica del
Mezzogiorno; il contadino meridionale
voleva la terra e Crispi che non gliela voleva
(e poteva) dare in Italia stessa, che non
voleva fare del «giacobinismo economico»,
prospettò il miraggio delle terre coloniali da
sfruttare. L’imperialismo di Crispi fu un
imperialismo passionale, oratorio, senza
alcuna base economico-finanziaria. L’Europa
capitalistica, ricca di mezzi e giunta al punto
in cui il saggio del profitto cominciava a
mostrare la tendenza alla caduta, aveva la
necessità di ampliare l’area di espansione dei
suoi investimenti redditizi: cosí furono creati
dopo il 1890 i grandi imperi coloniali. Ma
l’Italia ancora immatura, non solo non aveva
capitali da esportare, ma doveva ricorrere al
capitale estero per i suoi stessi strettissimi
bisogni. Mancava dunque una spinta reale
all’imperialismo italiano e ad essa fu
sostituita la passionalità popolare dei rurali
ciecamente tesi verso la proprietà della terra:
si trattò di una necessità di politica interna da
risolvere,
deviandone
la
soluzione
all’infinito. Perciò la politica di Crispi fu
avversata
dagli
stessi
capitalisti
(settentrionali) che piú volentieri avrebbero
visto impiegate in Italia le somme ingenti
spese in Africa; ma nel Mezzogiorno Crispi
fu popolare per aver creato il «mito» della
terra facile.
Crispi ha dato una forte impronta a un
vasto gruppo di intellettuali siciliani
(specialmente, poiché ha influenzato tutti gli
intellettuali italiani, creando le prime cellule
di un socialismo nazionale che doveva
svilupparsi piú tardi impetuosamente); ha
creato quel fanatismo unitario che ha
determinato una permanente atmosfera di
sospetto contro tutto ciò che può arieggiare a
separatismo. Ciò però non ha impedito (e si
comprende) che, nel 1920, i latifondisti
siciliani si riunissero a Palermo e
pronunziassero un vero ultimatum contro il
governo «di Roma», minacciando la
separazione, come non ha impedito che
parecchi di questi latifondisti abbiano
continuato a mantenere la cittadinanza
spagnola e abbiano fatto intervenire
diplomaticamente il governo di Madrid (caso
del duca di Bivona nel 1919) per la tutela dei
loro interessi minacciati dall’agitazione dei
contadini ex-combattenti. L’atteggiamento
dei vari gruppi sociali del Mezzogiorno dal
’19 al ’26 serve a mettere in luce e in rilievo
alcune debolezze dell’indirizzo ossessionatamente unitario di Crispi e a mettere in
rilievo alcune correzioni apportatevi da
Giolitti (poche in realtà, perché Giolitti si
mantenne essenzialmente nel solco di Crispi;
al giacobinismo di temperamento del Crispi,
Giolitti sostituí la solerzia e la continuità
burocratica; mantenne il «miraggio della
terra» nella politica coloniale, ma in piú
sorresse questa politica con una concezione
«difensiva» militare e con la premessa che
occorre creare le condizioni di libertà
d’espansione per il futuro).
L’episodio
dell’ultimatum
dei
L’episodio dei latifondisti siciliani del 1920
latifondisti siciliani nel 1920 non è isolato e
non è isolato e di esso potrebbe darsi altra
di esso potrebbe darsi altra interpretazione,
interpretazione, per i precedenti delle alte
per il precedente delle alte classi lombarde
classi lombarde che in qualche occasione
che in qualche occasione avevano minacciato
minacciarono di «far da sé» (trovare i
«di far da sé» ricostituendo l’antico ducato di
riscontri e i documenti) se non trovasse una
Milano (politica di ricatto momentaneo verso
interpretazione autentica nelle campagne,
il governo), se non trovasse una
fatte dal «Mattino» dal 19 al 26 (fino alla
interpretazione autentica nelle campagne
espulsione dei fratelli Scarfoglio), che
sarebbe semplicistico ritenere completamente fatte dal «Mattino» dal 1919 fino alla
defenestrazione dei fratelli Scarfoglio, che
campate in aria, cioè non legate in qualche
modo a correnti di opinione pubblica e a stati sarebbe troppo semplicistico ritenere del
d’animo rimasti sotterranei, latenti, potenziali tutto campate in aria, cioè non legate in
qualche modo a correnti d’opinione pubblica
per l’atmosfera d’intimidazione formata
dall’«unitarismo ossessionato». Il «Mattino» e a stati d’animo rimasti sotterranei, latenti,
potenziali per l’atmosfera d’intimidazione
a due riprese sostenne questa tesi: «che il
Mezzogiorno è entrato a far parte dello Stato creata dall’unitarismo ossessionato. Il
«Mattino» a due riprese sostenne questa tesi:
unitario su una base contrattuale, lo Statuto
Albertino, ma che (implicitamente) continua che il Mezzogiorno è entrato a far parte dello
Stato italiano su una base contrattuale, lo
a conservare la sua personalità e che ha il
Statuto albertino, ma che (implicitamente)
continua a conservare una sua personalità
reale, di fatto, e ha il diritto di uscire dal
nesso statale unitario se la base contrattuale
viene, in qualsiasi modo, menomata, se cioè
viene mutata la costituzione del ’48. Questa
tesi fu svolta nel ’19-20 contro un
mutamento costituzionale in un certo senso, e
fu ripresa nel ’24-25 contro un mutamento in
altro senso. Bisogna tener presente
l’importanza che aveva il «Mattino» nel
Mezzogiorno (era intanto il giornale piú
diffuso); il «Mattino» fu sempre crispino,
espansionista, dando il tono all’ideologia
meridionale, creata dalla fame di terra e dalle
sofferenze dell’emigrazione, tendente verso
ogni vaga forma di colonialismo di
popolamento. Del «Mattino» occorre
ricordare inoltre: 1) la violentissima
campagna contro il Nord a proposito del
tentativo di manomissione da parte dei tessili
lombardi di alcune industrie cotoniere
meridionali, giunto fino al punto in cui si
stava per trasportare le macchine in
Lombardia, truccate da ferro vecchio per
eludere la legislazione sulle zone industriali,
tentativo sventato appunto dal giornale che
giunse fino a fare una esaltazione dei
Borboni e della loro politica economica (ciò
avvenne nel 1923); 2) la commemorazione
«accorata» e «nostalgica» di Maria Sofia
fatta nel 1925 e che destò scalpore e
scandalo.
È certo che per apprezzare questo
È certo che in questo atteggiamento del
atteggiamento del «Mattino» occorre tener
«Mattino» occorre apportare alcune
conto di alcuni elementi di controllo
correzioni metodiche: il carattere
«avventuroso» dei fratelli Scarfoglio, la loro metodico: il carattere avventuroso e la
venalità degli Scarfoglio (è da ricordare che
venalità (ricordare che Maria Sofia cercava
Maria Sofia cercò continuamente di
sempre d’intervenire nella politica interna
intervenire nella politica interna italiana, per
italiana per spirito di vendetta se non con la
spirito di vendetta se non con la speranza di
speranza di restaurare il regno di Napoli:
restaurare il regno di Napoli, spendendo
ricordare il trafiletto di Salvemini
nell’«Unità» del 14 o 15 contro Malatesta per anche quattrini come non pare dubbio:
nell’«Unità» del 1914 o ’15 fu pubblicato un
i fatti del giugno 1914 che si insinuava
trafiletto contro Errico Malatesta in cui si
potessero essere stati patrocinati dallo Stato
affermava che gli avvenimenti del giugno
Maggiore austriaco per il tramite di Zita di
Borbone e l’episodio ricordato da Benedetto 1914 potevano essere stati patrocinati e
sussidiati dallo Stato Maggiore austriaco per
Croce in Uomini e cose della vecchia Italia
sui legami tra Malatesta e Maria Sofia per far il tramite di Zita di Borbone, dati i rapporti di
«amicizia», pare non interrotta mai, tra il
evadere un anarchico che aveva fatto un
diritto di uscire dall’unità se la base
contrattuale viene, in qualsiasi modo, meno,
se cioè la costituzione è mutata». Questa tesi
fu sostenuta nel 19-20 contro un mutamento
costituzionale di sinistra, nel 24-25-26 contro
un mutamento costituzionale di destra.
Bisogna tener presente il carattere del
«Mattino» che fu organo crispino con
Edoardo Scarfoglio (amicizia di Scarfoglio
con Carducci), africanista ecc. e che
mantenne sempre un atteggiamento
espansionista e colonialista, dando il tono
all’ideologia meridionale creata dalla fame di
terra e dall’emigrazione verso la
colonizzazione imperialista. Del «Mattino»
occorre ricordare anche la violentissima
campagna contro il Nord a proposito della
manomissione da parte dei tessili lombardi
delle industrie cotoniere meridionali e dei
tentativi di trasportarne le macchine in
Lombardia sotto veste di ferro vecchio. In
questa campagna (del 1923) il «Mattino»
giunse fino a fare una esaltazione dei
Borboni e della loro politica economica.
Ricordare inoltre la commemorazione fatta
dal «Mattino» di Maria Sofia nel 1925 che
destò molto scandalo.
attentato e sul passo diplomatico fatto dal
governo italiano presso il governo francese
per queste attività di Maria Sofia: —
ricordare gli aneddoti della signora …Nel ms
un nome cancellato, non leggibile. che nel
1919 frequentò Maria Sofia per farle il
ritrattoNel ms alcune parole cancellate, non
leggibili; l’integrazione redazionale è ripresa
dal testo C.), il loro dilettantismo politico e
ideologico, ma occorre pur ricordare che il
«Mattino» era il giornale più diffuso del
Mezzogiorno e che i fratelli Scarfoglio erano
dei giornalisti nati, cioè possedevano
quell’intuizione rapida e «simpatica» delle
correnti passionali popolari che rende
possibile la diffusione della stampa gialla.
Malatesta e Maria Sofia; nell’opera Uomini e
cose della vecchia Italia, B. Croce ritorna su
tali rapporti a proposito di un tentativo per
far evadere un anarchico che aveva
commesso un attentato, seguito da un passo
diplomatico del governo italiano presso il
governo francese per far cessare queste
attività di Maria Sofia; ricordare inoltre gli
aneddoti su Maria Sofia raccontati dalla
signora B. che nel 1919 frequentò l’ex regina
per farle il ritratto; infine Malatesta non
rispose mai a queste accuse, come era suo
obbligo, a meno non sia vero che egli vi
abbia risposto in una lettera a un giornaletto
clandestino, stampato in Francia da P.
Schicchi e intitolato «Il Picconiere», cosa
molto dubbia), il dilettantismo politico e
ideologico degli Scarfoglio. Ma occorre
insistere sul fatto che il «Mattino» era il
giornale piú diffuso del Mezzogiorno e che
gli Scarfoglio erano dei giornalisti nati, cioè
possedevano quell’intuizione rapida e
«simpatica» delle correnti passionali popolari
piú profonde che rende possibile la
diffusione della stampa gialla.
Un altro elemento per saggiare la
Un altro elemento per saggiare la portata
portata reale della politica unitaria
reale della politica «unitaria ossessionata» di
ossessionata di Crispi è il complesso di
Crispi è il complesso di sentimenti creatosi
sentimenti creatosi nel Settentrione per
nel settentrione per riguardo al mezzogiorno.
riguardo al Mezzogiorno. La «miseria» del
La «miseria» del Mezzogiorno era
Mezzogiorno era «inspiegabile» storicamente
inspiegabile «storicamente» per le masse
per le masse popolari del Nord; esse non
popolari del Nord: queste non capivano che
capivano che l’unità non era avvenuta su una
l’unità non era stata creata su una base di
base di uguaglianza, ma come egemonia del
eguaglianza, ma come egemonia del Nord sul
Nord sul Mezzogiorno nel rapporto
Sud nel rapporto territoriale città-campagna,
territoriale di città-campagna, cioè che il
cioè che il Nord era una «piovra» che si
Nord concretamente era una «piovra» che si
arricchiva alle spese del Sud, che
arricchiva alle spese del Sud e che il suo
l’incremento industriale era dipendente
incremento economico-industriale era in
dall’impoverimento dell’agricoltura
rapporto diretto con l’impoverimento
meridionale. Esse invece pensavano che se il
dell’economia e dell’agricoltura meridionale.
Mezzogiorno non progrediva dopo essere
Il popolano dell’Alta Italia pensava invece
stato liberato dagli impacci che allo sviluppo
che, se il Mezzogiorno non progrediva dopo
moderno opponeva il borbonismo, ciò
essere stato liberato dalle pastoie che allo
significava che le cause della miseria non
sviluppo moderno opponeva il regime
erano esterne ma interne; poiché d’altronde
borbonico, ciò significava che le cause della
era radicata la persuasione della grande
miseria non erano esterne, da ricercarsi nelle
ricchezza naturale del terreno, non rimaneva
condizioni economico-politiche obiettive, ma
che una spiegazione, l’incapacità organica
interne,
innate
nella
popolazione
degli uomini, la loro barbarie, la loro
meridionale, tanto piú che era radicata la
inferiorità biologica. Queste opinioni già
diffuse (il lazzaronismo napoletano era una
leggenda di vecchia data) furono consolidate
e teorizzate addirittura dai sociologhi del
positivismo (Niceforo, Ferri, Orano ecc.)
assumendo la forza delle «verità
scientifiche» in un tempo di superstizione
della scienza. Si ebbe così una polemica
Nord-Sud sulle razze e sulle superiorità e
inferiorità del Settentrione e del
Mezzogiorno (libri di Colajanni in difesa del
Mezzogiorno e collezione della «Rivista
Popolare»). Intanto rimase nel Nord la
credenza della «palla di piombo» che il
Mezzogiorno rappresenterebbe per l’Italia, la
persuasione dei più grandi progressi che la
civiltà moderna industriale del Nord avrebbe
fatto senza questa «palla di pionibo» ecc.
ecc. Nei principi del secolo c’è una forte
reazione meridionale anche su questo
terreno. Congresso Sardo del 1911 sotto la
presidenza del generale Rugiu, nel quale si
calcola quanti milioni sono stati estorti alla
Sardegna nei primi 50 anni di unità a favore
del continente. Campagne di Salvemini
culminate nella fondazione dell’«Unità», ma
condotte già nella «Voce» (numero unico
della «Voce» sulla «Quistione meridionale»
pubblicato anche in opuscolo). In questo
secolo si realizza un certo blocco
«intellettuale» che ha a capo B. Croce e
Giustino Fortunato e che si dirama in tutta
Italia; in ogni rivistina di giovani, che
abbiano tendenze liberali-democratiche e in
generale si propongano di svecchiare la
cultura italiana, in tutti i campi, dell’arte,
della letteratura, della politica, appare non
solo l’influenza del Croce e del Fortunato,
ma la loro collaborazione: esempio tipico la
«Voce» e l’«Unità», ma si vede anche nella
«Patria» di Bologna, nell’«Azione Liberale»
di Milano, nei «borelliani» ecc. Appare
anche nel «Corriere della Sera» e finisce nel
dopoguerra, date le nuove situazioni, con
l’apparire nella «Stampa» (attraverso Cosmo,
Salvatorelli, Ambrosini) e nel giolittismo,
con l’assunzione di Croce nell’ultimo
governo Giolitti.
persuasione della grande ricchezza naturale
del terreno: non rimaneva che una
spiegazione, l’incapacità organica degli
uomini, la loro barbarie, la loro inferiorità
biologica. Queste opinioni già diffuse (il
lazzaronismo napoletano era una leggenda di
vecchia data) furono consolidate e addirittura
teorizzate dai sociologhi del positivismo
(Niceforo, Sergi, Ferri, Orano, ecc.),
assumendo la forza di «verità scientifica» in
un tempo di superstizione della scienza. Si
ebbe cosí una polemica Nord-Sud sulle razze
e sulla superiorità e inferiorità del Nord e del
Sud (confrontare i libri di N. Colajanni in
difesa del Mezzogiorno da questo punto di
vista, e la collezione della «Rivista
popolare»). Intanto rimase nel Nord la
credenza che il Mezzogiorno fosse una «palla
di piombo» per l’Italia, la persuasione che
piú grandi progressi la civiltà industriale
moderna dell’Alta Italia avrebbe fatto senza
questa «palla di piombo», ecc. Nei principii
del secolo si inizia una forte reazione
meridionale anche su questo terreno. Nel
Congresso Sardo del 1911, tenuto sotto la
presidenza del generale Rugiu, si calcola
quante centinaia di milioni siano stati estorti
alla Sardegna nei primi 50 anni di Stato
unitario, a favore del continente. Campagne
del Salvemini, culminate nella fondazione
dell’«Unità», ma condotte già nella «Voce»
(cfr. numero unico della «Voce» sulla
«Quistione meridionale», ristampato poi in
opuscolo): in Sardegna si inizia un
movimento autonomistico, sotto la direzione
di Umberto Cau, che ebbe anche un giornale
quotidiano «Il Paese». In questo inizio di
secolo si realizza anche un certo «blocco
intellettuale», «panitaliano», con a capo B.
Croce e Giustino Fortunato, che cerca di
imporre la quistione meridionale come
problema nazionale capace di rinnovare la
vita politica e parlamentare. In ogni rivista di
giovani che abbiano tendenze liberali
democratiche e in generale si propongano di
svecchiare e sprovincializzare la vita e la
cultura nazionale, in tutti i campi, nell’arte,
nella letteratura, nella politica, appare non
solo l’influsso del Croce e del Fortunato, ma
la loro collaborazione; cosí nella «Voce» e
nell’«Unità», ma anche nella «Patria» di
Bologna, nell’«Azione Liberale» di Milano,
nel movimento giovanile liberale guidato da
Giovanni Borelli ecc.. L’influsso di questo
blocco si fa strada nel fissare la linea politica
del «Corriere della Sera» di Albertini e nel
dopoguerra, data la nuova situazione, appare
nella
«Stampa»
(attraverso
Cosmo,
Salvatorelli, e anche Ambrosini) e nel
giolittismo, con l’assunzione del Croce
nell’ultimo governo Giolitti.
Di questo movimento, certo molto
Di questo movimento, oggi, vien data una
complesso e multilaterale, viene data oggi
interpretazione tendenziosa anche da G.
Prezzolini che ne fu una tipica incarnazione; una interpretazione tendenziosa anche da G.
Prezzolini che pure ne fu una tipica
ma rimane la prima edizione della Cultura
incarnazione; ma rimane la prima edizione
italiana di Prezzolini, del 1923, con le sue
della Cultura italiana (1923) dello stesso
«omissioni», come documento autentico.
Prezzolini, specialmente con le sue
Questo movimento giunge fino al Gobetti e
omissioni, come documento autentico.
alle sue iniziative di cultura e trova in lui il
Il movimento si sviluppa fino al suo
suo punto di risoluzione. Gobetti rappresenta
il punto d’approdo di questo movimento e la maximum che è anche il suo punto di
dissoluzione: questo punto è da identificare
fine del blocco, cioè l’origine della sua
nella particolare presa di posizione di P.
dissoluzione. La polemica di Giovanni
Ansaldo contro Guido Dorso è il documento Gobetti e nelle sue iniziative culturali: la
polemica di Giovanni Ansaldo (e dei suoi
più espressivo di questa dissoluzione, anche
collaboratori come «Calcante», ossia
per una certa comicità di atteggiamenti
Francesco Ciccotti) contro Guido Dorso è il
gladiatori di intimidazione dell’«unitarismo
documento piú espressivo di tale punto
ossessionato». Da questo complesso di
d’approdo e di risoluzione, anche per la
avvenimenti e di spunti polemici deriva un
comicità che ormai appare evidente negli
criterio per ricercare la diversa «saggezza»
atteggiamenti gladiatori e di intimidazione
delle diverse correnti che si contesero la
dell’unitarismo ossessionato (che l’Ansaldo,
direzione politica e ideologica del Partito
d’Azione: il collegamento delle diverse classi nel ’25-26, credesse di poter far credere a un
rurali che si realizza in un blocco attraverso i ritorno dei Borboni a Napoli, sembrerebbe
inconcepibile senza la conoscenza di tutti gli
diversi ceti intellettuali può essere dissolto
antecedenti della quistione e delle vie
per addivenire a una nuova formazione
sotterranee attraverso cui avvenivano le
(passaggio dal borbonesimo al regime
polemiche, per sottinteso e per riferimento
liberale nazionale nell’Italia meridionale)
enigmistico ai non «iniziati»: tuttavia è
solo se si fa forza in due direzioni: sui
notevole che anche in alcuni elementi
contadini di base accettandone le
popolari, che avevano letto Oriani, esisteva
rivendicazioni e facendo di esse parte
allora la paura che a Napoli fosse possibile
integrante del nuovo programma di governo
una restaurazione borbonica e quindi una
e sugli intellettuali insistendo sui motivi che
dissoluzione piú estesa del nesso statale
più li possono interessare. Il rapporto tra
unitario).
queste due azioni è dialettico: se i contadini
Da questa serie di osservazioni e di
si muovono, gli intellettuali incominciano a
analisi di alcuni elementi della storia italiana
oscillare e reciprocamente se un gruppo di
dopo l’unità si possono ricavare alcuni criteri
intellettuali si pone sulla nuova base, essi
per apprezzare la posizione di contrasto tra i
finiscono col trasportare con sé frazioni di
moderati e il Partito d’Azione, e per ricercare
massa sempre più importanti. Si può dire,
data la dispersione e l’isolamento della
popolazione rurale e la difficoltà quindi di
concentrarli in forti organizzazioni, che
conviene iniziare il lavoro politico dagli
intellettuali, ma in generale è il rapporto
dialettico tra le due azioni che occorre tener
presente. Si può dire anche che partiti
contadini nel senso proprio della parola è
quasi impossibile crearne: il partito nei
contadini si realizza in generale come forte
corrente di opinioni, non in forme
schematiche; ma l’esistenza anche di uno
scheletro di partito è di immensa utilità, sia
per una certa selezione di uomini, sia per
controllare gli intellettuali e impedire che gli
«interessi di casta» li trasportino
impercettibilmente in altro terreno.
la diversa «saggezza» politica di questi due
partiti e delle diverse correnti che si
contesero la direzione politica e ideologica
dell’ultimo di essi. È evidente che, per
contrapporsi efficacemente ai moderati, il
Partito d’Azione doveva legarsi alle masse
rurali, specialmente meridionali, essere
«giacobino» non solo per la «forma»
esterna,
di
temperamento,
ma
specialmente per il contenuto economicosociale: il collegamento delle diverse classi
rurali che si realizzava in un blocco
reazionario attraverso i diversi ceti
intellettuali legittimisti-clericali poteva
essere dissolto per addivenire ad una
nuova formazione liberale-nazionale solo
se si faceva forza in due direzioni: sui
contadini di base, accettandone le
rivendicazioni elementari e facendo di esse
parte integrante del nuovo programma di
governo, e sugli intellettuali degli strati
medi e inferiori, concentrandoli e
insistendo sui motivi che piú li potevano
interessare (e già la prospettiva della
formazione di un nuovo apparato di
governo, con le possibilità di impiego che
offre, era un elemento formidabile di
attrazione su di essi, se la prospettiva si
fosse presentata come concreta perché
poggiata sulle aspirazioni dei rurali). Il
rapporto tra queste due azioni era dialettico e
reciproco: l’esperienza di molti paesi, e
prima di tutto della Francia nel periodo
della grande Rivoluzione, ha dimostrato
che se i contadini si muovono per impulsi
«spontanei», gli intellettuali cominciano a
oscillare e, reciprocamente, se un gruppo
di intellettuali si pone sulla nuova base di
una politica filocontadina concreta, esso
finisce col trascinare con sé frazioni di
massa sempre piú importanti. Si può dire
però che, data la dispersione e l’isolamento
della popolazione rurale e la difficoltà quindi
di concentrarla in solide organizzazioni,
conviene iniziare il movimento dai gruppi
intellettuali; in generale però è il rapporto
dialettico tra le due azioni che occorre tener
presente. Si può anche dire che partiti
contadini nel senso stretto della parola è
quasi impossibile crearne: il partito
Questo criterio deve essere tenuto presente
nello studio di Giuseppe Ferrari che fu lo
specialista inascoltato in questioni agrarie del
Partito d’Azione. In Giuseppe Ferrari
bisogna anche studiare bene il suo
atteggiamento verso il bracciantato agricolo,
cioè i contadini senza terra, sui quali egli
fonda una parte cospicua delle sue ideologie
per cui egli è ancora ricercato e studiato da
determinate correnti moderne (opere del
Ferrari ristampate dal Monanni con
prefazione di Luigi Fabbri). Occorre
riconoscere che il problema del bracciantato
è difficilissimo e rende arduo anche oggi il
trovarne una soluzione. In generale occorre
tener presenti questi criteri: i braccianti sono
anche oggi ed erano tanto più nel periodo del
Risorgimento, dei semplici contadini senza
terra, non degli operai di una industria
agricola sviluppata con capitale concentrato.
La loro psicologia perciò è, salvo eccezioni,
la stessa del colono e del piccolo
proprietario. (Bisognerebbe rivedere la
polemica tra i senatori Bassini e Tanari nel
«Resto del Carlino» e nella «Perseveranza»
della fine del 17 o del 18 a proposito della
realizzazione della formula «la terra ai
contadini» lanciata durante la guerra: il
Tanari era pro, il Bassini contro sulla base
della sua esperienza di grande industriale
agricolo, di proprietario di aziende agricole
in cui la divisione del lavoro era già talmente
progredita da rendere indivisibile la terra per
la sparizione del contadino-artigiano e
l’emergere dell’operaio). In una forma acuta
la quistione si poneva non tanto nel
Mezzogiorno, dove il carattere artigianesco
del lavoro contadino è troppo evidente, ma
nella valle padana dove esso è più velato.
Anche in tempi recenti però l’esistenza del
bracciantato padano era dovuta in parte a
contadino si realizza in generale solo come
forte corrente di opinioni, non già in forme
schematiche d’inquadramento burocratico;
tuttavia l’esistenza anche solo di uno
scheletro organizzativo è di utilità immensa,
sia per una certa selezione di uomini, sia per
controllare i gruppi intellettuali e impedire
che gli interessi di casta li trasportino
impercettibilmente in altro terreno.
Questi criteri devono essere tenuti
presenti nello studio della personalità di
Giuseppe Ferrari che fu lo «specialista»
inascoltato di quistioni agrarie nel Partito
d’Azione. Nel Ferrari occorre anche studiare
bene l’atteggiamento verso il bracciantato
agricolo, cioè i contadini senza terra e viventi
alla giornata, sui quali egli fonda una parte
cospicua delle sue ideologie, per le quali egli
è ancora ricercato e letto da determinate
correnti (opere del Ferrari ristampate dal
Monanni con prefazioni di Luigi Fabbri).
Occorre riconoscere che il problema del
bracciantato è difficilissimo e anche oggi di
ardua soluzione. In generale occorre tener
presenti questi criteri: i braccianti sono
ancora oggi, nella maggior parte, ed erano
quindi tanto piú nel periodo del
Risorgimento, dei semplici contadini senza
terra, non degli operai di una industria
agricola sviluppata con capitale concentrato e
con la divisione del lavoro; nel periodo del
Risorgimento era piú diffuso, in modo
rilevante, il tipo dell’obbligato in confronto a
quello dell’avventizio. La loro psicologia
perciò è, con le dovute eccezioni, la stessa
del colono e del piccolo proprietario (è da
ricordare la polemica tra i senatori Tanari e
Bassini nel «Resto del Carlino» e nella
«Perseveranza» avvenuta verso la fine del
1917 o ai primi del ’18 a proposito della
realizzazione della formula la «terra ai
contadini», lanciata in quel torno di tempo: il
Tanari era pro, il Bassini contro e il Bassini
si fondava sulla sua esperienza di grande
industriale agricolo, di proprietario di
aziende agricole in cui la divisione del lavoro
era già talmente progredita da rendere
indivisibile la terra per la sparizione del
contadino-artigiano e l’emergere dell’operaio
moderno). La questione si poneva in forma
cause extraeconomiche: 1°
sovrappopolazione che non trovava lo sbocco
nell’emigrazione come nel Sud ed era
artificialmente mantenuta con la politica dei
lavori pubblici; 2° volontà dei proprietari che
non volevano consolidare in un’unica classe
né di braccianti né di mezzadri la
popolazione rurale e quindi alternavano alla
mezzadria la conduzione a economia,
servendosi di questa alternanza anche per
selezionare un gruppo di mezzadri
privilegiati che fossero i loro alleati politici
(in ogni congresso di agrari della regione
padana si discute sempre se convenga meglio
la mezzadria o la conduzione diretta, e
traspare la motivazione politica della scelta
che vien fatta). Il problema del bracciantato
padano appariva nel Risorgimento sotto la
forma di fenomeno pauroso di pauperismo.
Così è visto da Tullio Martello nella sua
Storia dell’Internazionale del 1871-72,
lavoro che occorre tener presente perché
riflette ancora le passioni politiche e le
preoccupazioni sociali del periodo
precedente.
La posizione del Ferrari poi è indebolita dal
suo «federalismo», che specialmente in lui,
vivente in Francia, appariva ancor più come
il riflesso degli interessi nazionali e statali
francesi. Ricordare Proudhon e i suoi
pamphlets contro l’unità italiana, combattuta
dal punto di vista confessato dell’interesse
statale francese e della democrazia: tutte le
correnti principali della politica francese
erano contro l’unità italiana. Ancora oggi i
monarchici (Bainville, ecc.) fanno la lotta
contro il principio nazionalitario dei due
Napoleoni che avrebbe portato
all’unificazione della Germania e dell’Italia,
abbassando così la statura relativa della
Francia.
acuta non tanto nel Mezzogiorno dove il
carattere artigianesco del lavoro agricolo era
troppo evidente, ma nella valle padana dove
esso è piú velato. Anche in tempi recenti
però l’esistenza di un problema acuto del
bracciantato nella valle padana era dovuta in
parte a cause «extraeconomiche»: 1)
sovrappopolazione che non trovava uno
sbocco nell’emigrazione come nel Sud, ed
era mantenuta artificialmente con la politica
dei lavori pubblici; 2) politica dei proprietari
che non volevano consolidare in un’unica
classe di braccianti e di mezzadri la
popolazione lavoratrice, alternando alla
mezzadria la conduzione ad economia
servendosi di questo alternare per
determinare una migliore selezione di
mezzadri privilegiati che fossero i loro alleati
(in ogni congresso di agrari della regione
padana si discuteva sempre se conveniva
meglio la mezzadria o la conduzione diretta
ed era chiaro che la scelta veniva fatta per
motivi di ordine politico-sociale). Durante il
Risorgimento il problema del bracciantato
padano appariva sotto la forma di un
fenomeno pauroso di pauperismo. Cosí si è
visto dall’economista Tullio Martello nella
sua Storia dell’Internazionale, scritta nel
1871-72, lavoro che occorre tener presente
perché riflette le posizioni politiche e le
preoccupazioni
sociali
del
periodo
precedente.
La posizione del Ferrari è indebolita
poi dal suo «federalismo» che specialmente
in lui, vivente in Francia, appariva ancora piú
come un riflesso degli interessi nazionali e
statali francesi. È da ricordare il Proudhon e i
suoi libelli contro l’unità italiana combattuta
dal confessato punto di vista degli interessi
statali francesi e della democrazia. In realtà
le principali correnti della politica francese
erano aspramente contrarie all’unità italiana.
Ancora oggi i monarchici (Bainville e C.)
«rimproverano» retrospettivamente ai due
Napoleoni di aver creato il mito
nazionalitario e di aver contribuito a farlo
realizzare in Germania e in Italia, abbassando
cosí la statura relativa della Francia, che
«dovrebbe» essere circondata da un
pulviscolo di staterelli tipo Svizzera per
È proprio sulle parole d’ordine di «unità e
indipendenza» senza tener conto del concreto
contenuto politico che i moderati formarono
il blocco nazionale sotto la loro egemonia.
Come fossero riusciti nell’intento lo dimostra
anche questa espressione di Guerrazzi in una
lettera a uno studente siciliano (pubblicata
nell’«Archivio Storico Siciliano» da Eugenio
de Carlo — carteggio di F. D. Guerrazzi col
notaio Francesco Paolo Sardofontana di
Riella, riassunto nel «Marzocco» del 24
novembre 1929): «Sia che vuolsi — o
dispotismo, o repubblica o che altro, — non
cerchiamo di dividerci; con questo cardine,
caschi il mondo, ritroveremo la via»; ma di
questi esempi se ne potrebbero citare a
migliaia e tutta l’operosità di Mazzini è stata
concretamente riassunta nella propaganda per
l’unità. (Naturalmente i moderati dopo il 48,
quando furono riorganizzati da Cavour
intorno al Piemonte).
A proposito del giacobinismo e del Partito
d’Azione un elemento da ricordare è che i
giacobini conquistarono con la lotta la loro
funzione di partito dirigente: essi si imposero
alla borghesia francese, conducendola su una
posizione molto più avanzata di quella che la
borghesia avrebbe voluto «spontaneamente»
e anche molto più avanzata di quella che le
premesse storiche dovevano consentire, e
perciò i colpi di ritorno e la funzione di
Napoleone. Questo tratto, caratteristico del
giacobinismo e quindi di tutta la Rivoluzione
Francese, del forzare la situazione
(apparentemente) e del creare fatti compiuti
irreparabili, cacciando avanti la classe
borghese a calci nel sedere, da parte di un
gruppo di uomini estremamente energici e
risoluti può essere «schematizzato» così: il
terzo stato era il meno omogeneo degli stati;
la borghesia ne costituiva la parte più
avanzata culturalmente ed economicamente;
lo sviluppo degli avvenimenti francesi
mostra lo sviluppo politico di questa parte,
che inizialmente pone le questioni che solo
interessano i suoi componenti fisici attuali, i
essere «sicura».
Ora è proprio sulla parola d’ordine di
«indipendenza e unità», senza tener conto del
concreto contenuto politico di tali formule
generiche, che i moderati dopo il ’48
formarono il blocco nazionale sotto la loro
egemonia, influenzando i due capi supremi
del Partito d’Azione, Mazzini e Garibaldi, in
diversa forma e misura. Come i moderati
fossero riusciti nel loro intento di deviare
l’attenzione dal nocciolo alla buccia
dimostra, tra le tante altre, questa espressione
del Guerrazzi in una lettera a uno studente
siciliano (pubblicata nell’«Archivio Storico
Siciliano» da Eugenio de Carlo carteggio di
F. D. Guerrazzi col notaio Francesco Paolo
Sardofontana di Riella, riassunto nel
«Marzocco» del 29 novembre 1929): «Sia
che vuolsi – o dispotismo o repubblica o che
altro – non cerchiamo di dividerci; con
questo cardine, caschi il mondo, ritroveremo
la via». Del resto, tutta l’operosità di Mazzini
è stata concretamente riassunta nella
continua
e
permanente
predicazione
dell’unità.
A proposito del giacobinismo e del
Partito d’Azione un elemento da porre in
primo piano è questo: che i giacobini
conquistarono con la lotta senza quartiere la
loro funzione di partito dirigente; essi in
realtà si «imposero» alla borghesia francese,
conducendola su una posizione molto piú
avanzata di quella che i nuclei borghesi
primitivamente piú forti avrebbero voluto
«spontaneamente» occupare e anche molto
piú avanzata di quella che le premesse
storiche dovevano consentire, e per ciò i
colpi di ritorno e la funzione di Napoleone I.
Questo tratto, caratteristico del giacobinismo
(ma prima anche di Cromwell e delle «teste
rotonde») e quindi di tutta la grande
Rivoluzione, del forzare la situazione
(apparentemente) e del creare fatti compiuti
irreparabili, cacciando avanti i borghesi a
calci nel sedere, da parte di un gruppo di
uomini estremamente energici e risoluti, può
essere cosí «schematizzato»: il terzo stato era
il meno omogeneo degli stati; aveva una élite
intellettuale molto disparata e un gruppo
economicamente molto avanzato ma
suoi interessi «corporativi» immediati
(corporativi in un senso speciale, di
immediati ed egoistici di un determinato
gruppo ristretto sociale); i precursori della
rivoluzione sono dei riformisti moderati, che
fanno la voce grossa ma in realtà domandano
ben poco. Questa parte avanzata perde a
mano a mano i suoi caratteri «corporativi» e
diventa classe egemone per l’azione di due
fattori: la resistenza delle vecchie classi e
l’attività politica dei giacobini. Le vecchie
classi non vogliono cedere nulla e se cedono
qualche cosa lo fanno con l’intenzione di
guadagnare tempo e preparare la
controffensiva; la borghesia sarebbe caduta
in questi «tranelli» successivi senza l’azione
energica dei giacobini, che si oppongono ad
ogni arresto intermedio e mandano alla
ghigliottina non solo i rappresentanti delle
vecchie classi, ma anche i rivoluzionari di
ieri oggi diventati reazionari. I giacobini
dunque rappresentano il solo partito della
rivoluzione, in quanto essi non solo vedono
gli interessi immediati delle persone fisiche
attuali che costituiscono la borghesia
francese, ma vedono gli interessi anche di
domani e non di quelle sole determinate
persone fisiche, ma degli altri strati sociali
del terzo stato che domani diventeranno
borghesi, perché essi sono persuasi
dell’égalité e della fraternité. Bisogna
ricordare che i giacobini non erano astrattisti,
anche se il loro linguaggio «oggi» in una
nuova situazione e dopo più di un secolo di
elaborazione storica, sembra «astrattista». Il
linguaggio dei giacobini, la loro ideologia,
rifletteva perfettamente i bisogni dell’epoca,
secondo le tradizioni e la cultura francese
(cfr nella Sacra Famiglia l’analisi di Marx da
cui risulta che la fraseologia giacobina
corrispondeva perfettamente ai formulari
della filosofia classica tedesca, alla quale
oggi si riconosce maggiore concretezza e che
ha dato origine allo storicismo moderno): 1°
bisogno: annientare la classe avversaria o
almeno ridurla all’impotenza; creare
l’impossibilità di una controrivoluzione; 2°
allargare gli interessi di classe della
borghesia, trovando gli interessi comuni tra
essa e gli altri strati del terzo stato, mettere in
politicamente moderato. Lo sviluppo degli
avvenimenti segue un processo dei piú
interessanti. I rappresentanti del terzo stato
inizialmente pongono solo le quistioni che
interessano i componenti fisici attuali del
gruppo sociale, i loro interessi «corporativi»
immediati
(corporativi,
nel
senso
tradizionale, di immediati ed egoistici in
senso gretto di una determinata categoria): i
precursori della Rivoluzione sono infatti dei
riformatori moderati, che fanno la voce
grossa ma in realtà domandano ben poco. A
mano a mano si viene selezionando una
nuova élite che non si interessa unicamente
di riforme «corporative» ma tende a
concepire la borghesia come il gruppo
egemone di tutte le forze popolari e questa
selezione avviene per l’azione di due fattori:
la resistenza delle vecchie forze sociali e la
minaccia internazionale. Le vecchie forze
non vogliono cedere nulla e se cedono
qualche cosa lo fanno con la volontà di
guadagnare tempo e preparare una
controffensiva. Il terzo stato sarebbe caduto
in questi «tranelli» successivi senza l’azione
energica dei giacobini, che si oppongono ad
ogni sosta «intermedia» del processo
rivoluzionario e mandano alla ghigliottina
non solo gli elementi della vecchia società
dura a morire, ma anche i rivoluzionari di
ieri, oggi diventati reazionari. I giacobini,
pertanto, furono il solo partito della
rivoluzione in atto, in quanto non solo essi
rappresentavano i bisogni e le aspirazioni
immediate delle persone fisiche attuali che
costituivano la borghesia francese, ma
rappresentavano il movimento rivoluzionario
nel suo insieme, come sviluppo storico
integrale, perché rappresentavano i bisogni
anche futuri e, di nuovo, non solo di quelle
determinate persone fisiche, ma di tutti i
gruppi nazionali che dovevano essere
assimilati al gruppo fondamentale esistente.
Occorre insistere, contro una corrente
tendenziosa, e in fondo antistorica, che i
giacobini furono dei realisti alla Machiavelli
e non degli astrattisti. Essi erano persuasi
dell’assoluta
verità
delle
formule
sull’uguaglianza, la fraternità, la libertà e,
ciò che importa di piú, di tale verità erano
moto questi strati, condurli alla lotta,
ottenendo due risultati: 1° di opporre un
bersaglio più largo ai colpi della classe
avversa, cioè di creare un rapporto militare
favorevole alla rivoluzione; 2° di togliere alla
classe avversa ogni zona di passività in cui
essa avrebbe certamente creato eserciti
vandeani (senza la politica agraria dei
giacobini Parigi sarebbe stata circondata
dalla Vandea fino alle sue porte: la resistenza
della Vandea propriamente detta è legata alla
quistione nazionale determinata tra i Brettoni
dalla formula della «repubblica una e
indivisibile», alla quale i giacobini non
potevano rinunziare pena il suicidio: i
girondini cercarono di far leva sul
federalismo per schiacciare i giacobini, ma le
truppe provinciali condotte a Parigi
passarono ai giacobini: eccetto la Brettagna e
altre piccole zone periferiche, la quistione
agraria si presentava scissa dalla quistione
nazionale, come si vede in questo e altri
episodi militari: la provincia accettava
l’egemonia di Parigi, cioè i rurali
comprendevano che i loro interessi erano
legati a quelli della borghesia). I giacobini
dunque forzarono la mano, ma sempre nel
senso dello sviluppo storico reale, perché essi
fondarono non solo lo Stato borghese, fecero
della borghesia la classe «dominante», ma
fecero di più (in un certo senso), fecero della
borghesia la classe dirigente, egemone, cioè
dettero allo Stato una base permanente.
persuase le grandi masse popolari che i
giacobini suscitavano e portavano alla
lotta. Il linguaggio dei giacobini, la loro
ideologia, i loro metodi d’azione,
riflettevano perfettamente le esigenze
dell’epoca, anche se «oggi», in una diversa
situazione e dopo piú di un secolo di
elaborazione culturale, possono parere
«astrattisti» e «frenetici». Naturalmente le
riflettevano secondo la tradizione culturale
francese e di ciò è una prova l’analisi che
del linguaggio giacobino si ha nella Sacra
Famiglia e l’ammissione di Hegel che pone
come
paralleli
e
reciprocamente
traducibili il linguaggio giuridico-politico
dei giacobini e i concetti della filosofia
classica tedesca, alla quale invece oggi si
riconosce il massimo di concretezza e che
ha originato lo storicismo moderno. La
prima esigenza era quella di annientare le
forze
avversarie
o
almeno
ridurle
all’impotenza per rendere impossibile una
controrivoluzione; la seconda esigenza era
quella di allargare i quadri della borghesia
come tale e di porla a capo di tutte le forze
nazionali, identificando gli interessi e le
esigenze comuni a tutte le forze nazionali,
per mettere in moto queste forze e condurle
alla lotta ottenendo due risultati: a) di
opporre un bersaglio piú largo ai colpi degli
avversari, cioè di creare un rapporto politicomilitare favorevole alla rivoluzione; b) di
togliere agli avversari ogni zona di passività
in cui fosse possibile arruolare eserciti
vandeani. Senza la politica agraria dei
giacobini, Parigi avrebbe avuto la Vandea già
alle sue porte. La resistenza della Vandea
propriamente detta è legata alla questione
nazionale inasprita nelle popolazioni
brettoni, e in generale allogene, dalla formula
della «repubblica una e indivisibile» e dalla
politica di accentramento burocraticomilitare, alle quali i giacobini non potevano
rinunziare senza suicidarsi. I girondini
cercarono di far leva sul federalismo per
schiacciare Parigi giacobina, ma le truppe
provinciali condotte a Parigi passarono ai
rivoluzionari.
Eccetto
alcune
zone
periferiche, dove la distinzione nazionale
(e linguistica) era grandissima, la
questione agraria ebbe il sopravvento sulle
aspirazioni all’autonomia locale: la
Francia rurale accettò l’egemonia di
Parigi, cioè comprese che per distruggere
definitivamente il vecchio regime doveva
far blocco con gli elementi piú avanzati del
terzo stato e non con i moderati girondini.
Se è vero che i giacobini «forzarono» la
mano, è anche vero che ciò avvenne sempre
nel senso dello sviluppo storico reale, perché
non solo essi organizzarono un governo
borghese, cioè fecero della borghesia la
classe dominante, ma fecero di piú, crearono
lo Stato borghese, fecero della borghesia la
classe nazionale dirigente, egemone, cioè
dettero allo Stato nuovo una base
permanente, crearono la compatta nazione
moderna francese.
Che, nonostante tutto, i giacobini siano
Che i giacobini siano sempre rimasti sul
sempre rimasti sul terreno della borghesia, è
terreno di classe, è dimostrato dagli
dimostrato dagli avvenimenti che segnarono
avvenimenti che segnarono la loro fine e la
la loro fine come partito di formazione
morte di Robespierre: essi non vollero
riconoscere agli operai il diritto di coalizione troppo determinata e irrigidita e la morte di
Robespierre: essi non vollero riconoscere
(legge Chapelier e sue conseguenze nella
legge del «maximum» [Aggiunto in interlinea agli operai il diritto di coalizione,
in epoca posteriore]) e così spezzarono il
mantenendo la legge Chapelier, e come
blocco urbano di Parigi; le loro forze
conseguenza dovettero promulgare la
d’assalto, che si riunivano nel Comune, si
legge del «maximum». Spezzarono cosí il
blocco urbano di Parigi: le loro forze
dispersero, deluse, e il Termidoro ebbe il
sopravvento: la rivoluzione aveva trovato i
d’assalto, che si raggruppavano nel
suoi limiti di classe: la politica degli «alleati» comune, si dispersero deluse, e il
Termidoro ebbe il sopravvento. La
aveva fatto sviluppare quistioni nuove che
Rivoluzione aveva trovato i limiti piú larghi
allora non potevano essere risolte.
di classe; la politica delle alleanze e della
rivoluzione permanente aveva finito col
porre quistioni nuove che allora non
potevano essere risolte, aveva scatenato forze
elementari che solo una dittatura militare
sarebbe riuscita a contenere.
Nel Partito d’Azione non si trova
Nel Partito d’Azione non troviamo questo
spirito giacobino, questa volontà di diventare niente che rassomigli a questo indirizzo
«partito dirigente». Occorre tener conto delle giacobino, a questa inflessibile volontà di
diventare il partito dirigente. Certo occorre
differenze: in Italia la lotta si presentava
come lotta contro i vecchi trattati e contro la tener conto delle differenze: in Italia la lotta
si presentava come lotta contro i vecchi
Potenza straniera, l’Austria, che li
trattati e l’ordine internazionale vigente e
rappresentava e li sosteneva in Italia con le
contro una potenza straniera, l’Austria, che li
armi, occupando il Lombardo-Veneto ed
rappresentava e li sosteneva in Italia,
esercitando un controllo sul resto del
occupando una parte della penisola e
territorio. Anche in Francia il problema si
presentò, almeno in un certo senso, perché ad controllando il resto. Anche in Francia
un certo punto la lotta interna divenne lotta
nazionale combattuta alla frontiera, ma i
giacobini seppero trarne elementi di maggior
energia: essi compresero bene che per
vincere il nemico esterno dovevano
schiacciare all’interno i suoi alleati e non
esitarono a compiere le stragi di settembre. In
Italia questo legame che pur esisteva,
esplicito ed implicito, tra l’Austria e una
parte almeno delle alte classi nobiliari e
terriere, non fu denunziato dal Partito
d’Azione o almeno non fu denunziato con la
dovuta energia: in ogni modo non divenne
elemento politico attivo. Si trasformò,
curiosamente, in una quistione di maggiore o
minore dignità patriottica e dette poi luogo a
uno strascico di polemiche acrimoniose, ma
sterili fino al 98 (cfr articoli di «Rerum
Scriptor» nella «Critica Sociale» e il libro di
Bonfadini Cinquant’anni di patriottismo).
Ricordare a questo proposito la quistione dei
«costituti» di Federico Confalonieri; il
Bonfadini nel suo libro su citato afferma che
i «costituti» si trovano nell’Archivio di Stato
di Milano; mi pare accenni a 80 fascicoli;
altri hanno sempre negato che i «costituti»
esistessero in Italia e così spiegavano la non
pubblicazione; in un articolo sul «Corriere
della Sera» del senatore Salata, incaricato dal
Governo di far ricerche negli Archivi di
Vienna sulla storia italiana, si diceva, verso il
24 o 25, che i «costituti» erano stati da lui
trovati. Ricordare il fatto che in un certo
periodo la «Civiltà Cattolica» sfidò i liberali
a pubblicarli, affermando che essi,
conosciuti, avrebbero nientedimeno fatto
saltare in aria la unità italiana. Il fatto
notevole nella quistione Confalonieri
consiste in questo: che a differenza di altri
patriotti graziati dall’Austria, il Confalonieri,
che pure era un rimarchevole uomo di Stato,
si ritirò dalla vita politica attiva e mantenne,
dopo la sua liberazione, un contegno molto
riservato. Tutta la quistione del Confalonieri
è da esaminare, insieme con l’atteggiamento
tenuto al processo da lui e dai suoi compagni,
anche su un esame più approfondito delle
memorie scritte dai singoli, quando le
scrissero: per le polemiche che suscitò,
interessanti le memorie del francese
questo problema si presentò, almeno in un
certo senso, perché ad un certo punto la lotta
interna divenne lotta nazionale combattuta
alla frontiera, ma ciò avvenne dopo che tutto
il territorio era conquistato alla rivoluzione e
i giacobini seppero dalla minaccia esterna
trarre elementi per una maggiore energia
all’interno: essi compresero bene che per
vincere il nemico esterno dovevano
schiacciare all’interno i suoi alleati e non
esitarono a compiere i massacri di settembre.
In Italia questo legame che pur esisteva,
esplicito ed implicito, tra l’Austria e una
parte almeno degli intellettuali, dei nobili e
dei proprietari terrieri, non fu denunziato dal
Partito d’Azione o almeno non fu denunziato
con la dovuta energia e nel modo
praticamente piú efficace, non divenne
elemento politico attivo. Si trasformò
«curiosamente» in una quistione di maggiore
o minore dignità patriottica e dette poi luogo
a uno strascico di polemiche acrimoniose e
sterili fin dopo il 1898 (cfr. gli articoli di
«Rerum Scriptor» nella «Critica Sociale»
dopo la ripresa delle pubblicazioni, e il libro
di Romualdo Bonfadini, Cinquanta anni di
patriottismo). È da ricordare a questo
proposito la quistione dei «costituti» di
Federico Confalonieri: il Bonfadini, nel libro
su citato, afferma in una nota di aver visto la
raccolta dei «costituti» nell’Archivio di Stato
di Milano e accenna a circa 80 fascicoli. Altri
hanno sempre negato che la raccolta dei
costituti esistesse in Italia e cosí ne
spiegavano la non pubblicazione; in un
articolo del senatore Salata, incaricato di far
ricerche negli archivi di Vienna sui
documenti riguardanti l’Italia, articolo
pubblicato nel 1925 (?), si diceva che i
costituti erano stati rintracciati e sarebbero
stati pubblicati. Ricordare il fatto che in un
certo periodo la «Civiltà Cattolica» sfidò i
liberali a pubblicarli, affermando che essi,
conosciuti, avrebbero, nientemeno, fatto
saltare in aria l’unità dello Stato. Nella
quistione Confalonieri il fatto piú notevole
consiste in ciò, che a differenza di altri
patriotti graziati dall’Austria, il Confalonieri,
che pure era un rimarchevole uomo politico,
si ritirò dalla vita attiva e mantenne dopo la
Alessandro AndryaneNel ms il nome di
Alessandro Andryane è aggiunto in periodo
successivo, in sostituzione di alcune parole
cancellate. in parte piccolissima pubblicate
da Rosolino Guastalla in una edizione
Barbera, che, mi pare, se attaccò il
Pallavicino per la sua debolezza, tributa
invece molto rispetto al Confalonieri.
A proposito delle difese fatte anche
recentemente dell’atteggiamento tenuto
dall’aristocrazia lombarda verso l’Austria,
specialmente dopo l’insurrezione del
febbraio 53 e durante il viceregno di
Massimiliano, ricordare che Alessandro
Luzio, la cui opera storica è completamente
tendenziosa, giunge fino a legittimare i fedeli
servizi pretati all’Austria dal Salvotti e C.;
altro che spirito giacobino!
La punta comica nella quistione è data da
Alfredo Panzini che, nella Vita di Cavour, fa
tutta una variazione altrettanto leziosa quanto
stucchevole e gesuitica sulla «pelle di tigre»
esposta da una finestra aristocratica durante
una visita a Milano di Francesco Giuseppe!!
Da tutti questi punti di vista devono essere
considerate le concezioni di Missiroli,
Gobetti, Dorso, ecc. sul Risorgimento
italiano come «conquista regia».
Se in Italia non sorse un partito giacobino, ci
devono essere le ragioni da ricercare nel
campo economico, cioè nella relativa
debolezza della borghesia italiana, e nella
temperatura storica diversa dell’Europa. Il
limite trovato dai giacobini, nella loro
politica di forzato risveglio delle energie
popolari francesi da alleare alla borghesia,
con la legge Chapelier e la legge sul
«maximum»Aggiunto a margine in epoca
posteriore., si presentava nel 48 come uno
«spettro» già minaccioso, sapientemente
agitato dall’Austria e dai vecchi governi, ma
anche da Cavour (oltre che dal Papa). La
borghesia non poteva più estendere la sua
egemonia su i vasti strati che poté
abbracciare in Francia, è vero, ma l’azione
sua liberazione un contegno molto riservato.
Tutta la quistione Confalonieri è da
riesaminare criticamente, insieme con
l’atteggiamento tenuto da lui e dai suoi
compagni, con un esame approfondito delle
memorie scritte dai singoli, quando le
scrissero: per le polemiche che suscitò sono
interessanti le memorie del francese
Alessandro Andryane che tributa molto
rispetto e ammirazione per il Confalonieri,
mentre attacca G. Pallavicino per la sua
debolezza.
A proposito delle difese fatte anche
recentemente dell’atteggiamento tenuto
dall’aristocrazia lombarda verso l’Austria,
specialmente dopo il tentativo insurrezionale
di Milano del febbraio 1853 e durante il
viceregno di Massimiliano, è da ricordare
che Alessandro Luzio, la cui opera storica è
sempre tendenziosa e acrimoniosa contro i
democratici, giunge fino a legittimare i fedeli
servizi resi all’Austria dal Salvotti: altro che
spirito giacobino! La nota comica in
argomento è data da Alfredo Panzini, che,
nella Vita di Cavour, fa tutta una variazione
altrettanto leziosa quanto stomachevole e
gesuitica su una «pelle di tigre» esposta da
una finestra aristocratica durante una visita a
Milano di Francesco Giuseppe!
Da tutti questi punti di vista devono
essere considerate le concezioni di Missiroli,
Gobetti, Dorso ecc. sul Risorgimento italiano
come «conquista regia».
Se in Italia non si formò un partito
giacobino ci sono le sue ragioni da ricercare
nel campo economico, cioè nella relativa
debolezza della borghesia italiana e nel clima
storico diverso dell’Europa dopo il 1815. Il
limite trovato dai giacobini, nella loro
politica di forzato risveglio delle energie
popolari francesi da alleare alla borghesia,
con la legge Chapelier e quella sul
«maximum», si presentava nel ’48 come uno
«spettro» già minaccioso, sapientemente
utilizzato dall’Austria, dai vecchi governi e
anche dal Cavour (oltre che dal Papa). La
borghesia non poteva (forse) piú estendere la
sua egemonia sui vasti strati popolari che
invece poté abbracciare in Francia (non
poteva per ragioni soggettive, non oggettive),
sui contadini era sempre possibile.
Differenza tra Francia, Germania e Italia nel
processo di presa del potere della borghesia
(e Inghilterra). In Francia abbiamo il
fenomeno completo, la maggior ricchezza di
elementi politici. In Germania il fenomeno
rassomiglia per alcuni aspetti a quello
italiano, per altri a quello inglese. In
Germania il 48 fallisce per la poca
concentrazione borghese (la parola d’ordine
di tipo giacobino fu data nel 48 tedesco da
Marx: «rivoluzione in permanenza» ») e
perché la quistione è intrecciata con quella
nazionale; le guerre del 64, del 66 e del 70
risolvono la quistione nazionale e la
quistione di classe in un tipo intermedio: la
borghesia ottiene il governo
economico-industriale, ma le vecchie classi
feudali rimangono come ceto governativo
con ampi privilegi di casta nell’esercito,
nell’amministrazione statale e sulla terra; ma
almeno in Germania queste vecchie classi, se
conservano tanta importanza e mantengono
tanti privilegi, esercitano una funzione, sono
gli «intellettuali» della borghesia, con un
determinato temperamento dato dall’origine
di classe e dalla tradizione. In Inghilterra,
dove la Rivoluzione borghese si è svolta
prima che in Francia, abbiamo lo stesso
fenomeno che in Germania di fusione tra il
vecchio e il nuovo, nonostante l’estrema
energia dei «giacobini» inglesi, cioè le «teste
rotonde» di Crornwell: la vecchia
aristocrazia rimane come ceto governativo,
con certi privilegi, diventa anch’essa il ceto
intellettuale della borghesia inglese (vedi in
proposito le osservazioni di Engels nella
prefazione inglese, mi pare, a Utopia e
Scienza, che occorre ricordare per questa
ricerca sugli intellettuali e le loro funzioni
storiche di classe).
La spiegazione data da Antonio Labriola
ma l’azione sui contadini era certamente
sempre possibile.
Differenze tra la Francia, la Germania e
l’Italia nel processo di presa del potere da
parte della borghesia (e Inghilterra). In
Francia si ha il processo piú ricco di sviluppi
e di elementi politici attivi e positivi. In
Germania il processo si svolge per alcuni
aspetti in modi che rassomigliano a quelli
italiani, per altri a quelli inglesi. In Germania
il movimento del ’48 fallisce per la scarsa
concentrazione borghese (la parola d’ordine
di tipo giacobino fu data dall’estrema
sinistra democratica: «rivoluzione in
permanenza») e perché la quistione del
rinnovamento statale è intrecciata con la
quistione nazionale; le guerre del ’64, del ’66
e del ’70 risolvono insieme la quistione
nazionale e quella di classe in un tipo
intermedio: la borghesia ottiene il governo
economico-industriale, ma le vecchie classi
feudali rimangono come ceto governativo
dello Stato politico con ampi privilegi
corporativi nell’esercito, nell’amministrazione e sulla terra: ma almeno, se queste
vecchie classi conservano in Germania tanta
importanza e godono di tanti privilegi, esse
esercitano una funzione nazionale, diventano
gli «intellettuali» della borghesia, con un
determinato temperamento dato dall’origine
di casta e dalla tradizione. In Inghilterra,
dove la rivoluzione borghese si è svolta
prima che in Francia, abbiamo un fenomeno
simile a quello tedesco di fusione tra il
vecchio e il nuovo, nonostante l’estrema
energia dei «giacobini» inglesi, cioè le «teste
rotonde» di Cromwell; la vecchia aristocrazia
rimane come ceto governativo, con certi
privilegi, diventa anch’essa il ceto
intellettuale della borghesia inglese (del resto
l’aristocrazia inglese è a quadri aperti e si
rinnova continuamente con elementi
provenienti dagli intellettuali e dalla
borghesia). In proposito sono da vedere
alcune
osservazioni
contenute
nella
prefazione alla traduzione inglese di Utopia e
Scienza che occorre ricordare per la ricerca
sugli intellettuali e le loro funzioni storicosociali.
La spiegazione data da Antonio
sulla permanenza al potere in Germania degli
Junker e del kaiserismo nonostante il
grandesviluppo capitalistico adombra la
giusta spiegazione: il rapporto di classe
creatosi per lo sviluppo industriale col
raggiungimento del limite dell’egemonia
borghese e col rovesciamento delle situazioni
di classi progressive, induce la borghesia a
non lottare a fondo contro il vecchio mondo,
ma a lasciarne sussistere quella parte di
facciata che serva a velare il suo dominio.
Questo diverso manifestarsi dello stesso
fenomeno nei diversi paesi è da legare ai
diversi rapporti non solo interni, ma anche
internazionali (i fattori internazionali di
solito sono sottovalutati in queste ricerche).
Lo spirito giacobino, audace, temerario, è
certamente legato all’egemonia esercitata
dalla Francia per tanto tempo. Le guerre di
Napoleone, invece, con l’enorme distruzione
di uomini, tra i più forti e avventurosi,
indebolisconoNel ms: «indebolisce». non
solo le energie francesi, ma anche quelle
delle altre nazioni, sebbene dianoNel ms:
«dia». anche formidabili lezioni di energia
nuova.
I fattori internazionali sono stati certo
fortissimi nel determinare la linea del
Risorgimento. Essi poi sono stati ancora più
esagerati dal partito moderato (Cavour) a
scopo di partito: è notevole il fatto, a questo
proposito, di Cavour che teme come il fuoco
l’iniziativa garibaldina prima della
spedizione di Quarto per le complicazioni
internazionali che può creare e poi è spinto
egli stesso dall’entusiasmo creato dai mille
nell’opinione pubblica europea fino a vedere
come fattibile una nuova guerra all’Austria.
Esisteva dunque in Cavour una certa
deformazione professionale del diplomatico,
che lo portava a vedere «troppe» difficoltà e
lo induceva a una esagerazione cospirativa e
a prodigi, che sono in gran parte
Labriola sulla permanenza al potere in
Germania degli Junker e del kaiserismo
nonostante il grande sviluppo capitalistico,
adombra la giusta spiegazione: il rapporto di
classi creato dallo sviluppo industriale col
raggiungimento del limite dell’egemonia
borghese e il rovesciamento delle posizioni
delle classi progressive, ha indotto la
borghesia a non lottare a fondo contro il
vecchio regime, ma a lasciarne sussistere una
parte della facciata dietro cui velare il
proprio dominio reale.
Questa differenza di processo nel
manifestarsi dello stesso sviluppo storico nei
diversi paesi è da legare non solo alle diverse
combinazioni dei rapporti interni alla vita
delle diverse nazioni, ma anche ai diversi
rapporti
internazionali
(i
rapporti
internazionali sono di solito sottovalutati in
questo ordine di ricerche). Lo spirito
giacobino, audace, temerario, è certamente
legato all’egemonia esercitata cosí a lungo
dalla Francia in Europa, oltre che
all’esistenza di un centro urbano come Parigi
e all’accentramento conseguito in Francia per
opera della monarchia assoluta. Le guerre di
Napoleone, invece, con l’enorme distruzione
di uomini, tra i piú audaci e intraprendenti,
hanno indebolito non solo l’energia politica
militante francese, ma anche quella delle
altre nazioni, sebbene intellettualmente siano
state cosí feconde per la rinnovazione
dell’Europa.
I rapporti internazionali hanno certo
avuto una grande importanza nel determinare
la linea di sviluppo del Risorgimento
italiano, ma essi sono stati esagerati dal
partito moderato e da Cavour a scopo di
partito. È notevole, a questo proposito, il
fatto di Cavour che teme come il fuoco
l’iniziativa
garibaldina
prima
della
spedizione di Quarto e del passaggio dello
Stretto, per le complicazioni internazionali
che poteva creare e poi è spinto egli stesso
dall’entusiasmo
creato
dai
Mille
nell’opinione europea fino a vedere come
fattibile una immediata nuova guerra contro
l’Austria. Esisteva in Cavour una certa
deformazione professionale del diplomatico,
che lo portava a vedere «troppe» difficoltà e
funamboleschi, di sottigliezza e di intrigo. In
ogni caso egli fece bene la sua parte di uomo
di partito; che poi questo partito
rappresentasse la nazione, anche solo nel
senso della più vasta estensione della
comunità di interessi della borghesia con
altre classi, è un’altra quistione.
A proposito della parola d’ordine
«giacobina» lanciata da Marx alla Germania
del 48-49 è da osservare la sua complicata
fortuna. Ripresa, sistematizzata, elaborata,
intellettualizzata dal gruppo ParvusBronstein, si manifestò inerte e inefficace nel
1905 e in seguito: era una cosa astratta, da
gabinetto scientifico. La corrente che la
avversò in questa sua manifestazione
intellettualizzata, invece, senza usarla «di
proposito» la impiegò di fatto nella sua
forma storica, concreta, vivente, adatta al
tempo e al luogo, come scaturiente da tutti i
pori della società che occorreva trasformare,
di alleanza tra due classi con l’egemonia
della classe urbana.
Nell’un caso, temperamento giacobino senza
il contenuto politico adeguato, tipo Crispi;
nel secondo caso temperamento e contenuto
giacobino secondo i nuovi rapporti storici, e
non secondo un’etichetta intellettualistica.
lo induceva a esagerazioni «cospirative» e a
prodigi, che sono in buona parte
funamboleschi, di sottigliezza e di intrigo. In
ogni caso il Cavour operò egregiamente
come uomo di partito: che poi il suo partito
rappresentasse i piú profondi e duraturi
interessi nazionali, anche solo nel senso della
piú vasta estensione da dare alla comunità di
esigenze della borghesia con la massa
popolare, è un’altra quistione.
A proposito della parola d’ordine
«giacobina»
formulata
nel
’48-49
[rivoluzione permanente] è da studiarne la
complicata
fortuna.
Ripresa,
sistematizzata, elaborata, intellettualizzata
dal gruppo Parvus-Bronstein [HelphandTrotzkij] si manifestò inerte e inefficace
nel 1905, e in seguito: era diventata una
cosa astratta, da gabinetto scientifico. La
corrente [leninista] che la avversò in
questa sua manifestazione letteraria,
invece senza impiegarla «di proposito», la
applicò di fatto in una forma aderente alla
storia attuale, concreta, vivente, adatta al
tempo e al luogo, come scaturiente da tutti
i pori della determinata società che
occorreva trasformare, come alleanza di
due gruppi sociali [proletariato e
contadini] con l’egemonia del gruppo
urbano.
Nell’un caso si ebbe il temperamento
giacobino senza un contenuto politico
adeguato; nel secondo, temperamento e
contenuto «giacobino» secondo i nuovi
rapporti storici, e non secondo un’etichetta
letteraria e intellettualistica.
Nell’esame della direzione politica e
militare impressa al moto nazionale prima
e dopo il ’48 occorre fare alcune preventive
osservazioni di metodo e di nomenclatura.
Per direzione militare non deve intendersi
solo la direzione militare in senso stretto,
tecnico, cioè con riferimento alla strategia e
alla tattica dell’esercito piemontese, o delle
truppe garibaldine o delle varie milizie
improvvisate nelle insurrezioni locali
(Cinque giornate di Milano, difesa di
Venezia, difesa della Repubblica Romana,
insurrezione di Palermo nel ’48 ecc.); deve
intendersi invece in senso molto piú largo
e piú aderente alla direzione politica vera
e propria. Il problema essenziale che si
imponeva dal punto di vista militare era
quello di espellere dalla penisola una potenza
straniera, l’Austria, che disponeva di uno dei
piú grandi eserciti dell’Europa d’allora e che
aveva inoltre non pochi e deboli aderenti
nella penisola stessa, persino nel Piemonte.
Pertanto il problema militare era questo:
come riuscire a mobilitare una forza
insurrezionale che fosse in grado di
espellere dalla penisola l’esercito austriaco
non solo, ma anche di impedire che esso
potesse ritornare con una controffensiva
dato che l’espulsione violenta avrebbe messo
in pericolo la compagine dell’Impero e
quindi ne avrebbe galvanizzato tutte le forze
di coesione per una rivincita. Le soluzioni
che del problema furono presentate
astrattamente
erano
parecchie,
tutte
contraddittorie e inefficienti. «L’Italia farà da
sé» fu la parola d’ordine piemontese del ’48,
ma volle dire la sconfitta disastrosa. La
politica incerta, ambigua, timida e nello
stesso tempo avventata dei partiti di destra
piemontesi fu la cagione principale della
sconfitta: essi furono di una astuzia
meschina, essi furono la causa del ritirarsi
degli eserciti degli altri Stati italiani,
napoletani e romani, per aver troppo presto
mostrato di volere l’espansione piemontese e
non una confederazione italiana; essi non
favorirono, ma osteggiarono, il movimento
dei volontari; essi, insomma, volevano che
solo armati vittoriosi fossero i generali
piemontesi, inetti al comando di una guerra
tanto difficile. L’assenza di una politica
popolare fu disastrosa: i contadini lombardi e
veneti arruolati dall’Austria furono uno degli
strumenti piú efficaci per soffocare la
rivoluzione di Vienna e quindi anche italiana;
per i contadini il moto del Lombardo-Veneto
era una cosa di signori e di studenti come il
moto viennese. Mentre i partiti nazionali
italiani avrebbero dovuto, con la loro
politica,
determinare
o
aiutare
il
disgregamento dell’Impero austriaco, con la
loro inerzia ottennero che i reggimenti
italiani fossero uno dei migliori puntelli della
reazione austriaca. Nella lotta tra il
Piemonte e l’Austria il fine strategico non
poteva essere quello di distruggere l’esercito
austriaco e occupare il territorio del nemico,
che sarebbe stato fine irraggiungibile e
utopistico, ma poteva essere quello di
disgregare la compagine interna austriaca
e aiutare i liberali ad andare al potere
stabilmente per mutare la struttura
politica dell’impero in federalistica o
almeno per crearvi uno stato prolungato
di lotte interne che desse respiro alle forze
nazionali italiane e permettesse loro di
concentrarsi politicamente e militarmente
(lo stesso errore fu commesso da Sonnino
nella guerra mondiale e ciò contro le
insistenze del Cadorna: Sonnino non voleva
la distruzione dell’impero absburgico e si
rifiutò a ogni politica di nazionalità; anche
dopo Caporetto, una politica nazionalitaria fu
fatta obtorto collo e malthusianamente e
perciò non dette i piú rapidi risultati che
avrebbe potuto dare). Dopo aver iniziato la
guerra col motto «l’Italia farà da sé», dopo la
sconfitta, quando tutta l’impresa era
compromessa, si cercò di avere l’aiuto
francese, proprio quando, anche per effetto
del rinvigorimento austriaco, al governo in
Francia erano andati i reazionari, nemici di
uno Stato italiano unitario e forte e anche di
una espansione piemontese: la Francia non
volle dare al Piemonte neanche un generale
provetto e si ricorse al polacco Chrzanowsky.
La direzione militare era una quistione
piú vasta della direzione dell’esercito e della
determinazione del piano strategico che
l’esercito doveva eseguire; essa comprendeva
in
piú
la
mobilitazione
politicoinsurrezionale di forze popolari che fossero
insorte alle spalle del nemico e ne avessero
intralciato i movimenti e i servizi logistici, la
creazione di masse ausiliarie e di riserva da
cui trarre nuovi reggimenti e che dessero
all’esercito
«tecnico»
l’atmosfera
di
entusiasmo e di ardore. La politica popolare
non fu fatta neanche dopo il ’49; anzi sugli
avvenimenti del ’49 si cavillò stoltamente per
intimidire le tendenze democratiche: la
politica nazionale di destra si impegnò nel
secondo periodo del Risorgimento nella
ricerca dell’aiuto della Francia bonapartista e
con l’alleanza francese si equilibrò la forza
austriaca. La politica della Destra nel ’48
ritardò l’unificazione della penisola di alcuni
decenni.
Le incertezze nella direzione politicomilitare, le continue oscillazioni tra
dispotismo e costituzionalismo ebbero i loro
contraccolpi disastrosi anche nell’esercito
piemontese. Si può affermare che quanto piú
un esercito è numeroso, in senso assoluto,
come massa reclutata, o in senso relativo,
come proporzioni di uomini reclutati sulla
popolazione totale, tanto piú aumenta
l’importanza della direzione politica su
quella meramente tecnico-militare. La
combattività dell’esercito piemontese era
altissima all’inizio della campagna del ’48:
i destri credettero che tale combattività
fosse espressione di un puro spirito
militare
e
dinastico
astratto,
e
cominciarono a intrigare per restringere le
libertà popolari e smorzare le aspettative
in un avvenire democratico. Il «morale»
dell’esercito decadde. La polemica sulla
fatal Novara è tutta qui. A Novara
l’esercito non volle combattere, perciò fu
sconfitto. I destri accusarono i democratici di
aver portato la politica nell’esercito e
d’averlo disgregato: accusa inetta, perché il
costituzionalismo appunto «nazionalizzava»
l’esercito, ne faceva un elemento della
politica generale e con ciò lo rafforzava
militarmente. Tanto piú inetta l’accusa, in
quanto l’esercito si accorge di un mutamento
di direzione politica, senza bisogno di
«disgregatori», da una molteplicità di piccoli
cambiamenti, ognuno dei quali può parere
insignificante e trascurabile, ma che
nell’insieme formano una nuova atmosfera
asfissiante. Responsabili della disgregazione
sono pertanto quelli che hanno mutato la
direzione politica, senza prevederne le
conseguenze militari, hanno cioè sostituito
una cattiva politica a quella precedente che
era buona, perché conforme al fine.
L’esercito è anche uno «strumento» per un
fine determinato, ma esso è costituito di
uomini pensanti e non di automi che si
possono impiegare nei limiti della loro
coesione meccanica e fisica. Se si può e si
deve, anche in questo caso, parlare di
opportuno e di conforme al fine, occorre però
includere anche la distinzione: secondo la
natura dello strumento dato. Se si batte un
chiodo con una mazza di legno con lo stesso
vigore con cui si batterebbe con un martello
d’acciaio, il chiodo penetra nella mazza
invece che nella parete. La direzione
politica giusta è necessaria anche con un
esercito di mercenari professionisti (anche
nelle compagnie di ventura c’era un minimo
di direzione politica oltre a quella tecnicomilitare); tanto piú è necessaria con un
esercito nazionale di leva. La quistione
diventa ancora piú complessa e difficile
nelle guerre di posizione, fatte da masse
enormi che solo con grandi riserve di forze
morali possono resistere al grande logorio
muscolare,
nervoso,
psichico:
solo
un’abilissima direzione politica, che
sappia tener conto delle aspirazioni e dei
sentimenti piú profondi delle masse
umane, ne impedisce la disgregazione e lo
sfacelo.
La direzione militare deve essere
sempre subordinata alla direzione politica,
ossia il piano strategico deve essere
l’espressione militare di una determinata
politica generale. Naturalmente può darsi
che in una condizione data, gli uomini
politici siano inetti, mentre nell’esercito ci
siano dei capi che alla capacità militare
congiungano la capacità politica: è il caso di
Cesare e di Napoleone. Ma in Napoleone si è
visto come il mutamento di politica,
coordinato alla presunzione di avere uno
strumento militare astrattamente militare,
abbia portato alla sua rovina: anche nei casi
in cui la direzione politica e quella militare si
trovano unite nella stessa persona, è il
momento politico che deve prevalere su
quello militare. I Commentari di Cesare sono
un classico esempio di esposizione di una
sapiente combinazione di arte politica e arte
militare: i soldati vedevano in Cesare non
solo un grande capo militare, ma
specialmente il loro capo politico, il capo
della democrazia. È da ricordare come
Bismarck, sulle traccie del Clausewitz,
sosteneva la supremazia del momento
politico su quello militare, mentre Guglielmo
II, come riferisce Ludwig, annotò
rabbiosamente un giornale in cui l’opinione
del Bismarck era riportata: cosí i Tedeschi
vinsero brillantemente quasi tutte le battaglie,
ma perdettero la guerra.
Esiste
una
certa
tendenza
a
sopravalutare l’apporto delle classi popolari
al Risorgimento, insistendo specialmente sul
fenomeno del volontariato. Le cose piú serie
e ponderate in proposito sono state scritte da
Ettore Rota nella «Nuova Rivista Storica»
del 1928-29. A parte l’osservazione fatta in
altra nota sul significato da dare ai volontari,
è da rilevare che gli scritti stessi del Rota
mostrano come i volontari fossero mal visti e
sabotati dalle autorità piemontesi, ciò che
appunto conferma la cattiva direzione
politico-militare. Il governo piemontese
poteva arruolare obbligatoriamente soldati
nel suo territorio statale, in rapporto alla
popolazione, come l’Austria poteva fare nel
suo e in rapporto a una popolazione
enormemente piú grande: una guerra a fondo,
in questi termini, sarebbe sempre stata
disastrosa per il Piemonte dopo un certo
tempo. Posto il principio che «l’Italia fa da
sé» bisognava o accettare subito la
Confederazione con gli altri Stati italiani o
proporsi l’unità politica territoriale su una
tale base radicalmente popolare che le masse
fossero state indotte a insorgere contro gli
altri governi, e avessero costituito eserciti
volontari che fossero accorsi accanto ai
piemontesi. Ma appunto qui stava la
quistione: le tendenze di destra piemontesi o
non volevano ausiliari, pensando di poter
vincere gli austriaci con le sole forze regolari
piemontesi (e non si capisce come potessero
avere una tale presunzione), o avrebbero
voluto essere aiutati a titolo gratuito (e anche
qui non si capisce come politici seri
potessero pretendere un tale assurdo): nella
realtà non si può pretendere entusiasmo,
spirito di sacrifizio, ecc., senza una
contropartita neppure dai propri sudditi
di uno Stato; tanto meno si può
pretenderla da cittadini estranei allo Stato
su un programma generico e astratto e per
una fiducia cieca in un governo lontano.
Questo è stato il dramma del ’48-49, ma non
è certo giusto deprezzare perciò il popolo
italiano; la responsabilità del disastro è da
attribuire sia ai moderati, sia al Partito
d’Azione, cioè, in ultima analisi, alla
immaturità e alla scarsissima efficienza delle
classi dirigenti.
Le osservazioni fatte sulla deficienza di
direzione politico-militare nel Risorgimento
potrebbero essere ribattute con un argomento
molto triviale e frusto: «quegli uomini non
furono demagoghi, non fecero della
demagogia». Un’altra trivialità molto diffusa
per parare il giudizio negativo sulla capacità
direttiva dei capi del moto nazionale è quella
di ripetere in vari modi e forme che il moto
nazionale si poté operare per merito delle
sole classi colte. Dove sia il merito è difficile
capire. Merito di una classe colta, perché
sua funzione storica, è quello di dirigere le
masse popolari e svilupparne gli elementi
progressivi; se la classe colta non è stata
capace di adempiere alla sua funzione, non
deve parlarsi di merito, ma di demerito,
cioè di immaturità e debolezza intima.
Cosí occorre intendersi sulla parola e sul
concetto di demagogia. Quegli uomini
effettivamente non seppero guidare il popolo,
non seppero destarne l’entusiasmo e la
passione, se si intende demagogia nel suo
significato primordiale. Raggiunsero essi
almeno il fine che si proponevano? Essi
dicevano di proporsi la creazione dello
Stato moderno in Italia e produssero un
qualcosa di bastardo, si proponevano di
suscitare una classe dirigente diffusa ed
energica e non ci riuscirono, di inserire il
popolo nel quadro statale e non ci
riuscirono. La meschina vita politica dal
’70 al ’900, il ribellismo elementare ed
endemico delle classi popolari, l’esistenza
gretta e stentata di un ceto dirigente
scettico e poltrone sono la conseguenza di
quella deficienza: e ne sono conseguenza la
posizione internazionale del nuovo Stato,
privo di effettiva autonomia perché
minato all’interno dal Papato e dalla
passività malevola delle grandi masse.
In realtà poi i destri del Risorgimento
furono dei grandi demagoghi: essi fecero del
popolo-nazione uno strumento, un oggetto,
degradandolo e in ciò consiste la massima e
piú spregevole demagogia, proprio nel senso
che il termine ha assunto in bocca ai partiti di
destra in polemica con quei di sinistra,
sebbene siano i partiti di destra ad avere
sempre esercitato la peggiore demagogia e ad
aver fatto spesso appello alla feccia popolare
(come Napoleone III in Francia).
Q13, 17 Tout d'abord dans le «rapport de
forces», il faut distinguer divers moments ou
degrés, qui sont fondamentalement les
suivants :
1. Un rapport de forces sociales
étroitement
lié à la structure, objectif, indé1) Un rapporto di forze sociali strettamente
pendant de la volonté des hommes, qui peut
legato alla struttura, obbiettivo,
indipendente dalla volontà degli uomini, che être mesuré avec les systèmes des sciences
può essere misurato coi sistemi delle scienze exactes ou physiques. C'est sur la base du
degré de développement des forces matéesatte o fisiche. Sulla base del grado di
rielles de production que se font les
sviluppo delle forze materiali di produzione
regroupements sociaux, dont chacun représi hanno i raggruppamenti sociali, ognuno
sente une fonction et a une position donnée
dei quali rappresenta una funzione e ha una dans la production elle-même. Ce rapport est
posizione data nella produzione stessa.
ce qu'il est, c'est une réalité rebelle : personne
Questo rapporto è quello che è, una realtà
ne peut modifier le nombre des entreprises et
ribelle: nessuno può modificare il numero
de leurs employés, le nombre des villes et de
delle aziende e dei suoi addetti, il numero
la population urbaine, etc. C'est à partir de
delle città con la data popolazione urbana
cette fondamentale disposition des forces
qu'on peut étudier si dans la société existent
ecc. Questo schieramento fondamentale
les conditions nécessaires et suffisantes pour
permette di studiare se nella società
esistono le condizioni necessarie e sufficienti transformer cette société. C'est à partir d'elle
qu'on peut contrôler le degré de réalisme et
per una sua trasformazione, permette cioè
de possibilités de réalisation des diverses
di controllare il grado di realismo e di
idéologies qui sont nées sur son terrain
attuabilità delle diverse ideologie che sono
nate nel suo stesso terreno, nel terreno delle même, sur le terrain des contradictions
qu'elle
a
engendrées
pendant
son
contraddizioni che esso ha generato durante
développement.
il suo sviluppo.
Q13, 17 < Q4, 38 (octobre 1930) […] :
Intanto nel «rapporto di forza» occorre
distinguere diversi momenti o gradi, che
fondamentalmente sono questi:
2) Un momento successivo è il rapporto
delle forze politiche, cioè la valutazione del
grado di omogeneità, di autocoscienza e di
organizzazione raggiunto dai vari gruppi
sociali. Questo momento può essere a sua
volta analizzato e distinto in vari gradi, che
corrispondono ai diversi momenti della
coscienza politica collettiva, così come si
sono manifestati finora nella storia.
Il primo e più elementare è quello
economico-corporativo: un commerciante
sente di dover essere solidale con un altro
commerciante, un fabbricante con un altro
fabbricante, ecc., ma il commerciante non si
sente ancora solidale col fabbricante; è cioè
sentita l’unità omogenea, e il dovere di
organizzarla, del gruppo professionale, ma
2. Le moment qui suit est le rapport des
forces politiques; c'est-à-dire l'évaluation du
degré d'homogénéité, d'auto-conscience et
d'organisation atteint par les différents
groupes sociaux. Ce moment peut être à son
tour analysé et distingué en différents degrés,
qui correspondent aux différents moments de
la conscience politique collective, tels qu'ils
se sont manifestés jusqu'ici dans l'histoire. Le
premier et le plus élémentaire est le moment
économique-corporatif : un commerçant a le
sentiment de devoir être solidaire d'un autre
commerçant, un fabricant d'un autre
fabricant, etc., mais le commerçant ne se sent
pas encore solidaire du fabricant ; ce qui est
senti en somme, c'est l'unité homogène du
groupe professionnel, et le devoir de
l'organiser, mais pas encore l'unité d'un
groupe social plus vaste. Un second moment
est celui où on atteint la conscience de la
solidarité d'intérêts entre tous les membres du
groupe social, toutefois encore sur le seul
plan économique. Dans ce moment, déjà se
Un secondo momento è quello in cui si
pose le problème de l'État, mais sur un seul
raggiunge la coscienza della solidarietà di
plan : parvenir à l'égalité politique-juridique
interessi fra tutti i membri del gruppo
avec les groupes dominants, car on
sociale, ma ancora nel campo meramente
economico. Già in questo momento si pone revendique le droit de participer à la
la quistione dello Stato, ma solo nel terreno législation et à l'administration et à l'occasion
de les modifier, de les réformer, mais dans
di raggiungere una eguaglianza
les cadres fondamentaux existants. Un
politico-giuridica coi gruppi dominanti,
troisième moment est celui où on atteint la
poiché si rivendica il diritto di partecipare
conscience que ses propres intérêts
alla legislazione e all’amministrazione e
corporatifs, dans leur développement actuel
magari di modificarle, di riformarle, ma nei
et futur, dépassent les limites de la
quadri fondamentali esistenti. Un terzo
corporation,
d'un
groupe
purement
momento è quello in cui si raggiunge la
économique, et peuvent et doivent devenir
coscienza che i propri interessi corporativi,
les intérêts d'autres groupes subordonnés.
nel loro sviluppo attuale e avvenire,
C'est la phase plus franchement politique, qui
marque le net passage de la structure à la
superano la cerchia corporativa, di gruppo
sphère des superstructures complexes, c'est la
meramente economico, e possono e
debbono divenire gli interessi di altri gruppi phase où les idéologies qui ont germé
auparavant deviennent « parti », se mesurent
subordinati. Questa è la fase più
et entrent en lutte jusqu'au moment où une
schiettamente politica, che segna il netto
seule d'entre elles ou une combinaison tend à
passaggio dalla struttura alla sfera delle
l'emporter, à s'imposer, à se répandre sur
superstrutture complesse, è la fase in cui le
toute l'aire sociale, déterminant ainsi non
ideologie germinate precedentemente
seulement l'unicité des fins économiques et
diventano «partito», vengono a confronto
politiques, mais aussi l'unité intellectuelle et
ed entrano in lotta fino a che una sola di
morale, en posant tous les problèmes autour
esse o almeno una sola combinazione di
desquels s'intensifie la lutte, non pas sur le
esse, tende a prevalere, a imporsi, a
plan corporatif mais sur un plan « universel
diffondersi su tutta l’area sociale,
», et en créant ainsi l'hégémonie d'un groupe
determinando oltre che l’unicità dei fini
social fondamental sur une série de groupes
economici e politici, anche l’unità
subordonnés. l'État est conçu, certes, comme
intellettuale e morale, ponendo tutte le
l'organisme propre d'un groupe, destiné à
créer des conditions favorables à la plus
quistioni intorno a cui ferve la lotta non sul
grande expansion du groupe lui-même; mais
piano corporativo ma su un piano
«universale» e creando così l’egemonia di un ce développement et cette expansion sont
gruppo sociale fondamentale su una serie di conçus et présentés comme la force motrice
d'une
expansion
universelle,
d'un
gruppi subordinati. Lo Stato è concepito sì
développement
de
toutes
les
énergies
come organismo proprio di un gruppo,
« nationales », c'est-à-dire que le groupe
destinato a creare le condizioni favorevoli
dominant est coordonné concrètement avec
alla massima espansione del gruppo stesso,
les
intérêts
généraux
des
groupes
ma questo sviluppo e questa espansione
subordonnés, et que la vie de l'État est
sono concepiti e presentati come la forza
conçue comme une formation continuelle et
motrice di una espansione universale, di uno un continuel dépassement d'équilibres
sviluppo di tutte le energie «nazionali», cioè instables (dans les limites de la loi) entre les
il gruppo dominante viene coordinato
intérêts du groupe fondamental et ceux des
concretamente con gli interessi generali dei groupes subordonnés, équilibres où les
non ancora del gruppo sociale più vasto.
gruppi subordinati e la vita statale viene
concepita come un continuo formarsi e
superarsi di equilibri instabili (nell’ambito
della legge) tra gli interessi del gruppo
fondamentale e quelli dei gruppi
subordinati, equilibrii in cui gli interessi del
gruppo dominante prevalgono ma fino a un
certo punto, non cioè fino al gretto interesse
economico-corporativo.
Nella storia reale questi momenti si
implicano reciprocamente, per così dire
orizzontalmente e verticalmente, cioè
secondo le attività economico- sociali
(orizzontali) e secondo i territori
(verticalmente), combinandosi e scindendosi
variamente: ognuna di queste combinazioni
può essere rappresentata da una propria
espressione organizzata economica e
politica. Ancora bisogna tener conto che a
questi rapporti interni di uno Stato-nazione
si intrecciano i rapporti internazionali,
creando nuove combinazioni originali e
storicamente concrete. Una ideologia, nata
in un paese più sviluppato, si diffonde in
paesi meno sviluppati, incidendo nel gioco
locale delle combinazioni.
(La religione, per es., è sempre stata una
fonte di tali combinazioni
ideologico-politiche nazionali e
internazionali, e con la religione le altre
formazioni internazionali, la massoneria, il
Rotary Club, gli ebrei, la diplomazia di
carriera che suggeriscono espedienti politici
di origine storica diversa e li fanno trionfare
in determinati paesi, funzionando come
partito politico internazionale che opera in
ogni nazione con tutte le sue forze
internazionali concentrate; ma religione,
massoneria, Rotary, ebrei ecc., possono
rientrare nella categoria sociale degli
«intellettuali», la cui funzione, su scala
internazionale, è quella di mediare gli
estremi, di «socializzare» i ritrovati tecnici
che fanno funzionare ogni attività di
direzione, di escogitare compromessi e vie
intérêts du groupe dominant l'emportent mais
jusqu'à un certain point, c'est-à-dire non
jusqu'au mesquin intérêt économiquecorporatif.
Dans l'histoire réelle, ces moments
trouvent une implication réciproque, horizontalement et verticalement pour ainsi dire,
c'est-à-dire selon les activités économiques
sociales (horizontales) et selon les territoires
(verticalement), en se combinant et en se
scindant de diverses manières : chacune de
ces combinaisons peut être représentée par sa
propre expression organisée, économique et
politique. Encore faut-il tenir compte du fait
qu'à ces rapports internes d'un État-nation se
mêlent les rapports internationaux, ce qui
crée de nouvelles combinaisons originales et
historiquement concrètes. Une idéologie née
dans un pays plus développé, se répand dans
les pays moins développés, non sans
incidences sur le jeu local des combinaisons.
( La religion, par exemple, a toujours été
une source de combinaisons idéologiquespolitiques
semblables,
nationales
et
internationales, et avec la religion, les autres
formations
internationales,
la
francmaçonnerie, le Rotary Club, les Juifs, la diplomatie de carrière, qui suggèrent des
expédients politiques d'origine historique diverse, et les font triompher dans certains
pays, en fonctionnant comme parti politique
international qui opère dans chaque nation
avec toutes ses forces internationales concentrées; telle religion, la franc-maçonnerie,
le Rotary, les Juifs, etc., peuvent entrer dans
la catégorie sociale des « intellectuels », dont
la fonction, à l'échelle internationale, est
d'assurer la médiation entre les extrêmes, de
« socialiser » les expédients techniques par
lesquels fonctionne toute activité de
direction, de trouver des compromis et les
moyens d'échapper aux solutions extrêmes).
Ce rapport entre forces internationales et
forces nationales est encore compliqué par
l'existence, à l'intérieur de tout État, de
plusieurs sections territoriales dont la structure est différente, différents les rapports de
d’uscita tra le soluzioni estreme).
Questo rapporto tra forze internazionali e
forze nazionali è ancora complicato
dall’esistenza nell’interno di ogni Stato di
parecchie sezioni territoriali di diversa
struttura e di diverso rapporto di forza in
tutti i gradi (così la Vandea era alleata con le
forze internazionali reazionarie e le
rappresentava nel seno dell’unità territoriale
francese; così Lione nella Rivoluzione
Francese rappresentava un nodo particolare
di rapporti ecc.).
3) Il terzo momento è quello del rapporto
delle forze militari, immediatamente
decisivo volta per volta. (Lo sviluppo storico
oscilla continuamente tra il primo e il terzo
momento, con la mediazione del secondo).
Ma anche esso non è qualcosa di indistinto e
di identificabile immediatamente in forma
schematica; si possono anche in esso
distinguere due gradi: quello militare in
senso stretto o tecnico-militaree il grado che
si può chiamare politico-militare. Nello
sviluppo della storia questi due gradi si sono
presentati in una grande varietà di
combinazioni. Un esempio tipico che può
servire come dimostrazione-limite, è quello
del rapporto di oppressione militare di uno
Stato su una nazione che cerca di
raggiungere la sua indipendenza statale. Il
rapporto non è puramente militare, ma
politico-militare e infatti un tale tipo di
oppressione sarebbe inspiegabile senza lo
stato di disgregazione sociale del popolo
oppresso e la passività della sua
maggioranza; pertanto l’indipendenza non
potrà essere raggiunta con forze puramente
militari, ma militari e politico-militari. Se la
nazione oppressa, infatti, per iniziare la lotta
d’indipendenza, dovesse attendere che lo
Stato egemone le permetta di organizzare
un proprio esercito nel senso stretto e
tecnico della parola, avrebbe da attendere
forces à tous les degrés (ainsi la Vendée était
alliée avec les forces réactionnaires
internationales et les représentait dans le sein
de l'unité territoriale française ; ainsi, Lyon
dans la Révolution française présentait un
nœud particulier de rapports, etc.).
3. Le troisième moment est celui du
rapport des forces militaires, immédiatement
décisif
suivant
le
moment.
(Le
développement
historique
oscille
continuellement entre le premier et le
troisième moment, avec la médiation du
second.) Mais dans ce troisième moment, ne
sont pas non plus exclues les distinctions, et
il n'est pas identifiable immédiatement sous
une forme schématique, on peut, en lui aussi,
distinguer deux degrés : un degré militaire au
sens étroit du mot ou technique-militaire et
un degré qu'on peut appeler politiquemilitaire. Au cours du développement de
l'Histoire, ces deux degrés se sont présentés
dans une grande variété de combinaisons. On
a un exemple typique qui peut servir comme
démonstration-limite, c'est celui du rapport
d'oppression militaire d'un État sur une
nation qui chercherait à atteindre son indépendance d'État. Le rapport n'est pas
purement militaire, mais politique-militaire;
et en effet, un tel type d'oppression serait
inexplicable sans l'état de désagrégation
sociale du peuple opprimé et la passivité de
sa majorité; partant, l'indépendance ne pourra
pas être atteinte avec des forces purement
militaires, mais militaires et politiquesmilitaires. Si la nation opprimée, en effet,
devait pour entreprendre la lutte pour
l'indépendance,
attendre
que
l'État
hégémonique lui permette d'organiser une
véritable armée au sens précis et technique
du mot, il lui faudrait attendre un certain
temps (il peut se faire que la nation
hégémonique satisfasse la revendication
d'une armée propre, mais cela signifie que
déjà une grande partie de la lutte a été menée
et gagnée sur le terrain politique-militaire).
La nation opprimée opposera donc
initialement à la force militaire hégémonique
une force qui n'est que « politique-militaire »,
un pezzo (può avvenire che la rivendicazione
di avere un proprio esercito sia soddisfatta
dalla nazione egemone, ma ciò significa che
già una gran parte della lotta è stata
combattuta e vinta sul terreno
politico-militare). La nazione oppressa
opporrà dunque inizialmente alla forza
militare egemone una forza che è solo
«politico-militare», cioè opporrà una forma
di azione politica che abbia la virtù di
determinare riflessi di carattere militare nel
senso: 1) che abbia efficacia di disgregare
intimamente l’efficienza bellica della nazione
egemone; 2) che costringa la forza militare
egemone a diluirsi e disperdersi in un grande
territorio, annullandone gran parte
dell’efficienza bellica. Nel Risorgimento
italiano si può notare l’assenza disastrosa di
una direzione politico-militare specialmente
nel Partito d’Azione (per congenita
incapacità), ma anche nel partito
piemontese-moderato sia prima che dopo il
1848 non certo per incapacità ma per
«maltusianismo economico-politico», cioè
perché non si volle neanche accennare alla
possibilità di una riforma agraria e perché
non si voleva la convocazione di una
assemblea nazionale costituente, ma si
tendeva solo a che la monarchia
piemontese, senza condizioni o limitazioni di
origine popolare, si estendesse a tutta Italia,
con la pura sanzione di plebisciti regionali.
c'est-à-dire qu'elle opposera une forme
d'action politique propre à déterminer des
réflexes de caractère militaire en ce sens : 1.
qu'elle puisse désagréger en profondeur
l'efficacité
guerrière
de
la
nation
hégémonique ; 2. qu'elle contraigne la force
militaire hégémonique à se diluer et à se
disperser dans un grand territoire, en
annulant une grande part de son efficacité
guerrière. Au cours du Risorgimento italien,
on peut noter l'absence désastreuse d'une
direction politique-militaire, surtout dans le
Parti d'Action (par incapacité congénitale),
mais aussi dans le Parti piémontais-modéré,
autant avant qu'après 1848, non par
incapacité certes, mais par « malthusianisme
économique-politique », c'est-à-dire parce
qu'on ne voulut même pas faire allusion à la
possibilité d'une réforme agraire et parce
qu'on ne voulait pas convoquer une
assemblée nationale constituante; on tendait
en fait uniquement à faire que la monarchie
piémontaise, sans conditions ou limitations
d'origine populaire, s'étendît à toute l'Italie,
avec la simple sanction de plébiscistes
régionaux.
4,38 (octobre 1930) >13, 18 (fin 32début 33) : È per lo meno strano
l’atteggiamento dell’economismo verso le
espressioni di volontà, di azione e di
iniziativa politica e intellettuale, come se
queste non fossero una emanazione organica
di necessità economiche e anzi la sola
espressione efficiente dell’economia; così è
incongruo che l’impostazione concreta della
quistione egemonica sia interpretata come un
fatto che subordina il gruppo egemone. Il
fatto dell’egemonia presuppone
indubbiamente che sia tenuto conto degli
interessi e delle tendenze dei gruppi sui quali
l’egemonia verrà esercitata, che si formi un
certo equilibrio di compromesso, che cioè il
gruppo dirigente faccia dei sacrifizi di ordine
econornico-corporativo, ma è anche indubbio
che tali sacrifizi e tale compromesso non
possono riguardare l’essenziale, poiché se
l’egemonia è etico-politica, non può non
essere anche economica, non può non avere
il suo fondamento nella funzione decisiva
che il gruppo dirigente esercita nel nucleo
decisivo dell’attività economica.
13, 18 : C'est une attitude pour le moins
étrange que celle de l'économisme à l'égard
des expressions de la volonté, de l'action et
de l'initiative politiques et intellectuelles,
qu'il considère comme si elles n'étaient pas
une émanation organique de nécessités
économiques et même la seule expression
efficace de l'économie ; autre aspect incongru
: poser concrètement la question de
l'hégémonie est interprété comme un fait qui
subordonne le groupe hégémonique. Le fait
de l'hégémonie suppose indubitablement
qu'on tienne compte des intérêts et des
tendances des groupes sur lesquels l'hégémonie sera exercée, qu'il se forme un certain
équilibre de compromis, c'est-à-dire que le
groupe dirigeant fasse des sacrifices d'ordre
économique-corporatif, mais il est également
indubitable que de tels sacrifices et qu'un tel
compromis ne peuvent concerner l'essentiel,
car si l'hégémonie est éthique-politique, elle
ne peut pas ne pas être également
économique, elle ne peut pas ne pas avoir
son fondement dans la fonction décisive que
le groupe dirigeant exerce dans les secteurs
décisifs de l'activité économique.
Sur la construction de la notion d’hégémonie
(avertissement de Gramsci sur l’éthique de la lecture que nous allons essayer d’avoir toujours
en tête en lisant les textes)_Q6, 198 : «Sollecitare i testi». Cioè far dire ai testi, per amor di
tesi, piú di quanto i testi realmente dicono. Questo errore di metodo filologico si verifica
anche all’infuori della filologia, in tutte le analisi e gli esami delle manifestazioni di vita.
Corrisponde, nel diritto penale, a vendere a meno peso e di differente qualità da quelli
pattuiti, ma non è ritenuto crimine, a meno che non sia palese la volontà di ingannare: ma la
trascuratezza e l’incompetenza non meritano sanzione, almeno una sanzione intellettuale e
morale se non giudiziaria?
Egemonia_ hégémonie
Dans les Quaderni, Gramsci énonce clairement à plusieurs reprises que Lénine est son
point de départ pour sa réflexion sur l’hégémonie. Mais il va développer le concept dans
un sens nouveau (le « traduire » en italien ?)
Q10, I, 12 : «[…] il piú grande teorico moderno della filosofia della praxis, nel terreno della
lotta e dell'organizzazione politica, con terminologia politica, ha in opposizione alle diverse
tendenze «economistiche» rivalutato il fronte di lotta culturale e costruito la dottrina
dell'egemonia come complemento della teoria dello Stato-forza e come forma attuale della
dottrina quarantottesca della «rivoluzione permanente». »
Q10, II, 12 : § Introduzione allo studio della filosofia. La proposizione contenuta
nell’introduzione alla Critica dell’economia politica che gli uomini prendono coscienza dei
conflitti di struttura nel terreno delle ideologie deve essere considerata come
un’affermazione di valore gnoseologico e non puramente psicologico e morale. Da ciò
consegue che il principio teorico-pratico dell’egemonia ha anche esso una portata
gnoseologica e pertanto in questo campo è da ricercare l’apporto teorico massimo di Ilici alla
filosofia della praxis. Ilici avrebbe fatto progredire effettivamente la filosofia come filosofia in
quanto fece progredire la dottrina e la pratica politica. La realizzazione di un apparato
egemonico, in quanto crea un nuovo terreno ideologico, determina una riforma delle
coscienze e dei metodi di conoscenza, è un fatto di conoscenza, un fatto filosofico. Con
linguaggio crociano: quando si riesce a introdurre una nuova morale conforme a una nuova
concezione del mondo, si finisce con l’introdurre anche tale concezione, cioè si determina
una intera riforma filosofica.
1
Présence du concept d’hégémonie dans les textes de Gramsci avant la prison (Ordine
nuovo, Quistione meridionale, 1926, Lettre au CC du PCUS, 1926)
La dittatura del proletariato è espansiva, non repressiva. Un continuo movimento si verifica
dal basso in alto, un continuo ricambio attraverso tutte le capillarità sociali, una continua
circolazione di uomini. Il capo che oggi piangiamo ha trovato una società in decomposizione,
un pulviscolo umano, senza ordine e disciplina, perché in cinque anni di guerra si era
essiccata la produzione sorgente di ogni vita sociale. Tutto è stato riordinato e ricostruito,
dalla fabbrica al governo, coi mezzi, sotto la direzione e il controllo del proletariato, di una
classe nuova, cioè, al governo e alla storia. Ordine nuovo, 1 marzo 1924, art. « Capo »
Il bolscevismo è il primo che nella storia internazionale della lotta delle classi ha sviluppato
l’idea dell’egemonia del proletariato e ha posto praticamente i principali problemi
rivoluzionari che Marx e Engels avevano prospettato teoricamente. L’idea dell’egemonia
del proletariato, appunto perché concepita storicamente e concretamente, ha portato con
sé la necessità di ricercare alla classe operaia un alleato: il bolscevismo ha trovato questo
alleato nella massa dei contadini poveri («L’Ordine Nuovo» terza serie, 1° marzo 1924, n. 1,
p. 3.)
« l'hégémonie du prolétariat » fait partie du « canon » du bolchevisme :
Lénine utilise « hégémonie du prolétariat » pour désigner la fonction de direction du
prolétariat dans l’exercice du pouvoir d’état. Hégémonie ne s’identifie pas avec dictature du
prolétariat mais indique le double caractère que doit avoir le prolétariat au pouvoir : classe
« dirigeante » et « dominante » (Cf. C. Buci-Glucksmann, Gramsci et l’Etat, Paris, 1975).
Cf. Préface [de l’Institut Marx-Engels-Lénine près le Comité central du P.C.(b) de l'U.R.S.S] et
introduction de Staline aux Œuvres choisies en deux volumes de Lénine : Dans son livre
magistral Deux tactiques de la social-démocratie dans la révolution démocratique (1905),
Lénine battit sur le terrain idéologique la tactique menchévique petite bourgeoise et donna
une géniale justification de la tactique bolchevique dans la révolution démocratique
bourgeoise et pendant la période de transition de la révolution démocratique
bourgeoise à la révolution socialiste. Le principe tactique essentiel qui imprègne
l'ouvrage de Lénine est l'idée de l'hégémonie du prolétariat dans la révolution démocratique
bourgeoise, l'idée de la transformation de l'hégémonie du prolétariat dans la révolution
bourgeoise, — le prolétariat s'étant allié la paysannerie, — en hégémonie du prolétariat
dans la révolution socialiste, — le prolétariat s'étant allié les autres masses laborieuses et
exploitées.
2
Staline (ibid.] : La situation exigeait du prolétariat qu'il se mît à la tête de la révolution, qu'il
ralliât autour de lui la paysannerie révolutionnaire et engageât simultanément une lutte
décisive contre le tsarisme et la bourgeoisie, en vue de la démocratisation complète du pays
et pour assurer ses propres intérêts de classe. Mais les menchéviks, ceux-là mêmes qui «
gisent » sur la plateforme marxiste, résolurent le problème à leur manière : puisque la
révolution russe est bourgeoise, et que dans les révolutions bourgeoises ce sont les
représentants de la bourgeoisie qui dirigent (voir l' « histoire » des révolutions française et
allemande), le prolétariat ne peut exercer l'hégémonie dans la révolution russe dont la
direction doit être laissée à la bourgeoisie russe (à celle-là même qui trahit la révolution) ; la
paysannerie, elle aussi, doit être livrée en tutelle à la bourgeoisie; quant au prolétariat, il
doit rester à l'état d'opposition d'extrême-gauche. […] Le mérite de ce plan est que,
formulant avec netteté et résolution les revendications de classe du prolétariat, à l'époque
de la révolution démocratique bourgeoise en Russie, il facilitait le passage à la révolution
socialiste et portait en germe l'idée de dictature du prolétariat.
Staline : Ibid. le problème de l'hégémonie du prolétariat dans la révolution, dans toute
révolution populaire, aussi bien dans la révolution dirigée contre le tsarisme que dans celle
dirigée contre le capitalisme. Marx et Engels ont ébauché dans ses grandes lignes l'idée de
l'hégémonie du prolétariat. Le nouveau chez Lénine, ici, c'est qu'il a développé plus avant
et amplifié cette ébauche jusqu'à en faire un système harmonieux de l'hégémonie du
prolétariat, un système harmonieux de la direction des masses laborieuses de la ville et des
campagnes assurée par le prolétariat, non seulement pour le renversement du tsarisme et
du capitalisme mais aussi pour la construction socialiste sous la dictature du prolétariat. On
sait que l'idée d'hégémonie du prolétariat, grâce à Lénine et à son Parti, a été
magistralement appliquée en Russie. C'est ce qui explique entre autres, que la révolution en
Russie a porté le prolétariat au pouvoir.
1926 : La position de Gramsci sur l’hégémonie du prolétariat en Italie
Lettre de Gramsci (au nom du BP du PCd’I) Au Comité central du Parti communiste
soviétique, 14 octobre 1926
[…] Camarades, tout au long de ces neuf ans d'histoire mondiale, vous êtes apparus comme
l'élément organisateur et moteur des forces révolutionnaires de tous les pays : par son
ampleur et sa profondeur, le rôle que vous avez joué n'a ni précédent ni équivalent dans
l'histoire de l'humanité. Mais, aujourd'hui, vous êtes en train de détruire votre propre
oeuvre, vous vous affaiblissez et courez le risque de compromettre la fonction dirigeante
que le Parti communiste de l'URSS avait conquise sous l'impulsion de Lénine; il nous
semble que le caractère violent et passionné des problèmes russes vous fait perdre de vue
l'enjeu international de ces mêmes problèmes, vous fait oublier que vos responsabilités de
militants russes ne peuvent et ne doivent être assumées que par référence aux intérêts du
prolétariat international.
3
Le Bureau politique du Parti communiste italien s'est penché avec tout le soin et l'attention
dont il était capable sur l'ensemble des questions qui sont actuellement débattues à
l'intérieur du Parti communiste de l'URSS. Les problèmes qui sont aujourd'hui les vôtres
peuvent demain être les nôtres. Dans notre pays aussi, la masse des paysans forme la
majorité de la population laborieuse. En outre, tous les problèmes liés à l'hégémonie du
prolétariat se poseront à nous sous une forme manifestement plus complexe et aiguë
qu'en Russie même, parce que la densité de la population rurale est infiniment supérieure,
parce que nos paysans ont une très riche tradition d'organisation et sont toujours
parvenus à peser fortement, de tout leur poids spécifique de masse, sur la vie politique
nationale, parce que chez nous les appareils et les organisations de l’Église ont derrière
eux une tradition deux fois millénaire et se sont spécialisés dans la propagande et
l'encadrement des paysans à un degré jamais atteint dans les autres pays. S'il est vrai que
l'industrie est plus développée chez nous et que le prolétariat a une large base matérielle, il
est non moins vrai que cette industrie ne dispose pas de matières premières dans le pays et
se trouve donc plus exposée aux crises; le prolétariat ne pourra donc exercer sa fonction
dirigeante que s'il est animé d'un esprit de sacrifice et totalement libéré de toutes les
survivances du corporatisme réformiste ou syndicaliste. C'est de ce point de vue réaliste et
léniniste, croyons-nous, que le Bureau politique du Parti communiste italien a abordé vos
problèmes. Jusqu'à présent, nous n'avons exprimé une opinion de parti que sur la seule
question de discipline posée par les fractions, désirant nous en tenir à la recommandation
que vous nous avez faite après votre XIVe Congrès, de ne pas étendre la discussion de vos
problèmes aux sections de l'Internationale.
[…]
Camarades, on n'a jamais vu au cours de l'histoire une classe dominante, dans son
ensemble, avoir des conditions d'existence inférieures à celles de certains éléments et
couches de la classe dominée et assujettie. Cette contradiction inouïe, l'histoire en a fait le
lot du prolétariat ; c'est en cette contradiction que réside la plus grande menace pour la
dictature du prolétariat, notamment dans les pays où le capitalisme n'était pas parvenu à
son plein développement et n'avait pas réussi à unifier les forces productives. C'est de cette
contradiction, qui d'ailleurs apparaît déjà sous certaines formes dans les pays capitalistes où
le prolétariat assure objectivement une fonction sociale importante, que naissent le
réformisme et le syndicalisme, que naissent l'état d'esprit corporatiste et les stratifications
de l'aristocratie ouvrière. Et, pourtant, le prolétariat ne peut devenir une classe dominante
s'il ne parvient pas, par le sacrifice de ses intérêts corporatifs, à surmonter cette
contradiction; il ne peut maintenir son hégémonie et sa dictature, même une fois constitué
en classe dominante, s'il ne sacrifie pas ses intérêts immédiats aux intérêts généraux et
permanents de la classe. […]
4
Alcuni temi della quistione meridionale, 1926 (commencé en octobre 1926, inachevé)
Alcuni temi della quistione meridionale
[1926]
Quelques
méridionale
I comunisti torinesi si erano posti
concretamente la quistione dell'«egemonia
del proletariato», cioè della base sociale
della dittatura proletaria e dello Stato
operaio. Il proletariato può diventare classe
dirigente e dominante nella misura in cui
riesce a creare un sistema di alleanze di
classi che gli permetta di mobilitare contro il
capitalismo e lo Stato borghese la
maggioranza della popolazione lavoratrice,
ciò che significa, in Italia, nei reali rapporti di
classe esistenti in Italia, nella misura in cui
riesce a ottenere il consenso delle larghe
masse contadine. Ma la quistione contadina
in Italia è storicamente determinata, non è
la «quistione contadina e agraria in
generale»; in Italia la quistione contadina
ha, per la determinata tradizione italiana,
per il determinato sviluppo della storia
italiana, assunto due forme tipiche e
peculiari, la quistione meridionale e la
quistione vaticana. Conquistare la
maggioranza delle masse contadine significa
dunque, per il proletariato italiano, far
proprie queste due quistioni dal punto di
vista sociale, comprendere le esigenze di
classe che esse rappresentano, incorporare
queste esigenze nel suo programma
rivoluzionario di transizione, porre queste
esigenze tra le sue rivendicazioni di lotta.
Les communistes turinois s'étaient posé
concrètement la question de l'« hégémonie
du prolétariat », celle de la base sociale de
la dictature du prolétariat et de l'État
ouvrier. Le prolétariat peut devenir la classe
dirigeante et dominante dans la mesure où
il parviendra à créer un système d'alliances
de classes qui lui permettra de mobiliser
contre le capitalisme et contre l'État
bourgeois la majorité de la population
laborieuse, ce qui, dans le cas de l'Italie,
compte tenu des rapports réels qui
existent entre les classes, revient à dire
dans la mesure où elle réussira à obtenir
l'assentiment
des
larges
masses
paysannes. Mais en Italie, la question
paysanne est historiquement déterminée,
ce n'est pas la « question paysanne et
agraire en général » ; en Italie, la tradition
italienne déterminée et le développement
déterminé de l'histoire italienne ont fait que
la question paysanne a pris deux aspects
typiques et particuliers : la question
méridionale et le problème du Vatican.
Conquérir la majorité des masses paysannes
signifie donc, pour le prolétariat italien,
faire siennes ces deux questions en les
considérant du point de vue social,
comprendre les exigences de classe qu'elles
impliquent, inclure ces exigences dans son
programme révolutionnaire de transition, et
les mettre parmi ses revendications de
lutte.
Il primo problema da risolvere, per i
comunisti torinesi, era quello di modificare
l'indirizzo politico e l'ideologia generale del
thèmes
de
la
question
Le premier problème à résoudre, pour
les communistes turinois, consistait à
5
proletariato stesso come elemento
nazionale che vive nel complesso della vita
statale e subisce inconsapevolmente
l'influenza della scuola, del giornale, della
tradizione borghese. È noto quale ideologia
sia stata diffusa in forma capillare dai
propagandisti della borghesia nelle masse
del Settentrione: il Mezzogiorno è la palla di
piombo che impedisce piú rapidi progressi
allo sviluppo civile dell'Italia; i meridionali
sono biologicamente degli esseri inferiori,
dei semibarbari o dei barbari completi, per
destino naturale; se il Mezzogiorno è
arretrato, la colpa non è del sistema
capitalistico o di qualsivoglia altra causa
storica, ma della natura che ha fatto i
meridionali poltroni, incapaci, criminali,
barbari, temperando questa sorte matrigna
con la esplosione puramente individuale di
grandi geni, che sono come le solitarie
palme in un arido e sterile deserto.
[…]
Il proletariato doveva fare suo
questo indirizzo per dargli efficienza politica:
ciò è sottinteso. Nessuna azione di massa è
possibile se la massa stessa non è convinta
dei fini che vuole raggiungere e dei metodi
da applicare. Il proletariato, per essere
capace di governare come classe, deve
spogliarsi di ogni residuo corporativo, di
ogni pregiudizio o incrostazione sindacalista.
Cosa significa ciò? Che non solo devono
essere superate le distinzioni che esistono
tra professione e professione, ma che
occorre, per conquistarsi la fiducia e il
consenso dei contadini e di alcune categorie
semiproletarie della città, superare alcuni
pregiudizi e vincere certi egoismi che
possono sussistere e sussistono nella classe
operaia come tale anche quando nel suo
modifier la ligne politique et l'idéologie
générale du prolétariat lui-même, en tant
qu'élément national intégré à l'ensemble de
la vie de l'État et subissant inconsciemment
l'influence de l'école, de la presse, de la
tradition bourgeoises. On sait quelle
idéologie les propagandistes de la
bourgeoisie ont répandue par capillarité
dans les masses du Nord : le Midi est le
boulet de plomb qui empêche l'Italie de
faire de plus rapides progrès dans son
développement matériel, les méridionaux
sont biologiquement des êtres inférieurs,
des semi-barbares, voire des barbares
complets, c'est leur nature ; si le Midi est
arriéré, la faute n'en incombe ni au système
capitaliste, ni à n'importe quelle autre cause
historique, mais à la Nature qui a créé les
méridionaux
paresseux,
incapables,
criminels, barbares, tempérant parfois cette
marâtre condition par l'explosion purement
individuelle de grands génies, pareils à de
solitaires palmiers se dressant dans un
stérile et aride désert
[…]
Il va sans dire que, pour que cette ligne
ait une efficience politique, il fallait qu'elle
soit adoptée par le prolétariat. Aucune
action de masse n'est possible si la masse
elle-même n'est pas convaincue des
objectifs à atteindre et des méthodes à
appliquer ; le prolétariat, pour être capable
de gouverner en tant que classe, doit se
dépouiller de tout résidu corporatif, de
tout préjugé et de toute scorie syndicaliste.
Qu'est-ce que cela implique ? Cela implique
qu'il ne suffit pas que soient surmontées les
divergences qui existent entre les
différentes professions et que, pour gagner
la confiance et l'accord des paysans et de
6
seno sono spariti i particolarismi di
professione. Il metallurgico, il falegname,
l'edile, ecc. devono non solo pensare come
proletari e non piú come metallurgico,
falegname, edile, ecc., ma devono fare
ancora un passo avanti: devono pensare
come operai membri di una classe che
tende a dirigere i contadini e gli intellettuali,
di una classe che può vincere e può
costruire il socialismo solo se aiutata e
seguita dalla grande maggioranza di questi
strati sociali. Se non si ottiene ciò, il
proletariato non diventa classe dirigente, e
questi strati, che in Italia rappresentano la
maggioranza della popolazione, rimanendo
sotto la direzione borghese, dànno allo
Stato la possibilità di resistere all'impeto
proletario e di fiaccarlo.
[…]
Il Mezzogiorno può essere definito
una grande disgregazione sociale; i
contadini, che costituiscono la grande
maggioranza della sua popolazione, non
hanno nessuna coesione tra loro. (Si capisce
che occorre fare delle eccezioni: le Puglie, la
Sardegna, la Sicilia, dove esistono
caratteristiche speciali nel grande quadro
della struttura meridionale.)
certaines catégories paraprolétariennes
urbaines, il est indispensable de surmonter
plusieurs préjugés et de vaincre certains
égoïsmes qui peuvent subsister (et qui, en
effet, subsistent) dans la classe ouvrière en
tant que classe, même lorsque les
particularismes de métiers ont disparu. Non
seulement il faut que les métallurgistes, les
menuisiers, les ouvriers du bâtiment,
pensent en tant que prolétaires, et non
plus simplement en tant que métallos,
menuisiers, ouvriers du bâtiment, etc., mais
encore il faut qu'ils fassent un pas de plus, il
faut qu'ils pensent en ouvriers, en
membres d'une classe qui tend à prendre
la direction des paysans et des
intellectuels, d'une classe qui ne peut
vaincre et ne peut construire le socialisme
que si elle est aidée et suivie par la grande
majorité de ces deux couches sociales. Si
l'on n'obtient pas cela, le prolétariat ne
deviendra pas la classe dirigeante et ces
couches sociales qui, en Italie, représentent
la majorité de la population, en restant sous
la coupe de la bourgeoisie, donneront à
l'État la possibilité de résister à l'élan
prolétarien et de le briser.
[…]
On peut dire du Midi qu'il est une vaste
désagrégation sociale, les paysans, qui
constituent la grande majorité de sa
population, n'ont aucune cohésion entre
eux (mais, bien entendu, il est indispensable
de faire quelques exceptions : les Pouilles,
la Sardaigne et la Sicile, où l'on trouve des
caractéristiques particulières à l'intérieur du
grand cadre de la structure méridionale). La
société méridionale est un grand bloc
agraire constitué de trois couches sociales :
la grande masse paysanne amorphe et
7
La società meridionale è un grande
blocco agrario costituito di tre strati sociali:
la grande massa contadina amorfa e
disgregata, gli intellettuali della piccola e
media borghesia rurale, i grandi proprietari
terrieri e i grandi intellettuali. I contadini
meridionali sono in perpetuo fermento, ma
come massa essi sono incapaci di dare una
espressione centralizzata alle loro
aspirazioni e ai loro bisogni. Lo strato medio
degli intellettuali riceve dalla base contadina
le impulsioni per la sua attività politica e
ideologica. I grandi proprietari nel campo
politico e i grandi intellettuali nel campo
ideologico centralizzano e dominano, in
ultima analisi, tutto questo complesso di
manifestazioni. Come è naturale, è nel
campo ideologico che la centralizzazione si
verifica con maggiore efficacia e precisione.
Giustino Fortunato e Benedetto Croce
rappresentano perciò le chiavi di volta del
sistema meridionale e, in un certo senso,
sono le due piú grandi figure della reazione
italiana.
Gli intellettuali meridionali sono uno
strato sociale dei piú interessanti e dei piú
importanti nella vita nazionale italiana.
Basta pensare che piú di 3/5 della
burocrazia statale è costituita di meridionali
per convincersene. Ora, per comprendere la
particolare psicologia degli intellettuali
meridionali, occorre tenere presenti alcuni
dati di fatto:
inorganisée, les intellectuels de la petite et
de la moyenne bourgeoisie rurale, les
grands propriétaires fonciers et les grands
intellectuels. Les paysans méridionaux sont
en effervescence perpétuelle, mais, en tant
que masse, ils sont incapables de donner
une expression organique à leurs
aspirations et à leurs besoins. La couche
moyenne des intellectuels reçoit de la base
paysanne les impulsions nécessaires à son
activité politique et idéologique. Les grands
propriétaires sur le plan politique, et les
grands intellectuels sur le plan idéologique,
sont ceux qui centralisent et dominent en
dernière analyse tout cet ensemble de
manifestations. Naturellement, c'est sur le
plan idéologique que cette centralisation se
fait avec le plus d'efficacité et de précision.
C'est pourquoi Giustino Fortunato et
Benedetto Croce représentent les clefs de
voûte du système méridional et, en un
certain sens, sont les deux plus grandes
figures de la réaction italienne.
Les
intellectuels
méridionaux
constituent une des couches les plus
intéressantes et les plus importantes de la
nation italienne. Il suffit de penser que plus
des 3/5 des bureaucrates de la fonction
publique sont des Méridionaux pour s'en
convaincre. Disons maintenant que, pour
comprendre la psychologie particulière des
intellectuels
méridionaux,
il
est
indispensable de ne pas oublier quelques
données essentielles.
l° En tout pays, la couche des
intellectuels a été radicalement modifiée
par le développement du capitalisme.
8
1. In ogni paese lo strato degli
intellettuali è stato radicalmente modificato
dallo sviluppo del capitalismo. Il vecchio tipo
dell'intellettuale era l'elemento
organizzativo di una società a base
contadina e artigiana prevalentemente; per
organizzare lo Stato, per organizzare il
commercio, la classe dominante allevava un
particolare tipo di intellettuale. L'industria
ha introdotto un nuovo tipo di intellettuale;
l'organizzatore tecnico, lo specialista della
scienza applicata. Nelle società, dove le
forze economiche si sono sviluppate in
senso capitalistico, fino ad assorbire la
maggior parte dell'attività nazionale, è
questo secondo tipo di intellettuale che ha
prevalso, con tutte le sue caratteristiche di
ordine e disciplina intellettuale. Nei paesi
invece dove l'agricoltura esercita un ruolo
ancora notevole o addirittura
preponderante, è rimasto in prevalenza il
vecchio tipo, che dà la massima parte del
personale statale e che anche localmente,
nel villaggio e nel borgo rurale, esercita la
funzione di intermediario tra il contadino e
l'amministrazione in generale. Nell'Italia
meridionale predomina questo tipo, con
tutte le sue caratteristiche: democratico
nella faccia contadina, reazionario nella
faccia rivolta verso il grande proprietario e il
governo, politicante, corrotto, sleale; non si
comprenderebbe la figura tradizionale dei
partiti politici meridionali, se non si tenesse
conto dei caratteri di questo strato sociale.
L'intellectuel de l'ancien type était l'élément
organisateur d'une société, à base
essentiellement paysanne et artisanale.
Pour organiser l'État, pour organiser le
commerce, la classe dominante éduquait
alors un type d'intellectuel déterminé.
L'industrie a introduit un nouveau type
d'intellectuel :
le
technicien
de
l'organisation, le spécialiste de la science
appliquée. Dans les sociétés où les forces
économiques se sont développées dans la
voie du capitalisme, jusqu'à absorber la plus
grande partie de l'activité nationale, c'est ce
second type d'intellectuel qui a prévalu,
avec toutes ses caractéristiques d'ordre et
de discipline intellectuelle. Par contre, dans
les pays où l'agriculture joue encore un
rôle important, si ce n'est résolument
prépondérant, continue à prévaloir
l'ancien type, qui fournit la plus grande
partie des fonctionnaires et qui peut
même, à l'échelle locale, au sein du village
ou du bourg rural, faire fonction
d'intermédiaire entre le paysan et
l'appareil administratif. C'est donc ce type
qui prédomine dans l'Italie méridionale,
avec
toutes
ses
caractéristiques :
démocratique dans son côté paysan,
réactionnaire dans la face qu'il tourne vers
le grand propriétaire et le gouvernement, et
alors politicard, corrompu, déloyal. On ne
peut comprendre l'aspect traditionnel des
partis politiques méridionaux si l'on ne tient
pas compte des caractères de cette couche
sociale.
2° L'intellectuel méridional vient en général
d'une classe qui, dans le Midi, joue encore
un rôle important : la bourgeoisie rurale,
c'est-à-dire la classe à laquelle appartient ce
propriétaire terrien, petit ou moyen, qui
9
2. L'intellettuale meridionale esce
prevalentemente da un ceto che nel
Mezzogiorno è ancora notevole: il borghese
rurale, cioè il piccolo e medio proprietario di
terre che non è contadino, che non lavora la
terra, che si vergognerebbe di fare
l'agricoltore, ma che dalla poca terra che ha,
data in affitto o a mezzadria semplice, vuol
ricavare: di che vivere convenientemente, di
che mandar all'università o in seminario i
figlioli, di che far la dote alle figlie che
devono sposare un ufficiale o un funzionario
civile dello Stato. Da questo ceto gli
intellettuali ricevono un'aspra avversione
per il contadino lavoratore, considerato
come macchina da lavoro che deve esser
smunta fino all'osso e che può essere
sostituita facilmente data la
superpopolazione lavoratrice: ricavano
anche il sentimento atavico e istintivo della
folle paura del contadino e delle sue
violenze distruggitrici e quindi un abito di
ipocrisia raffinata e una raffinatissima arte
di ingannare e addomesticare le masse
contadine.
3. Poiché al gruppo sociale degli
intellettuali appartiene il clero, occorre
notare le diversità di caratteristiche tra il
clero meridionale nel suo complesso e il
clero settentrionale. Il prete settentrionale
comunemente è il figlio di un artigiano o di
un contadino; ha sentimenti democratici, è
piú legato alla massa dei contadini;
moralmente è piú corretto del prete
meridionale, il quale spesso convive quasi
apertamente con una donna, e perciò
esercita un ufficio spirituale piú completo
n'est pas un paysan, qui ne travaille pas la
terre, qui aurait honte d'être un cultivateur,
mais qui prétend retirer du peu de terre
qu'il possède, affermée ou cédée en
métairie
simple,
de
quoi
vivre
convenablement, de quoi envoyer son fils à
l'université ou au séminaire, et de quoi
doter ses filles qui se doivent d'épouser un
officier ou un respectable fonctionnaire.
C'est de cette appartenance de classe que
les intellectuels reçoivent en partage une
âpre aversion pour l'ouvrier agricole,
considéré comme une machine à travailler
qu'on doit saigner à blanc et qui peut être
remplacé facilement, vu l'abondance de la
population laborieuse ; ils en tirent aussi un
sentiment atavique et instinctif de peur
insensée vis-à-vis du paysan et de ses
violences destructrices, et, en conséquence,
l'habitude d'une hypocrisie subtile et un art
très raffiné pour tromper et asservir les
masses paysannes.
3° Puisque le clergé appartient au groupe
social des intellectuels, il faut noter les
différences de caractères entre le clergé
méridional pris dans son ensemble et le
clergé septentrional. Dans le Nord, le prêtre
est très souvent un fils d'artisan ou de
paysan, il a des sentiments démocratiques,
il est davantage lié à la masse des paysans, il
est moralement plus correct que le prêtre
du Midi, qui souvent vit, presque
ouvertement, en ménage avec une femme ;
c'est pourquoi il exerce une fonction
spirituelle socialement plus complète : il
peut lui arriver, par exemple, de diriger
toute l'activité d'une famille. Dans le Nord,
la séparation de l'Église et de l'État et
l'expropriation des biens ecclésiastiques ont
été plus radicales que dans le Midi, où les
10
socialmente, cioè è un dirigente di tutta
l'attività di una famiglia. Nel Settentrione la
separazione della Chiesa dallo Stato e la
espropriazione dei beni ecclesiastici è stata
piú radicale che nel Mezzogiorno, dove le
parrocchie e i conventi o hanno conservato
o hanno ricostituito notevoli proprietà
immobiliari e mobiliari. Nel Mezzogiorno il
prete si presenta al contadino: 1) come un
amministratore di terre col quale il
contadino entra in conflitto per la quistione
degli affitti; 2) come un usuraio che
domanda elevatissimi tassi di interesse e fa
giocare l'elemento religioso per riscuotere
sicuramente o l'affitto o l'usura; 3) come un
uomo sottoposto alle passioni comuni
(donne e danaro) e che pertanto
spiritualmente non dà affidamento di
discrezione e di imparzialità. La confessione
esercita perciò uno scarsissimo ufficio
dirigente e il contadino meridionale, se
spesso è superstizioso in senso pagano, non
è clericale. Tutto questo complesso spiega il
perché nel Mezzogiorno il partito popolare
(eccettuata qualche zona della Sicilia) non
abbia una posizione notevole, non abbia
posseduto nessuna rete di istituzioni e di
organizzazioni di massa. L'atteggiamento del
contadino verso il clero è riassunto nel detto
popolare: «Il prete è prete sull'altare; fuori è
un uomo come tutti gli altri».
Il contadino meridionale è legato al
grande proprietario terriero per il tramite
dell'intellettuale. I movimenti dei contadini,
in quanto si riassumono non in
organizzazioni di massa autonome e
indipendenti sia pure formalmente (cioè
capaci di selezionare quadri contadini di
origine contadina e di registrare e
paroisses et les couvents ont, soit conservé,
soit reconstitué d'importantes propriétés
immobilières et mobilières. Dans le Midi, le
prêtre apparaît donc au paysan : 1° comme
un administrateur de terres avec lequel le
paysan entre en conflit à propos des
fermages ; 2° comme un usurier qui
demande des taux d'intérêt très élevés et
fait jouer l'élément religieux pour être sûr
de percevoir soit le fermage, soit l'intérêt
usuraire ; 3° comme un homme soumis aux
passions vulgaires (les femmes et l'argent)
et qui, par conséquent, n'offre pas de
garanties morales quant à sa discrétion et
son impartialité. Voici pourquoi la
confession n'exerce qu'un très faible rôle de
direction, et pourquoi le paysan méridional,
s'il est souvent superstitieux à la façon
païenne, n'est pas clérical. C'est tout cela
qui explique que, dans le Midi, le Partito
popolare (si l'on excepte quelques régions
de Sicile) n'a pas une position de force et ne
possède aucun réseau d'institutions ou
d'organisations de masse. L'attitude du
paysan vis-à-vis du clergé est résumée par
ce dicton populaire : « Le prêtre est prêtre
devant l'autel, ailleurs il est homme comme
tous les autres. »
Le paysan méridional est lié au grand
propriétaire
par
l'intermédiaire
de
l'intellectuel. Dans la mesure où ils ne se
ramènent pas à des organisations de masse
susceptibles, ne serait-ce que formellement,
d'autonomie et d'indépendance (c'est-àdire capables de promouvoir des cadres
paysans issus de la paysannerie et capables
d'enregistrer
et
d'accumuler
les
différenciations et les progrès qui se
réalisent en leur sein), les mouvements
paysans finissent toujours par s'intégrer
11
accumulare le differenziazioni e i progressi
che nel movimento si realizzano) finiscono
col sistemarsi sempre nelle ordinarie
articolazioni dell'apparato statale —
comuni, province, Camera dei deputati —
attraverso composizioni e scomposizioni dei
partiti locali, il cui personale è costituito di
intellettuali, ma che sono controllati dai
grandi proprietari e dai loro uomini di
fiducia, come Salandra, Orlando, di Cesarò.
La guerra parve introdurre un elemento
nuovo in questo tipo di organizzazione col
movimento degli ex combattenti, nel quale i
contadini-soldati e gli intellettuali-ufficiali
formavano un blocco piú unito tra di loro e
in una certa misura antagonistico coi grandi
proprietari. Non durò a lungo e l'ultimo
residuo di esso è l'Unione nazionale
concepita da Amendola, che ha una larva di
esistenza per il suo antifascismo; tuttavia,
data la nessuna tradizione di organizzazione
esplicita degli intellettuali democratici nel
Mezzogiorno, anche questo aggruppamento
deve essere rilevato e tenuto da conto,
perché può diventare, da tenuissimo filo
d'acqua, un limaccioso e gonfio torrente in
mutate condizioni di politica generale. La
sola regione dove il movimento degli ex
combattenti assunse un profilo piú preciso e
riuscí a crearsi una struttura sociale piú
solida è la Sardegna. E si capisce: appunto
perché in Sardegna la classe dei grandi
proprietari terrieri è tenuissima, non svolge
nessuna funzione e non ha le antichissime
tradizioni culturali, intellettuali e
governative del Mezzogiorno continentale.
La spinta dal basso, esercitata dalle masse
dei contadini e dei pastori non trova un
contrappeso soffocante nel superiore strato
sociale dei grandi proprietari: gli intellettuali
dirigenti subiscono in pieno la spinta e
dans les rouages réguliers de l'appareil
d'État : municipalités, provinces, Chambre
des députés, à travers les vicissitudes de
formation et de dissolution de ces partis
locaux dont les membres sont des
intellectuels, mais qui sont contrôlés par les
grands propriétaires terriens et par leurs
hommes de confiance, du type de Salandra,
d'Orlando ou de Di Cesarò. La guerre parut
introduire un élément nouveau dans cette
forme d'organisation, avec le mouvement
des anciens combattants, au sein duquel
paysans-soldats et intellectuels-officiers
formaient un bloc plus cohérent, et qui
était, dans une certaine mesure, opposé aux
grands propriétaires. Cela ne dura pas
longtemps, et le dernier résidu en est
l'Unione nazionale, conçue par Amendola,
que son anti-fascisme condamne à une
existence larvaire. Toutefois, étant donné
l'absence
de
toute
organisation
traditionnelle explicite des intellectuels
démocrates dans le Midi, il importe de
relever l'existence de ce groupement et
d'en tenir compte, car, dans d'autres
conditions politiques générales, il est
susceptible de se transformer, de très
maigre filet d'eau qu'il est, en un torrent
limoneux et gonflé. La seule région où le
mouvement des anciens combattants a pris
une forme plus précise et a réussi à se
donner une structure sociale plus solide, est
la Sardaigne. Et cela se comprend :
précisément parce qu'elle est, en Sardaigne,
très restreinte, la classe des propriétaires
terriens n'assume aucune fonction et n'a
pas les très anciennes traditions culturelles,
intellectuelles et gouvernementales qu'elle
a dans le Midi continental. La poussée de la
base, exercée par la masse des paysans et
des bergers, ne trouve pas un contrepoids
12
fanno dei passi in avanti piú notevoli che
l'Unione nazionale. La situazione siciliana ha
caratteri differenziali molto profondi sia
dalla Sardegna che dal Mezzogiorno. I
grandi proprietari vi sono molto piú coesi e
decisi che nel Mezzogiorno continentale; vi
esiste inoltre una certa industria e un
commercio molto sviluppato (la Sicilia è la
piú ricca regione di tutto il Mezzogiorno e
una delle piú ricche d'Italia); le classi
superiori sentono moltissimo la loro
importanza nella vita nazionale e la fanno
pesare. La Sicilia e il Piemonte sono le due
regioni che hanno dato maggior numero di
dirigenti politici allo Stato italiano, sono le
due regioni che hanno esercitato un ufficio
preminente dal '70 in poi. Le masse popolari
siciliane sono piú avanzate che nel
Mezzogiorno, ma il loro progresso ha
assunto una forma tipicamente siciliana;
esiste un socialismo di massa siciliano che
ha tutta una tradizione e uno sviluppo
peculiare; nella Camera del 1922 esso
contava circa 20 deputati su 52 che ne
erano eletti nell'isola.
écrasant dans la classe sociale supérieure
des grands propriétaires : les intellectuels
dirigeants subissent à plein cette poussée et
ils font des pas en avant plus importants
que ceux que peut faire l'Unione nazionale.
Par les traits qui la caractérisent, la situation
de la Sicile se différencie profondément de
celle de la Sardaigne comme de celle du
Midi. Les grands propriétaires y ont
beaucoup plus de cohésion et de décision
que dans le Midi continental ; en outre on y
trouve une certaine industrie et le
commerce y est fort développé (la Sicile est
la plus riche région de tout le Midi et une
des plus riches d'Italie) ; les classes
supérieures sont très pénétrées de leur
importance dans la vie nationale et en font
sentir le poids. La Sicile et le Piémont sont
les deux régions qui ont donné le plus grand
nombre de dirigeants politiques à l'État
italien ; ce sont les deux régions qui ont
exercé une charge prééminente depuis
1870. Les masses populaires siciliennes sont
plus avancées que celles du reste du Midi,
mais leur progrès a pris une forme
typiquement sicilienne : il existe un
socialisme de masse sicilien qui a toute une
tradition et une façon particulière de se
développer : à la Chambre de 1922, il
comptait 20 députés sur les 52 élus de l'île.
Le modèle analogique (Francioni, Officina, 162). En partant d’un objet historique
déterminé, Gramsci construit des « criteri pratici di interpretazione storica e politica che
volta per volta dall’approssimazione schematica devono incorporarsi in una concreta
analisi storico-politica » (Q4, 66). On va le voir à l’œuvre dans une des premières notes sur
13
l’hégémonie, 1,44 (début 1930) repris en 1934 dans 19, 24. D’où la nécessité de distinguer
dans la lecture ce qui est du ressort de l’analyse de formes historiques déterminées et ce
qui est théorisation.
1, 44>19, 24
Q1, 44 (début 1930) Direzione politica di classe prima e dopo l’andata al governo
Una classe è dominante in due modi , è cioè « dirigente » e « dominante ». È dirigente delle
classi alleate, è dominante delle classi avversarie. Perciò una classe già prima di andare al
potere può essere « dirigente » (e deve esserlo) : quando è al potere diventa dominante ma
continua ad essere anche dirigente. Ci può e ci deve esssere una « egemonia politica » anche
prima dell’andata al Governo e non bisogna contare solo sul potere e sulla forza materiale
che esso dà per esercitare la direzione o egemonia politica.
Q19, 24 (1934), Il problema della direzione poltica nella formazione e nello sviluppo della
nazione e dello stato moderno in Italia.
Il criterio metodologico su cui occorre fondare il proprio esame è questo: che la supremazia
di un gruppo sociale si manifesta in due modi, come «dominio» e come «direzione
intellettuale e morale». Un gruppo sociale è dominante dei gruppi avversari che tende a
«liquidare» o a sottomettere anche con la forza armata ed è dirigente dei gruppi affini e
alleati. Un gruppo sociale può e anzi deve essere dirigente già prima di conquistare il potere
governativo (è questa una delle condizioni principali per la stessa conquista del potere);
dopo, quando esercita il potere e anche se lo tiene fortemente in pugno, diventa dominante
ma deve continuare ad essere anche «dirigente».[ I moderati continuarono a dirigere il
Partito d’Azione anche dopo il 1870 e il 1876 e il cosí detto «trasformismo» non è stato che
l’espressione parlamentare di questa azione egemonica intellettuale, morale e politica. Si
può anzi dire che tutta la vita statale italiana dal 1848 in poi è caratterizzata dal
trasformismo, cioè dall’elaborazione di una sempre piú larga classe dirigente nei quadri
fissati dai moderati dopo il 1848 e la caduta delle utopie neoguelfe e federalistiche, con
l’assorbimento graduale ma continuo e ottenuto con metodi diversi nella loro efficacia, degli
elementi attivi sorti dai gruppi alleati e anche da quelli avversari e che parevano
irreconciliabilmente nemici. In questo senso la direzione politica è diventata un aspetto della
funzione di dominio, in quanto l’assorbimento delle élites dei gruppi nemici porta alla
decapitazione di questi e al loro annichilimento per un periodo spesso molto lungo.]Dalla
politica dei moderati appare chiaro che ci può e ci deve essere una attività egemonica anche
prima dell’andata al potere e che non bisogna contare solo sulla forza materiale che il potere
dà per esercitare una direzione efficace: appunto la brillante soluzione di questi problemi ha
reso possibile il Risorgimento nelle forme e nei limiti in cui esso si è effettuato, senza
«Terrore», come «rivoluzione senza rivoluzione» ossia come «rivoluzione passiva» per
impiegare un’espressione del Cuoco in un senso un po’ diverso da quello che il Cuoco vuole
dire.
14
notion d’hégémonie dans le Q1 :
1- perspective comparatiste : Question du jacobinisme :
Q1, 44 /Q19, 24 : cf éd. fr p. 62-63. « On peut faire une comparaison entre les jacobins et le
Partito d'Azione. Les jacobins luttèrent infatigablement pour assurer un lien entre ville et
campagne et ils y réussirent victorieusement »
Mais aussi question du rapport ville-campagne à l’époque des comuni puis de la
Renaissance. Et surtout Machiavel qui lui aussi avait posé le pb :
« necessità di legarsi i contadini per avere una milizia nazionale che elimini le compagnie di
ventura. ».
p. 63 « le maître d'art politique le plus classique des groupes dirigeants italiens, Machiavel,
avait lui aussi posé le problème, dans les termes et avec les préoccupations de son temps,
cela va de soi. Dans les écrits politico-militaires de Machiavel, la nécessité de subordonner de
façon organique les masses populaires aux couches dirigeantes, pour créer une milice
nationale capable d'éliminer les compagnies de mercenaires, est assez bien perçue ».
2- terrain intellectuel et culturel.
a. la 1re est biographico-politique : l’Ordine nuovo.
Cf Q3, 48 (juin-juillet 1930), note de rubrique « Passé et présent » intitulée « Spontanéité et
direction consciente [direzione consapevole = en conscience de cause, bien informée,
avertie] », qui se penche sur la place de la spontanéité dans « l’histoire des classes
subalternes », et qui justifie toute l’importance donnée à la « direction » lors du
« mouvement turinois » :
« Trascurare e peggio disprezzare i
movimenti così detti «spontanei», cioè
rinunziare a dar loro una direzione
consapevole, ad elevarli ad un piano
superiore inserendoli nella politica, può
avere spesso conseguenze molto serie e
gravi. Avviene quasi sempre che a un
movimento «spontaneo» delle classi
subalterne si accompagna un movimento
reazionario della destra della classe
Q3, 48 (Juin-juillet 1930) « Négliger, et, ce
qui est pire, mépriser les mouvements dits «
spontanés », c'est-à-dire renoncer à leur
donner une direction consciente, à les
hausser sur un plan supérieur en les insérant
dans la politique, peut avoir souvent des
conséquences très sérieuses, très graves. Il
arrive presque toujours qu'un mouvement «
spontané » des classes subalternes soit
accompagné d'un mouvement réactionnaire
15
dominante, per motivi concomitanti: una
crisi economica, per esempio, determina
malcontento nelle classi subalterne e
movimenti spontanei di massa da una parte,
e dall’altra determina complotti dei gruppi
reazionari che approfittano
dell’indebolimento obbiettivo del governo
per tentare dei colpi di Stato. Tra le cause
efficienti di questi colpi di Stato è da porre la
rinunzia dei gruppi responsabili a dare una
direzione consapevole ai moti spontanei e a
farli diventare quindi un fattore politico
positivo. ».
de la droite de la classe dominante, pour des
motifs concomitants : une crise économique,
par exemple, détermine d'une part un
mécontentement des classes subalternes et
des mouvements spontanés des masses, et
de l'autre elle détermine des complots de la
part de groupes réactionnaires qui profitent
de l'affaiblissement objectif du
gouvernement pour tenter des coups d'État.
Parmi les causes efficientes de ces coups
d'État il faut placer le refus des groupes
responsables de donner une direction
consciente aux mouvements spontanés et à
faire par là qu'ils deviennent un facteur
politique positif. »
Cette direction, ce fut précisément l’action de l’ON, à travers la revue. Mais de toute
évidence cela n’a pas suffi et était bien trop localisé : montée du fascisme.
b. la 2e expérience est celle des modérés pendant le Risorgimento,
Q1 §46 (février 1930), p. 56, intitulée « les Modérés et les intellectuels » [deviendra Q19,
27] :
Q19, 27 [précisions mineures / Q1,46] :
I moderati e gli intellettuali. Perché i moderati dovevano avere il sopravvento nella massa
degli intellettuali. Gioberti e Mazzini. Gioberti offriva agli intellettuali una filosofia che
appariva come originale e nel tempo stesso nazionale, tale da porre l’Italia almeno allo
stesso livello delle nazioni più progredite e dare una nuova dignità al pensiero italiano.
Mazzini invece offriva solo delle affermazioni nebulose e degli accenni filosofici che a molti
intellettuali, specialmente napoletani, dovevano apparire come vuote chiacchiere (l’abate
Galiani aveva insegnato a sfottere quel modo di pensare e di ragionare).
Quistione della scuola: attività dei moderati per introdurre il principio pedagogico
dell’insegnamento reciproco (Confalonieri, Capponi ecc.); movimento di Ferrante Aporti e
degli asili, legato al problema del pauperismo. Nei moderati si affermava il solo movimento
16
pedagogico concreto opposto alla scuola «gesuitica»; ciò non poteva non avere efficacia sia
tra i laici, ai quali dava nella scuola una propria personalità, sia nel clero liberaleggiante e
antigesuitico (ostilità accanita contro Ferrante Aporti, ecc.; il ricovero e l’educazione
dell’infanzia abbandonata era un monopolio clericale e queste iniziative spezzavano il
monopolio). Le attività scolastiche di carattere liberale o liberaleggiante hanno un gran
significato per afferrare il meccanismo dell’egemonia dei moderati sugli intellettuali.
L’attività scolastica, in tutti i suoi gradi, ha un’importanza enorme anche economica, per gli
intellettuali di tutti i gradi: l’aveva allora anche maggiore di oggi, data la ristrettezza dei
quadri sociali e le scarse strade aperte all’iniziativa dei piccoli borghesi (oggi: giornalismo,
movimento dei partiti, industria, apparato statale estesissimo ecc. hanno allargato in modo
inaudito le possibilità di impiego).
L’egemonia di un centro direttivo sugli intellettuali si afferma attraverso due linee principali:
1) una concezione generale della vita, una filosofia (Gioberti), che offra agli aderenti una
«dignità» intellettuale che dia un principio di distinzione e un elemento di lotta contro le
vecchie ideologie dominanti coercitivamente; 2) Un programma scolastico, un principio
educativo e pedagogico originale che interessi e dia un’attività propria, nel loro campo
tecnico, a quella frazione degli intellettuali che è la più omogenea e la più numerosa (gli
insegnanti, dal maestro elementare ai professori di Università).
I Congressi degli scienziati che furono organizzati ripetutamente nel periodo del primo
Risorgimento ebbero una doppia efficacia: 1) riunire gli intellettuali del grado più elevato,
concentrandoli e moltiplicando il loro influsso; 2) ottenere una più rapida concentrazione e
un più deciso orientamento negli intellettuali dei gradi inferiori, che sono portati
normalmente a seguire gli Universitari e i grandi scienziati per spirito di casta.
Lo studio delle Riviste enciclopediche e specializzate dà un altro aspetto dell’egemonia dei
moderati. Un partito come quello dei moderati offriva alla massa degli intellettuali tutte le
soddisfazioni per le esigenze generali che possono essere offerte da un governo (da un
partito al governo), attraverso i servizi statali. (Per questa funzione di partito italiano di
governo servì ottimamente dopo il 48-49 lo Stato piemontese che accolse gli intellettuali
esuli e mostrò in modello ciò che avrebbe fatto un futuro Stato unificato).
3. L’hégémonie a un sens bien plus large ; le terme est aussi très souvent utilisé dans
d’autres contextes, propres à des questions de géographie politique ou politico-culturelles :
hégémonie d’un pays ou région sur un autre etc.
Dès Q1, 44 :
17
En parlant de Crispi : « si lega alla monarchia che egli sente sarà assolutamente unitaria per
interessi dinastici e abbraccia il principio-fatto dell’egemonia piemontese con una energia e
una foga che non avevano gli stessi politici piemontesi » = direction prise par le Piémont
dans le processus unitaire.
Sur la période des révolutions du XIXe siècle en Europe, G. écrit aussi : « Questo diverso
manifestarsi dello stesso fenomeno nei diversi paesi è da legare ai diversi rapporti non solo
interni, ma anche internazionali […] Lo spirito giacobino, audace, temerario, è certamente
legato all’egemonia esercitata dalla Francia per tanto tempo », cf éd fr p. 78.
Ou encore, en Q1, 149, l’hégémonie du Nord de l’Italie sur le Sud,
« La egemonia del Nord sarebbe stata «normale» e storicamente benefica, se
l’industrialismo avesse avuto la capacità di ampliare con un certo ritmo i suoi quadri per
incorporare sempre nuove zone economiche assimilate. Sarebbe allora stata questa
egemonia l’espressione di una lotta tra il vecchio e il nuovo, tra il progressivo e l’arretrato,
tra il più produttivo e il meno produttivo; si sarebbe avuta una rivoluzione economica di
carattere nazionale (e di ampiezza nazionale), anche se il suo motore fosse stato
temporaneamente e funzionalmente regionale. Tutte le forze economiche sarebbero state
stimolate e al contrasto sarebbe successa una superiore unità. Ma invece non fu così.
L’egemonia si presentò come permanente; il contrasto si presentò come una condizione
storica necessaria per un tempo indeterminato e quindi apparentemente «perpetua» per
l’esistenza di una industria settentrionale. »
Q1, 73 [> Q23, 40]. C’est la première des notes proprement linguistiques des Q, qui fait le
point sur la question de la langue nationale italienne, et retrace dans ses grandes lignes
l’histoire du toscan :
1, 73 [23,40] « fino al Cinquecento Firenze esercita l’egemonia culturale, perché esercita un’
egemonia economica […] e c’è uno sviluppo [linguistico unitario] dal basso, dal popolo alle
persone colte [, sviluppo rinforzato dai grandi scrittori fiorentini e toscani]. Dopo la
decadenza di Firenze, l’italiano è [diventa sempre più] la lingua di una casta chiusa, senza
contatto [vivo] con una parlata storica. Non è questa forse la quistione posta dal Manzoni, di
ritornare all’egemonia fiorentina [con mezzi statali], ribattuta dall’Ascoli, che, [più] storicista,
non crede alle egemonie linguistiche per decreto [legge], senza la struttura economicoculturale [non sorrette cioè da una funzione nazionale più profonda e necessaria]? »
Là-dessus, ouvrage de référence = Lo Piparo, Lingua intellettuali egemonia in Gramsci. On y
reviendra quand on s’attachera à toute la question de la langue et de la traduction dans la
pensée de G.
18
4,38 (octobre 1930) >13, 18 (fin 32-début 33) et 13, 17
[ces notes sont dédiées à la critique de l’économisme : elles prennent donc en compte à la
fois prolétariat et bourgeoisie ; il s’agit de l’énoncé d’une « règle générale »]
4,38 (octobre 1930) : È per lo meno strano
l’atteggiamento dell’economismo verso la
volontà, l’azione e l’iniziativa politica, come
se esse non fossero espressione
dell’economia e anzi l’espressione efficiente
dell’economia; come è strano che impostare
concretamente la quistione dell’egemonia
sia interpretato come fatto che subordina il
raggruppamento egemone. Evidentemente il
fatto dell’egemonia presuppone che si tenga
conto degli interessi e delle tendenze dei
raggruppamenti su cui l’egemonia verrà
esercitata, che si formi un certo equilibrio,
che cioè il raggruppamento egemone faccia
dei sacrifizi di ordine
economico-corporativo, ma questi sacrifizi
non possono riguardare l’essenziale, poiché
l’egemonia è politica, ma anche e
specialmente economica, ha la sua base
materiale nella funzione decisiva che il
raggruppamento egemone esercita sul
nucleo decisivo dell’attività economica.
13, 18 (fin 32-début 33) : È per lo meno
strano l’atteggiamento dell’economismo
verso le espressioni di volontà, di azione e di
iniziativa politica e intellettuale, come se
queste non fossero una emanazione
organica di necessità economiche e anzi la
sola espressione efficiente dell’economia;
così è incongruo che l’impostazione concreta
della quistione egemonica sia interpretata
come un fatto che subordina il gruppo
egemone. Il fatto dell’egemonia
presuppone indubbiamente che sia tenuto
conto degli interessi e delle tendenze dei
gruppi sui quali l’egemonia verrà esercitata,
che si formi un certo equilibrio di
compromesso, che cioè il gruppo dirigente
faccia dei sacrifizi di ordine
econornico-corporativo, ma è anche
indubbio che tali sacrifizi e tale
compromesso non possono riguardare
l’essenziale, poiché se l’egemonia è
etico-politica, non può non essere anche
economica, non può non avere il suo
fondamento nella funzione decisiva che il
gruppo dirigente esercita nel nucleo
decisivo dell’attività economica.
9, 40> 13, 23 Nécessité du « compromis » dans la fonction de direction
9, 40 Machiavelli. Rapporti di forza ecc. […]
Se l’unità delle due forze è necessaria per
13, 23 : Se l'unione di due forze è necessaria
per vincere una terza, il ricorso alle armi e
19
vincere una terza forza, evidentemente il
ricorso alla coercizione (dato che se ne abbia
la disponibilità) è una pura ipotesi
metodologica e l’unica possibilità concreta è
un compromesso.
alla coercizione (dato che se ne abbia la
disponibilità) è una pura ipotesi metodica e
l'unica possibilità concreta è il
compromesso, poiché la forza può essere
impiegata contro i nemici, non contro una
parte di se stessi che si vuole rapidamente
assimilare e di cui occorre la «buona
volontà» e l'entusiasmo.
20
Rapports entre structure et superstructure. Rapports de force : 4, 38 (octobre 1930)>13, 17
Question « comment une classe subalterne devient-elle hégémonique ? » exprimée en 3,
90 :
Q3, 90 [août 1930] : § Storia delle classi subalterne (cfr note a pp. 10 e 12). La unificazione
storica delle classi dirigenti è nello Stato e la loro storia è essenzialmente la storia degli Stati
e dei gruppi di Stati. Questa unità deve essere concreta, quindi il risultato dei rapporti tra
Stato e «società civile». Per le classi subalterne l’unificazione non avviene: la loro storia è
intrecciata a quella della «società civile», è una frazione disgregata di essa. Bisogna
studiare: 1) il formarsi obbiettivo per lo sviluppo e i rivolgimenti, avvenuti nel mondo
economico, la loro diffusione quantitativa e l’origine da altre classi precedenti; 2) il loro
aderire alle formazioni politiche dominanti passivamente o attivamente, cioè tentando di
influire sui programmi di queste formazioni con rivendicazioni proprie; 3) nascita di partiti
nuovi della classe dominante per mantenere il controllo delle classi subalterne; 4) formazioni
proprie delle classi subalterne di carattere ristretto e parziale; 5) [Nel ms per distrazione è
ripetuto il numero «4»]. formazioni politiche che affermano l’autonomia di esse ma nel
quadro vecchio; 6) [Nel ms: «5)»]. formazioni politiche che affermano l’autonomia integrale,
ecc. La lista di queste fasi può essere ancora precisata con fasi intermedie o con
combinazioni di più fasi. Lo storico nota la linea di sviluppo verso l’autonomia integrale, dalle
fasi più primitive. Perciò, anche la storia di un Partito di queste classi è molto complessa, in
quanto deve includere tutte le ripercussioni della sua attività per tutta l’area delle classi
subalterne nel loro complesso: tra queste una eserciterà già una egemonia, e ciò occorre
fissare studiando gli sviluppi anche di tutti gli altri partiti in quanto includono elementi di
questa classe egemone o delle altre classi subalterne che subiscono questa egemonia. Un
canone di ricerca storica si potrebbe costruire studiando la storia della borghesia in questo
modo (queste osservazioni si collegano alle note sul Risorgimento): la borghesia ha preso il
potere lottando contro determinate forze sociali aiutata da determinate altre forze; per
unificarsi nello Stato doveva eliminare le une e avere il consenso attivo o passivo delle altre.
Lo studio del suo sviluppo di classe subalterna deve dunque ricercare le fasi attraverso cui
ha conquistato un’autonomia in confronto dei nemici futuri da abbattere e ha conquistato
l’adesione di quelle forze che l’hanno aiutata attivamente o passivamente in quanto senza
questa adesione non avrebbe potuto unificarsi nello Stato. Il grado di coscienza cui era
arrivata la borghesia nelle varie fasi si misura appunto con questi due metri e non solo con
quello del suo distacco dalla classe che la dominava; di solito appunto si ricorre solo a questo
e si ha una storia unilaterale o talvolta non si capisce nulla, come nel caso della storia italiana
dai Comuni in poi: la borghesia italiana non seppe unificare il popolo, ecco una causa delle
sue sconfitte e delle interruzioni del suo sviluppo: anche nel Risorgimento questo «egoismo»
ristretto impedì una rivoluzione rapida e vigorosa come quella francese. Ecco una delle
quistioni più importanti e delle cause di difficoltà nel fare la storia delle classi subalterne.
21
Q4, 38 fait l’analyse suivante: la dynamique de la constitution de classe découle de l’analyse
des différentes phases des rapports de force.
Q4, 38 (octobre 1930) […] Intanto
nell’espressione «rapporto delle forze»
occorre distinguere diversi momenti o gradi:
mi pare se ne possano distinguere tre
fondamentali:
Q13, 17 […] : Intanto nel «rapporto di forza»
occorre distinguere diversi momenti o gradi,
che fondamentalmente sono questi:
1) Un rapporto di forze sociali strettamente
legato alla struttura, obbiettivo,
indipendente dalla volontà degli uomini, che
1°) c’è un rapporto delle forze sociali
strettamente legato alla struttura; questo è può essere misurato coi sistemi delle scienze
esatte o fisiche. Sulla base del grado di
un rapporto obbiettivo, è un dato
sviluppo delle forze materiali di produzione
«naturalistico» che può essere misurato coi
si hanno i raggruppamenti sociali, ognuno
sistemi delle scienze esatte o matematiche.
dei quali rappresenta una funzione e ha una
Sulla base del grado di sviluppo delle forze
posizione data nella produzione stessa.
materiali di produzione avvengono i diversi
Questo rapporto è quello che è, una realtà
raggruppamenti sociali, ognuno di essi
ribelle: nessuno può modificare il numero
rappresentando una funzione e una
posizione nella produzione stessa.
delle aziende e dei suoi addetti, il numero
delle città con la data popolazione urbana
ecc. Questo schieramento fondamentale
permette di studiare se nella società
esistono le condizioni necessarie e sufficienti
per una sua trasformazione, permette cioè
Questo schieramento fondamentale dà la
di controllare il grado di realismo e di
possibilità di studiare se nella società
attuabilità delle diverse ideologie che sono
esistono le condizioni sufficienti e necessarie nate nel suo stesso terreno, nel terreno delle
per una sua trasformazione; dà la possibilità contraddizioni che esso ha generato durante
di controllare il grado di realismo e di
il suo sviluppo.
attuabilità delle diverse ideologie che sono
nate nel suo stesso terreno, nel terreno delle
contraddizioni che esso ha generato durante
il suo sviluppo.
2) Un momento successivo è il rapporto
delle forze politiche, cioè la valutazione del
grado di omogeneità, di autocoscienza e di
organizzazione raggiunto dai vari gruppi
2°) un momento successivo è il «rapporto
sociali. Questo momento può essere a sua
delle forze» politiche, cioè la valutazione del volta analizzato e distinto in vari gradi, che
grado di omogeneità e di autocoscienza
corrispondono ai diversi momenti della
raggiunto dai vari raggruppamenti sociali.
coscienza politica collettiva, così come si
Questo «momento» a sua volta può essere
sono manifestati finora nella storia. Il primo
scisso in diversi momenti, che corrispondono e più elementare è quello
ai diversi gradi della coscienza politica, così
economico-corporativo: un commerciante
come si sono finora manifestati nella storia. sente di dover essere solidale con un altro
Il primo momento, il più elementare, è
commerciante, un fabbricante con un altro
quello economico primitivo: un
fabbricante, ecc., ma il commerciante non si
commerciante sente di essere solidale con
sente ancora solidale col fabbricante; è cioè
un altro commerciante, un fabbricante con
22
un altro fabbricante ecc., ma il
commerciante non si sente ancora solidale
col fabbricante; si sente cioè l’unità
omogenea del gruppo professionale, ma non
ancora del raggruppamento sociale. Un
secondo momento è quello in cui si
raggiunge la coscienza della solidarietà
d’interessi tra tutti i membri del
raggruppamento sociale, ma ancora nel
campo puramente economico. In questa
fase economico-politica, si pone la quistione
dello Stato, ma sul terreno dell’eguaglianza
politica elementare, poiché si rivendica il
diritto di partecipare all’amministrazione e
alla legislazione e di modificarle, di
riformarle, nei quadri generali esistenti. Un
terzo momento è quello in cui si raggiunge la
coscienza che i proprii interessi
«corporativi», nel loro sviluppo attuale e
avvenire, superano la cerchia «corporativa»,
di raggruppamento economico cioè, e
possono e debbono divenire gli interessi di
altri raggruppamenti subordinati; questa è la
fase più schiettamente «politica» che segna
il netto passaggio dalla pura struttura alle
superstrutture complesse, è la fase in cui le
ideologie germinate precedentemente
vengono a contatto ed entrano in contrasto
fino a che una sola di esse, o almeno una
sola combinazione di esse, tende a
prevalere, a imporsi, a diffondersi su tutta
l’area, determinando oltre che l’unità
economica e politica anche l’unità
intellettuale e morale, su un piano non
corporativo, ma universale, di egemonia di
un raggruppamento sociale fondamentale su
i raggruppamenti subordinati. Lo
Stato-governo è concepito sì come
organismo proprio di un raggruppamento,
per creare il terreno favorevole alla massima
espansione di questo raggruppamento
stesso, ma anche questo sviluppo e questa
espansione sono visti concretamente come
universali, cioè collegati agli interessi dei
raggruppamenti subordinati come uno
sviluppo di equilibri instabili tra gli interessi
del gruppo fondamentale e quelli dei gruppi
sentita l’unità omogenea, e il dovere di
organizzarla, del gruppo professionale, ma
non ancora del gruppo sociale più vasto. Un
secondo momento è quello in cui si
raggiunge la coscienza della solidarietà di
interessi fra tutti i membri del gruppo
sociale, ma ancora nel campo meramente
economico. Già in questo momento si pone
la quistione dello Stato, ma solo nel terreno
di raggiungere una eguaglianza
politico-giuridica coi gruppi dominanti,
poiché si rivendica il diritto di partecipare
alla legislazione e all’amministrazione e
magari di modificarle, di riformarle, ma nei
quadri fondamentali esistenti. Un terzo
momento è quello in cui si raggiunge la
coscienza che i propri interessi corporativi,
nel loro sviluppo attuale e avvenire,
superano la cerchia corporativa, di gruppo
meramente economico, e possono e
debbono divenire gli interessi di altri gruppi
subordinati. Questa è la fase più
schiettamente politica, che segna il netto
passaggio dalla struttura alla sfera delle
superstrutture complesse, è la fase in cui le
ideologie germinate precedentemente
diventano «partito», vengono a confronto
ed entrano in lotta fino a che una sola di
esse o almeno una sola combinazione di
esse, tende a prevalere, a imporsi, a
diffondersi su tutta l’area sociale,
determinando oltre che l’unicità dei fini
economici e politici, anche l’unità
intellettuale e morale, ponendo tutte le
quistioni intorno a cui ferve la lotta non sul
piano corporativo ma su un piano
«universale» e creando così l’egemonia di un
gruppo sociale fondamentale su una serie di
gruppi subordinati. Lo Stato è concepito sì
come organismo proprio di un gruppo,
destinato a creare le condizioni favorevoli
alla massima espansione del gruppo stesso,
ma questo sviluppo e questa espansione
sono concepiti e presentati come la forza
motrice di una espansione universale, di uno
sviluppo di tutte le energie «nazionali», cioè
il gruppo dominante viene coordinato
23
subordinati in cui gli interessi del gruppo
fondamentale prevalgono ma fino a un certo
punto, non cioè almeno fino all’egoismo
economico-corporativo. Nella storia reale
questi momenti si complicano tra loro,
orizzontalmente e verticalmente, cioè per
attività economica (orizzontale) e per
territorio (verticalmente), combinandosi e
scindendosi variamente, e ognuna di queste
combinazioni può essere rappresentata da
una propria espressione organizzata
economica e politica. Ancora bisogna tener
presente che a questi rapporti interni di uno
Stato-nazione si intrecciano i rapporti
internazionali, creando a loro volta
combinazioni originali e storicamente
concrete. Un’ideologia, nata in un paese più
sviluppato, si diffonde in un paese meno
sviluppato, incidendo nel gioco locale delle
combinazioni (la religione, per esempio, è
sempre stata una fonte di tali combinazioni
ideologico-politiche nazionali-internazionali,
e con la religione le altre formazioni
internazionali, fra cui gli «intellettuali» in
genere, la Massoneria, il Rotary Club, gli
ebrei, la diplomazia internazionale che si
suggerisce espedienti politici o li impone in
determinati paesi ecc.; la religione, la
Massoneria, il Rotary, gli ebrei possono
rientrare nella stessa categoria generale
degli «intellettuali», la cui funzione
principale, su scala internazionale, è stata
quella di mediare gli estremi, di trovare dei
compromessi intermedi tra le soluzioni più
estreme); questo rapporto tra forze
internazionali e forze nazionali è ancora
complicato nell’interno di ogni nazione dal
fatto frequente dell’esistenza di parecchie
sezioni territoriali nazionali di diversa
struttura e di diverso rapporto di forze in
tutti i gradi (così la Vandea in Francia era
alleata con le forze internazionali reazionarie
e le rappresentava nel seno dell’unità
territoriale francese; così Lione
rappresentava un nodo di rapporti
particolari ecc.).
concretamente con gli interessi generali dei
gruppi subordinati e la vita statale viene
concepita come un continuo formarsi e
superarsi di equilibri instabili (nell’ambito
della legge) tra gli interessi del gruppo
fondamentale e quelli dei gruppi
subordinati, equilibrii in cui gli interessi del
gruppo dominante prevalgono ma fino a un
certo punto, non cioè fino al gretto
interesse economico-corporativo. Nella
storia reale questi momenti si implicano
reciprocamente, per così dire
orizzontalmente e verticalmente, cioè
secondo le attività economico- sociali
(orizzontali) e secondo i territori
(verticalmente), combinandosi e scindendosi
variamente: ognuna di queste combinazioni
può essere rappresentata da una propria
espressione organizzata economica e
politica. Ancora bisogna tener conto che a
questi rapporti interni di uno Stato-nazione
si intrecciano i rapporti internazionali,
creando nuove combinazioni originali e
storicamente concrete. Una ideologia, nata
in un paese più sviluppato, si diffonde in
paesi meno sviluppati, incidendo nel gioco
locale delle combinazioni. (La religione, per
es., è sempre stata una fonte di tali
combinazioni ideologico-politiche nazionali e
internazionali, e con la religione le altre
formazioni internazionali, la massoneria, il
Rotary Club, gli ebrei, la diplomazia di
carriera che suggeriscono espedienti politici
di origine storica diversa e li fanno trionfare
in determinati paesi, funzionando come
partito politico internazionale che opera in
ogni nazione con tutte le sue forze
internazionali concentrate; ma religione,
massoneria, Rotary, ebrei ecc., possono
rientrare nella categoria sociale degli
«intellettuali», la cui funzione, su scala
internazionale, è quella di mediare gli
estremi, di «socializzare» i ritrovati tecnici
che fanno funzionare ogni attività di
direzione, di escogitare compromessi e vie
d’uscita tra le soluzioni estreme). Questo
rapporto tra forze internazionali e forze
24
nazionali è ancora complicato dall’esistenza
nell’interno di ogni Stato di parecchie sezioni
territoriali di diversa struttura e di diverso
rapporto di forza in tutti i gradi (così la
Vandea era alleata con le forze
internazionali reazionarie e le rappresentava
nel seno dell’unità territoriale francese; così
Lione nella Rivoluzione Francese
rappresentava un nodo particolare di
rapporti ecc.).
3°) il terzo momento è quello del «rapporto
delle forze militari» che è quello
immediatamente decisivo volta per volta. Lo
sviluppo storico oscilla continuamente tra il
primo e il terzo momento, con la mediazione
del secondo. Ma anche questo terzo
momento del rapporto delle forze non è
qualcosa di indistinto e di identificabile
immediatamente in forma schematica. Mi
pare si possano distinguere in esso due
momenti: il momento «militare» nel senso
stretto, tecnico della parola, e il momento
che si può chiamare «politico-militare».
Nello sviluppo della storia mondiale ed
europea questi due momenti si sono
presentati in un numero vario di
combinazioni. Un esempio tipico, che può
servire come mezzo di dimostrazione limite,
è quello del rapporto di oppressione militare
nazionale, cioè di uno Stato, militarmente
bene organizzato, che opprime territori di
altra nazionalità, subordinando agli interessi
del suo raggruppamento sociale dominante i
raggruppamenti della stessa specie di queste
nazionalità che opprime. Anche in questo
caso il rapporto non è puramente militare
ma politico-militare e le forze delle
nazionalità oppresse non devono essere
puramente militari, per la lotta
d’indipendenza, ma militari e politicomilitari. Molte osservazioni a questo
proposito si trovano nelle note scritte sul
Risorgimento italiano. Intanto: nel caso di
oppressione nazionale, se la nazione
oppressa, per iniziare la lotta
3) Il terzo momento è quello del rapporto
delle forze militari, immediatamente
decisivo volta per volta. (Lo sviluppo storico
oscilla continuamente tra il primo e il terzo
momento, con la mediazione del secondo).
Ma anche esso non è qualcosa di indistinto e
di identificabile immediatamente in forma
schematica; si possono anche in esso
distinguere due gradi: quello militare in
senso stretto o tecnico-militare e il grado
che si può chiamare politico-militare. Nello
sviluppo della storia questi due gradi si sono
presentati in una grande varietà di
combinazioni. Un esempio tipico che può
servire come dimostrazione-limite, è quello
del rapporto di oppressione militare di uno
Stato su una nazione che cerca di
raggiungere la sua indipendenza statale. Il
rapporto non è puramente militare, ma
politico-militare e infatti un tale tipo di
oppressione sarebbe inspiegabile senza lo
stato di disgregazione sociale del popolo
oppresso e la passività della sua
maggioranza; pertanto l’indipendenza non
potrà essere raggiunta con forze puramente
militari, ma militari e politico-militari. Se la
nazione oppressa, infatti, per iniziare la lotta
d’indipendenza, dovesse attendere che lo
Stato egemone le permetta di organizzare
un proprio esercito nel senso stretto e
tecnico della parola, avrebbe da attendere
un pezzo (può avvenire che la rivendicazione
di avere un proprio esercito sia soddisfatta
dalla nazione egemone, ma ciò significa che
già una gran parte della lotta è stata
combattuta e vinta sul terreno
25
d’indipendenza, dovesse attendere che lo
Stato egemone le permetta di organizzare
una propria forza militare nel senso stretto e
tecnico della parola, avrebbe da attendere
un pezzo. La nazione oppressa dunque
opporrà inizialmente alla forza militare
egemone una forza solo «politico-militare»,
cioè elementi di azione politica che abbiano
riflessi militari nel senso: 1° che abbiano
efficacia disgregatrice interna nell’efficienza
bellica della nazione egemone; 2° che
costringano la forza militare egemone a
diluirsi in un grande territorio, annullandone
così gran parte dell’efficienza bellica. Nelle
note sul Risorgimento appunto è stata
notata l’assenza di una direzione
politico-militare specialmente nel Partito
d’Azione (per congenita incapacità) ma
anche nel partito piemontese sia prima che
dopo il 48, non per congenita incapacità, ma
per «neomaltusianismo
politico-economico», perché cioè non si
volle neanche accennare alla possibilità di
una riforma agraria e perché non si voleva la
convocazione di una assemblea nazionale
costituente, ma si voleva che la monarchia
piemontese, senza condizioni o limitazioni di
origine popolare, si estendesse a tutta
l’Italia, con la pura sanzione dei plebisciti
regionali.
politico-militare). La nazione oppressa
opporrà dunque inizialmente alla forza
militare egemone una forza che è solo
«politico-militare», cioè opporrà una forma
di azione politica che abbia la virtù di
determinare riflessi di carattere militare nel
senso: 1) che abbia efficacia di disgregare
intimamente l’efficienza bellica della nazione
egemone; 2) che costringa la forza militare
egemone a diluirsi e disperdersi in un grande
territorio, annullandone gran parte
dell’efficienza bellica. Nel Risorgimento
italiano si può notare l’assenza disastrosa di
una direzione politico-militare
specialmente nel Partito d’Azione (per
congenita incapacità), ma anche nel partito
piemontese-moderato sia prima che dopo il
1848 non certo per incapacità ma per
«maltusianismo economico-politico», cioè
perché non si volle neanche accennare alla
possibilità di una riforma agraria e perché
non si voleva la convocazione di una
assemblea nazionale costituente, ma si
tendeva solo a che la monarchia
piemontese, senza condizioni o limitazioni di
origine popolare, si estendesse a tutta Italia,
con la pura sanzione di plebisciti regionali.
Remarques : les deux phases « économique-primitive »et « économique-politique »
[distinguées en 4, 38] sont ensuite désignées sous le nom de « phase économique
corporative » [13, 17] ; on est dans l’agir pré-politique d’une classe ; c’est une phase dans
laquelle la question de l’hégémonie et de l’Etat n’est pas concrètement ni complètement au
centre de l’expansion sociale de cette classe.
26
Quelques conclusions historiques : le lien « teoria dell’egemonia », « teoria dello Stato »,
« storia degli intellettuali »
(dans Q4, 49, novembre 1930 ; le lien explicite est fait avec Q4, 38)
Q4, 49 § Gli intellettuali. Prima quistione: gli intellettuali sono un gruppo sociale autonomo,
oppure ogni gruppo sociale ha una sua propria categoria di intellettuali? Il problema è
complesso per le varie forme che ha assunto finora il processo storico di formazione delle
diverse categorie intellettuali. Le più importanti di queste forme sono due:
1)Ogni gruppo sociale, nascendo sulla base originaria di una funzione essenziale nel mondo
della produzione economica, crea insieme, organicamente, un ceto o più ceti di intellettuali
che gli danno omogeneità e consapevolezza della propria funzione nel campo economico […]
2) Ma ogni gruppo sociale, emergendo alla storia dalla struttura economica, trova o ha
trovato, nella storia almeno fino ad ora svoltasi, delle categorie intellettuali preesistenti, e
che apparivano anzi come rappresentanti una continuità storica ininterrotta anche dai più
complicati mutamenti delle forme sociali e politiche. La più tipica di queste categorie
intellettuali è quella degli ecclesiastici […]
Seconda quistione: quali sono i limiti massimi dell’accezione di «intellettuale»? […]
Fatte queste distinzioni si può concludere per ora: il rapporto tra gli intellettuali e la
produzione non è immediato, come avviene per i gruppi sociali fondamentali, ma è mediato
ed è mediato da due tipi di organizzazione sociale: a) dalla società civile, cioè dall’insieme di
organizzazioni private della società, b) dallo Stato. Gli intellettuali hanno una funzione
nell’«egemonia» che il gruppo dominante esercita in tutta la società e nel «dominio» su di
essa che si incarna nello Stato e questa funzione è precisamente «organizzativa» o
connettiva: gli intellettuali hanno la funzione di organizzare l’egemonia sociale di un
gruppo e il suo dominio statale, cioè il consenso dato dal prestigio della funzione nel
mondo produttivo e l’apparato di coercizione per quei gruppi che non «consentono» né
attivamente né passivamente o per quei momenti di crisi di comando e di direzione in cui il
consenso spontaneo subisce una crisi. Da quest’analisi risulta un’estensione molto grande
del concetto di intellettuali, ma solo così mi pare sia possibile giungere ad una
approssimazione concreta della realtà
27
Lettre du 3 août 1931 (qui explicite une nouvelle fois ce lien): uno degli argomenti che piú
mi ha interessato in questi ultimi anni è stato quello di fissare alcuni aspetti caratteristici
nella storia degli intellettuali italiani. Questo interesse nacque da una parte dal desiderio
di approfondire il concetto di Stato e dall'altra parte di rendermi conto di alcuni aspetti
dello sviluppo storico del popolo italiano.
RAPPEL : Quaderno 13, 17, [=Q4, 38, ottobre 1930, p. 458]:
« Lo Stato è concepito sì come organismo proprio di un gruppo, destinato a creare le
condizioni favorevoli alla massima espansione del gruppo stesso, ma questo sviluppo e
questa espansione sono concepiti e presentati come la forza motrice di un’espansione
universale, di uno sviluppo di tutte le energie «nazionali», cioè il gruppo dominante viene
coordinato concretamente con gli interessi generali dei gruppi subordinati e la vita statale
viene concepita come un continuo formarsi e superarsi di equilibri instabili (nell’ambito
della legge) tra gli interessi del gruppo fondamentale e quelli dei gruppi subordinati,
equilibri nei quali gli interessi del gruppo dominante prevalgono ma fino a un certo punto,
non cioè fino al gretto interesse economico-corporativo » [Q13, 17, p. 1584].
[Q13, 18, p.1591 : Il fatto dell’egemonia presuppone indubbiamente che sia tenuto conto
degli interessi e delle tendenze dei gruppi sui quali l’egemonia verrà esercitata, che si
formi un certo equilibrio di compromesso, che cioè il gruppo dirigente faccia dei sacrifizi di
ordine economico-corporativo, ma è anche indubbio che tali sacrifizi e tale compromesso
non possono riguardare l’essenziale, poiché se l’egemonia è etico-politica, non può non
essere anche economica, non può non avere il suo fondamento nella funzione decisiva che
il gruppo dirigente esercita nel nucleo decisivo dell’attività economica.]
ottobre del 1930, nel pieno della polemica sulla “svolta” e delle «conversazioni» di Turi
sulla Costituente.
Le lien entre réflexions sur l’hégémonie, l’Etat et les intellectuels :
Lettre du 7 septembre 1931, à Tatiana
Lo studio che ho fatto sugli intellettuali è molto vasto come disegno e in realtà non credo
che esistano in Italia libri su questo argomento. Esiste certo molto materiale erudito ma
disperso in un numero infinito di riviste e archivi storici locali. D'altronde io estendo molto
la nozione di intellettuale e non mi limito alla nozione corrente che si riferisce ai grandi
intellettuali. Questo studio porta anche a certe determinazioni del concetto di Stato che di
solito è inteso come Società politica (o dittatura, o apparato coercitivo per conformare la
28
massa popolare secondo il tipo di produzione e l'economia di un momento dato) e non
come un equilibrio della Società politica con la Società civile (o egemonia di un gruppo
sociale sull'intiera società nazionale esercitata attraverso le organizzazioni cosí dette
private, come la chiesa, i sindacati, le scuole ecc.) e appunto nella società civile
specialmente operano gli intellettuali (Ben. Croce, per es., è una specie di papa laico ed è
uno strumento efficacissimo di egemonia anche se volta per volta possa trovarsi in contrasto
con questo o quel governo ecc.). Da questa concezione della funzione degli intellettuali,
secondo me, viene illuminata la ragione o una delle ragioni della caduta dei Comuni
medioevali, cioè del governo di una classe economica, che non seppe crearsi la propria
categoria di intellettuali e quindi esercitare un'egemonia oltre che una dittatura; gli
intellettuali italiani non avevano un carattere popolare-nazionale ma cosmopolita sul
modello della Chiesa e a Leonardo era indifferente vendere al duca Valentino i disegni delle
fortificazioni di Firenze. I Comuni furono dunque uno stato sindacalista, che non riuscí a
superare questa fase e a diventare Stato integrale come indicava invano il Machiavelli che
attraverso l'organizzazione dell'esercito voleva organizzare l'egemonia della città sulla
campagna, e perciò si può chiamare il primo giacobino italiano (il secondo è stato Carlo
Cattaneo ma con troppe chimere in testa). Cosí ne deriva che il Rinascimento deve essere
considerato un movimento reazionario e repressivo in confronto dello sviluppo dei Comuni
ecc. Ti faccio questi accenni per farti persuasa che ogni periodo della storia svoltasi in Italia,
dall'Impero romano al Risorgimento, deve essere guardato da questo punto di vista
monografico.
[tr. fr. de la lettre du 7 septembre 1931] Je voudrais répondre quelque chose à ta
lettre du 28 août, où tu fais allusion à mon travail sur les « intellectuels italiens ». On voit
que tu as parlé avec Piero, car certaines choses, il n'y a que lui qui peut te les avoir dites
[Gramsci fait allusion au passage suivant de la lettre de Tania du 28 août 1931 : [...] Certes
pour faire une histoire parfaite des intellectuels il faut avoir à sa disposition une
grande bibliothèque. Mais pourquoi ne pas en faire une imparfaite, pour le moment,
quitte à la perfectionner ensuite quand tu auras libre accès aux bibliothèques?
Autrefois tu reprochais toujours à Piero ses scrupules scientifiques excessifs qui
l'empêchaient d'écrire quoi que ce soit; à ce qu'il semble, il ne s'est jamais guéri de ce
défaut, mais est-il possible que dix années de journalisme ne t'aient pas corrigé? Il y a
quelques années tu donnais d'excellents conseils, dans une lettre, à un ami en prison, lui
expliquant qu'avec de la volonté et une méthode de travail on peut utiliser même le
matériel le plus inadéquat et tu lui montrais quel usage faire de la bibliothèque de la
prison... » ]
L'étude que j'ai faite sur les intellectuels est très vaste dans son dessein et je ne crois
vraiment pas qu'il existe en Italie de livres sur ce sujet. Il existe bien sûr un important
matériel d'érudition, mais dispersé dans une quantité innombrable de revues et d'archives
historiques locales. D'ailleurs j'élargis beaucoup la notion d'intellectuel et je ne me limite
pas à la notion courante qui ne s'applique qu'aux grands intellectuels. Cette étude amène
aussi à préciser quelque peu le concept d'État par quoi on entend d'ordinaire la Société
politique (ou dictature, ou appareil coercitif pour adapter les masses populaires au
type de production et à l'économie d'une époque donnée) et non l'équilibre entre la
29
Société politique et la Société civile (ou hégémonie qu'un groupe social exerce sur la
société nationale dans son entier par le moyen d'organisations prétendument privées,
comme l'église, les syndicats, les écoles etc.); et c'est justement dans la société civile
qu'opèrent en particulier les intellectuels (Benedetto Croce, par ex., est une espèce de
pape laïc et il est un instrument très efficace d'hégémonie, même s'il peut lui arriver de se
trouver en opposition avec tel ou tel gouvernement etc.). Cette conception du rôle des
intellectuels éclaire, selon moi, la raison ou une des raisons de la chute des Communes
médiévales, c'est-à-dire du gouvernement d'une classe économique qui n'a pas su se créer
sa propre catégorie d'intellectuels et donc exercer une hégémonie et pas seulement
une dictature; les intellectuels italiens n'avaient pas un caractère populaire-national
mais cosmopolite sur le modèle de l'Église et il était indifférent à Léonard de vendre au duc
de Valentinois les plans des fortifications de Florence. Les Communes furent donc un état
corporatif qui ne réussit pas à dépasser ce stade et à devenir un État intégral comme le
proposait en vain Machiavel, qui à travers l'organisation de l'armée voulait organiser
l’hégémonie de la ville sur la campagne, ce pourquoi on peut l'appeler le premier
jacobin italien (le second a été Carlo Cattaneo, mais il avait trop de chimères en tête). Il
s'ensuit que la Renaissance doit être considérée comme un mouvement réactionnaire
et répressif par rapport au développement des Communes etc. Je te donne ces indications
pour te convaincre que chaque période de l'histoire italienne, depuis l'Empire Romain
jusqu'au Risorgimento, doit être considérée de ce point de vue monographique.
N.B. : « économisme » : allusion à la lutte menée par Lénine contre l'économisme défini
dans Que faire ? comme étant « la conception étroite du rôle de la social-démocratie et de
ses tâches politiques ». « La lutte économique est une lutte professionnelle », et celle que
Lénine mène pour la formation d'un parti organisé s'affirme contre les tendances
(opportuniste et « révolutionniste ») du parti social-démocrate (spontanéité des masses et
terrorisme excitatif).
Lénine, Que faire ? 1902 : « Le fameux Credo n'acquit une célébrité aussi méritée que parce
qu'il formulait ouvertement cette liaison et dévoilait incidemment la tendance politique
fondamentale de l'«économisme » : aux ouvriers, la lutte économique (ou plus exactement
: la lutte trade-unioniste, qui embrasse aussi la politique spécifiquement ouvrière) ; les
intellectuels marxistes se fondront avec les libéraux pour la «lutte » politique. L'activité
trade-unioniste « dans le peuple » fut l'accomplissement de la première moitié de la tâche ;
la critique légale, de la seconde. Cette déclaration était une arme si précieuse contre
l'économisme que si le Credo n'avait pas existé, il aurait fallu l'inventer ».
Ibid. « Il s'ensuit donc que, non seulement les social-démocrates ne peuvent se limiter à la
lutte économique, mais qu'ils ne peuvent admettre que l'organisation des divulgations
économiques constitue le plus clair de leur activité. Nous devons entreprendre activement
l'éducation politique de la classe ouvrière, travailler à développer sa conscience politique. »
30
Ibid. « Ainsi donc, sous son aspect « terriblement » profond et révolutionnaire, la phrase
pompeuse: « Donner à la lutte économique elle-même un caractère politique », dissimule en
réalité la tendance traditionnelle à rabaisser la politique social-démocrate au niveau de la
politique trade-unioniste ! »
Ibid. « Quiconque attire l'attention, l'esprit d'observation et la conscience de la classe
ouvrière uniquement ou même principalement sur elle-même, n'est pas un social-démocrate
; car, pour se bien connaître elle-même, la classe ouvrière doit avoir une connaissance
précise des rapports réciproques de toutes les classes de la société contemporaine,
connaissance non seulement théorique ... disons plutôt : moins théorique que fondée
sur l'expérience de la vie politique. Voilà pourquoi nos économistes qui prêchent la lutte
économique comme le moyen le plus largement applicable pour entraîner les masses
dans le mouvement politique, font œuvre profondément nuisible et profondément
réactionnaire dans ses résultats pratiques. Pour devenir social-démocrate, l'ouvrier doit se
représenter clairement la nature économique, la physionomie politique et sociale du
gros propriétaire foncier et du pope, du dignitaire et du paysan, de l'étudiant et du
vagabond, connaître leurs côtés forts et leurs côtés faibles, savoir démêler le sens des
formules courantes et des sophismes de toute sorte, dont chaque classe et chaque couche
sociale recouvre ses appétits égoïstes et sa « nature » véritable; savoir distinguer quels
intérêts reflètent les institutions et les lois et comment elles les reflètent. Or, ce n'est pas
dans les livres que l'ouvrier pourra puiser celte « représentation claire » : il ne la trouvera
que dans des exposés vivants, dans des révélations encore toutes chaudes sur ce qui se
passe à un moment donné autour de nous, dont on parle ou chuchote entre soi et qui se
manifeste par tels ou tels faits, chiffres, verdicts, etc., etc. Ces révélations politiques
embrassant tous les domaines sont la condition nécessaire et fondamentale pour former les
masses en vue de leur activité révolutionnaire. »
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Séminaire Pensée politique italienne:
Lire les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci
Séance du mardi 4 décembre 2012
"Intellectuels"
"Guerre de position et guerre de mouvement"
Notes prises par Adeline, Amélie, Martin, relues par JC et Romain.
"Intellectuels"
Le Q12, 1 [mai-juin 1932] découle du Q4, 49 et du Q4, 50 [nov 1930]
La réflexion porte d'abord sur le rapport entre intellectuels "traditionnels" et intellectuels "organiques"
Q 12, 1 commence par une double question: les intellectuels constituent-ils un groupe autonome ou
chaque groupe social a-t-il sa propre catégorie spécialisée d'intellectuels ? Problème complexe. On peut
considérer qu'il répond par l'affirmative aux deux questions.
Création organique d'une ou plusieurs couches d'intellectuels par chaque groupe social; d'où l'intellectuel
organique.
Le sens du mot organique vient très probablement de la définition biologique du terme: "qui appartient à
un organisme vivant, qui fait partie du corps dont il exerce une fonction".G. métaphorise cette définition
pour l'appliquer dans la société. A l'intérieur de la classe, ils exercent une fonction. Mais pourquoi
"organiquement", et pas "structurellement" par exemple ? Il est difficile de le dire. (Durkheim?
Linguistique française? Utilisation chez Lénine avec les questions organiques, c'est-à-dire d'organisation
du parti? Usage courant de la métaphore "organiciste" à l'époque où il écrit? Il y a là une enquête à faire,
sur ce terme et son usage, mais plus largement sur l'emploi des métaphores dans l'écriture de G.)
Quand G. pense à la notion d'intellectuel organique, il ne pense pas seulement aux intellectuels du parti
(comme on tend souvent à le comprendre). Il pense aussi aux intellectuels qui jouent un rôle dans le
développement du capitalisme... (ex: chef d'entreprise): « Chaque groupe social, naissant sur le terrain
originel d'une fonction essentielle dans le monde de la production économique, crée en même temps que
lui, organiquement, une ou plusieurs couches d'intellectuels qui lui donnent son homogénéité et la
conscience de sa propre fonction, non seulement dans le domaine économique, mais aussi dans le domaine politique et social : le chef d'entreprise capitaliste crée avec lui le technicien de l'industrie, le
savant de l'économie politique, l'organisateur d'une nouvelle culture, d'un nouveau droit, etc., etc. »
Dans la version Q4-49, il n'y avait pas ce développement sur le rôle politico-culturel du chef d'entreprise
capitaliste; il écrivait uniquement « qui lui donnent son homogénéité et la conscience de sa propre
fonction dans le domaine économique »; au moment de la rédaction de 1932, il ajoute le membre de
phrase "mais aussi dans le domaine politique et social." Ce qui tend à montrer qu'au fur et à mesure de la
rédaction des cahiers, la dimension politico-culturelle prend de l'ampleur.
Concernant la deuxième question (chaque groupe social a-t-il sa propre catégorie spécialisée
d'intellectuels), la réponse est donc "oui". L'entrepreneur capitaliste a un rôle, une fonction, dans le
domaine politique et social.
Deuxième point de la réponse: il y a des catégories d'intellectuels qui existaient auparavant, et qui
apparaissaient comme les représentants d'une continuité historique. Il donne un exemple: "la plus typique
de ces catégories intellectuelles est celle des ecclésiastiques". Ces derniers « monopolisèrent pendant
longtemps (tout au long d'une phase historique qui est même caractérisée en partie par ce monopole)
certains services importants : l'idéologie religieuse, c'est-à-dire la philosophie et la science de l'époque,
avec l'école, l'instruction, la morale, la justice, la bienfaisance, l'assistance, etc. La catégorie des
ecclésiastiques peut être considérée comme la catégorie intellectuelle organiquement liée à l'aristocratie foncière ».
Les intellectuels sont donc organiques à une classe (au sens où ils sont créés par "chaque groupe social,
naissant sur le terrain originel d'une fonction essentielle", où ils sont "organiquement liés à une classe"),
et, en même temps, ils représentent une continuité historique. A ce titre, ils tendent à se penser et à se
définir comme un groupe à part, comme un groupe autonome. La continuité historique crée chez ces
intellectuels l'idée d'une autonomie propre que G. appelle "utopie sociale". Les intellectuels ressentent
cette autonomie par rapport au groupe social dominant, en vertu d'un "esprit de corps", qui génère cette
"utopie sociale". Il s'agit là d'une sorte d'illusion utopique des intellectuels, alors que dans la réalité ils
sont aussi des intellectuels organiques liés à une classe.
L'exemple de la haute hiérarchie catholique et de Benedetto Croce (développé en Q12, 1) est
particulièrement clair: "Il faut noter cependant que si le Pape et la haute hiérarchie de l’Église se croient
davantage liés au Christ et aux apôtres qu’ils ne le sont aux sénateurs Agnelli et Benni, il n'en est pas de
même pour Gentile et pour Croce, par exemple ; Croce, particulièrement, se sent fortement lié à Aristote
et à Platon, mais il ne cache pas, bien au contraire, qu’il est lié aux sénateurs Agnelli et Benni, et c'est
précisément là qu'il faut chercher le caractère le plus remarquable [rilevato] de la philosophie de Croce."
Croce est donc un intellectuel traditionnel qui sait en fait parfaitement qu’il est aussi un intellectuel
organique (lié aux grands industriels Agnelli=FIAT et Benni=Montecatini).
Autre point: G. met en évidence une "erreur de méthode" à partir de la question "quelles sont les limites
"maxima" pour l'acception du terme d'intellectuel ? "L'erreur de méthode la plus répandue me parait être
d'avoir recherché ce critère de distinction dans ce qui est intrinsèque aux activités intellectuelles et non
pas dans l'ensemble du système de rapport dans lequel ces activités (et par conséquent les groupes qui les
personnifient) viennent se trouver au sein du complexe général des rapports sociaux".
L'erreur de méthode réside donc dans le fait de s'attacher à la qualité de l'activité d'intellectuel, et non pas
à sa fonction au sein des rapports sociaux. Tous les hommes sont des intellectuels mais seuls certains
exercent cette fonction. C'est donc sur la fonction qu'il faut s'interroger.
Pour donner une définition de cette fonction, G. nous dit qu'il faut établir une "échelle des fonctions et des
superstructures de bas en haut". Il existe alors deux grands "étages" dans les superstructures:
- l'étage de la société civile qui correspond à la fonction d'hégémonie
- l'étage de la société politique ou de l'Etat qui correspond à la fonction de domination directe qui
s'exprime dans l'Etat ou dans le gouvernement juridique.
Les intellectuels jouent des fonctions d'organisation et de connexion (mise en lien entre un groupe et un
autre...). Les intellectuels sont les "commis" du groupe dominant pour l'exercice des fonctions subalternes
de l'hégémonie sociale et du gouvernement politique.
- Ils servent à fabriquer du consensus, de l'accord actif ou passif. Cet accord naît historiquement du
prestige qu'a le groupe dominant.
- ils sont liés à l'appareil de coercition de l'Etat. Il s'agit ici des intellectuels directement liés à l'appareil
d'Etat. Quand l'hégémonie est en crise, il faut assurer la discipline des groupes qui refusent cet accord.
Il faut interroger le rapport entre les intellectuels organiques d'un nouveau groupe social et les
intellectuels traditionnels qui préexistent. Cela est lié à la fonction d'un parti.
NB: G. ne pense pas seulement à la fonction dans le parti communiste, même si c'est évidemment
fondamental à ses yeux.
"Une des caractéristiques les plus pertinentes de tout groupe qui se développe vers la domination est sa
lutte pour l'assimilation et la conquête "idéologique" des intellectuels traditionnels, une assimilation et
conquête qui est d'autant plus rapide et efficace que le groupe donné élabore simultanément ses propres
intellectuels organiques."
Une classe a besoin, pour "s'unifier dans l'Etat", donc pour devenir hégémonique, de générer l'accord
spontané, non seulement de ses propres intellectuels organiques, mais aussi d'assimiler les intellectuels
traditionnels.
G. développe ici le rôle spécifique que peut jouer le parti pour tous ces groupes émergents (bourgeoisie,
bloc agraire pendant le Risorgimento, hégémonisés par le royaume du Piémont, etc.). "Le parti politique,
pour tous les groupes, est précisément le mécanisme qui dans la société civile accomplit la même fonction
que l'Etat accomplit dans une mesure plus large et plus synthétique, dans la société politique, c'est-à-dire
qu'il crée la soudure entre intellectuels organiques d'un groupe donné, celui qui est dominant, et
intellectuels traditionnels, et cette fonction que remplit le parti dépend précisément de sa fonction
fondamentale, qui consiste à élaborer ses propres membres, éléments d'un groupe social qui est né et s'est
développé comme "économique", jusqu'à les faire devenir des intellectuels politiques qualifiés, dirigeants,
organisateurs de toutes les activités et fonctions inhérentes au développement organique d'une société
intégrale, civile et politique [...]"
L'Etat a pour fonction, dans la société politique, de souder les intellectuels dominants et les intellectuels
traditionnels. Le parti, lui, le fait dans la mesure où il se donne pour tâche d'élever les membres de son
groupe du simple terrain économique au terrain politique et civil. L'objectif est de les faire devenir des
intellectuels politiques qualifiés, qui ont pour fonction d'obtenir le développement organique d'une société
intégrale. Dans ce passage, Gramsci a en tête l'expérience historique des conseils d'usine de Turin et
l'expérience théorique de l'Ordine Nuovo. [cf. un peu plus loin, Q12§3: "Le problème de la création d'une
nouvelle couche d'intellectuels consiste donc à développer de façon critique l'activité intellectuelle qui
existe chez chacun à un certain degré de développement […] C'est sur cette base qu'a travaillé L'Ordine
nuovo hebdomadaire pour développer certaines formes de nouvel intellectualisme et pour déterminer ses
nouveaux concepts, et ce n'a pas été une des moindres raisons de son succès, parce qu'une telle façon de
poser le problème correspondait à des aspirations latentes et était conforme au développement des formes
réelles de la vie"].
Il ne s'agit pas d'un processus unilatéral, de l'apport de la vérité d'un groupe à l'autre. On a bien ici l'idée
d'un processus de synthèse et de réciprocité entre intellectuels et ouvriers.
Les concepts centraux de la théorie de l'hégémonie sont ici présents. Etat / société politique, société civile
/ partis, intellectuels.
L'hégémonie comme perspective stratégique se déploie dans la société civile et se développe dans une
perspective idéologique: conquête et assimilation des intellectuels traditionnels. L'idée d'assimilation
implique celle de réciprocité des apports des uns aux autres.
La question est toujours: comment une classe subalterne peut-elle devenir une classe hégémonique et
dominante ? Il formule cette question de façon générique ("tout groupe"). Les deux points d'appui de sa
réflexion sont la bourgeoisie française pendant la Révolution, et le processus de Risorgimento.
Le terrain de la structure, de l'économie n'est jamais considéré comme étant le seul terrain à investir. Il
lutte en permanence contre les analyses économicistes de la vulgate marxiste de son époque. Il faut passer
à un terrain qui est celui du politique et du culturel.
Il part toujours d'une analyse historique et historiographique, dans une visée d'une philosophie de la
praxis. Assimilation entre politique et Histoire. Perspective stratégique toujours en question: que faut-il
faire, vers où faut-il aller pour que cette classe l'emporte?
"Guerre de mouvement, guerre de position"
Q 13-24 (fin 1932-33); il découle du Q7, 10 (Écrit en novembre 1930; le Q7 prend la suite directe du Q4
dans le processus d'écriture)
La question abordée, c'est la confrontation entre les concepts de guerre de mouvement et guerre de
position dans les domaines militaire et politique : il s'agit d'étudier les "rapprochements qu'on fait entre
concepts de guerre de mouvement et guerre de position dans l'art militaire et les concepts
correspondants dans l'art politique".
Il part d'une critique du livre de Rosa Luxembourg, Grève générale, parti et syndicats de 1906. G. met en
garde contre les lectures économistes et spontanéistes de l'Histoire (selon lesquelles une crise économique
grave peut suffire à provoquer un bouleversment et un changement de domination spontanée.) G. critique
les thèses de Luxembourg (spontanéité des masses) et de Trotski (révolution permanente), et invite à
faire des distinctions fondamentales entre la situation politique en Orient et en Occident.
La guerre de mouvement l'a emporté en Orient pour des raisons historiques liées au rapport entre Etat,
société politique d’un côté et société civile de l’autre: en Orient, "les cadres de la vie nationale étaient
embryonnaires" (Q7,16), alors que dans "les États les plus avancés, où la « société civile » est devenue
une structure très complexe et résistante aux « irruptions » catastrophiques de l'élément économique
immédiat (crises, dépressions, etc.) : les superstructures de la société civile sont comme le système des
tranchées dans la guerre moderne" (Q7, 10).
Il met en parallèle la pensée de la guerre et la pensée de la politique. Il va se focaliser sur la première
guerre mondiale (force de la société civile dans les pays d'Europe, d'occident).
Le livre de Luxembourg, nous dit Gramsci, est victime d'un certain préjugé "économiciste" et
spontanéiste. Elle a négligé dans l'analyse des évènements de 1905 les éléments "volontaires" et
d'organisation. Il développe le parallèle, la métaphore de la guerre de mouvement appliquée à l'art
politique.
Une remarque sur le rapport de G. à la complexité: on peut le rapporter à la façon dont un grand
intellectuel italien (marxiste et lecteur de G.) Italo Calvino, dans son livre de 1963, La giornata di uno
scrutatore, où Calvino parlait de son propre rapport à la complexité en tant qu'intellectuel communiste: «
alle volte la complessità delle cose gli pareva un sovrapporsi di strati nettamente separabili, come le
foglie di un carciofo, alle volte invece un agglutinamento di significati, una pasta collosa » ("parfois la
complexité des choses lui semblait être une superposition de strates que l'on pouvait séparer nettement,
comme les feuilles d'un artichaud, parfois au contraire comme une agglomération de de significations,
une pâte qui colle"). On peut dire que pour G. la complexité des choses est faite de strates nettement
séparées, comme les feuilles de l'artichaut, et jamais comme une agglomération informe, une pâte qui
colle! Pour parfaire la métaphore, Calvino disait que le pessimisme et l'optimisme sont les deux versants
de ladite feuille d'artichaut", ce qui était une claire allusion à une formule mainte fois utilisée par Gramsci
qui pensait nécessaire d'allier le "pessimisme de l'intelligence" à "l'optimisme de la volonté".
G. va passer de l'analyse proprement militaire, qui part de la l'analyse de la première guerre mondiale, au
domaine politique en procédant par analogie d'un domaine à l'autre.
Il commence par mettre en évidence les effets de l'artillerie lourde: - ouvrir une brèche dans la défense
ennemie; - permettre d'organiser les troupes avec une rapidité foudroyante; - créer avec une rapidité
foudroyante l'idéologie centrée sur l'identité du but à atteindre.
Il en tire une conclusion dans le domaine politique: attendre un tel fonctionnemment dans le domaine
politique c'est, écrit-il, "un véritable mysticisme historique, [...] l'attente d'une sorte de fulguration
mystérieuse." C'est ici une critique faite à toute lecture purement économiste du marxisme, y compris
celle qui se développe à cette époque en Union soviétique.
Il revient alors au domaine militaire pour montrer que d'ailleurs, même pendant la guerre, ça ne se passe
pas comme ça: « La vérité, c’est qu’on ne peut pas choisir la forme de guerre qu’on veut à moins
d’avoir d’emblée une supériorité écrasante sur l’ennemi ». G., revenant encore au domaine politique, tient
cette thèse pour valable également pour la guerre de classes. Les formes de guerres (guerroyées et
politiques) sont imposées par le rapport des forces en présence.
Derrière les tranchées il y a une forme d'organisation et d'industrie du territoire, une technologie, et une
logistique : tir rapide des canons et des mitrailleuses, concentration des armes, abondance du
ravitaillement qui permet de remplacer rapidement le matériel perdu…
Autre élément: dans la première guerre mondiale, on n'a pas affaire à des combats entre troupes d'élites de
chaque côté. La valeur des troupes est très inégale. Il donne l'exemple suivant: pendant la guerre, l'armée
russe a pu faire irruption en territoire autrichien, mais cela a eu un autre résultat quand l'armée russe s'est
trouvée face aux troupes allemandes.
Il tire de cette analyse l'idée que dans les guerres entre les Etats les plus avancés (dans l'industrie et
"civilmente", i.e. où la société civile est la plus forte), on doit considérer ce type (la guerre de
mouvement) comme réduite à une fonction tactique plus que stratégique.
Ce n'est pas qu'actuellement la guerre de mouvement disparaisse, mais elle est subordonnée à un rôle
tactique ; stratégiquement, on est dans une guerre de position.
Il fait ensuite la même comparaison dans l'art et la science politique [on peut par ailleurs se poser la
question de l'usage du terme "art" politique; est-ce par attraction avec l'art militaire (et sa variante
machiavélienne d'art de la guerre?)]
Dans le domaine du politique et de la guerre révolutionnaire, ce n'est pas parce qu'il y a une grande crise
politique, que l'Etat qui subit l'assaut perd confiance dans ses propres forces quand il est attaqué, derrière
l'Etat, il peut y avoir les tranchées et les solides forteresses de la société civile : critique claire de l'illusion
spontanéiste à "la Rosa" Luxembourg, taxée de "cadornisme politique" [Cadorna était le général en chef
de l'armée italienne, partisan résolu de la guerre de mouvement; G. le tient ici implicitement pour
responsable de la défaite italienne de Caporetto, en 1917]
[N.B. Un point non développée dans la séance faute de temps: sur la critique par G. du spontanéisme, il
faut lire en entier la note Q3-48 Passé et présent. Spontanéité et direction consciente, qui montre que G.
n'est pas purement et simplement un critique du spontanéisme comme l'étaient les communistes
soviétiques. Une citation (en partie déjà évoquée lors d'une séance précédente) pour montrer la différence:
"une question théorique fondamentale se pose : la théorie moderne peut-elle être en opposition avec les
sentiments « spontanés » des masses ? [...] Non, il ne peut y avoir opposition : il y a entre eux une
différence « quantitative », de degrés, non de qualité : il doit y avoir, pour ainsi dire, une « réduction »
possible, un passage des uns à l'autre, et vice versa. [...] Négliger, et, ce qui est pire, mépriser les
mouvements dits « spontanés », c'est-à-dire renoncer à leur donner une direction consciente, à les
hausser sur un plan supérieur en les insérant dans la politique, peut avoir souvent des conséquences très
sérieuses, très graves. Il arrive presque toujours qu'un mouvement « spontané » des classes subalternes
soit accompagné d'un mouvement réactionnaire de la droite de la classe dominante, pour des motifs
concomitants : une crise économique, par exemple, détermine d'une part un mécontentement des classes
subalternes et des mouvements spontanés des masses, et de l'autre elle détermine des complots de la part
de groupes réactionnaires qui profitent de l'affaiblissement objectif du gouvernement pour tenter des
coups d'État. Parmi les causes efficientes de ces coups d'État il faut placer le refus des groupes
responsables de donner une direction consciente aux mouvements spontanés et à faire par là qu'ils
deviennent un facteur politique positif."]
Les évènements de 1917 sont ensuite étudiés. Ils ont marqué un tournant décisif dans l'histoire de l'art et
de la science politique.
"Une tentative de débuter une révision des méthodes tactiques aurait dû être exposée par L. Davidovic
Bronstein à la quatrième réunion quand il fit une comparaison entre le front oriental et celui occidental
[...]" mais, ajoute G., "la quistione però è stata esposta solo in forma letteraria brillante, ma senza
indicazioni di carattere pratico." (sous une forme littéraire brillante, mais sans indication de caractère
pratique).
Dans Q 7-16 [nov-déc. 1930], G. reprend la question de la guerre de mouvement et de la guerre de
position (ou guerre frontale). Il explicite des points qui étaient sous-entendus en Q7-10. La tâche
fondamentale du point de vue politique était nationale et exigeait de reconnaître le terrain et de déterminer
les éléments de tranchées et de forteresses représentées par les éléments de société civile. En Orient, l'Etat
était tout, la société civile était embryonnaire. En Occident, entre Etat et société civile il y avait un juste
rapport. L'Etat n'était qu'une tranchée avancée, derrière laquelle se trouvait une robuste chaîne de
forteresses et de casemates ; plus ou moins d’un Etat à l’autre, s’entend, mais c’est justement ce qui
demandait une attentive reconnaissance de caractère national.
Conclusion: Etat, société politique, société civile
Q 6-88 [printemps-été 1931]
On s'approche d'une conceptualisation de la société civile et de la société politique.
Dans la notion générale d'Etat entrent des éléments qu'il faut ramener à la notion de société civile (Etat =
société politique + société civile, c’est-à-dire hégémonie cuirassée de coercition). L'Etat élargi, intégral,
est celui qui comporte les deux.
Dans cette note, G. pense à ce que pourrait être ou devrait être l'Etat de la transition vers le communisme.
Il y a ici une référence à la notion marxiste et léniniste de dépérissement de l'Etat. On peut imaginer
l'élément Etat-coercition comme s'épuisant au fur et à mesure, à mesure que la part dévolue à la société
civile croît:
" [...] il faut noter que dans la notion générale d'État entrent des éléments qu'il faut ramener à la notion de
Société civile (au sens, pourrait on dire, où État = société politique + société civile, c'est-à-dire
hégémonie cuirassée de coercition). Pour une doctrine de l'État qui entend concevoir ce dernier comme
susceptible tendanciellement de dépérir et de se résoudre dans la société « réglée », c'est une question
fondamentale, On peut imaginer l'élément État-coercition comme s'épuisant au fur et à mesure que s'affirment les éléments toujours plus importants de société « réglée » (soit État éthique, soit société civile)."
APPUNTI E NOTE SPARSE PER UN
GRUPPO DI SAGGI SULLA STORIA
DEGLI INTELLETTUALI
Q4, 49 [nov 1930] Gli intellettuali. Prima
quistione: gli intellettuali sono un gruppo
sociale autonomo, oppure ogni gruppo
sociale ha una sua propria categoria di
intellettuali? Il problema è complesso per le
varie forme che ha assunto finora il processo
storico di formazione delle diverse categorie
intellettuali. Le più importanti di queste
forme sono due:
1) Ogni gruppo sociale, nascendo sulla base
originaria di una funzione essenziale nel
mondo della produzione economica, crea
insieme, organicamente, un ceto o più ceti di
intellettuali che gli danno omogeneità e
consapevolezza della propria funzione nel
campo economico: l’imprenditore capitalista
crea con sé l’economista, lo scienziato
dell’economia politica. Inoltre c’è il fatto che
ogni imprenditore è anche un intellettuale,
nel senso che deve avere una certa capacità
tecnica, oltre che nel campo economico in
senso stretto, anche in altri campi, almeno in
quelli più vicini alla produzione economica
(deve essere un organizzatore di masse di
uomini, deve essere un organizzatore della
«fiducia» dei risparmiatori nella sua azienda,
dei compratori della sua merce, ecc.); se non
tutti gli imprenditori, almeno una élite di essi
deve avere una capacità tecnica (di ordine
intellettuale) di organizzatore della società in
generale, in tutto il suo complesso organismo
di servizi fino allo Stato, per avere le
condizioni più favorevoli all’espansione del
proprio gruppo, o per lo meno la capacità di
scegliere i «commessi» specializzati in
questa attività organizzatrice dei rapporti
generali esterni all’impresa.
Q12, 1_[mai-juin 1932] Gli intellettuali sono
un gruppo sociale autonomo e indipendente,
oppure ogni gruppo sociale ha una sua
propria categoria specializzata di
intellettuali? Il problema è complesso per le
varie forme che ha assunto finora il processo
storico reale di formazione delle diverse
categorie intellettuali. Le più importanti di
queste forme sono due:
1) Ogni gruppo sociale, nascendo sul terreno
originario di una funzione essenziale nel
mondo della produzione economica, si crea
insieme, organicamente, uno o più ceti di
intellettuali che gli danno omogeneità e
consapevolezza della propria funzione non
solo nel campo economico, ma anche in
quello sociale e politico: l’imprenditore
capitalistico crea con sé il tecnico
dell’industria, lo scienziato dell’economia
politica, l’organizzatore di una nuova cultura,
di un nuovo diritto, ecc. ecc. Occorre notare
il fatto che l’imprenditore rappresenta una
elaborazione sociale superiore, già
caratterizzata da una certa capacità
dirigente e tecnica (cioè intellettuale): egli
deve avere una certa capacità tecnica, oltre
che nella sfera circoscritta della sua attività e
della sua iniziativa, anche in altre sfere,
almeno in quelle più vicine alla produzione
economica (deve essere un organizzatore di
masse d’uomini, deve essere un
organizzatore della «fiducia» dei
risparmiatori nella sua azienda, dei
compratori della sua merce ecc.). Se non tutti
gli imprenditori, almeno una élite di essi
deve avere una capacità di organizzatore
della società in generale, in tutto il suo
complesso organismo di servizi, fino
all’organismo statale, per la necessità di
creare le condizioni più favorevoli
all’espansione della propria classe; o deve
possedere per lo meno la capacità di
scegliere i «commessi» (impiegati
specializzati) cui affidare questa attività
organizzatrice dei rapporti generali esterni
Anche i signori feudali erano detentori di una
particolare forma di capacità: quella militare,
ed è appunto dal momento in cui
l’aristocrazia perde il monopolio della
capacità tecnica militare che si inizia la crisi
del feudalismo.
2) Ma ogni gruppo sociale, emergendo alla
storia dalla struttura economica, trova o ha
trovato, nella storia almeno fino ad ora
svoltasi, delle categorie intellettuali
preesistenti, e che apparivano anzi come
rappresentanti una continuità storica
ininterrotta anche dai più complicati
mutamenti delle forme sociali e politiche. La
più tipica di queste categorie intellettuali è
quella degli ecclesiastici, monopolizzatori
per lungo tempo di alcuni servizi essenziali
(l’ideologia religiosa, la scuola e l’istruzione,
e in generale la «teoria», con riferimento alla
scienza, alla filosofia, alla morale, alla
giustizia ecc., oltre alla beneficenza e
all’assistenza ecc.), ma ce ne sono parecchie
altre che in regime feudale furono in parte,
almeno, equiparate giuridicamente
all’aristocrazia (il clero, in realtà, esercitava
la proprietà feudale della terra come i nobili
ed economicamente era equiparato ai nobili,
ma c’era per esempio, un’aristocrazia della
all’azienda. Si può osservare che gli
intellettuali «organici» che ogni nuova classe
crea con se stessa ed elabora nel suo sviluppo
progressivo, sono per lo più
«specializzazioni» di aspetti parziali
dell’attività primitiva del tipo sociale nuovo
che la nuova classe ha messo in luce. (Anche
i signori feudali erano detentori di una
particolare capacità tecnica, quella militare,
ed è appunto dal momento in cui
l’aristocrazia perde il monopolio della
capacità tecnico-militare che si inizia la crisi
del feudalismo. Ma la formazione degli
intellettuali nel mondo feudale e nel
precedente mondo classico è una quistione da
esaminare a parte: questa formazione ed
elaborazione segue vie e modi che occorre
studiare concretamente. Così è da notare che
la massa dei contadini, quantunque svolga
una funzione essenziale nel mondo della
produzione, non elabora proprii intellettuali
«organici» e non «assimila» [Nel ms:
«assimili»] nessun ceto di intellettuali
«tradizionali», quantunque dalla massa dei
contadini altri gruppi sociali tolgano molti
dei loro intellettuali e gran parte degli
intellettuali tradizionali siano di origine
contadina).
2) Ma ogni gruppo sociale «essenziale»
emergendo alla storia dalla precedente
struttura economica e come espressione di un
suo sviluppo (di questa struttura), ha trovato,
almeno nella storia finora svoltasi, categorie
sociali preesistenti e che anzi apparivano
come rappresentanti una continuità storica
ininterrotta anche dai più complicati e
radicali mutamenti delle forme sociali e
politiche. La più tipica di queste categorie
intellettuali è quella degli ecclesiastici,
monopolizzatori per lungo tempo (per
un’intera fase storica che anzi da questo
monopolio è in parte caratterizzata) di alcuni
servizi importanti: l’ideologia religiosa cioè
la filosofia e la scienza dell’epoca, con la
scuola, l’istruzione, la morale, la giustizia, la
beneficenza, l’assistenza ecc. La categoria
degli ecclesiastici può essere considerata
essere la categoria intellettuale
organicamente legata all’aristocrazia
fondiaria: era equiparata giuridicamente
toga, oltre a quella della spada, ecc.: nel
paragrafo precedente, agli economisti, nati
con gli imprenditori, occorre aggiungere i
tecnici industriali e gli scienziati «applicati»,
categoria intellettuale strettamenteNel ms
una variante interlincare: «organicamente».
connessa al gruppo sociale degli
imprenditori, ecc.), gli scienziati «teorici», i
filosofi non ecclesiastici, ecc. Siccome
queste categorie sentono con «spirito di
corpo» la continuità della loro qualifica
intellettuale (Croce si sente come legato ad
Aristotele più che ad Agnelli, ecc.) così
appare una certa loro autonomia dal gruppo
sociale dominante e il loro complesso può
apparire come un gruppo sociale
indipendente con propri caratteri, ecc.
all’aristocrazia, con cui divideva l’esercizio
della proprietà feudale della terra e l’uso dei
privilegi-statali legati alla proprietà. Ma il
monopolio delle superstrutture da parte degli
ecclesiastici (da esso è nata l’accezione
generale di «intellettuale» – o di
«specialista» – della parola «chierico», in
molte lingue di origine neolatina o
influenzate fortemente, attraverso il latino
chiesastico, dalle lingue neolatine, col suo
correlativo di «laico» nel senso di profano –
non specialista) non è stato esercitato senza
lotta e limitazioni, e quindi si è avuto il
nascere, in varie forme (da ricercare e
studiare concretamente) di altre categorie,
favorite e ingrandite dal rafforzarsi del potere
centrale del monarca, fino all’assolutismo.
Così si viene formando l’aristocrazia della
toga, con suoi propri privilegi; un ceto di
amministratori ecc., scienziati, teorici,
filosofi non ecclesiastici ecc.
Siccome queste varie categorie di intellettuali
tradizionali sentono con «spirito di corpo» la
loro ininterrotta continuità storica e la loro
«qualifica», così essi pongono se stessi come
autonomi e indipendenti dal gruppo sociale
dominante; questa auto-posizione non è
senza conseguenze nel campo ideologico e
politico, conseguenze di vasta portata (tutta
la filosofia idealista si può facilmente
connettere con questa posizione assunta dal
complesso sociale degli intellettuali e si può
definire l’espressione di questa utopia sociale
per cui gli intellettuali si credono
«indipendenti», autonomi, rivestiti di
caratteri loro proprii ecc. Da notare però
che se il papa e l’alta gerarchia della
Chiesa si credono più legati a Cristo e agli
apostoli di quanto non siano ai senatori
Agnelli e Benni, lo stesso non è per Gentile
e Croce, per esempio; il Croce,
specialmente, si sente legato fortemente ad
Aristotile e a Platone, ma egli non
nasconde, anzi, di essere legato ai senatori
Agnelli e Benni e in ciò appunto è da
ricercare il carattere più rilevato della
filosofia del Croce).
(Questa ricerca sulla storia degli intellettuali
non sarà di carattere «sociologico», ma darà
luogo a una serie di saggi di «storia della
Seconda quistione: quali sono i limiti
massimi dell’accezione di «intellettuale»? È
difficile trovare un criterio unico che
caratterizzi ugualmente tutte le disparate
attività intellettuali e nello stesso tempo le
distingua in modo essenziale dalle attività
degli altri raggruppamenti sociali. L’errore
metodico più diffuso mi pare quello di aver
cercato questa caratteristica essenziale
nell’intrinseco dell’attività intellettuale e non
invece nel sistema di rapporti in cui essa (o il
raggruppamento che la impersona) si viene a
trovare nel complesso generale dei rapporti
sociali. Invero: 1) L’operaio non è
specificamente caratterizzato dal lavoro
manuale o strumentale (a parte la
considerazione che non esiste lavoro
puramente fisico e che anche l’espressione
del Taylor di «gorilla ammaestrato» è una
metafora per indicare un limite in una certa
direzione: c’è, in qualsiasi lavoro fisico,
anche il più meccanico e degradato, un
minimo di qualifica tecnica, cioè un minimo
di attività intellettuale creatrice), ma da
questo lavoro in determinate condizioni e in
determinati rapporti sociali. 2) È stato già
notato che l’imprenditore, per la sua stessa
funzione, deve avere in una certa misura un
certo numero di qualifiche di carattere
intellettuale, sebbene la sua figura sociale sia
determinata non da esse ma dai rapporti
generali sociali che si caratterizzano dalla
posizione dell’imprenditore nell’industria.
cultura» (Kulturgeschichte) e di storia della
scienza politica. Tuttavia sarà difficile evitare
alcune forme schematiche e astratte che
ricordano quelle della «sociologia»:
occorrerà pertanto trovare la forma letteraria
più adatta perché l’esposizione sia
«non-sociologica». La prima parte della
ricerca potrebbe essere una critica metodica
delle opere già esistenti sugli intellettuali,
che quasi tutte sono di carattere sociologico.
Raccogliere la bibliografia sull’argomento è
pertanto indispensabile).
Quali sono i limiti «massimi» dell’accezione
di «intellettuale»? Si può trovare un criterio
unitario per caratterizzare ugualmente tutte le
diverse e disparate attività intellettuali e per
distinguere queste nello stesso tempo e in
modo essenziale dalle attività degli altri
raggruppamenti sociali? L’errore metodico
più diffuso mi pare quello di aver cercato
questo criterio di distinzione
nell’intrinseco delle attività intellettuali e
non invece nell’insieme del sistema di
rapporti in cui esse (e quindi i gruppi che
le impersonano) vengono a trovarsi nel
complesso generale dei rapporti sociali. E
invero l’operaio o proletario, per esempio,
non è specificamente caratterizzato dal
lavoro manuale o strumentale (a parte la
considerazione che non esiste lavoro
puramente fisico e che anche l’espressione
del Taylor di «gorilla ammaestrato» è una
metafora per indicare un limite in una certa
direzione: in qualsiasi lavoro fisico, anche il
più meccanico e degradato, esiste un minimo
di qualifica tecnica, cioè un minimo di
attività intellettuale creatrice), ma da questo
lavoro in determinate condizioni e in
determinati rapporti sociali. Ed è stato già
osservato che l’imprenditore, per la sua
stessa funzione, deve avere in una certa
misura un certo numero di qualifiche di
carattere intellettuale, sebbene la sua figura
sociale sia determinata non da esse ma dai
rapporti generali sociali che appunto
caratterizzano la posizione dell’imprenditore
nell’industria.
Tutti gli uomini sono intellettuali, si potrebbe
dire perciò; ma non tutti gli uomini hanno
nella società la funzione di intellettuali (così,
perché può capitare che ognuno in qualche
momento si frigga due uova o si cucisca uno
strappo della giacca, non si dirà che tutti
sono cuochi e sarti). Si formano così
storicamente delle categorie specializzate per
l’esercizio della funzione intellettuale, si
formano in connessione con tutti i gruppi
sociali ma specialmente in connessione coi
gruppi sociali più importanti e subiscono
elaborazioni più estese e complesse in
connessione col gruppo sociale dominante.
Una delle caratteristiche più rilevanti di ogni
gruppo che si sviluppa verso il dominio è la
sua lotta per l’assimilazione e la conquista
«ideologica» degli intellettuali tradizionali,
assimilazione e conquista che è tanto più
rapida ed efficace quanto più il gruppo dato
elabora simultaneamente i propri intellettuali
organici. L’enorme sviluppo preso
dall’attività e dall’organizzazione scolastica
(in senso largo) nelle società sorte dal mondo
medioevale indica quale importanza abbiano
assunto nel mondo moderno le categorie e le
funzioni intellettuali: come si è cercato di
approfondire e dilatare l’«intellettualità» di
ogni individuo, così si è anche cercato di
moltiplicare le specializzazioni e di affinarle.
Ciò risulta dalle istituzioni scolastiche di
diverso grado, fino agli organismi per
promuovere la così detta «alta cultura», in
ogni campo della scienza e della tecnica. (La
scuola è lo strumento per elaborare gli
intellettuali di vario grado. La complessità
della funzione intellettuale nei diversi Stati si
può misurare obbiettivamente dalla quantità
delle scuole specializzate e dalla loro
gerarchizzazione: quanto più estesa è
l’«area» scolastica e quanto più numerosi i
«gradi» «verticali» della scuola, tanto è più
complesso il mondo culturale, la civiltà, di
un determinato Stato. Si può avere un
termine di paragone nella sfera della tecnica
industriale: l’industrializzazione di un paese
si misura dalla sua attrezzatura nella
costruzione di macchine per costruire
macchine e nella fabbricazione di strumenti
sempre più precisi per costruire macchine e
strumenti per costruire macchine ecc. Il
paese che ha la migliore attrezzatura per
costruire strumenti per i gabinetti
Fatte queste distinzioni si può concludere per
ora: il rapporto tra gli intellettuali e la
produzione non è immediato, come avviene
per i gruppi sociali fondamentali, ma è
sperimentali degli scienziati e per costruire
strumenti per collaudare questi strumenti, si
può dire il più complesso nel campo
tecnico-industriale, il più civile ecc. Così è
nella preparazione degli intellettuali e nelle
scuole dedicate a questa preparazione: scuole
e istituti di alta cultura sono assimilabili).
(Anche in questo campo la quantità non può
scindersi dalla qualità. Alla più raffinata
specializzazione tecnico-culturale non può
non corrispondere la maggiore estensione
possibile della diffusione dell’istruzione
primaria e la maggiore sollecitudine per
favorire i gradi intermedi al più gran numero.
Naturalmente questa necessità di creare la
più larga base possibile per la selezione e
l’elaborazione delle più alte qualifiche
intellettuali – di dare cioè all’alta cultura e
alla tecnica superiore una struttura
democratica – non è senza inconvenienti: si
crea così la possibilità di vaste crisi di
disoccupazione degli strati medi intellettuali,
come avviene di fatto in tutte le società
moderne).
Da notare che l’elaborazione dei ceti
intellettuali nella realtà concreta non avviene
su un terreno democratico astratto, ma
secondo processi storici tradizionali molto
concreti. Si sono formati dei ceti che
tradizionalmente «producono» intellettuali e
sono quelli stessi che di solito sono
specializzati nel «risparmio», cioè la piccola
e media borghesia terriera e alcuni strati della
piccola e media borghesia cittadina. La
diversa distribuzione dei diversi tipi di scuole
(classiche e professionali) nel territorio
«economico» e le diverse aspirazioni delle
varie categorie di questi ceti determinano o
danno forma alla produzione dei diversi rami
di specializzazione intellettuale. Così in Italia
la borghesia rurale produce specialmente
funzionari statali e professionali liberi,
mentre la borghesia cittadina produce tecnici
per l’industria: e perciò l’Italia settentrionale
produce specialmente tecnici e l’Italia
meridionale specialmente funzionari e
professionisti.
Il rapporto tra gli intellettuali e il mondo
della produzione non è immediato, come
avviene per i gruppi sociali fondamentali, ma
mediato ed è mediato da due tipi di
organizzazione sociale: a) dalla società
civile, cioè dall’insieme di organizzazioni
private della società, b) dallo Stato. Gli
intellettuali hanno una funzione
nell’«egemonia» che il gruppo dominante
esercita in tutta la società e nel «dominio» su
di essa che si incarna nello Stato e questa
funzione è precisamente «organizzativa» o
connettiva: gli intellettuali hanno la funzione
di organizzare l’egemonia sociale di un
gruppo e il suo dominio statale, cioè il
consenso dato dal prestigio della funzione nel
mondo produttivo e l’apparato di coercizione
per quei gruppi che non «consentono» né
attivamente né passivamente o per quei
momenti di crisi di comando e di direzione in
cui il consenso spontaneo subisce una crisi.
Da quest’analisi risulta un’estensione molto
grande del concetto di intellettuali, ma solo
così mi pare sia possibile giungere ad una
approssimazione concreta della realtà.
La maggiore difficoltà ad accogliere questo
modo di impostare la quistione mi pare
venga da ciò: che la funzione organizzativa
è mediato, in diverso grado, da tutto il tessuto
sociale, dal complesso delle superstrutture, di
cui appunti gli intellettuali sono i
«funzionari». Si potrebbe misurare
l’«organicità» dei diversi strati
intellettuali, la loro più o meno stretta
connessione con un gruppo sociale
fondamentale, fissando una gradazione
delle funzioni e delle soprastrutture dal
basso in alto (dalla base strutturale in su).
Si possono, per ora, fissare due grandi
«piani» superstrutturali, quello che si può
chiamare della «società civile», cioè
dell’insieme di organismi volgarmente
detti «privati» e quello della «società
politica o Stato» e che corrispondono alla
funzione di «egemonia» che il gruppo
dominante esercita in tutta la società e a
quello di «dominio diretto» o di comando
che si esprime nello Stato e nel governo
«giuridico». Queste funzioni sono
precisamente organizzative e connettive.
Gli intellettuali sono i «commessi» del
gruppo dominante per l’esercizio delle
funzioni subalterne dell’egemonia sociale e
del governo politico, cioè: 1) del consenso
«spontaneo» dato dalle grandi masse della
popolazione all’indirizzo impresso alla vita
sociale dal gruppo fondamentale
dominante, consenso che nasce
«storicamente» dal prestigio (e quindi
dalla fiducia) derivante [Nel ms: «dalla».]
al gruppo dominante dalla sua posizione e
dalla sua funzione nel mondo della
produzione; 2) dell’apparato di
coercizione statale che assicura
«legalmente» la disciplina di quei gruppi
che non «consentono» né attivamente né
passivamente, ma è costituito per tutta la
società in previsione dei momenti di crisi
nel comando e nella direzione in cui il
consenso spontaneo vien meno. Questa
impostazione del problema dà come
risultato un’estensione molto grande del
concetto di intellettuale, ma solo così è
possibile giungere a una approssimazione
concreta della realtà. Questo modo di
impostare la questione urta contro
preconcetti di casta: è vero che la stessa
funzione organizzativa dell’egemonia sociale
dell’egemonia sociale e del dominio statale
ha vari gradi e che tra questi gradi ce ne sono
di quelli puramente manuali e strumentali, di
ordine e non di concetto, di agente e non di
funzionario o di ufficiale, ecc., ma
evidentemente nulla impedisce di fare questa
distinzione (infermieri e medici in un
ospedale, sacristi-bidelli e preti in una chiesa,
bidelli e professori in una scuola, ecc. ecc.).
Dal punto di vista intrinseco, l’attività
intellettuale può essere distinta in gradi, che
nei momenti di estrema opposizione danno
una vera e propria differenza qualitativa: nel
più alto gradino troviamo i «creatori» delle
varie scienze, della filosofia, della poesia
ecc.; nel più basso i più umili
«amministratori e divulgatori» della
ricchezza intellettuale tradizionale, ma
nell’insieme tutte le parti si sentono solidali.
Avviene anzi che gli strati più bassi sentano
di più questa solidarietà di corpo e ne
traggano una certa «boria» che spesso li
espone ai frizzi e ai motteggi.
È da notare che nel mondo moderno, la
categoria degli intellettuali, così intesa, si è
ampliata in misura inaudita.
La formazione di massa ha standardizzato gli
individui e come qualifica tecnica e come
e del dominio statale dà luogo a una certa
divisione del lavoro e quindi a tutta una
gradazione di qualifiche, in alcune delle quali
non appare più alcuna attribuzione direttiva
e organizzativa: nell’apparato di direzione
sociale e statale esiste tutta una serie di
impieghi di carattere manuale e strumentale
(di ordine e non di concetto, di agente e non
di ufficiale o funzionario ecc.), ma
evidentemente occorre fare questa
distinzione, come occorrerà farne anche
qualche altra. Infatti l’attività intellettuale
deve essere distinta in gradi anche dal punto
di vista intrinseco, gradi che nei momenti di
estrema opposizione danno una vera e
propria differenza qualitativa: nel più alto
gradino saranno da porre i creatori delle varie
scienze, della filosofia, dell’arte, ecc.; nel più
basso i più umili «amministratori» e
divulgatori della ricchezza intellettuale già
esistente, tradizionale, accumulata.
L’organismo militare, anche in questo caso,
offre un modello di queste complesse
graduazioni: ufficiali subalterni, ufficiali
superiori, Stato maggiore; e non bisogna
dimenticare i graduati di truppa, la cui
importanza reale è superiore a quanto di
solito si pensi. È interessante notare che tutte
queste parti si sentono solidali e anzi che gli
strati inferiori manifestano un più
appariscente spirito di corpo e traggono da
esso una «boria» che spesso li espone ai
frizzi e ai motteggi.
Nel mondo moderno, la categoria degli
intellettuali, così intesa, si è ampliata in
modo inaudito. Sono state elaborate dal
sistema sociale democratico-burocratico
masse imponenti, non tutte giustificate dalle
necessità sociali della produzione, anche se
giustificate dalle necessità politiche del
gruppo fondamentale dominante. Quindi la
concezione loriana del «lavoratore»
improduttivo (ma improduttivo per
riferimento a chi e a quale modo di
produzione?), che potrebbe in parte
giustificarsi se si tiene conto che queste
masse sfruttano la loro posizione per farsi
assegnare taglie ingenti sul reddito nazionale.
La formazione di massa ha standardizzato gli
individui e come qualifica individuale e
come psicologia, determinando gli stessi
fenomeni che in tutte le altre masse
standardizzate: concorrenza che pone la
necessità dell’organizzazione professionale
di difesa, disoccupazione, superproduzione
scolastica, emigrazione ecc.
Diversa posizione degli intellettuali di tipo Diversa posizione degli intellettuali di tipo
urbano e di tipo rurale. Gli intellettuali di urbano e di tipo rurale. Gli intellettuali di
tipo urbano sono concresciuti con l’industria
tipo urbano sono piuttosto legati
all’industria; essi hanno la stessa funzione e sono legati alle sue fortune. La loro
funzione può essere paragonata a quella degli
che gli ufficiali subalterni nell’esercito:
mettono in rapporto l’imprenditore con la ufficiali subalterni nell’esercito: non hanno
nessuna iniziativa autonoma nel costruire i
massa strumentale, rendono esecutivo il
piani di costruzione; mettono in rapporto,
piano di produzione stabilito dallo stato
articolandola, la massa strumentale con
maggiore dell’industria. Gli intellettuali
l’imprenditore, elaborano l’esecuzione
urbani sono molto standardizzati nella
immediata del piano di produzione stabilito
loro media generale, mentre gli alti
dallo stato maggiore dell’industria,
intellettuali si confondono sempre più col
controllandone le fasi lavorative elementari.
vero e proprio stato maggiore «organico»
Nella loro media generale gli intellettuali
dell’alta classe industriale.
urbani sono molto standardizzati; gli alti
intellettuali urbani si confondono sempre più
col vero e proprio stato maggiore industriale.
Gli intellettuali di tipo rurale sono in gran
Gli intellettuali di tipo rurale mettono a
parte «tradizionali», cioè legati alla massa
contatto la massa contadina con
sociale campagnola e piccolo borghese, di
l’amministrazione statale o locale (avvocati,
città (specialmente dei centri minori), non
notai, ecc.) e per questa stessa funzione
ancora elaborata e messa in movimento dal
hanno una maggiore importanza politica:
sistema capitalistico: questo tipo di
questa mediazione professionale infatti è
intellettuale mette a contatto la massa
difficilmente scindibile dalla mediazione
contadina con l’amministrazione statale o
politica. Inoltre: nella campagna
locale (avvocati, notai ecc.) e per questa
l’intellettuale (prete, avvocato, maestro,
stessa funzione ha una grande funzione
notaio, medico, ecc.) rappresenta per il
politico-sociale, perché la mediazione
medio contadino un modello sociale
professionale è difficilmente scindibile dalla
nell’aspirazione a uscire dalla propria
situazione per migliorare. Il contadino pensa mediazione politica. Inoltre: nella campagna
l’intellettuale (prete, avvocato, maestro,
sempre che almeno un suo figlio potrebbe
notaio, medico ecc.) ha un medio tenore di
diventare intellettuale (specialmente prete),
vita superiore o almeno diverso da quello del
cioè diventare un signore, elevando il grado
medio contadino e perciò rappresenta per
sociale della famiglia e facilitandone la vita
economica con le aderenze che non potrà non questo un modello sociale nell’aspirazione a
avere tra gli altri signori. L’atteggiamento del uscire dalla sua condizione e a migliorarla. Il
contadino verso l’intellettuale è duplice: egli contadino pensa sempre che almeno un suo
ammira la posizione sociale dell’intellettuale figliolo potrebbe diventare intellettuale
e in generale del dipendente statale, ma finge (specialmente prete), cioè diventare un
signore, elevando il grado sociale della
talvolta di disprezzarla, cioè la sua
famiglia e facilitandone la vita economica
ammirazione istintiva è intrisa da elementi
con le aderenze che non potrà non avere tra
d’invidia e di rabbia appassionata.
Non si comprende nulla dei contadini se non gli altri signori. L’atteggiamento del
contadino verso l’intellettuale è duplice e
si considera questa loro subordinazione
psicologia, determinando gli stessi fenomeni
che in tutte le altre masse standardizzate:
concorrenza individuale che pone la
necessità dell’organizzazione professionale
di difesa, disoccupazione, ecc.
pare contradditorio: egli ammira la posizione
sociale dell’intellettuale e in generale
dell’impiegato statale, ma finge talvolta di
disprezzarla, cioè la sua ammirazione è
intrisa istintivamente da elementi di invidia e
di rabbia appassionata. Non si comprende
nulla della vita collettiva dei contadini e dei
germi e fermenti di sviluppo che vi esistono
se non si prende in considerazione, non si
studia in concreto e non si approfondisce,
questa subordinazione effettiva agli
intellettuali: ogni sviluppo organico delle
masse contadine, fino a un certo punto, è
legato ai movimenti degli intellettuali e ne
dipende.
Altro è il caso per gli intellettuali urbani: i
Altro è il caso per gli intellettuali urbani; i
tecnici di fabbrica non esplicano nessuna
tecnici di fabbrica non esercitano nessun
funzione politica sulle loro masse
influsso politico sulle masse strumentali, o
strumentali, o almeno è questa una fase già
almeno è questa una fase già oltrepassata;
superata; talvolta avviene proprio il
talvolta avviene proprio il contrario, che le
contrario, che le masse strumentali, almeno
masse strumentali, almeno attraverso i loro
attraverso i loro propri intellettuali organici,
propri intellettuali organici, esercitano un
esercitano un influsso politico sui tecnici.
influsso sui tecnici.
Il punto centrale della quistione rimane però Il punto centrale della quistione rimane la
la distinzione tra intellettuali come categoria distinzione tra intellettuali, categoria
organica di ogni gruppo sociale e intellettuali organica di ogni gruppo sociale
fondamentale e intellettuali, come categoria
come categoria tradizionale, distinzione da
cui scaturisce tutta una serie di problemi e di tradizionale; distinzione da cui scaturisce
tutta una serie di problemi e di possibili
possibili ricerche storiche. Il problema più
ricerche storiche. Il problema più interessante
interessante è quello che riguarda l’analisi
è quello che riguarda, se considerato da
del partito politico da questo punto di vista.
questo punto di vista, il partito politico
Cosa diventa il partito politico in ordine al
moderno, le sue origini reali, i suoi sviluppi,
problema degli intellettuali? Esso mi pare
le sue forme. Cosa diventa il partito politico
possa dirsi appunto il meccanismo che nella
in ordine al problema degli intellettuali?
società civile compie la stessa funzione che
Occorre fare alcune distinzioni: 1) per alcuni
compie lo Stato in misura maggiore nella
gruppi sociali il partito politico è niente altro
società politica, cioè procura la saldatura tra
che il modo proprio di elaborare la propria
intellettuali organici di un gruppo sociale e
categoria di intellettuali organici, che si
intellettuali tradizionali, funzione che può
formano così e non possono non formarsi,
compiere in dipendenza della sua funzione
dati i caratteri generali e le condizioni di
fondamentale di elevare i membri
«economici» di un gruppo sociale alla qualità formazione, di vita e di sviluppo del gruppo
sociale dato, direttamente nel campo politico
di «intellettuali politici», cioè di
e filosofico e non già nel campo della tecnica
organizzatori di tutte le funzioni inerenti
all’organico sviluppo di una società integrale, produttiva (nel campo della tecnica
civile e politica. Si può dire anzi che nel suo produttiva si formano quegli strati che si può
dire corrispondono ai «graduati di truppa»
ambito il partito politico compie la sua
funzione molto più organicamente di quanto nell’esercito, cioè gli operai qualificati e
specializzati in città e in modo più complesso
lo Stato compia la sua nel suo ambito più
vasto: un intellettuale che entra a far parte del i mezzadri [Nel ms: «coi mezzadri».] e
effettiva agli intellettuali e non si comprende
che ogni sviluppo delle masse contadine fino
a un certo punto è legato ai movimenti degli
intellettuali e ne dipende.
partito politico di un determinato gruppo
sociale, si confonde con gli intellettuali
organici di tal gruppo, si lega strettamente a
quel gruppo, ciò che non avviene attraverso
la partecipazione alla vita statale che
mediocremente e talvolta affatto. Avviene
anzi che molti intellettuali pensino di esser
loro lo Stato, credenza che data la massa
imponente della categoria talvolta ha
conseguenze notevoli e porta a delle
complicazioni spiacevoli per il gruppo
sociale economico che realmente è lo Stato.
Che tutti i membri di un partito politico
debbano essere considerati come intellettuali:
ecco un’affermazione che può prestarsi allo
scherzo; pure, se si riflette, niente di più
esatto. Sarà da fare distinzione di gradi, un
partito potrà avere maggiore o minore
composizione del grado più alto o del grado
più basso; non è ciò che importa: importa la
funzione che è educativa e direttiva, cioè
intellettuale. Un commerciante non entra a
far parte di un partito politico per fare del
commercio, né un industriale per produrre di
più e meglio, né un contadino per apprendere
nuovi metodi di coltivar la terra, anche se
qualche aspetto di queste esigenze del
commerciante, dell’industriale, del contadino
possono trovare soddisfazione nel partito
politico (l’opinione generale contraddice a
ciò, affermando che il commerciante,
l’industriale, il contadino «politicanti»
perdono invece di guadagnare, ciò che può
essere discusso). Per questi scopi, entro certi
limiti, esiste il sindacato professionale, in cui
la funzione economico-corporativa del
commerciante, dell’industriale, del contadino
trova il suo quadro più adatto. Nel partito
politico gli elementi di un gruppo sociale
economico superano questo momento del
loro sviluppo storico e diventano agenti di
attività generali, di carattere nazionale e
internazionale (cfr la nota «Rapporti tra
struttura e superstruttura» a p. 67). Questa
funzione del partito politico dovrebbe
apparire molto più chiara da un’analisi
storica concreta del come si sono sviluppate
le categorie organiche degli intellettuali e gli
intellettuali tradizionali sia nel terreno dei
vari sviluppi nazionali, sia in quello dello
coloni in campagna, poiché il mezzadro e il
colono in generale corrisponde piuttosto al
tipo artigiano, che è l’operaio qualificato di
una economia medioevale); 2) il partito
politico, per tutti i gruppi, è appunto il
meccanismo che nella società civile compie
la stessa funzione che compie lo Stato in
misura più vasta e più sinteticamente, nella
società politica, cioè procura la saldatura tra
intellettuali organici di un dato gruppo,
quello dominante, e intellettuali tradizionali,
e questa funzione il partito compie appunto
in dipendenza della sua funzione
fondamentale che è quella di elaborare i
proprii componenti, elementi di un gruppo
sociale nato e sviluppatosi come
«economico», fino a farli diventare
intellettuali politici qualificati, dirigenti,
organizzatori di tutte le attività e le funzioni
inerenti all’organico sviluppo di una società
integrale, civile e politica. Si può dire anzi
che nel suo ambito il partito politico compia
la sua funzione molto più compiutamente e
organicamente di quanto lo Stato compia la
sua in ambito più vasto: un intellettuale che
entra a far parte del partito politico di un
determinato gruppo sociale, si confonde con
gli intellettuali organici del gruppo stesso, si
lega strettamente al gruppo, ciò che non
avviene attraverso la partecipazione alla vita
statale che mediocremente e talvolta affatto.
Anzi avviene che molti intellettuali pensino
di essere lo Stato, credenza, che, data la
massa imponente della categoria, ha talvolta
conseguenze notevoli e porta a complicazioni
spiacevoli per il gruppo fondamentale
economico che realmente è lo Stato.
Che tutti i membri di un partito politico
debbano essere considerati come intellettuali,
ecco un’affermazione che può prestarsi allo
scherzo e alla caricatura; pure, se si riflette,
niente di più esatto. Sarà da fare distinzione
di gradi, un partito potrà avere una maggiore
o minore composizione del grado più alto o
di quello più basso, non è ciò che importa:
importa la funzione che è direttiva e
organizzativa, cioè educativa, cioè
intellettuale. Un commerciante non entra a
far parte di un partito politico per fare del
commercio, né un industriale per produrre di
sviluppo dei vari gruppi sociali più
importanti nel quadro delle varie nazioni,
specialmente di quei gruppi sociali la cui
attività economica è stata prevalentemente
strumentale. La formazione degli intellettuali
tradizionali è il problema storico più
interessante. Esso è certamente legato alla
schiavitù del mondo classico e alla situazione
dei liberti di origine greca e orientale
nell’organizzazione sociale dell’Impero
romano. Questo distacco non solo sociale ma
nazionale, di razza, tra masse notevoli di
intellettuali e la classe dominante
nell’Impero Romano si riproduce dopo la
caduta di Roma tra guerrieri germanici e
intellettuali di origine latina continuatori dei
liberti-intellettuali. Si intreccia con questo
fenomeno il nascere e lo svilupparsi del
cattolicismo e dell’organizzazione
ecclesiastica che per molti secoli assorbe la
maggior parte delle attività intellettuali ed
esercita il monopolio della direzione
intellettuale, con sanzioni penali per chi
vuole opporsi o anche eludere questo
monopolio.
A questo fenomeno si collega l’altro della
funzione cosmopolita degli intellettuali
italiani, su cui (ci sono) molte note scritte
sparsamente nei diversi quaderni.
Nello sviluppo degli intellettuali europei si
osservano molte differenze tra nazione e
nazione; ne accennerò le più notevoli, che
dovranno essere approfondite (d’altronde
tutte le affermazioni contenute in questa nota
devono essere considerate semplicemente
come spunti e motivi per la memoria, che
occorrono di essere controllati e
approfonditi)
1) Per l’Italia il fatto centrale è appunto la
più e a costi diminuiti, né un contadino per
apprendere nuovi metodi di coltivare la terra,
anche se alcuni aspetti di queste esigenze del
commerciante, dell’industriale, del contadino
possono trovare soddisfazione nel partito
politico (l’opinione generale contraddice a
ciò, affermando che il commerciante,
l’industriale, il contadino «politicanti»
perdono invece di guadagnare, e sono i
peggiori della loro categoria, ciò che può
essere discusso). Per questi scopi, entro certi
limiti, esiste il sindacato professionale in cui
l’attività economico-corporativa del
commerciante, dell’industriale, del
contadino, trova il suo quadro più adatto. Nel
partito politico gli elementi di un gruppo
sociale economico superano questo momento
del loro sviluppo storico e diventano agenti
di attività generali, di carattere nazionale e
internazionale. Questa funzione del partito
politico dovrebbe apparire molto più chiara
da un’analisi storica concreta del come si
sono sviluppate le categorie organiche degli
intellettuali e quelle tradizionali sia nel
terreno delle varie storie nazionali sia in
quello dello sviluppo dei vari gruppi sociali
più importanti nel quadro delle diverse
nazioni, specialmente di quei gruppi la cui
attività economica è stata prevalentemente
strumentale.
La formazione degli intellettuali tradizionali
è il problema storico più interessante. Esso è
certamente legato alla schiavitù del mondo
classico e alla posizione dei liberti di origine
greca e orientale nell’organizzazione sociale
dell’Impero romano. Questo distacco non
solo sociale ma nazionale, di razza, tra masse
notevoli di intellettuali e la classe dominante
dell’Impero romano si riproduce dopo la
caduta dell’Impero tra guerrieri germanici e
intellettuali di origine romanizzati,
continuatori della categoria dei liberti. Si
intreccia con questi fenomeni il nascere e lo
svilupparsi del cattolicismo e
dell’organizzazione ecclesiastica che per
molti secoli assorbe la maggior parte delle
attività intellettuali ed esercita il monopolio
della direzione culturale, con sanzioni penali
per chi vuole opporsi o anche eludere il
monopolio. In Italia si verifica il fenomeno,
funzione internazionale o cosmopolita dei
suoi intellettuali che è causa ed effetto dello
stato di disgregazione in cui rimane la
penisola dalla caduta dell’Impero romano
fino al 1870.
2) La Francia dà un tipo compiuto di
sviluppo armonico di tutte le energie
nazionali e specialmente delle categorie
intellettuali: quando nel 1789 un nuovo
raggruppamento sociale affiora politicamente
alla storia, esso è completamente attrezzato
per tutte le sue funzioni sociali e perciò lotta
per il dominio totale della nazione, senza
venire a compromessi essenziali con le
vecchie classi, anzi subordinandosele. Le
prime cellule intellettuali del nuovo tipo
nascono con le prime cellule economiche; la
stessa organizzazione ecclesiastica ne è
influenzata (gallicanismo, lotte tra Chiesa e
Stato molto precoci). Questa massiccia
costituzione intellettuale spiega la funzione
intellettuale della Francia nella seconda metà
del secolo XVIII e in tutto il secolo XIX,
funzione internazionale e cosmopolita di
irradiazione e di espansione a carattere
imperialistico organico, quindi ben diversa
da quella italiana, a carattere immigratorio
personale e disgregato che non refluisce sulla
base nazionale per potenziarla ma invece per
renderla impossibile.
3) In Russia diversi spunti: l’organizzazione
politica commerciale è creata dai Normanni
(Varieghi), quella religiosa dai greci
bizantini; in un secondo tempo i tedeschi e i
francesi danno uno scheletro resistente alla
gelatina storica russa. Le forze nazionali
sono passive, ma forse per questa stessa
più o meno intenso secondo i tempi, della
funzione cosmopolita degli intellettuali della
penisola. Accennerò le differenze che saltano
subito agli occhi nello sviluppo degli
intellettuali in tutta una serie di paesi, almeno
le più notevoli, con l’avvertenza che queste
osservazioni dovranno essere controllate e
approfondite (d’altronde, tutte queste note
devono essere considerate semplicemente
come spunti e motivi per la memoria, che
devono essere controllati e approfonditi):
Per l’Italia il fatto centrale è appunto la
funzione internazionale e cosmopolita dei
suoi intellettuali che è causa ed effetto dello
stato di disgregazione in cui rimane la
penisola dalla caduta dell’Impero Romano al
1870.
La Francia dà un tipo compiuto di sviluppo
armonico di tutte le energie nazionali e
specialmente delle categorie intellettuali;
quando nel 1789 un nuovo raggruppamento
sociale affiora politicamente alla storia, esso
è completamente attrezzato per tutte le sue
funzioni sociali e perciò lotta per il dominio
totale della nazione, senza venire a
compromessi essenziali con le vecchie classi,
ma invece subordinandole ai propri fini. Le
prime cellule intellettuali del nuovo tipo
nascono con le prime cellule economiche: la
stessa organizzazione ecclesiastica ne è
influenzata (gallicanismo, lotte molto precoci
tra Chiesa e Stato). Questa massiccia
costruzione intellettuale spiega la funzione
della cultura francese nei secoli XVIII e XIX,
funzione di irradiazione internazionale e
cosmopolita e di espansione a carattere
imperialistico ed egemonico in modo
organico, quindi ben diversa da quella
italiana, a carattere immigratorio personale e
disgregato, che non refluisce sulla base
nazionale per potenziarla ma invece concorre
a rendere impossibile il costituirsi di una
salda base nazionale.
In Russia diversi spunti: l’organizzazione
politica ed economico-commerciale è creata
dai Normanni (Varieghi), quella religiosa dai
greci bizantini; in un secondo tempo i
tedeschi e i francesi portano l’esperienza
europea in Russia e danno un primo scheletro
consistente alla gelatina storica russa. Le
passività assimilano le influenze straniere e
anche gli stessi stranieri, russificandoli. Nel
periodo storico più
moderno avviene il fenomeno inverso: una
élite di gente tra la più attiva, intraprendente
e disciplinata emigra all’estero, assimila la
cultura dei paesi più progrediti
dell’occidente, senza perciò perdere i
caratteri più essenziali della propria
nazionalità, senza cioè rompere i legami
sentimentali e storici del proprio popolo e
fatto così il suo garzonato intellettuale,
rientra nel paese, costringendo il popolo a un
forzato risveglio. La differenza tra questa
élite e quella tedesca (di Pietro il grande per
esempio) consiste nel suo carattere essenziale
nazionale-popolare: essa non può essere
assimilata dalla passività russa, perché essa
stessa è una energica reazione russa alla
propria passività storica. In un altro terreno e
in ben diverse condizioni di tempo e di
spazio, questo fenomeno russo può essere
paragonato alla nascita della nazione
americana (Stati Uniti): gli immigrati
anglosassoni in America sono anch’essi
un’élite intellettuale, ma specialmente
morale. Si vuol parlare naturalmente dei
primi immigrati, dei pionieri, protagonisti
delle lotte religiose inglesi, sconfitti, ma non
umiliati né depressi. Essi importano in
America, con se stessi, oltre l’energia morale
e volitiva, un certo grado di civiltà, una certa
fase dell’evoluzione storica europea, che
trapiantata nel suolo vergine americano e
avendo tali agenti, continua a sviluppare le
forze implicite nella sua natura, ma con un
ritmo incomparabilmente più rapido che
nella vecchia Europa, dove esistono tutta una
serie di freni (morali e intellettuali,
incorporati in determinati gruppi della
popolazione) che si oppongono a un
altrettanto rapido processo ed equilibrano
nella mediocrità ogni iniziativa, diluendola
nel tempo e nello spazio.
4) In Inghilterra lo sviluppo è molto diverso
che in Francia. Il nuovo raggruppamento
sociale, nato sulla base dell’industrialismo
moderno, ha un sorprendente sviluppo
economico-corporativo, ma procede a tastoni
nel campo intellettuale-politico. Molto
forze nazionali sono inerti, passive e
ricettive, ma forse appunto perciò assimilano
completamente le influenze straniere e gli
stessi stranieri, russificandoli. Nel periodo
storico più recente avviene il fenomeno
inverso: una élite di persone tra le più attive,
energiche, intraprendenti e disciplinate,
emigra all’estero, assimila la cultura e le
esperienze storiche dei paesi più progrediti
dell’Occidente, senza perciò perdere i
caratteri più essenziali della propria
nazionalità, senza cioè rompere i legami
sentimentali e storici col proprio popolo;
fatto così il suo garzonato intellettuale,
rientra nel paese, costringendo il popolo ad
un forzato risveglio, ad una marcia in avanti
accelerata, bruciando le tappe. La differenza
tra questa élite e quella tedesca importata (da
Pietro il Grande, per esempio) consiste nel
suo carattere essenziale nazionale-popolare:
non può essere assimilata dalla passività
inerte del popolo russo, perché è essa stessa
una energica reazione russa alla propria
inerzia storica.
In un altro terreno e in ben diverse condizioni
di tempo e di luogo, questo fenomeno russo
può essere paragonato alla nascita della
nazione americana (Stati Uniti): gl’immigrati
anglosassoni sono anch’essi un’élite
intellettuale, ma specialmente morale. Si
vuol parlare naturalmente dei primi
immigrati, dei pionieri, protagonisti delle
lotte religiose e politiche inglesi, sconfitti,
ma non umiliati né depressi nella loro patria
d’origine. Essi importano in America, con se
stessi, oltre l’energia morale e volitiva, un
certo grado di civiltà, una certa fase
dell’evoluzione storica europea, che
trapiantata nel suolo vergine americano da
tali agenti, continua a sviluppare le forze
implicite nella sua natura ma con un ritmo
incomparabilmente più rapido che nella
vecchia Europa, dove esiste tutta una serie di
freni (morali intellettuali politici economici,
incorporati in determinati gruppi della
popolazione, reliquie dei passati regimi che
non vogliono sparire) che si oppongono a un
processo celere ed equilibrano nella
mediocrità ogni iniziativa, diluendola nel
tempo e nello spazio.
numerosi sono gli intellettuali organici, nati
cioè nello stesso terreno industriale col
raggruppamento economico, ma nella fase
più elevata di sviluppo troviamo conservata
la posizione di quasi monopolio della vecchia
classe terriera, che perde la sua supremazia
economica, ma conserva a lungo la sua
supremazia politico-intellettuale e viene
assimilata come strato dirigente del nuovo
raggruppamento al potere. Cioè: la vecchia
aristocrazia terriera si unisce agli industriali
con un tipo di sutura simile a quello con cui
alla classe dominante si uniscono gli
«intellettuali tradizionali» in altri paesi.
5) Il fenomeno inglese si presenta anche in
Germania aggravato per la complicazione di
altri fenomeni. Anche la Germania, come
l’Italia, è stata la sede di una istituzione e di
una ideologia universalistica, supernazionale
(Sacro Romano Impero della Nazione
tedesca) ed ha dato una certa quantità di
personale alla cosmopoli medioevale,
depauperando le proprie energie nazionali,
che hanno mantenuto a lungo la
disgregazione territoriale del Medio Evo. Lo
sviluppo industriale è avvenuto sotto un
involucro semifeudale durato fino al
novembre 1918 e i latifondisti Junker alleati
alla piccola borghesia hanno mantenuto una
supremazia politico-intellettuale ben
maggiore di quella dello stesso gruppo
inglese. Essi sono stati gli intellettuali
tradizionali degli industriali tedeschi, ma con
speciali privilegi e con una forte coscienza di
raggruppamento indipendente data dal fatto
che detenevano un notevole potere
economico sulla terra «produttiva» più che in
Inghilterra. Gli Junker prussiani
rassomigliano a una casta sacerdotale, che
svolge un’attività essenzialmente
intellettuale, ma nello stesso tempo ha una
base economica propria e non dipende dalla
liberalità del gruppo dominante. Del resto è
facile pensare che la diversa situazione della
nobiltà inglese e di quella prussiana si
sarebbero equiparate con l’andar del tempo,
nonostante il fatto che in Germania la
potenza militare territoriale e non solo
marittima come in Inghilterra desse agli
Junker una base organizzativa favorevole alla
In Inghilterra lo sviluppo è molto diverso che
in Francia. Il nuovo raggruppamento sociale
nato sulla base dell’industrialismo moderno,
ha un sorprendente sviluppo
economico-corporativo, ma procede a tastoni
nel campo intellettuale-politico. Molto vasta
la categoria degli intellettuali organici, nati
cioè sullo stesso terreno industriale col
gruppo economico, ma nella sfera più elevata
troviamo conservata la posizione di quasi
monopolio della vecchia classe terriera, che
perde la supremazia economica ma conserva
a lungo una supremazia politico-intellettuale
e viene assimilata come «intellettuali
tradizionali» e strato dirigente dal nuovo
gruppo al potere. La vecchia aristocrazia
terriera si unisce agli industriali con un tipo
di sutura che in altri paesi è appunto quello
che unisce gli intellettuali tradizionali alle
nuove classi dominanti.
Il fenomeno inglese si è presentato anche in
Germania complicato da altri elementi storici
e tradizionali. La Germania, come l’Italia, è
stata la sede di una istituzione e di una
ideologia universalistica, supernazionale
(Sacro Romano Impero della Nazione
tedesca) e ha dato una certa quantità di
personale alla cosmopoli medioevale,
depauperando le proprie energie interne e
suscitando lotte che distoglievano dai
problemi di organizzazione nazionale e
mantenevano la disgregazione territoriale del
Medio Evo. Lo sviluppo industriale è
avvenuto sotto un involucro semifeudale
durato fino al novembre 1918 e gli junker
hanno mantenuto una supremazia
politico-intellettuale ben maggiore di quella
dello stesso gruppo inglese. Essi sono stati
gli intellettuali tradizionali degli industriali
tedeschi, ma con speciali privilegi e con una
forte coscienza di essere un gruppo sociale
indipendente, basata sul fatto che detenevano
un notevole potere economico sulla terra,
«produttiva» più che in Inghilterra. Gli
junker prussiani rassomigliano a una casta
sacerdotale-militare, che ha un quasi
monopolio delle funzioni
direttive-organizzative nella società politica,
ma ha nello stesso tempo una base
economica propria e non dipende
conservazione del loro monopolio politico.
Fuori d’Europa sarebbero da esaminare e
studiare altre manifestazioni originali dello
sviluppo delle categorie intellettuali. Negli
Stati Uniti è da notare l’assenza degli
intellettuali tradizionali e quindi il diverso
equilibrio degli intellettuali in generale;
formazione massiccia sulla base industriale
di tutte le superstrutture moderne. La
necessità di un equilibrio non è data dal fatto
che occorra fondere gli intellettuali organici
con quelli tradizionali che come categoria
non esistono, ma dal fatto che occorre
fondere in un unico crogiolo nazionale tipi di
culture diverse portati dagli immigrati di
varie origini nazionali. La mancanza degli
intellettuali tradizionali spiega in parte da
una parte il fatto dell’esistenza di due soli
partiti, che si potrebbero poi ridurre
facilmente a uno solo (cfr con la Francia non
solo del dopoguerra, quando la
moltiplicazione dei partiti è diventata
fenomeno generale) e invece all’opposto la
moltiplicazione illimitata delle Chiese (mi
pare che sono catalogate 213 sette
protestanti; confronta con la Francia e con le
lotte accanite sostenute per mantenere l’unità
religiosa e morale del popolo francese). Sugli
intellettuali americani si trovano varie note
sparse nei vari quaderni.
Una manifestazione interessante è ancora da
studiare in America ed è la formazione di un
sorprendente numero di intellettuali negri che
assorbono la cultura e la tecnica americana.
Si può pensare all’influsso indiretto che
questi intellettuali negri americani possono
esercitare sulle masse arretrate dell’Africa e a
quello diretto se si verificasse una di queste
ipotesi: 1) che l’espansionismo americano si
serva come di suoi agenti dei negri
d’America per conquistare i mercati africani
(qualcosa di questo genere è già avvenuto,
ma ignoro in qual misura); 2) che le lotte di
razza in America si inaspriscano in tal misura
da determinare l’esodo e il ritorno in Africa
degli elementi negri intellettuali più
spiritualmente indipendenti e attivi e quindi
meno facili ad assoggettarsi a una possibile
legislazione ancora più umiliante del
costume attualmente diffuso. Si pone la
esclusivamente dalla liberalità del gruppo
economico dominante. Inoltre, a differenza
dei nobili terrieri inglesi, gli junker
costituivano l’ufficialità di un grande esercito
stanziale, ciò che dava loro dei quadri
organizzativi solidi, favorevoli alla
conservazione dello spirito di corpo e del
monopolio politico (nel libro Parlamento e
governo nel nuovo ordinamento della
Germania di Max Weber si possono trovare
molti elementi per vedere come il monopolio
politico dei nobili abbia impedito
l’elaborazione di un personale politico
borghese vasto e sperimentato e sia alla base
delle continue crisi parlamentari e della
disgregazione dei partiti liberali e
democratici; quindi l’importanza del Centro
Cattolico e della Socialdemocrazia, che nel
periodo imperiale riuscirono a elaborare un
proprio strato parlamentare e direttivo
abbastanza notevole).
Negli Stati Uniti è da notare l’assenza, in una
certa misura, degli intellettuali tradizionali e
quindi il diverso equilibrio degli intellettuali
in generale. Si è avuta una formazione
massiccia sulla base industriale di tutte le
superstrutture moderne. La necessità di un
equilibrio non è data dal fatto che occorre
fondere gli intellettuali organici con quelli
tradizionali che non esistono come categoria
cristallizzata e misoneista, ma dal fatto che
occorre fondere in un unico crogiolo
nazionale di cultura unitaria tipi di culture
diverse portati dagli immigrati di varie
origini nazionali. La mancanza di una vasta
sedimentazione di intellettuali tradizionali,
come si è verificata nei paesi di antica civiltà,
spiega in parte, sia l’esistenza di due soli
grandi partiti politici, che si potrebbero in
realtà facilmente ridurre a uno solo (cfr con
la Francia non solo del dopoguerra, quando
la moltiplicazione dei partiti è diventata
fenomeno generale) e all’opposto la
moltiplicazione illimitata delle sette religiose
(mi pare ne siano state catalogate più di 200;
cfr con la Francia e con le lotte accanite
sostenute per mantenere l’unità religiosa e
morale del popolo francese).
Una manifestazione interessante è ancora da
studiare negli Stati Uniti ed è il formarsi di
quistione: 1) della lingua, poiché i negri
d’America sono inglesi di lingua e d’altronde
in Africa c’è un pulviscolo di dialetti; 2) se il
sentimento nazionale può sostituire quello di
razza, innalzando il continente africano alla
funzione di patria comune di tutti i negri
(sarebbe il primo caso di un continente intero
considerato unica nazione). I negri
d’America mi pare debbano avere uno spirito
di razza e nazionale più negativo che
positivo, creato cioè dalla lotta che i bianchi
fanno per isolarli e deprimerli; ma non fu
questo il caso degli ebrei fino a tutto il 700?
La Liberia già americanizzata e con lingua
ufficiale inglese potrebbe diventare la Sion
dei negri americani, con la tendenza a
diventare tutta l’Africa, a essere il Piemonte
dell’Africa.
Nell’America meridionale e centrale mi pare
che la quistione degli intellettuali sia da
esaminare tenendo conto di queste condizioni
fondamentali: anche nell’America
meridionale e centrale non esiste lacategoria
degli intellettuali tradizionali, ma la cosa non
si presenta negli stessi termini che negli Stati
Uniti. Infatti troviamo alla base dello
sviluppo di questi paesi la civiltà spagnola e
portoghese del 500 e del 600 caratterizzata
dalla Controriforma e dal militarismo. Le
cristallizzazioni più resistenti ancora oggi in
questa parte dell’America sono il clero e
l’esercito anche oggi, due categorie
intellettuali che in parte continuano la
tradizione delle madri patrie europee. Inoltre
la base industriale è molto ristretta e non ha
sviluppato superstrutture complicate: la
maggior quantità di intellettuali è di tipo
rurale e poiché domina il latifondo, con
estese proprietà ecclesiastiche, questi
intellettuali sono legati al clero e ai grandi
proprietari. Il problema si complica per le
masse notevoli di pellirosse che in alcuni
paesi sono la maggioranza della popolazione.
Si può dire in generale che nell’America
meridionale e centrale esiste ancora una
situazione da Kulturkampf e da processo
Dreyfus, cioè una situazione in cui
l’elemento laico e civile non ha superato la
fase della subordinazione alla politica laica
del clero e della casta militare. Così avviene
un numero sorprendente di intellettuali negri,
che assorbono la cultura e la tecnica
americana. Si può pensare all’influsso
indiretto che questi intellettuali negri
possono esercitare sulle masse arretrate
dell’Africa e a quello diretto se si verificasse
una di queste ipotesi: 1) che l’espansionismo
americano si serva come di suoi agenti dei
negri nazionali per conquistare i mercati
africani e estendervi il proprio tipo di civiltà
(qualcosa di simile è già avvenuto, ma ignoro
in qual misura); 2) che le lotte per
l’unificazione del popolo americano si
inaspriscano in tal misura da determinare
l’esodo dei negri e il ritorno in Africa degli
elementi intellettuali più indipendenti ed
energici e quindi meno propensi ad
assoggettarsi a una possibile legislazione
ancora più umiliante del costume attualmente
diffuso. Nascerebbero due quistioni
fondamentali: 1) della lingua, cioè l’inglese
potrebbe diventare la lingua colta dell’Africa,
unificatrice dell’esistente pulviscolo di
dialetti? 2) se questo strato intellettuale possa
avere la capacità assimilatrice e
organizzatrice in tal misura da far diventare
«nazionale» l’attuale primitivo sentimento di
razza disprezzata, innalzando il continente
africano al mito e alla funzione di patria
comune di tutti i negri. Mi pare che, per ora, i
negri d’America debbano avere uno spirito di
razza e nazionale più negativo che positivo,
suscitato cioè dalla lotta che i bianchi
conducono per isolarli e deprimerli: ma non è
stato questo il caso degli ebrei fino a tutto il
1700? La Liberia già americanizzata e con
lingua ufficiale inglese potrebbe diventare la
Sion dei negri americani, con la tendenza a
porsi come il Piemonte africano.
Nell’America meridionale e centrale la
quistione degli intellettuali mi pare sia da
esaminare tenendo conto di queste condizioni
fondamentali: anche nell’America
meridionale e centrale non esiste una vasta
categoria di intellettuali tradizionali, ma la
cosa non si presenta negli stessi termini degli
Stati Uniti. Troviamo infatti alla base dello
sviluppo di questi paesi i quadri della civiltà
spagnola e portoghese del 500 e del 600,
caratterizzata dalla Controriforma e dal
che in contrapposto all’influenza dei gesuiti
abbia molta importanza la Massoneria e i tipi
di organizzazione culturale come la «Chiesa
positivista». Gli avvenimenti di questi ultimi
tempi (scrivo nel novembre 1930), dal
Kulturkampf messicano di Calles ai
movimenti militari-popolari in Argentina, nel
Brasile, nel Perù, in Bolivia dimostrano
appunto la verità di queste affermazioni.
Sugli intellettuali dell’America meridionale
ci sono note sparse nei vari quaderni.
Un altro tipo di manifestazione dello
sviluppo degli intellettuali si può trovare in
India, in Cina e nel Giappone. Non che sia da
confondere l’India e la Cina col Giappone. Il
Giappone si avvicina al tipo di sviluppo
inglese e tedesco, cioè di una civiltà
industriale che si sviluppa entro l’involucro
semifeudale, ma, a quanto mi pare, più al
tipo inglese che a quello tedesco. In Cina c’è
il problema della scrittura, espressione della
completa separazione degli intellettuali dal
popolo. In India e in Cina si presenta il
fenomeno della enorme distanza tra la
religione del popolo e quella del clero e degli
intellettuali, anch’essa legata al distacco tra
intellettuali e popolo. Questo fatto delle
diverse credenze e del modo diverso di
concepire e praticare la stessa religione tra i
diversi strati della società ma specialmente
tra clero e popolo dei fedeli dovrebbe essere
studiato in generale, sebbene nei paesi
dell’Asia abbia le manifestazioni più
estreme. Credo che nei paesi protestanti la
differenza sia relativamente piccola. È molto
notevole nei paesi cattolici, ma presenta
gradi diversi: meno grande nella Germania
cattolica e in Francia, più grande in Italia,
specialmente meridionale e insulare,
grandissima nella penisola iberica e nei paesi
dell’America latina. Il fenomeno aumenta di
portata nei paesi ortodossi ove bisogna
parlare di tre gradi della stessa religione:
quella dell’alto clero e dei monaci, quella del
clero secolare e quella del popolo; e diventa
catastrofico nell’Asia orientale (non nel
Giappone) in cui la religione del popolo non
ha nulla a che vedere spesso con quella dei
libri, sebbene alle due si dia lo stesso nome.
Altri numerosi aspetti ha il problema degli
militarismo parassitario. Le cristallizzazioni
resistenti ancora oggi in questi paesi sono il
clero e una casta militare, due categorie di
intellettuali tradizionali fossilizzate nella
forma della madre patria europea. La base
industriale è molto ristretta e non ha
sviluppato soprastrutture complicate: la
maggior quantità di intellettuali è di tipo
rurale e poiché domina il latifondo, con
estese proprietà ecclesiastiche, questi
intellettuali sono legati al clero e ai grandi
proprietari. La composizione nazionale è
molto squilibrata anche fra i bianchi, ma si
complica per le masse notevoli di indii che in
alcuni paesi sono la maggioranza della
popolazione. Si può dire in generale che in
queste regioni americane esiste ancora una
situazione da Kulturkampf e da processo
Dreyfus, cioè una situazione in cui
l’elemento laico e borghese non ha ancora
raggiunto la fase della subordinazione alla
politica laica dello Stato moderno degli
interessi e dell’influenza clericale e
militaresca. Avviene così che per
opposizione al gesuitismo abbia ancora molta
influenza la Massoneria e il tipo di
organizzazione culturale come la «Chiesa
positivista». Gli avvenimenti di questi ultimi
tempi (novembre 1930), dal Kulturkampf di
Calles nel Messico alle insurrezioni
militari-popolari in Argentina, nel Brasile,
nel Perù, nel Cile, in Bolivia, dimostrano
appunto la esattezza di queste osservazioni.
Altri tipi di formazione delle categorie
intellettuali e dei loro rapporti con le forze
nazionali si possono trovare in India, in Cina,
nel Giappone. Nel Giappone abbiamo una
formazione del tipo inglese e tedesco, cioè di
una civiltà industriale che si sviluppa entro
un involucro feudale-burocratico con
caratteri propri inconfondibili.
In Cina c’è il fenomeno della scrittura,
espressione della completa separazione degli
intellettuali dal popolo. In India e in Cina
l’enorme distanza tra gli intellettuali e il
popolo si manifesta poi nel campo religioso.
Il problema delle diverse credenze e del
modo diverso di concepire e praticare la
stessa religione tra i diversi strati della
società ma specialmente tra clero e
intellettuali, oltre quelli accennati nelle
pagine precedenti. Occorrerà farne un
prospetto organico, sistemato e ragionato.
Attività di carattere prevalentemente
intellettuale; istituzioni legate all’attività
culturale; metodi e problemi di metodo del
lavoro intellettuale, creativo e divulgativo;
riviste e giornali come organizzazioni di
divulgazione intellettuale; accademie e
circoli vari come istituzioni di elaborazione
collegiale della vita culturale. Su molti di
questi motivi ho scritto sparsamente delle
note nei vari quaderni sotto diverse rubriche,
specialmente sotto quella di «Riviste tipo».
Si può osservare in generale che nella civiltà
moderna tutte le attività pratiche sono
diventate così complesse e che le scienze si
sono talmente intrecciate alla vita che ogni
attività tende a creare una scuola per i propri
specialisti e quindi a creare un gruppo di
specialisti intellettuali che insegnino in
queste scuole. Così accanto al tipo di scuola
che si potrebbe chiamare «umanistica»,
perché rivolta a sviluppare in ogni individuo
umano la cultura generale ancora
indifferenziata, la potenza fondamentale di
pensare e di sapersi dirigere nella vita, si sta
creando tutto un sistema di scuole
specializzate di vario grado, per intere
branche professionali o per professioni già
specializzate e indicate con precisa
individuazione. Si può anzi dire che la crisi
scolastica che oggi imperversa è appunto
legata al fatto che questo processo di
differenziazione avviene caoticamente, senza
un piano bene studiato, senza principii chiari
e precisi: la crisi del programma scolastico,
cioè dell’indirizzo generale formativo, è in
gran parte una complicazione della crisi più
generale. La divisione fondamentale della
scuola media in professionale e classica era
uno schema razionale: la scuola
professionale per le classi strumentali, la
scuola classica per le classi dominanti e
intellettuali. Ma lo sviluppo della base
industriale sia urbana che agricola tendeva a
dare incremento al nuovo tipo di intellettuale
urbano e allora ci fu una scissione della
scuola in classica e tecnica (professionale ma
non manuale), ciò che mise in discussione il
intellettuali e popolo dovrebbe essere
studiato in generale, perché si manifesta da
per tutto in una certa misura, sebbene nei
paesi dell’Asia orientale abbia le
manifestazioni più estreme. Nei paesi
protestanti la differenza è relativamente
piccola (la moltiplicazione delle sette è legata
all’esigenza di una sutura completa tra
intellettuali e popolo, ciò che riproduce nella
sfera dell’organizzazione superiore tutte le
scabrosità della concezione reale delle masse
popolari). È molto notevole nei paesi
cattolici, ma con gradi diversi: meno grande
nella Germania cattolica e in Francia, più
grande in Italia, specialmente nel
Mezzogiorno e nelle Isole; grandissima nella
penisola iberica e nei paesi dell’America
latina. Il fenomeno aumenta di portata nei
paesi ortodossi ove bisogna parlare di tre
gradi della stessa religione: quello dell’alto
clero e dei monaci, quello del clero secolare
e quello del popolo. Diventa assurdo
nell’Asia orientale, dove la religione del
popolo spesso non ha nulla a che fare con
quella dei libri, sebbene alle due si dia lo
stesso nome.
Aspetti diversi della quistione degli
intellettuali, oltre quelli sopra accennati.
Occorre farne un prospetto organico,
sistematico e ragionato. Registro delle
attività di carattere prevalentemente
intellettuale. Istituzioni legate all’attività
culturale. Metodo e problemi di metodo del
lavoro intellettuale e culturale, sia creativo
che divulgativo. Scuola, accademia, circoli di
diverso tipo come istituzioni di elaborazione
collegiale della vita culturale. Riviste e
giornali come mezzi per organizzare e
diffondere determinati tipi di cultura.
Si può osservare in generale che nella civiltà
moderna tutte le attività pratiche sono
diventate così complesse e le scienze si sono
talmente intrecciate alla vita che ogni attività
pratica tende a creare una scuola per i propri
dirigenti e specialisti e quindi a creare un
gruppo di intellettuali specialisti di grado più
elevato, che insegnino in queste scuole. Così
accanto al tipo di scuola che si potrebbe
chiamare «umanistica», ed è quello
tradizionale più antico, e che era rivolta a
principio stesso dell’indirizzo di cultura
generale, dell’indirizzo umanistico, della
cultura generale basata sulla tradizione
classica. Questo indirizzo una volta messo in
discussione può dirsi spacciato, poiché la sua
capacità formativa era in gran parte basata
sul prestigio generale di una forma di civiltà.
Oggi la tendenza è di abolire ogni tipo di
scuola «disinteressata» (cioè non
immediatamente interessata) e «formativa» o
di lasciarne solo un esemplare ridotto per una
piccola élite di ricchi e di signorine che non
devono pensare a prepararsi un avvenire e di
diffondere sempre più le scuole specializzate
professionali in cui il destino dell’allievo e la
sua futura attività sono predeterminati.
La crisi avrà certamente una soluzione che
razionalmente dovrebbe avere questa linea:
scuola unica iniziale di cultura generale,
umanistica, con giusto contemperamento
dello sviluppo della potenza di operare
manualmente (tecnicamente,
industrialmente) e della potenza di pensare,
di operare intellettualmente. Da questo tipo
di scuola unica, attraverso l’orientamento
professionale, si passerà a una delle scuole
specializzate professionali (in senso largo)
ecc.
In ogni modo occorre tener presente il
principio che ogni attività pratica tende a
crearsi una scuola particolare, così come ogni
attività intellettuale tende a crearsi un
«circolo di cultura» proprio; avverrà che
anche ogni organismo direttivo dovrà
scindere la sua operosità in due direzioni
fondamentali: quella deliberativa che è la sua
essenziale, e quella culturale-informativa in
cui le quistioni su cui occorre discutere
saranno prima discusse «accademicamente»
per così dire. Il fatto avviene anche oggi, ma
in maniera burocratica: ogni corpo
deliberante ha i suoi uffici specializzati di
periti che preparano il materiale delle
discussioni e delle deliberazioni. È questo
uno dei meccanismi attraverso cui la
burocrazia finisce col dominare nei regimi
democratici parlamentari. Mi pare appunto
che si porrà la quistione di incorporare nei
corpi deliberanti e direttivi stessi la capacità
tecnica presupposta per la competenza.
sviluppare in ogni individuo umano la cultura
generale ancora indifferenziata, la potenza
fondamentale di pensare e di sapersi dirigere
nella vita, si è andato creando tutto un
sistema di scuole particolari di vario grado,
per intere branche professionali o per
professioni già specializzate e indicate con
precisa individuazione. Si può anzi dire che
la crisi scolastica che oggi imperversa è
appunto legata al fatto che questo processo di
differenziazione e particolarizzazione
avviene caoticamente, senza principii chiari e
precisi, senza un piano bene studiato e
consapevolmente fissato: la crisi del
programma e dell’organizzazione scolastica,
cioè dell’indirizzo generale di una politica di
formazione dei moderni quadri intellettuali, è
in gran parte un aspetto e una complicazione
della crisi organica più comprensiva e
generale. La divisione fondamentale della
scuola in classica e professionale era uno
schema razionale: la scuola professionale per
le classi strumentali, quella classica per le
classi dominanti e per gli intellettuali. Lo
sviluppo della base industriale sia in città che
in campagna aveva un crescente bisogno del
nuovo tipo di intellettuale urbano: si sviluppò
accanto alla scuola classica quella tecnica
(professionale ma non manuale), ciò che
mise in discussione il principio stesso
dell’indirizzo concreto di cultura generale,
dell’indirizzo umanistico della cultura
generale fondata sulla tradizione
greco-romana. Questo indirizzo, una volta
messo in discussione, può dirsi spacciato,
perché la sua capacità formativa era in gran
parte basata sul prestigio generale e
tradizionalmente indiscusso, di una
determinata forma di civiltà.
Oggi la tendenza è di abolire ogni tipo di
scuola «disinteressata» (non immediatamente
interessata) e «formativa» o di lasciarne solo
un esemplare ridotto per una piccola élite di
signori e di donne che non devono pensare a
prepararsi un avvenire professionale e di
diffondere sempre più le scuole professionali
specializzate in cui il destino dell’allievo e la
sua futura attività sono predeterminate. La
crisi avrà una soluzione che razionalmente
dovrebbe seguire questa linea: scuola unica
A questo proposito vedere quanto ho scritto
in una nota della rubrica «Riviste tipo»: in
attesa che si formi un gruppo di intellettuali
abbastanza preparati per essere in grado di
produrre una regolare attività libraria
(s’intende di libri organici e non di
pubblicazioni d’occasione o di raccolte di
articoli) e come mezzo per accelerare questa
formazione, intorno alle riviste tipo dovrebbe
costituirsi un circolo di cultura, che
collegialmente criticasse ed elaborasse i
lavori dei singoli, distribuiti secondo un
piano e riguardanti quistioni di principio
(programmatiche). I lavori, nella
elaborazione definitiva, cioè dopo aver subito
la critica e la revisione collegiale, dopo aver
raggiunto una estrinsecazione su cui
l’opinione collegiale sia fondamentalmente
concorde, dovrebbero essere raccolti
nell’Annuario a cui accennai nella nota.
Attraverso la discussione e la critica
collegiale (fatta di suggerimenti, di consigli,
di indicazioni metodiche, critica costruttiva e
rivolta alla educazione reciproca) si
innalzerebbe il livello medio dei membri del
circolo, fino a raggiungere l’altezza e la
capacità del più preparato. Dopo i primi
lavori sarebbe possibile all’ufficio di
presidenza o di segreteria avere dei criteri e
delle indicazioni sui lavori ulteriori da
assegnare e sulla loro distribuzione organica,
in modo da indurre i singoli a specializzarsi e
a crearsi le condizioni di specializzazione:
schedari, spogli bibliografici, raccolte delle
opere fondamentali specializzate, ecc. Il
metodo di lavoro dovrebbe essere molto
severo e rigoroso: nessuna improvvisazione e
declamazione. I lavori, scritti e distribuiti
preventivamente a tutti i soci del circolo,
dovrebbero essere criticati per iscritto, in
note stringate, che elencassero le
manchevolezze, i suggerimenti, i punti
necessari di chiarimento, ecc. Si potrebbe
introdurre un principio fecondo di lavoro:
ogni membro del circolo incaricato di un
certo lavoro potrebbe scegliere tra gli altri un
consigliere guida che lo indirizzi e lo aiuti
con arte «maieutica», cioè che non si
sostituisca a lui ma solo lo aiuti a lavorare e a
sviluppare in sé una disciplina di lavoro, un
iniziale di cultura generale, umanistica,
formativa, che contemperi giustamente lo
sviluppo della capacità di lavorare
manualmente (tecnicamente,
industrialmente) e lo sviluppo delle capacità
del lavoro intellettuale. Da questo tipo di
scuola unica, attraverso esperienze ripetute di
orientamento professionale, si passerà a una
delle scuole specializzate o al lavoro
produttivo.
È da tener presente la tendenza in isviluppo
per cui ogni attività pratica tende a crearsi
una sua scuola specializzata, così come ogni
attività intellettuale tende a crearsi propri
circoli di cultura, che assumono la funzione
di istituzioni postscolastiche specializzate
nell’organizzare le condizioni in cui sia
possibile tenersi al corrente dei progressi che
si verificano nel proprio ramo scientifico. Si
può anche osservare che sempre più gli
organi deliberanti tendono a distinguere la
loro attività in due aspetti «organici», quella
deliberativa che è loro essenziale e quella
tecnico-culturale per cui le quistioni su cui
occorre prendere risoluzioni sono prima
esaminate da esperti ed analizzate
scientificamente. Questa attività ha creato già
tutto un corpo burocratico di una nuova
struttura, poiché oltre agli uffici specializzati
di competenti che preparano il materiale
tecnico per i corpi deliberanti, si crea un
secondo corpo di funzionati, più o meno
«volontari» e disinteressati, scelti volta a
volta nell’industria, nella banca, nella
finanza. È questo uno dei meccanismi
attraverso cui la burocrazia di carriera aveva
finito col controllare i regimi democratici e i
parlamenti; ora il meccanismo si va
estendendo organicamente ed assorbe nel suo
circolo i grandi specialisti dell’attività pratica
privata, che così controlla e regimi e
burocrazia. Poiché si tratta di uno sviluppo
organico necessario che tende a integrare il
personale specializzato nella tecnica politica
con personale specializzato nelle quistioni
concrete di amministrazione delle attività
pratiche essenziali delle grandi e complesse
società nazionali moderne, ogni tentativo di
esorcizzare queste tendenze dall’esterno, non
produce altro risultato che prediche
metodo di produzione, che lo «taylorizzi»
intellettualmente, per così dire.
moralistiche e gemiti retorici. Si pone la
quistione di modificare la preparazione del
personale tecnico politico, integrando la sua
cultura secondo le nuove necessità e di
elaborare nuovi tipi di funzionari
specializzati che collegialmente integrino
l’attività deliberante. Il tipo tradizionale del
«dirigente» politico, preparato solo per le
attività giuridico-formali, diventa
anacronistico e rappresenta un pericolo per la
vita statale: il dirigente deve avere quel
minimo di coltura generale tecnica che gli
permetta, se non di «creare» autonomamente
la soluzione giusta, di saper giudicare tra le
soluzioni prospettate dagli esperti e scegliere
quindi quella giusta dal punto di vista
«sintetico» della tecnica politica. Un tipo di
collegio deliberante che cerca di incorporarsi
la competenza tecnica necessaria per operare
realisticamente è stato descritto in altro
luogo, dove si parla di ciò che avviene in
certe redazioni di riviste, che funzionano
nello stesso tempo come redazioni e come
circoli di coltura. Il circolo critica
collegialmente e contribuisce così ad
elaborare i lavori dei singoli redattori, la cui
operosità è organizzata secondo un piano e
una divisione del lavoro razionalmente
predisposta. Attraverso la discussione e la
critica collegiale (fatta di suggerimenti,
consigli, indicazioni metodiche, critica
costruttiva e rivolta alla educazione
reciproca) per cui ognuno funziona da
specialista nella sua materia per integrare la
competenza collettiva, in realtà si riesce ad
elevare il livello medio dei singoli redattori, a
raggiungere l’altezza o la capacità del più
preparato, assicurando alla rivista una
collaborazione sempre più scelta ed organica,
non solo, ma creando le condizioni per il
sorgere di un gruppo omogeneo di
intellettuali preparato a produrre una regolare
e metodica attività «libraria» (non solo di
pubblicazioni d’occasione e di saggi parziali,
ma di lavori organici di insieme).
Indubbiamente, in questa specie di attività
collettive, ogni lavoro produce nuove
capacità e possibilità di lavoro, poiché crea
sempre più organiche condizioni di lavoro:
schedari, spogli bibliografici, raccolta di
opere fondamentali specializzate ecc. Si
domanda una lotta rigorosa contro le
abitudini al dilettantismo,
all’improvvisazione, alle soluzioni «oratorie»
e declamatorie. Il lavoro deve essere fatto
specialmente per iscritto, così come per
iscritto devono essere le critiche, in note
stringate e succinte, ciò che si può ottenere
distribuendo a tempo il materiale ecc.; lo
scrivere le note e le critiche è principio
didattico reso necessario dal bisogno di
combattere le abitudini alla prolissità, alla
declamazione e al paralogismo create
dall’oratoria. Questo tipo di lavoro
intellettuale è necessario per fare acquistare
agli autodidatti la disciplina degli studi che
procura una carriera scolastica regolare, per
taylorizzare il lavoro intellettuale. Così è
utile il principio degli «anziani di Santa Zita»
di cui parla il De Sanctis nei suoi ricordi
sulla scuola napoletana di Basilio Puoti: cioè
è utile una certa «stratificazione» delle
capacità ed attitudini e la formazione di
gruppi di lavoro sotto la guida dei più esperti
e sviluppati, che accelerino la preparazione
dei più arretrati e grezzi.
Un punto importante nello studio
Q4, 50. La scuola unitaria. Un punto
dell’organizzazione pratica della scuola
importante nello studio dell’organizzazione
unitaria è quello riguardante la carriera
pratica della scuola unitaria è la fissazione
scolastica nei suoi vari gradi conformi all’età
della carriera scolastica nei suoi vari gradi
e allo sviluppo intellettuale-morale degli
secondo l’età e la maturità
allievi e ai fini che la scuola stessa vuole
intellettuale-morale dei giovani e secondo i
raggiungere. La scuola unitaria o di
fini che la scuola vuol raggiungere.
formazione umanistica (inteso questo termine
La scuola unitaria o di cultura generale
di umanismo in senso largo e non solo nel
«umanistica» (intesa in senso largo e non
senso tradizionale) o di cultura generale,
solo nel senso tradizionale) dovrebbe
dovrebbe proporsi di immettere nell’attività
proporsi di immettere nella vita attiva i
giovani con una certa autonomia intellettuale, sociale i giovani dopo averli portati a un
certo grado di maturità e capacità alla
cioè con un certo grado di capacità alla
creazione intellettuale e pratica e di
creazione intellettuale e pratica, di
autonomia nell’orientamento e
orientamento indipendente. La fissazione
nell’iniziativa. La fissazione dell’età
dell’età scolastica obbligatoria varia col
variare delle condizioni economiche generali scolastica obbligatoria dipende dalle
da cui dipendono due conseguenze secondo il condizioni economiche generali, poiché
nostro punto di vista della scuola unitaria: 1) queste possono costringere a domandare ai
giovani e ai ragazzi un certo apporto
la necessità di far lavorare i giovani per
produttivo immediato. La scuola unitaria
averne subito un certo apporto produttivo
domanda che lo Stato possa assumersi le
immediato; 2) la disponibilità finanziaria
spese che oggi sono a carico della famiglia
statale da dedicare all’educazione pubblica
per il mantenimento degli scolari, cioè
che dovrebbe essere di una certa grandezza
per l’estensione che la scuola assumerebbe
come edifizi, come materiale didattico in
senso largo, come corpo di insegnanti; il
corpo degli insegnanti specialmente
crescerebbe di molto, perché la efficienza
della scuola è tanto maggiore e rapida quanto
più è piccolo il rapporto tra allievi e maestri,
ma ciò pone il problema della formazione di
un tal corpo, non certo di facile e rapida
soluzione. Anche la quistione degli edifizi
non è semplice, perché questo tipo di scuola,
proponendosi anche la rapidità, deve essere
una scuola-collegio, con dormitori, refettori,
biblioteche specializzate, sale adatte per il
lavoro di seminario ecc. Si può dire che
inizialmente il nuovo tipo di scuola dovrà e
non potrà non essere di élites di giovani scelti
per concorso o indicati sotto la loro
responsabilità dalle istituzioni private idonee.
Prendendo come tipo di riferimento la attuale
scuola classica: 1) elementari, 2) ginnasio, 3)
liceo, 4) università con le specializzazioni
professionali, teoretiche o pratiche si può
dire che la scuola unitaria comprenderebbe i
primi tre gradi riorganizzati,
non solo per il contenuto e il metodo
dell’insegnamento, ma anche per la
disposizione della carriera scolastica. Le
elementari dovrebbero essere di tre-quattro
anni e insegnare dogmaticamente (sempre in
modo relativo) i primi elementi della nuova
concezione del mondo, lottando contro la
concezione del mondo data dall’ambiente
tradizionale (folklore in tutta la sua
estensione) oltre a dare, s’intende, gli
strumenti primordiali della cultura: leggere,
scrivere, far di conto, nozioni di geografia,
storia, diritti e doveri (cioè prime nozioni
sullo Stato e la società). Il ginnasio potrebbe
essere ridotto a quattro anni e il liceo a due,
in modo che un bambino che è entrato in
iscuola a sei anni potrebbe a quindici-sedici
aver percorso tutta la scuola unitaria. A chi
può obbiettare che un tale corso scolastico è
troppo faticoso per la sua rapidità se si
vogliono raggiungere gli stessi risultati
dell’attuale organizzazione della scuola
classica, si può rispondere che il complesso
della nuova organizzazione contiene in sé gli
elementi generali per cui già oggi per un
trasforma il bilancio del dicastero
dell’educazione nazionale da cima a fondo,
estendendolo in modo inaudito e
complicandolo: la intera funzione
dell’educazione e formazione delle nuove
generazioni diventa da privata, pubblica,
poiché solo così essa può coinvolgere tutte le
generazioni senza divisioni di gruppi o caste.
Ma questa trasformazione dell’attività
scolastica domanda un allargamento inaudito
dell’organizzazione pratica della scuola, cioè
degli edifizi, del materiale scientifico, del
corpo insegnante ecc. Il corpo insegnante
specialmente dovrebbe essere aumentato,
perché la efficenza della scuola è tanto
maggiore e intensa quanto più piccolo è il
rapporto tra maestro e allievi, ciò che
prospetta altri problemi non di facile e rapida
soluzione. Anche la quistione degli edifizi
non è semplice, perché questo tipo di scuola
dovrebbe essere una scuola-collegio, con
dormitori, refettori, biblioteche specializzate,
sale adatte per il lavoro di seminario ecc.
Perciò inizialmente il nuovo tipo di scuola
dovrà e non potrà non essere che propria di
gruppi ristretti, di giovani scelti per concorso
o indicati sotto la loro responsabilità da
istituzioni idonee. La scuola unitaria
dovrebbe corrispondere al periodo
rappresentato oggi dalle elementari e dalle
medie, riorganizzate non solo per il
contenuto e il metodo di insegnamento, ma
anche per la disposizione dei vari gradi della
carriera scolastica. Il primo grado elementare
non dovrebbe essere di più che 3-4 anni e
accanto all’insegnamento delle prime nozioni
«strumentali» dell’istruzione – leggere,
scrivere, far di conto, geografia, storia –
dovrebbe specialmente svolgere la parte che
oggi è trascurata dei «diritti e doveri», cioè le
prime nozioni dello Stato e della società,
come elementi primordiali di una nuova
concezione del mondo che entra in lotta
contro le concezioni date dai diversi ambienti
sociali tradizionali, cioè le concezioni che si
possono chiamare folcloristiche. Il problema
didattico da risolvere è quello di temperare e
fecondare l’indirizzo dogmatico che non può
non essere proprio di questi primi anni. Il
resto del corso non dovrebbe durare più di sei
certo numero di allievi l’attuale
organizzazione è invece troppo lenta. Quali
sono questi elementi? In una serie di famiglie
specialmente delle classi intellettuali, i
ragazzi trovano nella vita famigliare una
continuazione e una integrazione della vita
scolastica, apprendono come si dice
«nell’aria» tutta una quantità di nozioni e di
attitudini che facilitano la carriera scolastica
propriamente detta; inoltre essi cominciano
ad apprendere qualche anno prima dell’inizio
delle elementari la lingua letteraria, cioè un
mezzo di espressione e di pensiero superiore
a quello della media della popolazione
scolastica dai sei ai dieci anni. Così c’è una
differenza tra gli allievi della città e quelli
della campagna: per il solo fatto di vivere in
città un bambino da uno a sei anni assorbe
tutta una quantità di nozioni e di attitudini
che rendono più facile, più proficua e più
rapida la carriera scolastica.
Nell’organizzazione della scuola unitaria
devono esistere almeno le principali di queste
condizioni. Intanto è da supporre che durante
il suo sviluppo si sviluppino parallelamente
gli asili infantili, istituzioni in cui anche sotto
i sei anni i bambini si abituano a una certa
disciplina collettiva ed acquistano nozioni ed
attitudini prescolastiche. Lo stesso avverrà
successivamente, se la scuola porterà con sé
la vita di collegio diurna e notturna, liberata
dalle attuali forme di disciplina ipocrita e
meccanica e con l’assistenza agli allievi non
solo in classe, ma anche nelle ore di studio
individuale, con la partecipazione a questa
assistenza dei migliori allievi, ecc.
Il problema fondamentale si pone in quella
fase dell’attuale carriera scolastica che oggi è
rappresentata dal liceo, e che oggi non si
differenzia per nulla, come tipo
d’insegnamento, dalle classi precedenti, altro
che per la supposizione di una maggiore
maturità intellettuale e morale dell’allievo
come un portato della maggiore età e
dell’esperienza accumulata precedentemente.
Di fatto però tra liceo e università c’è un
salto, una vera soluzione di continuità, non
un passaggio normale dalla quantità (età) alla
qualità (maturità intellettuale e morale).
Dall’insegnamento quasi puramente ricettivo
anni, in modo che a 15-16 anni si dovrebbe
poter compiere tutti i gradi della scuola
unitaria. Si può obbiettare che un tale corso è
troppo faticoso per la sua rapidità, se si
vogliono raggiungere effettivamente i
risultati che l’attuale organizzazione della
scuola classica si propone ma non raggiunge.
Si può dire però che il complesso della nuova
organizzazione dovrà contenere in se stessa
gli elementi generali per cui oggi, per una
parte degli allievi almeno, il corso è invece
troppo lento. Quali sono questi elementi? In
una serie di famiglie, specialmente dei ceti
intellettuali, i ragazzi trovano nella vita
famigliare una preparazione, un
prolungamento e un’integrazione della vita
scolastica, assorbono, come si dice,
dall’«aria» tutta una quantità di nozioni e di
attitudini che facilitano la carriera scolastica
propriamente detta: essi conoscono già e
sviluppano la conoscenza della lingua
letteraria, cioè il mezzo di espressione e di
conoscenza, tecnicamente superiore ai mezzi
posseduti dalla media della popolazione
scolastica dai 6 ai 12 anni. Così gli allievi
della città, per il solo fatto di vivere in città,
hanno assorbito già prima dei 6 anni una
quantità di nozioni e di attitudini che rendono
più facile, più proficua e più rapida la
carriera scolastica. Nell’organizzazione
intima della scuola unitaria devono essere
create almeno le principali di queste
condizioni, oltre al fatto, che è da supporre,
che parallelamente alla scuola unitaria si
sviluppi una rete di asili d’infanzia e altre
istituzioni in cui, anche prima dell’età
scolastica, i bambini siano abituati a una
certa disciplina collettiva ed acquistino
nozioni e attitudini prescolastiche. Infatti, la
scuola unitaria dovrebbe essere organizzata
come collegio, con vita collettiva diurna e
notturna, liberata dalle attuali forme di
disciplina ipocrita e meccanica, e lo studio
dovrebbe essere fatto collettivamente, con
l’assistenza dei maestri e dei migliori allievi,
anche nelle ore di applicazione così detta
individuale ecc.
Il problema fondamentale si pone per quella
fase dell’attuale carriera scolastica che oggi è
rappresentata dal liceo e che oggi non si
si passa alla scuola creativa; dalla scuola con
disciplina dello studio imposta e controllata
dal di fuori si passa alla scuola in cui
l’autodisciplina intellettuale e l’autonomia
morale è teoricamente illimitata. E ciò
avviene subito dopo la crisi della pubertà,
quando la foga delle passioni istintive ed
elementari non ha ancora finito di lottare coi
freni del carattere e della coscienza morale.
In Italia poi, dove nelle Università non è
diffuso il principio del «seminario», il
passaggio è ancora più brusco e meccanico.
Ecco dunque che nella scuola unitaria la fase
del Liceo deve essere concepita come la fase
transitoria più importante in cui la scuola
tende a creare i valori fondamentali
dell’«umanesimo», l’autodisciplina
intellettuale e l’autonomia morale necessarie
per l’ulteriore specializzazione, sia che essa
sia di carattere intellettuale (studi
universitari) sia che sia di carattere
immediatamente pratico-produttivo
(industria, organizzazione degli scambi,
burocrazia ecc.). Lo studio del metodo
scientifico deve cominciare nel Liceo e non
essere più un monopolio dell’Università: il
Liceo deve essere già un elemento
fondamentale dello studio creativo e non solo
ricettivo (io faccio una differenza tra scuola
creativa e scuola attiva: tutta la scuola
unitaria è scuola attiva, mentre la scuola
creativa è una fase, il coronamento della
scuola attiva. Naturalmente sia scuola attiva
che scuola creativa devono essere intese
rettamente: la scuola attiva, dalla fase
romantica in cui gli elementi della lotta
contro la scuola meccanica e gesuitica si
sono dilatati morbosamente per ragioni di
contrasto e di polemica, deve trovare e
raggiungere la fase classica, liberata dagli
elementi spuri polemici e che trova in se
stessa e nei fini che vuol raggiungere la sua
ragione di essere e l’impulso a trovare le sue
forme e i suoi metodi. Così scuola creativa
non significa scuola di «inventori e
scopritori» di fatti ed argomenti originali in
senso assoluto, ma scuola in cui la
«recezione» avviene per uno sforzo
spontaneo e autonomo dell’allievo e in cui il
maestro esercita specialmente una funzione
differenzia per nulla, come tipo
d’insegnamento, dalle classi precedenti, altro
che per la supposizione astratta di una
maggiore maturità intellettuale e morale
dell’allievo conforme all’età maggiore e
all’esperienza precedentemente accumulata.
Di fatto tra liceo e università e cioè tra la
scuola vera e propria e la vita c’è un salto,
una vera soluzione di continuità, non un
passaggio razionale dalla quantità (età) alla
qualità (maturità intellettuale e morale).
Dall’insegnamento quasi puramente
dogmatico, in cui la memoria ha una grande
parte, si passa alla fase creativa o di lavoro
autonomo e indipendente; dalla scuola con
disciplina dello studio imposta e controllata
autoritativamente si passa a una fase di
studio o di lavoro professionale in cui
l’autodisciplina intellettuale e l’autonomia
morale è teoricamente illimitata. E ciò
avviene subito dopo la crisi della pubertà,
quando la foga delle passioni istintive ed
elementari non ha ancora finito di lottare coi
freni del carattere e della coscienza morale in
formazione. In Italia poi, dove nelle
Università non è diffuso il principio del
lavoro di «seminario», il passaggio è ancora
più brusco e meccanico.
Ecco dunque che nella scuola unitaria la fase
ultima deve essere concepita e organata come
la fase decisiva in cui si tende a creare i
valori fondamentali dell’«umanesimo»,
l’autodisciplina intellettuale e l’autonomia
morale necessarie per l’ulteriore
specializzazione sia essa di carattere
scientifico (studi universitari) sia di carattere
immediatamente pratico-produttivo
(industria, burocrazia, organizzazione degli
scambi, ecc.). Lo studio e l’apprendimento
dei metodi creativi nella scienza e nella vita
deve cominciare in questa ultima fase della
scuola e non essere più un monopolio
dell’Università o essere lasciato al caso della
vita pratica: questa fase scolastica deve già
contribuire a sviluppare l’elemento della
responsabilità autonoma negli individui,
essere una scuola creativa (occorre
distinguere tra scuola creativa e scuola attiva,
anche nella forma data dal metodo Dalton.
Tutta la scuola unitaria è scuola attiva,
di controllo e di guida amichevole come
avviene, o dovrebbe avvenire oggi nelle
Università. Scoprire da se stessi, senza
suggerimenti e impulsi esterni, una verità è
«creazione», anche se la verità è vecchia: in
ogni modo si entra nella fase intellettuale in
cui si possono scoprire verità nuove, poiché
da se stessi si è raggiunta la conoscenza, si è
scoperta una «verità» vecchia). Nel Liceo
dunque l’attività scolastica fondamentale si
svolgerà nei seminari, nelle biblioteche, nei
gabinetti sperimentali, nei laboratori: in esso
si raccoglieranno gli elementi fondamentali
per l’orientazione professionale.
Un’innovazione essenziale sarà determinata
dall’avvento della scuola unitaria nei rapporti
oggi esistenti tra Università e Accademie.
Oggi queste due istituzioni sono indipendenti
l’una dall’altra e le Accademie (le grandi
Accademie, naturalmente) hanno un posto
gerarchicamente superiore a quello delle
Università. Colla scuola unitaria, le
Accademie dovranno diventare
l’organizzazione intellettuale (di
sistemazione e creazione intellettuale) di
quegli elementi che dopo la scuola unitaria
non faranno l’Università, ma si inizieranno
subito a una professione. Questi elementi non
dovranno cadere nella passività intellettuale,
ma dovranno avere a disposizione un
organismo, specializzato in tutte le branche
industriali e intellettuali, al quale potranno
collaborare e nel quale dovranno trovare tutti
i mezzi necessari per il lavoro creativo che
vogliono intraprendere. Il sistema
accademico verrà riorganizzato e vivificato.
Territorialmente esso avrà una gerarchia: un
centro nazionale che si aggregherà le grandi
accademie nazionali, delle sezioni provinciali
e dei circoli locali urbani e rurali. Si dividerà
poi per sezioni specializzate che saranno tutte
rappresentate al centro e nelle province e
solo parzialmente nei circoli locali. Il
principio sarà quello degli Istituti di Cultura
di un determinato raggruppamento sociale. Il
lavoro accademico tradizionale, cioè la
sistemazione del sapere esistente (tipo
italiano attuale dell’Accademia) e la guida e
stabilizzazione secondo una media (pensiero
medio) delle attività intellettuali (tipo
sebbene occorra porre dei limiti alle
ideologie libertarie in questo campo e
rivendicare con una certa energia il dovere
delle generazioni adulte, cioè dello Stato, di
«conformare» le nuove generazioni. Si è
ancora nella fase romantica della scuola
attiva, in cui gli elementi della lotta contro la
scuola meccanica e gesuitica si sono dilatati
morbosamente per ragioni di contrasto e di
polemica: occorre entrare nella fase
«classica», razionale, trovare nei fini da
raggiungere la sorgente naturale per
elaborare i metodi e le forme. La scuola
creativa è il coronamento della scuola attiva:
nella prima fase si tende a disciplinare,
quindi anche a livellare, a ottenere una certa
specie di «conformismo» che si può
chiamare «dinamico»; nella fase creativa, sul
fondamento raggiunto di «collettivizzazione»
del tipo sociale, si tende a espandere la
personalità, divenuta autonoma e
responsabile, ma con una coscienza morale e
sociale solida e omogenea. Così scuola
creativa non significa scuola di «inventori e
scopritori»; si indica una fase e un metodo di
ricerca e di conoscenza, e non un
«programma» predeterminato con l’obbligo
dell’originalità e dell’innovazione a tutti i
costi. Indica che l’apprendimento avviene
specialmente per uno sforzo spontaneo e
autonomo del discente, e in cui il maestro
esercita solo una funzione di guida
amichevole come avviene o dovrebbe
avvenire nell’Università. Scoprire da se
stessi, senza suggerimenti e aiuti esterni, una
verità è creazione, anche se la verità è
vecchia, e dimostra il possesso del metodo;
indica che in ogni modo si è entrati nella fase
di maturità intellettuale in cui si possono
scoprire verità nuove. Perciò in questa fase
l’attività scolastica fondamentale si svolgerà
nei seminari, nelle biblioteche, nei laboratori
sperimentali; in essa si raccoglieranno le
indicazioni organiche per l’orientamento
professionale).
L’avvento della scuola unitaria significa
l’inizio di nuovi rapporti tra lavoro
intellettuale e lavoro industriale non solo
nella scuola, ma in tutta la vita sociale. Il
principio unitario si rifletterà perciò in tutti
francese dell’Accademia) diventerà solo un
aspetto della nuova organizzazione che dovrà
avere un’attività creativa e di divulgazione
con autorità collettiva. Essa controllerà le
conferenze industriali, le conferenze e le
attività di organizzazione scientifica del
lavoro, i gabinetti sperimentali di fabbrica,
ecc. e sarà il meccanismo selettivo per
mettere in valore le capacità individuali della
periferia. Ogni circolo locale di questa
organizzazione dovrà avere la sezione di
scienze morali e politiche, ma potrà crearsi, a
domanda degli interessati, una sezione di
scienze applicate, per discutere dal punto di
vista della cultura, le quistioni industriali,
agrarie, di organizzazione e
razionalizzazione del lavoro di fabbrica,
agricolo, burocratico. Congressi periodici,
elettivi per i rappresentanti, metteranno in
luce i più capaci presso i dirigenti dei gradi
superiori, ecc. Nelle sezioni provinciali e al
centro tutte le attività dovranno essere
rappresentate, con laboratori, biblioteche,
ecc. I contatti gerarchici saranno tenuti dai
conferenzieri e da ispettori: le sezioni
provinciali e il Centro (che potrebbe
riprodurre l’attuale Collegio di Francia)
dovrebbero periodicamente invitare, a fare
relazioni accademiche, rappresentanti delle
sezioni subordinate, fare dei concorsi,
stabilire dei premi (borse di studio all’interno
e all’estero). Sarebbe utile avere l’elenco
completo delle Accademie attualmente
esistenti e delle materie che sono
prevalentemente trattate nei loro Atti: in gran
parte si tratta di cimiteri della cultura.
La collaborazione tra questa organizzazione
e le Università dovrebbe essere stretta, così
come con le scuole superiori specializzate di
altri rami (militare, navale, ecc.). Si avrebbe,
con questa organizzazione, una
centralizzazione e un impulso della cultura
inaudito su tutta l’area nazionale.
Inizialmente si potrebbero avere il Centro
nazionale e i circoli locali con poche sezioni.
Lo schema esposto indica solo una linea
programmatica di principio, che potrebbe
essere percorsa gradualmente. Quindi
sarebbe necessario integrare lo schema con le
misure transitorie indispensabili: in ogni
gli organismi di cultura, trasformandoli e
dando loro un nuovo contenuto. Problema
della nuova funzione che potranno assumere
le Università e le Accademie. Oggi queste
due istituzioni sono indipendenti l’una
dall’altra e le Accademie sono il simbolo,
spesso a ragione deriso, del distacco esistente
tra l’alta cultura e la vita, tra gli intellettuali e
il popolo (perciò quella certa fortuna che
ebbero i futuristi nel loro primo periodo di
Sturm und Drang antiaccademico,
antitradizionalista ecc.). In una nuova
situazione di rapporti tra vita e cultura, tra
lavoro intellettuale e lavoro industriale, le
accademie dovrebbero diventare
l’organizzazione culturale (di sistemazione,
espansione e creazione intellettuale) di quegli
elementi che dopo la scuola unitaria
passeranno al lavoro professionale, e un
terreno d’incontro tra essi e gli universitari.
Gli elementi sociali impiegati nel lavoro
professionale non devono cadere nella
passività intellettuale, ma devono avere a
loro disposizione (per iniziativa collettiva e
non di singoli, come funzione sociale
organica riconosciuta di pubblica necessità
ed utilità) istituti specializzati in tutte le
branche di ricerca e di lavoro scientifico, ai
quali potranno collaborare e in cui
troveranno tutti i sussidi necessari per ogni
forma di attività culturale che intendano
intraprendere. L’organizzazione accademica
(dovrà essere) riorganizzata e vivificata da
cima a fondo. Territorialmente avrà una
centralizzazione di competenze e di
specializzazione: centri nazionali che si
aggregheranno le grandi istituzioni esistenti,
sezioni regionali e provinciali e circoli locali
urbani e rurali. Si sezionerà per competenze
scientifico-culturali, che saranno tutte
rappresentate nei centri superiori ma solo
parzialmente nei circoli locali. Unificare i
vari tipi di organizzazione culturale esistenti:
Accademie, Istituti di cultura, circoli
filologici ecc., integrando il lavoro
accademico tradizionale, che si esplica
prevalentemente nella sistemazione del
sapere passato o nel cercare di fissare una
media del pensiero nazionale come guida
dell’attività intellettuale, con attività
modo anche queste misure transitorie
dovrebbero essere concepite nello spirito
generale di questa linea, in modo che le
istituzioni transitorie possano mano a mano
essere assorbite nello schema fondamentale
senza soluzione di continuità e crisi.
collegate alla vita collettiva, al mondo della
produzione e del lavoro. Si controlleranno le
conferenze industriali, l’attività
dell’organizzazione scientifica del lavoro, i
gabinetti sperimentali di fabbrica ecc. Si
costruirà un meccanismo per selezionare e
fare avanzare le capacità individuali della
massa popolare, che oggi sono sacrificate e si
smarriscono in errori e tentativi senza uscita.
Ogni circolo locale dovrebbe avere
necessariamente la sezione di scienze morali
e politiche, e mano a mano organizzerà le
altre sezioni speciali per discutere gli aspetti
tecnici dei problemi industriali, agrari, di
organizzazione e razionalizzazione del
lavoro, di fabbrica, agricolo, burocratico ecc.
Congressi periodici di diverso grado faranno
conoscere i più capaci. Sarebbe utile avere
l’elenco completo delle Accademie e delle
altre organizzazioni culturali oggi esistenti e
degli argomenti che sono prevalentemente
trattati nei loro lavori e pubblicati nei loro
Atti: in gran parte si tratta di cimiteri della
cultura, pure esse hanno una funzione nella
psicologia della classe dirigente.
La collaborazione tra questi organismi e le
Università dovrebbe essere stretta, così come
con tutte le scuole superiori specializzate di
ogni genere (militari, navali, ecc.). Lo scopo
è di ottenere una centralizzazione e un
impulso della cultura nazionale che
sarebbero superiori a quelli della Chiesa
Cattolica. (Questo schema di organizzazione
del lavoro culturale secondo i principi
generali della scuola unitaria, dovrebbe
essere sviluppato in tutte le sue parti
accuratamente e servire di guida nella
costituzione anche del più elementare e
primitivo centro di cultura, che dovrebbe
essere concepito come un embrione e una
molecola di tutta la più massiccia struttura.
Anche le iniziative che si sanno transitorie e
di esperimento dovrebbero essere concepite
come capaci di essere assorbite nello schema
generale e nello stesso tempo come elementi
vitali che tendono a creare tutto lo schema.
Studiare con attenzione l’organizzazione e lo
sviluppo del Rotary Club).
APPUNTI E NOTE SPARSE PER UN
GRUPPO DI SAGGI SULLA STORIA
DEGLI INTELLETTUALI
Q12, 1_§ Gli intellettuali sono un gruppo
sociale autonomo e indipendente, oppure
ogni gruppo sociale ha una sua propria
categoria specializzata di intellettuali? Il
problema è complesso per le varie forme che
ha assunto finora il processo storico reale di
formazione delle diverse categorie
intellettuali. Le più importanti di queste
forme sono due:1) Ogni gruppo sociale,
nascendo sul terreno originario di una
funzione essenziale nel mondo della
produzione economica, si crea insieme,
organicamente, uno o più ceti di intellettuali
che gli danno omogeneità e consapevolezza
della propria funzione non solo nel campo
economico, ma anche in quello sociale e
politico: l’imprenditore capitalistico crea
con sé il tecnico dell’industria, lo scienziato
dell’economia politica, l’organizzatore di una
nuova cultura, di un nuovo diritto, ecc. ecc.
Occorre notare il fatto che l’imprenditore
rappresenta una elaborazione sociale
superiore, già caratterizzata da una certa
capacità dirigente e tecnica (cioè
intellettuale): egli deve avere una certa
capacità tecnica, oltre che nella sfera
circoscritta della sua attività e della sua
iniziativa, anche in altre sfere, almeno in
quelle più vicine alla produzione economica
(deve essere un organizzatore di masse
d’uomini, deve essere un organizzatore della
«fiducia» dei risparmiatori nella sua azienda,
dei compratori della sua merce ecc.). Se non
tutti gli imprenditori, almeno una élite di essi
deve avere una capacità di organizzatore
della società in generale, in tutto il suo
complesso organismo di servizi, fino
all’organismo statale, per la necessità di
creare le condizioni più favorevoli
all’espansione della propria classe; o deve
possedere per lo meno la capacità di
scegliere i «commessi» (impiegati
specializzati) cui affidare questa attività
organizzatrice dei rapporti generali esterni
all’azienda. Si può osservare che gli
intellettuali «organici» che ogni nuova classe
Les intellectuels constituent-ils un groupe
social autonome et indépendant, ou bien
chaque groupe social a-t-il sa propre
catégorie spécialisée d'intellectuels ? Le
problème est complexe, étant donné les
formes diverses qu'a prises jusqu'ici le processus historique réel de la formation des
différentes catégories d'intellectuels. Les plus
importantes de ces formes sont au nombre de
deux : 1. Chaque groupe social, naissant sur
le terrain originel d'une fonction essentielle
dans le monde de la production économique,
crée en même temps que lui, organiquement,
une ou plusieurs couches d'intellectuels qui
lui donnent son homogénéité et la conscience
de sa propre fonction, non seulement dans le
domaine économique, mais aussi dans le domaine politique et social : le chef
d'entreprise capitaliste crée avec lui le
technicien de l'industrie, le savant de
l'économie politique, l'organisateur d'une
nouvelle culture, d'un nouveau droit, etc.,
etc. Il faut remarquer que le chef d'entreprise
représente une élaboration sociale supérieure,
déjà caractérisée par une certaine capacité de
direction et de technique (c'est-à-dire une
capacité intellectuelle) : il doit avoir une
certaine capacité technique, en dehors de la
sphère bien délimitée de son activité et de
son initiative, au moins dans les autres
domaines les plus proches de la production
économique (il doit être un organisateur de
masses d'hommes ; il doit organiser la « confiance » que les épargnants ont dans son
entreprise, les acheteurs dans sa marchandise, etc). Sinon tous les chefs d'entreprise,
du moins une élite d'entre eux doivent être
capables d'être des organisateurs de la société
en général, dans l'ensemble de l'organisme
complexe de ses services, jusqu'à l'organisme
d'État, car il leur est nécessaire de créer les
conditions les plus favorables à l'expansion
de leur propre classe - ou bien ils doivent du
moins posséder la capacité de choisir leurs «
commis » (employés spécialisés) auxquels ils
pourront confier cette activité organisatrice
crea con se stessa ed elabora nel suo sviluppo
progressivo, sono per lo più
«specializzazioni» di aspetti parziali
dell’attività primitiva del tipo sociale nuovo
che la nuova classe ha messo in luce. (Anche
i signori feudali erano detentori di una
particolare capacità tecnica, quella militare,
ed è appunto dal momento in cui
l’aristocrazia perde il monopolio della
capacità tecnico-militare che si inizia la crisi
del feudalismo. Ma la formazione degli
intellettuali nel mondo feudale e nel
precedente mondo classico è una quistione da
esaminare a parte: questa formazione ed
elaborazione segue vie e modi che occorre
studiare concretamente. Così è da notare che
la massa dei contadini, quantunque svolga
una funzione essenziale nel mondo della
produzione, non elabora proprii intellettuali
«organici» e non «assimila» [Nel ms:
«assimili»]. nessun ceto di intellettuali
«tradizionali», quantunque dalla massa dei
contadini altri gruppi sociali tolgano molti
dei loro intellettuali e gran parte degli
intellettuali tradizionali siano di origine
contadina).
2) Ma ogni gruppo sociale «essenziale»
emergendo alla storia dalla precedente
struttura economica e come espressione di un
suo sviluppo (di questa struttura), ha trovato,
almeno nella storia finora svoltasi, categorie
sociali preesistenti e che anzi apparivano
come rappresentanti una continuità storica
ininterrotta anche dai più complicati e
radicali mutamenti delle forme sociali e
politiche. La più tipica di queste categorie
intellettuali è quella degli ecclesiastici,
monopolizzatori per lungo tempo (per
un’intera fase storica che anzi da questo
monopolio è in parte caratterizzata) di alcuni
servizi importanti: l’ideologia religiosa cioè
la filosofia e la scienza dell’epoca, con la
scuola, l’istruzione, la morale, la giustizia, la
des rapports généraux de l'entreprise avec
l'extérieur. On peut observer que les intellectuels « organiques » que chaque nouvelle
classe crée avec elle et qu'elle élabore au
cours de son développement progressif, sont
la plupart du temps des « spécialisations » de
certains aspects partiels de l'activité primitive
du nouveau type social auquel la nouvelle
classe a donné naissance. Les seigneurs de
l'époque féodale eux aussi étaient les
détenteurs d'une certaine capacité technique,
dans le domaine militaire, et c'est justement à
partir du moment où l'aristocratie perd le
monopole de la compétence technicomilitaire, que commence la crise du
féodalisme. Mais la formation des
intellectuels dans le monde féodal et dans le
monde classique précédent est un problème
qu'il faut examiner à part : cette formation,
cette élaboration suivent des voies et
prennent des formes qu'il faut étudier de
façon concrète. Ainsi l'on peut remarquer
que la masse des paysans, bien qu'elle
exerce une fonction essentielle dans le
monde de la production, ne crée pas des
intellectuels qui lui soient propres, «
organiques », et n' «assimile » aucune
couche d'intellectuels « traditionnels »,
bien que d'autres groupes sociaux tirent
un grand nombre de leurs intellectuels de
la masse paysanne, et qu'une grande
partie des intellectuels traditionnels soient
d'origine paysanne.
2. Mais chaque groupe social « essentiel »,
au moment où il émerge à la surface de
l'histoire, venant de la précédente
structure économique dont il exprime un
de ses développements, a trouvé, du moins
dans l'histoire telle qu'elle s'est déroulée
jusqu'à ce jour, des catégories
d'intellectuels qui existaient avant lui et
qui, de plus, apparaissaient comme les
représentants d'une continuité historique
que n'avaient même pas interrompue les
changements les plus compliqués et les
plus radicaux des formes sociales et
politiques. La plus typique de ces
catégories intellectuelles est celle des
ecclésiastiques, qui monopolisèrent
pendant longtemps (tout au long d'une
beneficenza, l’assistenza ecc. La categoria
degli ecclesiastici può essere considerata
essere la categoria intellettuale
organicamente legata all’aristocrazia
fondiaria: era equiparata giuridicamente
all’aristocrazia, con cui divideva l’esercizio
della proprietà feudale della terra e l’uso dei
privilegi-statali legati alla proprietà. Ma il
monopolio delle superstrutture da parte degli
ecclesiastici (da esso è nata l’accezione
generale di «intellettuale» – o di
«specialista» – della parola «chierico», in
molte lingue di origine neolatina o
influenzate fortemente, attraverso il latino
chiesastico, dalle lingue neolatine, col suo
correlativo di «laico» nel senso di profano –
non specialista) non è stato esercitato senza
lotta e limitazioni, e quindi si è avuto il
nascere, in varie forme (da ricercare e
studiare concretamente) di altre categorie,
favorite e ingrandite dal rafforzarsi del potere
centrale del monarca, fino all’assolutismo.
Così si viene formando l’aristocrazia della
toga, con suoi propri privilegi; un ceto di
amministratori ecc., scienziati, teorici,
filosofi non ecclesiastici ecc.
Siccome queste varie categorie di
intellettuali tradizionali sentono con «spirito
di corpo» la loro ininterrotta continuità
storica e la loro «qualifica», così essi
pongono se stessi come autonomi e
indipendenti dal gruppo sociale dominante;
questa auto-posizione non è senza
conseguenze nel campo ideologico e politico,
conseguenze di vasta portata (tutta la
filosofia idealista si può facilmente
connettere con questa posizione assunta dal
complesso sociale degli intellettuali e si può
definire l’espressione di questa utopia sociale
per cui gli intellettuali si credono
«indipendenti», autonomi, rivestiti di
caratteri loro proprii ecc. Da notare però che
se il papa e l’alta gerarchia della Chiesa si
credono più legati a Cristo e agli apostoli di
quanto non siano ai senatori Agnelli e Benni,
lo stesso non è per Gentile e Croce, per
esempio; il Croce, specialmente, si sente
legato fortemente ad Aristotile e a Platone,
ma egli non nasconde, anzi, di essere legato
ai senatori Agnelli e Benni e in ciò appunto è
phase historique qui est même caractérisée en
partie par ce monopole) certains services
importants : l'idéologie religieuse, c'est-àdire la philosophie et la science de
l'époque, avec l'école, l'instruction, la
morale, la justice, la bienfaisance,
l'assistance, etc. La catégorie des ecclésiastiques peut être considérée comme la
catégorie intellectuelle organiquement liée
à l'aristocratie foncière : elle était assimilée
juridiquement à l'aristocratie, avec laquelle
elle partageait l'exercice de la propriété
féodale de la terre et l'usage des privilèges
d'État liés à la propriété. Mais ce monopole
des superstructures de la part des ecclésiastiques n'a pas été exercé sans luttes et
sans restrictions, aussi a-t-on vu naître, sous
diverses formes (à rechercher et étudier de
façon concrète) d'autres catégories,
favorisées et développées par le
renforcement du pouvoir central du
monarque, jusqu'à l'absolutisme. Ainsi s'est
formée peu à peu l'aristocratie de robe, avec
ses privilèges particuliers, une couche
d'administrateurs, etc., savants, théoriciens,
philosophes non ecclésiastiques, etc.
Comme ces diverses catégories
d'intellectuels traditionnels éprouvent,
avec un « esprit de corps » le sentiment de
leur continuité historique ininterrompue
et de leur qualification, ils se situent euxmêmes comme autonomes et indépendants
du groupe social dominant. Cette autoposition n'est pas sans conséquences de
grande portée dans le domaine idéologique
et politique : toute la philosophie idéaliste
peut se rattacher facilement à cette
position prise par le complexe social des
intellectuels et l'on peut définir
l'expression de cette utopie sociale qui fait
que les intellectuels se croient «
indépendants », autonomes, dotés de
caractères qui leur sont propres, etc. Il faut
noter cependant que si le Pape et la haute
hiérarchie de l’Église se croient davantage
liés au Christ et aux apôtres que ne le sont les
sénateurs Agnelli et Benni, il n'en est pas de
même pour Gentile et pour Croce ; par
exemple : Croce particulièrement, se sent
da ricercare il carattere più rilevato della
filosofia del Croce).
(Questa ricerca sulla storia degli
intellettuali non sarà di carattere
«sociologico», ma darà luogo a una serie di
saggi di «storia della cultura»
(Kulturgeschichte) e di storia della scienza
politica. Tuttavia sarà difficile evitare alcune
forme schematiche e astratte che ricordano
quelle della «sociologia»: occorrerà pertanto
trovare la forma letteraria più adatta perché
l’esposizione sia «non-sociologica». La
prima parte della ricerca potrebbe essere una
critica metodica delle opere già esistenti sugli
intellettuali, che quasi tutte sono di carattere
sociologico. Raccogliere la bibliografia
sull’argomento è pertanto indispensabile).
fortement lié à Aristote et à Platon, mais il ne
se cache pas, par contre, d'être lié aux
sénateurs Agnelli et Benni, et c'est
précisément là qu'il faut chercher le caractère
le plus important de la philosophie de Croce.
Quali sono i limiti «massimi»
dell’accezione di «intellettuale»? Si può
trovare un criterio unitario per caratterizzare
ugualmente tutte le diverse e disparate
attività intellettuali e per distinguere queste
nello stesso tempo e in modo essenziale dalle
attività degli altri raggruppamenti sociali?
L’errore metodico più diffuso mi pare quello
di aver cercato questo criterio di distinzione
nell’intrinseco delle attività intellettuali e non
invece nell’insieme del sistema di rapporti in
cui esse (e quindi i gruppi che le
impersonano) vengono a trovarsi nel
complesso generale dei rapporti sociali. E
invero l’operaio o proletario, per esempio,
non è specificamente caratterizzato dal
lavoro manuale o strumentale (a parte la
considerazione che non esiste lavoro
puramente fisico e che anche l’espressione
del Taylor di «gorilla ammaestrato» è una
metafora per indicare un limite in una certa
direzione: in qualsiasi lavoro fisico, anche il
più meccanico e degradato, esiste un minimo
di qualifica tecnica, cioè un minimo di
attività intellettuale creatrice), ma da questo
lavoro in determinate condizioni e in
determinati rapporti sociali. Ed è stato già
osservato che l’imprenditore, per la sua
stessa funzione, deve avere in una certa
misura un certo numero di qualifiche di
carattere intellettuale, sebbene la sua figura
Quelles sont les limites « maxima » pour
l'acception du terme d' « intellectuel » ? Peuton trouver un critère unitaire pour
caractériser également toutes les activités
intellectuelles, diverses et disparates, et en
même temps pour distinguer celles-ci, et de
façon essentielle, des autres groupements
sociaux ? L'erreur de méthode la plus
répandue me paraît être d'avoir recherché
ce critère de distinction dans ce qui est
intrinsèque aux activités intellectuelles et
non pas dans l'ensemble du système de
rapports dans lequel ces activités (et par
conséquent les groupes qui les
personnifient) viennent à se trouver au
sein du complexe général des rapports
sociaux. En réalité l'ouvrier ou le prolétaire,
par exemple, n'est pas spécifiquement
caractérisé par son travail manuel ou à
caractère instrumental mais par ce travail
effectué dans des conditions déterminées et
dans des rapports sociaux déterminés (sans
compter qu'il n'existe pas de travail purement
physique, et que l'expression elle-même de
Taylor de « gorille apprivoisé » est une
métaphore pour indiquer une limite dans une
certaine direction : dans n'importe quel
travail physique, même le plus mécanique et
le plus dégradé, il existe un minimum de
qualification technique, c'est-à-dire un
minimum d'activité intellectuelle créatrice).
[non traduit]
Et l'on a déjà observé que le chef
d'entreprise, de par sa fonction elle-même,
doit posséder, en une certaine mesure, un
certain nombre de qualifications de caractère
intellectuel, bien que son personnage social
ne soit pas déterminé par elles, mais par les
rapports sociaux généraux qui caractérisent
précisément la position du patron dans
l'industrie.
Tutti gli uomini sono intellettuali, si
potrebbe dire perciò; ma non tutti gli uomini C'est pourquoi l'on pourrait dire que tous
hanno nella società la funzione di intellettuali les hommes sont des intellectuels ; mais
(così, perché può capitare che ognuno in
tous les hommes n'exercent pas dans la
qualche momento si frigga due uova o si
société la fonction d'intellectuel (ainsi, il
cucisca uno strappo della giacca, non si dirà
peut arriver à un certain moment à tout le
che tutti sono cuochi e sarti). Si formano così monde de faire frire deux oeufs ou de
storicamente delle categorie specializzate per repriser un accroc à sa veste sans qu'on
l’esercizio della funzione intellettuale, si
puisse dire pour autant que tout le monde
formano in connessione con tutti i gruppi
est cuisinier ou tailleur).
sociali ma specialmente in connessione coi
gruppi sociali più importanti e subiscono
elaborazioni più estese e complesse in
connessione col gruppo sociale dominante.
Una delle caratteristiche più rilevanti di
ogni gruppo che si sviluppa verso il
dominio è la sua lotta per l’assimilazione e
la conquista «ideologica» degli intellettuali
tradizionali, assimilazione e conquista che
è tanto più rapida ed efficace quanto più il
gruppo dato elabora simultaneamente i
propri intellettuali organici. L’enorme
sviluppo preso dall’attività e
dall’organizzazione scolastica (in senso
L'énorme développement qu'ont pris
largo) nelle società sorte dal mondo
l'activité et l'organisation scolaires (au sens
medioevale indica quale importanza abbiano large) dans les sociétés surgies du monde
assunto nel mondo moderno le categorie e le médiéval, montre quelle importance ont
funzioni intellettuali: come si è cercato di
prise, dans le monde moderne, les catégories
approfondire e dilatare l’«intellettualità» di
et les fonctions intellectuelles - de même que
ogni individuo, così si è anche cercato di
l'on a cherché a approfondir et à élargir l' «
moltiplicare le specializzazioni e di affinarle. intellectualité » de chaque individu, on a
Ciò risulta dalle istituzioni scolastiche di
aussi cherché à multiplier les spécialisations
diverso grado, fino agli organismi per
et à les affiner. Cela apparaît dans les
promuovere la così detta «alta cultura», in
organismes scolaires de divers degrés,
ogni campo della scienza e della tecnica. (La jusqu'à ceux qui sont destines à promouvoir
scuola è lo strumento per elaborare gli
ce qu'on appelle la « haute culture », dans
intellettuali di vario grado. La complessità
tous les domaines de la science et de la
della funzione intellettuale nei diversi Stati si technique. L'école est l'instrument qui sert à
può misurare obbiettivamente dalla quantità
former les intellectuels à différents degrés.
delle scuole specializzate e dalla loro
La complexité de la fonction intellectuelle
gerarchizzazione: quanto più estesa è
dans les divers États peut se mesurer
l’«area» scolastica e quanto più numerosi i
objectivement à la quantité d'écoles
sociale sia determinata non da esse ma dai
rapporti generali sociali che appunto
caratterizzano la posizione dell’imprenditore
nell’industria.
«gradi» «verticali» della scuola, tanto è più
complesso il mondo culturale, la civiltà, di
un determinato Stato. Si può avere un
termine di paragone nella sfera della tecnica
industriale: l’industrializzazione di un paese
si misura dalla sua attrezzatura nella
costruzione di macchine per costruire
macchine e nella fabbricazione di strumenti
sempre più precisi per costruire macchine e
strumenti per costruire macchine ecc. Il
paese che ha la migliore attrezzatura per
costruire strumenti per i gabinetti
sperimentali degli scienziati e per costruire
strumenti per collaudare questi strumenti, si
può dire il più complesso nel campo
tecnico-industriale, il più civile ecc. Così è
nella preparazione degli intellettuali e nelle
scuole dedicate a questa preparazione: scuole
e istituti di alta cultura sono assimilabili).
(Anche in questo campo la quantità non può
scindersi dalla qualità. Alla più raffinata
specializzazione tecnico-culturale non può
non corrispondere la maggiore estensione
possibile della diffusione dell’istruzione
primaria e la maggiore sollecitudine per
favorire i gradi intermedi al più gran numero.
Naturalmente questa necessità di creare la
più larga base possibile per la selezione e
l’elaborazione delle più alte qualifiche
intellettuali – di dare cioè all’alta cultura e
alla tecnica superiore una struttura
democratica – non è senza inconvenienti: si
crea così la possibilità di vaste crisi di
disoccupazione degli strati medi intellettuali,
come avviene di fatto in tutte le società
moderne).
Da notare che l’elaborazione dei ceti
intellettuali nella realtà concreta non avviene
su un terreno democratico astratto, ma
secondo processi storici tradizionali molto
concreti. Si sono formati dei ceti che
tradizionalmente «producono» intellettuali e
sono quelli stessi che di solito sono
spécialisées qu'ils possèdent, et à leur
hiérarchisation : plus l' « aire » scolaire est
étendue, plus les « degrés » « verticaux » de
l'école sont nombreux, et plus le monde
culturel, la civilisation des divers États est
complexe. On peut trouver un terme de
comparaison dans la sphère de la technique
industrielle: l'industrialisation d'un pays se
mesure à son équipement dans le domaine de
la construction des machines qui servent
elles-mêmes à construire d'autres machines,
et dans celui de la fabrication d'instruments
toujours plus précis pour construire des
machines et des instruments pour construire
ces machines, etc. Le pays qui est le mieux
équipé pour fabriquer des instruments pour
les laboratoires des savants, et des
instruments pour vérifier ces instruments,
peut être considéré comme ayant l'organisation la plus complexe dans le domaine
technico-industriel, comme étant le plus civilisé, etc. Il en est de même dans la
préparation des intellectuels et dans les
écoles consacrées à cette préparation ; on
peut assimiler les écoles à des instituts de
haute culture. Même dans ce domaine, on ne
peut isoler la quantité de la qualité. A la spécialisation technico-culturelle la plus raffinée
ne peut pas ne pas correspondre la plus
grande extension possible de l'instruction
primaire et la plus grande sollicitude pour
ouvrir les degrés intermédiaires au plus grand
nombre. Naturellement cette nécessité de
créer la plus large base possible pour
sélectionner et former les plus hautes
qualifications intellectuelles - c'est-à-dire
pour donner à la culture et à la technique
supérieure une structure démocratique - n'est
pas sans inconvénients : on crée ainsi la
possibilité de vastes crises de chômage dans
les couches intellectuelles moyennes, comme
cela se produit en fait dans toutes les sociétés
modernes.
Il faut remarquer que, dans la réalité
concrète, la formation de couches intellectuelles ne se produit pas sur un terrain
démocratique abstrait, mais selon des processus historiques traditionnels très concrets. Il
s'est formé des couches sociales qui,
specializzati nel «risparmio», cioè la piccola
e media borghesia terriera e alcuni strati della
piccola e media borghesia cittadina. La
diversa distribuzione dei diversi tipi di scuole
(classiche e professionali) nel territorio
«economico» e le diverse aspirazioni delle
varie categorie di questi ceti determinano o
danno forma alla produzione dei diversi rami
di specializzazione intellettuale. Così in Italia
la borghesia rurale produce specialmente
funzionari statali e professionali liberi,
mentre la borghesia cittadina produce tecnici
per l’industria: e perciò l’Italia settentrionale
produce specialmente tecnici e l’Italia
meridionale specialmente funzionari e
professionisti.
Il rapporto tra gli intellettuali e il mondo
della produzione non è immediato, come
avviene per i gruppi sociali fondamentali, ma
è mediato, in diverso grado, da tutto il tessuto
sociale, dal complesso delle superstrutture, di
cui appunti gli intellettuali sono i
«funzionari». Si potrebbe misurare
l’«organicità» dei diversi strati intellettuali,
la loro più o meno stretta connessione con un
gruppo sociale fondamentale, fissando una
gradazione delle funzioni e delle
soprastrutture dal basso in alto (dalla base
strutturale in su). Si possono, per ora, fissare
due grandi «piani» superstrutturali, quello
che si può chiamare della «società civile»,
cioè dell’insieme di organismi volgarmente
detti «privati» e quello della «società politica
o Stato» e che corrispondono alla funzione di
«egemonia» che il gruppo dominante esercita
in tutta la società e a quello di «dominio
diretto» o di comando che si esprime nello
Stato e nel gover no «giuridico». Queste
funzioni sono precisamente organizzative e
connettive. Gli intellettuali sono i
«commessi» del gruppo dominante per
l’esercizio delle funzioni subalterne
dell’egemonia sociale e del governo politico,
cioè: 1) del consenso «spontaneo» dato dalle
traditionnellement, « produisent » des
intellectuels et ce sont ces mêmes couches
qui d'habitude se sont spécialisées dans «
l'épargne », c'est-à-dire la petite et moyenne
bourgeoisie terrienne et certaines couches de
la petite et moyenne bourgeoisie des villes.
La distribution différente des divers types
d'écoles (classiques et professionnelles) sur
le territoire « économique », et les aspirations
différentes des diverses catégories de ces
couches sociales déterminent la production
des diverses branches de spécialisation
intellectuelle, ou leur donnent leur forme.
Ainsi en Italie la bourgeoisie rurale produit
surtout des fonctionnaires d'État et des gens
de professions libérales, tandis que la
bourgeoisie citadine produit des techniciens
pour l'industrie : c'est pourquoi l'Italie
septentrionale produit surtout des techniciens
alors que l'Italie méridionale alimente plus
spécialement les corps des fonctionnaires et
des professions libérales.
Le rapport entre les intellectuels et le
monde de la production n'est pas immédiat,
comme cela se produit pour les groupes
sociaux fondamentaux, mais il est « médiat
», à des degrés divers, par l'intermédiaire de
toute la trame sociale, du complexe des
superstructures, dont précisément les
intellectuels sont les « fonctionnaires ». On
pourrait mesurer le caractère « organique
» des diverses couches d'intellectuels, leur
liaison plus ou moins étroite avec un
groupe social fondamental en établissant
une échelle des fonctions et des
superstructures de bas en haut (à partir de
la base structurelle). On peut, pour le
moment, établir deux grands «étages »
dans les superstructures, celui que l'on
peut appeler l'étage de la « société civile»,
c'est-à-dire de l'ensemble des organismes
vulgairement dits « privés », et celui de la
« société politique » ou de l'État ; ils
correspondent à la fonction d' «
hégémonie » que le groupe dominant
exerce sur toute la société, et à la fonction
de « domination directe » ou de
commandement qui s'exprime dans l'État
et dans le gouvernement « juridique ». Ce
grandi masse della popolazione all’indirizzo
impresso alla vita sociale dal gruppo
fondamentale dominante, consenso che nasce
«storicamente» dal prestigio (e quindi dalla
fiducia) derivanteNel ms: «dalla». al gruppo
dominante dalla sua posizione e dalla sua
funzione nel mondo della produzione; 2)
dell’apparato di coercizione statale che
assicura «legalmente» la disciplina di quei
gruppi che non «consentono» né attivamente
né passivamente, ma è costituito per tutta la
società in previsione dei momenti di crisi nel
comando e nella direzione in cui il consenso
spontaneo vien meno. Questa impostazione
del problema dà come risultato un’estensione
molto grande del concetto di intellettuale, ma
solo così è possibile giungere a una
approssimazione concreta della realtà.
Questo modo di impostare la questione urta
contro preconcetti di casta: è vero che la
stessa funzione organizzativa dell’egemonia
sociale e del dominio statale dà luogo a una
certa divisione del lavoro e quindi a tutta una
gradazione di qualifiche, in alcune delle quali
non appare più alcuna attribuzione direttiva
e organizzativa: nell’apparato di direzione
sociale e statale esiste tutta una serie di
impieghi di carattere manuale e strumentale
(di ordine e non di concetto, di agente e non
di ufficiale o funzionario ecc.), ma
evidentemente occorre fare questa
distinzione, come occorrerà farne anche
qualche altra. Infatti l’attività intellettuale
deve essere distinta in gradi anche dal punto
di vista intrinseco, gradi che nei momenti di
estrema opposizione danno una vera e
propria differenza qualitativa: nel più alto
gradino saranno da porre i creatori delle varie
scienze, della filosofia, dell’arte, ecc.; nel più
basso i più umili «amministratori» e
divulgatori della ricchezza intellettuale già
esistente, tradizionale, accumulata.
L’organismo militare, anche in questo
caso, offre un modello di queste complesse
sont là précisément des fonctions
d'organisation et de connexion. Les
intellectuels sont les « commis » du groupe
dominant pour l'exercice des fonctions
subalternes de l'hégémonie sociale et du
gouvernement politique, c'est-à-dire : 1. de
l'accord « spontané » donné par les
grandes masses de la population à
l'orientation imprimée à la vie sociale par
le groupe fondamental dominant, accord
qui naît « historiquement » du prestige
qu'a le groupe dominant (et de la
confiance qu'il inspire) du fait de sa
fonction dans le monde de la production ;
2. de l'appareil de coercition d'État qui
assure « légalement » la discipline des
groupes qui refusent leur « accord » tant
actif que passif ; mais cet appareil est
constitué pour l'ensemble de la société en
prévision des moments de crise dans le
commandement et dans la direction,
lorsque l'accord spontané vient à faire
défaut. Cette façon de poser le problème a
pour résultat une très grande extension du
concept d'intellectuel, mais c'est la seule
grande façon d'arriver à une
approximation concrète de la réalité. Cette
façon de poser le problème se heurte à des
idées préconçues de caste : il est vrai que la
fonction organisatrice de l'hégémonie sociale
et de la domination d'État donne lieu à une
certaine division du travail et par conséquent
à toute une échelle de qualifications dont
certaines ne remplissent plus aucun rôle de
direction et d'organisation : dans l'appareil de
direction sociale et gouvernementale il existe
toute une série d'emplois de caractère manuel
et instrumental (fonction de pure exécution et
non d'initiative, d'agents et non d'officiers ou
de fonctionnaires). Mais il faut évidemment
faire cette distinction, comme il faudra en
faire d'autres. En effet, même du point de vue
intrinsèque, il faut distinguer dans l'activité
intellectuelle différents degrés qui, à certains
moments d'opposition extrême, donnent une
véritable différence qualitative : à l'échelon le
plus élevé il faudra placer les créateurs des
diverses sciences, de la philosophie, de l'art,
etc. ; au plus bas, les plus humbles « administrateurs » et divulgateurs de la richesse
graduazioni: ufficiali subalterni, ufficiali
superiori, Stato maggiore; e non bisogna
dimenticare i graduati di truppa, la cui
importanza reale è superiore a quanto di
solito si pensi. È interessante notare che tutte
queste parti si sentono solidali e anzi che gli
strati inferiori manifestano un più
appariscente spirito di corpo e traggono da
esso una «boria» che spesso li espone ai
frizzi e ai motteggi.
Nel mondo moderno, la categoria degli
intellettuali, così intesa, si è ampliata in
modo inaudito. Sono state elaborate dal
sistema sociale democratico-burocratico
masse imponenti, non tutte giustificate dalle
necessità sociali della produzione, anche se
giustificate dalle necessità politiche del
gruppo fondamentale dominante. Quindi la
concezione loriana del «lavoratore»
improduttivo (ma improduttivo per
riferimento a chi e a quale modo di
produzione?), che potrebbe in parte
giustificarsi se si tiene conto che queste
masse sfruttano la loro posizione per farsi
assegnare taglie ingenti sul reddito nazionale.
La formazione di massa ha standardizzato gli
individui e come qualifica individuale e
come psicologia, determinando gli stessi
fenomeni che in tutte le altre masse
standardizzate: concorrenza che pone la
necessità dell’organizzazione professionale
di difesa, disoccupazione, superproduzione
scolastica, emigrazione ecc.
Diversa posizione degli intellettuali di
tipo urbano e di tipo rurale. Gli intellettuali
di tipo urbano sono concresciuti con
l’industria e sono legati alle sue fortune. La
loro funzione può essere paragonata a quella
degli ufficiali subalterni nell’esercito: non
hanno nessuna iniziativa autonoma nel
costruire i piani di costruzione; mettono in
rapporto, articolandola, la massa strumentale
con l’imprenditore, elaborano l’esecuzione
immediata del piano di produzione stabilito
dallo stato maggiore dell’industria,
controllandone le fasi lavorative elementari.
Nella loro media generale gli intellettuali
urbani sono molto standardizzati; gli alti
intellettuali urbani si confondono sempre più
col vero e proprio stato maggiore industriale.
intellectuelle déjà existante, traditionnelle,
accumulée.
Dans ce cas aussi l'organisation
militaire offre un modèle de cette
gradation complexe : officiers subalternes,
officiers supérieurs, état-major, sans
oublier les différents grades de la troupe,
dont l'importance réelle est plus grande
qu'on ne pense d'ordinaire. Il est
intéressant de remarquer que tous ces
éléments se sentent solidaires, et même
que les couches inférieures montrent un
esprit de corps plus visible, et en tirent un
« orgueil » qui les expose souvent à l'ironie
et à la moquerie.
Dans le monde moderne, la catégorie des
intellectuels, ainsi entendue, s'est développée
d'une façon prodigieuse. Le système social
démocratique bureaucratique a créé des
masses imposantes, pas toutes justifiées par
les nécessités sociales de la production,
même si elles sont justifiées par les
nécessités politiques du groupe fondamental
dominant. D'où la conception de Loria du «
travailleur » improductif (mais improductif
par référence à qui et à quel mode de
production ?) qui pourrait se justifier si l'on
tient compte que ces masses exploitent leur
situation pour se faire attribuer des portions
énormes du revenu national. La formation de
masse a standardisé les individus, tant dans
leur qualification individuelle que dans leur
psychologie, en déterminant l'apparition des
mêmes phénomènes que dans toutes les
masses standardisées : concurrence qui crée
la nécessité d'organisations professionnelles
de défense, chômage, surproduction de
diplômés, émigration, etc. (Int., pp. 3-10).
Gli intellettuali di tipo rurale sono in gran
parte «tradizionali», cioè legati alla massa
sociale campagnola e piccolo borghese, di
città (specialmente dei centri minori), non
ancora elaborata e messa in movimento dal
sistema capitalistico: questo tipo di
intellettuale mette a contatto la massa
contadina con l’amministrazione statale o
locale (avvocati, notai ecc.) e per questa
stessa funzione ha una grande funzione
politico-sociale, perché la mediazione
professionale è difficilmente scindibile dalla
mediazione politica. Inoltre: nella campagna
l’intellettuale (prete, avvocato, maestro,
notaio, medico ecc.) ha un medio tenore di
vita superiore o almeno diverso da quello del
medio contadino e perciò rappresenta per
questo un modello sociale nell’aspirazione a
uscire dalla sua condizione e a migliorarla. Il
contadino pensa sempre che almeno un suo
figliolo potrebbe diventare intellettuale
(specialmente prete), cioè diventare un
signore, elevando il grado sociale della
famiglia e facilitandone la vita economica
con le aderenze che non potrà non avere tra
gli altri signori. L’atteggiamento del
contadino verso l’intellettuale è duplice e
pare contradditorio: egli ammira la posizione
sociale dell’intellettuale e in generale
dell’impiegato statale, ma finge talvolta di
disprezzarla, cioè la sua ammirazione è
intrisa istintivamente da elementi di invidia e
di rabbia appassionata. Non si comprende
nulla della vita collettiva dei contadini e dei
germi e fermenti di sviluppo che vi esistono
se non si prende in considerazione, non si
studia in concreto e non si approfondisce,
questa subordinazione effettiva agli
intellettuali: ogni sviluppo organico delle
masse contadine, fino a un certo punto, è
legato ai movimenti degli intellettuali e ne
dipende.
Altro è il caso per gli intellettuali urbani:
i tecnici di fabbrica non esplicano nessuna
funzione politica sulle loro masse
strumentali, o almeno è questa una fase già
superata; talvolta avviene proprio il
contrario, che le masse strumentali, almeno
attraverso i loro propri intellettuali organici,
esercitano un influsso politico sui tecnici.
Il punto centrale della quistione rimane la
distinzione tra intellettuali, categoria
organica di ogni gruppo sociale
fondamentale e intellettuali, come categoria
tradizionale; distinzione da cui scaturisce
tutta una serie di problemi e di possibili
ricerche storiche. Il problema più interessante
è quello che riguarda, se considerato da
questo punto di vista, il partito politico
moderno, le sue origini reali, i suoi sviluppi,
le sue forme. Cosa diventa il partito politico
in ordine al problema degli intellettuali?
Occorre fare alcune distinzioni: 1) per alcuni
gruppi sociali il partito politico è niente altro
che il modo proprio di elaborare la propria
categoria di intellettuali organici, che si
formano così e non possono non formarsi,
dati i caratteri generali e le condizioni di
formazione, di vita e di sviluppo del gruppo
sociale dato, direttamente nel campo politico
e filosofico e non già nel campo della tecnica
produttiva (nel campo della tecnica
produttiva si formano quegli strati che si può
dire corrispondono ai «graduati di truppa»
nell’esercito, cioè gli operai qualificati e
specializzati in città e in modo più complesso
i mezzadriNel ms: «coi mezzadri». e coloni
in campagna, poiché il mezzadro e il colono
in generale corrisponde piuttosto al tipo
artigiano, che è l’operaio qualificato di una
economia medioevale); 2) il partito politico,
per tutti i gruppi, è appunto il meccanismo
che nella società civile compie la stessa
funzione che compie lo Stato in misura più
vasta e più sinteticamente, nella società
politica, cioè procura la saldatura tra
intellettuali organici di un dato gruppo,
quello dominante, e intellettuali
tradizionali, e questa funzione il partito
compie appunto in dipendenza della sua
funzione fondamentale che è quella di
elaborare i proprii componenti, elementi
di un gruppo sociale nato e sviluppatosi
come «economico», fino a farli diventare
intellettuali politici qualificati, dirigenti,
organizzatori di tutte le attività e le
funzioni inerenti all’organico sviluppo di
una società integrale, civile e politica. Si
può dire anzi che nel suo ambito il partito
politico compia la sua funzione molto più
compiutamente e organicamente di quanto
lo Stato compia la sua in ambito più vasto:
un intellettuale che entra a far parte del
partito politico di un determinato gruppo
sociale, si confonde con gli intellettuali
organici del gruppo stesso, si lega
strettamente al gruppo, ciò che non
avviene attraverso la partecipazione alla
vita statale che mediocremente e talvolta
affatto. Anzi avviene che molti intellettuali
pensino di essere lo Stato, credenza, che, data
la massa imponente della categoria, ha
talvolta conseguenze notevoli e porta a
complicazioni spiacevoli per il gruppo
fondamentale economico che realmente è lo
Stato.
Che tutti i membri di un partito politico
debbano essere considerati come intellettuali,
ecco un’affermazione che può prestarsi allo
scherzo e alla caricatura; pure, se si riflette,
niente di più esatto. Sarà da fare distinzione
di gradi, un partito potrà avere una maggiore
o minore composizione del grado più alto o
di quello più basso, non è ciò che importa:
importa la funzione che è direttiva e
organizzativa, cioè educativa, cioè
intellettuale. Un commerciante non entra a
far parte di un partito politico per fare del
commercio, né un industriale per produrre di
più e a costi diminuiti, né un contadino per
apprendere nuovi metodi di coltivare la terra,
anche se alcuni aspetti di queste esigenze del
commerciante, dell’industriale, del contadino
possono trovare soddisfazione nel partito
politico (l’opinione generale contraddice a
ciò, affermando che il commerciante,
l’industriale, il contadino «politicanti»
perdono invece di guadagnare, e sono i
peggiori della loro categoria, ciò che può
essere discusso). Per questi scopi, entro certi
limiti, esiste il sindacato professionale in cui
l’attività economico-corporativa del
commerciante, dell’industriale, del
contadino, trova il suo quadro più adatto. Nel
partito politico gli elementi di un gruppo
sociale economico superano questo momento
del loro sviluppo storico e diventano agenti
di attività generali, di carattere nazionale e
internazionale. Questa funzione del partito
politico dovrebbe apparire molto più chiara
da un’analisi storica concreta del come si
sono sviluppate le categorie organiche degli
intellettuali e quelle tradizionali sia nel
terreno delle varie storie nazionali sia in
quello dello sviluppo dei vari gruppi sociali
più importanti nel quadro delle diverse
nazioni, specialmente di quei gruppi la cui
attività economica è stata prevalentemente
strumentale.
La formazione degli intellettuali
tradizionali è il problema storico più
interessante. Esso è certamente legato alla
schiavitù del mondo classico e alla posizione
dei liberti di origine greca e orientale
nell’organizzazione sociale dell’Impero
romano. Questo distacco non solo sociale ma
nazionale, di razza, tra masse notevoli di
intellettuali e la classe dominante
dell’Impero romano si riproduce dopo la
caduta dell’Impero tra guerrieri germanici e
intellettuali di origine romanizzati,
continuatori della categoria dei liberti. Si
intreccia con questi fenomeni il nascere e lo
svilupparsi del cattolicismo e
dell’organizzazione ecclesiastica che per
molti secoli assorbe la maggior parte delle
attività intellettuali ed esercita il monopolio
della direzione culturale, con sanzioni penali
per chi vuole opporsi o anche eludere il
monopolio. In Italia si verifica il fenomeno,
più o meno intenso secondo i tempi, della
funzione cosmopolita degli intellettuali della
penisola. Accennerò le differenze che saltano
subito agli occhi nello sviluppo degli
intellettuali in tutta una serie di paesi, almeno
le più notevoli, con l’avvertenza che queste
osservazioni dovranno essere controllate e
approfondite (d’altronde, tutte queste note
devono essere considerate semplicemente
come spunti e motivi per la memoria, che
devono essere controllati e approfonditi):
Per l’Italia il fatto centrale è appunto la
funzione internazionale e cosmopolita dei
suoi intellettuali che è causa ed effetto dello
stato di disgregazione in cui rimane la
penisola dalla caduta dell’Impero Romano al
1870.
La Francia dà un tipo compiuto di
sviluppo armonico di tutte le energie
nazionali e specialmente delle categorie
intellettuali; quando nel 1789 un nuovo
raggruppamento sociale affiora politicamente
alla storia, esso è completamente attrezzato
per tutte le sue funzioni sociali e perciò lotta
per il dominio totale della nazione, senza
venire a compromessi essenziali con le
vecchie classi, ma invece subordinandole ai
propri fini. Le prime cellule intellettuali del
nuovo tipo nascono con le prime cellule
economiche: la stessa organizzazione
ecclesiastica ne è influenzata (gallicanismo,
lotte molto precoci tra Chiesa e Stato).
Questa massiccia costruzione intellettuale
spiega la funzione della cultura francese nei
secoli XVIII e XIX, funzione di irradiazione
internazionale e cosmopolita e di espansione
a carattere imperialistico ed egemonico in
modo organico, quindi ben diversa da quella
italiana, a carattere immigratorio personale e
disgregato, che non refluisce sulla base
nazionale per potenziarla ma invece concorre
a rendere impossibile il costituirsi di una
salda base nazionale.
In Russia diversi spunti: l’organizzazione
politica ed economico-commerciale è creata
dai Normanni (Varieghi), quella religiosa dai
greci bizantini; in un secondo tempo i
tedeschi e i francesi portano l’esperienza
europea in Russia e danno un primo scheletro
consistente alla gelatina storica russa. Le
forze nazionali sono inerti, passive e
ricettive, ma forse appunto perciò assimilano
completamente le influenze straniere e gli
stessi stranieri, russificandoli. Nel periodo
storico più recente avviene il fenomeno
inverso: una élite di persone tra le più attive,
energiche, intraprendenti e disciplinate,
emigra all’estero, assimila la cultura e le
esperienze storiche dei paesi più progrediti
dell’Occidente, senza perciò perdere i
caratteri più essenziali della propria
nazionalità, senza cioè rompere i legami
sentimentali e storici col proprio popolo;
fatto così il suo garzonato intellettuale,
rientra nel paese, costringendo il popolo ad
un forzato risveglio, ad una marcia in avanti
accelerata, bruciando le tappe. La differenza
tra questa élite e quella tedesca importata (da
Pietro il Grande, per esempio) consiste nel
suo carattere essenziale nazionale-popolare:
non può essere assimilata dalla passività
inerte del popolo russo, perché è essa stessa
una energica reazione russa alla propria
inerzia storica.
In un altro terreno e in ben diverse
condizioni di tempo e di luogo, questo
fenomeno russo può essere paragonato alla
nascita della nazione americana (Stati Uniti):
gl’immigrati anglosassoni sono anch’essi
un’élite intellettuale, ma specialmente
morale. Si vuol parlare naturalmente dei
primi immigrati, dei pionieri, protagonisti
delle lotte religiose e politiche inglesi,
sconfitti, ma non umiliati né depressi nella
loro patria d’origine. Essi importano in
America, con se stessi, oltre l’energia morale
e volitiva, un certo grado di civiltà, una certa
fase dell’evoluzione storica europea, che
trapiantata nel suolo vergine americano da
tali agenti, continua a sviluppare le forze
implicite nella sua natura ma con un ritmo
incomparabilmente più rapido che nella
vecchia Europa, dove esiste tutta una serie di
freni (morali intellettuali politici economici,
incorporati in determinati gruppi della
popolazione, reliquie dei passati regimi che
non vogliono sparire) che si oppongono a un
processo celere ed equilibrano nella
mediocrità ogni iniziativa, diluendola nel
tempo e nello spazio.
In Inghilterra lo sviluppo è molto diverso
che in Francia. Il nuovo raggruppamento
sociale nato sulla base dell’industrialismo
moderno, ha un sorprendente sviluppo
economico-corporativo, ma procede a tastoni
nel campo intellettuale-politico. Molto vasta
la categoria degli intellettuali organici, nati
cioè sullo stesso terreno industriale col
gruppo economico, ma nella sfera più elevata
troviamo conservata la posizione di quasi
monopolio della vecchia classe terriera, che
perde la supremazia economica ma conserva
a lungo una supremazia politico-intellettuale
e viene assimilata come «intellettuali
tradizionali» e strato dirigente dal nuovo
gruppo al potere. La vecchia aristocrazia
terriera si unisce agli industriali con un tipo
di sutura che in altri paesi è appunto quello
che unisce gli intellettuali tradizionali alle
nuove classi dominanti.
Il fenomeno inglese si è presentato anche
in Germania complicato da altri elementi
storici e tradizionali. La Germania, come
l’Italia, è stata la sede di una istituzione e di
una ideologia universalistica, supernazionale
(Sacro Romano Impero della Nazione
tedesca) e ha dato una certa quantità di
personale alla cosmopoli medioevale,
depauperando le proprie energie interne e
suscitando lotte che distoglievano dai
problemi di organizzazione nazionale e
mantenevano la disgregazione territoriale del
Medio Evo. Lo sviluppo industriale è
avvenuto sotto un involucro semifeudale
durato fino al novembre 1918 e gli junker
hanno mantenuto una supremazia
politico-intellettuale ben maggiore di quella
dello stesso gruppo inglese. Essi sono stati
gli intellettuali tradizionali degli industriali
tedeschi, ma con speciali privilegi e con una
forte coscienza di essere un gruppo sociale
indipendente, basata sul fatto che detenevano
un notevole potere economico sulla terra,
«produttiva» più che in Inghilterra. Gli
junker prussiani rassomigliano a una casta
sacerdotale-militare, che ha un quasi
monopolio delle funzioni
direttive-organizzative nella società politica,
ma ha nello stesso tempo una base
economica propria e non dipende
esclusivamente dalla liberalità del gruppo
economico dominante. Inoltre, a differenza
dei nobili terrieri inglesi, gli junker
costituivano l’ufficialità di un grande esercito
stanziale, ciò che dava loro dei quadri
organizzativi solidi, favorevoli alla
conservazione dello spirito di corpo e del
monopolio politico (nel libro Parlamento e
governo nel nuovo ordinamento della
Germania di Max Weber si possono trovare
molti elementi per vedere come il monopolio
politico dei nobili abbia impedito
l’elaborazione di un personale politico
borghese vasto e sperimentato e sia alla base
delle continue crisi parlamentari e della
disgregazione dei partiti liberali e
democratici; quindi l’importanza del Centro
Cattolico e della Socialdemocrazia, che nel
periodo imperiale riuscirono a elaborare un
proprio strato parlamentare e direttivo
abbastanza notevole).
Negli Stati Uniti è da notare l’assenza, in
una certa misura, degli intellettuali
tradizionali e quindi il diverso equilibrio
degli intellettuali in generale. Si è avuta una
formazione massiccia sulla base industriale
di tutte le superstrutture moderne. La
necessità di un equilibrio non è data dal fatto
che occorre fondere gli intellettuali organici
con quelli tradizionali che non esistono come
categoria cristallizzata e misoneista, ma dal
fatto che occorre fondere in un unico
crogiolo nazionale di cultura unitaria tipi di
culture diverse portati dagli immigrati di
varie origini nazionali. La mancanza di una
vasta sedimentazione di intellettuali
tradizionali, come si è verificata nei paesi di
antica civiltà, spiega in parte, sia l’esistenza
di due soli grandi partiti politici, che si
potrebbero in realtà facilmente ridurre a uno
solo (cfr con la Francia non solo del
dopoguerra, quando la moltiplicazione dei
partiti è diventata fenomeno generale) e
all’opposto la moltiplicazione illimitata delle
sette religiose (mi pare ne siano state
catalogate più di 200; cfr con la Francia e
con le lotte accanite sostenute per mantenere
l’unità religiosa e morale del popolo
francese).
Una manifestazione interessante è ancora
da studiare negli Stati Uniti ed è il formarsi
di un numero sorprendente di intellettuali
negri, che assorbono la cultura e la tecnica
americana. Si può pensare all’influsso
indiretto che questi intellettuali negri
possono esercitare sulle masse arretrate
dell’Africa e a quello diretto se si verificasse
una di queste ipotesi: 1) che l’espansionismo
americano si serva come di suoi agenti dei
negri nazionali per conquistare i mercati
africani e estendervi il proprio tipo di civiltà
(qualcosa di simile è già avvenuto, ma ignoro
in qual misura); 2) che le lotte per
l’unificazione del popolo americano si
inaspriscano in tal misura da determinare
l’esodo dei negri e il ritorno in Africa degli
elementi intellettuali più indipendenti ed
energici e quindi meno propensi ad
assoggettarsi a una possibile legislazione
ancora più umiliante del costume attualmente
diffuso. Nascerebbero due quistioni
fondamentali: 1) della lingua, cioè l’inglese
potrebbe diventare la lingua colta dell’Africa,
unificatrice dell’esistente pulviscolo di
dialetti? 2) se questo strato intellettuale possa
avere la capacità assimilatrice e
organizzatrice in tal misura da far diventare
«nazionale» l’attuale primitivo sentimento di
razza disprezzata, innalzando il continente
africano al mito e alla funzione di patria
comune di tutti i negri. Mi pare che, per ora, i
negri d’America debbano avere uno spirito di
razza e nazionale più negativo che positivo,
suscitato cioè dalla lotta che i bianchi
conducono per isolarli e deprimerli: ma non è
stato questo il caso degli ebrei fino a tutto il
1700? La Liberia già americanizzata e con
lingua ufficiale inglese potrebbe diventare la
Sion dei negri americani, con la tendenza a
porsi come il Piemonte africano.
Nell’America meridionale e centrale la
quistione degli intellettuali mi pare sia da
esaminare tenendo conto di queste condizioni
fondamentali: anche nell’America
meridionale e centrale non esiste una vasta
categoria di intellettuali tradizionali, ma la
cosa non si presenta negli stessi termini degli
Stati Uniti. Troviamo infatti alla base dello
sviluppo di questi paesi i quadri della civiltà
spagnola e portoghese del 500 e del 600,
caratterizzata dalla Controriforma e dal
militarismo parassitario. Le cristallizzazioni
resistenti ancora oggi in questi paesi sono il
clero e una casta militare, due categorie di
intellettuali tradizionali fossilizzate nella
forma della madre patria europea. La base
industriale è molto ristretta e non ha
sviluppato soprastrutture complicate: la
maggior quantità di intellettuali è di tipo
rurale e poiché domina il latifondo, con
estese proprietà ecclesiastiche, questi
intellettuali sono legati al clero e ai grandi
proprietari. La composizione nazionale è
molto squilibrata anche fra i bianchi, ma si
complica per le masse notevoli di indii che in
alcuni paesi sono la maggioranza della
popolazione. Si può dire in generale che in
queste regioni americane esiste ancora una
situazione da Kulturkampf e da processo
Dreyfus, cioè una situazione in cui
l’elemento laico e borghese non ha ancora
raggiunto la fase della subordinazione alla
politica laica dello Stato moderno degli
interessi e dell’influenza clericale e
militaresca. Avviene così che per
opposizione al gesuitismo abbia ancora molta
influenza la Massoneria e il tipo di
organizzazione culturale come la «Chiesa
positivista». Gli avvenimenti di questi ultimi
tempi (novembre 1930), dal Kulturkampf di
Calles nel Messico alle insurrezioni
militari-popolari in Argentina, nel Brasile,
nel Perù, nel Cile, in Bolivia, dimostrano
appunto la esattezza di queste osservazioni.
Altri tipi di formazione delle categorie
intellettuali e dei loro rapporti con le forze
nazionali si possono trovare in India, in Cina,
nel Giappone. Nel Giappone abbiamo una
formazione del tipo inglese e tedesco, cioè di
una civiltà industriale che si sviluppa entro
un involucro feudale-burocratico con
caratteri propri inconfondibili.
In Cina c’è il fenomeno della scrittura,
espressione della completa separazione degli
intellettuali dal popolo. In India e in Cina
l’enorme distanza tra gli intellettuali e il
popolo si manifesta poi nel campo religioso.
Il problema delle diverse credenze e del
modo diverso di concepire e praticare la
stessa religione tra i diversi strati della
società ma specialmente tra clero e
intellettuali e popolo dovrebbe essere
studiato in generale, perché si manifesta da
per tutto in una certa misura, sebbene nei
paesi dell’Asia orientale abbia le
manifestazioni più estreme. Nei paesi
protestanti la differenza è relativamente
piccola (la moltiplicazione delle sette è legata
all’esigenza di una sutura completa tra
intellettuali e popolo, ciò che riproduce nella
sfera dell’organizzazione superiore tutte le
scabrosità della concezione reale delle masse
popolari). È molto notevole nei paesi
cattolici, ma con gradi diversi: meno grande
nella Germania cattolica e in Francia, più
grande in Italia, specialmente nel
Mezzogiorno e nelle Isole; grandissima nella
penisola iberica e nei paesi dell’America
latina. Il fenomeno aumenta di portata nei
paesi ortodossi ove bisogna parlare di tre
gradi della stessa religione: quello dell’alto
clero e dei monaci, quello del clero secolare
e quello del popolo. Diventa assurdo
nell’Asia orientale, dove la religione del
popolo spesso non ha nulla a che fare con
quella dei libri, sebbene alle due si dia lo
stesso nome.
Aspetti diversi della quistione degli
intellettuali, oltre quelli sopra accennati.
Occorre farne un prospetto organico,
sistematico e ragionato. Registro delle
attività di carattere prevalentemente
intellettuale. Istituzioni legate all’attività
culturale. Metodo e problemi di metodo del
lavoro intellettuale e culturale, sia creativo
che divulgativo. Scuola, accademia, circoli di
diverso tipo come istituzioni di elaborazione
collegiale della vita culturale. Riviste e
giornali come mezzi per organizzare e
diffondere determinati tipi di cultura.
Si può osservare in generale che nella
civiltà moderna tutte le attività pratiche sono
diventate così complesse e le scienze si sono
talmente intrecciate alla vita che ogni attività
pratica tende a creare una scuola per i propri
dirigenti e specialisti e quindi a creare un
gruppo di intellettuali specialisti di grado più
elevato, che insegnino in queste scuole. Così
accanto al tipo di scuola che si potrebbe
chiamare «umanistica», ed è quello
tradizionale più antico, e che era rivolta a
sviluppare in ogni individuo umano la cultura
generale ancora indifferenziata, la potenza
fondamentale di pensare e di sapersi dirigere
nella vita, si è andato creando tutto un
sistema di scuole particolari di vario grado,
per intere branche professionali o per
professioni già specializzate e indicate con
precisa individuazione. Si può anzi dire che
la crisi scolastica che oggi imperversa è
appunto legata al fatto che questo processo di
differenziazione e particolarizzazione
avviene caoticamente, senza principii chiari e
precisi, senza un piano bene studiato e
consapevolmente fissato: la crisi del
programma e dell’organizzazione scolastica,
cioè dell’indirizzo generale di una politica di
formazione dei moderni quadri intellettuali, è
in gran parte un aspetto e una complicazione
della crisi organica più comprensiva e
On peut observer en général que, dans la
civilisation moderne, toutes les activités
pratiques sont devenues si complexes et les
sciences se sont tellement imbriquées dans la
vie que chaque activité pratique tend à créer
une école pour ses propres dirigeants et
spécialistes, et par suite à créer un groupe
d'intellectuels du niveau le plus élevé,
destinés à enseigner dans ces écoles. Ainsi, à
côté du type d'école qu'on pourrait appeler «
humaniste » (c'est le type traditionnel le plus
ancien, qui visait à développer en chaque
individu humain la culture générale encore
indifférenciée, le pouvoir fondamental de
penser et de savoir se diriger dans la vie), on
a créé tout un système d'écoles particulières
de différents niveaux, pour des branches
professionnelles entières ou pour des
professions déjà spécialisées et caractérisées
avec précision. On peut même dire que la
crise scolaire qui sévit aujourd'hui est
justement liée au fait que ce processus de
différenciation et de particularisation se
produit dans le chaos, sans principes clairs et
précis, sans un plan bien étudié et
consciemment établi : la crise du programme
et de l'organisation scolaire, autrement dit de
generale. La divisione fondamentale della
scuola in classica e professionale era uno
schema razionale: la scuola professionale per
le classi strumentali, quella classica per le
classi dominanti e per gli intellettuali. Lo
sviluppo della base industriale sia in città che
in campagna aveva un crescente bisogno del
nuovo tipo di intellettuale urbano: si sviluppò
accanto alla scuola classica quella tecnica
(professionale ma non manuale), ciò che
mise in discussione il principio stesso
dell’indirizzo concreto di cultura generale,
dell’indirizzo umanistico della cultura
generale fondata sulla tradizione
greco-romana. Questo indirizzo, una volta
messo in discussione, può dirsi spacciato,
perché la sua capacità formativa era in gran
parte basata sul prestigio generale e
tradizionalmente indiscusso, di una
determinata forma di civiltà.
Oggi la tendenza è di abolire ogni tipo di
scuola «disinteressata» (non immediatamente
interessata) e «formativa» o di lasciarne solo
un esemplare ridotto per una piccola élite di
signori e di donne che non devono pensare a
prepararsi un avvenire professionale e di
diffondere sempre più le scuole professionali
specializzate in cui il destino dell’allievo e la
sua futura attività sono predeterminate. La
crisi avrà una soluzione che razionalmente
dovrebbe seguire questa linea: scuola unica
iniziale di cultura generale, umanistica,
formativa, che contemperi giustamente lo
sviluppo della capacità di lavorare
manualmente (tecnicamente,
industrialmente) e lo sviluppo delle capacità
del lavoro intellettuale. Da questo tipo di
scuola unica, attraverso esperienze ripetute di
orientamento professionale, si passerà a una
delle scuole specializzate o al lavoro
produttivo.
È da tener presente la tendenza in
isviluppo per cui ogni attività pratica tende a
crearsi una sua scuola specializzata, così
come ogni attività intellettuale tende a crearsi
propri circoli di cultura, che assumono la
funzione di istituzioni postscolastiche
l'orientation générale d'une politique de
formation des cadres intellectuels modernes,
est en grande partie un aspect et une
complication de la crise organique plus
globale et plus générale. La division
fondamentale de l'école en classique et
professionnelle était un schéma rationnel :
l'école professionnelle pour les classes
exécutantes, l'école classique pour les classes
dominantes et les intellectuels. Le
développement de la base industrielle, tant en
ville qu'à la campagne, suscitait un besoin
croissant du nouveau type d'intellectuel
urbain ; à côté de l'école classique se
développa l'école technique (professionnelle
mais non manuelle), ce qui mit en question le
principe même de l'orientation concrète de la
culture générale, de l'orientation humaniste
de la culture générale fondée sur la tradition
gréco-romaine. Cette orientation une fois
mise en question, on peut dire qu'elle est
liquidée ; car sa capacité formatrice se
fondait en grande partie sur le prestige
général et traditionnellement indiscuté d'une
forme déterminée de civilisation.
La tendance actuelle est d'abolir tout type
d'école « désintéressée » (non immédiatement intéressée) et formatrice, quitte à
en laisser subsister un modèle réduit pour
une petite élite de messieurs et de dames qui
n'ont pas de souci de se préparer un avenir
professionnel. La tendance est de répandre
toujours davantage les écoles professionnelles spécialisées dans lesquelles la
destinée de l'élève et son activité future sont
prédéterminées. La crise aura une solution
qui, rationnellement, devrait aller dans ce
sens : école initiale unique de culture
générale, humaniste, formatrice, qui trouverait un juste équilibre entre le développement
de l'aptitude au travail manuel (technique,
industriel) et le développement de l'aptitude
au travail intellectuel. De ce type d'école
unique, à travers des expériences répétées
d'orientation professionnelle, on passera à
l'une des écoles spécialisées ou au travail
productif.
Il faut garder présente à l'esprit la
tendance qui s'accentue : chaque activité
specializzate nell’organizzare le condizioni
in cui sia possibile tenersi al corrente dei
progressi che si verificano nel proprio ramo
scientifico. Si può anche osservare che
sempre più gli organi deliberanti tendono a
distinguere la loro attività in due aspetti
«organici», quella deliberativa che è loro
essenziale e quella tecnico-culturale per cui
le quistioni su cui occorre prendere
risoluzioni sono prima esaminate da esperti
ed analizzate scientificamente. Questa
attività ha creato già tutto un corpo
burocratico di una nuova struttura, poiché
oltre agli uffici specializzati di competenti
che preparano il materiale tecnico per i corpi
deliberanti, si crea un secondo corpo di
funzionati, più o meno «volontari» e
disinteressati, scelti volta a volta
nell’industria, nella banca, nella finanza. È
questo uno dei meccanismi attraverso cui la
burocrazia di carriera aveva finito col
controllare i regimi democratici e i
parlamenti; ora il meccanismo si va
estendendo organicamente ed assorbe nel suo
circolo i grandi specialisti dell’attività pratica
privata, che così controlla e regimi e
burocrazia. Poiché si tratta di uno sviluppo
organico necessario che tende a integrare il
personale specializzato nella tecnica politica
con personale specializzato nelle quistioni
concrete di amministrazione delle attività
pratiche essenziali delle grandi e complesse
società nazionali moderne, ogni tentativo di
esorcizzare queste tendenze dall’esterno, non
produce altro risultato che prediche
moralistiche e gemiti retorici. Si pone la
quistione di modificare la preparazione del
personale tecnico politico, integrando la sua
cultura secondo le nuove necessità e di
elaborare nuovi tipi di funzionari
specializzati che collegialmente integrino
l’attività deliberante. Il tipo tradizionale del
«dirigente» politico, preparato solo per le
attività giuridico-formali, diventa
anacronistico e rappresenta un pericolo per la
vita statale: il dirigente deve avere quel
minimo di coltura generale tecnica che gli
permetta, se non di «creare» autonomamente
la soluzione giusta, di saper giudicare tra le
soluzioni prospettate dagli esperti e scegliere
pratique tend à se créer sa propre école
spécialisée, comme chaque activité
intellectuelle tend à se créer ses propres
cercles de culture. Cercles qui jouent le rôle
d'institutions postscolaires spécialisées dans
l'organisation des conditions permettant à
chacun de se tenir au courant des progrès
réalisés dans sa propre branche scientifique.
On peut aussi observer que les organismes
délibérants tendent toujours davantage à
distinguer dans leur activité deux aspects «
organiques » : l'activité délibérative, qui leur
est essentielle, et l'activité technico-culturelle
consistant dans l'examen préalable par des
experts et dans l'analyse scientifique
préalable des problèmes qui doivent donner
lieu à décision. Cette activité a déjà créé tout
un corps bureaucratique de structure nouvelle
: en plus des bureaux spécialisés où le
personnel compétent prépare le matériel
technique pour les organismes délibérants, se
crée un second corps de fonctionnaires plus
ou moins « bénévoles » et désintéressés,
choisis tour à tour dans l'industrie, la banque,
la finance. C'est là un des mécanismes à
travers lesquels la bureaucratie de carrière
avait fini par contrôler les régimes
démocratiques et les parlements ; à présent le
mécanisme s'étend organiquement et absorbe
dans son cercle les grands spécialistes de
l'activité pratique privée, qui contrôle ainsi et
les régimes et les bureaucraties. Il s'agit là
d'un développement organique nécessaire qui
tend à intégrer le personnel spécialisé dans la
technique politique avec le personnel spécialisé dans les questions concrètes
d'administration des activités pratiques
essentielles des grandes et complexes
sociétés nationales modernes : donc, toute
tentative pour exorciser du dehors ces
tendances ne produit d'autre résultat que
sermons moralisateurs et gémissements
rhétoriques. La question se pose de modifier
la préparation du personnel technique
politique, en complétant sa culture selon les
nécessités nouvelles, et d'élaborer de
nouveaux types de fonctionnaires spécialisés
capables de compléter collégialement
l'activité délibérante. Le type traditionnel du
« dirigeant » politique, préparé seulement
quindi quella giusta dal punto di vista
«sintetico» della tecnica politica. Un tipo di
collegio deliberante che cerca di incorporarsi
la competenza tecnica necessaria per operare
realisticamente è stato descritto in altro
luogo, dove si parla di ciò che avviene in
certe redazioni di riviste, che funzionano
nello stesso tempo come redazioni e come
circoli di coltura. Il circolo critica
collegialmente e contribuisce così ad
elaborare i lavori dei singoli redattori, la cui
operosità è organizzata secondo un piano e
una divisione del lavoro razionalmente
predisposta. Attraverso la discussione e la
critica collegiale (fatta di suggerimenti,
consigli, indicazioni metodiche, critica
costruttiva e rivolta alla educazione
reciproca) per cui ognuno funziona da
specialista nella sua materia per integrare la
competenza collettiva, in realtà si riesce ad
elevare il livello medio dei singoli redattori, a
raggiungere l’altezza o la capacità del più
preparato, assicurando alla rivista una
collaborazione sempre più scelta ed organica,
non solo, ma creando le condizioni per il
sorgere di un gruppo omogeneo di
intellettuali preparato a produrre una regolare
e metodica attività «libraria» (non solo di
pubblicazioni d’occasione e di saggi parziali,
ma di lavori organici di insieme).
Indubbiamente, in questa specie di attività
collettive, ogni lavoro produce nuove
capacità e possibilità di lavoro, poiché crea
sempre più organiche condizioni di lavoro:
schedari, spogli bibliografici, raccolta di
opere fondamentali specializzate ecc. Si
domanda una lotta rigorosa contro le
abitudini al dilettantismo,
all’improvvisazione, alle soluzioni «oratorie»
e declamatorie. Il lavoro deve essere fatto
specialmente per iscritto, così come per
iscritto devono essere le critiche, in note
stringate e succinte, ciò che si può ottenere
distribuendo a tempo il materiale ecc.; lo
scrivere le note e le critiche è principio
didattico reso necessario dal bisogno di
combattere le abitudini alla prolissità, alla
declamazione e al paralogismo create
dall’oratoria. Questo tipo di lavoro
intellettuale è necessario per fare acquistare
aux activités juridico-formelles, devient
anachronique et représente un danger pour la
vie de l'État. Le dirigeant doit avoir ce
minimum de culture générale technique qui
lui permette, sinon de « créer » de façon
autonome la solution juste, du moins de
savoir arbitrer entre les solutions explorées
par les experts et choisir alors celle qui est
juste du point de vue « synthétique » de la
technique politique. Un type de collège
délibérant qui cherche à s'incorporer la
compétence technique nécessaire pour
oeuvrer à des fins réalistes a été décrit
ailleurs : il s'agit de ce qui se passe dans
certaines rédactions de revues, qui
fonctionnent en même temps comme
rédactions et comme cercles de culture. Le
cercle critique collégialement et contribue
ainsi à élaborer le travail de chaque rédacteur
dont l'activité est organisée selon un plan et
une division du travail rationnellement
prévue. A travers la discussion et la critique
collégiale (faite de suggestions, de conseils,
d'indications méthodologiques, critique
constructive et orientée vers l'éducation
réciproque) qui permettent à chacun de
fonctionner en spécialiste dans son domaine
pour compléter la compétence collective, on
réussit en réalité à élever le niveau ou la
capacité du mieux préparé ; ce qui n'assure
pas seulement à la revue une collaboration
toujours plus choisie et organique, mais crée
en outre les conditions pour que naisse un
groupe homogène d'intellectuels prêts à
produire une activité « de librairie » (non
seulement de publications occasionnelles et
d'essais partiels, mais de travaux organiques
d'ensemble). Sans aucun doute, dans cette
sorte d'activité collective, chaque travail
produit de nouvelles capacités et possibilités
de travail, puisqu'il crée des conditions de
travail toujours plus organiques : fichiers,
dépouillements bibliographiques, collection
d'œuvres spécialisées fondamentales, etc.
Cela demande une lutte rigoureuse contre les
habitudes de dilettantisme, d'improvisation,
les solutions « rhétoriques » et déclamatoires.
En particulier le travail doit être fait par écrit,
de même que doivent être écrites les
critiques, en notes concises et succinctes ; ce
agli autodidatti la disciplina degli studi che
procura una carriera scolastica regolare, per
taylorizzare il lavoro intellettuale. Così è
utile il principio degli «anziani di Santa Zita»
di cui parla il De Sanctis nei suoi ricordi
sulla scuola napoletana di Basilio Puoti: cioè
è utile una certa «stratificazione» delle
capacità ed attitudini e la formazione di
gruppi di lavoro sotto la guida dei più esperti
e sviluppati, che accelerino la preparazione
dei più arretrati e grezzi.
Un punto importante nello studio
dell’organizzazione pratica della scuola
unitaria è quello riguardante la carriera
scolastica nei suoi vari gradi conformi all’età
e allo sviluppo intellettuale-morale degli
allievi e ai fini che la scuola stessa vuole
raggiungere. La scuola unitaria o di
formazione umanistica (inteso questo termine
di umanismo in senso largo e non solo nel
senso tradizionale) o di cultura generale,
dovrebbe proporsi di immettere nell’attività
sociale i giovani dopo averli portati a un
certo grado di maturità e capacità alla
creazione intellettuale e pratica e di
autonomia nell’orientamento e
nell’iniziativa. La fissazione dell’età
scolastica obbligatoria dipende dalle
condizioni economiche generali, poiché
queste possono costringere a domandare ai
giovani e ai ragazzi un certo apporto
produttivo immediato. La scuola unitaria
domanda che lo Stato possa assumersi le
spese che oggi sono a carico della famiglia
per il mantenimento degli scolari, cioè
trasforma il bilancio del dicastero
dell’educazione nazionale da cima a fondo,
estendendolo in modo inaudito e
complicandolo: la intera funzione
dell’educazione e formazione delle nuove
generazioni diventa da privata, pubblica,
poiché solo così essa può coinvolgere tutte le
generazioni senza divisioni di gruppi o caste.
Ma questa trasformazione dell’attività
qu'on peut obtenir en distribuant à temps le
matériel, etc. Écrire les notes et les critiques
est un principe didactique rendu nécessaire
parce qu'il faut combattre les habitudes de
prolixité, de déclamation et de paralogisme
créées par la rhétorique. Ce type de travail
intellectuel est nécessaire pour faire acquérir
aux autodidactes la discipline des études que
procure une scolarité régulière, pour
tayloriser le travail intellectuel. Est utile dans
le même sens le principe des « anciens de
Sainte Zita » dont parle De Sanctis dans ses
souvenirs sur l'école napolitaine de Basilio
Puoti : c'est-à-dire une certaine «
stratification » des capacités et aptitudes et la
formation de groupes de niveaux sous la
direction des plus expérimentés et des plus
avancés, pour qu'ils accélèrent la préparation
des plus retardés et des moins formés.
Un point important dans l'étude de
l'organisation pratique de l'école unitaire
concerne le cours de la scolarité dans ses
divers niveaux conformes à l'âge des élèves,
à leur développement intellectuel et moral et
aux fins que l'école elle-même veut atteindre.
L'école unitaire ou de formation humaniste
(ce terme d'humanisme entendu au sens large
et non seulement dans son sens traditionnel)
ou de culture générale, devrait se proposer
d'insérer les jeunes dans l'activité sociale
après les avoir conduits à un certain niveau
de maturité et de capacité pour la création
intellectuelle et pratique, et d'autonomie dans
l'orientation et l'initiative. La fixation de l'âge
scolaire obligatoire dépend des conditions
économiques générales, car celles-ci peuvent
contraindre à demander aux jeunes et aux
enfants un certain apport productif immédiat.
L'école unitaire exige que l'État puisse
assumer les dépenses qui sont aujourd'hui à
la charge des familles pour l'entretien des
élèves, c'est-à-dire qu'il transforme de fond
en comble le budget du ministère de
l'Éducation nationale, en l'étendant de façon
inouïe et en le compliquant : toute la fonction
d'éducation et de formation des nouvelles
générations cesse d'être privée pour devenir
publique, car ainsi seulement elle peut
englober toutes les générations sans divisions
scolastica domanda un allargamento inaudito
dell’organizzazione pratica della scuola, cioè
degli edifizi, del materiale scientifico, del
corpo insegnante ecc. Il corpo insegnante
specialmente dovrebbe essere aumentato,
perché la efficenza della scuola è tanto
maggiore e intensa quanto più piccolo è il
rapporto tra maestro e allievi, ciò che
prospetta altri problemi non di facile e rapida
soluzione. Anche la quistione degli edifizi
non è semplice, perché questo tipo di scuola
dovrebbe essere una scuola-collegio, con
dormitori, refettori, biblioteche specializzate,
sale adatte per il lavoro di seminario ecc.
Perciò inizialmente il nuovo tipo di scuola
dovrà e non potrà non essere che propria di
gruppi ristretti, di giovani scelti per concorso
o indicati sotto la loro responsabilità da
istituzioni idonee. La scuola unitaria
dovrebbe corrispondere al periodo
rappresentato oggi dalle elementari e dalle
medie, riorganizzate non solo per il
contenuto e il metodo di insegnamento, ma
anche per la disposizione dei vari gradi della
carriera scolastica. Il primo grado elementare
non dovrebbe essere di più che 3-4 anni e
accanto all’insegnamento delle prime nozioni
«strumentali» dell’istruzione – leggere,
scrivere, far di conto, geografia, storia –
dovrebbe specialmente svolgere la parte che
oggi è trascurata dei «diritti e doveri», cioè le
prime nozioni dello Stato e della società,
come elementi primordiali di una nuova
concezione del mondo che entra in lotta
contro le concezioni date dai diversi ambienti
sociali tradizionali, cioè le concezioni che si
possono chiamare folcloristiche. Il problema
didattico da risolvere è quello di temperare e
fecondare l’indirizzo dogmatico che non può
non essere proprio di questi primi anni. Il
resto del corso non dovrebbe durare più di sei
anni, in modo che a 15-16 anni si dovrebbe
poter compiere tutti i gradi della scuola
unitaria. Si può obbiettare che un tale corso è
troppo faticoso per la sua rapidità, se si
vogliono raggiungere effettivamente i
risultati che l’attuale organizzazione della
scuola classica si propone ma non raggiunge.
Si può dire però che il complesso della nuova
organizzazione dovrà contenere in se stessa
de groupes ou de castes. Mais cette
transformation de l'activité scolaire demande
un développement inouï de l'organisation
pratique de l'école, c'est-à-dire des bâtiments,
du matériel scientifique, du corps enseignant,
etc. En particulier le corps enseignant devrait
être plus nombreux, car l'efficacité de l'école
est d'autant plus grande et intense que le
rapport entre maître et élèves est plus petit,
ce qui renvoie à d'autres problèmes dont la
solution n'est ni facile ni rapide. Même la
question des bâtiments n'est pas simple,
parce que ce type d'école devrait être un
collège avec dortoirs, réfectoires,
bibliothèques spécialisées, salles adaptées
aux travaux de séminaires, etc. C'est
pourquoi, au début, ce nouveau type d'école
devra être et ne pourra être que réservé à des
groupes restreints, à des jeunes choisis par
concours ou désignés, sous leur
responsabilité, par des institutions
appropriées. L'école unitaire devrait
correspondre à la période représentée
aujourd'hui par les écoles élémentaires et
moyennes, réorganisées non seulement pour
le contenu et la méthode d'enseignement,
mais aussi pour la disposition des différents
niveaux de la scolarité. Le premier degré
élémentaire ne devrait pas dépasser trois ou
quatre années et, à côté de l'enseignement des
premières notions « instrumentales » de
l'instruction - lire, écrire, compter,
géographie, histoire -, il devrait développer
spécialement le domaine aujourd'hui négligé
des « droits et devoirs » ; c'est-à-dire les
premières notions de l'État et de la Société,
en tant qu'éléments primordiaux d'une
nouvelle conception du monde qui entre en
lutte avec les conceptions données par les
divers milieux sociaux traditionnels,
conceptions qu'on peut appeler folkloriques.
Le problème didactique à résoudre est de
tempérer et féconder l'orientation dogmatique
qui ne peut pas ne pas être propre à ces
premières années. Le reste du cursus ne
devrait pas durer plus de six ans, de sorte
qu'à quinze-seize ans, on devrait pouvoir
avoir franchi tous les degrés de l'école
unitaire. On peut objecter qu'un tel cursus est
trop fatigant par sa rapidité, si l'on veut
gli elementi generali per cui oggi, per una
parte degli allievi almeno, il corso è invece
troppo lento. Quali sono questi elementi? In
una serie di famiglie, specialmente dei ceti
intellettuali, i ragazzi trovano nella vita
famigliare una preparazione, un
prolungamento e un’integrazione della vita
scolastica, assorbono, come si dice,
dall’«aria» tutta una quantità di nozioni e di
attitudini che facilitano la carriera scolastica
propriamente detta: essi conoscono già e
sviluppano la conoscenza della lingua
letteraria, cioè il mezzo di espressione e di
conoscenza, tecnicamente superiore ai mezzi
posseduti dalla media della popolazione
scolastica dai 6 ai 12 anni. Così gli allievi
della città, per il solo fatto di vivere in città,
hanno assorbito già prima dei 6 anni una
quantità di nozioni e di attitudini che rendono
più facile, più proficua e più rapida la
carriera scolastica. Nell’organizzazione
intima della scuola unitaria devono essere
create almeno le principali di queste
condizioni, oltre al fatto, che è da supporre,
che parallelamente alla scuola unitaria si
sviluppi una rete di asili d’infanzia e altre
istituzioni in cui, anche prima dell’età
scolastica, i bambini siano abituati a una
certa disciplina collettiva ed acquistino
nozioni e attitudini prescolastiche. Infatti, la
scuola unitaria dovrebbe essere organizzata
come collegio, con vita collettiva diurna e
notturna, liberata dalle attuali forme di
disciplina ipocrita e meccanica, e lo studio
dovrebbe essere fatto collettivamente, con
l’assistenza dei maestri e dei migliori allievi,
anche nelle ore di applicazione così detta
individuale ecc.
Il problema fondamentale si pone per
quella fase dell’attuale carriera scolastica che
oggi è rappresentata dal liceo e che oggi non
si differenzia per nulla, come tipo
d’insegnamento, dalle classi precedenti, altro
che per la supposizione astratta di una
maggiore maturità intellettuale e morale
dell’allievo conforme all’età maggiore e
atteindre effectivement les résultats que
l'actuelle organisation de l'école classique se
propose mais n'atteint pas. On peut dire
pourtant que le complexe de la nouvelle
organisation devra contenir en lui-même les
éléments généraux qui font qu'aujourd'hui,
pour une partie des élèves au moins, le
cursus est au contraire trop lent. Quels sont
ces éléments ? Dans une série de familles, en
particulier celles des couches intellectuelles,
les enfants trouvent dans la vie familiale une
préparation, un prolongement et un
complément de la vie scolaire ; ils absorbent,
comme on dit, dans « l'air » quantité de
notions et d'attitudes qui facilitent la scolarité
proprement dite : ils connaissent déjà et
développent la connaissance de la langue
littéraire, c'est-à-dire le moyen d'expression
et de connaissance, techniquement supérieur
aux moyens possédés par la population
scolaire moyenne de six à douze ans. C'est
ainsi que les élèves de la ville, par le seul fait
de vivre en ville, ont absorbé dès avant six
ans quantité de notions et d'attitudes qui
rendent la scolarité plus facile, plus
profitable et plus rapide. Dans l'organisation
interne de l'école unitaire doivent être créées
au moins les principales de ces conditions,
outre le fait, qui est à supposer, que
parallèlement à l'école unitaire se
développerait un réseau de jardins d'enfants
et autres institutions dans lesquelles, même
avant l'âge scolaire, les petits enfants seraient
habitués à une certaine discipline collective
et pourraient acquérir des notions et des
habitudes préscolaires. En fait, l'école
unitaire devrait être organisée comme un
collège avec une vie collective diurne et
nocturne, libérée des formes actuelles de
discipline hypocrite et mécanique, et l'étude
devrait se faire collectivement, avec l'aide
des maîtres et des meilleurs élèves, même
pendant les heures de travail dit individuel,
etc.
Le problème fondamental se pose pour la
phase du cursus actuel représenté aujourd'hui
par le lycée, phase qui aujourd'hui ne se
différencie en rien, comme type
d'enseignement, des classes précédentes ;
sinon par la supposition abstraite d'une plus
grande maturité intellectuelle et morale de
l'élève, conforme à son âge plus avancé et à
l'expérience précédemment accumulée.
En fait, entre le lycée et l'université c'est-à-dire entre l'école proprement dite et la
vie - il y a aujourd'hui un saut, une véritable
solution de continuité, et non un passage
rationnel de la quantité (âge) à la qualité
(maturité intellectuelle et morale). De l'enseignement presque purement dogmatique, dans
lequel la mémoire joue un grand rôle, on
passe à la phase créatrice ou au travail
autonome et indépendant ; de l'école avec
discipline d'étude imposée et contrôlée de
façon autoritaire, on passe à une phase
d'étude ou de travail professionnel où
l'autodiscipline intellectuelle et l'autonomie
morale sont théoriquement illimitées. Et cela
arrive tout de suite après la crise de la
puberté, quand la fougue des passions
instinctives et élémentaires n'a pas encore
fini de lutter avec les freins du caractère et de
la conscience morale en formation. De plus,
en Italie, où dans les universités le principe
du travail de « séminaire » n'est pas répandu,
Ecco dunque che nella scuola unitaria la
fase ultima deve essere concepita e organata le passage est encore plus brusque et
come la fase decisiva in cui si tende a creare i mécanique.
Il en résulte que, dans l'école unitaire, la
valori fondamentali dell’«umanesimo»,
phase ultime doit être conçue et organisée
l’autodisciplina intellettuale e l’autonomia
comme la phase décisive où l'on tend à créer
morale necessarie per l’ulteriore
les valeurs fondamentales de l' « humanisme
specializzazione sia essa di carattere
scientifico (studi universitari) sia di carattere », l'auto-discipline intellectuelle et
l'autonomie morale nécessaires pour la
immediatamente pratico-produttivo
spécialisation ultérieure, qu'elle soit de
(industria, burocrazia, organizzazione degli
caractère scientifique (études universitaires)
scambi, ecc.). Lo studio e l’apprendimento
ou de caractère immédiatement praticodei metodi creativi nella scienza e nella vita
productif (industrie, bureaucratie, organisadeve cominciare in questa ultima fase della
tion des échanges, etc.). L'étude et
scuola e non essere più un monopolio
dell’Università o essere lasciato al caso della l'apprentissage des méthodes créatrices dans
la vie doivent commencer dans cette ultime
vita pratica: questa fase scolastica deve già
phase de l'école, ne doivent plus être un
contribuire a sviluppare l’elemento della
monopole de l'université ni être laissés au
responsabilità autonoma negli individui,
hasard de la vie pratique : cette phase de la
essere una scuola creativa (occorre
distinguere tra scuola creativa e scuola attiva, scolarité doit déjà contribuer à développer
dans les individus l'élément de la responanche nella forma data dal metodo Dalton.
sabilité autonome, doit être une école
Tutta la scuola unitaria è scuola attiva,
créatrice. Il convient de distinguer entre
sebbene occorra porre dei limiti alle
école créatrice et école active, même sous la
ideologie libertarie in questo campo e
forme que lui donne la méthode Dalton.
rivendicare con una certa energia il dovere
all’esperienza precedentemente accumulata.
Di fatto tra liceo e università e cioè tra la
scuola vera e propria e la vita c’è un salto,
una vera soluzione di continuità, non un
passaggio razionale dalla quantità (età) alla
qualità (maturità intellettuale e morale).
Dall’insegnamento quasi puramente
dogmatico, in cui la memoria ha una grande
parte, si passa alla fase creativa o di lavoro
autonomo e indipendente; dalla scuola con
disciplina dello studio imposta e controllata
autoritativamente si passa a una fase di
studio o di lavoro professionale in cui
l’autodisciplina intellettuale e l’autonomia
morale è teoricamente illimitata. E ciò
avviene subito dopo la crisi della pubertà,
quando la foga delle passioni istintive ed
elementari non ha ancora finito di lottare coi
freni del carattere e della coscienza morale in
formazione. In Italia poi, dove nelle
Università non è diffuso il principio del
lavoro di «seminario», il passaggio è ancora
più brusco e meccanico.
delle generazioni adulte, cioè dello Stato, di
«conformare» le nuove generazioni. Si è
ancora nella fase romantica della scuola
attiva, in cui gli elementi della lotta contro la
scuola meccanica e gesuitica si sono dilatati
morbosamente per ragioni di contrasto e di
polemica: occorre entrare nella fase
«classica», razionale, trovare nei fini da
raggiungere la sorgente naturale per
elaborare i metodi e le forme. La scuola
creativa è il coronamento della scuola attiva:
nella prima fase si tende a disciplinare,
quindi anche a livellare, a ottenere una certa
specie di «conformismo» che si può
chiamare «dinamico»; nella fase creativa, sul
fondamento raggiunto di «collettivizzazione»
del tipo sociale, si tende a espandere la
personalità, divenuta autonoma e
responsabile, ma con una coscienza morale e
sociale solida e omogenea. Così scuola
creativa non significa scuola di «inventori e
scopritori»; si indica una fase e un metodo di
ricerca e di conoscenza, e non un
«programma» predeterminato con l’obbligo
dell’originalità e dell’innovazione a tutti i
costi. Indica che l’apprendimento avviene
specialmente per uno sforzo spontaneo e
autonomo del discente, e in cui il maestro
esercita solo una funzione di guida
amichevole come avviene o dovrebbe
avvenire nell’Università. Scoprire da se
stessi, senza suggerimenti e aiuti esterni, una
verità è creazione, anche se la verità è
vecchia, e dimostra il possesso del metodo;
indica che in ogni modo si è entrati nella fase
di maturità intellettuale in cui si possono
scoprire verità nuove. Perciò in questa fase
l’attività scolastica fondamentale si svolgerà
nei seminari, nelle biblioteche, nei laboratori
sperimentali; in essa si raccoglieranno le
indicazioni organiche per l’orientamento
professionale).
L’avvento della scuola unitaria significa
l’inizio di nuovi rapporti tra lavoro
intellettuale e lavoro industriale non solo
nella scuola, ma in tutta la vita sociale. Il
principio unitario si rifletterà perciò in tutti
gli organismi di cultura, trasformandoli e
Toute l'école unitaire est école active, même
s'il faut poser des limites aux idéologies
libertaires dans ce domaine et revendiquer
avec une certaine énergie le devoir pour les
générations adultes, c'est-à-dire pour l'État,
de « conformer » les nouvelles générations.
On en est encore à la phase romantique de
l'école active, phase dans laquelle les
éléments de lutte contre l'école mécanique et
jésuitique se sont dilatés de façon malsaine,
pour des motifs conflictuels et polémiques :
il convient d'entrer dans la phase « classique
», rationnelle, de trouver dans les buts à
atteindre la source naturelle pour élaborer les
méthodes et les formes. L'école créatrice est
le couronnement de l'école active : dans la
première phase on tend à discipliner, donc
aussi à niveler, à obtenir une certaine espèce
de « conformisme » qu'on peut appeler «
dynamique » ; dans la phase créatrice, sur la
base déjà acquise de la « collectivisation » du
type social, on tend à l'expansion de la
personnalité, devenue autonome et
responsable, mais avec une conscience
morale et sociale solide et homogène. Ainsi,
école créatrice ne veut pas dire école d' «
inventeurs et découvreurs » ; il s'agit d'une
phase et d'une méthode de recherche et de
connaissance, et non d'un « programme »
prédéterminé avec obligation à l'originalité et
à l'innovation à tout prix. Il s'agit d'un
apprentissage qui a lieu spécialement par un
effort spontané et autonome du disciple, le
maître exerçant seulement une fonction de
guide amical comme cela se passe ou devrait
se passer à l'université. Découvrir par soimême, sans suggestion ni aide extérieure,
c'est création, même si la vérité n'est pas
neuve, et cela montre qu'on possède la
méthode ; cela indique qu'en tout cas on est
entré dans une phase de maturité
intellectuelle permettant de découvrir des
vérités nouvelles. C'est pourquoi dans cette
phase l'activité scolaire fondamentale se
déroulera dans les séminaires, dans les
bibliothèques, dans les laboratoires
expérimentaux ; c’est dans cette phase qu'on
recueillera les indications organiques pour
l'orientation professionnelle.
L'avènement de l'école unitaire signifie le
dando loro un nuovo contenuto. Problema
della nuova funzione che potranno assumere
le Università e le Accademie. Oggi queste
due istituzioni sono indipendenti l’una
dall’altra e le Accademie sono il simbolo,
spesso a ragione deriso, del distacco esistente
tra l’alta cultura e la vita, tra gli intellettuali e
il popolo (perciò quella certa fortuna che
ebbero i futuristi nel loro primo periodo di
Sturm und Drang antiaccademico,
antitradizionalista ecc.). In una nuova
situazione di rapporti tra vita e cultura, tra
lavoro intellettuale e lavoro industriale, le
accademie dovrebbero diventare
l’organizzazione culturale (di sistemazione,
espansione e creazione intellettuale) di quegli
elementi che dopo la scuola unitaria
passeranno al lavoro professionale, e un
terreno d’incontro tra essi e gli universitari.
Gli elementi sociali impiegati nel lavoro
professionale non devono cadere nella
passività intellettuale, ma devono avere a
loro disposizione (per iniziativa collettiva e
non di singoli, come funzione sociale
organica riconosciuta di pubblica necessità
ed utilità) istituti specializzati in tutte le
branche di ricerca e di lavoro scientifico, ai
quali potranno collaborare e in cui
troveranno tutti i sussidi necessari per ogni
forma di attività culturale che intendano
intraprendere. L’organizzazione accademica
(dovrà essere) riorganizzata e vivificata da
cima a fondo. Territorialmente avrà una
centralizzazione di competenze e di
specializzazione: centri nazionali che si
aggregheranno le grandi istituzioni esistenti,
sezioni regionali e provinciali e circoli locali
urbani e rurali. Si sezionerà per competenze
scientifico-culturali, che saranno tutte
rappresentate nei centri superiori ma solo
parzialmente nei circoli locali. Unificare i
vari tipi di organizzazione culturale esistenti:
Accademie, Istituti di cultura, circoli
filologici ecc., integrando il lavoro
accademico tradizionale, che si esplica
prevalentemente nella sistemazione del
sapere passato o nel cercare di fissare una
media del pensiero nazionale come guida
dell’attività intellettuale, con attività
collegate alla vita collettiva, al mondo della
début de nouveaux rapports entre travail
intellectuel et travail industriel non
seulement à l'école, mais dans toute la vie
sociale. Le principe unitaire se reflétera donc
dans tous les organismes de culture, en les
transformant et en leur donnant un nouveau
contenu.
produzione e del lavoro. Si controlleranno le
conferenze industriali, l’attività
dell’organizzazione scientifica del lavoro, i
gabinetti sperimentali di fabbrica ecc. Si
costruirà un meccanismo per selezionare e
fare avanzare le capacità individuali della
massa popolare, che oggi sono sacrificate e si
smarriscono in errori e tentativi senza uscita.
Ogni circolo locale dovrebbe avere
necessariamente la sezione di scienze morali
e politiche, e mano a mano organizzerà le
altre sezioni speciali per discutere gli aspetti
tecnici dei problemi industriali, agrari, di
organizzazione e razionalizzazione del
lavoro, di fabbrica, agricolo, burocratico ecc.
Congressi periodici di diverso grado faranno
conoscere i più capaci. Sarebbe utile avere
l’elenco completo delle Accademie e delle
altre organizzazioni culturali oggi esistenti e
degli argomenti che sono prevalentemente
trattati nei loro lavori e pubblicati nei loro
Atti: in gran parte si tratta di cimiteri della
cultura, pure esse hanno una funzione nella
psicologia della classe dirigente.
La collaborazione tra questi organismi e
le Università dovrebbe essere stretta, così
come con tutte le scuole superiori
specializzate di ogni genere (militari, navali,
ecc.). Lo scopo è di ottenere una
centralizzazione e un impulso della cultura
nazionale che sarebbero superiori a quelli
della Chiesa Cattolica.
(Questo schema di organizzazione del
lavoro culturale secondo i principi generali
della scuola unitaria, dovrebbe essere
sviluppato in tutte le sue parti accuratamente
e servire di guida nella costituzione anche del
più elementare e primitivo centro di cultura,
che dovrebbe essere concepito come un
embrione e una molecola di tutta la più
massiccia struttura. Anche le iniziative che si
sanno transitorie e di esperimento
dovrebbero essere concepite come capaci di
essere assorbite nello schema generale e
nello stesso tempo come elementi vitali che
tendono a creare tutto lo schema. Studiare
con attenzione l’organizzazione e lo sviluppo
del Rotary Club).
Q6 § 138. Passato e presente. Passaggio
dalla guerra manovrata (e dall’attacco
frontale) alla guerra di posizione anche nel
campo politico. Questa mi pare la quistione
di teoria politica la più importante, posta dal
periodo del dopo guerra e la più difficile ad
essere risolta giustamente. Essa è legata alle
quistioni sollevate dal Bronstein, che in un
modo o nell’altro, può ritenersi il teorico
politico dell’attacco frontale in un periodo in
cui esso è solo causa di disfatta. Solo
indirettamenteNel ms una variante
interlineare: «mediatamente». questo
passaggio nella scienza politica è legato a
quello avvenuto nel campo militare, sebbene
certamente un legame esista ed essenziale.
La guerra di posizione domanda enormi
sacrifizi a masse sterminate di popolazione;
perciò è necessaria una concentrazione
inaudita dell’egemonia e quindi una forma di
governo più «intervenzionista», che più
apertamente prenda l’offensiva contro gli
oppositori e organizzi permanentemente
l’«impossibilità» di disgregazione interna:
controlli d’ogni genere, politici,
amministrativi, ecc., rafforzamento delle
«posizioni» egemoniche del gruppo
dominante, ecc. Tutto ciò indica che si è
entrati in una fase culminante della
situazione politico-storica, poiché nella
politica la «guerra di posizione», una volta
vinta, è decisiva definitivamente. Nella
politica cioè sussiste la guerra di movimento
fino a quando si tratta di conquistare
posizioni non decisive e quindi non sono
mobilizzabili tutte le risorse dell’egemonia e
dello Stato, ma quando, per una ragione o per
l’altra, queste posizioni hanno perduto il loro
valore e solo quelle decisive hanno
importanza, allora si passa alla guerra
d’assedio, compressa, difficile, in cui si
domandano qualità eccezionali di pazienza e
di spirito inventivo. Nella politica l’assedio è
reciproco, nonostante tutte le apparenze e il
solo fatto che il dominante debba fare
sfoggio di tutte le sue risorse dimostra quale
calcolo esso faccia dell’avversario.
Q6 138. Passé et présent. ¨Passage de la guerre
de manœuvre (et de l’attaque frontale) à la
guerre de position, également dans le champ
politique. Cela me semble le problème de
théorie politique le plus important qu'ait posé la
période d'après-guerre, et le plus difficile à
résoudre de façon juste. Il est lié aux problèmes
soulevés par Bronstein qui, d'une façon ou d'une
autre, peut être considéré comme le théoricien
de l'attaque frontale à un moment où elle ne
peut qu'entraîner la défaite. Ce passage à la
guerre de position dans la science politique n'est
lié qu'indirectement (médiatement) à celui
survenu dans le domaine militaire, bien qu'il y
ait certainement un lien et un lien essentiel. La
guerre de position demande d'énormes
sacrifices à des masses immenses de population
; pour cette raison, une concentration inouïe de
l'hégémonie est nécessaire et par conséquent
une forme de gouvernement plus «
interventionniste » qui prenne plus ouvertement
l'offensive contre les opposants et organise en
permanence l' « impossibilité » d'une
désagrégation interne : contrôles de tous genres,
politiques, administratifs, etc., renforcement des
« positions » hégémoniques du groupe
dominant, etc. Tout cela indique que l'on est
entré dans une phase culminante de la situation
historique et politique, car dès qu'elle est
acquise dans le domaine politique, la victoire de
la « guerre de position » est décisive de façon
définitive. La guerre de mouvement subsiste en
politique tant qu'il s'agit de conquérir des
positions qui ne sont pas décisives et qu'ainsi
toutes les ressources de l'hégémonie de l'État ne
sont pas mobilisables ; mais quand, pour une
raison ou pour une autre, ces positions ont
perdu leur valeur et que seules les positions
décisives ont de l'importance, on passe alors à
la guerre de siège, tendue, difficile, qui exige
des qualités exceptionnelles de patience et
d'esprit d'invention. En politique, le siège est
réciproque, malgré toutes les apparences, et le
seul fait que celui qui domine doive faire
étalage de toutes ses ressources, montre
combien il prend son adversaire au sérieux.
Q7, 10 § Struttura e superstruttura (vedi
note scritte nella «prima serie»). Mi pare che
si potrebbe richiamare a questo proposito il
confronto con la tecnica guerresca così come
si è trasformata nell’ultima guerra col
passaggio dalla guerra manovrata alla guerra
di posizione. Ricordare il libretto della Rosa
tradotto da Alessandri nel 1919-20 e la cui
teoria era basata sulle esperienze storiche del
1905 (d’altronde, a quanto pare, non studiate
con esattezza, perché vi erano trascurati gli
elementi volontari e organizzativi, molto più
diffusi di quanto era portata a credere la Rosa
che, per pregiudizio «economistico», li
trascurava inconsciamente); questo libretto
mi pare il più significativo della teoria
della guerra manovrata applicata alla
scienza storica e all’arte politica.
L’elemento economico immediato (crisi ecc.)
è considerato come l’artiglieria campale nella
guerra il cui ufficio era quello di aprire un
varco nella difesa nemica, sufficiente perché
le proprie truppe vi facessero irruzione e
ottenessero un successo strategico definitivo
o almeno nella linea necessaria del successo
definitivo. Naturalmente nella scienza storica
l’efficacia dell’elemento economico
immediato era ben più complessa di quella
che non fosse quella dell’artiglieria campale
nella guerra di manovra, poiché esso era
concepito come avente un doppio effetto: 1°)
di aprire il varco nella difesa nemica dopo
aver scompaginato e fatto perdere la fiducia
in sé e nelle sue forze e nel suo avvenire al
nemico stesso; 2°) di organizzare
fulmineamente le proprie truppe, di creare i
quadri, o almeno di porre i quadri esistenti
(elaborati fino allora dal processo storico
generale) fulmineamente al loro posto di
inquadramento delle truppe disseminate; di
creare fulmineamente la concentrazione
dell’ideologia e dei fini da raggiungere. Era
una forma di ferreo determinismo
economistico, con l’aggravante che gli effetti
ne erano concepiti come rapidissimi nel
tempo e nello spazio: perciò era un vero e
proprio misticismo storico, l’aspettazione di
una specie di fulgurazione miracolosa.
Q13, 24 A proposito dei confronti tra i
concetti di guerra manovrata e guerra di
posizione nell'arte militare e i concetti
relativi nell'arte politica è da ricordare il
libretto della Rosa tradotto in italiano nel
1919 da C. Alessandri (tradotto dal francese).
Nel libretto si teorizzano un po'
affrettatamente e anche superficialmente le
esperienze storiche del 1905: la Rosa infatti
trascurò gli elementi «volontari» e
organizzativi che in quegli avvenimenti
furono molto piú diffusi ed efficienti di
quanto la Rosa fosse portata a credere per un
certo suo pregiudizio «economistico» e
spontaneista. Tuttavia questo libretto (e
altri saggi dello stesso autore) è uno dei
documenti piú significativi della
teorizzazione della guerra manovrata
applicata all'arte politica. L'elemento
economico immediato (crisi, ecc.) è
considerato come l'artiglieria campale che in
guerra apriva il varco nella difesa nemica,
varco sufficiente perché le proprie truppe
facciano irruzione e ottengano un successo
definitivo (strategico) o almeno un successo
importante nella direttrice della linea
strategica. Naturalmente nella scienza storica
l'efficacia dell'elemento economico
immediato è ritenuta molto piú complessa di
quella dell'artiglieria pesante nella guerra di
manovra, perché questo elemento era
concepito come avente un doppio effetto: 1)
di aprire il varco nella difesa nemica dopo
aver scompaginato e fatto perdere la fiducia
in sé e nelle sue forze e nel suo avvenire al
nemico stesso; 2) di organizzare
fulmineamente le proprie truppe, di creare i
quadri, o almeno di porre i quadri esistenti
(elaborati fino allora dal processo storico
generale) fulmineamente al loro posto di
inquadramento delle truppe disseminate; 3)
di creare fulmineamente la concentrazione
ideologica dell'identità di fine da
raggiungere. Era una forma di ferreo
determinismo economistico, con l'aggravante
che gli effetti erano concepiti come
rapidissimi nel tempo e nello spazio; perciò
era un vero e proprio misticismo storico,
l'aspettazione di una specie di fulgurazione
miracolosa.
L'osservazione del generale Krasnov
(nel suo romanzo) che l'Intesa (che non
L’osservazione del generale Krasnov (nel
voleva una vittoria della Russia imperiale,
suo romanzo) che durante la guerra l’Intesa
perché non fosse risolta definitivamente a
(cioè l’Inghilterra che non voleva la vittoria
favore dello zarismo la quistione orientale)
della Russia imperiale, perché non fosse
definitivamente risolta a favore dello zarismo impose allo Stato Maggiore russo la guerra di
trincea (assurda dato l'enorme sviluppo del
la quistione orientale) impose allo Stato
fronte dal Baltico al mar Nero, con grandi
maggiore la guerra di trincea (assurda dato
zone paludose e boscose) mentre unica
l’enorme sviluppo del fronte dal Baltico al
possibile era la guerra manovrata, è una mera
Mar Nero, con grandi zone paludose e
boscose), mentre unica possibile era la guerra scempiaggine. In realtà l'esercito russo tentò
la guerra di manovra e di sfondamento,
di manovra, ha solo un’apparenza di verità.
specialmente nel settore austriaco (ma anche
In realtà l’esercito russo tentò la guerra di
manovra e di sfondamento, specialmente nel nella Prussia orientale) ed ebbe successi
brillantissimi, per quanto effimeri. La verità
settore austriaco (ma anche in Prussia, ai
è che non si può scegliere la forma di
laghi Masuri) ed ebbe successi parziali
guerra che si vuole, a meno di avere subito
brillantissimi ma effimeri.
una superiorità schiacciante sul nemico, ed
è noto quante perdite abbia costato
l'ostinazione degli Stati Maggiori nel non
voler riconoscere che la guerra di
posizione era «imposta» dai rapporti
generali delle forze in contrasto. La guerra
La guerra di posizione non è infatti solo
di posizione non è infatti solo costituita dalle
costituita dalle trincee vere e proprie, ma da
tutto il sistema organizzativo e industriale del trincee vere e proprie, ma da tutto il sistema
organizzativo e industriale del territorio che è
territorio che è alle spalle dell’esercito
alle spalle dell'esercito schierato, ed è
schierato ed è dato specialmente dal tiro
imposta specialmente dal tiro rapido dei
rapido dei cannoni, delle mitragliatrici, dei
cannoni delle mitragliatrici dei moschetti,
fucili e dalla loro concentrazione (oltre che
dalla concentrazione delle armi in un
dalla loro abbondanza, che permette di
determinato punto, oltre che dall'abbondanza
sostituire il materiale perduto dopo uno
del rifornimento che permette di sostituire
sfondamento).
rapidamente il materiale perduto dopo uno
sfondamento e un arretramento. Un altro
elemento è la grande massa d'uomini che
partecipano allo schieramento, di valore
molto diseguale e che appunto possono
operare solo come massa. Si vide come nel
Nel fronte orientale si vede subito la
differenza che la tattica russa di sfondamento fronte orientale altra cosa era fare irruzione
otteneva nei suoi risultati nel settore tedesco nel settore tedesco e altra nel settore
austriaco e come anche nel settore austriaco,
e in quello austriaco: anche nel settore
rinforzato da truppe scelte tedesche e
austriaco dopo il passaggio del comando ai
tedeschi questa tattica cadde nel disastro. Lo comandato da tedeschi, la tattica irruenta finí
nel disastro. Lo stesso si vide nella guerra
stesso si vide nella guerra polacca del 1920,
polacca del 1920, quando l'avanzata che
in cui l’invasione irresistibile fu fermata a
sembrava irresistibile fu fermata dinanzi a
Varsavia da Weygand e dalla linea tenuta
Varsavia dal generale Weygand sulla linea
dagli ufficiali francesi.
comandata da ufficiali francesi. Gli stessi
tecnici militari che ormai si sono fissati sulla
Con ciò non si vuol dire che la tattica
d’assalto e di sfondamento e la guerra
manovrata debbano essere considerate come
ormai sparite studio dell’arte militare:
sarebbe un grosso errore. Ma esse, nelle
guerre tra gli Stati più avanzati
industrialmente e civilmente, devono
considerarsi ridotte più a funzione tattica che
a funzione strategica, così come era la guerra
d’assedio nel periodo precedente della storia
militare.
guerra di posizione come prima lo erano su
quella manovrata, non sostengono certo che
il tipo precedente debba essere considerato
come espunto dalla scienza; ma nelle guerre
tra gli Stati piú avanzati industrialmente e
civilmente esso deve considerarsi ridotto a
funzione tattica piú che strategica, deve
considerarsi nella stessa posizione in cui era
prima la guerra d'assedio in confronto a
quella manovrata.
La stessa riduzione deve avvenire
nell'arte e nella scienza politica, almeno per
ciò che riguarda gli Stati piú avanzati, dove
la «società civile» è diventata una
struttura molto complessa e resistente alle
«irruzioni» catastrofiche dell'elemento
economico immediato (crisi, depressioni
ecc.); le superstrutture della società civile
sono come il sistema delle trincee nella
guerra moderna. Come in questa avveniva
che un accanito attacco d'artiglieria sembrava
aver distrutto tutto il sistema difensivo
avversario ma ne aveva solo invece distrutto
la superficie esterna e al momento
dell'attacco e dell'avanzata gli assalitori si
trovavano di fronte una linea difensiva
ancora efficiente, cosí avviene nella politica
durante le grandi crisi economiche; né le
truppe assalitrici, per effetto della crisi, si
organizzano fulmineamente nel tempo e
nello spazio, né tanto meno acquistano uno
spirito aggressivo; per reciproca, gli assaliti
non si demoralizzano né abbandonano le
difese, pur tra le macerie, né perdono la
fiducia nella propria forza e nel proprio
avvenire. Le cose certo non rimangono tali e
quali, ma è certo che viene a mancare
l'elemento della rapidità, del tempo
accelerato, della marcia progressiva
definitiva come si aspetterebbero gli strateghi
del cadornismo politico. L'ultimo fatto del
genere nella storia della politica sono stati
gli avvenimenti del 1917. Essi hanno
segnato una svolta decisiva nella storia
dell'arte e della scienza della politica. Si
Si tratta dunque di studiare, con profondità,
tratta dunque di studiare con «profondità»
quali sono gli elementi della società civile
quali sono gli elementi della società civile
che corrispondono ai sistemi di difesa nella
guerra di posizione. Dico «con profondità» a che corrispondono ai sistemi di difesa nella
disegno, perché essi sono stati studiati, ma da guerra di posizione. Si dice con
La stessa riduzione deve avvenire nell’arte e
nella scienza della politica, almeno per ciò
che riguarda gli Stati più avanzati, dove la
«società civile» è diventata una struttura
molto complessa e resistente alle
«irruzioni» catastrofiche dell’elemento
economico immediato (crisi, depressioni
ecc.): le superstrutture della società civile
sono come il sistema delle trincee nella
guerra moderna. Come avveniva che un
furibondo attacco di artiglieria contro le
trincee avversarie, che sembrava aver
distrutto tutto, in realtà aveva distrutto solo la
superficie della difesa e al momento
dell’avanzata gli assalitori si trovavano di
fronte una difesa ancora efficace, così
avviene nella politica durante le grandi crisi
economiche, né le truppe assalitrici, per
effetto della crisi, si organizzano
fulmineamente nel tempo e nello spazio, né,
tanto meno, acquistano lo spirito aggressivo;
per reciproca, gli assaliti non si
demoralizzano né abbandonano le difese, pur
tra le macerie, né perdono la fiducia nella
propria forza e nel proprio avvenire. Non che
le cose rimangano tali e quali; ma le cose non
si svolgono fulmineamente e con marcia
progressiva definitiva come si aspetterebbero
gli strateghi del cadornismo politico.
L’ultimo fatto di tal genere sono stati
avvenimenti del 1917. Essi hanno segnato
una svolta decisiva nella storia dell’arte e
della scienza della politica.
un punto di vista superficiale e banale, come
certi storici del costume studiano le stranezze
della moda femminile o che so io: o da un
punto di vista «razionalistico» cioè con la
persuasione che certi fenomeni sono distrutti
appena se ne è data una giustificazione o una
spiegazione «realistica», come superstizioni,
insomma.
«profondità» a disegno, perché essi sono stati
studiati, ma da punti di vista superficiali e
banali, come certi storici del costume
studiano le stranezze della moda femminile,
o da un punto di vista «razionalistico» cioè
con la persuasione che certi fenomeni sono
distrutti appena spiegati «realisticamente»,
come se fossero superstizioni popolari (che
del resto anch'esse non si distruggono con lo
spiegarle).
A questo nesso di problemi è da
riattaccare la quistione dello scarso successo
ottenuto da nuove correnti nel movimento
sindacale.
Un tentativo di iniziare una revisione
dei metodi tattici avrebbe dovuto essere
quello esposto da L. Davidovic Bronstein
alla quarta riunione quando fece un confronto
tra il fronte orientale e quello occidentale,
quello cadde subito ma fu seguito da lotte
inaudite: in questo le lotte si verificherebbero
«prima». Si tratterebbe cioè se la società
civile resiste prima o dopo l'assalto, dove
questo avviene ecc. La quistione però è stata
esposta solo in forma letteraria brillante, ma
senza indicazioni di carattere pratico.
Q13, 24 A proposito dei confronti tra i
concetti di guerra manovrata e guerra
di posizione nell'arte militare e i
concetti relativi nell'arte politica è da
ricordare il libretto della Rosa tradotto
in italiano nel 1919 da C. Alessandri
(tradotto dal francese). Nel libretto si
teorizzano un po' affrettatamente e
anche superficialmente le esperienze
storiche del 1905: la Rosa infatti
trascurò gli elementi «volontari» e
organizzativi
che
in
quegli
avvenimenti furono molto piú diffusi
ed efficienti di quanto la Rosa fosse
portata a credere per un certo suo
pregiudizio
«economistico»
e
spontaneista. Tuttavia questo libretto
(e altri saggi dello stesso autore) è uno
dei documenti piú significativi della
teorizzazione della guerra manovrata
applicata all'arte politica. L'elemento
economico immediato (crisi, ecc.) è
considerato come l'artiglieria campale
che in guerra apriva il varco nella
difesa nemica, varco sufficiente perché
le proprie truppe facciano irruzione e
ottengano un successo definitivo
(strategico) o almeno un successo
importante nella direttrice della linea
strategica. Naturalmente nella scienza
storica
l'efficacia
dell'elemento
economico immediato è ritenuta molto
piú complessa di quella dell'artiglieria
pesante nella guerra di manovra,
perché questo elemento era concepito
come avente un doppio effetto: 1) di
aprire il varco nella difesa nemica
dopo aver scompaginato e fatto
perdere la fiducia in sé e nelle sue
forze e nel suo avvenire al nemico
stesso;
2)
di
organizzare
fulmineamente le proprie truppe, di
creare i quadri, o almeno di porre i
Q13, 24 : A propos des
rapprochements qu'on fait entre
concepts de guerre de mouvement et
guerre de position dans l'art militaire
et les concepts correspondants dans
l'art politique, il faut rappeler le petit
livre de Rosa [Luxemburg] traduit en
italien en 1919 par C. Alessandri (traduit
du français).
Dans ce livre, on théorise un peu
rapidement et superficiellement les
expériences historiques de 1905 : Rosa
en effet négligea les éléments «
volontaires » et d'organisation qui,
dans ces événements, furent beaucoup
plus répandus et efficaces que n'est
portée à le croire Rosa, victime d'un
certain préjugé « économiste » et
spontanéiste. Ce petit livre toutefois
(comme d'autres livres du même auteur)
est un des documents les plus
significatifs de la théorisation de la
guerre de mouvement appliquée à l'art
politique.
L'élément
économique
immédiat (crises, etc.) est considéré
comme l'artillerie de campagne qui, dans
la guerre, ouvre un passage dans la
défense ennemie, passage suffisant pour
rendre possible une irruption des troupes
et remporter un succès définitif
(stratégique), ou au moins un succès
important dans la directive de la ligne
stratégique. Naturellement, dans la
science historique, l'efficacité de
l'élément économique immédiat est
considéré comme beaucoup plus
complexe que celle de l'artillerie lourde
dans la guerre de mouvement, car cet
élément était conçu comme ayant un
triple effet : 1. d'ouvrir un passage dans
la défense ennemie, après avoir jeté la
confusion dans les rangs mêmes de
l'ennemi, abattu sa confiance en lui-
quadri esistenti (elaborati fino allora
dal
processo
storico
generale)
fulmineamente al loro posto di
inquadramento
delle
truppe
disseminate;
3)
di
creare
fulmineamente la concentrazione
ideologica dell'identità di fine da
raggiungere. Era una forma di ferreo
determinismo
economistico,
con
l'aggravante che gli effetti erano
concepiti come rapidissimi nel tempo
e nello spazio; perciò era un vero e
proprio
misticismo
storico,
l'aspettazione di una specie di
fulgurazione miracolosa.
même, dans ses forces et dans son avenir
; 2. de permettre d'organiser les troupes
avec une rapidité foudroyante, de créer
les cadres existants (élaborés jusque-là
par le processus historique général) à
leur poste d'encadrement des troupes
disséminées ; 3. de créer avec une
rapidité foudroyante, l'idéologie centrée
sur l'identité du but à atteindre. C'était
une forme de déterminisme économique
implacable, avec cette circonstance
aggravante que les effets étaient conçus
comme très rapides dans le temps et dans
l'espace ; aussi s'agissait-il d'un
véritable mysticisme historique, de
l'attente d'une sorte de fulguration
L'osservazione
del
generale mystérieuse.
Krasnov (nel suo romanzo) che l'Intesa
(che non voleva una vittoria della
L'observation du général Krasnov
Russia imperiale, perché non fosse (dans son roman) est une pure niaiserie :
risolta definitivamente a favore dello selon lui, l'Entente (qui ne voulait pas
zarismo la quistione orientale) impose une victoire de la Russie impériale afin
allo Stato Maggiore russo la guerra di que ne fût pas résolue définitivement en
trincea (assurda dato l'enorme sviluppo faveur du tsarisme la question orientale)
del fronte dal Baltico al mar Nero, con imposa à l'état-major russe la guerre de
grandi zone paludose e boscose) tranchée (idée absurde, étant donné
mentre unica possibile era la guerra l'énorme développement du front, de la
manovrata, è una mera scempiaggine. Baltique à la mer Noire, qui comprenait
In realtà l'esercito russo tentò la guerra de grandes zones marécageuses et
di manovra e di sfondamento, boisées) alors que la seule possibilité
specialmente nel settore austriaco (ma offerte était la guerre de mouvement. En
anche nella Prussia orientale) ed ebbe réalité, l'armée russe tenta la guerre de
successi brillantissimi, per quanto mouvement et d'enfoncement, surtout
effimeri. La verità è che non si può dans le secteur autrichien (mais aussi en
scegliere la forma di guerra che si Prusse orientale) et connut des succès
vuole, a meno di avere subito una très brillants bien qu'éphémères. La
superiorità schiacciante sul nemico, ed vérité est qu'on ne peut pas choisir la
è noto quante perdite abbia costato forme de guerre qu'on veut, a moins
l'ostinazione degli Stati Maggiori nel d'avoir d'emblée une supériorité
non voler riconoscere che la guerra di écrasante sur l'ennemi, et on sait ce
posizione era «imposta» dai rapporti qu'a coûté en pertes humaines
generali delle forze in contrasto. La l'obstination des États-Majors à ne pas
guerra di posizione non è infatti solo vouloir reconnaître que la guerre de
costituita dalle trincee vere e proprie,
ma da tutto il sistema organizzativo e
industriale del territorio che è alle
spalle dell'esercito schierato, ed è
imposta specialmente dal tiro rapido
dei cannoni delle mitragliatrici dei
moschetti, dalla concentrazione delle
armi in un determinato punto, oltre che
dall'abbondanza del rifornimento che
permette di sostituire rapidamente il
materiale
perduto
dopo
uno
sfondamento e un arretramento. Un
altro elemento è la grande massa
d'uomini
che
partecipano
allo
schieramento, di valore molto
diseguale e che appunto possono
operare solo come massa. Si vide
come nel fronte orientale altra cosa era
fare irruzione nel settore tedesco e
altra nel settore austriaco e come
anche nel settore austriaco, rinforzato
da truppe scelte tedesche e comandato
da tedeschi, la tattica irruenta finí nel
disastro.
Lo stesso si vide nella guerra polacca
del 1920, quando l'avanzata che
sembrava irresistibile fu fermata
dinanzi a Varsavia dal generale
Weygand sulla linea comandata da
ufficiali francesi. Gli stessi tecnici
militari che ormai si sono fissati sulla
guerra di posizione come prima lo
erano su quella manovrata, non
sostengono certo che il tipo precedente
debba essere considerato come
espunto dalla scienza; ma nelle guerre
tra
gli
Stati
piú
avanzati
industrialmente e civilmente esso
deve considerarsi ridotto a funzione
tattica piú che strategica, deve
considerarsi nella stessa posizione in
cui era prima la guerra d'assedio in
confronto a quella manovrata. La
position était « imposée » par les
rapports généraux des forces qui
s'affrontaient. La guerre de position
n'est
pas
en
effet
constituée
exclusivement
par
les
tranchées
proprement dites, mais par tout le
système d'organisation et d'industrie du
territoire qui se trouve derrière l'armée
en position ; et elle est imposée surtout
par le tir rapide des canons, des
mitrailleuses, des mousquetons, par la
concentration des armes en un point
déterminé, et aussi par l'abondance du
ravitaillement qui permet de remplacer
rapidement le matériel perdu après un
enfoncement et un repli. Un autre
élément est la grande masse d'hommes,
qui constituent les forces déployées, dont
la valeur est très inégale, et qui justement
ne peuvent opérer qu'en tant que masse.
On voit comment, sur le front oriental,
autre chose était de faire irruption dans le
secteur allemand et autre chose dans le
secteur autrichien, et comment même
dans le secteur autrichien renforcé par
des troupes allemandes choisies et
commandées par des Allemands,
l'attaque de choc comme tactique finit
par un désastre.
On vit quelque chose d'analogue au
cours de la guerre polonaise de 1920,
quand l'avance russe, qui semblait
irrésistible fut arrêtée devant Varsovie
par le général Weygand sur la ligne
commandée par des officiers français.
Les techniciens militaires eux-mêmes
qui s'en tiennent désormais fixement à la
guerre de position comme ils faisaient
auparavant
pour
la
guerre
de
mouvement, ne soutiennent certes pas
que le type précédent doive être banni de
la science ; mais que, dans les guerres
entre les États les plus avancés du point
stessa riduzione deve avvenire nell'arte
e nella scienza politica, almeno per ciò
che riguarda gli Stati piú avanzati,
dove la «società civile» è diventata
una struttura molto complessa e
resistente alle «irruzioni» catastrofiche
dell'elemento economico immediato
(crisi,
depressioni
ecc.);
le
superstrutture della società civile sono
come il sistema delle trincee nella
guerra moderna. Come in questa
avveniva che un accanito attacco
d'artiglieria sembrava aver distrutto
tutto il sistema difensivo avversario
ma ne aveva solo invece distrutto la
superficie esterna e al momento
dell'attacco
e dell'avanzata gli
assalitori si trovavano di fronte una
linea difensiva ancora efficiente, cosí
avviene nella politica durante le grandi
crisi economiche; né le truppe
assalitrici, per effetto della crisi, si
organizzano fulmineamente nel tempo
e nello spazio, né tanto meno
acquistano uno spirito aggressivo; per
reciproca, gli assaliti non si
demoralizzano né abbandonano le
difese, pur tra le macerie, né perdono
la fiducia nella propria forza e nel
proprio avvenire. Le cose certo non
rimangono tali e quali, ma è certo che
viene a mancare l'elemento della
rapidità, del tempo accelerato, della
marcia progressiva definitiva come si
aspetterebbero gli strateghi del
cadornismo politico.
de vue de l’industrie et de la société
civile, on doit considérer ce type comme
réduit à une fonction tactique plus que
stratégique, on doit le considérer dans la
situation même où se trouvait à une
époque antérieure, la guerre de siège par
rapport à la guerre de mouvement. La
même réduction doit être faite dans
l'art et la science politiques au moins
en ce qui concerne les États les plus
avancés, où la « société civile » est
devenue une structure très complexe
et résistante aux « irruptions »
catastrophiques de l'élément économique immédiat (crises, dépressions,
etc.) : les superstructures de la société
civile sont comme le système des
tranchées dans la guerre moderne. De
même qu'il arrivait, au cours de cette
dernière guerre, qu'une attaque acharnée
d'artillerie donnât l'impression d'avoir
détruit tout le système défensif adverse,
mais n'en avait détruit en fait que la
surface extérieure et que, lorsque venait
le moment d'attaquer et d'avancer, les
assaillants se trouvaient en face d'une
ligne défensive encore efficace, ainsi en
est-il dans la politique pendant les
grandes crises économiques ; et ce n'est
pas parce qu'il y a crise que les troupes
d'assaut s'organisent avec une rapidité
foudroyante dans le temps et dans
l'espace, encore moins acquièrent-elles
un esprit agressif ; réciproquement, ceux
qui subissent l'assaut ne se démoralisent
pas, n'abandonnent pas leurs défenses,
poursuivent la lutte dans les décombres
et ne perdent pas confiance dans leur
propre force ni dans leur avenir. Les
choses certes ne restent pas telles
quelles, mais il est certain qu'on ne
trouve pas tous ces éléments de rapidité,
de rythme accéléré, de marche
progressive définitive que s'attendraient
L'ultimo fatto del genere nella storia à y trouver les stratèges du « cadornisme
della
politica
sono
stati
gli » politique.
avvenimenti del 1917. Essi hanno
segnato una svolta decisiva nella storia
Le dernier fait du genre dans l'histoire
dell'arte e della scienza della politica. de la politique ont été les événements de
Si tratta dunque di studiare con 1917. Ils ont marqué un tournant décisif
«profondità» quali sono gli elementi dans l'histoire de l'art et de la science
della società civile che corrispondono politiques. Il s'agit donc d'étudier « en
ai sistemi di difesa nella guerra di profondeur » quels sont les éléments de
posizione. Si dice con «profondità» a la société civile qui correspondent aux
disegno, perché essi sono stati studiati, systèmes de défense dans la guerre de
ma da punti di vista superficiali e position. On dit « en profondeur » à
banali, come certi storici del costume dessein, parce qu'ils ont été étudiés, mais
studiano le stranezze della moda de points de vue superficiels et banals,
femminile, o da un punto di vista comme certains historiens du costume
«razionalistico»
cioè
con
la étudient les étrangetés de la mode
persuasione che certi fenomeni sono féminine, ou d'un point de vue
distrutti
appena
spiegati «rationaliste », c'est-à-dire avec la
«realisticamente», come se fossero conviction que certains phénomènes sont
superstizioni popolari (che del resto détruits dès qu'ils sont expliqués d'une
anch'esse non si distruggono con lo manière « réaliste », comme si c'étaient
spiegarle).
des superstitions populaires (qui du reste
A questo nesso di problemi è da elles aussi ne sont pas détruites par une
riattaccare la quistione dello scarso simple explication).
successo ottenuto da nuove correnti
[les deux derniers paragraphes ne sont
nel movimento sindacale.
pas traduits dans l’édition française
Un tentativo di iniziare una Gramsci dans le texte, 1975]
revisione dei metodi tattici avrebbe
dovuto essere quello esposto da L.
Davidovic Bronstein alla quarta
riunione quando fece un confronto tra
il fronte orientale e quello occidentale,
quello cadde subito ma fu seguito da
lotte inaudite: in questo le lotte si
verificherebbero
«prima».
Si
tratterebbe cioè se la società civile
resiste prima o dopo l'assalto, dove
questo avviene ecc. La quistione però
è stata esposta solo in forma letteraria
brillante, ma senza indicazioni di
carattere pratico.
Q7, 16 Guerra di posizione e
guerra manovrata o frontale. È da
vedere se la famosa teoria di Bronstein
sulla permanenza del movimento non
sia il riflesso politico della teoria della
guerra
manovrata
(ricordare
osservazione del generale dei cosacchi
Krasnov), in ultima analisi il riflesso
delle condizioni generali-economicheculturali-sociali di un paese in cui i
quadri della vita nazionale sono
embrionali e rilasciati e non possono
diventare «trincea o fortezza». In
questo caso si potrebbe dire che
Bronstein, che appare come un
«occidentalista» era invece un
cosmopolita, cioè superficialmente
nazionale
e
superficialmente
occidentalista o europeo. Invece Ilici
era profondamente nazionale e
profondamente europeo.
Q7, 16. Il faut voir si la fameuse
théorie de Bronstein sur la «
permanence » du mouvement n'est pas
le reflet politique de la théorie de la
guerre de mouvement (rappeler
l'observation du général de cosaques
Krasnov), et en dernière analyse, le
reflet des conditions généraleséconomiques-culturelles -sociales d'un
pays où les cadres de la vie nationale
sont embryonnaires et relâchés et ne
peuvent devenir « tranchée ou forteresse ». En ce cas, on pourrait dire que
Bronstein, qui apparaît comme un «
occidentaliste », était au contraire un
cosmopolite,
c'est-à-dire
superficiellement
national
et
superficiellement occidentaliste ou
européen. Ilitch, au contraire, était
profondément
national
et
profondément européen.
Bronstein nelle sue memorie ricorda
che gli fu detto che la sua teoria si era
dimostrata buona dopo... quindici anni
e risponde all'epigramma con un altro
epigramma. In realtà la sua teoria,
come tale, non era buona né quindici
anni prima né quindici anni dopo:
come avviene agli ostinati, di cui parla
il
Guicciardini,
egli
indovinò
all'ingrosso, cioè ebbe ragione nella
previsione pratica piú generale; come
a dire che si predice che una bambina
di quattro anni diventerà madre e
quando lo diventa a venti anni si dice
«l'avevo indovinato», non ricordando
però che quando aveva quattro anni si
voleva stuprare la bambina sicuri che
sarebbe diventata madre. Mi pare che
Ilici aveva compreso che occorreva
un
mutamento
dalla
guerra
manovrata,
applicata
Bronstein, dans ses souvenirs, rappelle
qu'il lui fut dit que sa théorie s'était
avérée bonne après quinze ans, et il
répond à l'épigramme par une autre
épigramme. En réalité, sa théorie en
tant que telle n'était pas bonne, ni
quinze ans avant ni quinze ans après :
comme il arrive aux obstinés dont
parle Guichardin, il devina en gros,
c'est-à-dire qu'il eut raison dans la
prévision pratique la plus générale ;
cela revient à prédire à une enfant de
quatre ans qu'elle deviendra mère, et
quand elle le devient à vingt ans, on
dit « je l'avais deviné», en ne se
souvenant toutefois pas que lorsqu'elle
avait quatre ans, on voulait violer
l'enfant avec la conviction qu'elle
deviendrait mère. Il me semble que
Ilitch avait compris qu'il fallait un
changement, de la guerre de mouve-
vittoriosamente in Oriente nel '17,
alla guerra di posizione che era la
sola possibile in Occidente, dove,
come osserva Krasnov, in breve
spazio
gli
eserciti
potevano
accumulare sterminate quantità di
munizioni, dove i quadri sociali
erano di per sé ancora capaci di
diventare
trincee
munitissime.
Questo mi pare significare la
formula del «fronte unico» che
corrisponde alla concezione di un
solo fronte dell'Intesa sotto il
comando unico di Foch.
ment, appliquée victorieusement en
Orient en 1917, à la guerre de
position qui était la seule possible en
Occident, où, comme l'observe
Krasnov, en peu de temps les
armées pouvaient accumuler des
quantités infinies de munitions, où
les cadres sociaux étaient encore
capables de devenir des tranchées
imprenables. C'est là, me semble-til, le sens de la formule du « front
unique », qui correspond à la
conception de l'Entente d'un seul
front sous le commandement unique
de Foch.
Solo che Ilici non ebbe il tempo
di approfondire la sua formula, pur
tenendo conto che egli poteva
approfondirla
solo
teoricamente,
mentre il compito fondamentale era
nazionale, cioè domandava una
ricognizione del terreno e una
fissazione degli elementi di trincea e
di fortezza rappresentati dagli
elementi di società civile ecc. In
Oriente lo Stato era tutto, la società
civile era primordiale e gelatinosa;
nell'Occidente tra Stato e società civile
c'era un giusto rapporto e nel tremolio
dello Stato si scorgeva subito una
robusta struttura della società civile.
Lo Stato era solo una trincea avanzata,
dietro cui stava una robusta catena di
fortezze e di casematte; piú o meno, da
Stato a Stato, si capisce, ma questo
appunto
domandava
un'accurata
ricognizione di carattere nazionale.
Le seul point est qu'Ilitch n'eut pas le
temps d'approfondir sa formule, même
si on tient compte qu'il ne pouvait
l'approfondir que théoriquement, alors
que la tâche fondamentale était
nationale, et exigeait qu'on reconnût
le terrain et qu'on déterminât les
éléments de tranchée et de forteresse
représentés par les éléments de la
société civile, etc. En Orient, l'État
étant tout, la société civile était
primitive et gélatineuse ; en Occident,
entre État et société civile, il y avait un
juste rapport et dans un État branlant
on découvrait aussitôt une robuste
structure de la société civile. l'État
n'était qu'une tranchée avancée,
derrière laquelle se trouvait une
robuste chaîne de forteresses et de
casemates ; plus ou moins d'un État à
l'autre, s'entend, mais c'est justement
ce qui demandait une attentive
reconnaissance de caractère national.
La teoria del Bronstein può essere La théorie de Bronstein peut être
paragonata a quella di certi sindacalisti comparée à celle de certains
francesi sullo sciopero generale e alla syndicalistes français, à propos de la
teoria di Rosa nell'opuscolo tradotto da
Alessandri: l'opuscolo di Rosa e la
teoria di Rosa hanno del resto
influenzato i sindacalisti francesi come
appare da certi articoli di Rosmer sulla
Germania nella «Vie Ouvrière» (prima
serie in fascicoletti): dipende in parte
anche dalla teoria della spontaneità.
grève générale et à la théorie de Rosa
dans l'opuscule traduit par Alessandri.:
l'opuscule de Rosa et les théories de
Rosa ont, du reste, influencé les
syndicalistes français, comme le
montrent certains articles de Rosmer
sur l'Allemagne dans La Vie ouvrière
(première série en fascicules) : elle
dépend également en partie de la
théorie de la spontanéité.
Séminaire
Lire les Cahiers de prison d’Antonio Gramsci
Séance du mardi 18 décembre 2012
"Langages et traductibilité"
Notes prises par Adeline et Michelle, relues par JC et Romain
Questions de langue, langage, traduction, traductibilité très présentes dans les Cahiers de prison. Mais
pendant longtemps elles n'ont pas fait l'objet d'étude spécifique. Le premier à avoir mis au jour toute
l'importance de la formation linguistique de Gramsci: Franco Lo Piparo (univ. de Palerme), Lingua
intellettuali egemonia in Gramsci, Laterza, 1979. Première analyse et thèse centrale de l'ouvrage: le
concept d'hégémonie appartient effectivement à la tradition marxiste, mais la spécificité gramscienne de
la notion d'hégémonie vient de sa formation linguistique.
A. Langue-langages
1- linguistique historique et pensée politique (notions: interférence, prestige, hégémonie
linguistiques)
Cf. débat fondateur pour la linguistique italienne dans le dernier tiers du XIXe siècle, au moment de
l'Unité : Alessandro Manzoni (l'auteur de I promessi sposi (Les fiancés)) envisage réforme de la langue
italienne pour aboutir à un italien unifié pour tous - en finir avec les dialectes, obtenir une langue unifiée
y compris dans les couches populaires (projet d'un langue "national-populaire" selon formule ultérieure de
Gramsci). En 1868, le texte de Manzoni, Dell’unità della lingua e dei mezzi per diffonderla, est envoyé
au ministre de l'éducation et publié. Opposition de Graziadio Isaia Ascoli le plus grand linguiste italien de
l'époque.
Position de Manzoni: la langue officielle doit être le florentin, qu'il faut substituer au dialecte en vigueur,
grâce à un nouveau dictionnaire, ou plutôt lexique ("vocabolario") qu'on cherche à imposer partout grâce
à l'école. Volontarisme linguistique centralisé autour d'une langue vivante ("belle et bien formée").
Ascoli (1829-1907) - d'une famille juive polyglotte de la zone frontière du Frioul italo-slovène où l'on
parle plusieurs dialectes + italien, allemand; Ascoli parle aussi l'hébreu - considéré comme le père
fondateur de la linguistique italienne : professeur à l'université de Milan de 1861 à 1902, un des premiers
en Europe à faire une étude comparée des dialectes in L'Italia dialettale (1880)
Ses travaux sont importants pour comprendre les problématiques d'interférences linguistiques (problèmes
posés par l'entrée en contact de plusieurs langues). Il théorise l'interférence et considère qu'elle est la
première cause de l'évolution des langues. La vie des langues vient de la mise en contact de plusieurs
phénomènes, aux origines diverses, socio-historiques et non linguistiques. Il théorise aussi l'action qu'ont
des modes linguistiques des différentes couches sociales.
Les travaux d’Ascoli ont une grande importance pour la théorisation et la compréhension des phénomènes
d’interférence linguistique, c’est-à-dire d’action d’un système linguistique sur un autre, les effets produits
par l’entrée en contact de plusieurs langues. L’interférence est pour lui la première cause d’évolution des
langues. Dans les phénomènes d'interférence linguistique, pour des raisons extra-linguistiques, une langue
indigène peut subir l'influence de langues allogènes dont le prestige est éventuellement supérieur.Le
prestige est en quelque sorte le capital (symbolique, politique, culturel) dont la langue est porteuse.
Ascoli théorise la notion de substrat: langue dominée par une langue nouvelle: exemple: langues souches
celtiques influencées par le latin dans certaines langues latines.
Au début des années 1870, Ascoli répond à Manzoni dans son "Proemio" au premier numéro de
l'Archivio glottologico italiano: texte fondateur de la première revue italienne de science du langage,
fondée en 1873. Il y critique radicalement les théories de Manzoni: l'idée d'imposer une langue à la
totalité de l'Italie ne peut pas fonctionner car les mécanismes linguistiques ne fonctionnent pas ainsi.
L'Italie à peine unifiée ne permet pas d'intégrer, d'accepter une langue locale dans l'ensemble de la
péninsule ; il faut créer les conditions faborables grâce à l'école, l'éducation, lutte contre l'analphabétisme,
les medias de masse. La base linguistique commune à toute l'Italie est en revanche la langue littéraire, la
langue classique qui peut devenir celle du peuple grâce au développement de l'éducation.
Deuxième débat important dont Ascoli est une figure centrale: le débat entre néolinguistes et
néogrammairiens. La pensée linguistique des néogrammairiens a des origines allemandes. Il s'agit de la
tradition qui a donné lieu aux reconstitutions de l'indo-européen / proto indo-européen. Ces recherches ne
se fondent pas, alors, sur les descriptions et reconstitutions de l'histoire des langues vivantes, mais
reconstituent ce qui serait la couche initiale, théorique des langues. Elles se fondent sur la théorisation des
lois phonétiques qui seraient propres aux différents peuples, et qui trouveraient leur explication dans
l'appareil phonatoire. Aux yeux d'Ascoli puis des représentants de la "néolinguistique", cela donne lieu à
des théorisations linguistiques détachées de toute forme de contexte historique, social...
Ces théories néo-grammairiennes rencontrent tout particulièrement l'opposition des spécialistes des
langues romanes : d'abord Ascoli, mais aussi Jules Gillièron en France, ainsi qu' Antoine Meillet
(collègue de Saussure et prof. de Benveniste), et Matteo Bartoli qui est le prof. de Gramsci (cf lettre du
19/03/1927 à Tania : sur la douleur de Bartoli persuadé que G. serait "l'archange qui terrasserait les néogrammairiens", et regret de Gramsci de l'avoir décu: « L’un des plus grands remords intellectuels de ma
vie est la profonde douleur que j’ai provoquée chez mon bon professeur Bartoli de l’Université de Turin
qui était persuadé que j’étais l’archange destiné à terrasser définitivement les néo-grammairiens ».)
G. était supposé faire sa thèse avec Bartoli. Avant cela, il était déjà considéré comme un très bon
linguiste. ( voir Q3, 74, p. 352, août 1930 :« L’innovazione del Bartoli è appunto questa, che della
linguistica, concepita grettamente come scienza naturale, ha fatto una scienza storica, le cui radici sono da
cercare « nello spazio e nel tempo » e non nell’apparato vocale fisiologicamente inteso ».) thèse de
Gramsci prévue sur l'interférence du sarde ...Fin 1919-1920 les conseils de Turin mettent un point final à
la thèse de Gramsci.
Bartoli s'est intéressé également aux phénomènes spatiaux (histoire et espace). Il est l'auteur du premier
atlas des dialectes italiens.
Cahier 6, 71, 738, début 1931
Idée: les langues sont des produits sociaux, l'expression culturelle d'un peuple donné. Langue = histoire.
(et pas langue = art, comme l'affirme Croce)
Histoire des langues, histoire des innovations linguistiques, provenant de communautés sociales, nella
lingua non c’è partenogenesi, cioè la lingua che produce altra lingua, ma c’è innovazione per
interferenze di culture diverse "dans la langue il n'y a pas de parténogenèse, c'est-à-dire une langue qui
produit une autre langue"; il y a innovation par interférences de cultures diverses" (cest la thèse d' Ascoli).
[L'innovazione] avviene per intere masse di elementi linguistici, e avviene molecolarmente: Cette
innovation peut advenir "par masse d'éléments linguistiques" ou de façon "moléculaire" (par exemple le
latin a modifié "en masse" le celtique des Gaules). Une classe nouvelle qui devient dirigeante innove "en
masse" (alors que l'argot des métiers innove de façon moléculaire)
La thèse de Lo Piparo: les luttes d'hégémonie sont pensées sur la base d'outils liés à l'interférence
lingistique. Le rapport entre direction, hégémonie / domination, dictature est du même ordre que
l'opposition entre Ascoli et Manzoni. La question de la domination, i.e de l'action politique étatique
centralisée, imposée, ne passant pas par la mise en place d'un consensus est vouée à l'échec.
Note 76 du Cahier 3, août 1930 "la question de la langue et les classes intellectuelles italiennes" sur les
langues vulgaires, qui deviennent écrites dans des moments historiques où le peuple a une importance
spécifique.
Question du lien dialectes/langue nationale :
Idée: si l'on veut réussir une hégémonie, il faut que les classes populaires les plus "arriérées" accèdent à
une vision du monde plus large. Et cela passe inévitablement par la question de la langue. Fondamental
pour les masses paysannes.
Autre idée: la langue n'est pas qu'un fait linguistique, c'est une conception du monde. (cf. Q11-12, été
1932).
Ces idées sont dans les Cahiers du début à la fin. Le dernier cahier (29) d'avril 1935 est consacré à ces
problématiques "note pour une introduction à l'étude de la grammaire"). Il reprend l'étude de la question
linguistique depuis le débar avec Croce.
Théorisation de différents types de grammaires : la grammaire commune, la grammaire comme produit de
l'histoire, la grammaire comme institution...
La linguistique est donc fondamentale pour Gramsci pour repenser le marxisme.
Récemment, dans l'Enciclopedia dell’italiano en deux volumes, 2010-2011 [en ligne sur Treccani, il
Portale del sapere], un linguiste très renommé, Alberto Zamboni, présente les trois notions de substrat,
d’adstrat et de superstrat en intégrant l'apport de Gramsci dans la définition des notions suivantes: adstrat,
superstrat, substrat: en définissant ces notions il fait référence à la notion d'hégémonie politique et
culturelle: tali nozioni fanno riferimento al prestigio linguistico, riflesso diretto di un’egemonia politicoculturale, "de telles notions font référence au prestique linguistique, reflet direct d'une hégémonie
politico-culturelle".
2- Une philologie du réel. La philologie comme modèle alternatif et antithétique à la sociologie
mécaniste, i.e à la vulgate du matérialisme dialectique, qui se trouve dans la pensée de Boukharine,
Plekhanov... idée d'une science certaine des causalités et déterminations dans l'histoire qui seraient
modalisables. C'est une conception "fataliste", "mécaniste". Pour G., la philologie est exactement l'inverse
de cette tendance. Philologie: toute bonne méthode historique qui consiste à enquêter sur le sens des mots
dans leur contexte de document historique d'une époque donnée, pour arriver à l'exactitude historique.
C'est ce qui permet de saisir ce qui est "historiquement déterminé" [sur la philologie, cf. les remarques
dans les séances précédentes, en particulier la séance du 23 octobre et les textes de Gramsci envoyés à
cette occasion].
Le modèle implicite du philologue: Lorenzo Valla. Le faux de la Donation de Constantin mis en évidence
par Lorenzo Valla (1440; publié au XVIe siècle), à partir de la langue: la latin de la "donation" était
tardif.. (cf. Carlo Ginzburg)
3-De la langue au langage commun
A partir de 1932, notion prend de plus en plus d’importance : langage commun, en lien avec celles de
"conception du monde" et de "philosophie": conditions auxquelles la pensée nouvelle peut être intégrée et
nourrie par les masses; la conception du monde partagée comme élément indispensable de la nouvelle
hégémonie.
Q8, 204, février-mars 1932 "tout langage est une philosophie".
Approfondissement de la notion d'hégémonie dans un "ordre intellectuel collectif".
La notion de langage commun s’oppose directement à celle de néolalisme (ou néolalie) : propension à
inventer un langage, bourré de néologismes, qui est par définition purement individuel et solipsiste.
Q9, 132 et Q 11, 55, fin 1932 : Nécessité d'un ordre intellectuel à côté de l'ordre moral et de l'ordre
public. Pour cela: nécessité d'un langage commun, opposé au "néolalisme".
Q10 II, 44 (fin 1932): "Introduction à l'étude de la philosophie: le langage, les langues, le sens commun.
Une fois la philosophie posée comme conception du monde, et l'activité philosophique conçue non plus
seulement comme élaboration « individuelle » de concepts cohérents à l'intérieur d'un système, mais aussi
et surtout comme lutte culturelle visant à transformer la « mentalité » populaire et à diffuser les
innovations philosophiques qui se révèleront « historiquement vraies », dans la mesure où elles deviendront concrètement, c'est-à-dire historiquement et socialement universelles, - la question du langage et
des langues, « techniquement » doit être placée au premier plan. ".
Gramsci s'appuie aussi sur les pragmatistes italiens de cette époque (Vailati surtout, mais aussi
Prezzolini), qui réflechissent sur les liens entre langage, expérience et logique, et en particulier sur la
langue comme obstacle logique et cause d'erreurs (Vailati est aujourd'hui considéré comme un philosophe
"proto"analytique, s'inspirant de Peirce et de William James). Pour Gramsci, c'est la nature socialement et
historiquement stratifiée du langage qui explique ces phénomènes.
"Langage signifie également culture et philosophie (même au niveau du sens commun) et en
conséquence, le fait « langage » est en réalité une multiplicité de faits organiquement cohérents et coordonnés : à la limite, on peut dire que tout être parlant a un langage personnel propre, c'est-à-dire une
façon de penser et de sentir qui lui est propre. La culture, a ses différents degrés, unifie un plus ou moins
grand nombre d'individus disposes en couches nombreuses, dont le contact, du point de vue de
l'expression, est plus ou moins efficace, qui se comprennent entre eux dans des propositions diverses, etc.
Ce sont ces différences et ces distinctions historiques-sociales qui se reflètent dans le langage commun et
produisent ces « obstacles » et ces « causes d'erreur » qu'ont étudiés les pragmatistes."
Nombreuses références à Vailati dans les Cahiers: refondation de la pensée philosophique comme pensée
critique du langage (cf. Wittgenstein ensuite).
L'importance du langage commun, i.e. d'une langue et d'une culture partagées comme conditions de
possibilité de toute action politique de masse, est affirmée très clairement par la fin de la même note:
"On déduit de là l'importance que le « moment culturel » a également dans l'activité pratique (collective) :
tout acte historique ne peut pas ne pas être accompli par « l'homme collectif », c'est-à-dire qu'il suppose
qu'a été atteinte une unité « culturelle sociale » qui fait qu'un grand nombre de volontés éparses, dont les
buts sont hétérogènes, se soudent pour atteindre une même fin, sur la base d'une même et commune
conception du monde […] Puisque les choses se passent ainsi, on voit l'importance de la question
linguistique en général, c'est-à-dire de la possibilité d'atteindre collectivement à un même « climat »
culturel."
4- Sémantique historique et succession des conceptions du monde (métaphorisation). Problématique
relative à la nature de la langue comme étant essentiellement métaphorique dans son processus même. G
fait glisser cette idée sur les langages et conceptions du monde. Idée: nouveauté dans la conservation de
l'ancien. Les significations changent du point de vue sémantique: le nouveau apparaît sur de l'ancien, de la
même manière qu'une nouvelle classe d'intellectuels apparaît mais doit composer avec une tradition
intellectuelle ancienne.
La langue est métaphorique par essence dans la mesure où l'histoire de la langue est avant tout une
histoire des modifications sémantiques de mots qui restent formellent identiques (pas seulement une
histoire des formes, mais aussi une histoire des contenus).
Q9, 15, 1105 (mai 1932) "La langue se modifie dans sa partie sensible bien moins que le contenu
culturel".
=> des mots qui vont rester les mêmes vont changer de sens. Cette modification du sens est bien plus
rapide dans l'histoire que la modification de la forme. C'est ce qui fait dans les processus de
transformation sociale rapide, quand doit apparaître une nouvelle conception du monde qui devient
dominante, cette conception doit nécessairement jouer avec des mots sémantiquement chargés dont le
sens se modifie. Cela a entrainé une discussion sur la base de Boukharine concernant la signification de
termes issus de la philosophie ancienne comme matérialisme et immanence.
Idée: la langue garde des traces de conceptions du monde anciennes. Il faut en avoir conscience dans le
travail critique et dans le travail pédagogique.
Q11-28 (été 1932), mais < Q4, 17, 438 (été 1930) :
Réflexions critiques concernant la diffusion populaire du matérialisme historique. Il faut expliciter les
concepts, ne pas donner des théories toutes faites (contre le dogmatisme dans la relation pédagogique).
"Généralement, quand une nouvelle conception du monde succède à une autre conception, le langage
précédent continue à être employé, mais justement métaphoriquement. C'est tout le langage qui est un
continuel processus de métaphores, et l'histoire de la sémantique est un aspect de l'histoire de la culture :
le langage est à la fois une chose vivante et un musée qui expose les fossiles de la vie et des civilisations.
Quand j'emploie le mot désastre, personne ne peut m'accuser de croyances astrologiques, et quand je dis
« per Bacco» personne ne peut croire que je sois un adorateur des divinités païennes, et pourtant ces
expressions sont une preuve que la civilisation moderne est aussi un développement du paganisme et de
l'astrologie. Le terme « immanence » a, dans la philosophie de la praxis, une signification précise qui se
cache sous la métaphore, et c'est cette signification qu'il fallait définir et préciser ; en réalité, cette
définition aurait été vraiment « théorie ». La philosophie de la praxis continue la philosophie de
l'immanence, mais elle l'épure de tout son apparat métaphysique sur le terrain concret de l'histoire.
L'emploi du mot est seulement métaphorique en ce sens que l'ancienne immanence est dépassée, qu'elle a
été dépassée, tout en restant supposée comme un anneau dans le processus de la pensée qui a abouti au
nouveau concept."
La langue doit être pensée comme processus de métaphorisation et l'histoire intégre la permanence de
l'ancien dans le nouveau, d'où nécessité d'avoir une conscience critique des concepts du marxisme. C'est
précisément ce qui manque au Manuel de Boukharine.
Q11, 24, (été 1932 ) [>Q7, 36, courant 1931]
" § Le langage et les métaphores. En certains point de l'Essai [i.e. le Manuel de Boukharine], est affirmé,
comme cela, sans autre explication, que le premiers écrivains de la philosophie de la praxis emploient les
termes d'"immanence" et d'"immanent" en un sens uniquement métaphorique; il semble que cette simple
affirmation se suffise à elle-même. Mais la question des rapports entre le langage et les métaphores n'est
pas simple, bien au contraire. D'abord, le langage est toujours métaphorique. […] C'est parce qu'on ne
tient pas compte de ce fait, et en somme parce qu'on n'a pas un concept critique et historiciste du
phénomène linguistique, qu'on commet bon nombre d'erreurs aussi bien dans le domaine de la science que
de la pratique […] Le langage se transforme en même temps que se transforme toute la civilisation, par le
fait que de nouvelles classes naissent à la culture, par l'hégémonie qu'exerce une langue nationale sur
d'autres, etc., et il prend précisément à son compte, avec des significations métaphoriques, les mots des
civilisations et des cultures précédentes. […] La nouvelle signification « métaphorique » s'étend en même
temps que s'étend la nouvelle culture, qui crée d'ailleurs également des mots flambant neufs ou les
emprunte à d'autres langues, en les reprenant à son compte avec une signification précise, c'est-à-dire sans
le halo extensif qu'ils avaient dans leur langue d'origine. Ainsi, il est probable que le terme d' «
immanence » ne soit pour beaucoup connu, compris et employé que dans sa seule signification «
métaphorique » que lui a donnée la philosophie de la praxis."
[c'est cette même conception de la langue qui conduit G à sa critique de l'esperanto "utopie des langues
fixes et universelles"]
=> "Le langage est toujours métaphorique".
Une certaine idée de l'histoire est véhiculée par cette prise en compte de l'histoire linguistique. Cette
question réapparait justement au moment où il reformule le rapport entre intellectuels et intellectuels
organiques.
Q11,16 (été 1932, mais en fait >Q8, 171, nov 1931)
"§ Questions de nomenclature et de contenu. Une des caractéristiques des intellectuels comme "catégorie
sociale cristallisée" (c'est-à-dire qui se conçoit elle-même comme continuation ininterrompue dans
l'histoire, et par conséquent indépendante de la lutte des groupes et non comme expression d'un
processus dialectique selon lequel tout groupe social dominant élabore sa propre catégorie
d'intellectuels) [= ceux que G appellent aussi les "intellectuels traditionnels"] est d'établir, dans le
domaine idéologique, une jonction avec une catégorie intellectuelle précédente, à travers une même
nomenclature de concepts. Tout nouvel organisme historique (type de société) crée une nouvelle
superstructure, dont les représentants spécialisés et les porte-drapeaux (les intellectuels) ne peuvent pas ne
pas être conçus comme étant, eux aussi, de « nouveaux » intellectuels, nés de la nouvelle situation, et non
pas la continuation du précédent groupe intellectuel. Si les « nouveaux » intellectuels se posent comme
continuation directe de la précédente « intelligentsia », ils ne sont en aucune façon « nouveaux », ils
ne sont pas liés au nouveau groupe social qui représente organiquement la nouvelle situation historique,
mais ils sont un résidu conservateur et fossilisé du groupe social historiquement dépassé […]
Il faut toutefois tenir compte d'un fait, à savoir qu'aucune situation historique nouvelle, en
admettant même qu'elle soit due au changement le plus radical, ne transforme complètement le
langage, tout au moins dans son aspect extérieur, formel. Mais c'est le contenu du langage qui devrait
avoir changé, même s'il est difficile d'avoir, dans l'immédiat, une exacte conscience d'un tel changement.
Le phénomène est d'ailleurs complexe et compliqué par l'existence de diverses cultures typiques dans les
différentes couches du nouveau groupe social, dont certaines sont encore, sur le plan idéologique,
plongées dans la culture de situations historiques, antérieures parfois même à celle qui a été le plus
récemment dépassée. Une classe, dont certaines couches en sont encore à la conception du monde de
Ptolémée, peut toutefois être la représentante d'une situation très avancée ; arriérées idéologiquement (ou
tout au moins pour certaines sections de la conception du monde, qui se trouve encore chez elles à l'état
fragmentaire et naïf), ces couches sont pourtant très avancées du point de vue pratique, c'est-à-dire du
point de vue de la fonction économique et politique. Si la tâche des intellectuels est de déterminer et
d'organiser la réforme morale et intellectuelle, c'est-à-dire de faire coïncider la culture et la fonction
pratique, il est évident que les intellectuels « cristallisés » sont des conservateurs et des réactionnaires.
Car, alors que le groupe social nouveau sent au moins qu'il est coupé du précédent, qu'il en est distinct,
eux, ne sentent même pas cette distinction, et pensent pouvoir se rattacher au passé.
Par ailleurs, il n'est pas dit que tout l'héritage du passé doive être rejetée : il y a des « valeurs
instrumentales » qui ne peuvent pas ne pas être adoptées intégralement pour continuer à être élaborées et
raffinées."
Que les intellectuels doivent être nouveaux, et donc ne pas perpétuer la conception du monde des
intellectuels cristallisés, n'empêche pas que la réforme morale et intellectuelle qu'ils doivent organiser ait
lieu dans une langue qui est encore, formellement au moins, celle des conceptions du monde dépassées.
Cette réforme se présente ainsi comme un travail sur un lexique ancien: c'est le cas, par exemple, de la
notion de matérialisme:
"C'est ainsi qu'on a vu le terme « matérialisme » adopté avec son contenu passé, et, en revanche, le terme
« immanence » repoussé parce qu'il avait dans le passé un contenu historique culturel déterminé."
B. Traduction, traductibilité
Gramsci entend "traduire" en italien (et dans la réalité italienne : c’était dit en toutes lettres dès avril
1924, dans Il programma dell'Ordine nuovo. "La diffusione raggiunta dai primi due numeri non può che
dipendere dalla posizione che l'Ordine Nuovo aveva assunto nei primi anni della sua pubblicazione e che
consisteva essenzialmente in ciò: 1) nell'aver saputo tradurre in linguaggio storico italiano i
principali postulati della dottrina e della tattica dell'Internazionale comunista." /"La diffusion
atteinte par les deux premiers numéros ne peut que dépendre de la position que l'Ordine nuovo avait prise
dans les premières années de sa publications et qui consistait essentiellement 1) à avoir su traduire en
langage historique italien les principaux postulats de la doctrine et de la tactique de l'internationale
communiste."
Dans ce même texte, on comprend très clairement que traduire "soviet" en italien signifiait défendre le
mot d'ordre et la pratique des "conseils d'usine".
Ce qui est en jeu, c'est donc la façon d'appliquer le marxisme et la politique révolutionnaire en fonction
des réalités "nationales-populaires".
Ce premier point s'appuie sur une idée de Lénine dont nous avons déjà parlé dans une séance du
séminaire (cf. Q7, 2>Q11, 46 : "§ Traducibilità dei linguaggi scientifici e filosofici. Nel 1921 : quistioni
di organizzazione. Vìlici disse e scrisse : « non abbiamo saputo “tradurre” nelle lingue “europee” la
nostra lingua »." "§Traductibilité des langages scientiques et philosophiques. En 1921 : questions
d’organisation.Illitch dit et écrivit : "nous n’avons pas su "traduire" notre langue dans les langues
européennes").
Dès lors, se pose la question de ce qu'on peut traduire et, là, le point d'appui de la réflexion de Gramsci est
une citation de La Saint Famille de Marx où il est affirmé que le langage politique français de Proudhon
peut se traduire dans le langage de la philosophie allemande. Il fonde donc sa thèse de la fonction de
traductibilité inhérente à la philosophie de la praxis sur ce passage de La Sainte Famille:
Marx-Engels, La Sainte Famille, ch. IV, IV Proudhon, Note marginale critique 3
« Sur quoi Proudhon appuie-t-il sa preuve de l'impossibilité de la propriété ? La chose dépasse tout ce
qu'on peut croire : sur le même principe d'égalité ! »
Un instant de réflexion eût suffi pour faire renaître la foi de M. Edgar [Bauer, le frère de Bruno Bauer].
M. Edgar ne peut ignorer qu'à la base de tous ses développements M. Bruno Bauer a placé la « conscience
de soi infinie » et qu'il a conçu ce principe comme le principe créateur des évangiles eux-mêmes, qui, par
leur inconscience infinie, semblent être en contradiction directe avec la conscience de soi infinie. C'est de
la même façon que Proudhon conçoit l'égalité comme le principe créateur de sa contradiction directe, la
propriété privée. Que M. Edgar veuille bien comparer un instant l'égalité française avec la
conscience de soi allemande, et il s'apercevra que le second principe exprime à l'allemande, c'est-àdire dans la pensée abstraite, ce que le premier dit à la française, c'est-à-dire dans la langue de la
politique et de la pensée intuitive. La conscience de soi, c'est l'égalité de l'homme avec lui-même dans la
pensée pure. L'égalité, c'est la conscience que l'homme a de lui-même dans le domaine de la pratique,
c'est-à-dire, par conséquent, la conscience qu'un homme a d'un autre homme comme étant son égal et le
comportement de l'homme à l'égard d'un autre homme comme vis-à-vis de son égal. L'égalité est
l'expression française pour traduire l'unité essentielle de l'être humain, la conscience générique et le
comportement générique de l'homme, l'identité pratique de l'homme avec l'homme, c'est-à-dire, par
conséquent, la relation sociale ou humaine de l'homme avec l'homme. De même qu'en Allemagne la
critique destructrice, avant de passer chez Feuerbach à l'intuition de l'homme réel, essayait de résoudre
toute chose déterminée et tout existant par le principe de la conscience de soi, de même la critique
destructrice en France a tenté d'arriver au même résultat par le principe de l'égalité."
Q11-47: Gramsci pose la question de savoir si la traductibilité réciproque des éléments philosophiques et
politiques est une question de traductibilité générale, ou constitue une fonction même de la philosophie de
la praxis. Il définit les présuppositions de la traductibilité:
- qu'une phase donnée de la civlisation a une expression culturelle "fondamentalement" identique, même
si le langage est historiquement différent.
Il conclut que la traduction n'est "organique et profonde" que dans la philosophie de la praxis: "Il semble
qu'on puisse dire que la « traduction » n'est organique et profonde que dans la philosophie de la
praxis".
Le parallèle Allemagne / France: deux économies semblables, superstructures "équivalentes" donc
compréhensibles, traductibles réciproquement l'une dans l'autre, dans le "langage national particulier" (il
faut entendre ici la langue dans sa masse la plus complète: langue et "esprit" en quelque sorte).
On voit que cette possibilité de traduction et l'hypothèse qu'elle est "organique" dans la philosophie de la
praxis (donc qu'elle est une "fonction" de la philosophie de la praxis) a des conséquences importantes, en
politique - il faut traduire la langue politique et les mots d'ordres révolutionnaires en "langage historique
national-populaire", mais aussi, plus largement, d'un point de vue théorique et philosophique . La
philosophie de la praxis est en quelque sorte une traduction de la pensée politique jacobine, de la
philosophie classique allemande et de la pensée économique classique (sur ce dernier point, lire la lettre
à Tania du 30 mai 1932: "Dans La Sainte Famille on voit comment ce lien mis en évidence par Hegel
entre l'activité politique française et l'activité philosophique allemande a été repris par les théoriciens
de la philosophie de la praxis. Il s'agit de voir comment et dans quelle mesure l'économie anglaise
classique, sous la forme méthodologique élaborée par Ricardo, a contribué au développement ultérieur
de la nouvelle théorie. Que l'économie classique anglaise ait contribué au développement de la nouvelle
philosophie, c'est admis communément, mais d'ordinaire on pense à la théorie ricardienne de la valeur. Il
me semble qu'il faut voir plus loin et reconnaître un apport que j'appellerai synthétique, c'est-à-dire
concernant l'intuition du monde et le mode de pensée, et non seulement un apport analytique, fût-il
fondamental, concernant une doctrine particulière.")
On n'a pu donner lors de cette séance que quelques aperçus de l'importance de cette hypothèse de la
traductibilité et d'une conception de la traduction dans ce qu'on peut nommer (en prenant l'expression
dans une lettre de G. à son épouse Giulia (5 septembre 1932), à laquelle il conseille de devenir traductrice
de l'italien au russe) "le langage historiquement déterminé" de la civilisation pour laquelle on traduit.
Ce qui est certain c'est qu'il faut la prendre au sérieux et voir avec précision quelle extension elle avait
pour G. car c'est certainement une façon d'échapper à un débat (qui a encore lieu aujourd'hui) sur le
"léninisme" ou le "réformisme" de G.
Q8, 208 § Traducibilità
reciproca delle culture
nazionali. L’osservazione
fatta dal Marx nella Santa
Famiglia che il linguaggio
politico francese equivale al
linguaggio filosofico
tedescoi, trova il riscontro nei
versi del Carducci
«decapitaro, Emmanuel
Kant, Iddio – Massimiliano
Robespierre, il re». A
proposito di questo
riavvicinamento carducciano,
il Croce (Conversazioni
Critiche, Serie II, p. 292)
raccoglie una serie di «fonti»
molto interessanti. Il
Carducci attinse il motivo da
Enrico Heine (terzo libro del
Zur Geschichte der Religion
und Philosophie in
Deutschland del 1834). Ma il
paragone tra Kant e
Robespierre non è originale
dello Heine. Il Croce ha
ricercato l’origine del
paragone e scrive di averne
trovato un lontano accenno in
una lettera del 21 luglio 1795
dello Hegel allo Schelling
(Briefe von und an Hegel,
Lipsia, 1887, I, 14-16),
svolto poi nelle lezioni che lo
stesso Hegel tenne sulla
storia della filosofia e sulla
filosofia della storia. Nelle
prime lezioni (di storia della
filosofia) Hegel dice che «la
filosofia del Kant, del Fichte
e dello Schelling contiene in
forma di pensiero la
rivoluzione, alla quale lo
spirito negli ultimi tempi ha
progredito in Germania»; in
una grande epoca cioè della
storia universale, a cui «solo
due popoli hanno preso parte,
i Tedeschi e i Francesi, per
opposti che siano tra loro,
[>Q11, 49] § L’osservazione
contenuta nella Sacra
Famiglia che il linguaggio
politico francese equivale al
linguaggio della filosofia
classica tedesca è stata
espressa «poeticamente» dal
Carducci nell’espressione:
«decapitaro, Emmanuel
Kant, Iddio – Massimiliano
Robespierre, il re». A
proposito di questo
riavvicinamento carducciano
tra la politica pratica di M.
Robespierre e il pensiero
speculativo di E. Kant B.
Croce registra una serie di
«fonti» filologiche molto
interessanti, ma che per il
Croce sono di portata
puramente filologica e
culturale, senza alcun
significato teorico o
«speculativo». Il Carducci
attinse il motivo da Enrico
Heine (terzo libro del Zur
Geschichte der Religion und
Philosophie in Deutschland
del 1834). Ma il
riavvicinamento di
Robespierre a Kant non è
originale dello Heine. Il
Croce, che ha ricercato
l’origine del
riavvicinamento, scrive di
averne trovato un lontano
cenno in una lettera del 21
luglio 1795 dello Hegel allo
Schelling (contenuto in
Briefe von und an Hegel,
Lipsia, 1887, I, 14-16),
svolto poi nelle lezioni che lo
stesso Hegel tenne sulla
storia della filosofia e sulla
filosofia della storia. Nelle
prime lezioni di storia della
filosofia, Hegel dice che «la
filosofia del Kant, del Fichte
e dello Schelling contiene in
forma di pensiero la
Q11, 49, tr. fr. :
L'observation contenue dans
la Sainte Famille selon
laquelle le langage politique
français équivaut au langage
de la philosophie classique
allemande a été « poétiquement » exprimée par Carducci
dans l'expression : «
Emmanuel Kant décapita
Dieu - Maximilien
Robespierre le roi. » A propos
de ce rapprochement de
Carducci entre la politique
pratique de M. Robespierre et
la pensée spéculative d'E.
Kant, Croce enregistre une
série de « sources »
philologiques très
intéressantes mais qui n'ont,
pour Croce, qu'une portée
purement philologique et
culturelle, sans aucune
signification théorique ni «
spéculative ». Carducci tire
son sujet de H. Heine (Livre
III de Zur Geschichte der
Religion und Philosophie in
Deutschland de 1834). Mais
le rapprochement de
Robespierre et de Kant n'a pas
son origine chez Heine.
Croce, qui l'a recherchée, écrit
qu'il en a trouvé une lointaine
mention dans une lettre de
Hegel à Schelling du 21 juillet
1795, développée ensuite
dans les leçons que Hegel a
prononcées sur l'histoire de la
philosophie et sur la
philosophie de l'Histoire.
Hegel dit, dans les premières
leçons d'histoire de la
philosophie, que « la
philosophie de Kant, de
Fichte et de Schelling contient
sous forme de pensée la
Révolution » vers laquelle,
ces derniers temps, l'esprit a
progressé en Allemagne dans
rivoluzione», alla quale lo
spirito negli ultimi tempi ha
progredito in Germania, in
una grande epoca cioè della
storia universale, a cui «solo
due popoli hanno preso parte,
i Tedeschi e i Francesi, per
opposti che siano tra loro,
anzi appunto perché
opposti»; sicché, laddove il
nuovo principio in Germania
«ha fatto irruzione come
spirito e concetto» in Francia
invece si è esplicato «come
realtà effettuale» (cfr Vorles.
über die Gesch. d. Philos., 2
ed., Berlino, 1844, III, 485).
Nelle lezioni di filosofia
della storia, Hegel spiega che Nelle lezioni di filosofia
della storia, Hegel spiega che
il principio della volontà
formale, della libertà astratta, il principio della volontà
formale, della libertà astratta,
secondo cui «la semplice
unità dell’autocoscienza, l’Io, secondo cui «la semplice
unità dell’autocoscienza, l’Io,
è la libertà assolutamente
è la libertà assolutamente
indipendente e la fonte di
indipendente e la fonte di
tutte le determinazioni
universali», «rimase presso i tutte le determinazioni
universali», «rimase presso i
Tedeschi una tranquilla
Tedeschi una tranquilla
teoria, ma i Francesi vollero
teoria, ma i Francesi vollero
eseguirlo praticamente»
eseguirlo praticamente»
(Vor1es. über die
(Vorlesungen über die
Philosophie der Gesch., 3
Philosophie der Geschichte,
ed., Berlino, 1848, pp.
3 ed., Berlino, 1848, pp.
531-2). (Questo passo di
Hegel mi pare sia appunto il 531-32). (Questo passo di
riferimento letterale del
Hegel è appunto, pare,
Marx, dove nella Sacra
parafrasato dalla Sacra
Famiglia accenna a
Famiglia dove si difende
Proudhon contro il Bauer.
un’affermazione di Proudhon
Ma esso mi pare assai più
contro i Bauer, o, se non la si
importante ancora come
difende, la si spiega secondo
«fonte» del pensiero espresso questo canone ermeneutico
nelle Tesi su Feuerbach che i hegeliano. Ma il passo di
filosofi hanno spiegato il
Hegel pare assai più
mondo e si tratta ora di
importante come «fonte» del
mutarlo, cioè che la filosofia pensiero espresso nelle Tesi
deve diventare «politica»,
su Feuerbach che «i filosofi
«pratica», per continuare ad
hanno spiegato il mondo e si
essere filosofia: la «fonte»
tratta ora di mutarlo», cioè
per la teoria dell’unità di
che la filosofia deve
teoria e di pratica).
diventare politica per
anzi appunto perché
opposti»; sicché, laddove il
nuovo principio in Germania
«ha fatto irruzione come
spirito e concetto» in Francia
invece si è esplicato «come
realtà effettuale» («Vorles.
über die Gesch. d. Philos., 2
ed., Berlino, 1844, III, 485).
une grande époque de
l'Histoire universelle à
laquelle « seuls deux peuples
ont pris part, les Allemands et
les Français, pour opposés
qu'ils soient entre eux et
même justement parce qu'ils
sont opposés » ; de telle sorte
qu'alors que le nouveau
principe « a fait irruption
comme esprit et comme
concept » en Allemagne, il
s'est déployé au contraire «
comme réalité effective » en
France.
Hegel explique dans les
Leçons de philosophie de
l’Histoire que le principe de
la volonté formelle, de la
liberté abstraite, selon lequel
« la simple unité de la
conscience de soi, le Je, est la
liberté absolument
indépendante et la source de
toutes les déterminations
universelles », «resta chez les
Allemands une tranquille
théorie, alors que les Français
voulurent le réaliser
pratiquement ». Il me semble
que c'est justement ce passage
de Hegel que paraphrase la
Sainte Famille en soutenant
contre Bauer une affirmation
de Proudhon - ou, sinon en la
soutenant, tout au moins en
l'explicitant selon ce canon
herméneutique hégélien. Mais
le passage de Hegel semble
beaucoup plus important
comme « source » de la
pensée des Thèses sur
Feuerbach selon laquelle «
les philosophes ont interprété
le monde, et il s'agit
désormais de le transformer »;
en d'autres termes, la
philosophie doit devenir
politique pour devenir vraie,
pour continuer à être
inverarsi, per continuare ad
essere filosofia, che la
«tranquilla teoria» deve
essere «eseguita
praticamente», deve farsi
«realtà effettuale», come
fonte dell’affermazione di
Engels che la filosofia
classica tedesca ha come
erede legittimo il «popolo»
tedesco e infine come
elemento per la teoria
dell’unità di teoria e di
pratica.
A. Ravà nel suo libro
Ravà nel suo libro
Introduzione allo studio della Introduzione allo studio della
filosofia di Fichte (Modena,
filosofia di Fichte (Modena,
Formiggini, 1909, pp. 6-8 n.) Formiggini, 1909, pp. 6-8 n.)
fa osservare al Croce che già fa osservare al Croce che già
nel 1791 il Baggesen in una
nel 1791 il Baggesen in una
lettera al Reinhold accostava lettera al Reinhold accostava
le due rivoluzioni, che lo
le due rivoluzioni, che lo
scritto di Fichte del 1792
scritto del Fichte del 1792
sulla rivoluzione francese è
sulla rivoluzione francese è
animato da questo senso di
animato da questo senso di
affinità tra l’opera della
affinità tra l’opera della
filosofia e l’avvenimento
filosofia e l’avvenimento
politico e che nel 1794 lo
politico e che nel 1794 lo
Schaumann svolse
Schaumann svolse
particolarmente il paragone,
particolarmente il paragone,
notando che la rivoluzione
notando che la rivoluzione
politica di Francia «fa sentire politica di Francia «fa sentire
dall’esterno il bisogno di una dall’esterno il bisogno di una
determinazione fondamentale determinazione fondamentale
dei diritti umani» e la riforma dei diritti umani» e la riforma
filosofica tedesca «mostra
filosofica tedesca «mostra
dall’interno i mezzi e la via
dall’interno i mezzi e la via
per cui e sulla quale
per cui e sulla quale
solamente questo bisogno
solamente questo bisogno
può essere soddisfatto», anzi può essere soddisfatto»; anzi
che lo stesso paragone dava
che lo stesso paragone dava
motivo nel 1797 a una
motivo nel 1797 a una
scrittura satirica contro la
scrittura satirica contro la
filosofia kantiana. Il Ravà
filosofia kantiana. Il Ravà
conclude che il «paragone
conclude che «il paragone
era nell’aria». Il paragone
era nell’aria». Il paragone
venne ripetuto moltissime
venne ripetuto moltissime
volte nel corso
volte nel corso dell’800 (dal
dell’Ottocento (dal Marx, per
Marx, per es. nella Critica
es., nella Critica della
della filosofia del diritto di
philosophie, la « tranquille
théorie » doit être « réalisée
pratiquement », doit devenir
« réalité effective »; ce
passage semble également
beaucoup plus important
comme « source » de
l'affirmation d'Engels que la
philosophie classique
allemande a pour héritier
légitime le peuple allemand,
enfin comme élément de la
théorie de l'unité de la théorie
et de la pratique.
Dans son livre Introduction à
la philosophie de Fichte, A.
Ravà fait remarquer à Croce
qu'en 1791 déjà, Baggesen
rapprochait les deux
révolutions dans une lettre à
Reinhold, que l'écrit de Fichte
de 1792 sur la Révolution
française est animé de ce sens
de la parenté entre l'oeuvre de
la philosophie et l'événement
politique, et qu'en 1794
Schaumann développa tout
particulièrement la
comparaison, en notant que la
révolution politique française
« fait sentir de l'extérieur le
besoin d'une détermination
fondamentale des droits
humains » et que la réforme
philosophique allemande «
indique de l'intérieur les seuls
moyens par lesquels et la
seule voie sur laquelle ce
besoin peut être satisfait » ;
bien plus, cette comparaison
donnait lieu en 1797 à un écrit
satirique contre la philosophie
kantienne. Ravà conclut que «
la comparaison était dans
l'air».
La comparaison a été reprise
de très nombreuses fois au
cours du XIXe siècle (par
Marx par exemple, dans la
Hegel) e «dilatato» dallo
Heine. In Italia, qualche anno
prima del Carducci, lo si
ritrova in una lettera di
Bertrando Spaventa, dal
titolo Paolottismo,
positivismo e razionalismo,
pubblicata nella «Rivista
bolognese» del maggio 1868
(ristampata negli Scritti
filosofici, ed. Gentile, p.
301). Il Croce conclude
facendo delle riserve sul
paragone in quanto
«affermazione di un rapporto
logico e storico». «Perché se
è vero che al Kant
giusnaturalista risponde assai
bene nel campo dei fatti la
rivoluzione francese, è anche
vero che quel Kant
appartiene alla filosofia del
secolo decimottavo, che
precesse e informò quel moto
politico; laddove il Kant che
apre l’avvenire, il Kant della
sintesi a priori, è il primo
anello di una nuova filosofia,
la quale oltrepassa la
filosofia che s’incarnò nella
rivoluzione francese». Si
capisce questa riserva del
Croce.
filosofia del diritto di Hegel)
e «dilatato» dallo Heine. In
Italia, qualche anno prima
del Carducci, lo si ritrova in
una lettera di Bertrando
Spaventa, dal titolo
Paolottismo, positivismo e
razionalismo, pubblicata
nella «Rivista bolognese» del
maggio 1868 e ristampata
negli Scritti filosofici (ed.
Gentile, p. 301). Il Croce
conclude facendo delle
riserve sul paragone in
quanto «affermazione di un
rapporto logico e storico».
«Perché se è vero che al Kant
giusnaturalista risponde assai
bene nel campo dei fatti la
rivoluzione francese, è anche
vero che quel Kant
appartiene alla filosofia del
secolo decimottavo, che
precesse e informò quel moto
politico; laddove il Kant che
apre l’avvenire, il Kant della
sintesi a priori, è il primo
anello di una nuova filosofia,
la quale oltrepassa la
filosofia che s’incarnò nella
rivoluzione francese». Si
capisce questa riserva del
Croce che però è impropria e
incongruente, poiché le
stesse citazioni del Croce da
Hegel mostrano che non del
particolare paragone di Kant
col Robespierre si tratta, ma
di qualcosa di più esteso e
comprensivo, del moto
politico francese nel suo
complesso e della riforma
filosofica tedesca nel suo
complesso. Che il Croce sia
favorevole alle «tranquille
teorie» e non alle «realtà
effettuali», che una riforma
«in idea» gli sembri la
fondamentale e non quella in
atto, si capisce: in tal senso la
Critique de la philosophie du
droit de Hegel) et « élargie »
par Heine. On la trouve en
Italie, quelques années avant
Carducci, dans une lettre de
Bertrando Spaventa, intitulée
« Paolottisme, positivisme et
rationalisme » publiée dans la
Rivista bolognese de mai
1868 et republiée dans les
Écrits philosophiques (éd.
Gentile, p. 301). Croce
conclut en faisant des réserves
sur la comparaison en tant qu'
« affirmation d'un rapport
logique et historique ».
« Car s'il est vrai que la
Révolution française dans
l'ordre des faits répond très
bien au Kant du droit naturel,
il est vrai aussi que ce Kant
appartient à la philosophie du
XVIIIe siècle qui précéda ce
mouvement politique et lui
donna sa forme ; alors que le
Kant qui ouvre l'avenir, le
Kant de la « synthèse a priori
», est le premier anneau d'une
nouvelle philosophie
dépassant la philosophie qui
s'incarne dans la Révolution
française. »
On comprend cette réserve de
Croce qui pourtant est
impropre et non pertinente,
car les citations mêmes que
Croce fait de Hegel montrent
qu'il ne s'agit pas de la
comparaison particulière de
Kant et de Robespierre, mais
de quelque chose de plus
large et de plus global, du
mouvement politique français
dans son ensemble et de la réforme philosophique
allemande dans son ensemble
; on comprend que Croce soit
favorable aux « tranquilles
théories » et non aux «
réalités effectives », qu'une
filosofia tedesca ha influito
in Italia nel periodo del
Risorgimento, col
«moderatismo» liberale (nel
senso più stretto di «libertà
nazionale»), sebbene nel De
Sanctis si senta
l’insofferenza di questa
posizione «intellettualistica»
come appare dal suo
passaggio alla «Sinistra» e da
alcuni scritti, specialmente
Scienza e vita, e gli articoli
sul verismo, ecc.
Tutta la quistione sarebbe da
rivedere, ristudiando i
riferimenti dati dal Croce e
dal Ravà e cercandone altri,
per inquadrarli nella
quistione che è oggetto della
rubrica e cioè che due
strutture simili hanno
superstrutture equivalenti e
traducibili reciprocamente.
Di ciò avevano coscienza i
contemporanei della
rivoluzione francese e ciò è
di sommo interesse.
Tutta la quistione sarebbe da
rivedere, ristudiando i
riferimenti dati dal Croce e
dal Ravà, cercandone altri,
per inquadrarli nella
quistione che è argomento
della rubrica e cioè che due
strutture fondamentalmente
simili hanno superstrutture
«equivalenti» e
reciprocamente traducibili,
qualunque sia il linguaggio
particolare nazionale. Di
questo fatto avevano
coscienza i contemporanei
della rivoluzione francese e
ciò è di sommo interesse. (Le
note del Croce sul paragone
carducciano tra Robespierre
e Kant sono pubblicate nella
II Serie delle Conversazioni
Critiche, pp. 292
réforme « en idée » et non «
en acte » lui semble
fondamentale : en ce sens, la
philosophie allemande a eu
une influence en Italie au
cours du Risorgimento avec le
« modérantisme » libéral (au
sens le plus étroit de « liberté
nationale »), bien que l'on
sente chez De Sanctis que
cette position
«intellectualiste» est
intolérable, comme il ressort
de son passage à gauche et de
quelques-uns de ses écrits,
surtout de Science et Vie et de
ses articles sur le vérisme, etc.
Il faudrait revoir l'ensemble
du problème, en réétudiant les
références données par Croce
et par Ravà, en en cherchant
d'autres pour les intégrer au
problème de la traductibilité
des langages ; deux structures
fondamentalement semblables
ont des superstructures
«équivalentes» qui se
traduisent réciproquement
l'une en l'autre, quel que soit
leur langage national
particulier. Les contemporains
de la Révolution française
avaient conscience de ce fait,
et c'est d'un très grand intérêt.
Marx-Engels, La Sainte Famille,
« Sur quoi Proudhon appuie-t-il sa preuve de l'impossibilité de la propriété ? La chose
dépasse tout ce qu'on peut croire : sur le même principe d'égalité ! »
Un instant de réflexion eût suffi pour faire renaître la foi de M. Edgar. M. Edgar ne Peut
ignorer qu'à la base de tous ses développements M. Bruno Bauer a placé la « conscience de
soi infinie » et qu'il a conçu ce principe comme le principe créateur des évangiles eux-mêmes,
qui, par leur inconscience infinie, semblent être en contradiction directe avec la conscience de
soi infinie. C'est de la même façon que Proudhon conçoit l'égalité comme le principe créateur
i
de sa contradiction directe, la propriété privée. Que M. Edgar veuille bien comparer un instant
l'égalité française avec la conscience de soi allemande, et il s'apercevra que le second principe
exprime à l'allemande, c'est-à-dire dans la pensée abstraite, ce que le premier dit à la française, c'est-à-dire dans la langue de la politique et de la pensée intuitive. La conscience de soi,
c'est l'égalité de l'homme avec lui-même dans la pensée pure. L'égalité, c'est la conscience que
l'homme a de lui-même dans le domaine de la pratique, c'est-à-dire, par conséquent, la
conscience qu'un homme a d'un autre homme comme étant son égal et le comportement de
l'homme à l'égard d'un autre homme comme vis-à-vis de son égal. L'égalité est l'expression
française pour traduire l'unité essentielle de l'être humain, la conscience générique et le
comportement générique de l'homme, l'identité pratique de l'homme avec l'homme, c'est-àdire, par conséquent, la relation sociale ou humaine de l'homme avec l'homme. De même
qu'en Allemagne la critique destructrice, avant de passer chez Feuerbach à l'intuition de
l'homme réel, essayait de résoudre toute chose déterminée et tout existant par le principe de la
conscience de soi, de même la critique destructrice en France a tenté d'arriver au même
résultat par le principe de l'égalité.
En
1921,
traitant
des
questions
Q11, 46 § Nel 1921 trattando di quistioni di
organizzazione Vilici scrisse e disse (press’a d'organisation, Ilic écrivit et dit (à peu près)
poco) così: non abbiamo saputo «tradurre» ceci : Nous n'avons pas su « traduire » notre
langue dans les langues européennes.
nelle lingue europee la nostra lingua.
Q11, 47 [cfr. Q7, 1] È da risolvere il
problema: se la traducibilità reciproca dei
vari linguaggi filosofici e scientifici sia un
elemento «critico» proprio di ogni
concezione del mondo o solamente proprio
della filosofia della prassi (in modo
organico) e solo parzialmente appropriabile
da altre filosofie. La traducibilità
presuppone che una data fase della civiltà ha
una espressione culturale
«fondamentalmente» identica, anche se il
linguaggio è storicamente diverso,
determinato dalla particolare tradizione di
ogni cultura nazionale e di ogni sistema
filosofico, dal predominio di una attività
intellettuale o pratica ecc. Così è da vedere
se la traducibilità è possibile tra espressioni
di fasi diverse di civiltà, in quanto queste
fasi sono momenti di sviluppo una
dall’altra, e quindi si integrano a vicenda, o
se un’espressione data può essere tradotta
coi termini di una fase anteriore di una
stessa civiltà, fase anteriore che però è più
comprensibile che non il linguaggio dato
ecc. Pare si possa dire appunto che solo
nella filosofia della prassi la «traduzione» è
organica e profonda, mentre da altri punti di
vista spesso è un semplice gioco di
«schematismi» generici.
Il faut résoudre le problème : la
traductibilité réciproque des différents langages
philosophiques et scientifiques est-elle un
élément « critique » propre à toute conception
du monde ou propre seulement à la philosophie
de la praxis (de façon organique) et assimilable
en partie seulement par les autres philosophies?
La traductibilité présuppose qu'une phase
donnée de la civilisation a une expression
culturelle « fondamentalement » identique,
même si le langage est historiquement différent,
déterminé par les traditions particulières de
chaque culture nationale et de chaque système
philosophique, par la prédominance d'une
activité intellectuelle ou pratique, etc. Ainsi il
faut voir si la traductibilité est possible entre
expressions de phases différentes de la
civilisation, dans la mesure où ces phases sont
des moments du développement de l'une à
partir de l'autre et se complètent donc
réciproquement, ou si une expression donnée
peut être traduite avec les termes d'une phase
antérieure d'une même civilisation, phase
antérieure qui est pourtant plus compréhensible
que le langage donné, etc. Il semble qu'on
puisse dire que la « traduction » n'est organique
et profonde que dans la philosophie de la
praxis, alors que pour d'autres points de vue elle
n'est souvent qu'un simple jeu de «
schématismes » généraux.
Q11, 48 § Giovanni Vailati e la
traducibilità dei linguaggi scientifici. Passo
della Sacra Famiglia in cui si afferma che il
linguaggio politico francese del Proudhon
corrisponda e possa tradursi nel linguaggio
della filosofia classica tedesca. Questa
affermazione è molto importante per
comprendere alcuni aspetti della filosofia
della prassi e per trovare la soluzione di
Le passage de La Sainte Famille où il est
affirmé que le langage politique français de
Proudhon correspond à et peut se traduire dans
le langage de la philosophie classique
allemande, est très important pour comprendre
quelques-uns des aspects de la philosophie de la
praxis, pour trouver la solution de nombreuses
contradictions apparentes du développement
historique, et pour répondre à quelques
molte apparenti contraddizioni dello
sviluppo storico e per rispondere ad alcune
superficiali obbiezioni contro questa teoria
storiografica (anche utile per combattere
alcuni astrattismi meccanicistici). È da
vedere se questo principio critico possa
essere avvicinato o confuso con
affermazioni analoghe. Nel fascicolo di
settembre-ottobre 1930 dei «Nuovi Studi di
Diritto, Economia e Politica», in una lettera
aperta di Luigi Einaudi a Rodolfo Benini
(Se esista, storicamente, la pretesa
repugnanza degli economisti verso il
concetto dello Stato produttore) in una nota
a p. 303 si legge: «Se io possedessi la
meravigliosa facoltà che in sommo grado
aveva il compianto amico Vailati di tradurre
una qualunque teoria dal linguaggio
geometrico in quello algebrico, da quello
edonista in quello della morale kantiana,
dalla terminologia economica pura
normativa in quella applicata precettistica,
potrei tentare di ritradurre la pagina dello
Spirito nella formalistica tua, ossia
economistica classica. Sarebbe un esercizio
fecondo, simile a quelli di cui racconta
Loria, da lui intrapresi in gioventù, di
esporre successivamente una data
dimostrazione economica prima in
linguaggio di Adamo Smith e poi di
Ricardo, e quindi di Marx, di Stuart-Mill e
di Cairnes. Ma sono esercizi che vanno,
come faceva Loria, dopo fatti, riposti nel
cassetto. Giovano ad insegnare la umiltà ad
ognuno di noi, quando per un momento ci
illudiamo di aver visto qualcosa di nuovo.
Perché se questa novità poteva essere stata
detta con le loro parole e inquadrarsi nel
pensiero dei vecchi, segno è che quel
qualcosa era contenuto in quel pensiero. Ma
non possono né devono impedire che ogni
generazione usi quel linguaggio che meglio
si adatta al modo suo di pensare e
d’intendere il mondo. Si riscrive la storia;
perché non si dovrebbe riscrivere la scienza
economica, prima in termini di costo di
produzione e poi di utilità e quindi di
equilibrio statico e poi di equilibrio
dinamico?» Lo spunto metodologico-critico
dell’Einaudi è molto circoscritto e si
objections superficielles dirigées contre cette
théorie historiographique (il est utile aussi pour
combattre quelques abstractions mécanistes).
Il faut voir si ce principe critique peut être
rapproché de, ou confondu avec des
affirmations analogues. On lit dans une lettre
ouverte de Luigi Einaudi à Rodolfo Benini «
Au sujet de l'existence historique de la
prétendue répugnance des économistes à l'égard
du concept d'État producteur », note de la p.
303, parue dans le fascicule de septembreoctobre 1930 des Nouvelles Études de droit,
d'économie et de politique :
« Si je possédais la merveilleuse faculté qu'avait
au plus haut point le regretté ami Vailati de
traduire une théorie quelconque du langage
géométrique en langage algébrique, du langage
hédoniste en langage de morale kantienne, de la
terminologie économique pure normative dans
la terminologie des recettes de l'économie
appliquée, je pourrais tenter de retraduire la
page de Spirito dans la terminologie formaliste,
ou bien dans celle de l'économie classique. Ce
serait un exercice fécond - semblable à ceux
entrepris par Loria, dit-il, dans sa jeunesse d'exposer successivement une démonstration
économique donnée dans le langage d'Adam
Smith d'abord, puis dans celui de Ricardo et de
là dans celui de Marx, de S. Mill et de Cairnes.
Mais ces exercices, une fois accomplis, sont,
comme le faisait Loria, mis de côté. Ils servent
à enseigner l'humilité à chacun de nous, quand
nous avons l'illusion, pour un instant, d'avoir
entrevu quelque chose de nouveau. Car si cette
nouveauté pouvait avoir été dite dans les termes
des anciens et prendre place dans leur pensée,
cela indiquerait que ce quelque chose était
contenu dans cette pensée. Mais nous ne
pouvons ni ne devons empêcher que chaque
génération utilise le langage le mieux adapté à
sa façon de penser et de comprendre le monde.
On réécrit l'histoire : pourquoi ne devrait-on pas
récrire la science économique, d'abord en
termes de coût de production, puis d'utilité et de
là
d'équilibre
statique
et
d'équilibre
dynamique?»
La remarque méthodologique et critique
d'Einaudi est très circonscrite et se rapporte
plutôt qu'aux langages des cultures nationales,
riferisce piuttosto che a linguaggi di culture
nazionali, a linguaggi particolari di
personalità della scienza. L’Einaudi si
riattacca alla corrente rappresentata da
alcuni pragmatisti italiani, dal Pareto, dal
Prezzolini. Egli si propone con la sua lettera
fini critici e metodologici assai limitati:
vuole dare una piccola lezione a Ugo
Spirito, nel quale, molto spesso, la novità
delle idee, dei metodi, dell’impostazione dei
problemi, è puramente e semplicemente una
quistione verbale, di terminologia, di un
«gergo» personale o di gruppo. Tuttavia è
da vedere se questo non sia il primo grado
del più vasto e profondo problema che è
implicito nell’affermazione della Sacra
Famiglia. Come due «scienziati» formatisi
nel terreno di una stessa cultura
fondamentale, credono di sostenere «verità»
diverse solo perché impiegano un diverso
linguaggio (e non è detto che tra loro non ci
sia una differenza e che essa non abbia il
suo significato) scientifico, così due culture
nazionali, espressioni di civiltà
fondamentalmente simili, credono di essere
diverse, opposte, antagonistiche, una
superiore all’altra, perché impiegano
linguaggi di tradizione diversa, formatisi su
attività caratteristiche e particolari a ognuna
di esse: linguaggio politico-giuridico in
Francia, filosofico, dottrinario, teorico in
Germania. Per lo storico, in realtà, queste
civiltà sono traducibili reciprocamente,
riducibili l’una all’altra. Questa traducibilità
non è «perfetta» certamente, in tutti i
particolari, anche importanti (ma quale
lingua è esattamente traducibile in un’altra?
quale singola parola è traducibile
esattamente in un’altra lingua?), ma lo è nel
«fondo» essenziale. È anche possibile che
una sia realmente superiore all’altra, ma
quasi mai in ciò che i loro rappresentanti e i
loro chierici fanatici pretendono, e
specialmente quasi mai nel loro complesso:
il progresso reale della civiltà avviene per la
collaborazione di tutti i popoli, per «spinte»
nazionali, ma tali spinte quasi sempre
riguardano determinate attività culturali o
gruppi di problemi.
aux langages particuliers de personnalités de la
science. Einaudi se rattache au courant
représenté par quelques pragmatistes italiens,
par Pareto, Prezzolini. Il se propose, par sa
lettre, des buts critiques et méthodologiques
assez limités ; il veut donner une petite leçon à
Ugo Spirito chez qui, très souvent, la nouveauté
des idées, des méthodes, de la position des
problèmes, est purement et simplement une
question de mots, de terminologie, de «jargon »
propre à un individu ou à un groupe. Il faut voir
toutefois si ce n'est pas le premier niveau d'un
problème plus vaste et plus profond qui est
implicitement contenu dans l'affirmation de La
Sainte Famille.
Tout comme deux « savants » formés sur le
terrain d'une même culture fondamentale,
croient soutenir des vérités différentes
simplement parce qu'ils emploient un langage
scientifique différent (et il n'est pas dit qu'il
n'existe pas entre eux une différence et qu'elle
n'ait sa signification). Ainsi deux cultures
nationales,
expressions
de
civilisations
fondamentalement semblables, croient être
différentes, opposées, antagonistes, supérieures
l'une à l'autre, parce qu'elles emploient des
langages de tradition différente, formés à partir
d'activités caractéristiques et particulières à
chacune d'elles ; langage politico-juridique en
France, philosophique, doctrinaire, théorique en
Allemagne. En réalité, pour l'historien, ces
civilisations sont traduisibles réciproquement,
réductibles l'une à l'autre. Cette traductibilité
n'est certainement pas « parfaite », dans tous les
détails, même pour des détails importants (mais
quelle langue est exactement traduisible dans
une autre ? quel terme pris à part est exactement
traduisible dans une autre langue ?) mais elle
est possible pour le « fond essentiel ». Il est
aussi possible qu'une civilisation soit réellement
supérieure à l'autre, mais presque jamais en ce
que leurs représentants et leurs clercs fanatiques
prétendent, et surtout presque jamais dans leur
ensemble ; le progrès réel de la civilisation se
fait par la collaboration de tous les peuples, par
« poussées » nationales, mais ces poussées concernent presque toujours des activités
culturelles déterminées ou des groupes de
problèmes déterminés.
La philosophie gentilienne est aujourd'hui celle
La filosofia gentiliana è oggi quella che fa
più quistioni di «parole», di «terminologia»,
di «gergo», che dà per «creazioni» nuove
quelle che sono espressioni verbali nuove
non sempre molto felici e adeguate. La nota
dell’Einaudi ha perciò esasperato Ugo
Spirito che non riesce però a rispondere
nulla di conclusivo. (Vedere tutta la
polemica nella rivista citata)
.
qui, plus que tout autre, pose des questions de «
mots », de « terminologie », de « jargon », qui
fait passer pour « créations » nouvelles des
expressions verbales nouvelles qui ne sont
d'ailleurs pas toujours heureuses ni adéquates.
Pour cette raison, la note d'Einaudi a exaspéré
Ugo Spirito qui n'a pourtant pas réussi à
répondre quelque chose de concluant.