Griselda: Cinque testi
L’ultima novella del Decameron e la novella 153 provvengono da liber.liber, The Clerk’s T7ale di Chaucer da Digitale Bibliothek, Band 59.
Le ménagier de Paris, 1-2. Société des bibliophiles français, Paris (curato da Pichon, Jérôme, 1846) proviene dalla http://gallica.bnf.fr/. Il testo (ma non la
cornice) è sostanzialmente identico a quello pubblicato da Golenistcheff-Koutouzoff (versionee A), e cioè, a quello di Philippe de Mézières.
Ho scannarizzato il testo di Petrarca (sull’edizione di Golenistcheff-Koutouzoff, Elie: L’histoire de Griseldis en France au XIVe et au XV siede, Genève
1975 (Ia ed.: Paris 1933).
Siccome si tratta di testi scannarizzati, errori sono inevitabili.
Le cifre tra parentesi quadre servono a segnalare brani analoghi. Il loro ordine è arbitrario.
Sercambi : Novella 153.
Boccaccio : Decameron X,1
DE MULIERE CONSTANTE
DEL CONTE ARTÙ, CHE PRESE DONNA A
SUO MODO.
Mansuete miei donne e voialtri li quali
disiate onestà, per quello che mi paia
vedere questa giornata serà molto grande e
faticosa a caminare; e però, a cagione che
io da voi troppo non mi scosti, vi ragionerò
di uno conte, non così magnifico come a
conte richiede ma [1]più tosto un matto,
posto che bene ne li avenisse. Dal quale
consiglio che neuno ne prenda exemplo,
che tutti i più se ne troverenno ingannati. E
ben che la mia novella sia in similitudine
d’una che messer Johanni Boccacci ne
tocca innel suo libro, capitolo e, nondimeno
questa fu altra, che, rade, se ne troverenno
simili.
Il marchese di Saluzzo, da’prieghi de’suoi
uomini costretto di pigliar moglie, per
prenderla a suo modo, piglia una figliuola
d’un villano, della quale ha due figlioli, li
quali le fa veduto di uccidergli. Poi,
mostrando lei essergli rincresciuta e avere
altra moglie presa, a casa faccendosi
ritornare la propria figliuola come se sua
moglie fosse, lei avendo in camicia
cacciata e ad ogni cosa trovandola
paziente, più cara che mai in casa
tornatalasi, i suoi figliuoli grandi le
mostra, e come marchesana l’onora e fa
onorare.
Finita la lunga novella del re, molto a tutti
nel sembiante piaciuta, Dioneo ridendo
disse:
- Il buono uomo che aspettava la
seguente notte di fare abbassare la coda
ritta della fantasima, avrebbe dati men di
due denari di tutte le lode che voi date a
messer Torello -; e appresso, sappiendo che
a lui solo restava il dire, incominciò.
Mansuete mie donne, per quel che mi
paia, questo dì d’oggi è stato dato a re e a
soldani e a così fatta gente; e per ciò, acciò
che io troppo da voi non mi scosti,
vo’ragionar d’un marchese, non cosa
magnifica, ma [1]una matta bestialità, come
Ad Johannem Biccacium Florencia
Franciscus Petrarca laureatus poeta :
historia Griseldis.
…
Ménagier de Paris. (Biblioteca gallica)
SIXIÈME ARTICLE.
Le sixiesme article de la première
distinction dit que vous soiez humble et
obéissant à celluy qui sera vostre mary,
lequel article contient en soy quatre
membres. Le premier membre dit que vous
soiez obéissant qui est entendu à lui, et à
ses commandemens quels qu’ils soient,
supposé que les commandemens soient fais
à certes ’ou par jeu, ou que les
commandemens soient fais d’aucunes
choses estranges à faire, ou que les
commandemens soient fais sur choses de
petit pris bu degrant pris; car toutes choses
vous doivent estre de grant pris puis que
cellui qui sera vostre mary le vous aura
commandé. Le deuxiesme membre ou
particularité est à entendre que se vous
avez aucunes besongnes à faire dont vous
n’ayez point parlé à celluy qui sera vostre
mary, ne il ne s’en est point advisé, et pour
ce il n’en a riens commandé ne deffendu se
la besongne est hastive et qu’il la
conviengne faire avant {97} que celluy qui
sera vostre mary le sache, se vous avez
plaisir de la faire en aucune manière, et
vous sentez que celluy qui sera vostre mary
eust plaisir de la faire en une autre manière,
faictes avant1 au plaisir de celluy qui sera
vostre mary que au vostre, car son plaisir
Chaucer : The Clerk’s Tale. (Digibib. 059 : English
an American Litterature)
Prologue
Heere folweth the Prologe of the Clerkes Tale of
Oxenford.
»Sire Clerk of Oxenford,« oure Hooste sayde,
»Ye ryde as coy and stille as dooth a mayde
Were newe spoused, sittynge at the bord;
This day ne herde I of youre tonge a word.
I trowe ye studie aboute som sophyme,
But Salomon seith, everythyng hath tyme.
For Goddes sake, as beth of bettre cheere!
It is no tyme for to studien heere.
Telle us som myrie tale, by youre fey,
For what man that is entred in a pley,
He nedes moot unto the pley assente.
But precheth nat, as freres doon in Lente,
To make us for oure olde synnes wepe,
Ne that thy tale make us nat to slepe.
Telle us som murie thyng of aventures.
Youre termes, youre colours, and youre figures,
Keepe hem in stoor til so be that ye endite
Heigh style, as whan that men to kynges write.
Speketh so pleyn at this tyme, we yow preye,
That we may understonde what ye seye.«
This worthy clerk benignely answerde,
»Hooste,« quod he, »I am under youre yerde.
Ye han of us as now the governance,
And therfore wol I do yow obeisance
As fer as resoun axeth, hardily.
che bene ne gli seguisse alla fine. La quale
io non consiglio alcun che segua, per ciò
che gran peccato fu che a costui ben
n’avvenisse.
Est ad Ytalie latus occiduum Vesulus ex
Appenini iugis mons unus altissimus, qui
vertice nubila superans, liquido sese ingerit
etheri mons suapte nobilis natura sed Padi
ortu nobilissimus, qui eius a latere fonte
lapsus, exiguo ortientem contra solem
fertur, mirisque mox tumidus incrementis
brevi spacio decurso, non tantum
maximorum unus amnium, sed fiuviorum a
Virgilio rex dic- {252} tus, Liguriam
gurgite violentus intersecat, dehinc Emiliam
atque Flaminiam, Venetiamque
discriminans, multis ad ultimum et
ingentibus ostijs, in Adriaticum mare
descendit. Ceterum pars illa terrarum, de
qua primum dixi, que et grata planitie et
interiectis collibus ac montibus
circumflexis, aprica pariter ac iocunda est,
atque ab eorum quibus subiacet
Pedemontium nomen tenet, et civitates
aliquot et opida habet egregia.
doit précéder le vostre.
La troisiesme particularité est à entendre
que se celluy qui sera vostre mary vous
deffendra aucune chose, supposé que sa
deffense soit faicte à jeu ou à certes ou que
sa deffense soit faicte sur chose de petit
pris ou de grant value, gardez que
aucunement vous ne faciez contre sa
deffense.
La quarte particularité est que vous ne
soyez arrogant ne répliquant contre celluy
qui sera vostre mary ne contre ses dis, et ne
dictes contre sa parole, mesmement2 devant
les gens.
En reprenant le premier point des quatre
particularités qui dit que vous soyez
humble à vostre mary et à luy obéissant,
etc., l’Escripture le commande Ad Ephesios
vp où il est dit Mulieres viris suis subdite
sint sicut domino, quoniam vir caput est
mulieris, sicut Christus caput est Ecclesie.
C’est à dire que le commandement de Dieu
est que les femmes soient subjectes à leurs
maris commeà seigneurs, car le mary est
aussi bien chief de la femme comme nostre
Seigneur Jhésu-Crist est chief de l’Église.
Doncques il s’ensuit que ainsi
commel’Église est subjecte et obéissant aux
commandemens grans et petis de JhésuCrist, comme à son chief, tout ainsi les
femmesdoivent estre subjectes à leurs maris
comme à leur chief, et obéir à eulx et à
{98} leurs commandemens grans et petis.
Et ainsi le commanda nostre Seigneur, si
comme dit saint Jhérosme, et aussi le dit le
Décret1, xxxma Questione, quinto capitulo
Cum caput. Et pour ce dit l’apostre quant il
escript aux Hébrieux, ou xiiie chappitre
Obedite prepositis vestris et subjacete eis,
etc. C’est à dire obéissez à vos souverains
et soyez en bonne subjection vers eulx.
Encores vous est-il assez monstré que c’est
sentence de nostre Seigneur par ce que dit
est par avant, que femme doit estre subjecte
à homme. Car il est dit que quant au
commencement du monde Adam fut fait,
nostre Seigneur par sa bouche et parole dist
Faisons-luy aide. Et lors de la coste de
I wol yow telle a tale which that I
Lerned at Padwe of a worthy clerk,
As preved by his wordes and his werk.
He is now deed and nayled in his cheste –
I prey to God so yeve his soule reste.
Fraunceys Petrak, the lauriat poete,
Highte this clerk, whos rethorike sweete
Enlumyned al Ytaille of poetrie,
As Lynyan dide of philosophie,
Or lawe, or oother art particuler;
But deeth, that wol nat suffre us dwellen heer,
But as it were a twynklyng of an eye,
Hem bothe hath slayn, and alle shul we dye.
But forth to tellen of this worthy man
That taughte me this tale, as I bigan
I seye that first with heigh stile he enditeth,
Er he the body of his tale writeth,
A prohemye, in the which discryveth he
Pemond and of Saluces the contree,
And speketh of Apennyn, the hilles hye,
That been the boundes of West Lumbardye,
And of Mount Vesulus in special
Where as the Poo out of a welle smal
Taketh his firste spryngyng and his sours,
That estward ay encresseth in his cours
To Emele-ward, to Ferrare, and Venyse,
The which a long thyng were to devyse.
And trewely, as to my juggement,
Me thynketh it a thyng impertinent,
Save that he wole convoyen his mateere.
But this his tale, which that ye may heere.«
Adam fist la femme comme aide et
subjecte et ainsi en use-l’en, et c’est raison.
Et pour ce, se doit bien femme adviser de
quelle condition est cellui qu’elle prendra,
avant qu’elle le preigne. Car, ainsi comme
dit un povre homs Rommain qui sans son
sceu ou pourchas fut par les Rommains
esleu à estre empereur, quant l’en luy
apporta le faudesteul et la couronne il fut
tout esbahy; l’une de ses premières paroles
fut qu’il dist au peuple Prenez vous tous
garde que vous faictes ou avez fait, car s’il
est ainsi que vous m’ayez esleu et je soye
demouré empereur, sachez de certain que
de là en avant mes paroles seront tranchans
comme rasouers de nouvel esmolus.
C’estoit à dire que quiconques n’obéiroit à
ses défenses où commandemens, puis qu’il
seroit ou estoit fait empereur, c’estoit sur
peine de perdre la teste;
Ainsi, garde soy une femme comment
ne à qui elle {99} sera mariée car
quiconques, povre ou petit qu il ait esté par
avant, toutesvoies pour le temps à venir
depuis le mariage, doit-il estre et est
souverain et qui peut tout multiplier ou tout
descroistre. Et pour ce vous devez plus en
mary penser à la condition que à l’avoir1,
car vous ne le pourrez après changer, et
quant vous l’aurez prins, si le tenez à
amour et amez et obéissez humblement,
comme fist Sarre dont il est parlé en
l’article précédent. Car plusieurs femmes
ont gaignié par leur obéissance et sont
venues à grant honneur, et autres femmes
par leur désobéissance ont esté reculées et
désavancées.
E però dico che essendo il conte di
[2]Ghellere — o volete dire duca —
nomato il conte Artù, giovano e senza
Già è gran tempo, fu tra’marchesi di
Saluzzo il maggior della casa un giovane
Inter cetera, ad radicem Vesulli, terra
Salutiarum, vicis et castellis satis frequens,
Marchionum arbitrio nobilium quorundam
A ce propos d’obéissance, et dont il
vient bien à la femme qui est obéissant à
son mary, puis-je traire un exemple qui fut
jà pieçà translaté par maistre François
Pétrac2 qui à Romme fut couronné poëte,
lequel histoire dit ainsi:
Heere bigynneth the Tale of the Clerk of Oxenford.
Aux confines de Pimont en Lombardie,
ainsi comme au pié de la montaigne qui
devise France et Ytalie, qui est appellée ou
Ther is at the west syde of Ytaille,
Doun at the roote of Vesulus the colde,
A lusty playne, habundant of vitaille,
donna e senza figliuoli, e in neuna cosa il
tempo suo spendea se non in giostre et in
cacce et in ugellare, né di prendere moglie
né aver figliuoli neuno pensieri <avea> [3]
(di che elli era da esser riputato molto savio
se di moglie si sapea astenere).La qual cosa
a’ suoi [4] sottoposti non piacendo, più
volte[5](÷) lo pregarono che moglie
prendesse aciò che senza eredi non
rimanessero, offerendosi di trovarla tale e
di sì fatto padre che buona speranza se ne
potrebbe avere.
Ai quali il conte Artù rispuose: «Amici
miei, voi mi stringete a quello che al tutto
disposto m’era di mai non fare,
considerando quanto grave cosa è a trovare
donna che leale li sia e che a’ suoi costumi
si convegna; e quanto del contrario se ne
trovi, ogni uno di voi pensi quanta n’è
grande copia; e quanto dura vita sia quella
di colui che ha donna non bene a sé
convenente né leale. E a dire che voi mi
crediate, [6]vi dico che raguardiate a’
costumi di quelle che oggi sono maritate et
alle loro madri: e conciosiacosa che io
sappia assai bene le condizioni di queste
che volete dire esser gentili e d’alto
parentado è’ secreti delle loro madri, vi
dico che neuna trovar ne potete che a me
leale sia et a’ miei costumi si confaccia.
Ma poi che in queste catene vi piace
legarmi, voglio esser contento, ma acciò
che io non abbia a dolermi d’altrui che di
me se mal mi venisse fatto, che io stesso ne
voglio esser trovatore, notificandovi che
quella che io ellegerò voglio come donna
da voi sia onorata; e se altro per voi si
facesse, proverete con grande vostra pena
quanto a grado grave mi serà avere tolta
moglie per vostri preghi». Ellino contenti
diseno di onorarla e tenerla per donna pur
che elli moglie prendesse.
Era al conte Artù gran pezza piaciuti i
costumi d’una povera fanciulla [7](÷), la
quale essendo vedova rimasa d’uno suo
marito e da lui auto una [7a]bella giovana
non meno onesta che la madre{+} , vicina
del ditto conte, e [8]parendoli bella assai,
chiamato [2]Gualtieri, il quale, essendo
senza moglie e senza figliuoli, in niuna
altra cosa il suo tempo spendeva che in
uccellare e in cacciare, né di prender
moglie né d’aver figliuoli alcun pensiere
avea, [3]di che egli era da reputar molto
savio. La qual cosa a’suoi [4]uomini non
piacendo, più volte[5](÷) il pregarono che
moglie prendesse, acciò che egli senza
erede né essi senza signor rimanessero,
offerendosi di trovargliele tale e di sì fatto
padre e madre discesa, che buona speranza
se ne potrebbe avere, ed esso contentarsene
molto.
A’quali Gualtieri rispose:
- Amici miei, voi mi strignete a quello
che io del tutto aveva disposto di non far
mai, considerando quanto grave cosa sia a
poter trovare chi co’suoi costumi ben si
convenga, e quanto del contrario sia grande
la copia, e come dura vita sia quella di
colui che a donna non bene a sé
conveniente s’abbatte. E il dire che voi vi
crediate [6]a’costumi de’padri e delle madri
le figliuole conoscere, donde argomentate
di darlami tal che mi piacerà, è una
sciocchezza; con ciò sia cosa che io non
sappia dove i padri possiate conoscere, né
come i segreti delle madri di quelle;
quantunque, pur conoscendoli, sieno spesse
volte le figliuole a’padri e alle madri
dissimili. Ma poi che pure in queste catene
vi piace d’annodarmi, e io voglio esser
contento; e acciò che io non abbia da
dolermi d’altrui che di me, se mal venisse
fatto, io stesso ne voglio essere il trovatore,
affermandovi che, cui che io mi tolga, se
da voi non fia come donna onorata, voi
proverete con gran vostro danno quanto
grave mi sia l’aver contra mia voglia presa
mogliere a’vostri prieghi.
I valenti uomini risposon ch’eran
contenti, sol che esso si recasse a prender
moglie.
Erano a Gualtieri buona pezza piaciuti i
costumi d’una povera giovinetta che
[7]d’una villa vicina a casa sua era, [8]e
parendogli bella assai, estimò che con
regitur virorum, quorum unus primusque
omnium et maximus fuisse, traditur,
[2]Walterus quidam, ad quem familie ac
terrarum omnium regimen pertineret; et hic
quidem forma virens atque etate, nec minus
moribus quam sanguine nobilis, et ad
summam omni ex parte vir insignis, nisi
quod presenti sua sorte contentus,
incuriosissimus futurorum erat. Itaque
venatui aucupioque deditus sic illis
incubuerat, ut alia pene cuncta negligeret;
quodque in primis egre [4]populi ferebant
ab ipsis, quoque coniugij consilijs
abhorreret(÷). Id aliquandiu cum taciti
tulissent, tandem catervatim illum adeunt,
[5]quorum unus cui vel auctoritas maior
erat, vel facundia, maiorque cum duce
familiaritas :«Tua, inquit, humanitas,
optime Marchio, hanc nobis prestat
audaciam, ut et tecum singuli quotiens rem
exposcit devota fiducia collo-{100}
quamur, et nunc omnium tacitas voluntates
mea vox tuis auribus invehat, non quod
sirigulare aliquid habeam ah hanc rem nisi
quod tunc ante alios carum tibi multis
indicijs comprobasti. Cum merito igitur tua
nobis omnia placeant, semperque
placuerint, ut felices nos tali domino
iudicemus. Unum est, quod si a te
impetrare sinis, teque {253} nobis
exorabilem prebes, plane felicissimi
finitimorum omnium futuri sumus, ut
coniugio scilicet animum llapplices,
collumque non liberum modo sed
imperiosum legitimo subicias iugo, idque
quam primum facias ; volant enim dies
rapidi, et quamquam florida sis etate,
continue tamen hunc florem tacita senectus
insequitur, morsque ipsa omni proxima est
etati. Nulli muneris huius immunitas datur,
eque omnibus moriendum est, utque id
certum sit illud ambiguum quando eveniat.
Suscipe igitur oramus eorum preces, qui
nullum tuum imperium recusarent, querende
autem conjugis studium nobis linque, talem
enim tibi procurabimus, que te merito digna
sit, et tam claris orta parentibus, ut de ea
spes optima sit habenda. Libera tuos omnes
païs Mont Vésée3, a une contrée longue et
lée qui est habitée de chasteaulx et villes et
aournée de bois, de prés, de rivières, de
vignes, de foings et de terres labourables et
celle terre est appellée la terré de Saluces
laquelle d’ancienneté sei- {100} gnourist
les contrées voisines, et d’ancienneté a esté
gouvernée jusques aujourd’uy par aucuns
nobles et puissans princes appellés marquis
de Saluces, desquels l’un des plus nobles et
plus puissans fut appellé [2]Gautier auquel
tous les autres de celle région, comme
barons, chevaliers, escuiers, bourgois,
marchans et laboureurs obéissoient. Icelluy
Gautier marquis de Saluces estoit bel de
corps, fort et légier, noble de sang, riche
d’avoir et de grant seignourie, plein de
toutes bonnes meurs et parfaitement garni
de précieux dons de nature. Un vice estoit
en lui, car il amoit fort solitude et
n’acontoit1 riens au temps à venir, ne en
nulle manière ne vouloit pour lui mariage.
Toute sa joye et plaisance estoit en rivières,
en bois, en chiens et en oyseaulx, et peu
s’entremettoit du gouvernement de sa
seignourie; pour laquelle chose ses
[4]barons le mouvoient et admonestoient de
marier, et son [3a]peuple estoit en très
grant tristesse et par espécial de ce qu’il ne
vouloit entendre à mariage. Une journée
[5]s’assemblèrent en grant nombre, et les
plus souffisans vindrent à lui et par la
bouche de l’un luy dirent telles paroles: O
tu, marquis nostre seigneur, l’amour que
nous avons en toy nous donne hardement
de parler féablement. Comme il soit. ainsi
que toy et toutes les choses qui sont en toy
nous plaisent et ont tousjours pleu, et nous
réputons bieneureux d’avoir tel seigneur,
une chose défault en toy, laquelle se tu la
nous veulx octroier, nous nous réputons
estre mieulx fortunés que tous nos voisins
c’est assavoir qu’il te plaise encliner ton
courage au lien de mariage, et que ta liberté
passée {101} soit un peu réfrénée et mise
au droit des mariés. Tu scez, Sire, que les
jours passent en volant sans jamais
retourner. Et combien que tu soies de jeune
Where many a tour and toun thou mayst biholde
That founded were in tyme of fadres olde,
And many another delitable sighte,
And Saluces this noble contree highte.
A markys whilom lord was of that lond,
[2]As were his worthy eldres hym bifore;
And obeisant, ay redy to his hond,
Were alle his liges, bothe lasse and moore.
Thus in delit he lyveth and hath doon yoore,
Biloved and drad thurgh favour of Fortune
Bothe of his lordes and of his commune.
Therwith he was, to speke as of lynage,
The gentilleste yborn of Lumbardye:
A fair persone, and strong, and yong of age,
And ful of honour and of curteisye,
Discreet ynogh his contree for to gye –
Save in somme thynges that he was to blame.
And Walter was this yonge lordes name.
I blame hym thus, that he considered noght
In tyme comynge what hym myghte bityde,
But on his lust present was al his thoght,
As for to hauke and hunte on every syde.
Wel ny alle othere cures leet he slyde.
And eek he nolde – and that was worst of alle –
Wedde no wyf for noght that may bifalle.
Oonly that point his [4]peple bar so soore
That [5]flokmeele on a day they to hym wente,
And oon of hem, that wisest was of loore,
Or elles that the lord best wolde assente
That he sholde telle hym what his peple mente,
Or elles koude he shewe wel swich mateere,
He to the markys seyde as ye shul heere:
»O noble markys, youre humanitee
Asseureth us to yeve us hardinesse
As ofte as tyme is of necessitee
That we to yow mowe telle oure hevynesse.
Accepteth, lord, now for youre gentillesse,
That we with pitous herte unto yow pleyne,
And lat youre eres nat my voys desdeyne.
Al have I noght to doone in this mateere
Moore than another man hath in this place,
Yet for as muche as ye, my lord so deere,
Han alwey shewed me favour and grace,
I dar the bettre aske of yow a space
Of audience to shewen oure requeste,
And ye, my lord, to doon right as yow leste.
For certes, lord, so wel us liketh yow
stimò con lei potesse e dovesse aver vita
assai consolata; e però, senza più cercare,
costei [9](÷) innell’animo suo prese di
volere sposare. E fattosi la madre della
giovana chiamare, con lei si convenne di
torla per moglie. E questo fatto, il conte
fece tutti suoi amici della contrada e del
paese raunare e disse: «Amici miei, ell’è
piaciuto che io tolla moglie, di ch’io mi
sono disposto più per compiacere a voi che
a me né per voglia che io n’abia; e sapete
quello m’avete promesso, cioè d’esser
contenti a onorarla come donna, qual fusse
quella che io prendesse. E però, tempo è
venuto che io sono per osservare a voi la
promessa, e voglio che a me voi
l’osserviate, ch’i’ ho trovato una giovana
secondo il cuor mio, assai presso di qui, la
quale intendo di torla per moglie e di
menarla tra qui e poghi dì a casa. E però,
pensate che la festa delle nozze sia bella, e
come voi onorevilmente la possiate ricevere
acciò ch’io mi possa della vostra
promessione contento chiamare, come voi
della mia».
Li buoni omini tutti lieti rispuoseno che
questo piacea loro, e fusse chi volesse, che
per donna la voleano onorare in tutte cose.
Apresso di questo si missero in assetto di
fare grande e lieta festa, e <’l> somigliante
fe’ il conte, che fe’ aparecchiare le nozze
grandi e belle et invitare [10]molti gentili
omini da lungi e da presso. E oltra questo,
fe’ tagliare le più belle e ricche robbe a
forma d’una giovana che somigliante fusse
a quella che avea in pensieri di sposare; et
oltra questo, anella, corona et altri gioielli,
e tutto ciò che a una novella sposa si
richiede.
E venuto il dì delle nozze, il conte in
sulla mezza terza montò a cavallo, e
ciascuno che a onorarlo era venuto, con lui;
ogni cosa avendo ordinato, disse: «Signori,
tempo è d’andare per la nuova sposa».
E missosi in via colla compagnia,
pervennero alla villetta dove la giovana
dimorava. E giunti alla casa della fanciulla
e trovatala che tornava coll’acqua dalla
costei dovesse aver vita assai consolata; e
per ciò, senza più avanti cercare, costei
propose di volere sposare; e fattosi il padre
chiamare, con lui, [9]che poverissimo era,
si convenne di torla per moglie.
Fatto questo, fece Gualtieri tutti i suoi
amici della contrada adunare, e disse loro:
- Amici miei, egli v’è piaciuto e piace
che io mi disponga a tor moglie, e io mi vi
son disposto più per compiacere a voi che
per disiderio che io di moglie avessi. Voi
sapete quello che voi mi prometteste, cioè
d’esser contenti e d’onorar come donna
qualunque quella fosse che io togliessi; e
per ciò venuto è il tempo che io sono per
servare a voi la promessa, e che io voglio
che voi a me la serviate. Io ho trovata una
giovane secondo il cuor mio, assai presso
di qui, la quale io intendo di tor per moglie
e di menarlami fra qui a pochi dì a casa; e
per ciò pensate come la festa delle nozze
sia bella, e come voi onorevolmente ricever
la possiate, acciò che io mi possa della
vostra promession chiamar contento, come
voi della mia vi potrete chiamare.
I buoni uomini lieti tutti risposero ciò
piacer loro, e che, fosse chi volesse, essi
l’avrebber per donna e onorerebbonla in
tutte cose sì come donna. Appresso questo,
tutti si misero in assetto di far bella e
grande e lieta festa, e il simigliante fece
Gualtieri. Egli fece preparare le nozze
grandissime e belle, e invitarvi [10]molti
suoi amici e parenti e gran gentili uomini e
altri dattorno; e oltre a questo fece tagliare
e far più robe belle e ricche al dosso d’una
giovane, la quale della persona gli pareva
che la giovinetta la quale avea proposto di
sposare; e oltre a questo apparecchiò
cinture e anella e una ricca e bella corona,
e tutto ciò che a novella sposa si richiedea.
E venuto il dì che alle nozze predetto
avea, Gualtieri in su la mezza terza montò
a cavallo, e ciascuno altro che ad onorarlo
era venuto; e ogni cosa opportuna avendo
disposta, disse:
- Signori, tempo è d’andare per la
novella sposa -; e messosi in via con tutta
molesta solicitudine quesumus, ne si quid
humanitus tibi forsan accideret, tu sine tuo
successore obeas, ipsi sine votivo rectore
remaneant»’. Moverunt pie preces animum
viri, et : « Cogitis, inquit, me amici ad id
quod michi in animum nunquam venit;
delectabar omnimoda libertate que in
coniugio rara est. Ceterum subiectorum
michi voluntatibus me sponte subicio, et
prudentie vestre fisus et fidei. Illam vobis
quam offertis querende curam coniugis
remitto, eamque humeris meis ipse subeo.
[6]Quid unius enim claritas confert alteri ?
Sepe filij dissimilimi sunt parentum.
Quidquid in homine boni est, non ab alio
quam a Deo est. Illi ergo et status et
matrimonij mei sortes, sperans de sua solita
pietate, commiserim ; ipse michi inveniet
quod quieti mee sit expediens ac saluti.
Itaque quando vobis ita placitum est,
uxorem ducam, id vobis bona fide
polliceor, vestrumque desiderium nec
frustrabor equidem, nec morabor, unum vos
versa vice michi promittite ac servate, ut
quamcunque coniugem ipse delegero, eam
vos summo honore ac reve- {254} rentia
prosequamini, nec sit ullus inter vos, qui de
meo unquam iuditio aut litiget, aut
queratur. Vestrum fuerit, me omnium quos
novissem liberrimum, iugo subiecisse,
coniugij mea sit iugi ipsius electio,
quecunque uxor mea erit, illa, ceu Romani
principis filia, domina vestra sit. »
Promittunt unanimiter ac lete nichil
defuturum, ut quibus vix possibile
videretur, optatum diem cernere nuptiarum,
de quibus in diem certum
magnificentissime apparandis domini
iubentis edictum alacres susciperent. Ita a
colloquio discessum est, et ipse
nichilominus eam ipsam nuptiarum curam
domesticis suis imposuit edixitque
diem.[10](÷)
Fuit haud procul a palatio villa
paucorum atque inopum incolarum,
[9]quorum uni omnium pauperrimo Janicole
nomen erat; sed ut pauperum quoque
tuguria nonnunquam gratia celestis invisit,
aage toutesvoies de jour en jour t’assault la
mort et s’approche, laquelle n’espargne à
nul aage, et de ce nul n’a privilège. Il les
convient tous morir, mais l’en ne scet
quant, ne comment, ne le jour, ne la fin.
Tes hommes doncques qui tes
commandemens jamais ne refuseroient, te
prient très humblement qu’ils aient liberté
de querre pour toy une dame de convenable
lignée, noble de sang, belle de corps, de
bonté et de sens aournée, laquelle il te
plaira à prendre par mariage, et par laquelle
nous espérons avoir de toy lignée et
seigneur venant de toy à successeur. Sire,
fay ceste grâce à tes loyaulx subjects afin
que, se de ta haulte et noble personne
avenoit aucune chose, et que tu t’en alasses
de ce siècle, ce ne fust mie sans hoir et
successeur, et que tes subjects tristes et
dolans ne demourassent mie sans seigneur.
Ces paroles finées, le marquis meu de
pitié et d’amour envers ses subjects leur
respondi moult doulcement et dist : Mes
amis, vous me contraignez à ce qui en mon
courage ne peut oncquesmais estre car je
me délitoie en liberté et en franchise de
voulenlé laquelle est peu trouvée en
mariage, ce scevent bien ceulx qui l’ont
esprouvé. Toutesvoies, pour vostre amour,je
me soubsmets à vostre voulenté. Vray est
que mariage est une chose doubteuse, [6]et
maintes fois les enfans ne ressemblent pas
au père. Toutesfois s’aucun bien vient au
père, il ne doit mie pour ce dire qu’il luy
soit deu de droit, mais vient de Dieu de
lassus; lui je recommande le sort de mon
mariage, espérant en sa doulce {102} bonté
qu’il me octroie telle avecques laquelle je
puisse vivre en paix et en repos expédient à
mon salut. Je vous octroyé de prendre
femme, mes amis, et le vous promects;
mais je la vueil moy mesmes eslire et
choisir, et de vous je vueil une chose que
vous me promectez et gardez c’est
asseurément que celle que je prendray par
mon élection, quelle qu’elle soit, fille de
Prince des Rommains, femme de poste1, ou
autre, vous la doiez amer entièrement et
And al youre werk, and evere han doon, that we
Ne koude nat us self devysen how
We myghte lyven in moore felicitee,
Save o thyng, lord, if it youre wille be,
That for to been a wedded man yow leste –
Thanne were youre peple in sovereyn hertes reste.
Boweth youre nekke under that blisful yok
Of soveraynetee, noght of servyse,
Which that men clepe spousaille or wedlok.
And thenketh, lord, among youre thoghtes wyse
How that oure dayes passe in sondry wyse,
For thogh we slepe, or wake, or rome, or ryde,
Ay fleeth the tyme; it nyl no man abyde.
And thogh youre grene youthe floure as yit,
In crepeth age alwey as stille as stoon,
And deeth manaceth every age, and smyt
In ech estaat, for ther escapeth noon.
And also certein as we knowe echoon
That we shul deye, as uncerteyn we alle
Been of that day whan deeth shal on us falle.
Accepteth thanne of us the trewe entente,
That nevere yet refuseden youre heeste,
And we wol, lord, if that ye wole assente,
Chese yow a wyf in short tyme atte leeste,
Born of the gentilleste and of the meeste
Of al this land, so that it oghte seme
Honour to God and yow, as we kan deeme.
Delivere us out of al this bisy drede
And taak a wyf, for hye Goddes sake!
For if it so bifelle, as God forbede,
That thurgh youre deeth youre lyne sholde slake,
And that a straunge successour sholde take
Youre heritage, O wo were us alyve.
Wherfore we pray you hastily to wyve.«
Hir meeke preyere and hir pitous cheere
Made the markys herte han pitee.
»Ye wol,« quod he, »myn owene peple deere,
To that I nevere erst thoughte streyne me.
I me rejoysed of my liberte,
That seelde tyme is founde in mariage.
Ther I was free I moot been in servage.
But nathelees I se youre trewe entente,
And truste upon youre wit, and have doon ay;
Wherfore of my free wyl I wole assente
To wedde me as soone as evere I may.
But ther as ye han profred me today
To chese me a wyf, I yow relesse
That choys, and prey yow of that profre cesse.
fonte, ch’era tratta per andare con altre
giovane a vedere venire la nuova sposa del
conte, la quale come il conte la vidde la
chiamò per nome dicendo: «Gostantina», e
domandola dove la madre fusse. A cui ella
vergognosamente rispuose: «Signor mio,
ella è [11]in casa che dice suoi
orazioni»{+}. Allora il conte dismontato
comandò a ciascuno che l’aspettassero, e
solo entrò innell’aperta casa, dove trovò la
madre di lei, che avea nome Santina, e
dissele: «Io sono venuto a sposare
Gostantina, ma prima da lei voglio sapere
alcuna cosa in tua presenza». E
domandandola se tollendola per moglie ella
s’ingegnerebbe di [12]compiacerli e di
neuna cosa che facesse o dicesse non
turbarsi mai, e se ella sarebbe obediente, e
simili altre cose le disse, alle quali rispuose
di sìe. Allora il conte, presala per mano, la
menò fuori [13]et in presenza di tutta la
compagnia la fece spogliare nuda.
E fattosi venire i panni che fatto li avea
fare, prestamente la fece vestire, e sopra li
suoi capelli mal pettinati li fece metter una
corona. Et apresso disse: «Signori, questa è
colei ch’io voglio che sia mia moglie,
dov’ela me voglia per marito». E poi a lei
rivolto, che vergognosa stava, le disse:
«Vuo’mi tu per marito?» A cui ella
rispuose: «Signor mio, sìe». Allora
prestamente il conte in presenza di tutti la
sposò. E fattola mettere in su uno
palafreno, a casa ne la menò dove furono le
nozze belle e grandi come se presa avesse
la figliuola dè’ re di Francia.
La sposa giovana parve che co’ panni
la compagnia sua pervennero alla villetta. E
giunti a casa del padre della fanciulla, e lei
trovata che con acqua tornava dalla fonte in
gran fretta, per andar poi con altre femine a
veder venire la sposa di Gualtieri, la quale
come Gualtieri vide, chiamatala per nome,
cioè Griselda, domandò dove il padre fosse;
al quale ella vergognosamente rispose:
- Signor mio, [11]egli è in casa.
Allora Gualtieri smontato e comandato
ad ogn’uomo che l’aspettasse, solo se
n’entrò nella povera casa, dove trovò il
padre di lei che aveva nome Giannucole, e
dissegli:
- Io son venuto a sposar la Griselda, ma
prima da lei voglio sapere alcuna cosa in
tua presenzia -; e domandolla se ella
sempre, togliendola egli per moglie,
s’ingegnerebbe di [12]compiacergli e di
niuna cosa che egli dicesse o facesse non
turbarsi, e s’ella sarebbe obbediente, e
simili altre cose assai, delle quali ella a
tutte rispose del sì.
Allora Gualtieri, presala per mano, la
menò fuori, e [13]in presenzia di tutta la
sua compagnia e d’ogni altra persona la
fece spogliare ignuda, e fattisi quegli
vestimenti venire che fatti aveva fare,
prestamente la fece vestire e calzare, e
sopra i suoi capegli così scarmigliati
com’egli erano le fece mettere una corona,
e appresso questo, maravigliandosi
ogn’uomo di questa cosa, disse:
- Signori, costei è colei la quale io
intendo che mia moglie sia, dove ella me
voglia per marito -; e poi a lei rivolto, che
di sé medesima vergognosa e sospesa stava,
le disse: - Griselda, vuo’mi tu per tuo
marito?
A cui ella rispose:
- Signor mio, sì.
Ed egli disse:
- E io voglio te per mia moglie -; e in
presenza di tutti la sposò. E fattala sopra un
pallafren montare, onorevolmente
accompagnata a casa la si menò.
Quivi furon le nozze belle e grandi e la
festa non altramenti che se presa avesse la
unica illi nata contigerat Griseldis nomine,
[8]forma corporis satis egregia, sed
pulchritudine morum atque animi adeo
speciosa, ut nichil supra hec parco
victu{+}. In summa semper inopia educata,
omnis inscia voluptatis, nil molle, nil
tenerum cogitare didicerat, sed virilis
senilisque animus virginee latebat in
pectore ; patris senium inextimabili
refovens caritate, et pauculas eius oves
pascebat, et colo interim digitos atterebat,
vicissimque domum rediens, oluscula et
dapes fortune congruas preparabat,
durumque cubiculum sternebat, et ad
summam angusto iri spatio totum filialis
obedientie ac pietatis officium explicabat.
In hanc virgunculam Walterus sepe illac
transiens, [8a]quandoque oculos non
iuvenili lascivia sed senili gravitate
defixerat, et virtutem eximiam supra sexum
supraque etatem, quam vulgi oculis
conditionis obscuritas abscondebat, acri
penetrarat intuitu, unde effectum, ut et
uxorem habere, quod nun- {255} quam
ante voluerat, et simul hac unam,
nullamque aliam habere disponeret. Instabat
nuptiarum dies unde autem eventura esset
sponsa nemo si noverat, nemo non
mirabatur. Ipse interim et annulos aureos et
coronas, et balteos conquirebat, vestes
autem preciosas et calceos, et eius generis
necessaria omnia ad mansuram puelle
alterius, que statura sue persimilis erat,
preparari faciebat. Venerat expectatus dies,
et cum nullus sponse rumor audiretur,
admiratio omnium vehementer excreverat;
hora iam prandii aderat, iamqua apparatu
ingenti domus tota fervebat. Tum Walterus
adventanti velut sponse obviam profecturus
domo egreditur, prosequente virorum et
matronarum nobilium caterva. Griseldis
omnium que erga se pararentur ignara,
peractis que peragenda domi erant, aquam e
longinquo fonte convectans, paternum
limen intrabat, ut, expedita curis alijs, ad
visendam domini sui sponsam cum puellis
comitibus properaret. Dum Walterus
cogitabundus incedens, eamque
honnourer, et qu’il n’y ait aucun de vous
qui après l’élection du mariage doie estre
d’elle mal content, ne contre elle groncier
ne murmurer.
Lors tous les barons et subjects du
marquis furent liés de ce qu’ils avoient ce
qu’ils demandoient, de laquelle chose ils
avoient esté maintes fois désespérés. A une
voix remercièrent le marquis leur seigneur
et promirent de bon cuer la révérence et
obéissance qu’il leur avoit demandé. Grant
joie fut ou palais de Saluces, et par le
marquis fut le jour assigné de ses nopces
auquel il devoit prendre femme, et
commanda faire un grant appareil, trop plus
grant que par autre marquis n’avoit
autresfois esté fait, et que [10]les parens et
amis, voisins, et les dames du païs
ensement fussent semoncés à la dicte
journée; laquelle chose fut solemnéement
acomplie, et entretant que l’appareil se
faisoit, le marquis de Saluces comme il
avoit acoustumé aloit en son déduit chacier
et vouler.
Assez près du chastel de Saluces avoit
une petite villette en laquelle demouroient
un peu de laboureurs, par laquelle villette
le marquis passoit souventesfois, {103} et
entre les dessusdis laboureurs avoit [9]un
vieil homme et povre qui ne se povoit
aidier et estoit appelle Jehannicola. A cellui
povre homme estoit demourée une fille
appellée Grisilidis, [8]assez belle de corps,
mais trop plus belle de vie et de bonnes
meurs nourrie avoit esté de petite vie,
comme du labour de son père; oncques à sa
congnoissance n’estoient venues viandes
délicieuses ne choses délicatives. Un
courage vertueux plein de toute meurté en
son pis virginal doulcement habitoit la
vieillesse de son père, en très grant
humilité, doulcement supportait et
soustenoit, et icelluy nourrissoit; et un peu
de brebis que son père avoit, diligemment
gardoit et avecques icelles aux champs sa
quenoille filoit continuelment. Et quant
Grisilidis au vespre revenoit et ramenoit ses
bestes à l’hostel de son père, elle les
[6]For God it woot that children ofte been
Unlyk hir worthy eldres hem bifore;
Bountee comth al of God, nat of the streen
Of which they been engendred and ybore.
I truste in Goddes bountee, and therfore
My mariage and myn estaat and reste
I hym bitake; he may doon as hym leste.
Lat me allone in chesynge of my wyf.
That charge upon my bak I wole endure.
But I yow preye, and charge upon youre lyf,
What wyf that I take, ye me assure
To worshipe hire whil that hir lyf may dure,
In word and werk, bothe heere and everywheere,
As she an emperoures doghter weere.
And forthermoore, this shal ye swere, that ye
Agayn my choys shul neither grucche ne stryve.
For sith I shal forgoon my libertee
At youre requeste, as evere moot I thryve,
Ther as myn herte is set, ther wol I wyve.
And but ye wole assente in swich manere,
I prey yow speketh namoore of this matere.«
With hertely wyl they sworen and assenten
To al this thyng – ther seyde no wight nay –
Bisekynge hym of grace, er that they wenten,
That he wolde graunten hem a certein day
Of his spousaille, as soone as evere he may,
For yet alwey the peple somwhat dredde,
Lest that the markys no wyf wolde wedde.
He graunted hem a day swich as hym leste
On which he wolde be wedded sikerly,
And seyde he dide al this at hir requeste.
And they with humble entente buxomly,
Knelynge upon hir knees ful reverently,
Hym thonken alle, and thus they han an ende
Of hire entente and hoom agayn they wende.
And heerupon he to his officeres
Comaundeth for the feste to purveye,
And to [10]his privee knyghtes and squieres
Swich charge yaf as hym liste on hem leye;
And they to his comandement obeye,
And ech of hem dooth al his diligence
To doon unto the feeste reverence.
Explicit prima pars. Incipit secunda pars.
Noght fer fro thilke paleys honurable
Ther as this markys shoop his mariage
There stood a throop of site delitable,
In which that poure folk of that village
insieme l’animo è’ costumi mutasse. [14]E
così come bella era, era tanto piacevole e
costumata che non figliuola di guardatori di
buoi parea ma d’alcuno nobile signore, che
facea meravigliare ogni persona che prima
cognosciuta l’avesse; et oltra questo, tanto
obediente al marito, che contento et apagato
se ne tenea. E simigliantemente verso li
suditi del marito era tanto graziosa, che
nullo v’era che più che sé non l’amasse;
che dove soleano dire che ’l conte avea
fatto come pogo savio d’averla presa per
moglie, dipoi disseno che lui era lo più
savio uomo del mondo, perché neuno altro
arè’ mai saputo cognoscere l’alta vertù di
costei nascosa sotto i poveri panni [15](÷).
In brieve, non solamente per tutto il suo
ducato, ma per tutto altro paese seppe sì
fare che se ragionava del suo valore.
Ella non fu guari stata col conte ch’ella
ingravidò e parturì una fanciulla; di che il
conte ne fece gran festa.
figliuola del re di Francia.
[14]La giovane sposa parve che
co’vestimenti insieme l’animo e i costumi
mutasse. Ella era, come già dicemmo, di
persona e di viso bella, e così come bella
era, divenne tanto avvenevole, tanto
piacevole e tanto costumata, che non
figliuola di Giannucole e guardiana di
pecore pareva stata, ma d’alcun nobile
signore; di che ella faceva maravigliare
ogn’uom che prima conosciuta l’avea. E
oltre a questo era tanto obbediente al
marito e tanto servente, che egli si teneva il
più contento e il più appagato uomo del
mondo; e similmente verso i sudditi del
marito era tanto graziosa e tanto benigna,
che niun ve n’era che più che sé non
l’amasse e che non l’onorasse di grado,
tutti per lo suo bene e per lo suo stato e per
lo suo essaltamento pregando; dicendo,
dove dir solieno Gualtieri aver fatto come
poco savio d’averla per moglie presa, che
egli era il più savio e il più avveduto uomo
che al mondo fosse; per ciò che niun altro
che egli avrebbe mai potuto conoscere
l’alta virtù di costei nascosa sotto i poveri
panni [15]e sotto l’abito villesco.
E in brieve non solamente nel suo
marchesato, ma per tutto, anzi che gran
tempo fosse passato, seppe ella sì fare che
ella fece ragionare del suo valore e del suo
bene adoperare, e in contrario rivolgere, se
alcuna cosa detta s’era contra ’l marito per
lei quando sposata l’avea. Ella non fu guari
con Gualtieri dimorata, che ella ingravidò,
e al tempo partorì una fanciulla, di che
Gualtieri fece gran festa.
compellans nomine ubinam pater eius esset
interrogavit ; [11]que cum illi domi esse
reverenter atque humiliter respondisset :
«Jube, inquit, ad me veniat.» Venientem
seniculum, manu prehensum, parumper
abstraxit ac submissa voce : « Scio, ait, me
Janicola carum tibi teque hominem fidum
novi, et quecunque michi placeant velle te
arbitror ; unum tamen nominate nosci velim
an me, quem dominum habes, data michi
hac tua in uxorem filia generum velis ? »
Inopino negocio stupcfactus, senex obriguit,
et vix paucis tandem hiscens : « Nichil,
inquit, aut velle debeo, aut nolle, nisi quod
placitum tibi sit, qui dominus meus es. —
Ingrediamur soli ergo, inquit, ut ipsam de
quibusdam interrogem, te presente. »
Ingressi igitur, expectante populo ac
mirante puellam circa patris obsequium
satagentem et, insolito tanti hos- {256}
pitis adventu, stupidam invenere, quam hijs
verbis Walterus aggreditur : « Et patri tuo
placet et, inquit, michi ut uxor mea sis.
Credo id ipsum tibi placeat, sed habeo ex te
querere, ubi hoc peractum fuerit quod mox
erit, [12]an volenti animo parata sis, ut de
omnibus tecum michi conveniat, ita ut in
nulla unquam re a mea voluntate dissentias
et quitquid tecum agere voluero sine ulla
frontis ac verbi repugnantia te ex animo
volente michi liceat. » Ad hec illa miraculo
rei tremens : « Ego, mi domine, tanto
honore me indignam scio, at si voluntas tua
sique sors mea est, nichil que unquam
sciens ne dum faciam, sed etiam cogitabo,
quod contra animum tuum sit, nec tu
aliquid facies, et si me mori iusseris, quod
moleste feram. — Satis est,» inquit ille ; sic
in publicum eductam populo ostendens : «
Hec, ait, uxor mea, hec domina vestra est,
hanc colite, hanc amate, et si me carum
habetis, hanc carissimam habetote.»
[13]Hinc ne quid reliquiarum fortune
veteris novam inferrat in domum, nudari
eam jussit et a calce ad verticem novis
vestibus indui, quod a matronis
circumstantibus ac certatim sinu illam
gremioque foventibus verecunde{+} ac
affouragoit, et appareilloit à son père et à
elle les viandes que Dieu leur donnoit. Et
briefment toutes les curialités et services
qu’elle povoit faire à son père doulcement
faisoit.
Le marquis assez informé par commune
renommée de la vertu et grant bonté
d’icelle Grisilidis en alant à son déduit
souventesfois la regardoit et [8a]en son
cuer la belle manière d’icelle et sa grant
vertu fichoit et atachoit. Et en la fin
détermina en son cuer que Grisilidis seroit
eslevée par lui à estre sa femme marquise
de Saluces, et que autre n’aroit, et fist
admonester ses barons de venir à ses
nopces au jour qui estoit déterminé.. Icellui
jour approucha et les barons non saçhans
de la fille que le marquis avoit advisé de
prendre, furent moult esbahis. Toutesvoies,
savoient-ils bien que le marquis avoit et
faisoit appareiller riches robes, ceintures,
fermaulx, anneaulx et joiaulx à la forme
d’une {104} pucelle qui de corps
ressembloit à Grisilidis. Or advint que le
jour des nopces fut venu et que tout le
palais de Saluces fut peuplé grandement de
barons, de chevaliers, de dames et de
damoiselles, de bourgois et d’autres gens,
mais nulle nouvelle n’estoit de l’espousée
leur seigneur, laquelle chose n’estoit pas
sans grant merveille; et qui plus est, l’eure
s’approuchoit du disneiv et tous les
officiers estoient prets chascun de faire son
office. Lors le marquis de Saluces, ainsi
comme s’il voulsist aler encontre son
espousée, se parti de son palais, et les
chevaliers et dames à grans routes’,
ménestrels et héraulx suivoient.
Mais la pucelle Grisilidis de tout ce
riens ne savoit, car ce matin mesmes elle
appareilloit, nettoioit et ordonnoit l’hostel
de son père pour aler avecques les autres
pucelles voisines veoir l’espousée de leur
seigneur. Acelle heure que le marquis
approuchoit, Grisilidis apportoit sur sa teste
une cruche pleine d’eaue à l’hostel de son
père, et le marquis à celle heure, ainsi
acompaignié comme il estoit appella la
Hadden hir beestes and hir herbergage,
And of hire labour tooke hir sustenance,
After that the erthe yaf hem habundance.
Amonges thise poure folk ther dwelte a man
Which that wass [9]holden pourest of hem alle,
But hye God somtyme senden kan
His grace into a litel oxes stalle.
Janicula men of that throop hym calle.
A doghter hadde he, [8]fair ynogh to sighte,
And Grisildis this yonge mayden highte.
But for to speke of vertuous beautee,
Thanne was she oon the faireste under sonne.
For poureliche yfostred up was she,
No likerous lust was th1rgh hire herte yronne.
Wel ofter of the welle than of the tonne
She drank, and for she wolde vertu plese
She knew wel labour but noon ydel ese.
But thogh this mayde tendre were of age,
Yet in the brest of hire virginitee
Ther was enclosed rype and sad corage;
And in greet reverence and charitee
Hir olde poure fader fostred shee.
A fewe sheep, spynnynge, on feeld she kepte;
She wolde noght been ydel til she slepte.
And whan she homward cam, she wolde brynge
Wortes or othere herbes tymes ofte,
The whiche she shredde and seeth for hir lyvynge,
And made hir bed ful harde and nothyng softe;
And ay she kepte hir fadres lyf on-lofte
With everich obeisaunce and diligence
That child may doon to fadres reverence.
Upon Grisilde, this poure creature,
Ful ofte sithe this markys caste his eye
As he on huntyng rood, paraventure;
And whan it fil that he myghte hire espye,
[8a]He noght with wantowne lookyng of folye
His eyen caste on hire, but in sad wyse
Upon hir chiere he wolde hym ofte avyse,
Commendynge in his herte hir wommanhede,
And eek hir vertu, passynge any wight
Of so yong age, as wel in chiere as dede.
For thogh the peple have no greet insight
In vertu, he considered ful right
Hir bountee, and disposed that he wolde
Wedde hire oonly, if evere he wedde sholde.
The day of weddyng cam, but no wight kan
Telle what womman that it sholde be.
For which merveille wondred many a man,
celeriter adimpletum est. [14]Sic horridulam
virginem indutam, laceramque, comam
recollectam manibus, comptamque pro
tempore insignitam II gemmis et corona
velut subito transformatam, vix populus
recognovit; quam Walterus annulo precioso,
quem ad hunc usum detulerat, solempniter
desponsavit, niveoque equo impositam, ad
palatium deduci fecit, comitante populo et
gaudente. Ad hunc modum nuptie celebrate,
diesque ille letissimus actus est. Brevi
dehinc inopi sponse tantum divini favoris
affulserat, ut non in casa illa pastoria, sed
in aula imperatoria educata atque edocta
videretur, atque apud omnes supra fidem
cara et venerabilis facta esset, vixque hiis
ipsis, qui illam {257} ab origine noverant,
persuaderi posset Janicole natam esse,
tantus erat vite, tantus morum decor, ea
verborum gravitas ac dulcedo, quibus
omnium animo nexu sibi magis amoris
axtrinxerat. Iamque non solum intra
proprios fines, sed per finitimas quasque
provincias suum nomen celebrari preconio
fama vulgabat, ita ut multi ad illam
visendum viri ac matrone studio fervente
concurrerent. Sic Walterus humili quidem,
sed insigni ac prospero matrimonio,
honestatus summa domi in pace, extra vero
summa cum gratia hominum, vivebat,
quodque eximiam virtutem tanta sub inopia
latitantem tam perspicaciter deprehendisset,
vulgo prudentissimus habebatur. Neque
vero solers sponsa muliebria tantum ac
domestica, sed ubi res posceret, publica
etiam obibat officia ; viro absente lites
patrie nobiliumque discordias dirimens
atque componens, tam gravibus responsis,
tantaque maturitate et iudicij equitate, ut
omnes ad salutem publicam demissam celo
feminam predicarent. Nec multum tempus
effluxerat, dum gravida effecta primum
subditos anxia expectatione suspendit, de
hinc filiam enixa pulcerrimam, quamvis
filium maluissent, tamen votiva fecunditate
non virum tantum, sed totam patriam letam
fecit.
pucelle par son nom et lui demanda où son
père estoit. Grisilidis mist sa cruche à terre
et à genoulx, humblement, à grant
révérence, respondi Monseigneur, [11]il est
à l’hostel. – Va à luy, dist le marquis, et
luy di qu’il viengne parler à moy. Et elle y
ala. Et donc le povre homme Jehannicola
ysside son hostel. Le marquis le tira par la
main et le trait à part et puis secrètement
lui dist Jehannicola, je sçay assez que tu
m’as amé tousjours et aimes encores et ce
qui me plaist à toy doit plaire. Je vueil de
toy une chose c’est assavoir que tu me
donnes ta {105} fille pour espouse. – Le
povre homme n’osa dire mot, et un petit
après respondit à genoulx, moult
humblement Monseigneur, je ne doy
vouloir aucune chose ou non vouloir fors
ce qui te plaist, car tu es mon seigneur. Le
marquis lui dist lors : Entre en ta maison
tout seul, toy et ta fille, car je lui vueil
demander aucune chose. Le marquis entra
en la maison du povre homme Jehannicola
comme dit est, et tout le peuple demoura
dehors forment esmerveillié; et la pucelle
se mist emprès son père, paoureuse,
honteuse et vergongneuse de la soudaine
survenue de son seigneur et de sa grant et
noble compaignie, car elle n’avoit pas apris
de veoir souvent un tel hoste en leur
maison. Le marquis adreça ses paroles à
elle et si lui dist Grisilidis, à ton père et à
moy plaist que tu soies m’espouse, et je
pense bien que tu ne me refuseras pas,
mais je t’ay à demander une chose devant
ton père; c’est assavoir que ou cas que je te
prendray à femme, laquelle chose sera de
présent, je vueil savoir [12]se tu voudras
encliner ton couraige entièrement à toute
ma voulenté, en telle manière que je puisse
faire de toy et de ce qui touchera à toy, à
ma volenté, sans résonance ne contredit par
toy, en fait ne en dit, en signe ne en
pensée. Lors Grisilidis, non sans merveille
de si grant fait esbahie, respondi
Monseigneur, je congnoy bien que je ne
suis pas digne, non tant seulement de estre
appellée t’espouse mais d’estre appëllée ton
And seyden whan they were in privetee,
»Wol nat oure lord yet leve his vanytee?
Wol he nat wedde? Allas, allas, the while!
Why wole he thus hymself and us bigile?«
But natheless this markys hath doon make,
Of gemmes set in gold and in asure,
Brooches and rynges for Grisildis sake;
And of hir clothyng took he the mesure
By a mayde lyk to hire stature,
And eek of othere aornementes alle
That unto swich a weddyng sholde falle.
The time of undren of the same day
Approcheth that this weddyng sholde be,
And al the paleys put was in array,
Bothe halle and chambres, ech in his degree –
Houses of office stuffed with plentee
Ther maystow seen, of deynteuous vitaille
That may be founde as fer as last Ytaille.
This roial markys richely arrayed,
Lordes and ladyes in his compaignye,
The whiche that to the feeste weren yprayed,
And of his retenue the bachelrye,
With many a soun of sondry melodye,
Unto the village of the which I tolde
In this array the righte wey han holde.
Grisilde of this, God woot, ful innocent
That for hire shapen was al this array,
To fecchen water at a welle is went,
And comth hoom as soone as ever she may;
For wel she hadde herd seyd that thilke day
The markys sholde wedde, and if she myghte
She wolde fayn han seyn som of that sighte.
She thoghte, »I wole with othere maydens
stonde,
That been my felawes, in oure dore and se
The markysesse, and therfore wol I fonde
To doon at hoom as soone as it may be
The labour which that longeth unto me,
And thanne I may at leyser hire biholde
If she this wey unto the castel holde.«
And as she wolde over hir thresshfold gon,
The markys cam and gan hire for to calle,
And she set doun hir water pot anon,
Biside the thresshfold, in an oxes stalle,
And doun upon hir knes she gan to falle,
And with sad contenance kneleth stille
Til she had herd what was the lordes wille.
This thoghtful markys spak unto this mayde
ancelle; mais s’il te plaist et fortune le me
présente, jamais je ne sauray faire chose, ne
ne feray, ne ne penseray, que je puisse
sentir qui soit encontre ta voulenté, ne tu
ne feras jamais riens envers moy que je
contredie. – Il souffist, dit le marquis qui
prist la pucelle par la main et la mena hors
de ia maison {106} ou milieu de ses barons
et de son peuple et dist ainsi Mes amis
véez cy ma femme, vostre dame, ceste
amez, doubtez et honnourez, et se vous
m’amez, ceste très chièrement amez. [13]Et
à ce que Grisilidis n’apportast avecques soy
aucunes reliques de la vile fortune de
povreté, le marquis commanda que par les
dames et matrones la pucelle fust
despouilliée toute nue, dès les piés jusques
à la teste, et tantost revestue de riches draps
et paremens de nopces.
On veist lors les dames embesongnées
les unes la vestoient, et les autres la
chaussoient, et les autres la ceignoient les
autres lui mettoient les fermaulx et
cousoient sur ly les perles et pierres
précieuses les autres pignoient leur dame et
appareilloient son chief et lui mettoient une
riche couronne par dessus qu’elle n’avoit
pas apris, et ce n’estoit pas merveille s’elle
estoit esbahie. [14] Qui veist lors une povre
vierge tainte du soleil et ainsi maigre de
povreté si noblement parée et si richement
couronnée et soudainement transformée par
telle manière que à peine le peuple la
recongnoissoit, bien se povoit-on de ce
merveillier.
Lors les barons prindrent leur dame et à
grant joie la menèrent à l’église, et là le
marquis lui mist l’annel ou doy et l’espousa
selon l’ordonnance de saincte Eglise et
usage du pais. Et acompli le divin office, la
dame Grisilidis fut assise sur un blanc
destrier et de tous acompaigniée et menée
au palais qui retentissoit de toutes manières
d’instrumens. Et furent les nopces
célébrées, et icellui jour fut trespassé en
très grant joie et consolation du marquis et
de tous ses amis et subjects; Et fut la dame
avecques son seigneur et mary tellement
Ful sobrely, and seyde in this manere,
»Where is youre fader, O Grisildis?« he sayde.
And she with reverence, in humble cheere,
Answerde, »[11]Lord, he is al redy heere.«
And in she gooth withouten lenger lette,
And to the markys she hir fader fette.
He by the hand thanne took this olde man
And seyde thus whan he hym hadde asyde,
»Janicula, I neither may ne kan
Lenger the plesance of myn herte hyde.
If that thou vouchesauf, what so bityde,
Thy doghter wol I take er that I wende
As for my wyf, unto hir lyves ende.
Thou lovest me, I woot it wel certeyn,
And art my feithful lige man ybore,
And al that liketh me, I dar wel seyn
It liketh thee, and specially therfore
Tel me that poynt that I have seyd bifore,
If that thou wolt unto that purpos drawe
To take me as for thy sone-in-lawe.«
The sodeyn cas this man astonyed so
That reed he wax; abayst and al quakynge
He stood. Unnethes seyde he wordes mo
But oonly thus, »Lord,« quod he, »my willynge
Is as ye wole, ne ayeyns youre likynge
I wol no thyng. Ye be my lord so deere,
Right as yow lust, governeth this mateere.«
»Yet wol I,« quod this markys softely,
»That in thy chambre I and thou and she
Have a collacioun. And wostow why?
For I wol axe if it hire wille be
To be my wyf and reule hire after me.
And al this shal be doon in thy presence;
I wol noght speke out of thyn audience.«
And in the chambre whil they were aboute
Hir tretys which as ye shal after heere,
The peple cam unto the hous withoute,
And wondred hem in how honeste manere
And tentifly she kepte hir fader deere.
But outrely Grisildis wondre myghte,
For nevere erst ne saugh she swich a sighte.
No wonder is thogh she were astoned
To seen so greet a gest come in that place;
She nevere was to swiche gestes woned,
For which she looked with ful pale face.
But shortly forth this matere for to chace,
Thise arn the wordes that the markys sayde
To this benigne, verray, feithful mayde.
inspirée de sens et de beau maintien de la
{107} divine grâce resplendist icelle povre
dame Grisilidis en telle manière, que
chascun disoit que non tant seulement en la
maison d’un pastour ou laboureur, mais en
palais royal ou impérial elle avoit esté
enseignée et nourrie. Et fut tant amée,
chérie et honnourée de tous ceulx qui de
s’enfance la congnoissoient que à peine
povoient croire que elle fust fille du povre
homme Jehannicola.
La belle estoit de si belle vie et bonne
et de si doulces paroles que le courage de
toutes personnes elle attrayoit à elle amer,
et non pas tant seulement les subjects du
marquis et les voisins, mais des provinces
d’environ et les barons et dames pour sa
bonne renommée la venoient visiter, et tous
se partirent de lui joyeux et consolés. Et
ainsi le marquis et Grisilidis vivoient
joyeusement ou palais en paix et en repos,
à la grâce de Dieu, et dehors à la grâce des
hommes, et s’esmerveilloient plusieurs
comment si grant vertu estoit repousée en
personne nourrie en si grant povreté et
oultre plus icelle marquise s’entremettoit
sagement et diligemment du gouvernement
et de ce qui appartenoit aux dames, et aux
commanderaens et en la présence de son
seigneur, de Ja chose publique sagement ,et
diligemments’entremeltoit. Mais quant le
cas li offroit des débas et discors des
nobles, par ses doulces paroles, par si
bonjugement et si bonne équité les
appajsoit, que tous à une voix (disoient que
pour le salut de la chose publique ceste
dame leur avoit esté finpoiée par provision
célestiélle.
Un peu de temps après, la marquise
Grisilidis fut ençainte et puis se délivra
d’une belle fille dont le marquiset tous
ceux du pays, combien qu’ils
amassentmieulx qu’elle eust eu un fils,
toutesfois ils en eurentgrant joye {108} et
furent réconfortés. Passé le temps, les jours
passèrent que la fille du marquis fut sevrée.
»Grisilde,« he seyde, »ye shal wel understonde
It liketh to youre fader and to me
That I yow wedde, and eek it may so stonde,
As I suppose, ye wol that it so be.
But thise demandes axe I first,« quod he,
»That, sith it shal be doon in hastif wyse,
Wol ye assente, or elles yow avyse?
I seye this, [12]be ye redy with good herte
To al my lust, and that I frely may
As me best thynketh do yow laughe or smerte,
And nevere ye to grucche it, nyght ne day?
And eek whan I sey ›ye‹ ne sey nat ›nay,‹
Neither by word ne frownyng contenance?
Swere this, and heere I swere oure alliance.«
Wondrynge upon this word, quakynge for drede,
She seyde, »Lord, undigne and unworthy
Am I to thilke honour that ye me beede,
But as ye wole yourself, right so wol I.
And heere I swere that nevere willyngly
In werk ne thoght I nyl yow disobeye,
For to be deed, though me were looth to deye.«
»This is ynogh, Grisilde myn,« quod he.
And forth he gooth with a ful sobre cheere
Out at the dore, and after that cam she,
And to the peple he seyde in this manere,
»This is my wyf,« quod he, »that standeth heere.
Honoureth hire and loveth hire, I preye,
Whoso me loveth; ther is namoore to seye.«
[13]And for that nothyng of hir olde geere
She sholde brynge into his hous, he bad
That wommen sholde dispoillen hire right theere;
Of which thise ladyes were nat right glad
To handle hir clothes wherinne she was clad.
But nathelees this mayde bright of hewe
Fro foot to heed they clothed han al newe.
Hir heris han they kembd, that lay untressed
Ful rudely, and with hir fyngres smale
A corone on hire heed they han ydressed,
And sette hire ful of nowches grete and smale.
Of hire array what sholde I make a tale?
Unnethe the peple hir knew for hire fairnesse
Whan she translated was in swich richesse.
This markys hath hire spoused with a ryng
Broght for the same cause, and thanne hire sette
Upon an hors snow-whit and wel amblyng,
And to his paleys er he lenger lette
With joyful peple that hire ladde and mette
Convoyed hire, and thus the day they spende
In revel til the sonne gan descende.
And shortly forth this tale for to chace,
I seye that to this newe markysesse
[14]God hath swich favour sent hire of his grace
That it ne semed nat by liklynesse
That she was born and fed in rudenesse,
As in a cote or in an oxe-stalle,
But norissed in an emperoures halle.
To every wight she woxen is so deere
And worshipful that folk ther she was bore,
And from hire birthe knew hire yeer by yeere,
Unnethe trowed they – but dorste han swore –
That to Janicle, of which I spak bifore,
She doghter were, for as by conjecture
Hem thoughte she was another creature.
[14a]For though that evere vertuous was she,
She was encressed in swich excellence
Of thewes goode, yset in heigh bountee,
And so discreet and fair of eloquence,
So benigne and so digne of reverence,
And koude so the peples herte embrace,
That ech hire lovede that looked on hir face.
Noght oonly of Saluces in the toun
Publiced was the bountee of hir name,
But eek biside in many a regioun,
If oon seide wel, another seyde the same;
So spradde of hire heighe bountee the fame
That men and wommen, as wel yonge as olde,
Goon to Saluce upon hire to biholde.
Thus Walter lowely – nay, but roially –
Wedded with fortunat honestetee,
In Goddes pees lyveth ful esily
At hoom, and outward grace ynogh had he;
And for he saugh that under low degree
Was ofte vertu hid, the peple hym heelde
A prudent man, and that is seyn ful seelde.
Nat oonly this Grisildis thurgh hir wit
Koude al the feet of wyfly hoomlinesse,
But eek, whan that the cas required it,
The commune profit koude she redresse.
Ther nas discord, rancour, ne hevynesse
In al that land that she ne koude apese,
And wisely brynge hem alle in reste and ese.
Though that hire housbonde absent were, anon
If gentil men or othere of hire contree
Were wrothe, she wolde bryngen hem aton;
So wise and rype wordes hadde she,
And juggementz of so greet equitee,
That she from hevene sent was, as men wende,
Peple to save and every wrong t’amende.
Nat longe tyme after that this Grisild
Was wedded, she a doghter hath ybore,
Al had hire levere have born a knave child.
Glad was this markys and the folk therfore,
For though a mayde child coome al bifore,
She may unto a knave child atteyne
By liklihede, syn she nys nat bareyne.
1. sostrazione
Ma poco apresso il conte, mutato in un
nuovo pensiero, cioè di voler con lunghezza
di sperienza provare la pazienza di lei,
primieramente la punse con parole,
mostrandosi turbato, dicendo che i suoi
omini non si contentavano di lei per la sua
bassa condizione e della figliuola nata si
dolevano. [16](÷) Le quali parole udendo,
la donna senza mutare viso disse: «Signor
mio, fate di me quello che voi credete che
piaccia loro, ch’io serò contenta d’ogni
cosa, [17] {÷}perch’io non v’era degna di
tanto onore al quale voi per vostra cortesia
m’arecaste». E questa risposta fu al conte
molto cara, cognoscendo costei non esser in
superbia levata per onore che ricevuto
avesse.
Poco tempo apresso, avendo con parole
generali ditto alla moglie che i suditi non
potevano quella fanciulla di lei nata patire,
informò uno suo famigliare e mandòlo a
lei. Il quale con assai dolente viso disse:
«Madonna, io non voglio morire; a me
conviene far ciò che ’l mio signore
comanda. Elli m’ha comandato che io pigli
questa vostra figliuola e che io...», e non
disse più. La donna, udendo il parlare e
vedendo il viso del famigliare, comprese
che a costui fusse stato imposto che
l’uccidesse; per che, prestamente presala
della culla, abracciatola e benedettola, come
che gran noia innel cuore sentisse, senza
mutar viso in braccio la puose al
famigliare, e disseli: «Fa compiutamente
quello che ’l tuo e mio signore t’ha
imposto, ma non la lassare per modo che le
bestie la divorino, salvo s’elli tel
1. sostrazione
Ma poco appresso, entratogli un nuovo
pensier nell’animo, cioè di volere con lunga
esperienzia e con cose intollerabili provare
la pazienzia di lei, primieramente la punse
con parole, mostrandosi turbato e dicendo
che [16]i suoi uomini pessimamente si
contentavano di lei per la sua bassa
condizione, e spezialmente poi che
vedevano che ella portava figliuoli; e della
figliuola che nata era tristissimi,
altro che mormorar non facevano.
Le quali parole udendo la donna, senza
mutar viso o buon proponimento in alcuno
atto, disse:
- Signor mio, fa di me quello che tu
credi che più tuo onore e consolazion sia,
ché io sarò di tutto contenta, sì come colei
che conosco che io [17] sono da men di
loro, e che io non era degna di questo
onore al quale tu per tua cortesia mi recasti.
Questa risposta fu molto cara a
Gualtieri, conoscendo costei non essere in
alcuna superbia levata, per onor che egli o
altri fatto l’avesse.
Poco tempo appresso, avendo con
parole generali detto alla moglie che i
sudditi non potevan patir quella fanciulla di
lei nata, informato un suo famigliare, il
mandò a lei, il quale con assai dolente viso
le disse:
- Madonna, se io non voglio morire, a
me conviene far quello che il mio signor
mi comanda. Egli m’ha comandato che io
prenda questa vostra figliuola e ch’io... - e
non disse più.
La donna, udendo le parole e vedendo il
viso del famigliare, e delle parole dette
1. sostrazione
Cepit ut sit interim Walterum, cum iam
ablactata esset infantula, mirabilis quedam,
quam laudabiles doctiores iudicant,
cupiditas, satis expertam care fidem
coniugis experiendi altius et iterum atque
iterum retentandi. Solam igitur in thalamo
se vocatam, turbida fronte sic alloquitur :
« Nosci, o Griseldis, neque enim presenti
fortuna te preteriti tui status oblitam credo,
nosci, inquam, qualiter in hanc domum
veneris. Michi quidem cara ac dilecta satis
es ; [16]at meis nobilibus non ita, presertim
ex quo parere incepisti, qui plebeie domine
{258} subesse animis ferunt iniquissimis.
Michi ergo, qui cum eis pacem cupio,
necesse est de filia tua non meo, sed alieno
iuditio obsequi et id facere, quo nil michi
posset esse molestius. Id enim vero te
ignara nunquam fecerim ; volo autem tuum
michi animum accomodes, patientiamque
illam prestes, quam ab initio nostri coniugij
promisisti. » Hiis auditis, nec verbo mota,
nec vultu. « Tu, inquit, noster es dominus,
et ego et hec parva filia tue sumus ; de
rebus tuis autem fac ut libet, nil placere
enim tibi potest, quod michi displiceat.
Nichil penitus vel habere cupio, vel
amittere metuo, nisi te hec ipsa michi in
medio cordis affixi, nunquam inde ; vel
lapsu {280} temporis, vel morte vellendum,
omnia prius fieri possunt quam hic animus
mutari. » Letus ille responso, sed
dissimulans visu mestus abscessit, et post
paululum unum suorum satellitum
fidissimum sibi, cuius opera gravioribus in
1. sostrazione
Lors le marquis qui tant amoit s’espouse
pour les grans vertus qu’il véoit tous les
jours croistre en elle, pensa de elle
esprouver et de la fort tempter. Il entra en
sa chambre monstrant face troublée et ainsi
comme couroucié lui dist ces paroles 0 tu,
Grisilidis, combien que tu soies à présent
eslevée en ceste plaisant fortune, je pense
bien que tu n’as pas oublié ton estat du
temps passé, et comment et en quelle
manière tu entras en cestui palais tu y as
esté bien honnourée, et es encores de moy
chérie et amée; [16]mais il n’est pas ainsi
du courage de mes vassaulx comme tu
cuides, et par espécial depuis que tu eus
lignée. Car ils ont grant desdaing d’estre
subjects à dame yssue de petis parens et de
basse lignée, et à moy qui désire, comme
sire, avoir paix avecques eux, me convient
obtempérer aux jugemens et consentir1
d’aucuns et pas aux miens, et faire de la
fille telle chose que nulle ne me pourroit
estre plus douloureuse au cuer, laquelle
chose je ne vueil pas faire que tu ne le
saches. Si vueil que à ce faire tu t’acordes
et prestes ta franche voulenté et ayes
patience de ce qui se fera, et telle patience
que tu me promis au commencement de
nostre mariage.
Finées les paroles du marquis qui le
cuer de la marquise naturelment dévoient
transpercier, icelle marquise, sans muer
couleur ne monstrer signe de tristesse, à
son seigneur humblement respondi : Tu es
mon seigneur, et moy et ceste petite fille
sommes tiennes de tes choses fay ce qu il
te plaist! Nulle chose ne te peut {109}
Explicit secunda pars. Incipit tercia pars.
Ther fil, as it bifalleth tymes mo,
Whan that this child had souked but a throwe,
This markys in his herte longeth so
To tempte his wyf, hir sadnesse for to knowe,
That he ne myghte out of his herte throwe
This merveillous desir his wyf t’assaye –
Nedelees, God woot, he thoghte hire for t’affraye.
He hadde assayed hire ynogh bifore
And foond hire evere good. What neded it
Hire for to tempte, and alwey moore and moore,
Though som men preise it for a subtil wit?
But as for me, I seye that yvele it sit
To assaye a wyf whan that it is no nede,
And putten hire in angwyssh and in drede.
For which this markys wroghte in this manere:
He cam allone a-nyght ther as she lay,
With stierne face and with ful trouble cheere,
And seyde thus, »Grisilde,« quod he, »that day
That I yow took out of youre pouere array
And putte yow in estaat of heigh noblesse –
Ye have nat that forgeten, as I gesse?
I seye, Grisilde, this present dignitee
In which that I have put yow, as I trowe,
Maketh yow nat foryetful for to be
That I yow took in poure estaat ful lowe,
For any wele ye moot yourselven knowe.
Taak heede of every word that Y yow seye;
Ther is no wight that hereth it but we tweye.
Ye woot youreself wel how that ye cam heere
Into this hous, it is nat longe ago;
And though to me that ye be lief and deere,
[16]Unto my gentils ye be no thyng so.
They seyn to hem it is greet shame and wo
For to be subgetz and been in servage
To thee, that born art of a low lynage.
And namely sith thy doghter was ybore
Thise wordes han they spoken, doutelees.
comandasse». Il famigliare presa la
fanciulla e fatto al conte sentire tutto ciò
che la donna ditto avea, meravigliandosi
della sua costanza lui con essa ne mandò a
Parigi a una sua parente, pregandola che
senza mai dire chi ella si fusse li l’alevasse.
ricordandosi, comprese che a costui fosse
imposto che egli l’uccidesse; per che
prestamente presala della culla e baciatala e
benedettala, come che gran noia nel cuor
sentisse, senza mutar viso in braccio la
pose al famigliare e dissegli:
- Te’: fa compiutamente quello che il
tuo e mio signore t’ha imposto; ma non la
lasciar per modo che le bestie e gli uccelli
la divorino, salvo se egli nol ti comandasse.
Il famigliare, presa la fanciulla, e fatto a
Gualtieri sentire ciò che detto aveva la
donna, maravigliandosi egli della sua
costanzia, lui con essa ne mandò a Bologna
ad una sua parente, pregandola che, senza
mai dire cui figliuola si fosse,
diligentemente l’allevasse e costumasse.
negocijs uti consueverat, quid agi vellet
edoctum, ad uxorem misit, qui ad eam
noctu veniens : « Parce, inquit, o domina,
neque michi imputes quod coactus facio.
Scis sapientissima quid est esse sub
dominis, neque tali ingenio predite,
quamvis inexperte, II dura parendi
necessitas est ignota, iussus sum hanc
infantulam accipere »... atque eam hic
sermone obrupto, quasi crudele ministerium
silentio exprimens subticuit. Suspecta viri
fama, suspecta facies, suspecta hora,
suspecta erat oratio, quibus et si clare
occisum rei dulcem filiam intelligeret, nec
lacrimulam tamen ullam, nec suspirium
dedit, in nutrice quidem, nedum in matre,
durissimum, sed, tranquilla fronte puellam
accipiens, aliquantulum respexit, et simul
exosculans benedixit ac signum sancte
crucis inpressit, porrexitque satelliti et : «
Vade, ait, quodque tibi dominus noster
iniunxit exequere ; unum queso cura : ne
corpusculum hoc fere lacerent ac volucres,
ita tamen nisi tibi {259} contrarium sit
preceptum. » Reversus ad dominum, cum
quid dictum, quidve responsum esset
exposuisset et ei filiam optulit, vehementer
paterna animum pietas movit, susceptum
tamen rigorem propositi non inflexit,
iussitque satelliti obvolutam pannis, ciste
iniectam et iumento impositam quieto omni
quanta posset diligentia Bononiam deferret
ad sororem suam, que illic comiti de Panico
nupta erat, eamque sibi traderet alendam
materno studio et caris moribus
instruendam, tanta preterea occultandam
cura, ut cuius filia esset a nemine posset
agnosci. Ivit ille illico et sollicite quod
impositum ei erat implevit. Walterus
interea, sepe vultum coniugis ac verba
considerans, nullum unquam mutati animi
perpendit indicium, par alacritas atque
sedulitas, solitum obsequium, idem amor,
nulla tristicia, nulla filie mentio, nunquam
sive ex proposito, sive incidenter nomen
eius ex ore matris auditum.
plaire qui aussi ne doie plaire à moy, et ce
ay-je si fichié au millieu de mon cuer que
par l’espace d’aucun temps, ne pour mort,
il ne sera effacé, et toutes autres choses se
pourroient faire avant que j’eusse mué mon
courage. Le.marquis lors, oiant la responce
de s’espouse, voiant sa constance et son
humilité, eust en son cuer grant joye
laquelle il dissimula, et comme triste et
doloureux se parti de s’espouse.
Aucuns jours après ce trespassés, le
marquis appeila un sien subject loyal et
secret ouquel il se fioit plainement, et tout
ce qu’il avoit ordonné estre fait de sa fille
le commist au sergent, et l’envoia à la
marquise. Le sergent vint devant sa dame
et sagement dist telles paroles Madame, je
te prie que tu me vueilles pardonner et que
tu ne vueilles imputer à moy ce dont je suis
contraint de faire. Tu es sage dame et scez
bien quelle chose est d’estre soubs les
seigneurs ausquels nulles fois, ne par force,
ne par engin, l’en ne peut résister. Madame,
je suis contraint à prendre ceste fille et
acomplir ce qui m’est commandé. Lors la
marquise en son. cuer remembrant des
paroles que son seigneur lui avoit dictes,
par les paroles du sergent entendi bien et
souspeçonna que sa fille devoit mourir. Elle
print en elle cuer vertueux et se réconforta,
vainquant nature, pour sa promesse et soy
acquictier et à son seigneur obéissance
païer. Et sans soupirer, ne autre douleur
monstrer en elle, prist sa fille et
longuement la regarda et doulcement la
baisa et si empraint sur elle le signe de la
croix; si la bailla au sergent et luy dist ainsi
Tout ce que monseigneur t’a commandé
pense de faire et acomplir entièrement mais
je te vueil prier que le tendre corps de ceste
pucelle ne soit mengié {110} des oiseaulx
ou des bestes sauvages, se le contraire ne
t’est commandé.
Le sergent se parti de la marquise,
emportant sa fille, et secrètement vint au
marquis et lui monstra sa fille, en faisant
relation de ce qu’il avoit trouvé la marquise
femme de grant courage et sans
But I desire, as I have doon bifore,
To lyve my lyf with hem in reste and pees.
I may nat in this caas be recchelees;
I moot doon with thy doghter for the beste –
Nat as I wolde, but as my peple leste.
And yet, God woot, this is ful looth to me.
But nathelees withoute youre wityng
I wol nat doon. But this wol I,« quod he,
»That ye to me assente as in this thyng.
Shewe now youre pacience in youre werkyng
That ye me highte and swore in youre village
That day that maked was oure mariage.«
Whan she had herd al this she noght ameved
Neither in word or chiere or contenaunce,
For, as it semed, she was nat agreved.
She seyde, »Lord, al lyth in your plesaunce.
My child and I, with hertely obeisaunce,
Been youres al, and ye mowe save or spille
Youre owene thyng; werketh after youre wille.
Ther may nothyng, God so my soule save,
Liken to yow that may displese me;
Ne I desire nothyng for to have,
Ne drede for to leese, save oonly yee.
This wyl is in myn herte and ay shal be;
No lengthe of tyme or deeth may this deface,
Ne chaunge my corage to another place.«
Glad was this markys of hire answeryng,
But yet he feyned as he were nat so;
Al drery was his cheere and his lookyng
Whan that he sholde out of the chambre go.
Soone after this, a furlong wey or two,
He prively hath toold al his entente
Unto a man, and to his wyf hym sente.
A maner sergeant was this privee man,
The which that feithful ofte he founden hadde
In thynges grete, and eek swich folk wel kan
Doon execucioun in thynges badde –
The lord knew wel that he hym loved and dradde.
And whan this sergeant wiste his lordes wille,
Into the chambre he stalked hym ful stille.
»Madame,« he seyde, »ye moote foryeve it me
Though I do thyng to which I am constreyned.
Ye been so wys that ful wel knowe ye
That lordes heestes mowe nat been yfeyned;
They mowe wel been biwailled and compleyned,
But men moote nede unto hire lust obeye,
And so wol I; ther is namoore to seye.
This child I am comanded for to take –«
contradition obéissant à lui. Le marquis
considéra la grant vertu de sa femme et
regarda sa fille et à lui prist une paternelle
compassion, et la rigueur de son propos il
ne voult pas muer, mais commanda au
sergent ouquel il se fioit qu’il envelopast sa
fille ainsi qu’il appartenoit à l’aise d’elle, et
la mist en un panier sur une mule souef
portant1, et sans nulle demeure la portast
secrètement à Boulongne la Grasse à sa
seur germaine qui estoit femmedu conte de
Péruse, et dist à sa dicte seur que, sur
l’amour qu’elle avoit à luy, elle la feist
nourrir et endoctriner en toutes bonnes
meurs, et que si secrètement fust nourrie
que son mary le conte ne personne vivant
ne le peust jamais savoir.
Lequel sergent tantost et de nuit se parti
et porta la fille à Boulongne la Grasse et
fist son raessaige bien diligemment, ainsi
comme il lui estoit commandé. Et la
confesse receut sa niepce à très grant joie
et fist très sagement tout ce que le marquis
son mère luy avoit mandé. Passée
paciemment ceste tempeste trespersant les
entrailles deGrisilidis laquelle fermement et
ea .son cuer tenoit que sa fille fust morte et
occise, le marquis comme es temps passés
se traïst devers s’espouse sans lui dire mot
de sa fille, et souvent regardoit la face de
{111} la marquise, sa manière et sa
contenance, pour appercevoir et esprouver
soubtillement s’il pourroit veoir en son
espouse aucun signe de douleur, mais nulle
mutation de courage ne peut en lui
comprendre ne veoir, mais pareille liesse et
pareil service, une mesme amour, un
mesme courage; pareille comme devant
estoit tousjours la dame envers son
seigneur, nulle tristesse ne démonstroit,
nulle mention ne faisoit de sa fille, ne en
présence du marquis, ne en son absence.
And spak namoore, but out the child he hente
Despitously, and gan a cheere make
As though he wolde han slayn it er he wente.
Grisildis moot al suffren and consente,
And as a lamb she sitteth meke and stille
And leet this crueel sergeant doon his wille.
Suspecious was the diffame of this man,
Suspect his face, suspect his word also,
Suspect the tyme in which he this bigan.
Allas, hir doghter that she loved so,
She wende he wolde han slawen it right tho.
But nathelees she neither weep ne syked,
Conformynge hire to that the markys lyked.
But atte laste to speken she bigan,
And mekely she to the sergeant preyde
So as he was a worthy gentilman
That she moste kisse hire child er that it deyde.
And in hir barm this litel child she leyde
With ful sad face, and gan the child to blisse,
And lulled it, and after gan it kisse.
And thus she seyde in hire benigne voys,
»Fareweel, my child! I shal thee nevere see.
But sith I thee have marked with the croys
Of thilke Fader – blessed moote he be –
That for us deyde upon a croys of tree,
Thy soule, litel child, I hym bitake,
For this nyght shaltow dyen for my sake.«
I trowe that to a norice in this cas
It had been hard this reuthe for to se;
Wel myghte a mooder thanne han cryd ›allas.‹
But nathelees so sad stidefast was she
That she endured al adversitee,
And to the sergeant mekely she sayde,
»Have heer agayn youre litel yonge mayde.
Gooth now,« quod she, »and dooth my lordes
heeste.
But o thyng wol I prey yow of youre grace,
That, but my lord forbad yow, atte leeste
Burieth this litel body in som place
That beestes ne no briddes it torace.«
But he no word wol to that purpos seye,
But took the child and wente upon his weye.
This sergeant cam unto his lord ageyn,
And of Grisildis wordes and hire cheere
He tolde hym point for point, in short and pleyn,
And hym presenteth with his doghter deere.
Somwhat this lord hath routhe in his manere,
But nathelees his purpos heeld he stille,
As lordes doon whan they wol han hir wille.
And bad his sergeant that he pryvely
Sholde this child softe wynde and wrappe,
With alle circumstances tendrely,
And carie it in a cofre or in a lappe;
But upon peyne his heed of for to swappe
That no man sholde knowe of his entente,
Ne whenne he cam, ne whider that he wente;
But at Boloigne to his suster deere,
That thilke tyme of Panik was countesse,
He sholde it take and shewe hire this mateere,
Bisekynge hire to doon hire bisynesse
This child to fostre in alle gentillesse;
And whos child that it was he bad hire hyde
From every wight, for oght that may bityde.
The sergeant gooth and hath fulfild this thyng.
But to this markys now retourne we.
For now gooth he ful faste ymaginyng
If by his wyves cheere he myghte se,
Or by hire word aperceyve, that she
Were chaunged. But he nevere hire koude fynde
But evere in oon ylike sad and kynde.
As glad, as humble, as bisy in servyse
And eek in love as she was wont to be,
Was she to hym in every maner wyse,
Ne of hir doghter noght a word spak she.
Noon accident for noon adversitee
Was seyn in hire, ne nevere hir doghter name
Ne nempned she, in ernest nor in game.
2. sostrazione
Sopravenne apresso che la donna da capo
ingravidò, et al tempo fece uno figliuolo
maschio, il che carissimo fu al conte. E
volendo più turbare la donna, con simile
corruccio disse: «Donna, poi che tu questo
fanciullo facesti, con miei uomini per neuna
guisa posso vivere, sì duramente si
lamentano che uno nipote di guardatore di
vacche debbia loro signore rimanere. Di
che io dubito, se io non ci voglio esser
cacciato, che non mi convegna far quello
che altra volta feci, et alla fine prendere
un’altra moglie». La donna con paziente
animo l’ascoltò e con alto senno rispuose:
[18]«Signor mio, pensate di contentar voi, e
di me non abbiate alcuno pensieri, però che
neuna cosa m’è cara se non quanto a voi
2. sostrazione
Sopravenne appresso che la donna da
capo ingravidò, e al tempo debito partorì
un figliuol maschio, il che carissimo fu a
Gualtieri; ma, non bastandogli quello che
fatto avea, con maggior puntura trafisse la
donna, e con sembiante turbato un dì le
disse:
- Donna, poscia che tu questo figliuol
maschio facesti, per niuna guisa con questi
miei viver son potuto, sì duramente si
ramaricano che uno nepote di Giannucole
dopo me debba rimaner lor signore; di che
io mi dotto, se io non ci vorrò esser
cacciato, che non mi convenga far di quello
che io altra volta feci, e alla fine lasciar te
e prendere un’altra moglie.
La donna con paziente animo l’ascoltò,
2 sostrazione
Transiverunt hoc in statu anni quatuor, dum
ecce gravida, iterum filium elegantissimum
peperit, letitiam patris ingentem atque
omnium amicorum, quo nutricis ab ubere
post biennium subducto, ad curiositatem
solitam reversus pater, uxorem rursus
affatur : « Et olim, ait, audisti populum
meum egre nostrum ferre connubium,
presertim ex quo te fecundam cognovere.
Nunquam tamen egrius quam ex quo
marem peperisti ; dicunt enim, et sepe ad
aures meas murmur hoc pervenit —•
obeunte autem Waltero, Janicole nepos
nostri dominabitur,et tam nobilis patria tali
domino subiacebit. — Multa quotidie in
2. sostrazione
Et ainsi passèrent quatre ans ensemble
le marquis et la marquise en grant amour et
menant vie amoureuse et paisible. Et au
chief de quatre ans, la marquise Grisilidis
eust un fils de merveilleuse beauté, dont le
marquis eust parfaite joie et ses amis et ses
subjects et tous ceulx du païs. Quant
l’enfant fut sevré de sa nourrice et il ot
deux ans, croissant en grant beaulté, le
marquis lors resmeu de nouvel de sa
merveilleuse et périlleuse espreuve, vint à
la marquise et lui dit : Tu scez et oys jà
pieçà comment mon peuple estoit très mal
content de nostre mariage, et par espécial
depuis qu’ils virent que en toy avoit
fécondité et portoies enfans. Toutesvoies
oncquesmais ne furent si mal contens mes
Explicit tercia pars. Sequitur pars quarta.
In this estaat ther passed been foure yeer
Er she with childe was, but as God wolde
A knave child she bar by this Walter,
Ful gracious and fair for to biholde.
And whan that folk it to his fader tolde,
Nat oonly he but al his contree merye
Was for this child, and God they thanke and herye.
Whan it was two yeer old, and fro the brest
Departed of his norice, on a day
This markys caughte yet another lest
To tempte his wyf yet ofter if he may.
O nedelees was she tempted in assay!
But wedded men ne knowe no mesure
Whan that they fynde a pacient creature.
»Wyf,« quod this markys, »ye han herd er this
My peple sikly berth oure mariage,
And namely sith my sone yboren is,
sia in piacere».
E non doppo molti giorni, quello mandò
che mandato avea per la fanciulla: mandò
per lo fanciullo, e dimostrato d’averlo fatto
uccidere, a Parigi lo mandò. Di che la
donna altro viso né altre parole fece che
della fanciulla fatte avesse. Di che il conte
si meravigliò forte e seco afermava
[19]neuna altra femina questo poter fare; e
se non che egli conoscea che molto la
donna avea amati li figliuoli mentre che
avuti li avea, arè’ creduto il conte che ella
non se ne fusse curata d’averne. Et i suditi
suoi, credendo che il conte avesse fatto
uccider li figliuoli, lo biasmonno et alla
donna aveano grandissima compassione. Et
ella colle donne che con lei si dolevano
non disse mai altro se non che quello
piacea a lei che a colui che ingenerati li
avea.
né altro rispose se non:
[18](÷)- Signor mio, pensa di contentar
te e di sodisfare al piacer tuo, e di me non
avere pensiere alcuno, per ciò che niuna
cosa m’è cara se non quant’io la veggo a te
piacere.
Dopo non molti dì Gualtieri, in quella
medesima maniera che mandato avea per la
figliuola, mandò per lo figliuolo, e
similmente dimostrato d’averlo fatto
uccidere, a nutricar nel mandò a Bologna,
come la fanciulla aveva mandata; della qual
cosa la donna né altro viso né altre parole
fece che della fanciulla fatto avesse; di che
Gualtieri si maravigliava forte e seco stesso
affermava [19]niun’altra femina questo
poter fare che ella faceva; e se non fosse
che carnalissima de’figliuoli, mentre gli
piacea, la vedea, lei avrebbe creduto ciò
fare per più non curarsene, dove come
savia lei farlo cognobbe.
I sudditi suoi, credendo che egli
uccidere avesse fatti i figliuoli, il
biasimavan forte e reputavanlo crudele
uomo, e alla donna avevan grandissima
compassione; la quale con le donne, le
quali con lei de’figliuoli così morti si
condoleano, mai altro non disse se non che
quello ne piaceva a lei che a colui che
generati gli avea.
hanc sententiam iactantur in populis, quibus
ego, et quietis quidus, et ut verum fatear,
michi metuens promoveor, ut de hoc
infante disponam quod de sorore disposui ;
id tibi pronuncio, ne te inopinus et subitus
dolor turbet. » [18]Ad hec illa et: « dixi,
ait, et repeto nichil possum seu nolle, seu
velle, nisi quod te, neque vero in hijs filijs
{260} quitquam habeo preter laborem ; tu
mei et ipsorum dominus, tuis in rebus iure
tuo utere, nec consensum meum queras ; in
ipso enim tue domus introitu, ut pannos sic
et voluntates affectusque meos exui, tuos
indui. Quacumque ergo de re quidquid tuis,
ego etiam volo, nempe que si future tue
voluntatis essem prescia, ante etiam
quidquid id esset, et velle et cupere
inciperem, quam tu velles, nunc animum
tuum, quem prevenire non possum, libens
sequor ; fac sententiam tibi placere quod
moriar, volens moriar, nec res ulla denique,
nec mors ipsa nostro fuerit par amori ».
Admirans femine constantiam, turbato vultu
abijt. Confestimque satellitem olim missum
ad eam remisit, qui multa excussa
necessitate parendi multumque petita venia,
siquid ei molestum aut fecisset aut faceret,
quasi immane scelus acturus poposcit
infantem. Illa eodem quo semper vultu,
qualicunque animo, filium forma corporis
atque indole non matri tantum, sed cunctis
amabilem, in manus cepit, signansque eum
signo crucis et benedicens, ut filiam fecerat,
et diuticule oculis inherens atque
deosculans nullo penitus signo doloris edito
petenti obtulit. « Et tene, inquit, fac quod
iussus es. Unum nunc precor, ut si fieri
potest, ut hos artus teneros infantis egregij
protegas a vexatione volucrum ac ferarum.
» Cum hijs mandatis reversus ad dominum,
animum eius magis ac magis in stuporem
egit, ut nisi eam noscet amantissimam
filiorum, paulominus suspicari posset, hoc
femineum robur quadam ab animi feritate
procedere, sed cum suorum omnium valde
nullum erat amantior quam viri. Jussus inde
Bononiam proficisci eo illum tulit, quo
sororem tulerat. Poterant rigidisssimo
barons et mon peuple comme ils sont à
présent par espécial pour ce que tu as
enfanté un enfant masle, et dient souvent,
et à mes oreilles ay oy leur murmuracion,
disans en remposnes faisons Gautier
mourir, et le bon homme Jehannicola sera
nostre seigneur, et si noble pays à tel
seigneur sera subject! Telles sentences
chascun jour machinent; pour lesquelles
paroles et doubtes, je qui désire vivre en
paix avec mes subjects, et pour la très grant
doubte de mon corps, süis contraint et
esmeu defaire et ordonner {112} de cestui
enfant comme je feis de sa seur, laquelle
chose je te dis afin que une soudaine
douleur ne doie perturber ton cuer.
O quelles douloureuses admiracions
peut avoit ceste dame en son cuer, en
recordant la vilaine mort de sa fille, et que
de son seul fils de l’aage de deux ans la
mort pareille estoit déterminée! Qui est
cellui, je ne dy pas femmes qui de leurs
natures sont tendres et à leurs enfans
amoureuses, mais le plus fort homme de
courage qui se pourroit trouver, qui de son
seul fils telle sentence peust dissimuler ?
[NB](+).Entendez-cy, roynes, princesses et
marquises et toutes autres femmes, que la
dame à son seigneur respondi et y prenez
exemple. Monseigneur, dit-elle, [18]je t’ay
autresfois dit et encores je le répète, que
nulle chose je ne vueil, ne ne desvueil fors
ce que je sçay qu’il te plaist. De moy et
des enfans tu es seigneur! En tes choses
doncques use de ton droit sans demander
mon consentement. Quant je entray
premièrement en ton palais, à l’entrée je me
dévestis de mes povres robes et de ma
propre voulenté et affection et vestis les
tiennes, pour laquelle cause tout ce que tu
veulx je vueil. Certainement s’il estoit
possible que je feusse enformée de tes
pensées et vouloirs avant que tu les deisses,
quelles qu’elles toussent je les acompliroie
à mon povoir, car il n’est chose en ce
monde, ne parens, ne amis, ne ma propre
vie, qui à vostre amour se puisse comparer.
Now is it worse than evere in al oure age.
The murmur sleeth myn herte and my corage,
For to myne eres comth the voys so smerte
That it wel ny destroyed hath myn herte.
Now sey they thus, ›Whan Walter is agon,
Thanne shal the blood of Janicle succede
And been oure lord, for oother have we noon.‹
Swiche wordes seith my peple, out of drede.
Wel oughte I of swich murmur taken heede,
For certeinly I drede swich sentence,
Though they nat pleyn speke in myn audience.
I wolde lyve in pees, if that I myghte;
Wherfore I am disposed outrely,
As I his suster servede by nyghte
Right so thenke I to serve hym pryvely.
This warne I yow that ye nat sodeynly
Out of youreself for no wo sholde outreye;
Beth pacient, and therof I yow preye.«
[18]»I have,« quod she, »seyd thus, and evere shal:
I wol no thyng, ne nyl no thyng, certayn,
But as yow list. Naught greveth me at al
Though that my doughter and my sone be slayn –
At youre comandement, this is to sayn.
I have noght had no part of children tweyne
But first siknesse and after wo and peyne.
Ye been oure lord – dooth with youre owene
thyng
Right as yow list; axeth no reed at me.
For as I lefte at hoom al my clothyng,
Whan I first cam to yow, right so,« quod she,
»Lefte I my wyl and al my libertee,
And took youre clothyng; wherfore I yow preye,
Dooth youre plesaunce; I wol youre lust obeye.
And certes, if I hadde prescience
Youre wyl to knowe er ye youre lust me tolde,
I wolde it doon withouten necligence.
But now I woot youre lust and what ye wolde,
Al youre plesance ferme and stable I holde.
For wiste I that my deeth wolde do yow ese,
Right gladly wolde I dyen yow to plese.
Deth may noght make no comparisoun
Unto youre love.« And whan this markys say
The constance of his wyf, he caste adoun
His eyen two, and wondreth that she may
In pacience suffre al this array.
And forth he goth with drery contenance,
But to his herte it was ful greet plesance.
This ugly sergeant in the same wyse
coniugi hec benevolentie et fidei coniugalis
experimenta sufficere, sed sunt qui, ubi
semel inceperint, non desinant immo {261}
incumbant hereantque proposito.
[19]Defixis ergo in uxorem oculis, an ulla
eius mutatio erga se fieret contemplabatur
assidue, nec ullam penitus invenire poterat,
nisi quod fidelior illi indies atque
obsequentior fiebat, sic ut duorum nisi unus
animus videretur, isque non communis
amborum sed viri duntaxat unius, uxor
enim per se nichil velle, ut dictum est,
nichil nolle firmaverat. Ceperat sensim de
Waltero decolor fama crebrescere : quod
videlicet effera et inhumana duricie humilis
penitencia ac pudore coniugij filios iussisset
interfici, nam neque pueri comparebant, nec
ubi nam gentium essent ullus audierat, quo
se ille vir, alioquin clarus et suis carus,
multis infamem odiosumque reddiderat,
neque ideo trux animus flectebatur, sed in
suscepta severitate experiendi suaque dura
illa libidine procedebat.
Le marquis de Saluces oyant la
response de sa femme, et en son cuer
merveillant et pensant si grant vertu et
constance non pareille et la vraie amour
qu’elle avoit à luy, ne respondi riens, mais
ainsi comme s’il fust troublé de ce que
faire se devoit de son fils, s’en ala {113} la
chière basse, et assez tost après, ainsi
comme autresfois avoit fait, envoia un
sergent loyal secrètement à la marquise.
Lequel sergent après maintes excusations et
démonstrant doulcement qu’il estoit
nécessaire à lui de obéir à son seigneur,
très humblement et piteusement demandoit
pardon à sa dame se autresfois il lui avoit
fait chose qui lui despleust, et se encores
luy convenoit faire, qu’elle luy pardonnast
sa grant cruaulté, et demanda l’enfant. La
dame, sans arrest et sans nul signe de
douleur, prist son beau fils entre ses bras et
sans gecter larmes ne soupirs longuement le
regarda, et comme elle avoit fait de sa fille,
elle le signa du signe de la croix et le
béneist en baisant doulcement et le bailla
au sergent en disant : Tien, mon amy, fais
ce qui t’est commandé, d’une chose1
comme autresfois, ainçois je te prie, se
faire se peut, que les tendres membres de
cestui enfant tu vueilles garder de la
vexation et dévoration des oyseaulx et des
bestes sauvaiges.
Le sergent print l’enfant et porta
secrètement à son seigneur et lui raconta’
tout ce qu’il avoit oy de sa dame, dont le
marquis trop plus que devant se merveilla
du grant etconstànt courage de sa femme,
et s’il n’eust bien congneu la grant amour
qu’elle avoit à ses énfans, il peust penser
que tel courage ne procédoit pas d’umanité,
mais de cruaulté bestiale, et veoit bien
clèrement que icelle espouse n’amoit riens
soubs le ciel pardessus son mary.
Le marquis envoia son fils à Boulongne
secrètement à sa seur, par la manière qu’il
avoit fait sa fille. Et sa seur la coutesse de
Péruse, selon la voûlenté son frère {114} le
marquis, nourrist sa fille et le fils si
sagement que onques l’on ne peust savoir
That he hire doghter caughte, right so he –
Or worse, if men worse kan devyse –
Hath hent hire sone that ful was of beautee.
And evere in oon so pacient was she
That she no chiere maade of hevynesse,
But kiste hir sone and after gan it blesse.
Save this, she preyde hym that if he myghte
Hir litel sone he wolde in erthe grave,
His tendre lymes, delicaat to sighte,
Fro foweles and fro beestes for to save.
But she noon answere of hym myghte have.
He wente his wey as hym no thyng ne roghte,
But to Boloigne he tendrely it broghte.
[19]This markys wondred evere lenger the
moore
Upon hir pacience, and if that he
Ne hadde soothly knowen therbifoore
That parfitly hir children loved she,
He wolde have wend that of som subtiltee,
And of malice, or for crueel corage,
That she hadde suffred this with sad visage.
But wel he knew that next hymself, certayn,
She loved hir children best in every wyse.
But now of wommen wolde I axen fayn
If thise assayes myghte nat suffise?
What koude a sturdy housbonde moore devyse
To preeve hir wyfhod and hir stedefastnesse,
And he continuynge evere in sturdinesse?
But ther been folk of swich condicioun
That whan they have a certein purpos take,
They kan nat stynte of hire entencioun,
But right as they were bounded to that stake
They wol nat of that firste purpos slake.
Right so this markys fulliche hath purposed
To tempte his wyf as he was first disposed.
He waiteth if by word or contenance
That she to hym was changed of corage,
But nevere koude he fynde variance.
She was ay oon in herte and in visage,
And ay the forther that she was in age,
The moore trewe – if that it were possible –
She was to hym in love, and moore penyble.
For which it semed thus, that of hem two
Ther nas but o wyl, for as Walter leste
The same lust was hire plesance also.
And, God be thanked, al fil for the beste.
She shewed wel for no worldly unreste
A wyf, as of hirself, nothing ne sholde
de qui lesdis enfans estoient, jusques à tant
que le marquis l’ordonna comme cy après
apperra.
Wille in effect, but as hir housbonde wolde.
The sclaundre of Walter ofte and wyde spradde
That of a crueel herte he wikkedly,
For he a poure womman wedded hadde,
Hath mordred bothe his children prively.
Swich murmur was among hem comunly;
No wonder is, for to the peples ere
Ther cam no word but that they mordred were.
For which, where as his peple therbifore
Hadde loved hym wel, the sclaundre of his diffame
Made hem that they hym hatede therfore –
To been a mordrere is an hateful name.
But nathelees, for ernest ne for game,
He of his crueel purpos nolde stente;
To tempte his wyf was set al his entente.
Whan that his doghter twelve yeer was of age,
He to the court of Rome, in subtil wyse
Enformed of his wyl, sente his message,
Comaundynge hem swiche bulles to devyse
As to his crueel purpos may suffyse –
How that the pope, as for his peples reste,
Bad hym to wedde another if hym leste.
I seye, he bad they sholde countrefete
The popes bulles, makynge mencioun
That he hath leve his firste wyf to lete
As by the popes dispensacioun,
To stynte rancour and dissencioun
Bitwixe his peple and hym; thus seyde the bulle,
The which they han publiced atte fulle.
The rude peple, as it no wonder is,
Wenden ful wel that it hadde be right so;
But whan thise tidynges cam to Grisildis,
I deeme that hire herte was ful wo.
But she, ylike sad for everemo,
Disposed was, this humble creature,
The adversitee of Fortune al t’endure,
Abidynge evere his lust and his plesance
To whom that she was yeven herte and al
As to hire verray worldly suffisance.
But shortly if this storie I tellen shal,
This markys writen hath in special
A lettre in which he sheweth his entente,
And secreely he to Boloigne it sente.
To the Erl of Panyk, which that hadde tho
Wedded his suster, preyde he specially
To bryngen hoom agayn his children two
In honourable estaat al openly.
But o thyng he hym preyede outrely,
That he to no wight, though men wolde enquere,
Sholde nat telle whos children that they were,
But seye the mayden sholde ywedded be
Unto the Markys of Saluce anon.
And as this erl was preyed so dide he;
For at day set he on his wey is goon
Toward Saluce, and lordes many oon
In riche array, this mayden for to gyde,
Hir yonge brother ridynge hire bisyde.
Arrayed was toward hir mariage
This fresshe mayde, ful of gemmes cleere;
Hir brother, which that seven yeer was of age,
Arrayed eek ful fressh in his manere.
And thus in greet noblesse and with glad cheere,
Toward Saluces shapynge hir journey,
Fro day to day they ryden in hir wey.
Ripudio
Et essendo più anni passati dalla nattività
del figliuolo, parendo tempo al conte di
fare l’ultima prova di costei, con molti dè’
suoi disse che per neuna cosa piùe sofferire
<potea> d’aver per moglie Costantina,
perché cognoscea che male avea fatto ad
averla presa; per che a suo poter volea col
papa procacciare che dispensasse che
un’altra donna prendere potesse. Di che dai
suoi buoni omini fu molto ripreso, e lui ad
altro non rispuose se non che convenìa che
cosìe fusse. La donna, sentendo queste cose
e parendole di dover sperare tornare a casa
a guardare le vacche e vedere a un’altra
tener colui a cui ella volea tutto il suo
bene, forte si dolse, ma pure come l’altre
ingiurie dalla fortuna avea sostenute, così
con fermo viso si dispuose a questo
sostenere.
E non molto tempo passò che il conte fe’
venire lèttore contrafatte da Roma e fece
vedere a’ suoi suditi che ’l papa avea
dispensato che potesse prendere altra
moglie e lassare Costantina. E fattasela
davanti venire, le disse: «Donna, per
concessione fatta dal papa posso torre
un’altra donna e lassar te; in però che i
miei passati sono stati gentili omini e
signori di queste contrade è’ tuoi sono
lavoratori, non intendo che tu più mia
Ripudio
Ma, essendo più anni passati dopo la
natività della fanciulla, parendo tempo a
Gualtieri di fare l’ultima pruova della
sofferenza di costei, con molti de’suoi disse
che per niuna guisa più sofferir poteva
d’aver per moglie Griselda e che egli
cognosceva che male e giovenilmente
aveva fatto quando l’aveva presa, e per ciò
a suo poter voleva procacciar col papa che
con lui dispensasse che un’altra donna
prender potesse e lasciar Griselda; di che
egli da assai buoni uomini fu molto ripreso.
A che null’altro rispose, se non che
convenia che così fosse.
La donna, sentendo queste cose e
parendole dovere sperare di ritornare a casa
del padre e forse a guardar le pecore come
altra volta aveva fatto e vedere ad un’altra
donna tener colui al quale ella voleva tutto
il suo bene, forte in sé medesima si dolea;
ma pur, come l’altre ingiurie della fortuna
avea sostenute, così con fermo viso si
dispose a questa dover sostenere.
Non dopo molto tempo Gualtieri fece
venire sue lettere contraffatte da Roma, e
fece veduto a’suoi sudditi il papa per quelle
aver seco dispensato di poter torre altra
moglie e lasciar Griselda.
Per che, fattalasi venir dinanzi, in
presenza di molti le disse:
Ripudio
Itaque cum iam ob ortu filie duodecimus
annus elapsus esset, nuncios Romam misit,
qui simulatas inde literas apostolicas
referent, quibus in populo vulgaretur datam
sibi licentiam a Romano Pontifice, ut, pro
sua et suarum gentium quiete, primo
matrimonio reiecto, aliam ducere posset
uxorem : nec operosum sane fuit
alpestribus rudibusque animis quidlibet
persuadere. Que fama cum ad Griseldis
notitiam pervenisset, tristis ut puto, sed ut
que simul de se suisque de sortibus
statuisset, inconcussa constitit, expectans
quid de se illc decerneret, cui se et sua
cuncta subiecerat. Miserat iam ille
Bononiam cognatum que rogaverat, ut ad se
filios suos adduceret, fama undique diffusa
virginem illam sibi in .coniugem adduci.
Quod ille fideliter executurus, puellam iam
nubilem excellentem forma, preclaroque
conspicuam ornatu, germanumque simul
suum annum iam septimum agentem
ducens cum eximia nobilium comitiva,
statuto die iter arripuit. Hec inter {262}
Walterus, solito ut uxorem retentaret
ingenio, doloris ac pudoris ad cumulum, in
publicum adducte coram multis. « Satis,
inquit, tuo coniugio delectabar, mores tuos
non originem respiciens, nunc quoniam ut
Ripudio
Bien peust au marquis de Saluces ainsi
crueulx et très rigoreux mary souffire la
preuve non pareille qu’il avoit faicte de sa
femme sans luy plus essaïer ne donner
autre torment. Mais ils sont aucuns qui en
fait de souspeçon, quant ils ont commencé,
ne scevent prendre fin ne appaisier leur
courage.
Toutes ces choses passées, le marquis
conversant avec la marquise [19]la
regardoit souventesfois pour veoir s’elle
monstroit envers luy aucun semblant des
choses trespasséés mais oncques il
n’apperceust en elle mutation ne
changement de’couraige. De jour en jour la
trouvoit joyeuse et amoureuse et plus
obéissant, par telle manière que nul ne
povoit appercevoir que en icelles deux
personnes eust que un courage, lequel
courage et voulenté principalment estoit du
mary, car ceste espouse, comme dit est
dessus, ne vouloit pour elle ne par elle
aucune propre affection, mais remettoit tout
à la voulenté de son seigneur.
Le marquis ainsi amoureusement vivant
avec sa femme en grant repos et en grant
joie, sceust qu’il estoit sur ce une
renommée, c’est assavoir que pour ce que
le marquis non advisant le grant lignage
dont il estoit yssus, honteux de ce qu’il
Explicit quarta pars. Sequitur pars quinta.
Among al this after his wikke usage,
This markys yet his wyf to tempte moore
To the outtreste preeve of hir corage,
Fully to han experience and loore
If that she were as stidefast as bifoore,
He on a day in open audience
Ful boistously hath seyd hire this sentence:
»Certes, Grisilde, I hadde ynogh plesance
To han yow to my wyf for youre goodnesse,
As for youre trouthe and for youre obeisance,
Noght for youre lynage ne for youre richesse;
But now knowe I in verray soothfastnesse
That in greet lordshipe, if I wel avyse,
Ther is greet servitude in sondry wyse.
I may nat doon as every plowman may.
My peple me constreyneth for to take
Another wyf, and crien day by day;
And eek the pope, rancour for to slake,
Consenteth it, that dar I undertake.
And treweliche thus muche I wol yow seye,
My newe wyf is comynge by the weye.
Be strong of herte and voyde anon hir place,
And thilke dowere that ye broghten me,
Taak it agayn; I graunte it of my grace.
Retourneth to youre fadres hous,« quod he.
»No man may alwey han prosperitee.
With evene herte I rede yow t’endure
The strook of Fortune or of aventure.«
And she answerde agayn in pacience,
»My lord,« quod she, »I woot, and wiste alway,
moglie sia ma che alla tua madre te ne
torni con quella dota che tu recasti, et io ne
torrò un’altra che a me sì come gentile si
converrà».
La donna, udendo queste parole, non
senza grandissima fatica oltra alla natura
delle femmine ritenne le lagrime e rispuose:
«Signor mio, io cognovi sempre la mia
bassa condizione alla vostra nobiltà non
convenirsi; quello che io sono stata con voi,
da Dio e da voi lo cognosceva, né mai
come mio lo tenni ma come cosa prestata a
me. Ora vi piace di rivolerla e
comandatemi che quella dota che aregai io
men porti; alla quale né a voi pagatore né a
me la borsa bisognerà né somiero, perché
non m’è uscito di mente che nuda
m’aveste. E se voi giudicate che onesto sia
che quello corpo col quale io di voi ho du’
figliuoli portati e governati sia lodato, io
me ne andrò nuda; ma io vi prego, in
premio della mia verginità ch’io vi regai,
che non ne la porto, che almeno una
camicia sopra la mia dota vi piaccia che io
portar ne possa». Il conte, che magior
voglia avea di pianger che d’altro, stando
pur col viso alto disse: «E tu una camicia
ne porta».
Ma quanti d’intorno erano lo pregavano
che una robba le donasse acciò che non
fusse veduta, colei che XIII anni con lui sua
moglie era stata, così in camicia
poveramente uscirne; ma in vano
pregarono. Di che la donna, in camicia e
scalza e senza nulla in capo, alla madre
piangendo tornò[20](÷). La madre, che non
avea mai potuto credere che ’l conte
l’abandonasse, vedendola nuda, li panni che
serbati li avea li misse. Et <a’> piccioli
servigi della materna casa si diede, con
forte animo sostenendo il forte asalto
fattole dalla nimica fortuna.
- Donna, per concession fattami dal
papa, io posso altra donna pigliare e lasciar
te; e per ciò che i miei passati sono stati
gran gentili uomini e signori di queste
contrade, dove i tuoi stati son sempre
lavoratori, io intendo che tu più mia moglie
non sia, ma che tu a casa Giannucole te ne
torni con la dote che tu mi recasti, e io poi
un’altra, che trovata n’ho convenevole a
me, ce ne menerò.
La donna, udendo queste parole, non
senza grandissima fatica, oltre alla natura
delle femine, ritenne le lagrime, e rispose:
- Signor mio, io conobbi sempre la mia
bassa condizione alla vostra nobilità in
alcun modo non convenirsi, e quello che io
stata son con voi, da Dio e da voi il
riconoscea, né mai, come donatolmi, mio il
feci o tenni, ma sempre l’ebbi come
prestatomi; piacevi di rivolerlo, e a me dee
piacere e piace di renderlovi; ecco il vostro
anello col quale voi mi sposaste,
prendetelo. Comandatemi che io quella dote
me ne porti che io ci recai, alla qual cosa
fare, né a voi pagator né a me borsa
bisognerà né somiere, per ciò che di mente
uscito non m’è che ignuda m’aveste: e se
voi giudicate onesto che quel corpo, nel
qual io ho portati figliuoli da voi generati,
sia da tutti veduto, io me n’andrò ignuda;
ma io vi priego, in premio della mia
verginità, che io ci recai e non ne la porto,
che almeno una sola camicia sopra la dote
mia vi piaccia che io portar ne possa.
Gualtieri, che maggior voglia di
piagnere avea che d’altro, stando pur col
viso duro, disse:
- E tu una camicia ne porta.
Quanti dintorno v’erano il pregavano
che egli una roba le donasse, ché non fosse
veduta colei, che sua moglie tredici anni e
più era stata, di casa sua così poveramente
e così vituperosamente uscire, come era
uscirne in camicia; ma in vano andarono i
prieghi; di che la donna, in camicia e scalza
e senza alcuna cosa in capo, accomandatili
a Dio, gli uscì di casa, e al padre se ne
tornò con lagrime e con pianto [20]di tutti
video magna omnis fortuna servitus magna
est, non michi licet, quod cuilibet liceret
agricole. Cogunt mei, et Papa consentit,
uxorem me alteram habere, iamque uxor in
via est, statimque aderit. II Esto igitur forti
animo, dansque locum alteri, et dotem tuam
referens, in antiquam domum equa mente
revertere : nulla homini perpetua sors est. »
Contra illa : « ego, inquit, me domine,
semper scivi inter magnitudinem tuam et
humilitatem meam nullam esse
proportionem, meque nunquam tuo non
dicam coniugio, sed servicio dignam duxi,
inque hac domo in qua tu me dominam
fecisti, Deum testor, animo semper ancilla
permansi, de hoc igitur tempore, quo tecum
multo cum honore long supra omne
meritum meum fui, Deo et tibi gratias ago,
de reliquo parata sum bono pacatoque
animo paternam domum repetere, atque ubi
pueritiam egi, senectutem agere et mori,
felix semper et honorabilis vidua, que viri
talis uxor fuerim. Nove coniugi volens
cedo, que tibi utinam felix adveniat, atque
hinc ubi iocundissime degebam, quando ita
tibi placitum est, non invita discedo at quod
iubes dotem meam mecum ut auferam,
quale sit video, neque enim excidit, ut
paterne olim domus in limine spoliata meis,
tuis induta vestibus ad te veni, neque
omnino alia michi dos fuit quam fides et
nuditas; {263} ecce igitur (in) hanc vestem
exuo, annulumque restituo quo me
subarasti, reliqui annuli et yestes et
ornamenta, quibus te donante ad invidiam
aucta eram, in thalamo tuo sunt. Nuda e
domo patris egressa, nuda itidem revertar,
nisi quod indignum reor, ut hic uterus, in
quo filij fuerunt quos tu genuisti, populo
nudus appareat. Quam ob rem si tibi placet,
et non aliter, oro atque obsecro, ut in
precium virginitatis, quam huc attuli
quamque non refero, unicam michi
camisiam linqui iubeas, earum quibus
tecum uti soleo, qua ventrem tue quondam
uxoris operiam. » Habundabant viro
lacrime, ut contineri amplius iam non
possent, itaque faciem avertens et —
s’étoit conjoint par mariage à la fille
Jehannicola très povre homme vergongneux
de ce qu’il avoit eu deux enfans, il les
avoit fait mourir et gecter en tel lieu que
nuls ne savoient qu’ils estoient devenus. Et
combien qu’ils l’amassent bien par avant
comme leur naturel seigneur, toutesvoies
pour ceste {115} cause ils le prenoient en
haine laquelle il sentoit bien. Et néantmoins
ne volt-il fleschir ne, amolier son courage
rigoreux, mais pensa encores par plus fort
argument et ennuyeuse manière prouver et
tempter son espouse, par prendre autre
femme.
Douze ans estoient jà passés que la fille
avoit esté née le marquis manda
secrètement à Romme au saint père le Pape
et fist impétrer unes bulles saintifiées par
lesquelles la renommée ala à son peuple
que le marquis avoit congié du Pape de
Romme que pour la paix et repos de luy et
de ses subjects son premier mariage
délaissé et dégecté il peust prendre à
mariage légitime une autre femme. Laquelle
chose fust assez créable au peuple rude qui
estoit indigné contre son seigneur. Ces
froides nouvelles de ceste bulle, que le
marquis devoit prendre une autre femme,
vindrent aux oreilles de Grisilidis fille de
Jehannicola, et se raisonnablement fut
troublée en. son courage nul n’en doit avoir
merveille. Mais elle qui une fois d’elle
mesmes et des siens s’estoit soubsmise à la
voulenté de son seigneur, de son fait
franchement délibérée et conseillée, prist
cuer en soy, et comme toute reconfortée
conclut qu’elle attendrait tout ce que cellui
ouquelelle s’estoit toute, soubsmise en
vouldroit ordonner.
Lors mandant escript à Boulongne le
marquis au conte de Péruse et à sa seur
qu’ils lui amenassent ses enfana, sansdire
de qui Usestaient, et. sa seur i«scriptt que.
ainsi le ferait>eUe. Ceste venuefust tantost
publiée, et fut la renomméede courir par
tout le pais qu’il ver noit belle .vierge
extraicte de grant lignaige qui devoit estre
espouse du marquis de Saluces.
How that bitwixen youre magnificence
And my poverte no wight kan ne may
Maken comparisoun; it is no nay.
I ne heeld me nevere digne in no manere
To be youre wyf, no, ne youre chamberere.
And in this hous, ther ye me lady maade,
The heighe God take I for my witnesse,
And also wysly he my soule glaade,
I nevere heeld me lady ne maistresse
But humble servant to youre worthynesse,
And evere shal whil that my lyf may dure,
Aboven every worldly creature.
That ye so longe of youre benignitee
Han holden me in honour and nobleye,
Where as I was noght worthy for to bee,
That thonke I God and yow, to whom I preye
Foryelde it yow; ther is namoore to seye.
Unto my fader gladly wol I wende,
And with hym dwelle unto my lyves ende.
Ther I was fostred of a child ful smal,
Til I be deed my lyf ther wol I lede,
A wydwe clene in body, herte, and al.
For sith I yaf to yow my maydenhede,
And am youre trewe wyf, it is no drede,
God shilde swich a lordes wyf to take
Another man to housbonde or to make.
And of youre newe wyf God of his grace
So graunte yow wele and prosperitee.
For I wol gladly yelden hire my place,
In which that I was blisful wont to bee.
For sith it liketh yow, my lord,« quod shee,
»That whilom weren al myn hertes reste,
That I shal goon, I wol goon whan yow leste.
But ther as ye me profre swich dowaire
As I first broghte, it is wel in my mynde
It were my wrecched clothes nothyng faire,
The whiche to me were hard now for to fynde –
O goode God, how gentil and how kynde
Ye semed by youre speche and youre visage
The day that maked was oure mariage!
But sooth is seyd – algate I fynde it trewe,
For in effect it preeved is on me –
Love is noght oold as whan that it is newe.
But certes, lord, for noon adversitee,
To dyen in the cas, it shal nat bee
That evere in word or werk I shal repente
That I yow yaf myn herte in hool entente.
My lord, ye woot that in my fadres place
coloro che la videro.
Giannucole, che creder non avea mai
potuto questo esser vero che Gualtieri la
figliuola dovesse tener moglie, e ogni dì
questo caso aspettando guardati l’aveva i
panni che spogliati s’avea quella mattina
che Gualtieri la sposò; per che recatigliele
ed ella rivestitiglisi, ai piccoli servigi della
paterna casa si diede, sì come far soleva,
con forte animo sostenendo il fiero assalto
della nimica fortuna.
camisiam tibi unicam habeto — verbis
trementibus vix expressit; et sic abijt
illacrimans. Illa, coram amicis sese exuens,
solam sibi retinuit camisiam, qua contecta,
nudo capite pedibusque nudis egreditur,
atque ita prosequentibus multis ac flentibus
fortunamque culpantibus, siccis una oculis
et honesto veneranda silentio, ad paternam
domum remeavit. Senex, qui has filie
nuptias semper suspectas habuerat, neque
antequam tantam spem mente conceperat,
semperque hoc eventurum cogitaverat, ut
satietate sponse tam humili exorta, illam
quandoque vir tantus et more nobilium
superbus abiceret, tunicam eius hispidam et
attritam senio abdita parve domus in parte
servaverat. Audito ergo non tam filie tacite
redeuntis, quam comitum strepitu, occurit
in limine et seminudam antiqua veste
cohoperuit. Mansit illa cum patre paucos
dies equanimitate atque humanitate mirabili,
ita ut nullum in ea signum animi tristioris,
nullum vestigium fortune prosperioris
extaret, quippe cum in medijs opibiis inops
semper spiritu vixisset atque humilis.
Le conte de Péruse acompaignié de
grans chevaliers {116} et de dames se
départi de Boulongne et amena avecques
luy le fils et la fille du marquis. Et estoit le
fils de l’aage de huit ans et la fille de
l’aage de douze ans laquelle estoit très
belle de corps et de visaige et preste à
marier, et estoit parée de riches draps, de
vestemens et de joyaulx, et à certain jour
ordonné devoit estre à Saluces.
Entretant que le conte de Péruse et les
enfans estoient au chemin, le marquis de
Saluces appella Grisilidis s’espouse en la
présence d’aucuns de ses barons et lui dist
telles paroles : Ès temps passés, je me
délictoie assez de ta compaignie par
mariage, tes bonnes meurs considérant et
non pas ton lignaige, mais à présent, si
comme je voy, grant fortune chiet sur moy
et suis en un grant servaige, ne il ne m’est
pas consentu que un povre homme
laboureur dont tu es venue ait si.grant
seigneurie sur mes vassaulx. Mes hommes
me contraignent, et le Pape le consent, que
je prengne une autre femme que toy
laquelle est ou chemin et sera tantost icy.
Soies doncques de fort courage, Grisilidis,
et laisse ton lieu à l’autre qui vient. Prens
ton douaire et appaise ton couraige: Va-t’en
en la maison ton père; nulle riens qui soit à
l’omme ou à la femme en ce monde ne
peut estre perpétuel.
Lors respondi Grisilidis et dist ainsi :
Monseigneur, je créoie bien, ou au moins le
pensoie-je, que entre ta magnificence et ma
povreté ne povoit avoir aucune proportion
ne températion, ne oncques je ne me
réputay estre digne d’estre non tant
seulement ton espouse, mais d’estre ta
meschine, et en ce palais cyouquel tu m’as
fait porter et maintenir commedame,je
prens Dieu en tesmoingnage que je mesuis
toujours réputée et dé? menée comme
ancelle, et de tout le temps sque j’ay {117}
demouré avec toy je te rens grâces, et de
présent je suis appareilliée de retourner en
la maison mon père en laquelle je useray
ma vieillesse et vueil mourir comme une
Ye dide me streepe out of my poure weede,
And richely me cladden of youre grace.
To yow broghte I noght elles, out of drede,
But feith, and nakednesse, and maydenhede.
And heere agayn your clothyng I restoore,
And eek my weddyng ryng, for everemore.
The remenant of youre jueles redy be
Inwith youre chambre, dar I saufly sayn.
Naked out of my fadres hous,« quod she,
»I cam, and naked moot I turne agayn.
Al youre plesance wol I folwen fayn.
But yet I hope it be nat youre entente
That I smoklees out of youre paleys wente.
Ye koude nat doon so dishonest a thyng
That thilke wombe in which youre children leye
Sholde biforn the peple in my walkyng
Be seyn al bare; wherfore I yow preye,
Lat me nat lyk a worm go by the weye.
Remembre yow, myn owene lord so deere,
I was youre wyf, though I unworthy weere.
Wherfore, in gerdon of my maydenhede,
Which that I broghte and noght agayn I bere,
As voucheth sauf to yeve me, to my meede,
But swich a smok as I was wont to were,
That I therwith may wrye the wombe of here
That was youre wyf. And heer take I my leeve
Of yow, myn owene lord, lest I yow greve.«
»The smok,« quod he, »that thou hast on thy
bak,
Lat it be stille and bere it forth with thee.«
But wel unnethes thilke word he spak,
But wente his wey, for routhe and for pitee.
Biforn the folk hirselven strepeth she,
And in hir smok, with heed and foot al bare,
Toward hir fader hous forth is she fare.
The folk hire folwe, wepynge in hir weye,
And Fortune ay they cursen as they goon.
But she fro wepyng kepte hire eyen dreye,
Ne in this tyme word ne spak she noon.
Hir fader, that this tidynge herde anoon,
Curseth the day and tyme that Nature
Shoop hym to been a lyves creature.
For out of doute this olde poure man
Was evere in suspect of hir mariage;
For evere he demed sith that it bigan
That whan the lord fulfild hadde his corage,
Hym wolde thynke it were a disparage
To his estaat so lowe for t’alighte,
bieneureuse et honnorable vefve, qui d’un
tel seigneur ay esté espouse. Je laisse mon
lieu à Dieu qui vueille que très bonne
vierge viengne en ce lieu ouquel j’ay très
joyeusement demouré, et puisque ainsi te
plaist, je, sans mal et sans rigueur, me pars.
Et quant est à mon douaire que tu m’as
commandé que je doie emporter, quel il est
je le voy. Tu scez bien, quant tu me prins,
à l’issue de l’hostel de mon père
Jehannicola, tu me feis despouillier1 toute
nue et vestir de tes robes avec lesquelles je
vins à toy, ne oncques avecques toy je
n’apportay autres biens ou douaire fors que
foy, loyauté, révérence et povreté. Vecy
doncques ceste robe dont je me despouille,
et si te restitue l’annel dout tu me espousas;
les autres anneaulx, joyaulx, vestemens et
aournemens par lesquels j’estoie aournée et
enrichie sont en ta chambre. Toute nue de
la maison mon père je yssis, et toute nue je
y retourneray, sauf que ce me sembleroit
chose indigne que ce ventre ouquel furent
les enfans que tu as engendrés deust
apparoir tout nu devant le peuple, pour
quoy, s’il te plaist et non autrement, je te
prie que pour la récompensation de ma
virginité que je apportay en ton palais et
laquelle je n’en rapporte pas, il te plaise à
commander que une chemise mesoit
laissée, de laquelle je couvrirày le ventre de
ta femme, jadis marquise, et que pour ton
honneur je me parte au vespre.
Lors, ne se pot plus le marquis tenir de
plourer de la pitié qu’il eust de sa très
loyale espouse. Il tourna sa face et
larmoiant commanda que au vespre une
seule {118} chemise luy fust baillée. Ainsi
fut fait; au vespre elle se despouilla de tous
ses draps et deschaussa et osta les
aournemens de son chief, et de sa seule
chemise que son seigneur lui avoit fait
bailler humblement se vesti, et de ce fut
contente, et se parti du palais nus piés, le
chief descouvert, acompaignée de barons et
de chevaliers, de dames et de damoiselles
qui plouroient et regardoient ses grans
vertus, loyaulté et merveilleuse bonté et
And voyden hire as soone as ever he myghte.
Agayns his doghter hastiliche goth he,
For he by noyse of folk knew hire comynge,
And with hire olde coote as it myghte be
He covered hire, ful sorwefully wepynge.
But on hire body myghte he it nat brynge,
For rude was the clooth, and she moore of age
By dayes fele than at hire mariage.
Thus with hire fader for a certeyn space
Dwelleth this flour of wyfly pacience,
That neither by hire wordes ne hire face,
Biforn the folk, ne eek in hire absence,
Ne shewed she that hire was doon offence,
Ne of hire heighe estaat no remembraunce
Ne hadde she, as by hire contenaunce.
No wonder is, for in hire grete estaat
Hire goost was evere in pleyn humylitee;
No tendre mouth, noon herte delicaat,
No pompe, no semblant of roialtee,
But ful of pacient benyngnytee,
Discreet and pridelees, ay honurable,
And to hire housbonde evere meke and stable.
Men speke of Job, and moost for his humblesse,
As clerkes whan hem list konne wel endite,
Namely of men, but as in soothfastnesse,
Though clerkes preise wommen but a lite,
Ther kan no man in humblesse hym acquite
As womman kan, ne kan been half so trewe
As wommen been, but it be falle of newe.
**
patience, Chascun plouroit, mais elle n’en
gecta une seule larme; mais honnestement
et tout simplement, les yeulx baissies, vint
vers l’ostel de son père Jehannicola, lequel
oy le bruit de la venue de si grant
compaignie. Et pour ce que cellui
Jehannicola qui estoit vieil et sage avoit
tousjours tenu en son cuer tes nopces de sa
fille pour souspeçonneuses, créant que
quant son seigneur seroit saoul du petit
mariage d’une si povre créature, de légier,
luy qui estoit si grant seigneur, lui donroit
congié fut adoncques tout effréé et
soudainement vint à l’uis et vit que c’estoit
sa fille toute nue, et lors prist hastivement
la povre et dessirée robe qu’elle avoit pieçà
laisiée, et tout larmoyant acourut à
l’encontre de sa fille laquelle il baisa et
revesti et couvri de sa dicte vieille robe. [Et
quant Grisilidis fut venue sur le seuil de
l’uis de l’hostel de son père, elle, sans
monstrer aucun semblant de desdaing ne de
courroux, se retourna devers les chevaliers,
dames, et damoiselles qui l’avoient
acompaignée et de leur compaignie et
convoy les mercia doulcement et
humblement, et leur dist et monstra par
belles et doulces paroles que pour Dieu
elles ne voulsisseut ne dire ne penser, ne
croire que son seigneur le marquis eust
aucunement tort vers elle, qu’il n’estait mie
ainsi, {119} mais avoit bonne cause de
faire tout ce qu’il luy plaisoit d’elle qui
bien estoit tenue de le souffrir et endurer.
Et aussi véoient-elles bien que à elle n’en
desplaisoit point, en elles admonestant que,
pour l’amour de Dieu, elles voulsissent
amer léalment leurs maris et très
cordieusement et de toute leur puissance les
servir et honnourer, et que plus grant bien
et greigneur renommée ne meilleure
louenge ne povoient-elles en la parfin
acquérir, et leur dist adieu. Et ainsi entra en
l’hostel de son père, et les seigneurs et
dames qui l’avoient convoiée s’en
retournèrent plourans et fort gémissans et
souspiranst tellement qu’ils ne povoient
regarder l’un l’autre ne parler l’un à l’autre.
Grisilidis du tout en tout fut contente;
oublieuse et nonchalant des grans aises et
des grans richesses qu’elle avoit eues et des
grans services, révérences et obéissances
que l’en lui avoit faictes, se tint avec son
père à petite vie, comme devant, povre
d’esperit et en très grant humilité vers ses
povres amies et anciennes voisines de son
père, et vesquit de moult humble
conversation. Or peut-l’en penser quelle
douleur et desconfort avoit le povre
Jehannicola qui estoit en sa vieillesse
voyant sa fille en un si povre et si petit
estat comme elle estoit, après si grans et si
haultes honneurs et richesses; mais c’ estoit
un merveilleux bien de veoir comment
bénignement, humblement et sagement, elle
le servoit, et quant elle le véoit pensif,
comment sagement elle le rëcohfoïtoit, et
après le mettoit en parole d’autre matière.
Nozze
Come il conte ebbe questo fatto, così fece
credere a’ suoi che avea presa per moglie
una figliuola del duga di Borgogna. E
faccendo aparecchiare le nozze, mandò per
Costantina che a lui venisse; la quale
venuta, disse: «Io meno questa donna che
io ho tolta et intendo in questa sua venuta
d’onorarla. Perché tu sai che io non ho in
casa donne che mi sapiano aconciare le
camere, e però tu meglio che altra sai
queste cose di casa, metti in ordine quello
che bisogna e fa invitare quelle donne che
ti pare e ricevile come se donna fussi della
casa; e poi ti potrai tornare a casa tua
quando fieno fatte le nozze». Come che
queste parole fusseno coltella al cuore di
Gostantina, come colei che non avea
dimenticato l’amor che li volea rispuose:
«Signor mio, io sono presta».
Et entrata co’ suoi grossi pannicelli in
quella casa della quale poco dinanti n’era
uscita in camicia, cominciò a spazzare la
camera et a ponere i capoletti per le sale et
a fare aprestare la cucina et ogn’altra cosa
come se una piccioletta fante stata fusse, né
mai ristette che ogni cosa ella aconciò
Nozze
Come Gualtieri questo ebbe fatto, così
fece veduto a’suoi che presa aveva una
figliuola d’uno dei conti da Panago; e
faccendo fare l’appresto grande per le
nozze, mandò per Griselda che a lui
venisse, alla quale venuta disse:
- Io meno questa donna la quale io ho
nuovamente tolta, e intendo in questa sua
prima venuta d’onorarla; e tu sai che io non
ho in casa donne che mi sappiano
acconciare le camere né fare molte cose
che a così fatta festa si richeggiono; e per
ciò tu, che meglio che altra persona queste
cose di casa sai, metti in ordine quello che
da far ci è, e quelle donne fa invitare che ti
pare, e ricevile come se donna di qui fossi;
poi, fatte le nozze, te ne potrai a casa tua
tornare.
Come che queste parole fossero tutte
coltella al cuore di Griselda, come a colei
che non aveva così potuto por giù l’amore
che ella gli portava, come fatto avea la
buona fortuna, rispose:
- Signor mio, io son presta e
apparecchiata.
Ed entratasene co’suoi pannicelli
Nozze
Jam Panici comes propinquabat, et de novi
nuptijs fama undique {264} frequens erat;
premissoque uno ex suis diem quo Salutias
perventurus esset acceperat. Pridie igitur,
Walterus ad se Griseldim evocans,
devotissime venienti, ait:« Cupio, ait, ut
puella, cras hunc ad prandium ventura
magnifice excipiatur, virique et matrone qui
secum sunt, simulque et nostri qui convivio
intererunt, ita ut locorum, verborumque
honor singulis pro dignitate servetur ; domi
tamen feminas ad hoc opus idoneas non
habeo, proinde tu, quamvis veste inopi,
hanc tibi mores que meos nosti, optime
suscipiendorum locandorumque hospitum
curam sumes. — Non libenter modo, inquit
illa, sed cupide et hec et quecunque tibi
placita sensero faciam semper, neque in hoc
unquam fatigabor aut lentescam, dum
spiritus huius reliquie que ulle supererunt. »
Et cum dicto, servilia mox instrumenta
corripiens, domum vertere, mensas
instruere, lectos sternere, hortarique alias
ceperat, ancille in morem fidelissime.
Proxime lucis hora tertia comes
Nozze
Moult de jours passés comme dist est,
le conte de Péruse et sa noble compaignié
approuchèrent et toutes les gens du pais
murmuraient des nopces du marquis. {120}
Le conte de Péruse, frère du marquis,
envoia plusieurs chevaliers devant pour
certifier à son frère le marquis de Saluces
le jour de sa venue, et qu’il amenoit avec
luy la vierge que le marquis devoit
espouser; car en vérité icellui conte de
Péruse ne savoit riens que les enfans que la
côntesse sa femme avoit nourris fussent
enfans d’icelluy marquis, car celle contesse
de Péruse avoit la chose tenue secrète vers
son mary en nourrissant sa niepce et son
nepveu, et par les paroles de la contesse
pensoit le conte que ce fussent enfans
d’estrange païs, si comme par leur belle
manière les enfans le monstroient. Et avoit
le conte espérance que puis que la fille
seroit mariée au marquis, et les nouvelles
en iroient par le monde, l’en saroit tantost
qui seroit le père.
Lors le marquis de Saluces manda
querre Grisilidis et que tantost elle venist
en son palais; laquelle, sans contradiction
[Pars sexta.]
Fro Boloigne is this Erl of Panyk come,
Of which the fame up sprang to moore and lesse,
And in the peples eres alle and some
Was kouth eek that a newe markysesse
He with hym broghte, in swich pompe and richesse
That nevere was ther seyn with mannes eye
So noble array in al West Lumbardye.
The markys, which that shoop and knew al this,
Er that this erl was come sente his message
For thilke sely poure Grisildis,
And she with humble herte and glad visage,
Nat with no swollen thoght in hire corage,
Cam at his heste and on hire knees hire sette,
And reverently and wisely she hym grette.
»Grisilde,« quod he, »my wyl is outrely
This mayden, that shal wedded been to me,
Received be tomorwe as roially
As it possible is in myn hous to be,
And eek that every wight in his degree
Have his estaat in sittyng and servyse
And heigh plesaunce, as I kan best devyse.
I have no wommen suffisaunt, certayn,
The chambres for t’arraye in ordinaunce
After my lust, and therfore wolde I fayn
That thyn were al swich manere governaunce.
Thou knowest eek of old al my plesaunce.
quanto si convenia. Et apresso questo, fatto
invitare le donne della contrada, et
aspettava la festa. E venuto il giorno delle
nozze, come che i panni avesse poveri, con
amichevile donnesco modo ricolse tutte le
donne.
Il conte, che diligentemente avea fatti
alevare li figliuoli a Parigi in casa della sua
parente, essendo già la fanciulla di XII anni
e la più bella cosa del mondo — il
fanciullo avea VIII anni —, il conte mandò
a Parigi alla parente sua che li piacesse di
venire a sollazzo con questa sua figliuola e
figliuolo, e che menasse bella et onorevile
compagna et a tutti dicesse che costei per
sua moglie li menasse, et altramente non
dicesse chi ella fusse. La gentil donna fatto
secondo che ’l conte li scrisse, entrata in
camino, dipo alquanti dì colla giovana e col
fanciullo, con onorevile compagnia in su
l’ora del desnare giunse innella terra del
conte dove tutti i paesani trovò che
atendeano questa novella sposa. La quale
dalle donne riceuta nella sua sala, venuta
Gostantina, così com’el’era se li fece
incontra dicendo: «Ben vegna la mia
donna!» Le donne che molto aveano
pregato il conte in vano che facesse stare
Gostantina in una camera o che una delle
suoi robbe li prestasse acciò che così non
andasse innanti a’ suo’ forestieri, le taule
messe e cominciato a servire le donne, la
fanciulla era guardata da ciascuno; e
dicevano che il conte avea fatto buono
cambio, ma tra l’altre lodavano Gostantina.
Il conte, a cui chiaro parea aver veduto
quello che disiderava della pazienza della
sua donna e vegendo che di niente la novità
delle cose si cambiava, essendo certo per
mentacagine non avenire perché savia
molto la cognoscea, li parve tempo di
doverla trare di quella amaritudine la quale
stimava che sotto il forte viso nascoso
tenesse. Per che, fattasela chiamare, in
presenzia d’ognuno soridendo disse:
«Gostantina, che ti pare della nostra
sposa?» «Signor mio», disse ella, «a me ne
pare molto bene, che se così è savia
romagnuoli e grossi in quella casa, della
qual poco avanti era uscita in camicia,
cominciò a spazzare le camere e ordinarle,
e a far porre capoletti e pancali per le sale,
a fare apprestare la cucina, e ad ogni cosa,
come se una piccola fanticella della casa
fosse, porre le mani; né mai ristette che ella
ebbe tutto acconcio e ordinato quanto si
convenia.
E appresso questo, fatto da parte di
Gualtieri invitare tutte le donne della
contrada, cominciò ad attender la festa; e
venuto il giorno delle nozze, come che i
panni avesse poveri in dosso, con animo e
con costume donnesco tutte le donne che a
quelle vennero, e con lieto viso, ricevette.
Gualtieri, il quale diligentemente aveva
i figliuoli fatti allevare in Bologna alla sua
parente, che maritata era in casa de’conti da
Panago, essendo già la fanciulla d’età di
dodici anni la più bella cosa che mai si
vedesse, e il fanciullo era di sei, avea
mandato a Bologna al parente suo,
pregandol che gli piacesse di dovere con
questa sua figliuola e col figliuolo venire a
Saluzzo, e ordinare di menare bella e
orrevole compagnia con seco, e di dire a
tutti che costei per sua mogliere gli
menasse, senza manifestare alcuna cosa ad
alcuno chi ella si fosse altramenti.
Il gentile uomo, fatto secondo che il
marchese il pregava, entrato in cammino,
dopo alquanti dì con la fanciulla e col
fratello e con nobile compagnia in su l’ora
del desinare giunse a Saluzzo, dove tutti i
paesani e molti altri vicini dattorno trovò,
che attendevan questa novella sposa di
Gualtieri.
La quale dalle donne ricevuta, e nella
sala dove erano messe le tavole venuta,
Griselda, così come era, le si fece
lietamente incontro dicendo: - Ben venga la
mia donna -. Le donne (che molto avevano,
ma invano, pregato Gualtieri che o facesse
che la Griselda si stesse in una camera, o
che egli alcuna delle robe che sue erano
state le prestasse, acciò che così non
andasse davanti a’suoi forestieri) furon
supervenerat. Certatimque omnes et puelle
et germani infantis mores ac pulcritudinem
mirabantur ; erant que qui dicerent :
prudenter Walterus ac feliciter permutasse,
quod et sponsa tenerior esset et nobilior, et
cognatiis tam speciosus accederet. Sic
fervente convivij apparatu, ubique presens
omnium sollicita Griseldis, nec tanto casu
deiecta animo, nec obsolete vestis pudore
confusa, sed sereno vultu intranti obvia
puelle, flexo poplite servilem in modum,
vultugue demisso reverenter atque humiliter
: « Bene venerit domina mea, » inquit.
Dehinc ceteros dum convivas leta facie et
verborum mira suavitate resusciperet, in
immensam domum multa arte disponeret,
ita ut omnes, et presertim advene, unde ea
{265} maiestas morum atque ea prudentia
sub tali habitu vehementissime mirarentur,
atque ipsa in primis puelle, atque infantis
laudibus satiari nullo modo posset, sed
vicissim modo virgineam, modo infantulam
elegantiam predicaret. Walterus eo ipso in
tempore, quo assidendum mensis erat, in
eam versus clara voce coram omnibus quasi
illudens : « Quid tibi videtur, inquit, de hac
mea sponsa ? Satis pulcra atque honesta est
? — Plane, ait illa, nec pulcrior ulla, nec
honestior inveniri potest, aut cum nulla
unquam, aut cum hac tranquillam agere
poteris ac felicem vitam, utque ita sit cupio
et spero. Unum bona fide te precor ac
moneo, nec hanc illis aculeis agites, quibus
alteram agitasti, nam quod et iunior et
delicatius enutrita est, pati quantumego
auguror non valeret.» Talia dicentis
alacritatem intuens, atque constantiam
totiens tamque acriter offense mulieris
examinans, et indignam sortem non sic
merite miseratus, ac ferre diutius non
valens : « Satis, inquit, mea Griseldis,
cogitata et spectata michi fides est tua, nec
sub celo aliquem esse puto, qui tanta
coniugaiis amoris experimenta perceperit.
Simul hec dicens, caram coniugem leto
stupore perfusam, et velud e sompno
turbido experrectam, cupidis ulnis
amplectitur et : « tu, ait, tu sola uxor mea
vint. Et le marquis lui dist Grisilidis, la
pucelle que je doy espouser sera demain cy
au disner, et pour ce que je désire qu’elle et
le conte mon frère et les autres seigneurs
de leur compaignie soient honnourablement
receus, et en telle manière que à un
chascun soit fait honneur selon son estat, et
par espécial pour l’amour de la vierge qui
vient a moy, et je n’ay en mon palais
femmene meschine qui si bien le sache
faire à ma voulenté comme toy, (car tu
congnois mes meurs et comment l’en doit
recevoir tels gens, et si scez de tout mon
palais les chambres, les lieux et les
ordonnances ;) pour ce vueil-je que tu
n’aies regart ou temps passé et n’aies honte
de ta povre robe, et que nonobstant ton
petit habit, tu preignes la cure de tout mon
fait, et tous les officiers de mon hostel
obéiront à toy. {121} Grisilidis
respondit liement : Monseigneur, non tant
seulement voulentiers, mais de très bon
cuer, tout ce que je pourray à ton plaisir
feray, ne n’en seray jamais lasse ne
traveillée, et ne m’en feindray, tant que les
reliques de mon povre esperit demourront
en mon corps.
Lors Grisilidis comme une povre
ancelle prist les vils instrumens et les bailla
aux mesgnies, et commanda aux uns à
nettoier le palais et aux autres les estables,
enorter les officiers et meschines de bien
faire chascun en son endroit la besongne
espéciale, et elle emprist à drécier et à
ordonner les lits et les chambres, tendre les
tappis de haulte lice et toutes choses de
broderie et devises qui appartenoient aux
paremens du palais, comme pour recevoir
l’espouse de son seigneur. Et combien que
Grisilidis fust en povre estat et en l’abit
d’une povre ancelle, si sembloit-il bien à
tous ceulx qui la véoient qu’elle fust une
femme de très grant honneur et de
merveilleuse prudence. Ceste vertu, ce bien
et ceste obéissance est assez grant pour
toutes les dames esmerveillier.
’endemain, heure de tierce, le conte,
avecques luy la pucelle et sou frère et toute
Thogh thyn array be badde and yvel biseye,
Do thou thy devoir at the leeste weye.«
»Nat oonly, lord, that I am glad,« quod she,
»To doon youre lust, but I desire also
Yow for to serve and plese in my degree
Withouten feyntyng, and shal everemo;
Ne nevere, for no wele ne no wo,
Ne shal the goost withinne myn herte stente
To love yow best with al my trewe entente.«
And with that word she gan the hous to dighte,
And tables for to sette, and beddes make,
And peyned hire to doon al that she myghte,
Preyynge the chambereres, for Goddes sake,
To hasten hem and faste swepe and shake,
And she, the mooste servysable of alle,
Hath every chambre arrayed and his halle.
Abouten undren gan this erl alighte,
That with hym broghte thise noble children tweye,
For which the peple ran to seen the sighte
Of hire array so richely biseye;
And thanne at erst amonges hem they seye
That Walter was no fool, thogh that hym leste
To chaunge his wyf, for it was for the beste.
For she is fairer, as they deemen alle,
Than is Grisilde, and moore tendre of age,
And fairer fruyt bitwene hem sholde falle,
And moore plesant, for hire heigh lynage.
Hir brother eek so fair was of visage
That hem to seen the peple hath caught plesaunce,
Commendynge now the markys governaunce.
»O stormy peple, unsad and evere untrewe!
Ay undiscreet and chaungynge as a vane,
Delitynge evere in rumbul that is newe,
For lyk the moone ay wexe ye and wane!
Ay ful of clappyng, deere ynogh a jane,
Youre doom is fals, youre constance yvele preeveth,
A ful greet fool is he that on yow leeveth.«
Thus seyden sadde folk in that citee,
Whan that the peple gazed up and doun
For they were glad right for the noveltee
To han a newe lady of hir toun.
Namoore of this make I now mencioun,
But to Grisilde agayn wol I me dresse,
And telle hir constance and hir bisynesse.
Ful bisy was Grisilde in everythyng
That to the feeste was apertinent.
Right noght was she abayst of hire clothyng,
Thogh it were rude and somdeel eek torent,
com’ella è bella — che lo credo —, non
dubito che voi abiate a vivere lo più
consolato signore del mondo. Ma quanto
posso vi prego che le punture che all’altra
vostra moglie che fu deste, non diate a
costei, perché non le potrebbe sostenere, sì
perché più giovana e sì perché è <in>
dilicatezze alevata, dove l’altra colle
continue fatiche fine da picciolina cresciuta
era».
Il conte, veggendo che fermamente credea
costei dovere esser sua moglie né però in
alcuna cosa meno che bene parlava, la fece
a lato suo sedere e disse: «O Gostantina,
tempo è omai che tu senta frutto della tua
lunga pazienza e che coloro che me hanno
riputato crudele e bestiale cognoscano che
ciò ch’i’ ho volendo [21]a te insegnare
d’esser moglie et a loro di saperla torre e
tenere, et a me parturire perpetuo
contentamento teco; il che, quando venni a
prendere moglie, gran paura ebbi che non
m’intervenisse, et in però per prova
pigliare, in quanti modi tu sai ti promissi. E
perch’io non mi sono mai acorto che neuno
modo dal mio piacere partita ti sii, parendo
a me di te quella consolazione ch’io
desiderava avere, intendo di rendere a te in
una volta ciò ch’io in molte ti tolsi e con
somma dolcezza ristorare le punture che io
ti diedi. Et in però prendi con lieto animo
questa che tu mia sposa credi che sia e il
suo fratello, che sono i nostri II figliuoli i
quali tu con molti altri lungo tempo avete
creduto che io avesse fatti uccidere. Et io
sono il tuo marito che sopr’ogni altra cosa
t’amo, credendomi poter dar vanto che
neuno altro di sua donna quant’io si possa
contentare». E così ditto l’abracciò e baciò
e co’ lei insieme, che d’allegrezza piangea,
n’andarono dove la figliuola sedea; et
abraciatola teneramente et altresì il fratello,
lui e molti che quine erano sgannarono.
Le donne lietissime, levate da taula, con
Gostantina n’andarono e con migliore
agurio trattili i suoi panni, d’una nobile
robba delle suoi la vestirono, e come
donna, la quale nelli stracci parea, la
messe a tavola, e cominciate a servire. La
fanciulla era guardata da ogn’uomo, e
ciascun diceva che Gualtieri aveva fatto
buon cambio; ma intra gli altri Griselda la
lodava molto, e lei e il suo fratellino.
Gualtieri, al qual pareva pienamente
aver veduto quantunque disiderava della
pazienza della sua donna, veggendo che di
niente la novità delle cose la cambiava, ed
essendo certo ciò per mentecattaggine non
avvenire, per ciò che savia molto la
conoscea, gli parve tempo di doverla trarre
dell’amaritudine, la quale estimava che ella
sotto il forte viso nascosa tenesse. Per che,
fattalasi venire, in presenzia d’ogn’uomo
sorridendo le disse:
- Che ti par della nostra sposa?
- Signor mio, - rispose Griselda - a me
ne par molto bene; e se così è savia come
ella è bella, che ’l credo, io non dubito
punto che voi non dobbiate con lei vivere il
più consolato signore del mondo; ma
quanto posso vi priego che quelle punture,
le quali all’altra, che vostra fu, già deste,
non diate a questa; ché appena che io creda
che ella le potesse sostenere, sì perché più
giovane è, e sì ancora perché in dilicatezze
è allevata, ove colei in continue fatiche da
piccolina era stata.
Gualtieri, veggendo che ella fermamente
credeva costei dovere esser sua moglie, né
per ciò in alcuna cosa men che ben parlava,
la si fece sedere allato, e disse:
- Griselda, tempo è omai che tu senta
frutto della tua lunga pazienza, e che
coloro, li quali me hanno reputato crudele e
iniquo e bestiale, conoscano che ciò che io
faceva, ad antiveduto fine operava,
[21]vogliendo a te insegnar d’esser moglie
e a loro di saperla torre e tenere, e a me
partorire perpetua quiete mentre teco a
vivere avessi; il che, quando venni a
prender moglie, gran paura ebbi che non mi
intervenisse, e per ciò, per prova pigliarne,
in quanti modi tu sai ti punsi e trafissi. E
però che io mai non mi sono accorto che in
parola né in fatto dal mio piacer partita ti
sii, parendo a me aver di te quella
es, aliam nec habui, nec habebo ; ista
autem, quam tu sponsam meam reris, filia
tua est, hic, qui cognatus meus credebatur,
tuus est filius, que divisim perdita
videbantur simul omnia recepisti. Sciant,
qui contrarium crediderunt [21]me
curiosum atque experientem esse, non
impium, probasse coniugem, non
dampnasse, occultasse filios, non mactasse.
» Hec illa audiens, pene gaudio ex animis
et pietate amens, iocundissimisque cum
lacrimis suorum pignorum in amplexus
266 ruit, fatigatque osculis, pioque gemitu
madefacit; raptimque matrone alacres ac
faventes circumfuse, vilibus exutam suis
solitis vestibus induunt, exornantque,
plaususque letissimus et fausta omnium
verba circumsonant. Multoque cum gaudio
et fletu ille dies celeberrimus fuit, celebrior
quoque quam dies fuerat nuptiarum.
Multosque post per annos ingenti pace
concordiaque vixere, et Walterus inopem
socerum, quem hactenus neglexisse visus
erat, ne quando concepte animo obstaret
experientie, suam in domum translatum in
honore habuit, filam suam magnificis atque
honestis nuptijs collocavit, fiiliumque sui
dominii successorem liquit et coniugio letus
et sobole.
Hanc historiam stilo nunc alio retexere
visum fuit, [22]non tam ideo, ut matronas
nostri temporis ad imitandam huius uxoris
patientiam, que michi vix imitabilis videtur,
quam ut legentes ad imitandam saltem
femine constantiam excitarem, ut quod hec
viro suo prestitit, hoc prestare Deo nostro
audeant, qui licet, ut Jacobus ait Apostolus,
intemptator sit malorum et ipse neminem
temptet. Probat tamen et sepe nos multis ac
gravibus fiagellis exerceri sinit, non ut
animum nostrum sciat, quem scivit ante
quam crearemur, sed ut nobis nostra
fragilitas notis ac domesticis indicijs
innotescat; ab unde ego constantibus viris
asscripserim, quisquis is fuerit, qui pro Deo
suo sine murmure patiatur, quod pro suo
mortali coniuge rusticana hec muliercula
passa est.
la compaignie entrèrent en ,Sàlucés. Et de
la beaulté de la vierge et de son frère et de
leur belle manière chascun se esmerveilloit
et aucuns en y eust qui dirent : Gaultier le
marquis change sagement son mariage, car
ceste espouse est plus tendre et plus noble
que n’est la fille Jehannicola. Ainsi
entrèrent et descendcirent au palais à grant
joie. Grisilidis qui à toutes ces choses estoit
présente et qui se démonstroit toute
reconfortée d’un si grant cas {122} à elle si
près touchant, et de sa povre robe non
vergongneuse, à lie face, vint de loing à
l’encontre de la pucelle et de loing
humblement la salua à genoulx, disant :
Bien soiez venue, madame, et puis au fils,
et puis au conte, et humblement les salua
aussi en disant : Bien viengnez-vous avec
ma dame. Et mena chascun en sa chambre
qui estoient richement appareillées. Et
quant ils eurent veu et advisé les fais et les
manières de Grisilidis, à la parfin tous se
esmerveillèrent comment tant de si bonnes
meurs povoient estre en si povree habit.
Grisilidis, après ces choses, se trait
devers la pucelle et devers l’enfant, ne de
avec eulx ne se povoit partir. Une heure
regardoit à la beaulté de la fille, et puis du
jeune fils la gracieuse manière, et ne se
povoit saouler de les fort louer. L’heure
approucha que l’en devoit aler à la table.
Le marquis lors devant tous appella
Grisilidis et à haulte voix lui dist : Que te
semble, Grisilidis, de ceste moie espouse ?
N’est-elle pas assez belle et honneste?
Grisilidis, hautement et sagement, à
genoulx, respondi : Certainement,
monseigneur, c’est la plus belle, et la plus
honneste à mon gré que je veisse oncques.
Monseigneur, avec ceste pourrez-vous
mener joyeuse vie et honneste, laquelle
chose en bonne foy je désire, mais,
monseigneur, je vous vueil prier et
admonester que vous ne vueilliez pas
molester ceste nouvelle espoused’estranges
admonesternens, car, monseigneur, vous
povez penser que ceste est jeune et de grant
lieu venue, doulcement nourrie, et ne les
But with glad cheere to the yate is went
With oother folk, to greete the markysesse,
And after that dooth forth hire bisynesse.
With so glad chiere his gestes she receyveth,
And konnyngly, everich in his degree,
That no defaute no man aperceyveth,
But ay they wondren what she myghte bee
That in so poure array was for to see
And koude swich honour and reverence,
And worthily they preisen hire prudence.
In al this meenewhile she ne stente
This mayde and eek hir brother to commende
With al hir herte, in ful benyngne entente,
So wel that no man koude hir pris amende.
But atte laste, whan that thise lordes wende
To sitten doun to mete, he gan to calle
Grisilde as she was bisy in his halle.
»Grisilde,« quod he, as it were in his pley,
»How liketh thee my wyf, and hire beautee?«
»Right wel,« quod she, »my lord, for in good fey
A fairer saugh I nevere noon than she.
I prey to God yeve hire prosperitee,
And so hope I that he wol to yow sende
Plesance ynogh unto youre lyves ende.
O thyng biseke I yow, and warne also,
That ye ne prikke with no tormentynge
This tendre mayden as ye han doon mo,
For she is fostred in hire norissynge
Moore tendrely, and to my supposynge
She koude nat adversitee endure
As koude a poure fostred creature.«
And whan this Walter saugh hire pacience,
Hir glade chiere, and no malice at al,
And he so ofte had doon to hire offence,
And she ay sad and constant as a wal,
Continuynge evere hire innocence overal,
This sturdy markys gan his herte dresse
To rewen upon hire wyfly stedfastnesse.
»This is ynogh, Grisilde myn,« quod he.
»Be now namoore agast ne yvele apayed.
I have thy feith and thy benyngnytee
As wel as evere womman was assayed,
In greet estaat and poureliche arrayed.
Now knowe I, dere wyf, thy stedfastnesse« –
And hire in armes took and gan hire kesse.
And she for wonder took of it no keep;
She herde nat what thyng he to hire seyde;
She ferde as she had stert out of a sleep,
rimenarono nobilmente vestita. E quine
fattosi co’ figliuoli meravigliosa festa in
sollazzi e motti, giudicarono il conte
savissimo e sopra tutti tennero Gostantina
savissima. Lo conte, levata la madre di
Gostantina da’ lavori, come gran contessa
la fe’ notricare; e con grandissima
consolazione il conte maritò la figliuola e
con Gostantina si diè buon tempo. E finiro
i lor dì in vecchiezza.
Ex.° CLIII.
[22](÷)
consolazione che io disiderava, intendo di
rendere a te ad una ora ciò che io tra molte
ti tolsi, e con somma dolcezza le punture
ristorare che io ti diedi; e per ciò con lieto
animo prendi questa, che tu mia sposa
credi, e il suo fratello: sono i nostri
figliuoli, li quali e tu e molti altri
lungamente stimato avete che io
crudelmente uccider facessi; e io sono il
tuo marito, il quale sopra ogn’altra cosa
t’amo, credendomi poter dar vanto che
niuno altro sia che, sì com’io, si possa di
sua moglie contentare.
E così detto, l’abbracciò e baciò, e con
lei insieme, la qual d’allegrezza piagnea,
levatosi, n’andarono là dove la figliuola
tutta stupefatta queste cose ascoltando
sedea, e abbracciatala teneramente e il
fratello altressì, lei e molti altri che quivi
erano sgannarono.
Le donne lietissime levate dalle tavole,
con Griselda n’andarono in camera, e con
migliore augurio trattile i suoi pannicelli,
d’una nobile roba delle sue la rivestirono, e
come donna, la quale ella eziandio negli
stracci pareva, nella sala la rimenarono.
E quivi fattasi co’figliuoli maravigliosa
festa, essendo ogn’uomo lietissimo di
questa cosa, il sollazzo e ’ festeggiare
multiplicarono e in più giorni tirarono; e
savissimo reputaron Gualtieri, come che
troppo reputassero agre e intollerabili
l’esperienze prese della sua donna; e sopra
tutti savissima tenner Griselda.
Il conte da Panago si tornò dopo
alquanti dì a Bologna, e Gualtieri, tolto
Giannucole dal suo lavorio, come suocero
il puose in istato, che egli onoratamente e
con gran consolazione visse e finì la sua
vecchiezza. Ed egli appresso, maritata
altamente la sua figliuola, con Griselda,
onorandola sempre quanto più si potea,
lungamente e consolato visse.
[22]Che si potrà dir qui, se non che
anche nelle povere case piovono dal cielo
de’divini spiriti, come nelle reali di quegli
che sarien più degni di guardar porci che
d’avere soprauomini signoria? Chi avrebbe,
Ursit amor tui ut scriberem senex, quod
iuvenis vix scripsissem. Nescio an res
veras, an fictas ; que iam non {267}
historie sed fabelle sunt, ob hoc unum quod
res tue et a te scripte erant. Quamvis hoc
previdens, fidem rerum penes autorem, hoc
est penes te fore sim prefatus. Et dicam tibi
quid de hac historia, ego quam fabellam
dixisse malin michi contigerit : legit eam
p.imum communis amicus Patavinus, vir
aitissimi ingenij multiplicisque notitie, et
cum epistole medium vix transisset, subho
fietu preventus substitit, post modicum vero
cum in manus eam reassumpsisset, firmato
animo prelecturus, ecce verum quasi ad
condictum rediens lecturam gemitus
interrupit. Fassus itaque se non posse
procedere, eam uni suorum comitum docto
satis viro legendam tradidit. Quod accidens
quorsum alij traherent, incertum habeo ;
ego in optimam partem traxi,
mitissimumque viri animum intellexi. Vere
enim homo humanior quem ego quidem
noverim nullus est. Redijt illo flente ac
legente ad memoriam Satiricum illud :
mollissima corda
humano generi dare se natura fatetur,
Que lacrimas dedit; hec nostri pars optima
sensus.
Post tempus amicus alter noster
Veronensis, sunt enim nobis ut relique sic
amici etiam communes, audito quid alteri
inter legendi accidisset, eandem legere
optavit. Gessi morem ingenioso et amico
viro ; legit eam totam, nec alicubi substitit,
nec frons obduccior, nec vox fractior, nec
lacrime, nec singultus intervenere, et in
finem
pourroit pas souffrir comme l’autre a
souffert, si commeje pense.
Lors le marquis oyant les doulces et
sages paroles de Grisilidis et considérant la
bonne chière et grant {123} constance
qu’elle monstroit et avoit lousjours
monstre, eust en son cuer une piteuse
compassion et ne se peut plus tenir de
monstrer sa voulenté, et en la présence de
tous à haulte voix dist ainsi : O Grisilidis !
Grisilidis ! je vois et congnois, et me
souffist assez ta vraie foy et loyaulté; et
l’amour que tu as vers moy, ta constant
obédience et vraie humilité sont par moy
esprouvées et très bien congneues et me
contraignent de dire que je croy qu’il n’y a
homme dessoubs le ciel qui s’espouse ait
tant esprouvée comme j’ay toy. Et lors
Grisilidis mua couleur, à tout le chief
enclin par honneste vergongne, pour les
grans louenges dont elle estoit devant tant
de peuple louée du marquis son seigneur.
Lequel adoncques larmoyant l’embrassa en
la baisant et luy dist Tu seule es mon
espouse, ne autre espouse jamais je .ri’aray.
Celle que tu pensoies estre ma nouvelle
espouse est ta fille, et cestùi enfant est ton
fils lesquels deux enfans estoient perdus par
l’opinion de nos subjects. Sachent donc
tous ceulx qui le contraire pensoient que
[21]j’ay voulu ceste ma loyale espouse
curieusement et rigoreusement esprouver, et
non pas-pour la contemner ou despiie, et
ses enfans ay-je fait nourrir secrètement par
ma seur à Boulongne, et non pas occire ne
tuer.
La marquise Grisilidis lors oyant les
paroles de son mary cheist devant lui toute
pasméé à terre, de joie de veoir ses enfans.
Elle fut lantost relevée et quant elle fut
relevée elle prist ses deux enfans et
doulcenïent les acola et. baisa, tellement
qu’elle les couvris! tous de larmes, ne l’en
ne les povoit oster d’entre ses bras, dont
{124} c’estoit grant pitié à veoir. Les
dames et damoiselies joyeusement plourans
prirent leur dame Grisilidis et tantost
l’enmenèrent en une chambre et lui
Til she out of hir mazednesse abreyde.
»Grisilde,« quod he, »by God that for us deyde,
Thou art my wyf, ne noon oother I have,
Ne nevere hadde, as God my soule save.
This is thy doghter, which thou hast supposed
To be my wyf; that oother feithfully
Shal be myn heir, as I have ay disposed –
Thou bare hym in thy body trewely.
At Boloigne have I kept hem prively.
Taak hem agayn, for now maystow nat seye
That thou hast lorn noon of thy children tweye.
And folk that ootherweys han seyd of me,
I warne hem wel that [21]I have doon this deede
For no malice ne for no crueltee,
But for t’assaye in thee thy wommanheede,
And nat to sleen my children – God forbeede –
But for to kepe hem pryvely and stille,
Til I thy purpos knewe and al thy wille.«
Whan she this herde, aswowne doun she falleth
For pitous joye, and after hire swownynge
She bothe hire yonge children to hire calleth,
And in hire armes, pitously wepynge,
Embraceth hem, and tendrely kissynge
Ful lyk a mooder, with hire salte teeres
She bathed bothe hire visage and hire heeres.
O which a pitous thyng it was to se
Hir swownyng, and hire humble voys to heere!
»Grauntmercy, lord, God thanke it yow,« quod she,
»That ye han saved me my children deere.
Now rekke I nevere to been deed right heere,
Sith I stonde in youre love and in youre grace,
No fors of deeth ne whan my spirit pace.
O tendre, O deere, O yonge children myne!
Youre woful mooder wende stedfastly
That crueel houndes or som foul vermyne
Hadde eten yow; but God of his mercy,
And youre benyngne fader tendrely
Hath doon yow kept« – and in that same stounde
Al sodeynly she swapte adoun to grounde.
And in hire swough so sadly holdeth she
Hire children two whan she gan hem t’embrace
That with greet sleighte and greet difficultee
The children from hire arm they gonne arace.
O many a teere on many a pitous face
Doun ran of hem that stooden hire bisyde;
Unnethe abouten hire myghte they abyde.
Walter hire gladeth and hire sorwe slaketh.
She riseth up abaysed from hire traunce,
altri che Griselda, potuto col viso, non
solamente asciutto ma lieto, sofferire le
rigide e mai più non udite prove da
Gualtieri fatte? Al quale non sarebbe forse
stato male investito d’essersi abbattuto a
una, che quando fuor di casa l’avesse in
camicia cacciata, s’avesse sì ad un altro
fatto scuotere il pelliccione, che riuscita ne
fosse una bella roba.
dévestirent ses povres robes et vestemens et
la revestirent des autres et la receurent à
marquise comme il appartenoit. Léans eut
une telle solemnité et telle joie de ce que
les enfans du marquis estoient retournés à
inestimable consolation de la mère, du
marquis et de ses amis et subjects, que par
tout le pays la grant joie en fust respandue,
et ce jour ou palais de Saluces eut de pitié
maintes larmes respandues, ne ne se
povoient saouler de léalment recorder les
grans vertus non pareilles de Grisilidis qui
mieulx sembloit estré fille d’un empereur
par contenance, ou de Salemon par
prudence, que fille du povre Jehannicola.
La feste fut trop plus grande et plus
joyeuse qu’elle n’avoit esté de leurs
nopces, et vesquirent depuis ensemble le
marquis et la marquise l’espace de vingt
ans en grant amour, paix et concorde. Et
quant est de Jehannicola père de Grisilidis
duquel le marquis n’avoit fait compte ès
temps passés pour esprouver sa fille, icellui
marquis le fist translater ou palais de
Saluces et là le tint le marquis à grant
honneur tous les jours de sa vie Sa fille
aussi maria icellui marquis haultement et
puissamment, et aussi, quant son fils fut en
aage, il le maria et ot enfans lesquels il vit;
et après sa fin gracieuse il laissa son fils
hoir et successeur de Saluces, à grant
consolation de tous ses amis et subjects.
Chère seur, ceste histoire fut translatée
par maistre François Pétrac poète couronné
à Romme, [22]non mie pour mouvoir les
bonnes dames à avoir patience ès
tribulations que leur font leurs maris pour
l’amour {125} d’iceulx maris tant
seulement, mais fut translatée pour
monstrer que puisque ainsi est que Dieu,
l’Église et raison veullent qu’elles soient
obéissans, et que leurs maris veulient
qu’elles aient tant à souffrir, et que pour pis
eschever il leur est nécessité de eulx
soubsmettre du tout à la voulenté de leurs
maris et endurer patiemment ce que iceux
maris veulent, et que encores et néantmoins
icelles bonnes dames les doient celer et
And every wight hire joye and feeste maketh
Til she hath caught agayn hire contenaunce.
Walter hire dooth so feithfully plesaunce
That it was deyntee for to seen the cheere
Bitwixe hem two, now they been met yfeere.
Thise ladyes, whan that they hir tyme say,
Han taken hire and into chambre gon,
And strepen hire out of hire rude array,
And in a clooth of gold that brighte shoon,
With a coroune of many a riche stoon
Upon hire heed, they into halle hire broghte,
And ther she was honured as hire oghte.
Thus hath this pitous day a blisful ende,
For every man and womman dooth his myght
This day in murthe and revel to dispende
Til on the welkne shoon the sterres lyght.
For moore solempne in every mannes syght
This feste was, and gretter of costage,
Than was the revel of hire mariage.
Ful many a yeer in heigh prosperitee
Lyven thise two in concord and in reste,
And richely his doghter maryed he
Unto a lord, oon of the worthieste
Of al Ytaille; and thanne in pees and reste
His wyves fader in his court he kepeth
Til that the soule out of his body crepeth.
His sone succedeth in his heritage
In reste and pees after his fader day,
And fortunat was eek in mariage,
Al putte he nat his wyf in greet assay.
This world is nat so strong, it is no nay,
As it hath been in olde tymes yoore,
And herkneth what this auctour seith therfoore.
[22]This storie is seyd, nat for that wyves sholde
Folwen Grisilde as in humylitee,
For it were inportable though they wolde,
But for that every wight in his degree
Sholde be constant in adversitee
As was Grisilde. Therfore Petrak writeth
This storie, which with heigh stile he enditeth.
For sith a womman was so pacient
Unto a mortal man, wel moore us oghte
Receyven al in gree that God us sent.
For greet skile is he preeve that he wroghte.
But he ne tempteth no man that he boghte
As seith Seint Jame, if ye his pistel rede;
He preeveth folk al day, it is no drede,
And suffreth us, as for oure exercise,
taire et nonobstant ce les rappaisier,
rappeller, et elles retraire et raprouchier
tousjours joyeusement à la grâce et amour
d’iceulx maris qui sont mortels, par plus
forte raison doivent hommes et femmes
souffrir patiemment les tribulations que
Dieu qui est immortel, éternel et pardurable
leur envoie, et nonobstant mortalité d’amis,
perte de biens, d’enfans, ne de lignage,
desconfiture par ennemis, prises, occisions,
pertes, feu, tempestes, orage de temps,
ravine d’eaue ou autres tribulations
soudaines, tousjours le doit-on souffrir
patiemment et retourner joindre et rappeller
amoureusement et attraiement1 à l’amour
du souverain immortel, éternel et
pardurable seigneur, par l’exemple, de ceste
povre femme née en povreté de menues
gens sans honneur et science, qui tant
souffri pour son mortel ami (sic).
Et je qui seulement pour vous
endoctriner l’ay mise ey, ne l’y ay pas mise
pour l’applicquer à vous, ne pour ce que je
vueille de vous telle obéissance, car je n’en
suis mie digne, et aussi je ne suis mie
marquis ne ne vous ay prise bergière, ne je
ne suis si fol, si oultrecuidié, ne si jeune de
sens, que je ne doie bien savoir {126} que
ce n’appartient pas à moy de vous faire tels
assaulx, ne essais ou semblables. Dieu me
gart de vous, par ceste manière ne par
autres, soubs couleur de faulses
simulations, Vous en essaier 1 Neautrement
en quelque manière ne vous vueil-je point
essaier, car à moy souffist bien l’espreuve
jà faicte par la bonne renommée de vos
prédécesseurs et de vous, avecques ce que
je sens et voy à l’ueil et congnois par vraie
expérience. Et me excuse se l’histoire parle
de trop grant cruaulté, à mon advis, plus
que de raison. Et croy que ce ne fust
qucques vray, mais l’histoire est telle et ne
la doy pas corriger ne faire autre, car plus
sage de moy la compila et intitula. Et
désire bien que puisque autres l’ont veue,
que aussi vous la véezet sachiez de tout
parler comme les autres.
Ainsi, chère seur, comme j’ay dit
With sharpe scourges of adversitee
Ful ofte to be bete in sondry wise,
Nat for to knowe oure wyl, for certes he
Er we were born knew al oure freletee,
And for oure beste is al his governaunce.
Lat us thanne lyve in vertuous suffraunce.
But o word, lordynges, herkneth er I go:
It were ful hard to fynde now-a-dayes
In al a toun Grisildis thre or two,
For if that they were put to swiche assayes,
The gold of hem hath now so badde alayes
With bras, that thogh the coyne be fair at eye,
It wolde rather breste a-two than plye.
For which, heere for the Wyves love of Bathe –
Whos lyf and al hire secte God mayntene
In heigh maistrie, and elles were it scathe –
I wol with lusty herte, fressh and grene,
Seyn yow a song to glade yow, I wene.
And lat us stynte of ernestful matere.
Herkneth my song that seith in this manere:
Lenvoy de Chaucer.
Grisilde is deed, and eek hire pacience,
And bothe atones buryed in Ytaille,
For which I crie in open audience
No wedded man so hardy be t’assaille
His wyves pacience in hope to fynde
Grisildis, for in certein he shal faille.
O noble wyves, ful of heigh prudence,
Lat noon humylitee youre tonge naille,
Ne lat no clerk have cause or diligence
To write of yow a storie of swich mervaille
As of Grisildis, pacient and kynde,
Lest Chichevache yow swelwe in hire entraille.
Folweth Ekko, that holdeth no silence,
But evere answereth at the countretaille.
Beth nat bidaffed for youre innocence,
But sharply taak on yow the governaille.
Emprenteth wel this lessoun in youre mynde
For commune profit, sith it may availle.
Ye archewyves, stondeth at defense,
Syn ye be strong as is a greet camaille;
Ne suffreth nat that men yow doon offense.
And sklendre wyves, fieble as in bataille,
Beth egre as is a tygre yond in Ynde;
Ay clappeth as a mille, I yow consaille.
Ne dreed hem nat; doth hem no reverence.
For though thyn housbonde armed be in maille,
The arwes of thy crabbed eloquence
devant que vous devez estre obéissant à
cellui qui sera vostre mary, et que par
bonne obéissance une preudefemme
acquiert l’amour de son mary, et en la fin a
de lui ce qu’elle désire: ainsi puis-je dire
que par deffault d’obéissance, ou par
haultesse se vous l’èmprenei., vous;
destruisez vous et vostre mary et vostre
mesnaige. Et j’en tray à exemple un raconte
qui dit ainsi
Shal perce his brest and eek his aventaille.
In jalousie I rede eek thou hym bynde,
And thou shalt make hym couche as doth a quaille.
If thou be fair, ther folk been in presence,
Shewe thou thy visage and thyn apparaille;
If thou be foul, be fre of thy dispence;
To gete thee freendes ay do thy travaille;
Be ay of chiere as light as leef on lynde,
And lat hym care and wepe and wrynge and waille.
Bihoolde the murye wordes of the Hoost.
This worthy Clerk whan ended was his tale,
Oure Hoost seyde and swoor by Goddes bones,
»Me were levere than a barel ale
My wyf at hoom had herd this legende ones.
This is a gentil tale for the nones
As to my purpos, wiste ye my wille.
But thyng that wol nat be, lat it be stille.«
Heere endeth the Tale of the Clerk of Oxenford.
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Griselda: Cinque testi L`ultima novella del Decameron e la novella